Lima et après ?

« Tout écroulement porte en soi des désordres intellectuels et moraux. Il faut créer des hommes sobres, patients qui ne se désespèrent pas devant les pires horreurs et ne s’exaltent pas pour chaque ânerie. Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté ». Antonio Gramsci, Cahier de prison n° 28.

Au lendemain de la Conférence de Lima sur le climat, les résultats de la coopération internationale en matière d’environnement sont décevants. Les États-Unis et la Chine étant peu disposés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre avant 2030, les perspectives futures, et notamment la Conférence de Paris en décembre 2015, ne sont guère plus réconfortantes.

L’année 2014 a connu une actualité climatique intense. Parmi les nombreux événements institutionnels en relation avec le sujet on citera la remise du cinquième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) [1] qui semble avoir, pour une fois, laissé sans voix les « climato-sceptiques », le sommet extraordinaire de l’ONU sur le climat qui s’est tenu à New York le 23 septembre et a réuni plus de 120 chefs d’État, l’annonce sino-américaine sur le climat effectuée le 12 novembre en marge du sommet de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) et, enfin, la Conférence de Lima qui s’est tenue du 1er au 14 décembre. Quels enseignements tirer de ces événements ?<

Et en particulier des deux derniers présentés comme devant contribuer à l’édification du futur régime climatique mondial censé voir le jour lors de la COP 21 [2] qui va se tenir à Paris à la fin de l’année.

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Pour penser l’avenir : une méditation sur “Le modèle Français depuis 1945″

C’est un “Que sais-je?” comme les P.U.F savent les faire. Court. Précis. Sans lyrisme, ni effets de style. Depuis 1989, de crises en crises, les Modèles se fissurent et s’effondrent. Dans ces conditions, comment peut-on écrire un livre sur le “modèle français“? C’est non seulement possible, mais c’est surtout utile. “Le modèle Français depuis 1945″ par Pascal Gauchon (Puf-Que sais-je)

Ce livre dont la première édition date de 2002 a été réédité en juin 2011. Il paraît intéressant à lire en ce moment troublé où la France sous direction politique nationale et régionale quasi totalement socialiste se cherche. Le contexte est rude, la crise secoue l’économie mondiale et l’économie européenne, donc française, violemment ; la France par ses engagements européens a perdu l’essentiel de sa capacité à «s’auto-gérer»; l’indépendance flamboyante des années gaulliennes relève d’un passé mythique ; après que les centralismes économiques et politiques se sont abîmés, les libéralismes, ultra ou mou se délitent sur des fondements moraux détournés.

Comment alors peut-on parler d’un Modèle Français ? Pour Pascal Gauchon, historien de métier et de formation l’histoire d’un peuple ne s’inscrit pas dans un court-termisme de marché ! « Le modèle français … s’enracine dans le temps long ; il date de quatre siècles au moins….».
Puisqu’il se réfère à ce concept de temps long, il ne faut pas s’étonner qu’il fasse partir son exposé des capétiens. Il ne faut pas non plus être surpris qu’il invoque les images fortes qui ont modelé, le mental, le psychisme profond des Français. Le symbole de l’Hexagone, cher aux Français, rappelle qu’à l’inverse de nombreux pays qui se définissent par une entité géographique, une race, un drapeau, une religion « la France n’est pas née des caprices de la nature, mais d’une construction volontaire ».

Qu’est-ce que ce modèle Français, qui a valeur à la fois « d’explication…d’exception et d’exemple ? ». C’est une vision très particulière des rapports entre autorité et corps social. A l’origine du modèle français, un modèle social très fort, où, à l’étonnement des Américains et à l’exaspération du monde « libéral à l’anglo-saxonne », l’Etat est en charge du Bien Commun, lequel n’est pas de la responsabilité des agents de la société, qu’il s’agisse de citoyens, d’unités économiques ou de communautés culturelles.

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Après la Chine, le Japon vole à son tour au secours de l’Europe endettée

Après la Chine, le Japon a promis à son tour d’acheter des obligations européennes pour aider à stabiliser la zone euro fragilisée par la crise de la dette de plusieurs de ses pays membres.

« Il est approprié que le Japon, un pays important, achète une certaine proportion » des obligations que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) s’apprête à émettre, a annoncé mardi le ministre japonais des Finances, Yoshihiko Noda, lors d’une conférence de presse, ajoutant que cet achat nippon allait renforcer « la crédibilité » des titres européens.

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L’euro peut-il survivre à la crise ?

Par Jacques Sapir

Peut-on encore sauver l’euro ? La question hante désormais les responsables, en dépit des déclarations fracassantes et des rodomontades des uns et des autres. Le sommet européen, que l’on a officiellement salué pour la mise en place d’un dispositif de solidarité après 2013, a été incapable de prévoir des mécanismes permettant de lutter contre la spéculation et la crise de l’euro en 2011 et 2012. Les gouvernements vont partout répétant que les mesures déjà prises suffiront. Il est évident que c’est faux.

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Le plan Maoshan pour sauver la vieille Europe

ATTENTION ! ATTENTION ! CECI EST UN GAG. Il s’agit d’une parodie destinée à vous faire sourire.

Le plan Maoshan pour sauver l’Europe sur le déclin. Les dirigeants [chinois] ont opté pour une méthode efficace qui permettra aux pays européens de devenir productifs et de sauver leurs économies.

(Merci à Philix)

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Énergies renouvelables : Le scandale financier

Le thème des énergies renouvelables, accaparé par les spéculateurs du moment, relève du scandale financier. C’est finalement l’ensemble des acteurs économiques qui paiera le gâchis, dû à un laxisme politique où se côtoient incompétence et pratiques douteuses, sous couvert d’un discours vertueux. Le débat sur l’énergie et l’écologie n’en est que très mal engagé.

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On avait connu bien des « plans » étatiques, sensés promettre développement technologique, emplois et richesse collective, sombrer dans des fiascos retentissants malgré des milliards versé à fonds perdus : plan calcul, chantiers navals, machines outils, Crédit Lyonnais… Cette fois, c’est sur le thème des énergies renouvelables que des élus étalent leur incapacité à traiter un sujet d’envergure avec rationalité, bon sens, et sérieux.

Au delà des effets de manche, tout reste à faire pour définir et promouvoir une politique énergétique compatible avec l’écologie vraie. Mais il faudra préalablement que le public prenne conscience du rôle pervers de l’écologie politique comme moyen de prise de pouvoir par des affairistes aux pratiques douteuses.

Au cas particulier, il est hélas d’emblée patent que, telles qu’elles sont engagées, les pratiques ne sont non seulement pas porteuses, mais recèlent tous les ingrédients d’un des grands scandales financiers de ce début du siècle : une espèce de processus à la Madoff, dont les ficelles sont totalement visibles pour qui veut les voir, basé sur un dispositif où l’enthousiasme de quelques personnalités politiques, à la carrière proche de l’affairisme le plus douteux, impose, sur le dos de la collectivité et par la force de la loi, un système de prélèvements financiers au profit d’un petit nombre de personnes.

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La Grèce et l’Irlande doivent faire défaut

Réunis la semaine prochaine à Bruxelles, les responsables européens cesseront-ils de se disputer pour faire face aux vrais enjeux de la crise de la dette ?

En réalité, la Grèce et l’Irlande ont déjà fait défaut. Pas officiellement. Cependant, à écouter les opérateurs financiers, plus personne ne veut prêter un centime à ces deux Etats qui croulent sous les dettes. La situation du Portugal et de l’Espagne n’est guère plus confortable.

Lundi passé, des chiffres publiés par la Banque centrale européenne ont démontré comment elle tient les Etats de la zone euro à bout de bras. Entre le 25 novembre et le 1er décembre, la BCE a acheté pour 1,965 milliard d’euros d’obligations publiques ; le plus fort montant enregistré depuis le début du mois de juillet alors que l’on sortait à peine de la crise grecque. Les opérateurs estiment que l’institution dirigée par Jean-Claude Trichet a nettement accéléré ses achats de dette publique irlandaise et portugaise. Car, en face, les grands investisseurs s’en détournent.

Pimco, le géant américain des obligations, a déjà annoncé avoir vendu la majorité de ses titres grecs, irlandais, portugais et espagnols. JPMorgan, un des poids lourds du marché de la dette gouvernementale européenne, a indiqué que beaucoup de ses clients veulent se débarrasser des titres des Etats «périphériques» de la zone euro.

D’ailleurs, Goldman Sachs a calculé que 17% de la dette cumulée de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal se trouvent désormais dans les coffres de la BCE. Au rythme actuel, cette part pourrait monter à 50% sans tarder.

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La puanteur du déclin économique des USA augmente. Quand les Américains opprimés vont-ils descendre dans la rue ?

Par Paul Craig Roberts

Nécrophores américains sur une charogne

La veille de Thanksgiving, le China Daily en Anglais et le site People’s Daily Online rapportaient que la Chine et la Russie s’étaient mis d’accord pour utiliser leurs monnaies respectives au lieu du dollar dans leurs transactions commerciales bilatérales. Les Russes et les Chinois ont dit qu’ils avaient pris cette décision pour protéger leur économie des problèmes qui ont ébranlé leur confiance dans le dollar comme monnaie de réserve mondiale.

C’est une nouvelle importante spécialement pendant la période des congés de Thanksgiving où il n’y a pas beaucoup de nouvelles, mais on n’en a pas parlé sur Bloomberg, CNN, [le] New York Times, ni nulle part dans les médias, presse ou TV, étasuniens. L’autruche ne sort pas sa tête du sable.

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Avec le MES, la Zone euro fait un beau gâchis !

Par Philippe Béchade

S'ajoutent à ces sommes, 250 milliards d'euros apportés par le FMI

▪ De nombreuses voix s’élèvent en Europe, au FMI et à la BCE pour que le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté de 750 milliards d’euros au printemps dernier, voie ses moyens financiers accrus.

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Irlande, Etats-Unis : l’enfer de la globalisation néolibérale

La crise économique ne cesse de faire sombrer l’Europe et ses Etats membres les plus fragiles. Les Etats-Unis s’essoufflent. Pour Laurent Pinsolle, un seul constat s’impose : l’échec de notre système économique construit voici 40 ans.

Gustave Doré, illustration pour L'Enfer de Dante

Les années que nous vivons ont le bénéfice indéniable de faire prendre conscience à beaucoup des réalités du système économique qui a été construit depuis quarante : il est inefficace, injuste et instable, comme le montrent les exemples irlandais et étasunien.

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Une aide au Portugal pourrait atteindre 60 milliards d’euros

Le Portugal pourrait se voir contraint d’accepter avant la fin de l’année une aide internationale, dont le montant prévisible est estimé entre 45 à 60 milliards d’euros.

Jose Socrates

Les marchés parient que le Portugal sera le troisième pays de la zone euro, après la Grèce et l’Irlande, à demander une aide de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

Avec une économie peu compétitive et une croissance très lente, le Portugal se trouve confronté à une envolée de ses coûts de financement sur les marchés internationaux.

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Vers une crise terminale de la zone euro ?

Par Jacques Sapir

Après l’annonce du plan d’aide à l’Irlande, la situation continue à se dégrader dans la zone euro. Cette dégradation annonce la crise terminale de cette zone, qui devrait survenir d’ici à l’hiver 2011/2012, et peut-être avant. Fondamentalement, ce plan n’a pas rassuré les marchés. D’ores et déjà, les inquiétudes montent sur le Portugal, mais aussi sur l’Espagne, qualifiée « d’éléphant malade » par certains analystes.


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L’Europe adopte un vaste plan d’aide à l’Irlande

Les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis ce dimanche à Bruxelles pour adopter le plan d’aide de l’UE et du FMI à l’Irlande. Un plan quasi bouclé mise à part, notamment, la question du taux d’intérêt, qui pourrait être supérieur à celui accepté par la Grèce.

Le « Tigre celte » piégé par la mondialisation… et l’immigration

D’un montant de 85 milliards d’euros débloqués par le FMI et l’Union Européenne et assorti d’une panoplie de mesures radicales (15 milliards d’euros d’austérité, dont 10 milliards de coupe dans les dépenses et 5 milliards de hausses d’impôts, baisse sensible du salaire minimum, des retraites et des prestations sociales), le nouveau plan d’aide à l’Irlande parviendra-t-il à sauver ce pays ? C’est grâce à la mondialisation que la Verte Erin avait acquis son statut partout célébré de « Tigre celte », aussi performant que les « Petits Dragons » asiatiques, mais cette mondialisation avait pour corollaire un recours massif à l’immigration, et c’est ce boulet qui risque d’entraîner par le fond le rafiot irlandais.

Musiciens africains "basés en Irlande" demandant, en novembre 2009, que le programme irlandais d'aide financière à l'étranger ne soit pas réduit (source : wedocare.ie)


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Panique dans la zone euro

Jamais depuis la crise grecque du printemps dernier, un pays n’avait paru aussi vulnérable face aux marchés. Alors que l’idée d’un plan de sauvetage de l’Irlande se profile, la presse européenne s’inquiète des conséquences pour les autres membres de l’UE.

"Perdu tigre celtique..."

« L’Irlande vers une nouvelle crise financière », annonce la Frankfurter Runsdschau. Et chaque jour, le sort de l’économie irlandaise, affaiblie par la dette et des taux d’intérêt de plus en plus élevés, paraît plus alarmant pour l’ensemble de la zone euro. «Le refrain du déchirant acte II de la crise de l’euro a été entonné par Wolfgang Schäuble», constate de son côté la Berliner Zeitung.

Le ministre des Finances allemand demande qu’à l’avenir, les détenteurs d’obligations passent à la caisse lorsqu’un Etat membre de la zone euro devra être sauvé par les autres. « Pour les investisseurs, c’est une mélodie nouvelle », commente le quotidien : « Jusqu’à présent, ils supposaient que la zone euro rachèterait ses membres. […] Maintenant qu’ils croient devoir assumer un risque, il exigent des intérêts plus élevés ».

Le journal cite un membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), qui affirme que « les plans allemands mènent inéluctablement à des attaques spéculatives renforçant la crise ».

« La hausse des taux d’intérêt pourrait conduire l’Irlande et le Portugal à réclamer l’aide européenne », constate Diário de Notícias à Lisbonne. « L’UE se prépare à aider l’Irlande, dont les intérêts sur la dette ont dépassé les 9%. Le Portugal pourrait être le prochain à en avoir besoin, sauf si les marchés se calment ».

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La dette, premier poste des dépenses de l’État

Le projet de loi de finances 2011 promet une réduction sans précédent du déficit de l’Etat, qui devrait passer de 152 à 92 milliards d’euros. La fin des mesures exceptionnelles prises au cours des deux années précédentes (principalement le plan de relance et le grand emprunt) explique l’essentiel de cette baisse. Du côté des recettes courantes, l’Etat ne peut compter que sur l’évolution spontanée des assiettes, car l’essentiel des 10 milliards récupérés sur les niches fiscales ira à la Sécurité sociale.

Répartition des crédits du budget général dans le projet de loi de finances 2011, par mission, en milliards d'euros

Pas vraiment de bouleversements non plus du côté des dépenses. L’Etat s’engage à les stabiliser en valeur (hors charge de la dette et pensions), ce qui implique une baisse en volume, hors inflation. Il compte pour cela sur le gel du point d’indice des fonctionnaires, le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux (- 31 600 postes) et une réduction de 5% des crédits de fonctionnement et d’intervention. L’équilibre entre les missions de l’Etat ne change que très marginalement, au détriment de l’équipement, du logement et de l’écologie, et à l’avantage de la justice et de l’éducation.

La progression la plus marquante parmi les dépenses de l’Etat concerne ses engagements financiers (le paiement des intérêts et le remboursement de la dette) : ils progresseraient de 6,3% en 2011, pour devenir le premier poste de dépenses, devant l’enseignement hors pensions. Et ce n’est qu’un début : la hausse devrait atteindre 28,5% d’ici à 2013, selon la programmation pluriannuelle du gouvernement. Autant dire que c’est après 2011 qu’il deviendra vraiment difficile de faire baisser le déficit.

Alternatives Economiques

Le Portugal, nouvelle proie des marchés financiers

Malgré tous ses efforts pour redresser les finances publiques, le gouvernement portugais ne parvient pas à rassurer les marchés.

Plus que la Grèce, c’est désormais le Portugal qui fait face à la pression maximale des marchés financiers. Alors que l’écart du taux des titres grecs à 10 ans avec l’Allemagne a baissé depuis début septembre et qu’il s’est stabilisé du côté espagnol, celui des titres portugais a fortement augmenté. Il atteint aujourd’hui le niveau de ceux qu’avaient connus les titres grecs juste avant l’annonce du plan de sauvetage mi mai 2010.

Pourtant, le budget 2010 prévoyait des mesures drastiques de réduction des dépenses avec la réforme des allocations chômage et un vaste plan de privatisation, complétées par un nouveau paquet de réformes en mai (hausse de la TVA d’un point, baisse des salaires des patrons des entreprises publiques, taxe exceptionnelle les ménages et les entreprises).

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Que se passe-t-il dans les hautes sphères américaines ?

Par Frédéric Laurent

Caricature américaine, septembre 2010

Encore une fois, drôle de semaine sur les marchés financiers. La volatilité fait rage, dans des volumes peu importants. Pas de déclaration tonitruante, pas de gros titre en apparence… pourtant je m’étonne. Je m’étonne qu’aucun journal n’ait repris l’annonce de la démission d’Herbert Allison, sous-secrétaire adjoint à la stabilité financière aux Etats-Unis.

Donc, la personne qui était chargée de suivre le plan à 700 milliards de dollars lâche l’éponge.

Certes, ce n’est pas la première fois que quelqu’un de haut placé démissionne. Toutefois, quand on sait que ces hauts responsables émargent à plusieurs centaines de milliers de dollars par an, avec tous les « à côté » agréables (secrétariat, chauffeur, voyages d’affaires, logement, pas mal d’avantages en nature), on peut se dire qu’il doit y avoir une bonne raison à ce départ.

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Crise économique ou crise du sens ?

Un entretien avec Michel Drac

En 2009, dans « Crise ou coup d’état ? », vous analysiez les aspects purement macro-économiques de la Deuxième Grande Dépression. Cette année, dans « Crise économique ou crise du sens ? », vous écrivez : « Il est temps de nous éloigner de l’économie-monde, pour nous demander si l’économie peut constituer un monde ». Pouvez-vous, dans un premier temps, nous présenter la structure de votre livre ?

Dans « Crise ou coup d’Etat ? », j’ai tenté de montrer que la « bulle de l’endettement » est une stratégie des milieux dirigeants pour gérer le recul de leur domination dans le monde. Il s’agit de gagner la guerre de classes en Occident, alors que sur le plan géostratégique, les milieux dirigeants occidentaux sont confrontés à la montée en puissance d’une Asie rivale. Les classes dirigeantes veulent un modèle dual, afin que l’oligarchie survive au monde qu’elle gérait.

Dans « Crise économique ou crise du sens ? », j’ai voulu comprendre pourquoi notre classe dirigeante avait fait ce choix. Dire que notre classe dirigeante est formée d’irresponsables égotiques préoccupés de leurs intérêts de caste, c’est décrire la surface des choses ; la vraie question, c’est : pourquoi cette classe dirigeante pense-t-elle comme elle pense ?

Je propose d’articuler la réponse autour de la notion de crise du sens. Notre système est en lui-même une crise. La crise est devenue l’essence de notre système, parce qu’il n’est plus consacré qu’à sa propre reconduction. Il n’y a plus de sens à l’action de nos dirigeants, en dehors du maintien de leur position. J’emploie, pour décrire cette situation, des analogies avec, en particulier, la situation de l’Union Soviétique sous Brejnev, ou encore la paraphrénie qui a saisi, à l’échelle micro-économique, la direction d’Enron, progressivement, dans le courant des années 1990. Tout l’Occident est, désormais, un Enron géant.

La crise des subprimes dissimulerait en réalité une implosion spirituelle. Quels éléments vous ont amené à dépasser le cadre de la réflexion macro-économique ?

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Le bio tente de plus en plus d’agriculteurs français

Eric Gobard, 41 ans, est un agriculteur heureux, et même enthousiaste. Il y a deux ans, ce céréalier installé depuis huit ans, à Aunoy, au coeur de la Seine-et-Marne, haut lieu de l’agriculture intensive, a converti 30% de ses 200 hectares au mode de production biologique. Il espère aller au-delà, car, dit-il, il se sent “aspiré” par ce mode de production.

Part des Surfaces bio dans les départements en pourcentage de la Surface Agricole Utilisée. (Données Agence Bio, Agreste)

Il est loin d’être le seul. Après des années de stagnation, l’agriculture bio est en pleine explosion. Les conversions ont augmenté de 23,4% en 2009, et, en 2010, la progression s’accentue encore. La barre des 20.000 producteurs devrait être franchie.

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La pauvreté a fortement augmenté aux Etats-Unis en 2009, notamment chez les Noirs et les Hispaniques

Près de 44 millions d’Américains vivent sous le seuil de pauvreté, selon un rapport rendu public, jeudi 16 septembre, par le Census Bureau (équivalent de l’Insee aux Etats-Unis). Presque 4 millions de personnes ont sombré dans cette catégorie en 2009, première année du mandat de Barack Obama. Au total, ils sont 6,3 millions à avoir rejoint les rangs des “nouveaux pauvres” au cours des deux dernières années.

Un mendiant dans les rues de Miami, le 16 septembre 2010 (AP/J PAT CARTER )

Ces données ont pourtant “rassuré” les prévisionnistes : la plupart craignaient une augmentation plus forte de l’extrême précarité. Aux Etats-Unis, le seuil de pauvreté se situe, pour un individu, à 10 830 dollars bruts annuels avant impôts (près de 8 400 euros, soit 700 euros par mois), et au double (21 954 dollars) pour un couple avec deux enfants.

Plus du quart des Noirs et des Hispaniques vivent sous le seuil de pauvreté, plus de deux fois et demi le taux constaté parmi les “Blancs non hispaniques”. Plus de 30 % des pauvres sont des femmes seules avec enfants et la proportion de mineurs parmi les pauvres est une fois et demie supérieure à la moyenne nationale.

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La Chine et ses consommateurs

L’information a été rendue officielle par la publication des données statistiques de 2007 (les plus récentes) : la part de la consommation des ménages dans le PIB chinois recule depuis l’an 2000. Elle représentait presque 50 % du PIB il y a dix ans, elle est tombée à 40 %. En clair, la Chine prend le chemin inverse de ce que lui demande la communauté internationale.

La Chine devrait moins compter sur ses exportations, qui, excédentaires, créent le trop-plein de liquidités mondiales et le grand déséquilibre financier sur lequel s’est accrochée la bulle des crédits.

Pour que le monde retrouve un chemin stable de croissance, la Chine doit réorienter son modèle de croissance vers la demande interne. L’Amérique doit consommer moins, la Chine plus. On observe exactement l’inverse.

Que va-t-il se passer maintenant, à l’issue de la crise ?

L’économiste Michel Aglietta est persuadé que le changement va s’opérer. « La Chine ne peut plus atteindre les 10 % de croissance avec le ralentissement occidental » qui réduit ses débouchés, a-t-il expliqué lors d’un colloque cette semaine au Conseil d’analyse stratégique.
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USA : les jeunes, principales victimes de la crise

La précarité dans laquelle vivent les moins de 30 ans a encore été aggravée par la période de récession que viennent de traverser les Etats-Unis.

"Le Rêve Américain, c'est fini"

L’époque actuelle se montre particulièrement dure pour les jeunes Américains. Cette population vit des jours sombres, très sombres, depuis l’effondrement de l’activité économique, qui a continué de plonger tout au long de l’année 2009.

En septembre, le taux de chômage des 16-24 ans s’est maintenu à 18,1 %, ce qui représente près du double de la moyenne nationale pour ce même mois. Plus de 2,5 millions de salariés de cette tranche d’âge ont perdu leur emploi depuis le début de la crise, en décembre 2007, ce qui fait d’eux la population la plus durement touchée par la récession.

Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les chiffres du sous-emploi sont encore plus préoccupants. Encore une fois, ce sont les jeunes qui souffrent le plus. Au cours du deuxième trimestre de 2009, par exemple, le taux de sous-emploi chez les travailleurs de moins de 25 ans a atteint le chiffre alarmant de 31,9 %. Pour les travailleurs de 25 à 34 ans, il était de 17,1 %.

“Les jeunes de moins de 30 ans ont été beaucoup plus durement touchés par la récession que les autres tranches d’âge”, affirme Andrew Sum, ­professeur de sciences économiques et directeur du Centre d’études sur le marché du ­travail de la Northeastern University, à Boston.

Les raisons qui expliquent cette situation sont multiples et complexes. Les jeunes invoquent souvent la redoutable concurrence à laquelle ils sont désormais confrontés : leurs aînés bardés de diplômes universitaires et forts de dizaines d’années d’expérience soumettent aujourd’hui leur candidature à des postes de débutants. En outre, les jeunes qui ont eu la chance de trouver un emploi sont souvent victimes du vieux principe “dernier embauché, premier viré”. Résultat, depuis la crise de 1929, les jeunes n’ont jamais aussi peu travaillé.
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Les 25 mythes russophobes

Par Alexandre Latsa

1 – Sous Poutine, la vie ne s’est améliorée que pour les riches et les oligarques, et les pauvres n’ont pas vu une augmentation de leur niveau de vie.

Faux. Sous le gouvernement Poutine, la pauvreté a considérablement diminué. Le taux de russes vivant sous le seuil de pauvreté, est passé de 35 à 23% de 2000 à 2004 et était tombé à 13,5% en 2008 (avant la crise).

2000 (arrivée de Poutine au pouvoir): 35%

2004 (fin du premier mandat Poutine): 23%

2008 (fin du second mandant Poutine): 13,5%

Mémo : il est à noter qu’en France, en 2007, 13,7% de la population vivait sous le seuil de pauvreté.

2 – La spirale démographique russe devrait voir la population de ce pays diminuer, à moins de 100 millions d’habitants, contre 142 millions aujourd’hui.

Faux. Il est très fréquent de lire, en effet, que le taux de natalité est bas, que le taux de mortalité est élevé, ainsi que le taux d’avortements et de suicides, et que la Russie perdrait inexorablement 700.000 habitants par an. Pourtant, ce n’est pas le cas.

En 2005, la population russe a décru de 760 000 habitants, ce qui était le record absolu.

En 2006, la baisse n’a été « que » de 520 000 habitants.

En 2007, la baisse n’a été « que » de 280 000 habitants.

En 2008, la baisse est, à peu près, de 116.000 habitants.

En 2009, la population a augmenté de 12.000 personnes, la natalité ayant augmenté de 3% sur l’année 2009 et ce, malgré la crise économique. Les mesures Medvedev de 2005 ont donc eu un résultat absolument foudroyant.
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Qui a peur des mots ? Sortir de la crise économique… et de la crise du langage

Il n’est question ni de rigueur ni d’austérité, mais de plan de relance. Le licenciement a fait place à la restructuration, la fermeture d’usine à la délocalisation, la récession à la maîtrise de l’inflation…

Dans l’éditorial du dernier numéro de CB News, Christian Blachas analyse ce qu’il nomme la « nouvelle sémantique ». : « Le XXIème siècle a inventé un nouveau langage issu de deux courants profonds : le politiquement correct (personnes à mobilité réduite, non-voyants, mal-entendants…) et le discours hypocrite qu’on pourrait aussi intituler mensonge ou gros pipeau. Pour masquer la dure réalité des faits, on invente des mots et des expressions destinés à faire passer la pilule. »

Une novlangue aux effets contre-productifs

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La mort annoncée de l’euro : une bonne nouvelle pour la Russie ?

Aujourd’hui directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales où il dirige le Centre d’Études des Modes d’Industrialisation (CEMI-EHESS), Jacques Sapir est un économiste de renommée mondiale. Il est intervenu à ce titre à de nombreuses reprises sur la question de l’avenir de la zone euro et de l’union monétaire européenne et s’est attaché à mettre au jour les causes profondes de l’impuissance des gouvernements européens à gérer efficacement une crise « grecque » qu’on a supposée à tort locale.

Mais il est avant tout un spécialiste reconnu depuis plus de 20 ans de l’économie russe, qu’il s’agisse de celle de l’URSS ou de celle de la transition à l’économie de marché. Il a enseigné en Russie à la Haute Ecole d’Economie de 1993 à 2000, et enseigne aujourd’hui à l’Ecole d’Economie de Moscou. Il a été l’un des rares à prédire le krach de 1998, ce qui lui a notamment valu d’être appelé à intervenir en tant qu’expert auprès de la Banque centrale de Russie, dans le cadre d’un Groupe de travail sur la sécurité financière.

Bref, nul ne paraissait mieux placé que lui pour répondre à une question qui ne semble pas empêcher outre mesure les économistes russes de dormir : en quoi la Russie est-elle concernée concrètement par la crise européenne ? Lire la suite

Rapatriement de la dette ou dé-mondialisation ?

Par Jean-Claude Werrebrouck

Parmi les nombreuses propositions à effet de juguler les dangers d’une dette publique jugée insupportable, on notera l’intéressant article signé de Rodolphe A. Müller et Pierre-Alain Schieb dans Le Monde du 8 juin.

Constatant une corrélation positive entre la quiétude des marchés et le pourcentage de la dette domestique dans la dette publique totale, les deux auteurs en viennent à proposer un plan de compensation inter-Etats et inter-créanciers, aboutissant à la renationalisation de la dette.

Aucun détail concernant la procédure suivie n’est indiqué. Simplement, il s’agirait d’une gigantesque compensation. Et, sans doute, compensation elle-même fort complexe, puisque les dettes publiques nombreuses, en théorie égales au nombre d’Etats, sont appropriées par des agents nationaux fort nombreux et fort divers : banques centrales, banques nationales et étrangères, compagnies d’assurances, fonds de pension, ménages.

Plus complexe encore – à supposer qu’il existe un accord politique international, regroupant un nombre significatif d’Etats concernés et volontaires – serait le taux de change entre les dettes compensées. Problème qui reste entier, dans une compensation entre Etats n’appartenant pas à un même zone monétaire. Mais, problème qui demeure, même à l’intérieur d’une zone, les nouvelles créances ne jouissant plus des rendements antérieurs. A titre d’exemple, les créanciers français de dette publique grecque verraient s’affaisser, au terme de la compensation, la rentabilité de leur investissement.

Mais il y a beaucoup plus grave. La compensation généralisée aboutirait à la mise sur le devant de la scène, et donc sa mise à l’index, de l’Etat le plus internationalement endetté. Le processus envisagé de rapatriement favorise peu les Etats dont l’endettement est faible ou repose sur une base domestique.

Ainsi, le Japon qui, certes dispose d’un Etat très endetté, serait peu favorisé par la procédure de rapatriement. Il n’y a quasiment rien à rapatrier et seulement 5,8% de la dette publique sont détenus par des étrangers.

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Comme prévu

Une tribune libre de Michel Drac

Le déroulement de la Deuxième Grande Dépression, jusqu’ici, correspond exactement à ce que l’on pouvait attendre. La seule surprise est qu’il n’y a pas de surprises. L’Occident implose, l’Empire américain se disloque, les économies émergentes souffrent mais s’en sortent correctement, et l’oligarchie financière, pour se sauver elle-même, dévore la substance de l’économie réelle.

Comme prévu, quoi.

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La crise ? Quand c’est fini, ça recommence !

Par Frédéric Lordon

Il y aurait matière à faire un sort à tous les ahuris qui, depuis l’été 2007, ne loupent pas une occasion de se féliciter que « le pire est derrière nous le plus dur est passé la crise est terminée ». On rappellera qu’ils n’en sont jamais qu’à leur troisième tour de piste (automne 2007, printemps 2008, fin 2009) et que, vaillants comme on les connaît, on peut être tout à fait certain, le point chaud grec viendrait-il à relaxer, qu’ils ne nous décevraient pas pour une petite quatrième. Stupéfiante comme elle devient, la situation ne laisse cependant pas trop le loisir de s’appesantir sur ce genre de chose – et puis le compte-rendu de la cécité réjouie est devenu une entreprise sans espoir.

Caspar David Friedrich, Naufrage, 1822 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Stupéfiante, la situation l’est, sans l’être tout à fait. Car la mutation de la crise de finances privées en crises de finances publiques, et leurs métamorphoses subséquentes en crises monétaires et en crises politiques, étaient prévisibles dès la fin 2007.

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Ceux qui savaient

Par Paul Jorion

On me dit souvent : « Vous faisiez partie du tout petit groupe de gens qui savaient qu’une crise majeure allait éclater ». Je réponds en général qu’en 2002, entre collègues, à l’heure du déjeuner, on discutait de la crise qui s’annonçait.

Mais ça ne s’arrêtait pas là : nous écrivions des rapports à l’intention de la direction. Et comme ceux-ci étaient accueillis par un grand silence, mes collègues me faisaient souvent part de leur découragement : « Ils ne prennent même pas la peine de lire ce que nous écrivons ! ».

Mes patrons n’étaient pas des imbéciles et cette interprétation désabusée me paraissait un peu courte. J’ai expliqué dans ma chronique du Monde – Économie des lundi 29 et mardi 30 juin 2009, intitulée « La bonne santé retrouvée des banques américaines », comment Angelo Mozilo, PDG de Countrywide, aussitôt qu’il eut compris, entreprit d’exercer toutes les stock options qu’il avait dans sa firme et de revendre l’ensemble de ses actions. Et ceci, le plus légalement du monde : en suivant le plan de désengagement par étapes prévu par la loi.

Je terminais ma chronique en disant ceci : “Si le parallèle avec Countrywide a un sens, il s’agit alors simplement pour les dix banques ayant aujourd’hui remboursé l’argent du TARP de consciencieusement nettoyer la caisse avant de mettre définitivement la clé sous la porte. Lorsque les trillions à nouveau perdus seront examinés, les quelques milliards détournés in extremis par leurs dirigeants, passeront, c’est à parier, relativement inaperçus.

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En route vers la Grande Dépression ?

Par Frédéric Lordon

(Si oui, sortons le gros bâton)

Ça commence comme un octosyllable, et pourtant la situation manque de poésie. On pourrait enchaîner sur l’aphorisme de comptoir en ajoutant que si le pire n’est jamais sûr, il n’est pas davantage exclu. Tout cela pour dire qu’on avait été surpris de voir à l’automne 2008 les gouvernements capables de tout mettre sur la table pour sauver le secteur bancaire de la ruine complète (et nous par la même occasion) et que, de temps en temps, on pouvait ne pas désespérer complètement des effets d’apprentissage – la collection des erreurs qui avaient transformé le krach de 1929 en Grande Dépression avait été méditée et évitée.

Bien sûr, les banques s’en étaient tirées avec le magot des fonds publics, rigoureusement rien ne leur avait été demandé en contrepartie, et le scandale intrinsèque de ce rapt unilatéral s’agrémentait du spectacle de voir le manège repartir pour un tour – avec profits, bonus et inévitablement crise prochaine au bout de la séquence. Mais au moins nous n’étions pas morts, ça n’était pas si mal. 2008 et passim pouvaient échapper au bégaiement de l’histoire et n’être pas la simple répétition des années 1930.

No longer.

On prendra la brutalité du tête-à-queue général effectué par les politiques économiques européennes pour un indice de la puissance tutélaire acquise par les marchés de capitaux. Car il y a deux mois encore, l’analyse à l’ordre du jour, jusque dans la presse la plus raisonnable – financière et anglo-saxonne –, commandait de songer à sortir progressivement des plans de soutien à l’économie, mais pas maintenant et surtout pas trop vite.

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“Au bord du gouffre, les Européens ont mis de côté les égoïsmes nationaux”

L’économiste Michel Aglietta revient (…) sur les enjeux et conséquences du plan de secours historique de 750 milliards d’euros, qui vient d’être adopté pour sauver la zone euro.

En quelques semaines, on est passé d’une aide de 45 milliards d’euros à la Grèce à un gigantesque plan de secours de 750 milliards d’euros pour la zone euro. Que s’est-il passé ?

On est passé d’une crise de la dette d’un pays à la crainte d’une déstabilisation de l’ensemble des marchés financiers. C’est le grand retour du risque systémique que l’on a connu au plus fort de la crise financière en octobre 2008. Le montant est forcément gigantesque car il renvoie à l’ensemble des dettes publiques de la zone euro. L’idée est d’avoir une force de frappe suffisamment importante pour empêcher la spéculation de détruire la zone euro.

La zone euro était-elle réellement menacée d’explosion ?

Oui, la situation était plus que périlleuse ; tous les signes d’un risque systémique étaient réunis : la hausse des taux obligataires, la chute des indices boursiers et les difficultés de financement sur le marché interbancaire. Il était urgent pour l’Europe de réagir.

Est-ce la fin de la crise que traverse la zone euro ?

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Garçon, un cancer ! Entretien avec le professeur Dominique Belpomme

Dominique Belpomme est un médecin et professeur de cancérologie au Centre Hospitalier Universitaire Necker-Enfants malades. Il est membre de plusieurs sociétés savantes internationales et président de l’ARTAC, Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, fondée en 1984, et connu pour ses travaux de recherche sur le cancer. Il est ici interrogé par le magazine Le Choc du mois.

Ce qui vous frappe le plus en tant que cancérologue, c’est que le cancer est une maladie créée par l’homme ? 70.000 personnes en mouraient après la Seconde Guerre mondiale. Combien aujourd’hui ?

150. 000, plus du double.

Et combien sont-ils à développer un cancer aujourd’hui ?

Avant le premier plan cancer (2003-2007), on comptait chaque année environ 280.000 personnes atteintes de la maladie. Après (soit en 2009), 350.000.

C’est la raison pour laquelle je pense qu’en terme de santé publique, le premier plan cancer est au mieux un demi-échec et que le second plan risque de se solder par un constat du même ordre si la prévention environnementale n’est pas prise en compte.

Versant positif, on a pris conscience qu’il y avait un fléau, le cancer, et confirmé la réorganisation des soins et la lutte contre le tabagisme, tout en créant l’INCa, l’Institut national du cancer.

Pour autant, les résultats sont loin d’être à la hauteur des espérances. On a aujourd’hui annuellement 350.000 nouveaux cancers. C’est une croissance quasi-exponentielle du nombre de cas. Quant à la mortalité, elle est pratiquement stable : elle a diminué de moins de 10 % pour les hommes et n’a pas bougé pour les femmes, en taux standardisé (qui gomme l’effet de l’âge).

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Les banques supplient la BCE d’acheter de la dette

Jusqu’où les taux grecs peuvent-ils monter ? Et pendant combien de temps l’euro va-t-il baisser ? Les marchés sont engagés dans une course que rien ne semble pouvoir arrêter. Vendredi 7 mai, le rendement des obligations grecques a de nouveau crevé le plafond : plus de 12 % pour les emprunts d’Etat à dix ans et 18 % pour les emprunts à deux ans.

- Vite ! Donnez-moi le liquide !

L’euro, a repris, lui, son voyage vers les profondeurs : toute la semaine, il a enchaîné les records à la baisse, passant sous le seuil de 1,26 dollar jeudi 6 mai, son point le plus bas depuis 14 mois. Un désaveu pour les dirigeants de la zone euro qui se réunissaient vendredi pour finaliser le plan d’aide à Athènes.

Ce plan, plus personne n’y croit vraiment. Fonds insuffisants, risque d’explosion sociale, menace de contagion au Portugal et à l’Espagne : la crise semble sur le point de dégénérer. Certains grands économistes commencent même à sonner le tocsin de la monnaie unique.

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Ce qui arriverait si la France avalait la potion grecque

Le gouvernement grec vient de présenter un plan de rigueur qui devrait lui permettre d’éviter la faillite. Mais à quel prix… Pour bien se rendre compte de ce que représente cet effort, lexpansion.com a appliqué les mêmes recettes à la France. Effrayant.

Du sang et des larmes. C’est le programme que le gouvernement Papandreou impose à la Grèce pour les années à venir, afin d’éviter la faillite au pays.

Il a promis aux marchés de faire passer le déficit de 14% du PIB en 2009, à 3% en 2014.

Un effort colossal, évidemment très douloureux socialement, qui passe par une hausse de la TVA, une réforme drastique du régime de retraites, ou encore une baisse des émoluments des fonctionnaires.

C’est 2010 qui sera la période la plus dure : Athènes a promis, rien que cette année, une baisse du déficit de six points de PIB.

Pour bien se rendre compte de ce que cela représente, lexpansion.com a fait ses petits calculs, à l’échelle de la France.

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Grèce : les 3 mensonges des médias et des experts (1)

«Les Grecs vivent au dessus de leurs moyens.» «L’économie allemande est plus vertueuse.» «L’Euro nous protège de la crise.» Ces trois affirmations font partie du mantra néolibéral répété en boucle par les économistes invités sur les plateaux. L’économiste Jacques Sapir démolit consciencieusement ces pétitions de principe.

La Grèce serait l’homme malade de la zone Euro

Les récents événements en Grèce et dans la zone Euro ont donné lieu à beaucoup de commentaires, au sein desquels on peut constater que certains mythes ont la vie (très) dure. Sans prétendre leur faire la peau définitivement, il convient de rappeler ici certains faits, par sympathie pour les travailleurs grecs mais aussi par amour de la vérité.

La presse allemande, et même française, a usé de termes, en réalité, bien plus injurieux. On se souvient des « cueilleurs d’olives » et même de l’exécrable calembour (la « mauvaise Grèce ») par lequel un quotidien français s’est déshonoré. Il convient de rétablir ici les faits.

Un pays se juge à sa productivité du travail. Mais, cette dernière dépend aussi des activités qui dominent dans ce pays. Ainsi, les services non financiers ont-ils une productivité plutôt basse, tandis que l’industrie a une productivité qui, toutes choses étant égales par ailleurs, est plus élevée. Les services financiers aujourd’hui sont l’activité dont la productivité est la plus forte, sans d’ailleurs que cela ne préjuge de leur contribution réelle à la richesse du pays ou de leur utilité. La Grèce est plutôt une économie de services (le tourisme et les services associés), avec aussi un secteur agricole qui – pour des raisons géographiques – est plutôt intensif en travail qu’en capital. Or la productivité de la Grèce, en dépit de tous ces facteurs, est loin d’être ridicule (graphique 1).

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Crise grecque : le grand concours de mensonges européen

On se focalise sur les déficits grecs, on refuse de considérer la possibilité d’une sortie de l’euro pour le pays, on fait comme si l’aide à la Grèce était une oeuvre caritative… Foutaises, selon Roland Hureaux.


Les Grecs sont accusés d’avoir menti pour entrer dans l’euro. Peut-être. Encore qu’ils ne doivent pas avoir été les seuls.

Ce qui est sûr, c’est que, de langue de bois en optimisme de commande, d’ignorance des problèmes économiques en volontarisme politique, presque tout le monde, dans le suivi de la crise grecque, ment ou, en tous les cas, parle à tort et à travers.

Premier mensonge : se focaliser sur les déficits publics grecs. Ils sont assurément un problème, un peu plus grave en Grèce que dans d’autres pays – un peu plus seulement- mais ce n’est pas le problème principal.

Le problème principal de la Grèce, c’est le différentiel d’inflation entre elle et les autres pays de la zone euro, singulièrement l’Allemagne, qui s’est creusé depuis dix ans, à hauteur de 30 à 40 %, et qui fait qu’aucun produit grec, même les olives, n’est plus compétitif. Si ce problème n’est pas résolu, les prêts du FMI ou de l’Europe n’alimenteront que le tonneau des Danaïdes. Ce n’est pas de 5 ou 10% que les Grecs devraient se serrer la ceinture pour retrouver leur compétitivité, c’est de 30 à 40%. Aucun pays ne l’a jamais fait, ils ne le feront pas.

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