La planète pétrole s’enfonce dans la crise. So what ?

Au temps pour moi. J’ai fait état dans un précédent article d’une chute de la production pétrolière aux Etats-Unis en début d’année. Les extractions américaines sont entre-temps reparties à la hausse, atteignant 9,7 millions de barils par jour (Mb/j) au mois d’avril, d’après les dernières données mensuelles fournies par l’administration Obama.

Dopée depuis près de cinq ans par le boom du pétrole de schiste, la production américaine d’or noir frôle de plus en plus le record établi lors du pic historique de production de 1970. Le rythme de croissance de la production marque cependant nettement le pas, souligne l’agence Reuters, estimant qu’un tel ralentissement pourrait annoncer l’approche d’un plateau.

Lire la suite

« La “croissance verte” est une mystification absolue »

Auteur de L’âge des Low Tech. Vers une civilisation techniquement soutenable, l’ingénieur Philippe Bihouix alerte sur l’épuisement croissant des ressources de métaux. Et souligne que, en raison de leur besoin de métaux rares, les énergies nouvelles ne sont pas la panacée : une énergie illimitée et propre est un mythe, il faut… économiser, recycler, relocaliser. Un entretien énergisant.

Reporterre – Cinq ans après la sortie de votre livre Quel futur pour les métaux ?, votre diagnostic reste-t-il d’actualité ?

Philippe Bihouix - Mon diagnostic concernant la raréfaction des métaux reste vrai. Il ne peut pas changer, parce que la partie accessible et exploitable des ressources minérales et métalliques est limitée.

Ces ressources peuvent être très importantes mais elles sont finies, comme peuvent l’être les ressources d’énergie fossile – pétrole, charbon, gaz – non renouvelables, ou les ressources forestières, halieutiques, et autres, si on les exploite à une vitesse excédant leur taux de renouvellement. Avec une quantité de ressources finie, un pic de production, suivi d’une baisse, est incontournable. C’est mathématique. Comme il y a un pic pétrolier, il y aura un pic énergétique puis, comme production d’énergie et exploitation des ressources sont liées, il y aura au final un pic de tout.

Lire la suite

Le jour d’après : À court de pétrole

Le pétrole est aujourd’hui le combustible sur lequel repose toute la civilisation. Que se passerait-il si, du jour au lendemain, les sources de pétrole se tarissaient ? Ce documentaire anticipe cette fin annoncée et propose de découvrir une nouvelle face du monde, contraint de s’adapter face à un changement radical.

Docu-fiction (Canada – 2010)

La fin annoncée de la civilisation industrielle

Sur les neuf frontières vitales au fonctionnement du « système Terre », au moins quatre ont déjà été transgressées par nos sociétés industrielles, avec le réchauffement climatique, le déclin de la biodiversité ou le rythme insoutenable de la déforestation. « Nous sommes en train de vivre une mosaïque d’effondrements ».

Transgresser ces frontières, c’est prendre le risque que notre environnement et nos sociétés réagissent « de manière abrupte et imprévisible », préviennent Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre « Comment tout peut s’effondrer ».

Rappelant l’ensemble des données et des alertes scientifiques toujours plus alarmantes, les deux auteurs appellent à sortir du déni. « Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide ».

Lire la suite

Economie, croissance… L’effondrement promis expliqué à tous

Poursuivant la pensée de l’économiste Ernst Friedrich Schumacher, l’expert américain John Michael Greer distingue trois types d’économies: l’économie primaire qui rassemble les biens et services produits par la nature, l’économie secondaire qui fait appel au travail humain, et l’économie tertiaire, celle de la finance. Avec cette approche accessible à tous, il démontre la myopie de la plupart des économistes et décideurs dominants, et la mort qu’ils promettent aux sociétés industrialisées.

Quand on pense connaître une réalité mais que l’on n’a pas pris en compte tout le cadre de cette réalité, on a les plus sérieuses chances de se tromper, même si c’est de bonne foi. C’est vrai pour le juge qui veut comprendre une affaire, pour le policier qui mène une enquête, pour le journaliste qui relate un fait, pour l’historien qui explique le passé ou encore pour l’économiste, l’homme politique ou le décideur qui veut résoudre une crise, le chômage…

Comme cela fait plus d’une trentaine d’années que les taux de croissance par tête ont tendance à régresser en Europe, que l’endettement croît, que le chômage et le travail précaire se sont installés et massifiés, sans que ni les décisions politiques, ni les mesures économiques, ni les calculs hautement complexes, n’aient vraiment pu inverser la situation, force serait de reconnaître qu’il est peut-être grand temps et souhaitable de regarder de près les cadres dans lesquels la science économique dominante évolue.

Lire la suite

La fin de la croissance ?

Nicolas Meilhan consultant senior à Frost & Sullivan et spécialiste transport et énergie, présente, à l’aide d’un diaporama graphique, les enjeux présent et à venir de la croissance mondiale à l’aune de son étroite corrélation au secteur pétrolier.

“Toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut continuer à l’infini dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste” Kenneth Boulding

Les éconoclastes

« L’effondrement qui vient »

Le pic pétrolier, le climat qui se dérègle, la biodiversité qui disparaît… Les scientifiques nous bombardent de nouvelles alarmistes, mais que faire? Prenons-les enfin au sérieux, préconise Pablo Servigne (co-auteur avec Genevieve Azamde et Raphael Stevens de « Comment tout peut s’effondrer »). Mais pas de panique : même si le chemin n’est pas facile, il faut l’accepter, pour commencer à préparer le monde d’après.

Sur quels faits vous appuyez-vous pour affirmer que l’effondrement est possible ?

Nous avons rassemblé un faisceau de preuves qui viennent des publications scientifiques. Les plus évidentes sont liées au fait que notre civilisation est basée à la fois sur les énergies fossiles et sur le système-dette.
Lire la suite

Dmitry Orlov : “La population européenne est moins instable qu’en Amérique”

Traduction d’un entretien avec Dmitry Orlov réalisé le 15 décembre 2011.

Quelle différence voyez-vous entre l’avenir de l’Amérique et celui de l’Europe ?

Les pays d’Europe sont des entités historiques qui gardent encore des vestiges d’allégeance par delà le domaine monétisé, commercial, tandis que les États-Unis ont commencé comme une entité commerciale, basée sur une révolution qui était essentiellement une révolte fiscale et donc n’avait pas de position de repli. La population européenne est moins instable qu’en Amérique, avec un plus fort sens de l’appartenance régionale, et elle est plus susceptible d’avoir des relations avec ses voisins, de pouvoir trouver un langage commun et de trouver des solutions aux difficultés communes.

La plus grande différence probablement, et la plus prometteuse pour une discussion fructueuse, est dans le domaine de la politique locale. La vie politique européenne est peut-être endommagée par la politique de l’argent (1) et le libéralisme de marché, mais au contraire des États-Unis, elle ne semble pas en complète mort cérébrale. Du moins j’espère qu’elle n’est pas complètement morte ; l’air chaud sortant de Bruxelles est souvent indistinguable de la vapeur dissipée par Washington, mais de meilleures choses pourraient se produire au niveau local.

En Europe il reste quelque chose comme un spectre politique, la contestation n’est pas entièrement futile, et la révolte n’est pas entièrement suicidaire. En somme, le paysage politique européen peut offrir beaucoup plus de possibilités de relocalisation, de démonétisation des relations humaines, de dévolution à des institutions et des systèmes de subsistance plus locaux, que les États-Unis.

L’effondrement américain retardera-t-il l’effondrement européen ou l’accélérera-t-il ?
Lire la suite

Or noir, la grande histoire du pétrole

Matthieu Auzanneau est journaliste, chargé de la prospective au Shift Project, auteur du blog “Oil Man”. Il répond à nos questions à propos de son ouvrage “Or Noir, la grande histoire du pétrole” (Éditions La Découverte).

- Le rapport sur la menace irakienne, utilisé par l’administration Bush pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003, vient d’être déclassifié. Quels sont les éléments qui laissent à penser que cette guerre était liée au pétrole pour Washington et Londres ?
– Pourquoi écrire une “histoire du pétrole” ? De quelle manière cette énergie a-t-elle transformé nos sociétés ?
– Les bouleversements engendrés par la raréfaction des ressources du pétrole risquent d’être considérables. Selon vous, les acteurs étatiques et économiques mondiaux se préparent-ils de manière suffisante à cette transition ?
– Dans ces conditions, peut-on imaginer que les pétroles dits non conventionnels constituent un relais au pétrole conventionnel ?

Lire la suite

Des chrétiens s’engagent dans le combat contre le réchauffement climatique

De plus en plus d’initiatives invitent les chrétiens à se saisir de l’enjeu climatique et de la question écologique. Partout dans le monde, les organisations appellent à la mobilisation… et en France aussi. 

30 novembre : ouverture de la conférence de Paris sur les changements climatiques, dite COP 21. La date est depuis longtemps à l’agenda des militants environnementaux, mais aussi des Églises et organisations chrétiennes.

Cette année, le carême est écologique

Campagne de carême du CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement des peuples), invitation à participer à la journée de jeûne de carême pour la justice climatique le 7 mars 2015… Les propositions ne manquent pas pour inciter les chrétiens à se saisir de la question climatique et faire de la crise écologique le thème sur lequel axer le carême 2015 qui a débuté mercredi 18 février – période de quarante jours durant laquelle les chrétiens tentent de vivre plus sobrement dans l’attente de Pâques.

Lire la suite

Découvertes de pétrole et de gaz: les plus mauvais chiffres depuis 1952

Voilà encore des chiffres qui vont à l’encontre des interprétations trop rapides que l’on peut entendre ici ou là sur la situation énergétique mondiale. Depuis 2009 et le début de l’incroyable progression des gaz et pétrole de schiste aux Etats-Unis, de nombreux rapports et commentaires promettent une disponibilité énergétique sans précédent à l’horizon 2020. Certains articles titraient même que nous risquions d’être noyés sous le pétrole !

Pourtant, le 15 février dernier, le Financial Times titrait: “Les nouvelles découvertes de pétrole et de gaz chutent à leur plus bas niveau depuis 20 ans”. En réalité, ce pourrait même être pire.

Lire la suite

La croissance, un modèle qui arrive à ses limites

La croissance économique vigoureuse est chose du passé dans les pays industrialisés. Les sociétés devront apprendre à vivre avec des taux de croissance anémiques qui les forceront à faire des choix. La croissance du PIB à tout prix a-t-elle fait son temps? Et si la décroissance était une voie d’avenir ?

C’est fou tout ce qu’on peut faire pour soutenir la croissance économique! On l’encourage à coups de subventions et de baisses d’impôt. On la stimule par le marketing et la publicité. Et on la dope avec le crédit facile et l’endettement. Avec bien peu de résultats, est-on forcés de constater depuis 30 ans.

Lire la suite

Baril à 50 dollars : risque de récession majeur pour le secteur pétrolier

Il y a des courses de fond. Celle-ci est une course vers le fond. Les cours du baril dégringolent à 50 dollars cette semaine, du jamais vu depuis le lendemain de la crise de 2008. Aussi vertigineuse qu’inattendue, la chute du prix de l’or noir atteint désormais 55 % depuis le début du mois de juin.

Est-ce la preuve d’un retour durable à l’abondance pétrolière ? Pas si vite.

Conséquence à la fois du boom du pétrole “de schiste” aux Etats-Unis et de la fragilité de la croissance économique mondiale, ce contre-choc pétrolier est en passe de mettre à nu bien des rois du pétrole.

D’ouest en est et du nord au sud, tous les producteurs pétroliers du monde, grands et petits, pompent aujourd’hui le brut à tombeau ouvert afin de sauvegarder un tant soit peu leurs chiffres d’affaires, en espérant que le concurrent d’à côté calanchera le premier.

Lire la suite

Et si l’action locale pouvait changer le monde ?

A Bristol, à Fukushima, en France, des héros ordinaires se battent pour rendre la vie meilleure. Et inventer une autre ère énergétique et économique.

Ils sont français, brésiliens, allemands ou canadiens. Ils créent des monnaies locales, des jardins communautaires, des parcs éoliens citoyens, des entreprises coopératives. Ces « lanceurs d’avenir », comme les appelle Marie-Monique Robin dans son dernier documentaire, Sacrée Croissance !, s’aventurent dans de nouvelles façons de vivre, consommer ou produire, à l’heure où les promesses de l’abondance capitaliste s’évanouissent.

Ils préfèrent le « mieux » au « plus », sèment les graines de ce que pourrait être une société « post-croissance », et revitalisent les questions de l’écologie, de la démocratie et de la politique. Avec un point commun, par-delà la diversité des expériences : ces « héros » ont tous choisi l’action locale.

Lire la suite

Michel Lepetit : « Pic pétrolier américain des années 1970 et transitions »

Michel Lepetit est Vice-Président et Trésorier de The Phift Project et Président de Global Warning SAS. Il présente ici son travail sur les liens forts entre le pic pétrolier américain des années 1970, la transition énergétique et la transition financière à l’occasion des Ateliers du Shift du 06 mars 2014.

Calculer soi-même le pic mondial de production de pétrole

Bonjour! J’ai fait cette vidéo le lundi 21 avril 2014. Le but est de vous montrer, en quelques minutes seulement, comment visualiser par vous-même le pic mondial de production de pétrole.

Écrivez www.eia.gov dans le signet Adresse de votre navigateur et vous arrivez sur le site de l’EIA, EIA c’est une agence indépendante de la statistique aux États-Unis et qui représente LA bible que tous les dirigeants du monde utilisent pour prendre leurs décisions concernant les politiques énergétiques.

En passant la souris sur Geography, une fenêtre apparaît, cliquez sur International Energy Statistics. Vous arrivez sur la page des statistiques internationales concernant l’énergie. Passez la souris sur Petroleum une fenêtre apparaît. Passez sur Production, puis cliquez sur Monthly/Quartely
Lire la suite

Alain Gras : Le socio-système énergétique

Le socio-système énergétique / Alain Gras, in “Socio-énergie. 1ères Journées internationales de sociologie de l’énergie” organisées par le Centre d’Étude et de Recherche Travail, Organisation, Pouvoir (CERTOP, Université Toulouse-Le Mirail) en partenariat avec l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF) et l’Association française de sociologie (AFS), Université Toulouse II-Le Mirail, 25-26 octobre 2012.

Pour Alain Gras, “L’histoire du concept d’énergie accompagne l’histoire d’une civilisation qui est pénétrée de la notion de puissance. Une puissance qu’elle exerce sur notre environnement et le terme lui-même d’ailleurs le sous-entend. Communément, par exemple, l’énergie d’une bombe atomique parle tout de suite à notre imaginaire“. De la locomotive à vapeur et du télégraphe, au nucléaire et au projet Desertec, c’est le panorama d’une société industrielle, de son développement technologique et de sa dépendance à l’énergie fossile, qui est brossé dans cette communication.

En s’appuyant sur les recherches en économie (Nicholas Georgescu-Roegen, les prospectives du Club de Rome), en démographie (celles de Paul Chifurka notamment),   sur la philosophie (Heidegger, Descartes, Tocqueville…), sur les notions de “pic pétrolier”, de paradoxe de Jevons, d’effet rebond…, Alain Gras dresse les jalons d’une histoire sociologique de l’énergie (et de la thermodynamique), qui, pour lui, n’est pas seulement un phénomène politique et militaire, mais qui est un phénomène social total, au sens de Marcel Mauss. Si Alain Gras parle de décroissance énergétique, il espère avant tout un changement de relation de l’homme avec la nature, un changement d’imaginaire où se réinsérerait le pouvoir du peuple dans les choix de société, dans les choix technologiques du futur.

Maison solaire autonome : la rentabilité, une question absurde ?

Basculer vers l’autonomie énergétique est une démarche qui appelle de nombreuses questions. Ou affirmations. L’une des plus fréquentes est celle de la « rentabilité ». « Si je passe au tout solaire, sans EDF, il me faudra 8 ans pour que ce soit rentable » est une phrase fréquemment entendue ou lue.

Certains vont parler de 10 ans, 12 ans avant « rentabilité ». Le calcul effectué est assez simple : additionner sa note EDF sur un an, celle de l’installation solaire, et diviser cette dernière par le montant EDF. Le nombre qui en ressort  est censé correspondre aux années passées à payer EDF jusqu’à atteindre le montant de l’installation solaire. Lorsque l’échéance est atteinte, c’est un seuil où l’on commence à « gagner » de l’argent, ou tout du moins, en économiser. L’électricité deviendrait alors « gratuite ».

Pourtant, la démarche de l’autonomie énergétique ne fonctionne pas de cette manière. Particulièrement aujourd’hui.

Lire la suite

Rob Hopkins: Transition vers un monde sans pétrole

Rob Hopkins nous rappelle que le pétrole dont notre monde dépend s’épuise progressivement. Il propose une solution unique à ce problème, la réponse de la transition, qui consiste à nous préparer à vivre sans pétrole et à sacrifier notre superflu pour bâtir des systèmes et des collectivités totalement indépendants des énergies fossiles.

La guerre de l’or noir : la fin de l’ère du pétrole ? (Vidéo)

La production des gisements de pétrole existants connaît un déclin impressionnant. Or sans pétrole, tout notre système économique actuel s’effondre : transports, médecine, agro-industrie… Des États et des scientifiques se sont lancés dans une nouvelle ‘guerre’ de l’or noir, pour tenter de prolonger l’ère du pétrole.

Première observation : la production des gisements existants connaît un déclin impressionnant. Il faudrait, pour combler le déficit, trouver 5 millions de barils en plus par jour, l’équivalent de la production de l’Iran ou de l’Irak ! Deuxième constat, tout aussi inquiétant : personne ne connaît exactement l’état des réserves. Les chiffres avancés sont probablement surestimés. Or sans pétrole, tout notre système économique s’effondre : transports, médecine, agro-industrie… Il y a donc urgence à trouver le moyen de mieux exploiter les ressources disponibles et à en découvrir de nouvelles.

(Allemagne 2010)

Chute de la production de brut russe l’an prochain, annonce le Kremlin

Le ministère des finances russe “prédit” un “déclin” du revenu des exportations pétrolières, “dû à une chute attendue de la production de pétrole”, selon une dépêche laconique de l’agence Itar-Tass publiée le 7 juillet.

Les extractions annoncées pour 2015 seront de 195,4 millions de tonnes, au lieu des 202,6 millions de tonnes prévues initialement dans le cadre de loi de finance pour 2014 de la Fédération de Russie. Le chiffre devrait être à nouveau en baisse en 2016, avec 193,4 millions de tonnes, au lieu des 206,4 attendus.

Le manque à gagner sur les recettes d’exportation du brut sera de l’ordre de 4,5 milliards de dollars en 2016 par rapport au montant initialement espéré, précise le ministère des finances. La Russie est le deuxième producteur mondial d’or noir aujourd’hui, juste derrière l’Arabie Saoudite.

Lire la suite

Yves Marie Abraham “Décolonisons notre imaginaire!”

Professeur agrégé au Service de l’enseignement du management à HEC Montréal, Yves-Marie Abraham enseigne et mène des recherches dans le domaine de la sociologie de l’économie. Ses travaux sur les fondements sociaux de la réalité économique l’ont amené à s’intéresser de près à l’“objection de croissance”, dont il est devenu un partisan convaincu.

Pétrole : hormis les non-conventionnels américains, la production mondiale a baissé en 2013

En dehors des nouveaux pétroles extrêmes et “non-conventionnels” d’Amérique du Nord (pétrole de schiste aux États-Unis et sables bitumineux au Canada), le reste des extractions mondiales a enregistré en 2013 un repli de 1,5 %, que ne suffisent à expliquer ni les sanctions contre l’Iran, ni la crise libyenne. Partout sauf en Arabie Saoudite, les vannes sont restées ouvertes à fond. 

Le Brésil voit sa production de brut reculer pour la troisième année consécutive, malgré le développement de ses champs offshore ultra-profonds. L’Angola menace de rejoindre une longue liste de producteurs majeurs confrontés aux limites de leurs réserves d’or noir.

“L’Opep fait face à d’énormes défis de production”, titrait le Financial Times la semaine dernière, tandis que s’ouvre aujourd’hui à Vienne une réunion du cartel des pays exportateurs de brut marquée par un très problématique renversement de conjoncture. Il y a six mois, les représentants de l’Opep envisageaient de ralentir leurs exportations face au boom du pétrole de schiste aux Etats-Unis. Entre-temps, les exportations de la Libye ont été réduites presque à néant par le chaos politique et militaire qui s’installe de plus en plus dans ce pays clé.

Mais ce n’est pas tout.

Les exportations mondiales sont également tirées vers le bas par l’Algérie, le Mexique, l’Azerbaïdjan, l’Indonésie, le Congo-Brazzaville, ou encore… le Brésil. Dans chacun de ces cas, les problèmes ne sont pas d’ordre balistique (obus de mortier autour de Tripoli, bombe nucléaire hypothétique du côté de Téhéran) : il s’agit de bêtes problèmes de robinets.

Lire la suite

Faut-il faire le deuil du pic pétrolier ? (Audio)

En raison du développement exponentiel de l’exploitation du pétrole de schiste par facturation hydraulique sur leur territoire, les États-Unis se dirigent vers l’indépendance énergétique à l’horizon 2020. L’extraction du gaz de schiste à l’aide de la même technologie a déjà causé l’effondrement de son prix dans ce pays.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Débat entre deux spécialistes du secteur pétrolier et un économiste autour de la question: la théorie du pic pétrolier est-elle encore valide, et comment le “renouveau” du pétrole abondant s’inscrit-il en regard du changement climatique.

Cependant, plusieurs caractéristiques du pétrole de schiste rendent les prévisions de production incertaines: les puits exploités par fracturation produisent beaucoup la première année, puis les quantités extraites diminuent rapidement. Cela oblige les compagnies à ouvrir sans cesse de nouveaux puits pour maintenir le niveau de production.

La fracturation utilise beaucoup d’eau et de sable, éléments dont la disponibilité peut poser problème à terme. Les très nombreux produits chimiques utilisés pour fracturer la roche mère rendent les déchets produits hautement problématiques. Enfin, tant qu’une fracturation n’a pas été effectuée, il est impossible de déterminer à l’avance le potentiel d’un forage.

Lire la suite

États-Unis : Exégèse de la longue crise

Dans son nouveau livre TOO MUCH MAGIC publié aux Editions du Retour aux Sources, James Howard Kunstler décrit avec une sagacité quasi prophétique sa vision de l’issue de ce qu’il nomme la Longue Crise. Exégèse de la fin d’un paradigme.

La Longue Crise, c’est la crise d’un système économique et d’un ensemble de représentations collectives pathologiquement dépendantes du pétrole.

Dans son livre, Kunstler retrace l’itinéraire de cette crise. Sa démonstration, pragmatique, s’appuie avant tout sur des exemples concrets. Ainsi, tout à tour, il dresse le constat alarmant des projets d’urbanisme des banlieues américaines tentaculaires, nés de la quasi-gratuité du carburant et donc, de l’hégémonie de l’automobile, qui produisent des modes de vie de plus en plus problématiques. Il pointe les contradictions de la société de consommation de masse, complaisamment soumise à une certitude énergétique et productive indépassable, dont l’ultime illusion aura été la crise immobilière des subprimes instaurant l’idée magique de la maison pour tous et pour rien.

Lire la suite

Le pétrole, une histoire sans fin ? (Docu)

Depuis la révolution industrielle, croissance économique rime avec production pétrolière. Nous en sommes de plus en plus dépendants et nous en consommons chaque jour un peu plus, pourtant le pétrole n’est pas une ressource inépuisable. Les géologues le savent depuis longtemps. Aujourd’hui plus que jamais la question se pose : Va-t-on connaître un monde sans pétrole ?

Quelles sont les stratégies mises en place pour éviter une pénurie ? Nous découvrirons les méthodes qui permettent d’aller le chercher là où jusqu’ici il était impensable d’accéder. Que sont les pétroles non conventionnels ? Comment les extrait-on ? Les cartes mondiales de production pétrolière risquent-elles d’être bouleversées ?

Réalisé par Anne-Fleur Delaistre (Public Sénat – Avril 2014)

Nouvelle chute en 2013 de la production de brut des « majors », désormais contraintes à désinvestir

Les profits s’effritent, tandis que les coûts d’extraction continuent à grimper, inexorablement. L’ex-n°2 du pétrole saoudien réitère le pronostic d’un déclin de la production mondiale de brut avant la fin de la décennie.

Le total de la production de pétrole des cinq principales compagnies pétrolières internationales (Exxon, Shell, Chevron, BP et Total : les “majors“) a connu à nouveau un repli en 2013, pour la neuvième année depuis le pic de 2004, ai-je constaté :

Cela commence à ressembler diablement à une “tendance lourde”. Fatidique ?

Les rapports annuels des majors, publiés en février, rendent tous compte de la poursuite du fléchissement de nombreuses zones d’extraction, en dépit d’un effort d’investissement colossal et sans précédent.

La production de brut totale des cinq majors a reculé de 2,05 % en 2013, ce qui porte le déclin à 27,35 % depuis le pic de 2004. Au cours de ces neuf dernières années, pourtant, les dépenses d’investissement de capital (Capex) des grandes compagnies pétrolières internationales ont presque triplé !

Lire la suite

L’origine de la crise n’est pas bancaire, elle est énergétique

La rareté croissante du pétrole est sous-estimée. Or le déclin des gisements agit comme un monstre invisible sur l’activité économique. Deux chercheurs néerlandais affirment d’ailleurs qu’il est la cause de la crise actuelle.

On le répète depuis cinq ans : les banques sont responsables de la crise économique et financière. Et si c’était faux ? Les banques casinos peuvent-elles expliquer, à elles seules, la chute de la croissance et la crise de la dette souveraine ? Et si ce n’était que l’arbre qui cache la forêt ? Si le diagnostic était tout simplement erroné depuis le début ?

Spécialistes des marchés pétroliers, Oskar Slingerland et Maarten Van Mourik rappellent que lorsque Lehman Brothers s’est cassé la figure, entraînant d’autres banques dans sa chute, le prix du pétrole atteignait des niveaux historiques à 100, puis 120 et 130 dollars le baril de Brent, avec un pic de 147 dollars, à la mi-2008. « Le monde connaissait la pire crise financière depuis 1930 et le pétrole était plus cher que jamais. Il ne peut y avoir de coïncidence entre deux faits aussi majeurs », soutient Slingerland.

Dans un essai aussi iconoclaste qu’interpellant (1), le duo Néerlandais fait remarquer que, depuis 2008, les prix pétroliers se sont maintenus à un niveau élevé, au-dessus de 100 dollars. Selon eux, il faut y voir une cause structurelle. Le maximum de capacité de production est atteint. Les gisements sont de plus en plus difficiles à exploiter et donc plus coûteux. Les nouveaux projets de forage en eaux profondes ne sont rentables qu’à partir de 75 dollars le baril. Pour le pétrole de schiste, c’est davantage encore. Quant aux pays de l’OPEP, tétanisés par les Printemps arabes, ils n’ont pas intérêt à voir leur budget diminuer au risque de s’exposer à des troubles sociaux.

Lire la suite

La croissance est obsolète

Par James Howard Kunstler

Le mot qui ne sort pas de l’esprit de ceux qui aiment cogiter sur des problèmes économiques est ‘croissance’. Celle-ci est devenue extrêmement problématique au cours de ces dernières années, notamment à mesure que la population mondiale s’élargit et que l’écologie s’en trouve affectée. Souvenons-nous que Thomas Carlyle (1785-1881) surnommait l’économie la ‘science sombre’ en référence aux travaux de Thomas Malthus, parce que la conclusion Malthusienne était pour le moins pessimiste : tôt ou tard, le gonflement de la population mondiale dépasserait la capacité de la planète à satisfaire ses besoins.

Il se trouve que l’essai du Révérend Malthus, intitulé Essay on the Principle of Population, a été publié pour la première fois en 1798, juste au moment de la révolution industrielle. Ce mélodrame extravagant liait le développement de l’invention mécanique et l’énergie fossile. Le premier développement a été alimenté par le charbon et a permis à la population de s’élargir parce qu’il permettait aux nations colonialistes de poursuivre leur extraction de ressources. Et puis est apparue la production de pétrole, plus puissant et plus versatile que le charbon. Il était notamment plus utile que le charbon dans la mesure où il était convertible en nourriture.

Le pétrole a permis de faire fonctionner des machines agricoles, mais aussi à la création d’herbicides, de fertilisants et d’insecticides à base de pétrole et de gaz (un dérivé du pétrole), et au transport de marchandises sur de longues distances… C’est lui qui a permis au nombre d’humains sur Terre de passer de 2 milliards dans les années 1900 à plus de 7 milliards aujourd’hui.

Lire la suite

Philippe Lamberts : « Il est grand temps de fermer le casino financier »

Remettre la finance à sa place. Pour le député européen, il n’y a pas d’autre impératif plus urgent pour remettre de l’ordre dans l’économie.

En imposant des critères de rendement aberrants et sa vision court-termiste, la finance est en effet à la source des deux maux qui frappent la planète : la montée des inégalités et l’épuisement des ressources naturelles. “Du fait de leur taille, les banques font peser un chantage permanent sur la société en n’assumant pas les risques qu’elles prennent”, s’insurge le député belge. Il est plus que temps de démanteler ce pouvoir nocif. La vraie solution serait de revenir au Glass Steagall Act, c’est-à-dire à la séparation des activités de marché du coeur de métier des banques.

Or les demi-réformes engagées en la matière ne sont que des pis-allers. “Le degré de résistance du secteur financier est colossal”, déplore-t-il.

Ce qui motive mon engagement en politique, c’est la volonté d’éviter à notre société l’effondrement que pourraient causer deux bombes à retardement, la bombe des inégalités et la bombe écologique. Les inégalités explosent à l’intérieur même des pays développés, et cette tendance s’est aggravée avec la crise. Lorsqu’on est à 27 millions de chômeurs en Europe, sans compter les millions de travailleurs pauvres, lorsque 60 % d’une génération de jeunes est au chômage comme en Espagne et en Grèce, lorsque un Européen sur quatre est au seuil de pauvreté ou d’exclusion sociale, il y a quelque chose de potentiellement explosif dans la société. Cette évolution n’est absolument pas soutenable. Pas plus que le creusement des inégalités entre les sociétés, par exemple entre l’Europe et l’Afrique.

La deuxième bombe est l’épuisement des ressources de la planète.

Lire la suite

Matthieu Auzanneau : “Pic pétrolier: chimère ou danger imminent ?”

Le pic pétrolier, c’est l’instant historique à partir duquel la production mondiale de pétrole déclinera, faute de réserves suffisantes encore exploitables.

Demain, Mad Max ? Quelles peuvent être les conséquences pour notre mode de vie d’un sevrage forcé de la source d’énergie qui a permis l’essor de la société industrielle, et que l’ensemble des autres sources d’énergie paraît être incapable de pleinement remplacer ?

Transition énergétique : L’Allemagne devant et tous derrière

Après la catastrophe de Fukushima, l’Allemagne est le seul Etat européen à s’être lancé dans un changement radical de son dispositif énergétique, visant à mettre fin à la production électrique d’origine nucléaire d’ici 2022. Deux ans après l’annonce de ce plan d’action, le pays fait face à de sérieuses difficultés.

L’essor fulgurant des énergies renouvelables a affecté les grands producteurs d’électricité, dont les pertes de chiffre d’affaires se comptent en milliards d’euros. Quant au lobby nucléaire, il répand de fausses informations pour tenter d’entacher le nouveau succès de ces sources d’énergie. En faisant cavalier seul sur ce sujet, l’Allemagne met également ses voisins en porte-à-faux.

Documentaire réalisé par Dirk Laabs (disponible également en deux parties : partie 1, partie 2)

(Merci à NOP)

L’essoufflement des réserves pétrolières mondiales

Combien de pétrole nous reste-t-il à exploiter, au juste? Jean Laherrère a récemment repris les calculs qu’il avait faits en 1998 pour « The End of Cheap Oil », un article de la revue Scientific American resté célèbre. Pour cet ingénieur pétrolier qui a travaillé 37 ans chez Total avant de devenir un consultant de réputation internationale, les chiffres sont clairs : les réserves s’épuisent rapidement. Dans à peine 30 ans, la production mondiale de pétrole aura déjà chuté de 40 %.

Ces résultats contredisent ceux des économistes, qui prédisent en général une croissance infinie. « Les économistes, explique Jean Laherrère, se fient seulement aux énoncés de réserves émis par le Oil & Gas Journal, l’EIA, la firme BP et l’OPEP, qui sont erronés; ils n’ont pas accès aux données techniques confidentielles. Les économistes qui négligent le pic pétrolier ne font pas d’erreur de calcul, mais ils calculent à partir des mauvaises données! »

Les statistiques gouvernementales, tout comme les énoncés financiers des entreprises pétrolières, se fondent sur les ressources récupérables probables, des données préliminaires qui sont souvent trop optimistes, ou gonflées pour faire saliver les actionnaires. Jean Laherrère, en raison de sa position privilégiée, a eu accès aux données confidentielles sur les réserves prouvées.

Lire la suite

Dmitry Orlov : “Leçons post-soviétiques pour un siècle post-américain”

Par Dmitry Orlov - Juin 2005

Il y a une décennie et demi, le monde est passé de bipolaire à unipolaire, parce que l’un des pôles s’est désagrégé : l’Union soviétique n’est plus. L’autre pôle — symétriquement appelé les États-Unis1 — ne s’est pas (encore) désagrégé, mais il y a des grondements menaçants à l’horizon. L’effondrement des États-Unis semble aussi improbable maintenant que l’était l’effondrement de l’Union soviétique en 1985. L’expérience du premier effondrement peut-être instructive pour ceux qui souhaitent survivre au second.

Les gens raisonnables ne soutiendraient jamais que les deux pôles aient été exactement symétriques ; en même temps que des similitudes significatives, il y avait des différences également significatives, les unes et les autres étant valables pour prédire ce qu’il adviendra de la seconde moitié du géant super-puissant aux pieds d’argile qui autrefois enjambait la planète, lorsqu’elle se désagrégera aussi.

J’ai voulu écrire cet article pendant presque une décennie à présent. Jusqu’à récemment, cependant, peu de gens l’auraient pris au sérieux. Après tout, qui aurait douté que la locomotive économique mondiale que sont les États-Unis, ayant récemment gagné la guerre froide et la guerre du Golfe, continue, triomphalement, vers l’avenir brillant des super-autoroutes, des jets supersoniques et des colonies interplanétaires ?

Mais plus récemment le nombre de sceptiques a commencé de croître régulièrement. Les États-Unis sont désespérément dépendants de la disponibilité de pétrole et de gaz naturel peu chers et abondants, et accrochés à la croissance économique. Une fois que le pétrole et le gaz seront devenus chers (tels qu’ils le sont déjà) et de plus en plus difficiles à obtenir (l’affaire d’une année ou deux tout au plus), la croissance économique s’arrêtera et l’économie américaine s’effondrera.

Beaucoup de gens railleront ce pronostic déprimant, mais cet article devrait trouver quelques lecteurs tout de même.
Lire la suite

Les économistes et l’illusion d’un boom pétrolier

Le mythe du boom pétrolier a la vie dure. Depuis le début de 2012, les économistes et les analystes financiers occupent l’espace média avec un discours triomphant : grâce à l’exploitation des schistes, nous allons nager dans le pétrole et les prix vont bientôt s’effondrer. La plus récente déclaration du genre : celle du président de Gulf Oil, Joe Petrowski, qui déclarait mardi avec une belle assurance que le baril de pétrole se négocierait à 50 $ le baril d’ici la fin de 2013.

Une certitude d’autant plus étonnante que Gulf ne produit plus elle-même de pétrole – elle se contente maintenant de distribuer des produits pétroliers. Et Joe Petrowski ne peut pas ignorer que la production de sa société mère, Chevron, a atteint son sommet en 2000 et qu’elle a décliné de 7 % depuis, malgré un léger sursaut en 2010. Il sait très bien aussi que le prix du pétrole a augmenté – et non pas diminué – de 20 % depuis trois mois.

Mettons les chiffres au clair : la production mondiale de pétrole est remarquablement stable depuis 2005, à environ 75 millions de barils par jour, alors qu’elle augmentait de 2 % par année auparavant.

Depuis 2007, la production américaine, il est vrai, est passée de 5 à 7,5 millions de barils par jour (dont deux millions de barils de pétrole de schiste). Mais cette production dépassait déjà les 9,4 millions de barils en 1970 et quant aux besoins quotidiens des États-Unis, ils sont actuellement de l’ordre de 19 millions de barils. La « révolution » est donc bien limitée et l’indépendance énergétique des Américains reste une vue de l’esprit.

Lire la suite

Vu du ciel : la fin du pétrole avec Yann Arthus-Bertrand

La fin du pétrole, c’est la fabuleuse histoire d’une matière première qui, en à peine un siècle, a révolutionné la vie des hommes. Mais aujourd’hui, les réserves de pétrole s’épuisent. Dans sa course folle à toujours plus de production, l’Homme n’a pas su préserver cette énergie précieuse que la Terre a mis des millions d’années à lui offrir. Pour raconter l’aventure du pétrole, Yann Arthus-Bertrand et son équipe sont partis aux Etats-Unis, pays le plus dépendant à l’or noir.

L’hydrogène : Vecteur énergétique

Conférence de Michel Latroche(*) sur le thème de la transition énergétique et sur le rôle que pourrait jouer l’hydrogène dans le cadre de cette transition.

Université de Nantes (Juin 2013)

(*) Michel Latroche est Directeur de l’Institut de Chimie et des Matériaux de Paris Est (ICMPE), il travaille sur les nouveaux matériaux pour stockage solide de l’hydrogène en amont des applications piles à combustibles.

La vidéo est également disponible ici ou .

(Merci à Herstalle pour la vidéo)

Gaz de schiste : La fin

par Hervé Kempf

Ah, les miracles promis par le gaz de schiste, “la manne extraordinaire sous nos pieds” vantée par la patronne du Medef, la promesse d’une Amérique indépendante pour cent ans ! Ô, châteaux en Espagne, lubies fantasmagoriques, rêves insensés ! Mais le songe creux d’une énergie inépuisable s’évapore comme le méthane, les faits commencent à dissiper les discours mensongers de ceux qui ne veulent rien changer.

Le 8 mai, on a appris que deux compagnies gazières, Talisman Energy et Marathon Oil, se retiraient de l’exploration du gaz de schiste en Pologne. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas trouvé suffisamment de gaz, qui se révèle ne pas être aussi aisé à extraire qu’aux Etats-Unis. Sur 43 puits creusés jusqu’à présent en Pologne, seuls 12 ont produit du gaz. La Pologne, à qui l’on avait promis des réserves immenses de 5 trillions de mètres cubes, ramenées ensuite à 800 milliards, découvre la différence entre le potentiel, le possible et le faisable.

Il ne fait guère de doute que d’autres pays vont subir les mêmes déconvenues que la Pologne, même s’ils sont prêts à faire fi de ce qu’implique l’exploitation des gaz de schiste : l’atteinte aux paysages, la consommation et la pollution des eaux, les émissions de gaz à effet de serre. Et même aux Etats-Unis, la réalité apparaît moins rose qu’elle n’est usuellement présentée.

Lire la suite