«On pourrait ne travailler que 15h par semaine si l’on voulait»

Économiste et auteur à succès, le Tchèque Tomás Sedlácek tient un discours original. Certes, l’économie rend tout efficace, «mais tout dans notre société ne doit pas être efficace».

«C’est comme Central Park à New York. Tout autour règne l’efficience, mais celle-ci est interdite dans le parc qui est strictement réservé à la détente et aux écureuils», explique Tomás Sedlácek, auteur de l’ouvrage «Economics of Good and Evil» («L’Économie du Bien et du Mal»), dans une interview accordée au Tages-Anzeiger.

Au-delà de la métaphore, l’ancien conseiller de Václav Havel et membre du Conseil économique national tchèque rappelle que le rôle de l’économie ne consiste pas d’abord à augmenter le produit intérieur brut. «La première priorité doit être la stabilité du système, mais nous l’avons oublié.»

La solution du chômage partiel

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Zone euro : La crise n’est pas finie !

par Nouriel Roubini

Les dangers qui planent sur la zone euro se sont estompés depuis cet été ; le coût du crédit pour l’Espagne et l’Italie avait alors atteint des valeurs records intenables et la sortie de la Grèce paraissait imminente. Mais si la tension financière s’est relâchée, la situation économique à la périphérie la zone euro reste instable.

La baisse des risques tient à plusieurs facteurs. Tout d’abord, le programme de Transactions monétaires fermes de la BCE s’est révélé incroyablement efficace : les différences de taux d’intérêt entre l’Espagne et l’Italie ont diminué de 250 points de base, avant même qu’un seul euro ait été dépensé en achat d’obligations d’Etat. L’introduction du Mécanisme de stabilité européen (MSE) qui contribue pour 500 milliards d’euros supplémentaires au secours des banques et des Etats a aussi eu son utilité, de même que la reconnaissance par les dirigeants européens du fait qu’une union monétaire à elle seule ne suffit pas ; elle nécessite plus d’intégration bancaire, budgétaire, économique et politique pour échapper à l’instabilité.

Mais le facteur majeur est le changement d’attitude de l’Allemagne envers la zone euro en général et la Grèce en particulier. Les responsables allemands comprennent maintenant qu’étant donné l’importance des liens commerciaux et financiers, les troubles dans la zone euro n’affectent pas uniquement sa périphérie, mais aussi son centre. Ils ont arrêté de faire des déclarations publiques concernant une sortie possible de la Grèce et ils viennent d’approuver un troisième plan de sauvetage qui lui est destiné. Aussi longtemps que l’Espagne et l’Italie sont fragilisées, un éclatement de la Grèce pourrait faire tache d’huile. Ce serait gênant pour la chancelière Angela Merkel qui verrait ses chances de réélection pour un troisième mandat diminuer lors des élections qui auront lieu l’année prochaine en Allemagne. Aussi, pour l’instant l’Allemagne continue-t-elle à financer la Grèce.

Néanmoins, on ne voit guère de signe de reprise à la périphérie de la zone euro. Son PIB continue à diminuer en raison de la politique d’austérité, de la surévaluation de l’euro, du resserrement marqué du crédit sous-tendu par le manque de capitaux des banques, de la morosité du climat des affaires et de la baisse de confiance des consommateurs. La récession de la périphérie s’étend maintenant au centre de la zone euro ; la production française baisse et l’Allemagne elle-même se trouve au point mort, car la croissance chancelle dans les deux marchés où elle exporte (elle chute dans le reste de la zone euro et diminue en Chine et ailleurs en Asie).

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Québec : L’enjeu des ressources dans le discours indépendantiste

La souveraineté québécoise, « cygne noir » du Canada

L’idée d’une sécession de la Belle Province est pour le gouvernement libéral un « cygne noir » : la probabilité est mince du fait de plusieurs facteurs et dans l’hypothèse où les souverainistes y parviendraient, cela ne serait pas de meilleur augure pour le Canada.

Trois pôles sont à la base de la souveraineté : la monnaie, le droit et la défense.

Premièrement, le dollar canadien (monnaie de référence pour les ressources naturelles) est à parité avec le dollar américain, signe favorable quand on sait que les États-Unis sont le premier partenaire commercial du Québec en termes de volume. Mais par prudence, il conviendra pour un Québec libre de diversifier les partenaires pour les principales ressources (pétrole, gaz, etc.). Cela est d’ailleurs en train de se faire avec le partenariat Transpacifique et l’Accord économique et commercial global (Canada/Europe), en sachant que la province est un contributeur majeur du Canada dans l’exportation des ressources. Ensuite, « la poursuite de cet objectif [de souveraineté] s’exprime dans un cadre défini par les institutions britanniques » (IPSO 2005, 135) et des pouvoirs constitutionnels sont manquants malgré des accommodements raisonnables.

La francophonie est un autre aspect à considérer. En effet, « la politique de bilinguisme officiel a de fait renforcé l’hégémonie de l’anglais » (Id., 78) et que les libéraux bénéficient de l’appui monolithique des non-francophones. Aussi, l’« évolution démolinguistique prévue pour Montréal et ses banlieues […] refoulera vraisemblablement le Parti Québécois (PQ) vers les circonscriptions hors Montréal, dont les populations francophones sont nettement moins souverainistes » (Id., 154) alors que seuls 48% des habitants de l’île de Montréal sont francophones.

Néanmoins, le plafonnement du PQ demeure lié à la conjoncture politique, elle-même liée à la conjoncture économique. Si l’on s’attarde sur la grille de lecture de l’évolution des affrontements, il n’y a plus, dans la période actuelle, de centre de gravité précis dans les économies étatiques. Toutefois, un autre élément pèse, autre que ceux mentionnés ci-dessus.

Les ressources, déterminant décisif de l’indépendance

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Royaume-Uni : austérité inefficace et croissance revue à la baisse

par Charles Sannat

Vous le savez, j’adore nos amis anglais, c’est une vieille tradition entre nos deux nations, dont l’amitié doit remonter quelque part à la guerre de Cent Ans. Bref, quand les Français se font ratatiner, c’est en général pour le plus grand plaisir souvent mal dissimulé de nos grands « zamis » de la perfide Albion.

Remarquez que, pour être honnête, l’inverse est également vrai. Chaque souci britannique est souvent accueilli avec un sourire en coin par nous autres mangeurs de grenouilles. En cas de victoire du XV de France sur l’Angleterre, nous sommes en général beaucoup plus heureux que de raison, mais que voulez-vous, des raisons nous en avons !!

Tenez, par exemple, en deux mois, les Grands-Bretons nous ont embêtés deux fois avec une histoire vaseuse de tapis rouge qui leur servirait prétendument à accueillir nos exilés fiscaux boutés hors de France par les forces socialo-communistes (qui ne sont parfois pas si loin que cela, je vous le concède). Franchement, un Anglais ne pourra jamais comprendre un Français, et inversement.

Je vais de temps en temps à Londres. Pas parce que j’aime Londres (il ne faut pas le dire), non, uniquement à des fins de séjours ethnographiques afin d’étudier l’une des dernières populations au monde heureuse d’avoir une reine et de chaque grossesse princière (enfin, ce n’est pas le prince qui est enceinte mais la princesse, vous l’aurez compris en cette période de mariage pour tous).

Cette population en liesse remercie chaque jour ses Lords (des espèces de nobles n’ayant pas été encore raccourcis par une guillotine lors d’une révolution) de posséder entre 60 et 80 % du sol du royaume, ce qui leur permet non pas de vendre de l’immobilier mais une espèce de bail emphytéotique de quelques années ou décennies depuis plusieurs siècles… Et ça continue, ce qui explique que des Anglais achètent en France, notamment en Dordogne, mais pas chez eux où ils n’en ont pas et n’en auront jamais les moyens.

Que voulez-vous, c’est comme ça. Depuis Thatcher, ils ont décidé de supprimer toutes les aides ou presque… Franchement, ils ne se portent pas forcément beaucoup mieux que nous, surtout que l’une de leurs grandes sources de richesses c’est désormais la place financière de Londres (la City) dont hélas, il faut renflouer quelques acteurs avec l’argent du contribuable quelque peu saigné ces derniers temps quel que soit le pays. Alors ces Anglais peuvent toujours nous donner des leçons. Certaines choses, ils les réussissent mieux, pour d’autres ce n’est pas le cas, et le temps est le meilleur des égalisateurs.

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Cela porte un nom: ploutocratie

par Myret Zaki

L’interventionnisme sert à enrichir les riches et appauvrir les pauvres; le non-interventionnisme sert à enrichir les riches et appauvrir les pauvres.

Face à l’interventionnisme sans précédent des Etats pour sauver un secteur financier en échec depuis 2008, d’aucuns ont cédé à la tentation facile d’une critique libérale qui a identifié son unique coupable: l’Etat. Ainsi, l’étatisme serait le responsable de tous les maux actuels. Mais ces penseurs, hors de la réalité, ne voient que la partie du problème qui les arrange. Car la critique libérale de l’interventionnisme échoue totalement à expliquer le non-interventionnisme obstiné par lequel, l’autre moitié du temps, ce même Etat faillit entièrement dans la régulation et l’imposition de sanctions un tant soi peu opérantes contre les abus du système financier.

J’ai écrit ici en août dernier que le capitalisme de marché n’a jamais existé, car il n’existe qu’à temps partiel: uniquement quand ses promoteurs, l’élite de la finance, en retirent d’énormes profits. Et qu’il cesse d’exister quand ces derniers en retirent des pertes. Le capitalisme libéral s’avère donc aussi utopique que le communisme sous l’URSS.

Un «libre marché» subventionné

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La France sera en récession en 2013

La perspective qui s’annonce pour la France est celle de la récession, dès l’année prochaine. Du coup, aucune des prévisions du gouvernement Ayrault ne tient, et cela change tout, affirme Philippe Simonnot, économiste, auteur de «la Monnaie, histoire d’une imposture», en collaboration avec Charles Le Lien (Perrin, 2012).

Caspar David Friedrich : La mer de Glace, Das Eismeer (1824)

La France sera en récession en 2013. La Banque de France suppose même que cette récession a commencé au deuxième semestre 2012. Il n’est pas besoin d’être sorcier pour anticiper une telle mauvaise nouvelle, même si le gouvernement actuel continue à s’entêter à prévoir une croissance de 0,8 %. A regret, François Hollande a reconnu à la toute fin d’un entretien avec des journalistes du Monde : «Il peut aussi y avoir un scénario noir, celui de la récession»*.

Cet aveu mezza voce en dit long sur le doute qui s’est emparé du sommet de l’Etat. Autrement dit, le chômage va atteindre des niveaux jamais vus dans notre pays, qui est pourtant un champion du sous-emploi de masse. En outre, le gouvernement sera incapable de tenir ses engagements de réduction du déficit budgétaire à 3 % du PIB en 2013, ce qui le mettra en porte-à-faux par rapport à la Commission de Bruxelles, pour ne rien dire des réactions de Berlin à cette nouvelle défaillance française. En conséquence de quoi, la dette publique va continuer de croître, au risque d’inquiéter les marchés financiers et de renchérir son coût.

Le calcul qui permet de prévoir la récession française de l’an prochain est assez simple, presque une règle de trois !

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La renaissance industrielle grâce aux gaz de schiste n’est qu’un mythe

Pour mesurer ce qu’a pu être la puissance industrielle des Etats-Unis, il faut prendre la route qui quitte Pittsburgh vers le sud en suivant la rivière Ohio. Tous les trois ou quatre kilomètres, une aciérie ou une centrale électrique. Gigantesque. Toutes ne fonctionnent pas, cependant. Les premières sont pour la plupart à l’abandon quand elles n’ont pas été démontées, et les secondes, quand elles tournent au charbon, sont à l’arrêt. «Celles qui fument, ce sont les centrales à gaz», explique Daniel Donovan, porte-parole du géant de la production électrique et du gaz naturel Dominion. «Parce qu’ici, aujourd’hui, le gaz naturel est moins cher que la houille.»

Loin d’être une bénédiction comme on pourrait le croire, cette situation est la porte d’entrée vers l’envers du décor du miracle des gaz de schiste. Car l’abondance des gaz de schiste sert de tremplin aux politiciens comme à Wall Street pour affirmer que des prix de l’énergie parmi les moins élevés de la planète sont le prélude de la renaissance industrielle de l’Amérique. Mais pour le moment ce n’est qu’une promesse. Et elle repose sur des mythes.

Après la ruée vers l’or, déjà les villes fantômes

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La France, dans la course au moins disant salarial

Le 6 novembre dernier Jean-Marc Ayrault a rendu public les conclusions que le gouvernement a tiré du rapport remis la veille par Louis Gallois à propos de la compétitivité industrielle du pays. Même si l’allègement du coût du travail de 20 milliards d’euros promis par le gouvernement ne devrait pas avoir d’effets négatifs sur la consommation en 2013, il participe à la course au moins disant salarial qui aggrave la crise de la zone euro.

Les entreprises vont-elles pour autant se remettre tout d’un coup à investir et embaucher en France ? Il y a lieu d’en douter malgré ce qu’affirme Jean-Marc Ayrault, qui promet, grâce au CICE, 300 000 emplois de plus à l’horizon 2017. Dans le contexte très déprimé de l’économie française, encore aggravé l’an prochain par la forte austérité budgétaire déjà décidée par ailleurs, il y a de fortes chances que les entreprises utilisent plutôt ces profits supplémentaires soit pour investir hors de France, dans les pays émergents notamment, soit pour verser encore plus de dividendes à leurs actionnaires, majoritairement étrangers en ce qui concerne les grands groupes.

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Y a-t-il un lien entre énergie disponible et croissance du PIB ?

Jean-Marc Jancovici, ingénieur et enseignant à Mines ParisTech, nous livre son analyse sur le rapport entre les ressources énergétiques et la croissance. Aujourd’hui, il expose son hypothèse d’une corrélation étroite entre l’énergie disponible et la croissance du PIB

Émission “Les carnets de l’économie” sur France Culture – Octobre 2012

Qui finance vraiment la Sécurité sociale ?

Les prélèvements sur les salaires représentent 77 % des ressources de la protection sociale, relève le Haut conseil. Pour la première fois, cet état des lieux donne une image globale des ressources qui financent les prestations sociales, quel que soit le payeur.

C’est une étape dans la réflexion du gouvernement sur le coût du travail et la compétitivité, avant la publication du rapport Gallois, le 5 novembre. Le Haut conseil du financement de la protection sociale, un organisme placé sous l’autorité du Premier ministre qui réunit les partenaires sociaux, rend mercredi son premier « état des lieux ». Une version provisoire de ce rapport d’une soixantaine de pages a été transmis au patronat et aux syndicats pour qu’il y apportent leurs remarques. Contrairement au très attendu rapport Gallois, le document du Haut conseil n’est qu’un « diagnostic », a expliqué le gouvernement. Il na rien d’explosif, car il n’examine aucune piste de réforme pour l’instant. Cette deuxième étape, le Haut conseil ne l’abordera qu’en janvier, une fois que le l’exécutif l’aura saisi de scénarios à examiner.

Cet état des lieux n’en est pas moins indispensable à la veille d’une réforme du financement de la protection sociale, annoncée pour l’an prochain. Pour la première fois, ce document donne une image globale des ressources qui financent les prestations sociales, quel que soit le payeur : la Sécurité sociale elle-même (pour l’assurance-maladie, les retraites, les prestations familiales…) mais aussi les régimes de retraite complémentaire comme l’Agirc-Arrco, l’assurance-chômage, l’Etat et les collectivités locales (pour les minima sociaux, les aides aux personnes âgées et handicapées…), ou encore les mutuelles et institutions de prévoyance. Au total, 633 milliards d’euros de prestations ont été versées en 2010 par ces différents acteurs, soit 33 % du PIB.

Qui finance vraiment la protection sociale ? Avant tout, les salaires. Les prélèvements assis sur les revenus d’activité représentent plus des trois quarts des ressources (77 %) : les cotisations sociales bien sûr, qu’elles soient patronales ou salariales, mais aussi la CSG, qui pèse à 70 % sur les salaires. « D’un point de vue économique, la CSG constitue un prélèvement sur les revenus d’activité analogue aux cotisations sociales, même si son assiette est plus large », observe le rapport. Le Haut conseil confirme donc, s’il en était besoin, que « le financement de la protection sociale reste encore largement assis sur les revenus du travail ». C’est justement pour cela que François Hollande a fait le lien entre le coût du travail et la compétitivité.

La douloureuse conjonction de la compétitivité et de l’austérité

Le présent texte tente d’analyser les conséquences des chocs de compétitivité que nombre de gouvernements européens – en particulier ceux des pays du sud – tentent de mettre en place aux fins d’un rééquilibrage des soldes extérieurs et en conséquence une amélioration de l’emploi.

(…)

Ce qu’on appelle aujourd’hui choc de compétitivité dans les pays de la zone euro, n’est pas une démarche propre à surmonter la grande crise des années 2010.

Les chocs proposés sont des dévaluations internes résultant d’un impossible ajustement des taux de change en monnaie unique. Ces dévaluations internes reposent toutes sur une diminution globale du coût du travail, diminution utilisant des supports variés et souvent indirects : augmentation du temps de travail, baisse des charges sociales, prélèvements fiscaux, diminution des prestations sociales, etc. Notons au passage que lors de la crise de 1929, les entrepreneurs politiques des nations  de l’époque disposaient de l’arme du taux de change, armes qu’ils ont utilisées sans ménagement, dans un jeu évidement non coopératif, pour exporter leur propre chômage. L’histoire a révélé  que le résultat de cette politique fût collectivement ruineux.

Pour présenter la  problématique du choc de compétitivité nous utiliserons l’exemple d’un pays, l’Espagne dans ses rapports avec l’Allemagne.

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Espagne : La classe moyenne de plus en plus touchée par la crise

Plus le temps passe, plus la crise avance dans la société espagnole, tissant sa toile de malheurs et étouffant des familles qui se croyaient jusque-là à l’abri. On a tendance à dire ici que “pas une famille n’est épargnée“. Tout le monde, près de soi, a un parent, un enfant, un oncle, un ami au chômage, voire sous le coup d’un ordre d’expulsion immobilière.

Depuis le début de la crise, près de 300 000 familles ont perdu leur logement, dans la plupart des cas saisi par la banque, puisque 83 % des Espagnols sont propriétaires. Mais toutes les expulsions ne reflètent pas la même réalité et selon une étude de l’Association des victimes d’embargos et de mises aux enchères (AFES), le profil des expulsés a beaucoup changé à mesure que se prolongeait la crise et augmentait le chômage de longue durée.

De plus en plus d’Espagnols et de chefs d’entreprises parmi les victimes d’expulsion immobilière

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L’industrie financière aime la dette publique

De plus en plus souvent se trouve évoquée la question de l’effritement de la rentabilité de l’assurance- vie et il est vrai qu’un processus de décollecte semble s’être mis en place depuis la fin de l’hiver dernier. D’où les débats que l’on rencontre dans la presse spécialisée sur la redoutable concurrence d’un livret A dont le plafond augmente.

Globalement il faut savoir que la matière première privilégiée de l’assurance-vie se trouve être l’OAT à 10 ans. Cette matière première est abondante et sa quantité disponible n’est que la contrepartie de la dette publique que l’Agence France Trésor doit régulièrement vendre pour éviter le défaut de l’Etat. Le marché de l’OAT est aussi intéressant en ce qu’il est extrêmement liquide, en raison de la taille de son émetteur (l’Etat) et relativement plus sûr que le marché des obligations corporates : l’Etat ne fait jamais faillite car il utilise la violence fiscale ou réglementaire pour survivre, alors que les entreprises n’ont que le marché pour lequel il faut se faire humble serviteur.

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Austérité : Qui doit payer ?

par Myret Zaki

Les tensions viennent d’un sentiment de détournement des richesses: les populations paient à la place des spéculateurs

Ces dernières semaines, nous avons vu les populations se soulever contre les méfaits de l’austérité, que ce soit en Grèce, en Espagne ou au Portugal, sur fond de montée de l’europhobie. Dans l’esprit de tout-un-chacun, le coupable est «l’austérité».

Mais le vrai problème, ce n’est pas l’austérité. C’est qui paie la facture de cette austérité. Les sacrifiés, ce sont la masse des petits et moyens salariés de la zone euro, ceux qui forment le tissu de l’économie réelle. Or il y a tragique méprise: ceux qui passent à la caisse ne sont pas les principaux responsables de la crise. Jamais auparavant les peuples n’avaient dû s’appauvrir alors que le monde était si riche, et que leur propre prodigalité avait si peu à voir avec la crise. C’est à ce titre que cette austérité est illégitime. D’où le profond malaise. Cette crise a pour origine les dégâts colossaux de la spéculation financière sur l’économie réelle et sur les budgets des Etats.

Ces derniers ont dû encaisser les chocs récessionnistes et fiscaux majeurs de la bulle boursière et immobilière venue des Etats-Unis, qui avait entraîné, par voie de mimétisme monétaire, des bulles de même nature en Espagne, en Angleterre et en Irlande. Les mêmes techniques spéculatives importées ont permis à Goldman Sachs de s’enrichir en vendant à la Grèce une solution pour masquer son endettement. Les tensions actuelles viennent d’un sentiment de détournement des richesses, les populations ayant d’abord supporté les sauvetages bancaires, et devant, avec l’austérité, supporter le sauvetage des Etats… qui avaient sauvé la finance privée. Quand les Portugais marchent contre le «vol des salaires et des pensions», ils se doutent bien qu’il y a tromperie.

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Marx et les crises

Marx considérait que les crises sont l’expression des contradictions 
internes au capitalisme, et qu’elles doivent conduire à son effondrement. Mais il a laissé sa théorie des crises inachevée. 
Dans quelle mesure peut-il donc éclairer la crise d’aujourd’hui ?

« Un spectre hante l’Europe – le spectre du communisme. » Ainsi commence le Manifeste du parti communiste. Curieuse formule ! Ne faut-il pas être mort pour revenir à l’état spectral, fantomatique ? À la manière de Jean Baudrillard, faut-il penser un retour spectral du communisme ? Ou ce revenant est-il enterré, un pieu enfoncé dans le cœur ? Dans Spectres de Marx, Jacques Derrida fait de Karl Marx lui-même un perpétuel revenant. Après sa mort, sa pensée est revenue hanter l’Europe et l’Amérique à la fin du XIXe siècle, lors de la grande dépression, et encore dans les premières années après la Première Guerre mondiale ; elle est revenue en force au cours des années 1930, pendant la grande crise. Il y aurait donc un lien entre les grandes crises qui, elles aussi, sont des « revenants », et les retours de Marx. Ce n’est pas si simple.

À la fin des années 1960, le spectre de Marx revient nous visiter, pas seulement dans les rues de Paris et dans les campus du monde entier. Or le monde est en expansion, dans la phase active des trente glorieuses. Marx hante les esprits et pourtant « même les tables ne tournent pas », comme il l’analysait. Le capitalisme triomphe un siècle après ses prédictions apocalyptiques : mieux, il produit un énorme accroissement de richesses dont jouissent aussi les masses populaires, la société de consommation explose, les inégalités ont régressé, « l’armée de réserve industrielle » (Marx nomme ainsi les chômeurs) a disparu ainsi que les crises périodiques avec leur cortège de misère, de chômage. À l’époque, de doctes et pourtant jeunes experts en marxisme se posaient sérieusement la question de la paupérisation en Europe, aux États-Unis, l’une des grandes prédictions de Marx. Était-elle absolue, alors que les PIB croissaient à des taux records, ou seulement relative, alors que la hausse des revenus des salariés n’avait jamais été aussi forte, que les inégalités régressaient ?

Chômage, paupérisation 
et inégalités

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Chine : La montée en puissance du pays futur détonateur de la prochaine Guerre mondiale ?

Alors que le Royaume-Uni et la zone euro sont retombés en récession, les Etats-Unis et le Japon sont menacés du même sort. La Chine, elle, continue de prospérer. En se nourrissant d’un déséquilibre commercial international qui ruine les autres pays de la planète, la Chine sera-t-elle l’élément déclencheur du prochain conflit mondial ?

Si dans les années 30, la récession avait été dans l’ensemble plus accentuée que celle que subissent aujourd’hui les pays développés, c’est essentiellement parce que les dirigeants politiques concernés n’avaient pas réagi à hauteur de l’adversité qu’ils subissaient.

Il n’en va pas de même aujourd’hui. Les dirigeants américains, européens et japonais, pour éviter un remake des années 30, se singularisent au contraire par une succession d’initiatives d’une audace extrême.

Fin 2008, faisant fi de l’état de leurs dettes publiques, ils décidèrent, sous l’égide du FMI et de DSK, une opération de relance budgétaire massive et simultanée qui se termina très mal : effet boomerang, les titres de leurs dettes publiques furent attaquées, obligeant le Royaume-Uni à basculer dans une austérité budgétaire marquée dès 2010 et obligeant un nombre croissant de pays de la Zone Euro à adopter eux aussi des politiques d’austérité jamais vues.

Pour faire baisser les taux longs sur leurs marchés obligataires en dépit de la défiance dont leur dette publique faisait désormais l’objet, la Banque d’Angleterre, la Fed, la Banque du Japon et très récemment la BCE elle-même ont osé pratiquer ce qu’elles s’interdisaient jusqu’alors : faire fonctionner la planche à billets, le financement des Etats par la banque centrale qui leur correspond.

Ce qui est alarmant, c’est que toutes ces initiatives de relance, bien que d’une ampleur jamais vue, n’ont accouché que d’une souris. Certes, l’ampleur de la récession est bien moindre que celle subie dans les années 30. Mais jusqu’à présent, les économies des pays développés n’ont redémarré ni significativement ni durablement. Pire, si on interrompait brusquement les perfusions artificielles qui leur sont administrées, ces économies s’effondreraient et on se retrouverait dans l’affreux scénario des années 30.

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États-Unis : Selon Moody’s, le pays pourrait perdre son “Aaa” en 2013

Démocrates et républicains sont prévenus: quel que soit le résultat des élections de novembre, Moody’s privera les Etats-Unis de leur note “Aaa” si le Congrès ne trouve pas en 2013 un moyen de réduire à moyen terme le ratio de la dette publique au PIB du pays.

Les négociations budgétaires au cours de la session parlementaire 2013 détermineront probablement la trajectoire de la note” de solvabilité financière de l’Etat fédéral américain, a averti mardi l’agence de notation financière américaine.

Si ces négociations débouchent sur des mesures politiques spécifiques entraînant une stabilisation puis la mise sur une pente descendante, à moyen terme, du ratio de la dette fédérale au PIB, la note (du pays) sera probablement confirmée et sa perspective redeviendra stable“, écrit-elle dans un communiqué.

Cependant, si ces négociations ne parvenaient pas à l’adoption de telles mesures, Moody’s prévoirait alors d’abaisser la note, probablement à Aa1“, soit un cran au-dessous du “Aaa”, qui est la meilleure note possible, ajoute l’agence.

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Le coup d’après

L’inflation, pour se débarrasser de la dette.

Assignats révolutionnaires

Après cinq ans de crise non résolue, le retour de l’inflation ne va-t-il pas apparaître bientôt comme le seul moyen d’alléger le fardeau de la dette, les autres solutions tentées jusqu’ici n’ayant donné aucun résultat ? La voie frontale de l’hyper-austérité ressemble à une impasse économique butant sur le social et la politique. Quant au retour de la croissance, il apparaît plus qu’hypothétique dans nos sociétés vieillissantes. Or pour certains experts, les politiques menées par les banques centrales – “mesures non conventionnelles” –, en injectant massivement des liquidités, nous prépareraient un retour de l’inflation. Fuite en avant ou voie de salut ? En perdant son combat pour la stabilité des prix et la non-monétisation de la dette – accusations que récuse évidemment Mario Draghi, le patron de la BCE -, qui faisait il n’y a pas si longtemps la pluie et le beau temps sur la monnaie a probablement ouvert la boite de Pandore.

De toute façon, croyez-moi, cette dette ne sera jamais remboursée !” Que vaut cette surprenante mise en garde – lapidaire – lancée publiquement cet été par le banquier Michel Cicurel à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence ? Ce pronostic relayé par quelques officines de placements en mal de publicité n’est partagé pour l’instant que par une minorité d’économistes. Son enjeu est pourtant crucial puisqu’il revient à savoir qui – des créanciers ou des débiteurs – paieront in fine les pots cassés d’une crise qui trouve sa source dans un surendettement – d’abord privé puis public – accumulé comme jamais ces quinze dernières années dans les pays industrialisés.

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Pourquoi la France n’a pas besoin de se serrer davantage la ceinture en 2013

3 % de déficit budgétaire l’an prochain, c’est au moins 300 000 chômeurs supplémentaires. Il faut apprécier cet objectif en termes de déficit structurel et non de simple déficit constaté.

L’économie française stagne et la zone euro est entrée en récession. La situation économique n’a aucune chance de se redresser notablement au cours des prochains mois. Prendre dans ce contexte des mesures d’austérité supplémentaires pour tenir, coûte que coûte, l’objectif de 3 % du PIB de déficit public en 2013 freinerait davantage encore l’activité et pousserait le chômage vers les sommets. Avec au final, d’ailleurs, un déficit plus important que prévu comme le montrent les exemples de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie malgré des efforts considérables.

Les réformes récentes de la surveillance budgétaire européenne – « 6 pack » et Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) – sont bâties autour de la notion de déficit structurel. Celle-ci corrige les déficits publics constatés telle ou telle année des effets de la conjoncture à ce moment-là. Quoi qu’on pense par ailleurs de la pertinence de ces réformes, elles fournissent ainsi un argument solide pour ne pas s’engager dans cette politique procyclique : l’objectif des 3 % en 2013 doit lui aussi être apprécié en termes de déficit structurel et non de simple déficit constaté. Or, dans le cas de la France, nous atteindrons ce niveau de déficit en 2013 sans qu’il soit besoin de prendre de nouvelles mesures d’austérité cet automne.

Un coup de frein important

Banques : L’effroyable risque systémique dissimulé dans les bilans

Seconde partie (la première est ici) de notre série consacrée aux raisons de la crise et aux réformes nécessaires au pays, mais aussi à l’Europe, pour y faire face.

Pour comprendre la crise financière de 2008, il faut partir de cette prérogative donnée à la finance de créer de la monnaie à partir de rien – quasiment sans encadrement réel des pouvoirs publics avec abandon progressif des réglementations mises en place et la possibilité, en outre, de diluer le risque financier dans le marché, de le faire donc porter à la société (voir cette précédente série d’articles). (…)

Si on ne veut pas s’attaquer à la titrisation et aux produits dérivés, en demandant par exemple qu’au moins 50% des prêts restent sous la responsabilité des banques et en limitant les produits dérivés aux professionnels qui en ont besoin pour des raisons de sécurité, nous tomberons de crise financière en crise financière. Et la ponction de la finance sur l’économie réelle et sur la société sera de plus en plus insupportable : si bien qu’elle pourrait conduire à une révolte totale de la société. Qui le dit ? Où sont les responsables politiques qui abordent cette question en expliquant la situation ?

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L’illusion du redémarrage américain

Par Nouriel Roubini

Si le risque d’une crise désordonnée de la zone euro est parfaitement reconnu, il n’en est pas de même en ce qui concerne les USA qui suscitent un certain optimisme. Au cours des trois dernières années, tout le monde pensait que leur économie était sur le point d’entamer un redémarrage solide et auto-entretenu qui amorcerait une croissance forte. La réalité a été différente.

Cette année aussi presque tout le monde s’est trompé en croyant que la reprise permettrait d’atteindre un taux de croissance du PIB supérieur à la croissance potentielle – qui dépasserait 3%. Or le taux de croissance du premier semestre dépassera probablement à peine 1,5% dans le meilleur des cas – un taux encore plus bas que celui, lamentable, de 1,7% en 2011. Et maintenant après cette erreur d’appréciation, beaucoup croient à nouveau au conte de fée selon lequel la combinaison de la baisse du prix du pétrole, de la hausse des ventes dans l’automobile, de la remontée des prix dans l’immobilier et du volume de la production manufacturière aux USA va doper la croissance au cours du deuxième semestre et permettra d’attendre un taux supérieur à celui de la croissance potentielle en 2013. La réalité sera à l’opposé, la croissance va encore ralentir au cours du deuxième semestre, un mouvement qui se prolongera en 2013 pour frôler la stagnation. Ceci pour plusieurs raisons :

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Les JO en valent-ils la chandelle ?

Pour les partisans de l’organisation des JO, les sommes colossales investies ont un impact positif en termes de tourisme, de rénovation urbaine et de santé publique. En réalité, c’est rarement le cas, comme le montrent les exemples des villes qui ont accueilli les dernières éditions de la manifestation.

Outre la magie éternelle du sport, les organisateurs des Jeux Olympiques et leurs sponsors internationaux brandissent en général trois arguments pour justifier l’énorme dépense de fonds publics engendrée par les Olympiades.

Dans le cas de Londres, cela représente plus de 15 milliards d’euros – selon un rapport du Parlement britannique – soit sept fois le budget prévu en 2005.

Tout d’abord, ils auraient un impact économique immédiat dans la mesure où ils attirent des centaines de milliers de participants et de touristes. De plus, la présence de milliers de cadres de multinationales créerait de nombreuses opportunités pour attirer les investissements. David Cameron, le premier ministre britannique, a d’ailleurs déclaré la semaine dernière que le dividende olympique pour l’économie s’élèverait à près de 16 milliards d’euros.

Ensuite, les Jeux et autres grands événements permettraient de réhabiliter des quartiers dégradés comme l’East End londonien, où ont été construits le stade et le village olympiques. Les Jeux de Barcelone en 1992 sont souvent cités en exemple typique d’un effet catalyseur des Jeux sur la modernisation urbaine. Et enfin, étant donné l’épidémie de surpoids et d’obésité qui touche nos sociétés de plus en plus sédentaires, les abdominaux sculpturaux de sportifs comme Jessica Ennis ou Usain Bolt ne pourraient qu’encourager les gens à faire plus d’exercice.

Des emplois détruits

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« La crise de la dette souveraine ! Quelle crise ? »

Par Valentijn van Nieuwenhuijzen, directeur de la stratégie d’ING Investment Management

Ces deux dernières années, les discussions autour de la crise de la dette souveraine se sont intensifiées. Souvent, on avance qu’une austérité budgétaire est nécessaire aujourd’hui afin d’éviter une nouvelle crise systémique dans le futur, la hausse de l’endettement des États souverains étant à l’origine de la crise actuelle de l’euro. Un diagnostic correct de la crise suggère pourtant que cette justification manque de perspicacité. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer les prix sur le marché ou de se pencher sur les développements empiriques de la crise de l’euro.

La crise de la dette européenne, par Luojie pour China Daily, Chine, 14 juillet 2011

Dans la zone euro, la dette publique exprimée en pourcentage du PIB a en réalité été orientée à la baisse jusqu’en 2008, passant de 72% en 2000 à 67% en 2007. Ce n’est qu’après la grande crise financière de 2008 et la sévère récession qui en a résulté que les rapports dette/PIB ont commencé à croître substantiellement. Ceci vaut également dans les grandes lignes pour les pays périphériques de la zone euro, quoique les évolutions diffèrent largement d’un pays à l’autre.

Par conséquent, suggérer que la crise actuelle du système de l’euro est imputable à une gestion irresponsable généralisée des finances publiques ne semble pas compatible avec les développements empiriques. C’est en effet la combinaison du choc de la grande crise financière, de la récession mondiale qui a suivi et des déséquilibres au sein de l’économie de la zone euro ayant entraîné une nette détérioration des finances publiques après 2008 qui est à l’origine de la crise.

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Avis de tempête sur l’économie japonaise

Jusqu’ici à l’abri des effets de la crise de la zone euro, le Japon pourrait voir son «miracle économique» s’effondrer en raison de son déficit commercial et du montant colossal de sa dette.

“La Grande Vague de Kanagawa” par Katsushika Hokusai

Nouvelle alerte au pays du soleil levant. Selon les chiffres publiés mercredi par le ministère des Finances, l’excédent de sa balance courante a dévissé de 45% au premier semestre 2012. Une chute considérable qui s’explique par l’aggravation de son déficit commercial, estimé actuellement à 2500 milliards de yens (25 milliards d’euros). Soit une somme cinq fois supérieure à celle de 2011. L’explosion des importations (+ 8%), peu compensée par les exportations (+ 2,8%), a grandement nuit à l’équilibre de la balance commerciale japonaise.

L’arrêt des 50 réacteurs nucléaires, en marge de l’accident de Fukushima de 2011, a entraîné une forte demande nippone en hydrocarbures. Une transition énergétique d’autant plus coûteuse que le cours du pétrole ne cesse de bondir. A la clôture de la bourse de New York mardi soir, le baril d’or noir s’échangeait à 93,40 dollars (75,56 euros). De même, le Japon dépend fortement de ses partenaires étrangers pour se fournir en gaz naturel.

L’arbre qui cache la forêt

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La récession britannique confirme le marasme régnant en Europe

Le PIB du Royaume-Uni a reculé de 0,7 % au deuxième trimestre, confirmant l’ampleur de la récession où s’enfonce le pays depuis fin 2011. Ce qui confirme le marasme européen, illustré aussi par le recul du moral des patrons allemands.

Douche écossaise. L’économie britannique s’est enfoncée bien davantage que prévu dans la récession au deuxième trimestre, selon des données diffusées hier par l’Office des statistiques (ONS). Le PIB y a reculé de 0,7 % par rapport au premier, alors que les économistes tablaient sur une baisse de 0,2 à 0,3  % seulement.

Certes, la conjoncture a été affectée par une météo particulièrement humide, même compte tenu des standards britanniques, et par les jours fériés associés au jubilé de la reine. Mais ces circonstances exceptionnelles «  n’excusent pas » le recul de l’activité britannique, a souligné Georges Osborne, le ministre britannique des Finances.

Tous les secteurs de l’économie ont enregistré un recul de leur activité entre le premier et le deuxième trimestre, en particulier celui de la construction immobilière.

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États-Unis : Comprendre la crise économique à partir des déchets rejetés

L’économie se reflète dans les poubelles ! C’est ce qui pourrait résumer l’idée du graphique publié par l’économiste américain Michael McDonough. Ce n’est pas si surprenant que cela : plus on produit, plus on jette…

Le graphique présente deux courbes : le Produit Intérieur Brut américain [en rouge], et les déchets transportés par train aux États-Unis [en bleu]. Comme l’explique le site Internet économique Bloomberg, plus un pays produit, et donc plus son PIB est élevé, plus sa quantité de déchets est importante.

Les économistes ont donc par exemple montré qu’en 2001, alors que l’économie se remet doucement de l’explosion de la bulle Internet, la quantité de déchets transportés augmente également légèrement. Les économistes avaient alors conclu que la corrélation statistique entre les déchets transportés aux États-Unis et la croissance américaine atteignait 82,4% !

Le graphique permet donc de mieux comprendre l’économie d’un pays et confirme une fois de plus les difficultés que traversent actuellement les États-Unis. En effet, la courbe des déchets transportés plonge clairement à des niveaux assez bas, tout comme celle du PIB américain. Vous ne regarderez plus jamais vos poubelles de la même façon.

Atlantico

(Merci à Boreas)

Union Européenne : faut-il effacer toutes les dettes ? (audio)

Selon Gérard Thoris (*), il est temps d’effacer les dettes publiques des pays qui ne peuvent pas les honorer. Il s’agit en effet de dettes sans « collatéraux », c’est-à-dire sans actif correspondant susceptible de produire les richesses qui permettront de les rembourser. (France Culture – Les Enjeux internationaux – 19/07/12)

Le collatéral d’une dette publique est la croissance qu’elle permet. Or sans croissance le collatéral disparait. Il faut alors pour espérer la rembourser et éviter la cessation de paiement entrer dans une spirale infernale de baisse des dépenses publiques et d’augmentation des impôts avec toutes les conséquences sociales que cela peut avoir. Pour Gérard Thoris effacer les dettes publiques est une « obligation économique »

Lorsque le taux de dette publique est de 60%, en gros on travail pour payer les intérêts. Ça veut dire que la croissance économique ne permet plus d’améliorer le niveau de vie mais  elle permet seulement d’accroître la rémunération des épargnants à travers le système bancaire.

(*) Professeur agrégé à Sciences Po, Gérard Thoris a notamment rédigé une Analyse économique des systèmes (Paris, Armand Colin, 1997), il contribue au Rapport Anteios .

Ces 8 millions de Français qui n’ont rien gagné en une décennie

En treize ans, le nombre de personnes pauvres n’a pas bougé : 8,1 millions d’individus vivent sous le seuil de pauvreté monétaire. Pourtant, la richesse produite s’est considérablement accrue. Les jeunes entre 18 et 29 ans, les agriculteurs, les étudiants et les familles monoparentales sont particulièrement frappés.

De l’autre côté de la pyramide, les 500 plus grandes fortunes cumulent des revenus et un patrimoine estimés par le magazine Challenges à 267 milliards d’euros. « S’il fallait les redistribuer aux 8,1 millions de pauvres recensés par l’Insee, cela représenterait 33.000 euros pour chacun d’eux », analyse Jean-Philippe Delsol [3]. Alors qu’en 1996, 14 millions d’euros étaient nécessaires pour entrer dans le top 500 des fortunes françaises, la barre est désormais à 60 millions. La croissance ne profiterait-elle qu’aux riches ?

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«Un sommet en trompe-l’oeil»

Par Jacques Sapir

Un succès remarquable, ce sommet ? Autant pour l’euro que pour François Hollande, rien n’est moins sûr. D’après l’économiste Jacques Sapir, seule la croissance pourra permettre à la zone euro de respirer… Et c’est une simple bouffée d’air qui a été décidée à Bruxelles. Pas de quoi sabler le champagne pour les peuples européens.

Le sommet de Bruxelles qui s’est déroulé dans la nuit du 28 au 29 juin est vendu au grand public comme un remarquable succès du Président Français, M. François Hollande, face à la Chancelière Allemande, Mme Merkel. Il aurait imposé son pacte de Croissance et surtout, avec les Premiers Ministres Espagnol et Italien, «sauvé» l’Euro en amenant l’Allemagne à accepter des concessions importantes pour faciliter la situation financière de l’Espagne et de l’Italie.

La mise en scène a été soignée. Les marchés financiers ont réagi très positivement dans la journée du vendredi 29 juin, et l’Euro, qui était jusque-là plutôt à la baisse, s’est redressé de 2%. Dans la foulée, François Hollande a donc annoncé que la France ratifierait le pacte de stabilité voulu par l’Allemagne.

Pourtant, si l’on y regarde de plus près, la situation apparaît comme nettement moins favorable, tant pour le Président français que pour l’euro. Prenons pour commencer le fameux pacte de croissance. Son montant est parfaitement dérisoire. Avec 120 milliards d’euros à dépenser sur 3 ans, qui peut penser que cela pèsera sur l’économie de la zone euro, dont la richesse totale (le PIB) est d’environ 12.000 milliards ?

De plus, sur ces 120 milliards, 55 étaient prévus de longue date en tant que fonds structurels et 35 milliards avaient été prévus en décembre dernier quand on avait annoncé l’accroissement des  moyens de la Banque européenne d’investissements. Les fameux «projects bonds» ne porteront que sur…4,5 milliards.

En fait, il n’y a guère que 30 milliards d’argent frais sur ces 120 milliards, qui seront de toute manière bien insuffisants face à la situation économique de la zone euro.

Le pacte de croissance apparaît ainsi dans sa réalité : un prétexte pour faire voter le pacte de stabilité exigé par l’Allemagne ! François Hollande ne se contente pas de se parjurer, il se ridiculise.

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Crise : Le monde en route vers la tempête parfaite…

Europe, Etats-Unis, Chine : la conjoncture économique a rarement réuni autant de paramètres inquiétants selon Nouriel Roubini, l’économiste américain qui avait prédit la crise des subprimes de 2008.

La flambée des taux d’interets en Europe s’inscrit dans un contexte politique électrique de tensions au sein du couple franco-allemand. Mais l’Europe n’est pas la seule à traverser une tempete économique.

La croissance chinoise montre des signes de faiblesse, tandis que les Etats-Unis subissent un inquiétant ralentissement de la création d’emploi.

Ce contexte a éveillé la fibre prophétique de Nouriel Roubini, économiste américain et prophète de la crise des subprimes de 2008, qui s’est risqué à une nouvelle prédiction funeste. Selon lui, l’année 2013 pourrait réunir suffisamment de circonstances exceptionnelles à une crise globale qui n’épargnera personne.

Selon le spécialiste, le ciel s’est brutalement assombri sur le monde économique, plombé par une série de mauvaises nouvelles provenant de toutes les directions géographiques. Tout d’abord, la crise de l’euro s’aggrave.

Un euro qui reste obstinément fort, des mesures d’austérité qui accentuent la récession dans de nombreux pays membres, un resserrement du crédit à la périphérie et les prix élevés du pétrole, sont autant de facteurs qui plombent les perspectives de reprise économique. 

“Le système bancaire de l’eurozone se balkanise, alors que les lignes de crédit sont coupées entre les pays et entre les banques, et la fuite des capitaux pourrait bien se muer en véritable panique pour les banques périphériques, si, et c’est très probable, la Grèce procédait à une sortie désordonnée de la zone euro”, précise Roubini.

Les pressions sur les dettes souveraines s’aggravent, alors que les taux d’intérêt pour l’Espagne et l’Italie ont renoué avec leurs pics insoutenables. Ainsi, un plan de sauvetage international des banques (comment récemment pour l’Espagne) pourrait ne pas suffire à la zone euro, qui pourrait avoir besoin d’un plan de sauvetage des dettes souveraines, dans un contexte où les pare-feu internationaux échouent à soutenir efficacement l’Espagne et l’Italie. Une rupture désordonnée de la zone euro reste donc dans l’ordre des possibilités de la zone euro.

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Et si la dette espagnole était illégitime?

Les marchés mettent l’Espagne à genoux. Des citoyens, inspirés par une initiative grecque, demandent un audit des créances publiques et, le cas échéant, leur annulation.

Dans le ménage de l’Etat, l’intérêt de la dette a remplacé les services publics. Plus les marchés financiers renâclent à acheter les titres de la dette espagnole, plus le coût du remboursement de ses intérêts augmente. A la suite de l’annonce de l’injection de 23,5 milliards d’euros pour sauver sa quatrième banque – Bankia – de la faillite, les taux à dix ans de l’obligation espagnole de référence ont dépassé les 6,45% le 29 mai. Ce qui devrait encore accroître le coût du remboursement annuel des intérêts de la dette, déjà chiffré à 28,8 milliards d’euros lors de la présentation du budget 2012 début avril. Dans le même budget, on apprenait une coupe de 27,3 milliards d’euros dans les services publics.

La dette espagnole mérite-t-elle une telle phobie? La part publique de la dette ne représentait «que» 68% du PIB en 2011, alors que celle de la France dépasse les 85%. Avec le sauvetage de Bankia, elle pourrait augmenter jusqu’à 79,8% du PIB, prévoit le gouvernement. Un chiffre encore inférieur à celui de l’Allemagne, qui cumule 2080 milliards d’euros de dette publique, soit 81,2% de son PIB.

Privatisation des bénéfices, mutualisation des pertes

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Les Jeux Olympiques peuvent-ils sortir la Grande-Bretagne de la crise?

Le Royaume-Uni est entré officiellement en récession avec un recul de son PIB pour le deuxième trimestre consécutif. Peut-il compter sur un effet J.O. pour en sortir? Rien n’est moins sûr.

Après trois ans de travaux et à deux mois de l’ouverture des Jeux Olympiques, Londres est dans les starting-blocks.

La capitale britannique s’apprête à recevoir des centaines de milliers de touristes et à cueillir enfin les fruits d’un investissement de 9,3 milliards de livres, près de quatre fois supérieure à la facture initialement estimée de 2,5 milliards.

Mais les retombées économiques seront-elles vraiment en rendez-vous?

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Russie : Le plan de Poutine, un “grand bond” incertain

Vladimir Poutine a fixé pour son retour au Kremlin des objectifs plus qu’ambitieux pour propulser la Russie aux premières places de l’économie mondiale, mais la possibilité de ce “grand bond” en avant suscite des doutes malgré des perspectives plutôt favorables à court terme.

La Russie observe avec hauteur la crise qui submerge les Etats endettés de la zone euro, soutenue par une croissance solide de 4,9% au premier trimestre. Sur l’ensemble de l’année, elle table sur un léger déficit budgétaire, de 0,3% du produit intérieur brut (PIB).

Les chiffres du PIB au premier trimestre, meilleurs que prévu, montrent que la Russie, jusqu’à présent, reste relativement protégée de la crise en Europe“, a souligné Chris Weafer, stratégiste de la banque d’investissement moscovite Troïka Dialog.

Mais Vladimir Poutine est aussi bien conscient qu’une crise majeure en zone euro affecterait sévèrement les exportateurs russes et limiterait les recettes en pétrodollars.

Le chef de la Banque centrale russe, Sergueï Ignatiev, s’est cependant dit cette semaine optimiste pour son pays.

Le 7 mai, quelques heures après avoir repris les fonctions de président abandonnées quatre ans pour le poste de Premier ministre pour des raisons constitutionnelles, M. Poutine a signé un décret sur la politique économique du pays.

Ce décret prévoit de créer et moderniser 25 millions d’emplois à haute productivité d’ici 2020, d’accroître les investissements pour qu’ils atteignent au moins 25% du PIB d’ici 2015, d’accroître la productivité du travail de 150%.

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Grèce : Les retraits bancaires s’intensifient

Plus de 700 millions d’euros ont été retirés des banques grecques sur la seule journée du 15 mai. La crise politique fait ressurgir le spectre d’un bank run et d’une éventuelle contagion à toute l’Europe.

Les responsables politiques grecs se refusent pour l’instant à parler de bank run, c’est-à-dire d’un vrai mouvement de panique bancaire. Ils reconnaissent un“sentiment de peur qui pourrait évoluer en panique”. Pourtant, ça y ressemble de plus en plus.

Jusque-là, les retraits s’étaient étalés dans le temps. Les Grecs ont retiré 60 milliards d’euros depuis le début de la crise, en 2009. Ce qui représentait déjà près d’un tiers du PIB grec. Le 15 mai, 700 millions ont été retirés des banques en une seule journée.

Ce rythme pourrait encore s’accélérer si l’hypothèse d’une sortie du pays de la zone euro se faisait plus vraisemblable. L’échec des négociations en vue de former une coalition gouvernementale et la tenue de nouvelles élections n’ont de ce point de vue rien de rassurant.

Un risque majeur de contagion

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Sortir du cadre !

Chacun le sait (ou devrait le savoir), nous sommes confrontés à une triple crise. Celle dont il est le plus question dans ce blog, est, bien sûr la crise économico-financière, qui, dans la foulée de la crise des subprimes est loin d’avoir été résolue.

Elle se conjugue avec deux autres crises qui sont comme les deux faces d’une même médaille, la crise énergétique et la crise climatique. La crise énergétique résulte d’une exploitation toujours plus effrénée des sources d’énergie fossile depuis une centaine d’années, sources qui, en conséquence, commencent à se tarir. L’approvisionnement énergétique n’est pas encore très gravement menacé, mais tout laisse présager qu’il le sera bientôt.

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Sortie de crise : la croissance n’est pas la solution, mais le problème

Dans son dernier livre, Changer le monde tout un programme, Jean-Marc Jancovici, montre, chiffres à l’appui, que c’est la course à la croissance elle-même qui nous fait tomber dans des crises de plus en plus rapprochées parce qu’elle repose sur des ressources énergétiques qui se raréfient. Pour sortir de cette spirale infernale, il est urgent d’engager un nouveau projet de société tourné vers une économie décarbonée. C’est le défi posé à nos gouvernants.

Jeune Dirigeant : Au commencement de nos sociétés modernes est l’énergie : c’est un des messages forts de votre livre que l’on a parfois tendance à oublier.

Jean-Marc Jancovici : L’énergie est en effet primordiale pour une raison très simple : elle est, par définition en physique, la marque du changement. Il n’y a donc pas de transformation sans énergie. Cette idée peut se décliner de toutes les manières dans notre vie quotidienne. Aucun véhicule n’avance sans énergie, aucune usine ne fonctionne sans énergie, a minima celle des bras et des jambes des ouvriers qui la remplissent, mais qui est désormais devenue négligeable. Car, désormais, l’énergie produite par nos muscles est devenue plusieurs centaines de fois inférieure à l’énergie extracorporelle que nous utilisons (charbon, pétrole, gaz, et le reste).

Ce qui a donné à nos économies occidentales la capacité de produire des « choses » qu’on appellera par la suite du PIB, c’est l’énergie fossile abondante et gratuite, utilisée pour transformer une matière première également gratuite.

Pour faire court, au moment où l’homme arrive sur la planète, il bénéficie gratuitement du résultat de 15 milliards d’années d’évolution depuis le Big Bang.

Il n’y a pas que le soleil et le vent qui sont gratuits, comme aiment à le rappeler les écologistes, il y a aussi le pétrole, le charbon, les minerais, les pierres, les montagnes, le système climatique…

Notre développement économique repose donc sur l’exploitation de ces ressources énergétiques et matérielles gratuites, auxquelles nous ajoutons des bulletins de paye. C’est le cumul des bulletins de paye, des dividendes et des rentes qui fait le prix des objets, et non la constitution de la matière première.

Je pense que c’est criminel de remplacer le nucléaire par du charbon, sachant que les énergies renouvelables seront encore pour longtemps relativement marginales. Choisir le charbon, c’est augmenter le nombre de morts à très bref délai : il y a cinq à dix mille morts par an dans les mines, ce que ne provoque pas le nucléaire civil. C’est augmenter à court terme la pollution locale et à long terme accélérer le changement climatique, c’est-à-dire la perte de terres agricoles dans les deltas, la souffrance alimentaire, les épidémies, les risques de guerre…, des conséquences pour moi bien pires que d’évacuer quelques dizaines de milliers de personnes des alentours d’une centrale nucléaire une fois tous les vingt ans.

Lire l’intégralité de l’interview sur JEUNE DIRIGEANT.fr

L’Espagne est en récession

Le ministre espagnol de l’Economie a admis lundi que le pays était retombé en récession, pour la deuxième fois depuis 2009, alors que les investisseurs exigeaient un rendement plus élevé pour acheter les titres de dette du pays.

Les chiffres officiels sur le produit intérieur brut (PIB) espagnol du premier trimestre 2012 ne seront pas publiés avant le 30 avril. Le ministre de l’Economie, Luis de Guindos, a cependant déclaré que l’économie espagnole devrait avoir enregistré au premier trimestre une contraction similaire à celle du dernier trimestre 2011, qui était de 0,3% par rapport au troisième trimestre.

Deux trimestres successifs de PIB en baisse correspondent à la définition technique de la récession, laquelle a été largement anticipée en Espagne.

“On est revenu en mode pleine crise”, commente Lyn Graham-Taylor, spécialiste des taux à la Rabobank. “Il semble de plus en plus probable que l’Espagne devra recourir à une certaine forme de sauvetage. S’il n’y a pas d’intervention (de la BCE), il n’y aura pas de plafond aux rendements espagnols. Ils vont tout simplement continuer à grimper.”

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Inde : La « Révolution verte », évolution ou régression ?

Suite à la prise de son indépendance en 1947, l’Inde a directement voulu amorcer un processus d’industrialisation massive de son outil de production. Un tel projet ne pouvait être envisagé sans le développement préalable d’un secteur agricole suffisamment robuste pour subvenir aux besoins alimentaires primaires d’une armée de potentiels travailleurs industriels.

C’est par le biais d’une Révolution verte, dans les années 1960, que l’Inde a pu développer considérablement son agriculture. Notamment grâce à l’utilisation massive d’engrais chimiques et de pesticides. A court terme, ces produits ont engendré des rendements faramineux, bien au-delà des espérances des 650 millions de paysans indiens. Mais l’illusion verte a été de courte durée : terres rendues stériles, appauvrissement des sols, perturbation de l’équilibre de la biosphère,…

Autant de conséquences du productivisme démesuré en mal de rendements immédiats et nullement respectueux du processus long et laborieux de régénération des terres. A l’heure où des centaines de paysans indiens ne voient d’autres solutions que le suicide face à leurs difficultés, peut-on encore parler de « révolution » pour qualifier le développement agricole indien? L’industrialisation de l’Inde devait-elle se faire au détriment de sa population, pour la plupart dépendante du secteur agricole ?

Les conséquences économiques et écologiques de la Révolution verte en Inde

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