“Le plan Sarkozy pour l’agriculture ? De simples mesures pansement”

Le président de la République a annoncé un plan d’aide de 1,65 milliard d’euros en faveur des agriculteurs.

Réactions et analyses de Jean-Christophe Bureau, professeur d’économie à AgroParisTech, chercheur associé au CEPII, et de Nicolas-Jean Brehon, économiste à la fondation européenne Robert Schumann.

Les difficultés actuelles que connaissent les agriculteurs sont-elles conjoncturelles, comme l’affirme Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire liées à la crise ?

Jean-Christophe Bureau. Oui, indiscutablement, les difficultés actuelles du secteur sont liées à la crise qui a fait chuter les prix des matières premières, de même que la demande mondiale de produits agricoles. La baisse généralisée du prix des produits agricoles est également liée à la faiblesse du dollar.

Nicolas-Jean Brehon. Effectivement, cette baisse accentue leurs difficultés. En réalité, le fond du problème du secteur vient de la volonté européenne et mondiale de dérégulation de ce secteur.

Que pensez-vous des mesures d’aides annoncées par Nicolas Sarkozy ? Lire la suite

En Chine, on craint les bulles

La crise, quelle crise ? Pékin a annoncé, jeudi 22 octobre, que le produit intérieur brut (PIB) chinois avait progressé de 8,9% au troisième trimestre, sur un an, après 7,9 % au deuxième trimestre et 6,1% au premier.

Malgré des exportations en berne, en raison du ralentissement de la demande dans les pays occidentaux, la croissance devrait atteindre l’objectif des 8 % annoncé par le gouvernement en début d’année.
Grâce à une expansion spectaculaire du crédit bancaire et des investissements publics, la Chine est parvenue à éviter un ralentissement trop brusque de sa machine économique.

Lancé fin 2008, le gigantesque plan de soutien, d’un montant de 4000 milliards de yuans (390 milliards d’euros) en deux ans, soit l’équivalent de 13 % du PIB, a prouvé son efficacité.

Mais beaucoup d’experts s’inquiètent. Ils craignent la formation de bulles géantes et l’apparition de déséquilibres économiques majeurs.

Sommées de financer les projets de grands travaux proposés par les gouvernements locaux, les banques chinoises ont déboursé 8670 milliards de yuans de crédits sur les neuf premiers mois de l’année, soit 75 % de plus que pour l’ensemble de 2008.

Si le plan de relance a permis de maintenir la croissance de la consommation – les ventes d’automobiles ont explosé, aidées par des subventions sur les petites cylindrées –, le poids de l’investissement public s’est encore accru, conduisant à des duplications de projets d’infrastructures et à des surcapacités monstres dans certains secteurs.

Certains économistes n’hésitent pas à évoquer une dangereuse fuite en avant. “Les risques ont augmenté en même temps que les crédits. Il nous faut y faire très attention, et apporter des solutions”, a prévenu le président de la commission de régulation bancaire chinoise, Liu Mingkang, jeudi sur son site Internet. Lire la suite

Contre toute attente, la Grande-Bretagne reste en récession

L’activité économique en Grande-Bretagne s’est contractée au troisième trimestre de 0,4% par rapport au deuxième trimestre, alors qu’une sortie de récession était attendue par les économistes. C’est le sixième trimestre consécutif de contraction du produit intérieur brut, du jamais vu pour le pays.

L’activité économique en Grande-Bretagne s’est contractée contre toute attente au troisième trimestre, réduisant à néant les espoirs d’une sortie de la récession, montrent les statistiques provisoires publiées ce vendredi par l’Office national de la statistique (ONS).

Par rapport au trimestre précédent, le PIB a reculé de 0,4% alors que les économistes s’attendaient à ce que le pays sorte de la récession, comme avant elle la France et l’Allemagne, avec une croissance de 0,2%.

Par rapport au troisième trimestre 2008, l’activité économique a reculé de 5,2%. Les économistes prévoyaient une baisse de 4,6%.

Il s’agit ainsi du sixième trimestre consécutif de contraction du produit intérieur brut (PIB) britannique, du jamais vu dans l’histoire du pays.

Plusieurs signaux étaient pourtant au vert.

La prime à la casse instaurée au printemps, qui avait permis d’enrayer l’effondrement des ventes de voitures neuves ; une baisse temporaire de la TVA, qui avait également soutenu la consommation intérieure ; l’activité industrielle britannique, dont le repli avait ralenti (-8 points sur les trois mois achevés en octobre, contre -31 points en juillet, selon la Confederation of British Industry) ; une livre sterling durablement faible, qui avait soutenu la demande pour les exportations britanniques.

Mais le pays affronte aussi un endettement très élevé, avec un déficit public qui devrait dépasser 12% du PIB sur l’année fiscale en cours, et une dette publique qui pourrait grimper à 93% du PIB en 2015, selon les calculs de l’Institut national de recherche économique et sociale (NIESR).

Autre point noir, un nombre de chômeurs qui ne faiblit pas, avec 2,47 millions de personnes recensées à fin juillet, les analystes s’attendant à ce que la barre des 3 millions soit passée dans les deux ans.

La Tribune

Quand les bulles économiques asiatiques éclateront…

Les croissances phénoménales – en période de crise mondiale – de la Chine et l’Inde qui atteindront respectivement quelque 8 et 6% cette année semblent suspectes! La comparaison avec les situations Américaine (- 3.8% ) et Japonaise ( – 7.2% ) est certes inappropriée, la méfiance reste néanmoins de mise car ces deux pays – en fait ces deux sous continents! – sont également le théâtre des deux bulles boursières les plus massives au monde: 62% d’appréciation pour la Bourse de Shanghai et 80% pour Mumbai à ce jour en 2009 pendant que l’indice MSCI Pacifique a progressé de 70% depuis le 9 Mars…

L’évolution de la Bourse est-elle redevable à la forte croissance? La spéculation boursière effrénée crée-t-elle un climat de confiance (artificiel) se traduisant par une forte croissance? Les superlatifs manquent en tout cas pour qualifier ces envolées boursières et cette croissance spectaculaire même s’il y a fort à parier – et à craindre – que ce bouillonnement soit prosaïquement bien plus la conséquence de taux d’intérêts anormalement bas que de facteurs fondamentaux sains. Ce phénomène porte un nom et vous me voyez navré de l’employer encore : une bulle…

Le monde revient certes de loin et l’Asie a démontré tout au long de cette crise une résilience étonnante. Pourtant, cette euphorie boursière semble tout aussi irrationnelle que celle qui s’était emparée des Bourses Asiatiques en 1996: ayons la décence de ne pas évoquer la saignée subséquente de 1997… Toujours est-il que, dans un contexte d’accélération de l’inflation en Inde où les prix à la consommation des denrées agricoles se sont apprécié de près de 13% et que les tarifs des produits manufacturés ont progressé de près de 12%, le niveau des taux d’intérêts Indiens à 3.25% est incompréhensible, injustifiable … si ce n’est dans une volonté délibérée d’attiser la flamme boursière!

Il est peut-être trop tard pour agir du reste car un resserrement maladroit de politique monétaire provoquerait un mini cataclysme dans un marché immobilier Indien lui aussi en état de bulle avec, à la clé, un réajustement douloureux du niveau de vie de la classe moyenne.

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Déjà, une nouvelle bulle se forme sur le marché boursier américain

Le Dow Jones a terminé la séance du 14 octobre au-dessus des 10 000 points. Le vénérable indice boursier américain avait franchi ce cap pour la première fois grâce à la bulle des nouvelles technologies. La bulle immobilière, elle, lui avait permis de soutenir la performance pendant cinq ans. Les séries statistiques historiques semblent indiquer qu’une nouvelle bulle est en train de se former.
Si l’on se fie à l’exemple de la Grande Dépression ou encore à celui des années 1970, le Dow Jones pourrait encore osciller de nombreuses années autour des 10 000 points.

Le 22 février 1995, l’indice accrochait pour la première fois le seuil de 4 000 points. C’est le jour où Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), avait évoqué l’idée d’un assouplissement de la politique monétaire. A cette époque, l’économie américaine entamait sa quatrième année d’expansion, et le cours des actions avait progressé de 50 % par rapport au plus haut atteint avant le krach de 1987.

Il est logique de retenir ce niveau de 4 000 points comme approximation de la valeur raisonnable du Dow Jones à ce moment-là, quand la croissance et l’optimisme étaient modérés.

Actualisons-le en lui appliquant la hausse du produit intérieur brut (PIB) nominal constatée depuis, qui traduit, en principe, l’évolution de la valeur et des bénéfices des sociétés, et supposons que la croissance du PIB nominal ait été de 4 % en rythme annuel au troisième trimestre. On obtient ce qui devrait être la valeur raisonnable de l’indice aujourd’hui : 7 800 points.

Au regard de cette référence, il est clair que le marché boursier est entré dans une phase de bulle. Il a progressé de plus de 50 % par rapport à la séance du 5 mars.

A ce moment-là, cela faisait un an que la Fed maintenait les taux d’intérêt proches de zéro. Celle-ci sera bientôt contrainte de relever ses taux, que ce soit sous le coup du retour de l’inflation ou en raison du cours élevé des matières premières. Les marchés en pâtiront certainement… Enfin, si les investisseurs n’ont pas déjà lancé le mouvement de repli.

Le Dow Jones a mis vingt-cinq ans à surpasser le record établi en 1929, avant la Grande Dépression. Toutefois, si l’on retient un taux de croissance du PIB de seulement 4,2 %, alors la valeur légitime de l’indice ne repassera la barre des 10 000 points qu’en 2015, soit seize ans environ après la première fois. Seize ans, c’est aussi le laps de temps qui s’était écoulé entre 1966, année où le Dow Jones avait inauguré le seuil des 1 000 points, et 1982, où il avait repassé le même seuil, cette fois pour de bon.

La configuration actuelle ressemble plutôt à celle des années 1970 : croissance faible, taux d’intérêt bas et hausse du cours des matières premières. Cela confirmerait que, une fois de plus, les investisseurs ont perdu le sens des réalités.

Le Monde

(Merci à Jean Bal)

L’Espagne est incapable de sortir de la crise

Les Espagnols ne voient aucun des timides signes de reprise qui clignotent ici et là en Europe. Alors que l’Espagne est le pays de la zone euro qui a le plus dépensé en plans de relance (2,3 % du produit intérieur brut en 2009), elle reste l’enfant malade de l’Europe, avec une perte d’activité au deuxième trimestre de 1,1 % du PIB, contre une moyenne de – 0,1 % dans l’Union, selon les chiffres d’Eurostat publiés le 7 octobre.

Les effets du plan d’investissement de 8 milliards d’euros, qui a permis de préserver près de 400 000 emplois dans le bâtiment et les travaux publics (BTP) depuis le printemps, arrivent à leur terme.

L’hémorragie du chômage a repris à la rentrée, avec 80 367 chômeurs supplémentaires en septembre.

Ni les experts, ni le gouvernement ne se risquent à pronostiquer une sortie de crise, tant l’économie espagnole paraît touchée en profondeur en raison de caractéristiques qui lui sont propres : faible productivité, gros déficit extérieur (10 % du PIB), fort endettement des ménages, chômage record, etc.

Au risque de retarder encore l’échéance de la reprise en pénalisant une consommation déjà atone, le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero a adopté un projet de budget – actuellement en débat au congrès des députés -, qui prévoit une forte hausse d’impôts directs et indirects, censée rapporter 11 milliards d’euros à l’Etat.

La première raison tient au creusement du déficit public. Excédentaires à hauteur de 2,2 % du PIB en 2007, les comptes publics devraient terminer l’année à – 10 %, selon les estimations les plus optimistes.

Outre les plans anticrise, l’envolée des dépenses est due à l’explosion des aides aux chômeurs. Pour 2010, le gouvernement a provisionné 31 milliards d’euros, soit une augmentation de 59 % par rapport à 2009, sur la base de 18,9 % de demandeurs d’emploi. Or Eurostat table plutôt sur un taux dépassant 20 %. Lire la suite

La crise commence

Dans le monde fantasmagorique des responsables et analystes de l’économie, le bien et le mal se résument aux frémissements d’un totem : le produit intérieur brut (PIB). Il chute de 2 %, c’est la catastrophe, il remonte en tremblant à 0,3 %, la reprise s’annonce.

Et l’obsession est de rejoindre les 2-3-4 % “normaux” afin que la vie redevienne belle. Je ne caricature pas : des dizaines de déclarations et d’articles dans le Wall Street Journal, The Financial Times, The Economist, Les Echos, La Tribune – et bien sûr, notre cher Monde – ratiocinent autour de ce thème.

Parlons de la vraie économie, celle qui se préoccupe de la subsistance durable des sociétés.

Il n’y aura pas de “sortie de crise”. La crise commence. En fait, ce n’est pas une crise, mais le début de la grande transformation : celle qui nous conduira à une société humaine s’adaptant aux limites de la biosphère ou, si nous restons dans le vieux schéma “croissanciste”… à l’explosion.

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Coût de la crise, 32.000 dollars pour chaque Européen et Américain ?

Combien a coûté la crise financière ? L’Agefi a tenté, avec l’aide de Gilles Moëc, économiste de Deustche Bank, d’apporter une réponse en fournissant un bilan détaillé et chiffré de ce que pourrait être la facture globale.

Cet exercice a moins pour objectif de brandir son montant colossal que d’identifier les différents éléments de cette somme, susceptibles d’être révisés à la hausse comme à la baisse en fonction de l’évolution des événements au cours des prochains mois, et ce afin de permettre au lecteur d’effectuer son propre suivi de cette évaluation et de mettre en évidence l’impact différent de la crise aux Etats-Unis et en Europe.
Sur la période qui court de la fin 2007 à la mi-2009, le coût global se monte à près de 22.000 milliards de dollars. Ce qui représente l’équivalent sur un an des PIB cumulés des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne. Ou encore 31.597 dollars par habitant. Ce chiffrage doit être regardé comme un ordre de grandeur et certainement pas comme une facture individuelle. Il mérite quelques précisions et précautions. Le choc patrimonial subi par les ménages s’avère en effet pour une large part virtuel, tant que les individus n’ont pas réalisé ces actifs.

Première composante, bien réelle celle-ci, les pertes bancaires dans le monde se sont établies à 1.616 milliards de dollars à la fin du premier semestre 2009, selon les données de l’agence Bloomberg. Ces pertes ont été couvertes par des augmentations de capital à hauteur de 1.339 milliards. Lire la suite

La Chronique Agora “hisse officiellement son drapeau d’Alerte au Krach”

Bill Bonner, le chroniqueur bien connu des “contrariens” (ceux qui ne partagent l’optimisme affiché par les médias dominants), nous avertit, dans un article intitulé “La consommation US grimpe… parce que la croissance baisse !”, de ce que nous atteignons probablement la limite du rebond boursier, la limite du décalage entre la valeur fictive des choses et leur valeur réelle.

Un second krach est en gestation. “Vraiment ?” n’est pas la question. Juste : “quand ?”

“La force d’une correction est égale et opposée à la tromperie qui l’a précédée”.

Vous avez déjà entendu notre dicton. Nous venons de vivre la plus grande bulle de l’histoire — préparez-vous au plus grand krach. Et il ne provoquera pas uniquement du chômage à 10%, la faillite d’une centaine de banques et une baisse de 30% des prix de l’immobilier.

Noooooon… nous parlons d’une correction digne de ce nom… une vraie correction… une correction noble et distinguée… une correction qui peut sortir en public la tête haute.

Nous avons là une correction qui prendra de nombreuses années… fera baisser l’immobilier pendant au moins cinq ans… et ramènera les prix des actions au point où les gens ne voudront plus les acheter. C’est une correction qui ira assez profondément et durera assez longtemps pour faire son travail — effaçant les mauvais investissements et les erreurs de l’ère de bulle, tout en permettant aux survivants de rembourser leurs dettes et construire leur épargne.

Et voici un petit élément intrigant. On a appris cette semaine que les dépenses de consommation, en tant que pourcentage de l’économie américaine, ont grimpé jusqu’à frôler les 71%. Non mais attendez juste une petite minute. Comment les dépenses de consommation peuvent-elles grimper ?

Restons calme. Elles ne grimpent pas. Elles baissent. Simplement, les autres composantes de l’économie baissent plus encore.

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(15.10.2009)

► Assurance chômage: déficit de 3,6 milliards en 2010

En cause: la poursuite de la montée du chômage malgré la reprise de l’activité. L’Unedic s’attend par ailleurs à un déficit de 902 millions d’euros cette année. Le déficit cumulé de l’assurance chômage atteindrait ainsi 5,9 milliards d’euros au 31 décembre de cette année et 9,5 milliards un an plus tard.

Ces prévisions sont fondées sur l’hypothèse d’une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 2,2% cette année suivie d’un retour à la croissance (+1,1%) en 2010. Cette évolution de l’activité irait de pair avec une contraction de l’emploi salarié de 413.000 postes en 2009 et une augmentation du nombre des chômeurs de 519.000. Pour 2010, les projections de l’Unedic font état de 75.000 suppressions de postes. Yahoo

► Cinquième mois d’inflation négative en septembre

Ces chiffres ont surpris les économistes qui attendaient en majorité une stabilité en septembre et ils ravivent les craintes de déflation. Le taux d’inflation était passé sous zéro au mois de mai, pour la première fois depuis 1957.

Les prix de l’énergie ont diminué de 0,7% en septembre par rapport à août et de 14,3% sur un an. La baisse des prix tient aussi aux services qui ont diminué de 0,8%. Les prix des produits frais ont, eux, augmenté de 4,6% sur le mois (-6,7% sur un an) et ceux de l’habillement/chaussures de 0,3% (-0,1% sur un an). S’il écarte le risque de déflation, c’est-à-dire d’une baisse durable des prix qui finit par paralyser l’activité, Nicolas Bouzou du cabinet d’analyse Asterès s’inquiète toutefois du recul des prix des produits manufacturés, lequel dénote un manque de tension de la demande, et du tassement des crédits au secteur privé “qui est de nature à faire diminuer les prix durablement“.

Les taux de marché et le chiffre de l’inflation en France entrent par ailleurs dans le calcul du taux de rémunération du Livret A, dont la prochaine révision sera théoriquement le 1er novembre. Pour refléter le mouvement de baisse des prix, le rendement du placement préféré des Français avait été réduit à 1,25% le 1er août, et avant cela à 1,75% le 1er mai. L’Express

► TVA: la restauration sous pression de l’État

Après la baisse, le gouvernement juge l’effort de la profession insuffisant. Et brandit la menace du retour à un taux de 19,6 %. La baisse à 5,5 % ne faisait pas l’unanimité, certains restaurateurs auraient t préféré une baisse des charges assortie d’engagements précis et contrôlables (le donnant-donnant), notamment en termes d’emploi. Le risque du malentendu actuel est de voir les Français prendre leurs distances avec le restaurant. Sud-Ouest

► Immobilier : la défiance des ménages bloque la reprise du marché

Le nombre de transactions est toujours en baisse au 3ème trimestre, selon la FNAIM. Les prix chutent, les taux d’intérêt aussi, mais les ménages, eux, … attendent. En cause : l’indice de confiance, au plus bas depuis près de 10 ans. Les Échos

Ben Bernanke : “le statut du dollar pourrait être menacé”

Voilà des propos qui pourraient faire de “sérieux dégâts”…

Ben Bernanke, le président de la banque centrale des Etats-Unis, la Fed, a estimé jeudi devant des parlementaires américains que le statut du dollar comme monnaie de réserve pourrait être menacé à long terme.

Au premier rang de “accusés” : le maintien de déficits budgétaires élevés.

S’exprimant devant la Commission des services financiers de la Chambre des représentants, Bernanke a toutefois concédé qu’il n’y avait pas de risque immédiat… si les Etats-Unis prenaient “les mesures qui s’imposent pour gérer sa position budgétaire”… tout en indiquant que la question concernant le maintien du statut du billet vert se posait à “relativement long terme”.

“Si nous ne remettons pas de l’ordre” chez nous, “cela mettra le dollar en danger”, a-t-il ainsi martelé. Considérant parallèlement que “le point le plus critique en la matière est la stabilité budgétaire à long terme”.

Des propos d’un type nouveau dans la bouche de Bernanke, alors le statut du dollar comme monnaie de réserve et d’échanges avait été remis en cause à plusieurs reprises par divers pays comme la Chine et la Russie.

Rappelons toutefois que suite à la mise en place de mesures de relance publiques mises en place par le gouvernement américain en vue de tenter de sortir de la crise, le déficit budgétaire des Etats-Unis touche les abysses. Il devrait ainsi rester au-dessus des 10% du PIB jusqu’en 2012. Pour ne représenter “que” 4 ou 5% du PIB en 2013.

Dans ses dernières prévisions budgétaires publiées fin août, la Maison-Blanche a revu en hausse de 2.000 milliards de dollars son estimation du déficit budgétaire cumulé pour la période 2010-2019, à 9.000 milliards de dollars… Une paille…

Le blog finance

Aujourd’hui la dette, demain l’impôt

De concert avec les autres pays du G20, la France a décidé d’utiliser l’arme budgétaire afin d’amortir les effets de la récession. Le déficit de l’État, des collectivités locales et de la Sécurité sociale devrait dépasser 8 % du produit intérieur brut (PIB) cette année comme l’an prochain, et la dette publique devrait ainsi atteindre 84 % du PIB fin 2010. Les 3 % de déficit et les 60 % de dette publique fixés par les normes européennes semblent donc bien loin.

Selon la formule du ministre de la relance, Patrick Devedjian, « quand il y a le feu à la maison, on ne regarde pas la facture d’eau » mais quand la situation se rétablira, la question du déficit se posera à nouveau. Certes, les rentrées budgétaires seront alors meilleures. Cependant la récession risque de laisser des traces pendant un moment sur la capacité à créer des richesses : une croissance molle est annoncée pour les prochaines années. Lire la suite

(02.10.2009)

  • Nouvelle hausse du chômage dans la zone euro en août

Le taux de chômage dans la zone euro a encore augmenté en août pour atteindre 9,6%, son plus haut niveau depuis mars 1999, montrent les statistiques officielles. C’est un niveau conforme à ce qu’attendaient les économistes. Le taux de chômage du mois de juillet a été confirmé à 9,5%. Le chômage dans l’ensemble de l’Union européenne a atteint parallèlement un plus haut depuis mars 2004, à 9,1%, après 9,0% en juillet. Pour la France, Eurostat fait état d’un taux de chômage de 9,9% en août contre 9,7% le mois précédent. Au sein de l’Union, c’est en Espagne que le taux de chômage est le plus élevé, à 18,9%, devant la Lettonie (18,3%).
Reuters

  • Les Américains super-riches s’appauvrissent

Les 400 plus grandes fortunes des Etats-Unis ont perdu 300 milliards de dollars (205 milliards d’euros) au cours des 12 derniers mois, pour passer de 1.570 milliards à 1.270 milliards de dollars, selon le classement Forbes, un instantané au 10 septembre 2009. Warren Buffet, la seconde fortune américaine, a perdu 10 milliards de dollars à cause de la chute des actions de Berkshire Hathaway, qui ont perdu 20 % de leur valeur en 12 mois. Il pèse maintenant 40 milliards de dollars. Le numéro un, Bill Gates, co-fondateur de Microsoft, a perdu 7 milliards de dollars (4,8 milliards d’euros) en 12 mois. Les dix plus grandes fortunes américaines ont perdu au total 39,2 milliards de dollars au cours des 12 derniers mois, c’est-à-dire 14 % de leur valeur. Le Figaro

  • Le PIB britannique a reculé de 0,6% au deuxième trimestre

La contraction de l’économie britannique a finalement été légèrement moindre qu’estimé précédemment au deuxième trimestre, grâce à une amélioration plus nette que prévu de l’activité dans le secteur de la construction, montrent les chiffres définitifs publiés ce mardi par l’Office national de la statistique (ONS). Le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,6% d’un trimestre sur l’autre, contre un recul de 0,7% dans la précédente estimation. En rythme annuel, la contraction du PIB est confirmée à 5,5%, ce qui constitue une baisse d’activité sans précédent au Royaume-Uni. La contraction du PIB au premier trimestre a aussi été révisée. Elle a finalement été de 2,5% contre 2,4% annoncé précédemment, en raison d’une dégradation plus forte qu’estimé dans le secteur des services. La Tribune

  • Contraction de 0,7% de l’économie américaine au 2e trimestre

La légère baisse du PIB sur la période avril-juin fait suite à la chute de 6,4% en rythme annuel enregistrée au premier trimestre de cette année, la pire dégringolade depuis près de 30 ans aux Etats-Unis. Au quatrième trimestre de 2008, l’économie américaine se contractait de 5,4%. Le chiffre publié mercredi est à comparer au taux de 1,1% anticipé par les économistes. Cette estimation finale du PIB du deuxième trimestre a été rendue public le dernier jour du troisième trimestre, qui devrait être, selon les analystes, celui d’un rebond de l’économie américaine. Le recul du PIB entre avril et juin marquait le quatrième trimestre consécutif de baisse, une première dans les statistiques économiques américaines qui remontent à 1947. Associated Press (via Yahoo)

“Le G-20 manipulé”

Selon le journaliste et économiste français Jean-Michel Quatrepoint, le G-20, dont les principaux protagonistes vantent actuellement le succès, à l’issue de sa dernière réunion à Pittsburgh (Etats-Unis) les 24 et 25 semptembre 2009, est, en réalité, impuissant ; les banques s’enrichissant déjà sur le dos des Etats qui les ont sauvées.

Voici le texte de l’entretien décapant qu’il a accordé au journal suisse Le Matin.

Auteur de «La crise globale» (Ed. des Mille et une Nuits, 2008), et de «La dernière bulle», qui vient de paraître (chez le même éditeur), l’économiste français Jean-Michel Quatrepoint déplore que le sommet du G-20 à Pittsburgh se tienne sur fond de fausse reprise, purement financière.

Jean-Michel Quatrepoint, vous dénoncez les lobbies financiers américains qui auraient organisé une fausse reprise. De quelle façon ?

Après la faillite de Lehman Brothers il y a un an, la Fed (Réserve fédérale américaine, ndlr) et les banques centrales européennes ont «fait l’hélicoptère». Rien qu’aux Etats-Unis, la Fed a arrosé le marché financier de 5 000 milliards de dollars pour éviter une panique. Les grandes banques commerciales reçoivent donc de l’argent à taux zéro, qu’elles reprêtent, uniquement aux bons risques, à des taux qui vont de 4% à 25%. Lire la suite

La crise imposera des ajustements douloureux… pour certains

La crise implique une perte irréversible de PIB (Produit Intérieur Brut) dans les pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques).

En effet, elle voit disparaître la partie de la demande intérieure qui était financée par la hausse de l’endettement.

Autrement dit, avant la crise, le PIB était dopé par le crédit, et cette partie du PIB disparaît.

La crise est alors particulièrement sévère, parce qu’elle implique la baisse de tout ce qui était proportionné au niveau antérieur de PIB : du côté des entreprises, les capacités de production et l’emploi ; du côté des États, les dépenses publiques.

L’ajustement (rétrécissement) des entreprises étant beaucoup plus rapide que celui des États, la situation des finances publiques se dégrade fortement.

Par ailleurs, si l’exigence de rentabilité du capital, dans les pays de l’OCDE, reste la même que ce qu’elle était avant la crise, le freinage durable de la croissance imposera aux entreprises, pour maintenir les revenus des actionnaires, de comprimer fortement les coûts salariaux, comme on l’a vu au Japon et en Allemagne depuis 10 ans.

L’arrêt de la hausse des taux d’endettement conduirait donc, en raison de son effet négatif sur la croissance, à une inégalité croissante du partage des revenus, au détriment des salariés, avec les conséquences sociales prévisibles.

Sauf si l’exigence des actionnaires des entreprises diminuait, en ce qui concerne la rentabilité du capital.

Il est permis de rêver…

Source NATIXIS: document 1, document 2

Le FMI conseille de dévoiler les risques pris

Le Fonds monétaire international a conseillé mardi aux États de rendre publics les risques financiers qu’ils ont pris pour venir en aide au système financier, ainsi qu’une stratégie pour réduire peu à peu ce risque.

Pour le FMI, “les mesures pour soutenir le système financier ont eu des conséquences limitées sur les déficits budgétaires jusqu’ici. Mais les bilans souverains (la somme des obligations des États et d’autres institutions publiques, ndlr) ont gonflé et l’exposition au risque s’est considérablement accrue“. Sont concernés non seulement le budget des États, mais aussi les banques centrales et d’autres instruments d’intervention comme les fonds souverains, dont les actions engagent aussi “la qualité perçue de l’emprunteur public“, a rappelé le FMI.

Les États des 30 économies les plus développées ont en moyenne engagé l’équivalent de 7,4% de leur produit intérieur brut dans ce type de mesures depuis début 2008. Et les actifs détenus par leur banque centrale représentent 4,2% du PIB.

En d’autres termes, le FMI conseille aux États de publier des chiffres plus extensifs que ceux de la dette publique traditionnelle. Ils devraient prendre en compte le coût possible des mesures exceptionnelles contre la crise financière: garanties publiques au profit du privé, recapitalisation d’entreprises, achats et échanges d’actifs financiers et facilités nouvelles pour fournir de liquidités.
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