Il ne fait pas bon être vieux en Lituanie

Gravement touché par la crise économique, aucun autre pays – à l’exception de l’Irlande – n’a adopté de mesures d’économie plus strictes que la Lituanie. Si ce plan de rigueur n’a pas encore suscité autant d’agitation dans l’opinion publique qu’en Grèce ou en Espagne, son impact sur les Lituaniens sur les plans social et individuel est considérable.

Si les dirigeants de ce monde, largement endetté, se demandent à quoi ressemble la véritable austérité, la réponse est probablement à chercher du côté de cette république de 3,3 millions d’habitants.

Confronté à des déficits croissants menaçant le pays de faillite, cet État balte a réduit ses dépenses publiques de 30%, avec des coupes claires de 20% à 30% dans les salaires des fonctionnaires et une réduction de 11% des pensions de retraite. Même le Premier ministre, Andrius Kubilius, a vu son salaire réduit de 45%.

Et ce n’est pas tout. Dans le même temps, le gouvernement lituanien a augmenté les taxes sur toute une série de biens, notamment l’alcool et les produits pharmaceutiques. Les impôts sur les bénéfices des entreprises sont passés de 15% à 20% et la TVA de 18% à 21%. Le résultat sur les finances publiques s’est traduit par une économie équivalant à 9% du PIB, ce qui représente le deuxième plus grand rééquilibrage budgétaire d’un pays développé – après l’Estonie – depuis le début de la crise du crédit.

Les retraités à la soupe populaire
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Le Portugal prochaine cible des marchés

La fragilité économique et politique du Portugal fait craindre que le pays soit la prochaine cible des marchés.

Cristiano Ronaldo, l’un des footballeurs les plus riches de la planète, “a la certitude que son argent sera en sécurité au Banco Espirito Santo.” Sur les publicités de BES, la principale banque portugaise, l’image de la star s’affiche comme un contre-pied à l’offensive des marchés sur la crédibilité financière du pays. “Ceux qui parient sur la banqueroute du Portugal vont perdre beaucoup,” a déclaré le président de la République, Anibal Cavaco Silva, en réponse aux pressions exercées sur la dette portugaise.

Le Portugal connaîtrait une situation comparable à celle de l’Argentine en 2001, selon un article de deux économistes américains publié le 15 avril dans le New York Times. Après la Grèce, le Portugal ? Il n’en fallait pas plus pour que les spéculateurs internationaux cherchent à vérifier ce sombre pronostic.

Les marchés sont nerveux et surréagissent aux titres de presse alors que les fondamentaux n’ont pas changé, minimise Carlos Andrade, chef économiste du groupe BES. Le pays n’a pas de problème de liquidités. Depuis le début de l’année, il est allé plusieurs fois sur le marché sans difficulté, il n’y a pas de raison pour que les primes de risque augmentent.
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Guerre des monnaies – Dollar contre Yuan – deuxième round

Par André Serra

Il y a incontestablement une “guerre des monnaies” dans le monde depuis le début de la crise, je qualifierais ce qui s’est passé jusqu’ici de premier round, pendant lequel des initiatives ont été lancées par différents pays pour démontrer, sous plusieurs motifs, la nécessité de remplacer le dollar dans son rôle actuel de monnaie internationale de paiement et de réserve, par une monnaie planétaire nouvelle qui serait, celle-ci, indépendante de tout État national particulier.

Après un rappel de ces initiatives en cours, je décrirai le second round, qui vient à peine de commencer.

1er round :

Le lundi 19 novembre 2007, à Singapour, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a montré qu’il était de plus en plus difficile de gérer les 1430 milliards de dollars (970 milliards d’euros) de réserves de change de la Chine, à cause de la devise américaine (réserves se montant à 2600 milliards de dollars en avril 2010). “Nous n’avons jamais connu une pression aussi forte”, a-t-il déclaré, selon l’agence Reuters. “Nous sommes inquiets sur la manière de préserver la valeur de nos réserves”, a-t-il ajouté. La devise étasunienne avait perdu 5% contre le yuan depuis janvier 2007, et malgré toutes les promesses de Washington, il continuait, jour après jour, de perdre des plumes. C’était alors le tout début de la crise des subprimes, qui devait exploser quelques mois plus tard.

Dès cette époque, la Chine se mit à plaider dans chaque forum qu’il était grand temps de remplacer le dollar comme monnaie de paiement et de réserve. Rapidement, cette information fit le tour du monde et tous les ministres des Finances de la planète commencèrent à plancher sur le sujet.

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La dette publique menace de relancer la crise financière mondiale, selon le FMI

Le Fonds monétaire international a prévenu mardi que la crise financière mondiale pourrait entrer “dans une nouvelle phase,” nourrie par un gonflement de la dette des États qui risque de raréfier le crédit nécessaire à la croissance.

L’attention s’est tournée vers les risques liés aux dettes des États qui pourraient saper les progrès dans la stabilité et faire entrer la crise du crédit dans une nouvelle phase,” a affirmé le FMI dans son rapport semestriel sur la stabilité financière dans le monde.

Dans cette nouvelle phase, si les États continuent d’emprunter des montants aussi élevés pour combler leurs déficits, les fonds disponibles pour le reste de l’économie seront limités.

La demande croissante du secteur public risque d’évincer le secteur privé du crédit,” et “une hausse des primes de risque pour les États pourrait faire monter les coûts des emprunts pour le secteur privé,” a expliqué le Fonds.

Le FMI n’a pas chiffré cette hausse, mais a souligné que les premières victimes en seraient “les PME et les emprunteurs les moins fiables.

Des économistes du Fonds ont déjà estimé, dans une note de recherche publiée en novembre, qu’une augmentation permanente de 0,5 point de pourcentage du déficit public par rapport au PIB aux États-Unis pourrait réduire à moyen terme l’activité de 0,2% dans le monde chaque année.

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Il n’y a pas qu’en Grèce que ça grince

Par Eberhard Hamer

Depuis huit semaines, la crise de l’Etat grec domine la discussion publique avec l’ar­rière-pensée que celle-ci risque d’entraîner une crise de l’euro. Les deux sont exagérés.

Le produit social brut de la Grèce n’est pas plus élevé que celui du Land de Basse-Saxe, elle est donc marginale pour l’espace euro. Et la Grèce ne mettra en danger l’euro que si les eurocrates ne laissent pas la Grèce s’assainir elle-même et se précipitent au secours de la Grèce en toute hâte et avec trop de zèle. Dans ce cas, la Grèce deviendrait un modèle pour d’autres pays faibles, tels l’Espagne, le Portugal, la Lettonie, l’Italie et la France et constituerait en fait un danger substantiel pour l’euro.

Ce n’est pas par hasard que les USA crient que la Grèce représente une menace pour l’euro. Cela pourrait être une manœuvre de diversion pour que les investisseurs de fonds du monde entier cessent de fuir le dollar, qui est en déclin, pour aller vers l’euro parce que celui-ci leur semble plus stable.

Le cas de la Grèce représente quand même un tournant pour l’Europe : l’excès d’argent qui est parti des Etats-Unis par le raz-de-marée financier de la FED et l’augmentation de placements toxiques, auraient dû entraîner l’effondrement des banques fautives, mais l’agent principal Paulson, ancien directeur de banque et ministre des finances américain, a provoqué la crise des fi­nances d’Etat en injectant aux banques la plus grande somme de tous les temps.

Tout ceci est dissimulé et caché actuellement, rien que parce que la FED submerge le marché d’argent bon marché à 1% et maintient ainsi la liquidité des banques et des Etats risquant la faillite.

La soi-disant solution de la crise des fi­nances privées, ressemble à la tentative de guérir un toxicomane en lui fournissant sans limite de la drogue.

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La Dette Noire

Par Bill Bonner

Henry Paulson. Marco Draghi. Ces noms vous disent-ils quelque chose ? Ils devraient. Parce qu’à eux deux, ils vont vous coûter beaucoup d’argent. Dont une bonne partie de ce que vous espériez garder pour votre retraite. Comment est-ce possible ?

Commençons par Henry Paulson. Vous savez sans doute qu’il était Secrétaire au Trésor US du 3 juillet 2006 au 20 janvier 2009. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est qu’il a également été président de Goldman Sachs entre 1999 et 2006.

Pratique, non ? Pendant qu’il était à la tête de Goldman, il a contribué à créer la bulle de dette hypothécaire subprime. Excellent pour les affaires de Goldman. Au plus haut de la bulle, en 2005, les employés de Goldman Sachs ont gagné en moyenne 521 000 $ par an — secrétaires comprises — soit 58 fois le salaire minimum européen. Paulson lui-même a gagné 38 millions de dollars cette année-là. Puis la dette des subprime a explosé… causant une réaction en chaîne dans le monde de la finance, qui a effacé l’équivalent de 30 000 milliards de dollars d’actifs.

Mais chez Goldman Sachs, on s’en est sorti comme… eh bien, comme des bandits. Tout en vendant de la dette subprime à ses clients — dont des hôpitaux, des universités et des fonds de pension — Goldman a utilisé son propre argent pour parier contre cette dette. Autant vendre une voiture pleine de défauts dangereux à une vieille dame… pour ensuite prendre une assurance-vie dessus.

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La dette, ligne de mire des présidentielles de 2012

Les élections présidentielles de 2012 auront pour principal enjeu la réduction de la dette. La campagne électorale s’annonce intéressante et le vainqueur sera obligé de prendre en compte ce paramètre pour mettre en place son programme.

La campagne présidentielle de 2012 risque d’être – enfin – une campagne sérieuse, parce que le scénario-catastrophe vers lequel nous semblons évoluer obligera enfin les différents candidats à s’en tenir aux problèmes de fond soigneusement esquivés en 2007 et en 2002.

Avec une croissance prévue de 0,8 % en 2010, la France ne voit toujours pas son économie redémarrer ; et, pour 2011, l’OFCE prévoit un maigre 1,5 %.

L’OFCE révèle que la croissance réellement perdue est de 7 % étalés jusqu’en 2020, soit 140 milliards d’euros de PIB, dont 75 de pertes de recettes pour le budget de l’Etat et des régimes de Sécurité Sociale, auxquels il faut ajouter les déficits cumulés actuels ; sur la base du scénario le plus optimiste et le moins probable, celui d’une croissance annuelle de 2,5 % et d’une baisse du chômage de 1% par an, la France mettrait 10 ans à sortir de la récession mondiale.

Forte dégradation des comptes publics et des comptes sociaux, montée de l’endettement, croissance insuffisante, mécontentement social : tel est le contexte dans lequel Sarkozy risque de devoir se battre pour sa réélection… Mais il empêchera aussi l’opposition de mettre en avant un contre-projet économique et social irresponsable, sous peine d’être à nouveau battue faute de crédibilité : le « demain, on rasera gratis » ne marchera pas.
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L’évasion fiscale des géants du Net, symptôme d’un échec franco-allemand

La Tribune publiait, la semaine dernière, un article sur l’évasion fiscale des géants de l’e-commerce, dont on peut retrouver un extrait ici. Les chiffres sont sans appel. Amazon déclare 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires au Luxembourg et… 25 petits millions en France. Google ne déclare que 40 millions pour 800 millions. Ebay aurait payé 33 euros d’impôts sur les sociétés en 2008, Amazon rien.

Cela montre une distorsion de concurrence très nette, entre ces géants américains basés au Luxembourg, en Irlande ou autres pays «low-taxes» de l’UE, et les opérateurs français, la FNAC en tête (concurrent direct d’Amazon). Plus, cela représente un manque à gagner de 400 millions d’euros pour l’Etat français et devrait représenter 1 milliard d’euros en 2014.

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Pour l’OCDE, la crise est loin d’être finie

Croissance modérée en vue dans la zone euro, de nombreux risques demeurent. Selon  une étude de l’assureur crédit Euler Hermes, et le dernier rapport de la BCE, l’horizon ne semble pas s’éclaircir pour les pays de l’OCDE.

L’heure est au bilan. Alors que chacun y va de son petit mot sur la fin de la crise, l’assureur crédit Euler Hermes dresse un premier tableau de la crise dans les pays de l’OCDE et les pays émergents. Les pays riches ont de quoi s’inquiéter.

Si l’assureur assure que la reprise de l’économie mondiale est présente, il n’oublie pas de préciser qu’elle n’est pas homogène selon les pays.

Au regard des chiffres de la production industrielle mondiale (+5,6%) et du commerce international (+7,4%) sur les six derniers mois, il ne fait pas de doute que le rebond de l’économie est bel et bien là. « Le quatrième trimestre 2009 a confirmé le rebond de la croissance des pays développés, leur PIB agrégé s’inscrivant en hausse de 0,8%, » commente Karine Berger, directrice marchés et marketing et chef économiste chez Euler Hermes.

Reste que cette reprise cache des disparités géographiques notables. A commencer par la zone Pacifique, « là où tout se passe, » selon Karine Berger. L’Asie a largement dépassé ses niveaux d’avant crise, avec des bonds de production de 15,9% et des échanges commerciaux en hausse de 1,9%. A l’inverse, dans les pays avancés, la production a chuté de 10,8% et le commerce de 13%. Au total, l’OCDE a perdu près de cinq points dans la production industrielle mondiale en dix ans. « Pour la première fois, les pays avancés fournissent moins de 50% de la production mondiale, » explique Karine Berger.

Une situation qui a eu des répercussions sociales, avec une perte de dix millions d’emplois et  des répercussions financières, avec un quasi doublement du déficit public dans l’OCDE par rapport à 2008, à 1150 milliards d’euros.
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USA : le déficit américain moins mauvais que si c’était pire

Ah ! que Coluche aurait été content d’annoncer une si bonne nouvelle !

En effet, l’adepte du “c’est pas plus mal que si c’était pire” aurait été heureux de nous faire partager l’information : si les Etats-Unis ont enregistré un déficit budgétaire de 65,39 milliards de dollars en mars, certains trouvent tout de même le moyen de se féciliter du fait que ce montant s’avère en forte baisse par rapport aux mois précédents… mais tout de même supérieur aux estimations des analystes !

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La mort du Président polonais : le symbole d’un échec des USA

Par Michel Drac

Lech Kaczynski et George W. Bush en 2007, à l'époque des négociations sur l'implantation du système anti-missiles américain en Pologne (dirigé contre la Russie)

Le président polonais, Lech Kaczynski, vient de décéder dans un accident d’avion, près de Smolensk. Il se rendait à Katyn, où il devait assister, avec Vladimir Poutine et le Premier Ministre polonais Donald Tusk, à la commémoration du 70ème anniversaire du massacre commis par le NKVD en ce lieu.

Pour l’instant, on n’y voit qu’un accident. Demain, sans doute, on cherchera à pointer du doigt la responsabilité de tel ou tel service secret. Pour ma part, j’y vois surtout un symbole.

Lech Kaczynski était un agent américain.

Il est difficile de dire si c’était un agent rémunéré, encadré, cornaqué par la CIA, ou tout simplement un politicien polonais qui, comme n’importe quel politicien dans n’importe quel pays, avait besoin d’appuis extérieurs pour s’imposer en interne.

Mais en tout cas, c’était un agent américain. A ce titre, il avait reçu, c’est évident, un cahier des charges de son employeur et/ou protecteur. Ce cahier des charges n’est pas connu dans les détails, bien sûr, mais ses grandes lignes se laissaient facilement dessiner : il suffisait d’observer les prises de position de Kaczynski pour savoir ce que ses amis étatsuniens attendaient de lui.

Et ce qu’ils attendaient de lui, c’était tout simplement de faire, de la Pologne, un obstacle sur la route qui va de Moscou à Berlin.

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Allemagne / Royaume-Uni : des perspectives très différentes pour deux pays particulièrement touchés par la crise

L’Allemagne et l’Angleterre, deux poids lourds de l’Europe, ont tout deux souffert très fortement de la crise économique et financière mondiale de ces deux dernières années. La progression récente des indices d’actions ne reflète cependant pas les très grandes différences structurelles existant entre les deux pays et plutôt favorables à l’Allemagne.

Gordon Brown et Angela Merkel

Ce n’est pas nouveau : si, sur le très long terme, la performance d’un indice boursier national reste représentatif du potentiel de croissance du pays auquel il se rapporte, cette relation entre performance financière et réalité économique ne se vérifie pas forcément à court terme. Et l’exemple de l’Angleterre et de l’Allemagne est parlant. Depuis 18 mois, le FTSE, l’indice phare de la Bourse de Londres, progresse de 20,8 %, alors que le DAX 30, représentatif du marché allemand, ne progresse que de 11,1 %.

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Etats-Unis : la dette crée-t-elle de la croissance ?

Par Eberhardt Unger (économiste allemand indépendant)

Les nouvelles données fournies par la statistique Z1 du rapport “Flow of Funds” du Trésor américain montrent des perspectives qui pourraient horrifier même le plus optimiste des économistes.

Evolution du ratio : croissance du PIB / accroissement de la dette (source : caseyresearch.com)

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Implosion occidentale et croissance chinoise

Une tribune libre de Michel Drac

La plupart des Occidentaux sont encore aujourd’hui convaincus que les USA possèdent une économie infiniment plus puissante, performante et créatrice de richesses que l’économie chinoise.

Il est fréquent qu’on vous oppose, quand vous évoquez la montée en puissance de la Chine, le ratio qui existe entre le PIB US au taux de change courant (14 400 milliards de dollars en 2008) et son équivalent chinois (4 300 milliards pour la même année), soit à peu près le chiffre magique de 3.

Voyons, comment pouvez-vous évoquer une situation de quasi-parité entre Chine et USA en termes de puissance économique, alors que le PIB des USA est trois fois plus gros que celui de la Chine ? Et comment pouvez-vous dire que le système US n’est pas forcément plus performant que le système chinois, alors que les USA, quatre fois moins peuplés que la Chine, ont un PIB trois fois plus important ? Voyons, le PIB par habitant des USA est 13 fois plus élevé que celui de la Chine !

Pour mesurer à quel point ce type d’interrogation est en soi révélateur de la confusion carte/territoire qui constitue, dans l’actuelle phase de paraphrénie collective, l’essence du mode de pensée de nos contemporains occidentaux, il faut ici rappeler quelques évidences.

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Irlande cherche reprise désespérément

De plan d’austérité en plan d’austérité, l’ex-Tigre celtique attend toujours la reprise. En vain.

120.000 manifestants à Dublin contre le traitement de la crise par le gouvernement irlandais, en février 2009 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

L’économie irlandaise reste depuis deux ans enfoncée dans la récession. Le PIB du pays a encore reculé au quatrième trimestre 2009, de -2,3% par rapport au trimestre précédent et de 5,1% sur un an. Au final, l’activité s’est contractée de 7,1% l’an passé. Le taux de chômage touche désormais 13,4% de la population active. En tout, le nombre de chômeurs a grimpé de 17,9% sur les douze derniers mois. L’ex-Tigre celtique reste l’un des Etats les plus mal en point du Vieux Continent.

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L’Europe n’échappera pas à des réformes impopulaires, déclare Van Rompuy

La survie du modèle économique et social européen passera par des “mesures impopulaires” alors que le “populisme régnant” rend difficile l’adoption de telles mesures, a estimé le président de l’Union européenne Herman Van Rompuy dans un entretien à quatre journaux.

Le modèle européen ne peut survivre sans une croissance économique plus forte et l’Europe ne peut jouer un rôle dans le monde sans plus de robustesse économique”, déclare Herman Van Rompuy dans El Pais.

Or “le grand danger, c’est le populisme régnant et, par conséquence, le manque d’engagement européen. Le populisme rend difficile l’adoption des mesures nécessaires pour l’avenir de l’Europe. Quand je vois l’agenda économique, les défis budgétaires… je vois que nous serons obligés de prendre des mesures impopulaires dans les prochaines années”, ajoute-t-il.

En tant que Belge, je suis bien placé pour en parler.

Le populisme va à l’encontre du courage politique. Quand j’étais ministre du budget, on a pris des mesures d’économie très dures. Après quatre ans, on est sorti vainqueur de cette phase. Il faut à un moment donné aller à l’encontre de certaines tendances”, précise-t-il dans Le Monde.

On ne pourra pas échapper à des réformes impopulaires dans les prochaines années”, poursuit Herman Van Rompuy, sans préciser lesquelles.

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La dette de l’Europe de l’Est ne sera pas remboursée

« La dette publique en Grèce n’est que la première d’une série de bombes européennes de la dette qui vont exploser, » avertit l’économiste Michael Hudson. Nombre de pays de l’Europe de l’est, à commencer par la Lettonie, très durement touchée par la crise, seront incapables de rembourser les prêts libellés en euros qui ont été accordés durant la période d’euphorie financière, prévient-il.

Les gouvernements devront bientôt choisir entre ruiner leurs économies et saigner à quatre veines leurs peuples pour rembourser ou bien renégocier la dette et la convertir en devises locales, provoquant ainsi des pertes dans le système bancaire européen. Le combat entre créanciers et débiteurs promet d’être acharné, à l’image de celui qui se déroule aujourd’hui entre la Grande Bretagne et l’Islande, mais l’issue ne faire guère de doute, selon lui. Entre la défense des intérêts de leurs mandants promis au servage de la dette, et ceux des banques étrangères, les gouvernements devront se déterminer et vont choisir, comme l’ont fait les islandais qui refusent de régler les dettes des banques privées. — L’accent mis aujourd’hui sur l’endettement « insoutenable » des États et la « rigueur draconienne » qui devrait s’en suivre fait l’impasse sur le fond du problème : l’accumulation folle de dette privée – et ce, dans tout l’occident, bien au-delà du cas spécifique de l’immobilier subprime américain. Sans dépenses et interventions publiques vigoureuses, nos sociétés menaçaient de sombrer. Aujourd’hui où le privé s’est un peu rasséréné, et que les banques savent qu’elles seront absoutes, quelle qu’ait été leur irresponsabilité, le poids écrasant de la dette privée entassée au-delà de toute possibilité vraisemblable de remboursement n’en a pas fini pour autant de peser sur le réel. Dans des sociétés fragilisées, où les perspectives d’activité peinent à reprendre des couleurs, le service de ces dettes – anciennes, du privé, et nouvelles, des États – va exercer une pression de plus en plus débilitante sur les revenus et les dépenses, sur l’activité, l’emploi et les conditions de vie. Le remboursement au prix fort d’emprunts sur des biens aujourd’hui dévalués ou en voie de l’être, la ponction sur la richesse nationale exigée des États, sont les formes d’un « esclavage moderne, » au seul bénéfice de créanciers dont le pouvoir, la superbe et l’arrogance n’ont d’autre origine qu’une dangereuse irresponsabilité, permise par la complaisance d’autorités et d’experts ayant abdiqué devant l’apparente toute puissance de l’argent. Mais aujourd’hui, lorsque la BRI évoque dans sa dernière étude un service de la dette qui pourrait dépasser les 10% du PIB, il convient de tirer les conclusions.

Le papier des contrats, la finance prédatrice, les dettes odieuses, seraient-elles donc plus sacrées que les vies, la santé des économies et le bien être des sociétés ? Faute d’un allègement de la dette sous forme de réduction des créances, du recours à la monétisation et à l’inflation, à des impositions exceptionnelles sur les actifs spéculatifs, accompagnés par une réduction de la mobilité des capitaux et un contrôle renforcé sur le secteur bancaire, nombre de pays occidentaux risquent de s’enfoncer dans le marasme et la misère sociale – et pour longtemps – au moment même où les émergents accélèrent leur course.

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Les trois limites de la dette publique

Notre dette publique a atteint 1.489 milliards d’euros fin 2009, soit 17 points de plus que les 60% du PIB des critères de Maastricht. « Quand les bornes sont dépassées, il n’y a plus de limites », aurait dit Alphonse Allais.

S’agissant de la dette, on peut cependant identifier encore trois limites devant nous :

- la limite de l’efficacité, au-delà de laquelle la dette publique pèse sur la croissance ;

- la limite de solvabilité, au-delà de laquelle un pays ne peut plus payer les intérêts de sa dette ;

- la limite de soutenabilité, au-delà de laquelle la dette est jugée tellement injuste par les jeunes générations, qu’elle entraîne une rupture du pacte social.

La limite d’efficacité est difficile à estimer. Certes, les pays qui ont le plus de dette ont le moins de croissance. Mais les raisons de ce lien peuvent être multiples : c’est le ralentissement de la croissance japonaise qui a entraîné l’augmentation de sa dette publique, et non l’inverse.

Il est clair qu’un fort besoin de financement public va réduire les financements disponibles pour le privé et réduire l’efficacité publique, en rendant impossibles des dépenses d’avenir même très rentables. Mais ces effets sont difficilement quantifiables.

La limite de solvabilité dépend du niveau de la dette et des taux d’intérêt. Le Japon avec une dette de 200 % du PIB, mais un taux de 1,5%, aura le même niveau de charges d’intérêt que la France avec 80% de dette. Voila comment le Japon pourra soutenir, tant que ses taux restent bas, une dette plus élevée que la Grèce.

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Comment éviter une catastrophe chinoise ?

Par Michel Santi

Le modèle de croissance chinois construit sur du crédit outrancier a vécu. Les autorités chinoises ont aujourd’hui la hantise d’un ralentissement brutal de leur économie, qui ne sera atténué que par la grâce d’un (très lourd) endettement d’entreprises et de collectivités territoriales, détenu par des intérêts chinois.

Le naguère miracle chinois tourne aujourd’hui à la calamité, car le crédit produit de moins en moins de croissance.

Ainsi, alors que 1,5 Renminbi de crédit résultait en 1 Renminbi de croissance en 2000, ce rapport est actuellement à 6 contre 1 !

Alors qu’il a été de bon ton de dénoncer la propension plus qu’excessive au crédit des consommateurs américains, l’effondrement spectaculaire de la productivité (ou de l’efficience) du crédit en Chine atteint des proportions inégalées et ouvre des perspectives effrayantes.

Permettant et stimulant la spéculation sur les terrains et sur l’immobilier haut de gamme, ainsi que la surproduction de marchandises destinées à être stockées, les crédits consentis par les banques chinoises atteignent 130% du P.I.B. du pays !

Sur la seule année 2009, les montants prêtés par les établissements financiers chinois ont ainsi été équivalents à 40% du P.I.B. de leur pays et, à cet égard, les collectivités locales et régionales se retrouvent – du fait d’un endettement de l’ordre de 11.000 milliards de Renminbi, ou 1.600 milliards de dollars – en pleine tourmente.

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35 ans de difficultés économiques et sociales… qui n’auraient pas dû avoir lieu

Tribune libre de Paysan Savoyard

Posons cette question simple : dans quelle situation, du point de vue économique et social, la majorité de la population française se trouve-t-elle et comment cette situation a-t-elle évolué ces dernières années ?

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On peut répondre rapidement de la façon suivante : la condition de la grande majorité de la population française s’est fortement améliorée au cours des « trente glorieuses. » Puis, à partir du milieu des années 70 (période au cours de la laquelle se produit une crise économique brutale), la position d’une partie significative de la population a cessé de se bonifier et a même commencé à se dégrader : le chômage massif s’installe ; le partage de la valeur ajoutée devient moins favorable aux salaires ; l’imposition se concentre sur la classe moyenne ; les premiers durcissements du système de protection sociale interviennent.

Ce processus de dégradation est jusqu’à présent resté limité. La catégorie la plus nombreuse, celle des salariés, a pu même bénéficier, encore récemment, de différentes améliorations : 5e semaine (1982) ; retraite à 60 ans (1982) ; 35 heures (2000), cette dernière mesure ayant constitué une réforme très favorable pour une partie des salariés, notamment les fonctionnaires et les cadres. Un durcissement du régime de retraite est intervenu (en 1993 pour le secteur privé, en 2003 pour la fonction publique) mais il est jusqu’ici resté modéré. Quant au chômage, il est certes demeuré massif, mais son impact a été amorti par les nombreux dispositifs de « traitement social. »

Cependant le sentiment dominant au sein de la société française est que la période favorable inaugurée dans les années 50 à désormais définitivement pris fin ; que la situation va maintenant se dégrader de façon continue et sérieuse ; et que la position des jeunes générations devrait être significativement moins bonne que celle qu’ont pu connaître les classes d’âge précédentes.

De façon plus précise, les Français pensent, probablement dans leur majorité, que le chômage massif va persister durablement ; que le niveau des retraites va se dégrader, tandis que la durée de cotisation nécessaire pour percevoir une pension va augmenter ; que le niveau de la protection sociale va se réduire et que notamment les dépenses de santé seront moins remboursées ; que les impôts et cotisations ne cesseront de croître ; que le niveau moyen des salaires augmentera peu et moins peut-être que le coût de la vie.
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Une restructuration de la dette grecque est inévitable

Evans-Pritchard a sollicité l’avis de Carmen Reinhart, une économiste qui a travaillé auprès du FMI, et a récemment publié en collaboration avec Kenneth Rogoff un ouvrage remarqué sur les conséquences des crises financières.

Pour elle, il ne fait aucun doute que la dette grecque ne doive être restructurée. Comme c’est le cas en Irlande, les politiques d’austérité vont enfoncer le pays dans la récession, et la désinflation compétitive va renchérir le coût du service de la dette. Mais si l’Irlande peut encore espérer s’en sortir grâce aux exportations, la Grèce, elle, est prise dans le piège d’une spirale de l’endettement et de la hausse des taux d’intérêts. L’annonce du « plan » européen, qui semble avoir fait illusion auprès de nombreux commentateurs, est vide d’engagements concrets – garanties des émissions, soutien de la BCE, levée de fonds européens – qui auraient mis un terme à l’élargissement des « spreads », le surcoût de l’emprunt supporté par Athènes.

A terme, les banques françaises et allemandes, qui détiennent 120 milliards d’obligations souveraines grecques, vont devoir renégocier la dette, comme cela avait été le cas pour l’Uruguay, prévoit Reinhart.

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L’interventionnisme des Etats dans l’économie : éclairage sur les aides d’Etat et impact sur les monnaies

Interview audio (avril 2010) de Pascal Roussel, analyste au sein du Département des Risques Financiers de la Banque Européenne d’Investissement, qui s’exprime ici en son nom propre.

  • Certaines grandes personnalités des milieux économiques se montrent à nouveau optimistes quant à l’évolution de l’économie mondiale. Comment peut-on lire cette indication ?
  • De même, l’évolution des économies nationales a de facto un impact sur les équilibres monétaires. Comment ceux-ci évolueront-ils durant la crise ?

Cliquez sur le lien pour accéder à l’interview audio :

Les Editions Romaines

Prévisions alarmantes sur la dette des États

Le vieillissement de la population et le déséquilibre entre actifs et retraités vont creuser les déficits.

Obama portant des seaux aux noms évocateurs (banques, AIG, constructeurs automobiles, crédits immobiliers...) et allant traire la vache à lait du Trésor public : "Bon-jour, Rayon de Soleil !" (titre d'une chanson)

Le diagnostic est connu. La crise est historique ; les finances publiques en chute libre. Déficits et dettes ont augmenté de façon exponentielle sous le coup des plans de relance, des sauvetages de banques et de la baisse d’activité. L’OCDE prévoit en 2011 une dette des pays industrialisés à plus de 100 % du PIB. Un niveau difficilement soutenable. Mais si ces dettes s’envolaient à 200, 300, voire 400 %… Ce scénario catastrophe n’est pas tiré d’un livre de science-fiction mais d’une étude de la très sérieuse Banque des règlements internationaux (BRI).

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Une sortie de crise longue et pénible

Par John Mauldin

La crise actuelle est exceptionnelle non seulement par sa violence, sans précédent depuis les années 1930, mais aussi en raison de sa caractéristique première : elle a été provoquée par une explosion de l’endettement, aux USA au premier chef, mais aussi dans de nombreuses économies développées où les bulles immobilières ont été financées par la dette, comme c’est l’usage. Le soutien à la consommation apporté par les États a permis de stopper le processus destructeur amorcé en 2008, mais les problèmes de fonds ne sont pas réglés.

La résorption de la dette s’étalera sur des années, et les revenus qui y seront consacrés déprimeront pendant longtemps la dépense et l’activité. D’ici là, avec la fin des plans de relance et les hausses d’impôts qui se profilent dans l’ensemble des économies développées, une deuxième phase de récession menace, estime le financier John Mauldin, qui craint par ailleurs que les États ne parviennent plus à se financer, à l’image de la Grèce, loin d’être tirée d’affaire, tant la rigueur qu’on lui impose sera dévastatrice.

Le système mondial a survécu à toutes sortes de crises au cours des dernières décennies et il a toujours rebondi. Pourquoi est-ce si différent aujourd’hui ?

Parce que nous arrivons à la fin d’un supercycle de 60 ans d’endettement. Nous avons emprunté (et pas seulement aux États-Unis) comme s’il n’y avait pas de lendemain. Et parce que nous étions convaincus que toute cette dette était sûre, nous l’avons multipliée, empruntant d’abord 3 fois, puis 5, puis 10, puis jusqu’à 30 fois le montant dont nous disposions réellement. Et nous avons convaincu les autorités de régulation que c’était une bonne chose. Plus longtemps les choses sont restées en l’état, plus nous étions convaincus que cela se prolongerait ainsi. Le graphique ci-dessous montre le tas de sable que nous avons empilé. Ce n’est pas joli.

Ratio d’endettement par rapport au PIB, tous secteurs confondus.
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France : le creusement des inégalités devrait continuer

Une étude de l’INSEE, parue le 02 avril 2010, illustre la très forte augmentation, entre 2004 et 2007, du nombre de personnes à très hauts revenus (information donnée hier sur Fortune). Plus généralement, l’augmentation des inégalités est mise en évidence par l’Institut. Selon lui, elle s’est poursuivie sur la période précitée et devrait s’amplifier encore.

A l’autre bout du spectre [des revenus], le taux de pauvreté connaît «une relative stabilité après une longue baisse», a expliqué Jean-Louis Lhéritier, un expert de l’INSEE, lors d’une conférence de presse. En 2007, le seuil de pauvreté correspond à un niveau de vie de 908 euros par mois et concerne 13,4% de la population, soit huit millions de personnes.

Risque élevé d’être pauvre en cas de chômage

Les familles monoparentales, les personnes vivant dans un ménage immigré et les chômeurs, restent particulièrement exposés au risque de pauvreté monétaire.

«Plus de 30% des personnes vivant au sein d’une famille monoparentale sont ainsi confrontées à la pauvreté», note l’INSEE. De plus, le risque d’être pauvre est 4,7 fois plus élevé si on est au chômage. Enfin, plus du tiers des personnes appartenant à un ménage immigré vit sous le seuil de pauvreté, selon l’INSEE.

Pourquoi y a-t-il un creusement des inégalités ?

Parce qu’il y a une «déformation très importante de la hiérarchie des salaires».

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L’Irlande cherche le salut en nationalisant ses banques

Alors que la plupart des banques européennes ont pu se vanter en 2009 d’avoir remboursé les aides publiques, l’État irlandais s’apprête à prendre le contrôle de cinq de ses plus grandes banques nationales… et de leurs actifs pourris.

L’Irlande va nationaliser l’essentiel de son système bancaire! Le ministre des Finances Brian Lenihan a dévoilé mardi un plan de sauvetage bancaire, qui verra l’État apporter 8,3 milliards d’euros à la banque déjà nationalisée Anglo Irish Bank, nationaliser AIB et deux banques mutualistes et monter au capital de Bofi. La conséquence du rachat par l’État de 81 milliards d’euros de créances douteuses, au travers d’une “bad bank,” créée pour délester les banques de leurs actifs pourris.

Alors que l’attention des gouvernements et marchés était récemment concentrée sur les finances publiques grecques, les chiffres du PIB irlandais sont venus rappeler que l’ex-”Tigre celtique” reste l’un des États les plus mal en point du Vieux continent.

Le PIB a en effet chuté de 7,1% en 2009, une baisse sans précédent, qui fait suite à la contraction déjà record de 3% enregistrée en 2008. Par rapport à son pic de 2007, “le PIB irlandais a chuté de 13% environ, ce qui fait de la crise irlandaise l’une des pires de l’histoire de tous les pays développés,” reconnaît Dermot O’Leary, chef économiste de la maison de courtage Goodbody.

Et les autorités ne tablent sur un retour de la croissance qu’au deuxième semestre de cette année.
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Le progrès, un espoir du passé

Les Européens sont de plus en plus pessimistes face à l’avenir. Depuis des années, ils font face aux changements économiques et politiques que leur impose la mondialisation. Fragilisés par la crise, ils n’ont plus confiance en la capacité de leur continent à améliorer la vie.

A la fin de l’année 2009, une majorité d’Européens pensaient que le plus dur de la crise restait à venir. Même si l’Europe n’a jamais eu la réputation d’être un continent particulièrement optimiste, la crise économique actuelle a exacerbé chez ses citoyens une attitude latente de méfiance envers l’avenir.

Selon une enquête récente de la Commission européenne, la confiance en l’avenir, et principalement dans l’économie, est beaucoup plus basse. Parmi les citoyens européens, 54 % estiment que le pire de la crise reste à venir sur le plan de l’emploi, contre 38 % qui pensent que nous avons touché le fond. Cet indice de confiance, ou plutôt de méfiance, est cependant supérieur à ce que révélait la même enquête menée au printemps.

Tandis que les États-Unis “ont conscience que l’on peut construire l’avenir, l’Europe s’est toujours montrée plus pessimiste. Et elle souffre à présent du trouble provoqué par l’arrêt du processus d’intégration européenne”, estime Fernando Vallespín, ancien président du Centre de recherches sociologiques [un organisme public d’étude de la société espagnole] et professeur de sciences politiques à l’Université autonome de Madrid. “On cherche à sortir de la crise à travers les États nationaux,” ajoute-t-il.

Il y a quelques mois encore, la majorité des citoyens européens se déclaraient satisfaits ou très satisfaits de leur vie personnelle (78 %, selon une enquête Eurobaromètre publiée fin 2009). Le niveau de satisfaction personnelle des Danois, des Luxembourgeois, des Suédois, des Néerlandais, des Finlandais et des Britanniques était supérieur à 90 %, tandis que les Espagnols restaient sous la moyenne, avec 74 %, tout comme les pays de l’est du continent, où les salaires sont les plus bas. L’Italie, qui malgré sa richesse se situe traditionnellement en deçà de la moyenne européenne, fermait le peloton avec 71 %.
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La fragilité de la reprise inquiète les pouvoirs publics

L’abandon de la taxe carbone ne s’explique pas seulement par le souci de François Fillon de ménager sa majorité parlementaire. Ou par le torpillage du Medef que la secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno, a dénoncé avec fougue. Il est dû, pour une très large part, aux inquiétudes de l’exécutif sur la situation économique.

Ne rien faire qui puisse affaiblir les entreprises françaises exposées à la concurrence et fragiliser la reprise : telle est l’obsession de l’Elysée et du gouvernement en ce printemps 2010 décrit comme très maussade par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Sa dernière note de conjoncture, rendue publique jeudi 25 mars, n’est pas de nature à rassurer les pouvoirs publics. Elle prévoit une reprise “sans tonus”, “hésitante”, et donne quelque crédit aux hypothèses de travail de nombreux économistes : une sortie de récession relativement précoce en France, à l’été 2009, suivie d’une entrée dans une période de croissance faible, scénario redoutable s’il durait.

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Krach obligataire : déjà ?

Après la Grèce, le Portugal… le scénario de contagion est en marche”, d’après Le Monde. Cela sent le roussi sur le marché obligataire. Si certains doutaient encore que la dette souveraine serait le problème majeur de 2011, cette nouvelle dégradation – et la baisse des marchés qui l’accompagne – devraient les convertir au krach obligataire.

Que s’est-il passé ces derniers jours ? L’agence de notation Fitch a dégradé la note de long terme du Portugal, qui passe ainsi de “AA” à “AA-.” Ce n’est pas vraiment une surprise, puisque le Portugal fait partie des fameux PIGS, ou PIIGS, ou Club Med qui sont sous le feu de la rampe depuis les ennuis grecs.

Les causes de cette dégradation ? Comme pour la Grèce, les déficits et la solvabilité du Portugal. Rien de bien original donc, mais un souci de plus de l’Europe qui n’arrive toujours pas vraiment à se décider sur l’aide à apporter à la Grèce. Plus les ennuis s’accumulent et plus l’incapacité de la zone euro à sauver l’un des siens devient évidente. L’euro est de nouveau le grand perdant puisqu’il  est repassé cette semaine sous les 1,33 dollar, pour la première fois depuis 10 mois.

Dubaï, puis la Grèce et maintenant le Portugal… est-ce le début d’un effet boule de neige sur le marché obligataire ? En tout cas, la Fed avait, il y a quelques jours, publiquement exprimé ses inquiétudes. “La Fed craint que la crise grecque ‘affecte’ l’économie américaine.

Un de ses dirigeants, Dennis Lockhart, a identifié trois facteurs qui pourraient jouer sur la croissance économique américaine :

1. Baisse de la croissance en Europe et donc, par ricochet, baisse des exportations américaines vers le Vieux Continent.

2. Baisse de l’euro et par conséquent arrivée massive de capitaux sur le dollar, ce qui entraînerait une hausse importante du dollar et pénaliserait les exportations américaines.

3. Les ennuis grecs font boule de neige provoquant un désintérêt massif des investisseurs pour les obligations américaines. Voici ce que rapporte Le Monde : Le troisième point est la possibilité que la crise budgétaire grecque débouche sur un grand choc des marchés financiers. Cela pourrait se manifester dans le système bancaire ou sous la forme d’un mouvement de retrait général [des investisseurs] du marché de la dette des États”.
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Santé : la victoire coûteuse de Barack Obama

“Oui, ils ont fait l’histoire”, titre le Washington Post. Après des mois d’âpres négociations au Congrès, Barack Obama a remporté, dimanche 21 mars, une victoire législative majeure avec l’adoption d’une réforme historique de l’assurance-maladie. En portant personnellement cette réforme, M. Obama “a démontré qu’un président qui a un but, adopte un plan de bataille et s’y tient, n’est pas facile à mettre en défaut”, souligne le Los Angeles Times.

Obama au contribuable désargenté : "Je veux de l'argent pour ce tacot" (jeu de mot sur le nom de la prime à la casse automobile de 2009, l'ambulance représentant le projet de réforme)

La Chambre des représentants a approuvé par 219 voix contre 212 le texte adopté en décembre par le Sénat, alors qu’une majorité de 216 voix était nécessaire. “En bien des manières, cette bataille est la continuation des débats passionnés de la campagne de 2008″, souligne Mother Jones. Le Wall Street Journal, pour sa part, ne décolère pas du ralliement de l’élu du Michigan, Bart Stupak, connu pour ses positions anti-avortement, et qui aurait “vendu son âme à un exécutif édenté”. Au total, 34 démocrates ont voté contre le projet de loi avec 178 républicains, dont pas un n’a voté pour la réforme.

Sur dix ans, la réforme, d’un coût de 940 milliards de dollars (695 milliards d’euros), devrait aussi réduire le déficit américain de 138 milliards de dollars (102 milliards d’euros), selon le bureau du Budget du Congrès. Le texte prévoit en effet une baisse des dépenses du programme d’assurance-maladie des personnes âgées (Medicare). Au total, le texte devrait permettre de garantir une couverture à 32 millions d’Américains qui en sont dépourvus.

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Les énergies renouvelables et la décroissance freinées par la crise

La crise économique mondiale entrave la promotion des énergies propres et renouvelables. Pour faire face à cette situation, les États-Unis veulent s’inspirer de certains pays européens où les mesures incitatives s’appuient non pas sur la fiscalité, mais sur les fonds d’aide.

La plupart de l’électricité des États-Unis vient du charbon, du gaz naturel ou du nucléaire, et dans certaines régions montagneuses, des barrages. Moins de 4% de cette électricité provient de sources renouvelables.

Des efforts sont en cours pour inverser la tendance. Dans la région de Seattle, dans l’État de Washington, une compagnie locale offre aux consommateurs l’option de contribuer de quatre à dix dollars par mois à un fonds qui financera l’installation de nouvelles éoliennes. Pour le moment, peu de consommateurs se laissent convaincre.

Pour le député John McCoy de l’État de Washington, un appui plus important aux énergies renouvelable est nécessaire. La meilleure manière d’accroître l’offre d’électricité éolienne, solaire ou marine consisterait, dit-il, à faire construire les installations par le gouvernement et vendre l’énergie produite aux compagnies d’électricité.

Pour Stanley Florek, responsable d’une entreprise d’énergie solaire de Seattle, cette formule garantit aux producteurs d’énergie de rentrer dans leurs frais. Une forme modifiée de cette mesure incitative a été adoptée récemment par les États américains du Vermont, de Californie et de l’Oregon. Un député de l’État de Washington prépare un projet de loi dans ce sens.

Toutefois, lorsque les gouvernements sont obligés par la crise économique d’opérer des coupes budgétaires, ces programmes en pâtissent. Aux États-Unis, diverses compagnies d’électricité sont opposées au modèle européen.

« Nous serions forcés d’acheter de l’électricité dont nous n’avons pas besoin et arrêter nos groupes électrogènes, ou même remplacer l’électricité hydroélectrique bon marché par de l’électricité très chère, » s’insurge Dave Warren de l’association des compagnies d’électricité de l’État américain de Washington.
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Bienvenue à la Grande Correction

Par Bill Bonner

Nous allons rebaptiser notre théorie. Nous vivons plus qu’une dépression ; c’est plutôt un phénomène économique et financier. Il inclut un transfert du pouvoir… un retour à la normale après quatre siècles d’aberrations… et l’échec de toute une série de sottises économiques récompensées par des prix Nobel — dont l’Hypothèse des marchés efficients et la Théorie du portefeuille moderne. Appelons cette phase la « Grande Correction »… et attendons que les événements nous donnent raison.

En attendant… nous attendons des éclaircissements : quand ce rebond prendra-t-il fin ? Que se passera-t-il lorsqu’il le fera ?

Les tendances profondes se poursuivent. L’influence gouvernementale augmente… et file tout droit vers la faillite. La plupart des pays développés accumulent de gigantesques déficits dans leurs finances publiques. C’est la Grèce qui fait les gros titres en ce moment. Les Hellènes ont promis de réduire leurs dépenses, sont descendus dans la rue et espèrent désormais un plan B de la part de l’Europe.

Les autres pays à la périphérie de l’Europe,observent avec attention. Ce que la Grèce vit maintenant, ils vont probablement le subir plus tard.

Jour après jour, les roues grincent et cahotent… en route vers des gouvernements toujours plus présents, avec des dettes plus grandes… Un gouvernement se tourne vers un autre lorsqu’il a besoin d’aide. Ce dernier se tourne vers un autre encore. Un pays dépend de sa Banque centrale… et sa Banque centrale dépend de la Réserve fédérale américaine, le capo di tutti capi de toutes les banques centrales de la planète.

Mais le problème ne se limite de loin pas aux plus petits États d’Europe.
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Le FMI plaide pour des mesures d’austérité dès 2011

Les pays développés avec des déficits publics élevés doivent commencer dès aujourd’hui à préparer leurs opinions publiques aux mesures d’austérités qui seront nécessaires à partir de l’an prochain, a estimé dimanche le numéro deux du Fonds monétaire international.

Pour le FMI, il y a urgence à préparer les opinions publiques de certains pays fortement endettés ! Les mesures de restriction qui vont devoir être prises seront inévitables à partir de l’an prochain, de quoi toucher les ménages au portefeuille, selon John Lipsky, le Directeur général adjoint du FMI.

L’ampleur des ajustements sera si vaste que ces mesures inévitables risquent de se traduire par :

1) Un recul des allocations de santé et de retraite

2) Une réduction des dépenses publiques

3) Une hausse des impôts

S’il est pour l’instant “approprié” de conserver les mesures de soutien à l’économie mis en place dans les pays développés, l’assainissement des finances publiques devra démarrer par la suite, dès 2011, si la reprise économique suit son cours, a encore expliqué le numéro deux du FMI…
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Espagne : 20% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté

En 2009, quelque 19,5% de la population résidant en Espagne vivait en dessous du seuil de pauvreté, soit quasi le même pourcentage une année auparavant (19,6% en 2008), selon l’enquête sur “les conditions de vie” en Espagne menée par l’Institut National Espagnol des Statistiques (INE).

Par tranches d’âge, la pauvreté se fait particulièrement ressentir parmi les personnes âgées de plus de 65 ans, relève la même source qui note une certaine diminution du seuil de pauvreté chez cette catégorie de personnes où le taux de pauvreté est passé de 28,5% en 2007 à 25,7% en 2009.

L’Espagne fait face, depuis fin 2008, à une grave crise économique qui s’est soldée par une augmentation vertigineuse du nombre des chômeurs (plus de quatre millions) et une hausse importante du déficit public (11,4% du PIB).

La même enquête a également révélé qu’une famille espagnole sur trois est incapable de faire face aux dépenses imprévues, en augmentation de 5,8% par rapport à 2008 et que 38,9% des familles espagnoles ne peuvent pas se permettre de passer des vacances d’au moins une semaine par an, en augmentation de 5,4% en comparaison avec la précédente enquête.

Selon la même source, 13,7% des familles espagnoles affirment arriver difficilement à la fin du mois, un pourcentage des plus élevés de ces six dernières années.

L’Espagne est encore l’un des grands pays de l’Union européenne en récession avec des prévisions de croissance négative de 0,3 à 0,9 % pour 2010. Selon les prévisions du FMI, l’économie espagnole connaîtra une contraction du PIB de 0,6%.

Casafree.

Pourquoi la France n’est pas crédible sur son déficit

Recalé. Bercy n’a pas réussi son examen de finances publiques devant la Commission européenne. Bruxelles a en effet jugé non crédible le programme de la France de réduction de son déficit budgétaire. Les hypothèses de croissance de Bercy sont jugées trop “optimistes.”

Pour parvenir à réduire le déficit de 8,2% du PIB cette année à 3% en 2013, comme le lui demande Bruxelles, Paris table sur un fort rebond de la croissance (+2,5% par an à partir de 2011), générant d’abondantes recettes. Bercy refuse d’envisager une reprise plus molle: le seul autre scénario avancé table sur une croissance à peine moins importante, de 2,25% par an.

L’avis rendu par la Commission européenne était à prévoir : la plupart des économistes jugent également improbable le scénario de croissance de 2,5% en 2011. Les experts du consensus interrogés par le Centre de Prévision de L’Expansion (CPE) tablent sur une hausse du PIB de 1,6% l’an prochain. Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend quant à lui à une croissance de 1,7%. Même le scénario de croissance de 1,4% cette année, jugé crédible, pourrait bien ne pas être atteint, car la reprise est en train de faire pschitt.

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Crise grecque : vers un Fonds monétaire européen ?

Les Grecs ont déjà irrité l’UE par leurs problèmes financiers et leurs dettes et il se peut qu’ils la poussent à créer un Fonds monétaire européen dans l’unique but d’éviter la répétition du cas de la Grèce.

Quant à la création du FME, proche analogue du FMI, en vue de sauver les pays endettés d’Europe, on en parle maintenant sérieusement. Par conséquent, la “tragédie grecque” de l’UE comporte probablement un élément rationnel. Si, bien entendu, Bruxelles (et plus précisément Berlin et Paris) soutiennent cette décision.

Le premier ministre socialiste grec, Georges Papandréou, a fait une tournée à Paris, Berlin et Washington et a ressenti, une fois de plus, un mauvais karma qui pèse non seulement sur lui, mais aussi sur la Grèce. Ses prédécesseurs de centre-droit avaient minimisé aussi bien le déficit budgétaire (il s’avère qu’il est, en réalité, de 112% du PIB) que la dette extérieure de la Grèce (300 milliards d’euros). Le gouvernement Papandréou a de son côté détérioré la situation en introduisant des mesures d’économie draconiennes, des impôts et des salaires tels que le pays s’enlise, en effet, dans une veule guerre civile. Et son avenir s’annonce encore plus sombre.

Pour voir la lumière au bout du tunnel, Papandréou s’est rendu du 5 au 10 mars en France, en Allemagne et aux Etats-Unis. Plus Papandréou affirmait qu’il n’était pas venu pour demander de l’argent et plus sombres et sérieux devenaient ses interlocuteurs. Il faut bien dire que les Grecs jouissent depuis longtemps en Europe d’une triste réputation de “roublards” en ce qui concerne l’argent, mais à présent ils se sont tellement compromis qu’en entendant les mots “dettes”, “déficit”, “Europe malade” (sans parler de la filouterie avec les statistiques, des machinations et de la désinformation), tout le monde jette les regards malveillants sur la Grèce. Décidément, Papandréou n’a pas eu de chance en arrivant au pouvoir en octobre dernier.

On a dit partout à peu près la même chose à Athènes : nous sommes solidaires et prêts à aider, mais seulement lorsque la situation sera tout à fait catastrophique et que tout le monde se sentira complètement mal. A quel point on se sentira “mal” et qui, cela n’a pas été précisé.

A l’heure actuelle, la France et l’Allemagne (les principales locomotives de l’UE) se trouvent devant un choix difficile. C’est, pour ainsi dire, un choix entre deux “réactions en chaîne”. Soit accepter d’apporter une aide financière concrète et “racheter” les dettes d’Athènes et attendre ensuite que d’autres pays en situation difficile, en premier lieu l’Espagne, le Portugal et l’Irlande, demandent une aide similaire. Soit ne pas accepter de “racheter” les dettes grecques et laisser Athènes tomber dans le défaut de paiement et attendre que d’autres pays s’écroulent après Athènes. Les candidats en sont toujours les mêmes : l’Espagne, le Portugal et l’Irlande.

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La pression s’accroît sur le fragile Portugal

Les agences de notation menacent de dégrader la note du pays, alors que le gouvernement de José Socrates doit contenir la dette publique et réduire le déficit de l’Etat.

Révision à la baisse du PIB, avertissement de Fitch, grogne des syndicats, popularité en baisse… Le gouvernement portugais, qui subit déjà depuis plusieurs mois, au même titre que la Grèce, la pression des marchés face à l’envolée des déficits, a connu une bien mauvaise semaine.

S’il juge les sanctions excessives, le premier ministre, José Socrates, espère bien que son plan d’austérité dévoilé lundi dernier donnera plus de crédibilité à son pays.

L’objectif affiché est de ramener le déficit public de 9,3 % en 2009 à 2,8 % du PIB d’ici à 2013 et de contenir la dette, qui atteint 76,6 % de la richesse nationale.

Ce programme, qui sera présenté au Parlement le 25 mars et transmis à Bruxelles d’ici la fin du mois, prévoit notamment un gel des salaires des fonctionnaires, le plafonnement des aides sociales, une hausse des impôts sur les hauts revenus et les profits boursiers et un programme de privatisations. Au total, la baisse des dépenses comptera pour moitié dans le plan d’économie.

Le gouvernement envisage aussi d’anticiper le report à 65 ans, prévu pour 2015, de l’âge de départ à la retraite des fonctionnaires. Vivement opposés au gel des salaires, les syndicats ont annoncé une grande manifestation nationale pour fin mai.

Les nouvelles mesures d’austérité ne semblent pas avoir convaincu Fitch, qui n’a pas exclu mardi une dégradation de la note de crédit du pays, après une mise sous surveillance négative en septembre dernier.

Pour Philippe Sabuco, de BNP Paribas, les inquiétudes portent plus sur les perspectives de croissance : «Le ratio d’endettement public est certes élevé mais il se compare favorablement à celui de la zone euro dans son ensemble. En revanche, l’économie portugaise n’est pas assez compétitive.» Le pays cumule plusieurs handicaps : manque de productivité, secteurs à faible valeur ajoutée, formation insuffisante, natalité en déclin…

Le risque pour le Portugal, qui fait encore partie des pays les plus pauvres de la zone euro, est de connaître une faible croissance dans les prochaines années. Les derniers chiffres ne prêtent pas à l’optimisme. Le PIB a reculé au quatrième trimestre de 0,2 %, soit une baisse de 2,7 % pour 2009. Les prévisions sur 2010 restent très incertaines : faible reprise pour le gouvernement à 0,7 %, poursuite de la récession pour BNP Paribas de l’ordre de 0,5 %.

Le Figaro

La crise a durablement réduit le niveau de vie dans les pays riches

Dans son rapport annuel, l’OCDE donne les recettes pour “consolider la reprise qui s’amorce.”

«La reprise est en route, mais nous ne savons pas si elle a acquis sa propre dynamique»

La récession a modifié le paysage économique mondial, laissant des cicatrices qui seront visibles pendant de longues années. Dans les trente pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle a fait baisser le niveau de vie, augmenter le chômage et a fragilisé les finances publiques. Dès lors, ces pays doivent s’attaquer immédiatement au problème de déficit budgétaire et, en même temps, ne pas compromettre la croissance.

Comme dans ses précédentes éditions, le Rapport «Objectif croissance» de 2010 prône la flexibilité du marché du travail, la mobilité de la main-d’œuvre, la réduction des subventions agricoles et industrielles, la libéralisation du commerce international ainsi que la formation comme des facteurs pouvant dynamiser l’économie. Fidèle à sa doctrine, l’OCDE met en garde ses membres contre la tentation d’augmenter les budgets sociaux en cette période où le chômage tend à augmenter.

Tels sont les premiers enseignements du dernier rapport annuel «Objectif croissance» de l’OCDE rendu public mercredi. Il dit d’emblée que les perspectives économiques il y a une année étaient particulièrement sombres, mais que les États ont pris des mesures pour éviter une récession comparable à celle de 1930.
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La descente aux enfers des Etats-nations

Les indicateurs économiques évoluent sans cesse, voici la réactualisation des chiffres-clés de l’économie mondiale concernant la dette et les produits dérivés (les “métastases”).

Tous ces chiffres proviennent de sources clairement identifiées comme le FMI ou pour l’essentiel, du Bureau des Règlements Internationaux (BRI), du très sérieux donc.

Situation fiscale et perspectives (en pourcentage du PIB) : déficit fiscal annuel, déficit structurel annuel, dette publique - Cliquez sur le tableau pour l'agrandir

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