La planète pétrole s’enfonce dans la crise. So what ?

Au temps pour moi. J’ai fait état dans un précédent article d’une chute de la production pétrolière aux Etats-Unis en début d’année. Les extractions américaines sont entre-temps reparties à la hausse, atteignant 9,7 millions de barils par jour (Mb/j) au mois d’avril, d’après les dernières données mensuelles fournies par l’administration Obama.

Dopée depuis près de cinq ans par le boom du pétrole de schiste, la production américaine d’or noir frôle de plus en plus le record établi lors du pic historique de production de 1970. Le rythme de croissance de la production marque cependant nettement le pas, souligne l’agence Reuters, estimant qu’un tel ralentissement pourrait annoncer l’approche d’un plateau.

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Iran : L’économie est prête au décollage

Avec la fin des sanctions qui se profile, l’économie iranienne pourra décoller. De nombreux secteurs industriels sont concernés, à commencer par l’industrie pétrolière. Qu’elles soient iraniennes ou étrangères, les entreprises devraient largement en bénéficier.

Énergies fossiles : Mortelles subventions

Alors que nos émissions de CO2 dans l’atmosphère continuent de battre des records et que le changement climatique devient notre compagnon de route, pourquoi est-il si difficile de quitter les énergies fossiles – charbon, pétrole et gaz – pourtant responsables d’une grande partie des dégâts ?

Peut-être parce que tout un système de subventions les rends particulièrement attrayantes et peu chères, tout autant pour l’industrie que pour nous, les consommateurs finaux.

Changement climatique, déplétion pétrolière, crises… Ebauche d’une vision désirable du monde en 2050

“Songez à la quantité de changements qui se sont déroulés pendant les cent dernières années, qu’il soient sociaux, techniques, culturels, politiques ou environnementaux: tous ces changements ne font pas le poids face à ce dont vous serez témoin au cours des vingt prochaines années”. Ainsi a répondu le scientifique ayant modélisé les limites de la croissance, Dennis Meadows, à la question de savoir qu’elle était sa vision d’un avenir de “descente énergétique”, question qu’a pu lui poser le “cueilleur de visions” comme il se définit lui-même, Rob Hopkins, fondateur du mouvement Transition (1).

“Comment sera ma ville, mon village, mon pays, ma planète dans ces prochaines dizaines d’années ?”

Oui, à l’heure où la finance ajoute une crise à une crise (les « subprimes », les dettes des états, la Grèce…), à l’heure où le réchauffement global et les désordres dont il est capable font suffisamment peur au G7 (2) pour que celui-ci promette très officiellement la décarbonation totale de l’économie durant ce siècle, de plus en plus de personnes devraient se poser une question: “Comment sera ma ville, mon village, mon pays, ma planète dans ces prochaines dizaines d’années ?”

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« La “croissance verte” est une mystification absolue »

Auteur de L’âge des Low Tech. Vers une civilisation techniquement soutenable, l’ingénieur Philippe Bihouix alerte sur l’épuisement croissant des ressources de métaux. Et souligne que, en raison de leur besoin de métaux rares, les énergies nouvelles ne sont pas la panacée : une énergie illimitée et propre est un mythe, il faut… économiser, recycler, relocaliser. Un entretien énergisant.

Reporterre – Cinq ans après la sortie de votre livre Quel futur pour les métaux ?, votre diagnostic reste-t-il d’actualité ?

Philippe Bihouix - Mon diagnostic concernant la raréfaction des métaux reste vrai. Il ne peut pas changer, parce que la partie accessible et exploitable des ressources minérales et métalliques est limitée.

Ces ressources peuvent être très importantes mais elles sont finies, comme peuvent l’être les ressources d’énergie fossile – pétrole, charbon, gaz – non renouvelables, ou les ressources forestières, halieutiques, et autres, si on les exploite à une vitesse excédant leur taux de renouvellement. Avec une quantité de ressources finie, un pic de production, suivi d’une baisse, est incontournable. C’est mathématique. Comme il y a un pic pétrolier, il y aura un pic énergétique puis, comme production d’énergie et exploitation des ressources sont liées, il y aura au final un pic de tout.

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L’or du golfe : pour ou contre l’exploitation pétrolière au Québec

Le Québec doit-il se lancer dans l’exploitation pétrolière? C’est la question que pose le documentaire L’or du golfe. Le réalisateur Ian Jaquier, accompagné de l’artiste d’origine gaspésienne Kevin Parent, a voulu trouver des réponses aux questions soulevées par cette possible exploitation de l’or noir dans le golfe du Saint-Laurent.

Réalisé par Ian Jaquier (Canada – Avril 2015)

Trafic pétrolier, racket et kidnapping, l’État islamique amasse 2 milliards de dollars par an

Taxes, donation, exportations, les jihadistes du groupe État islamique, qui occupent un large territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak, se financent à la manière d’un véritable État, avec son administration et des complicités à tous les niveaux.

Vladimir Poutine est-il nul en économie ?

Six mois après la dégringolade historique du rouble et sur fond de légère «désescalade» en Ukraine, la Russie n’est pas sortie d’affaire et la récession s’est installée. Les sanctions européennes et américaines ont fonctionné – mais elles ne sont pas seules en cause. Et si, comme le dit un éditorialiste, le président russe conduisait son pays à la ruine ? 

Dans son Edito éco du 18 mai 2015 sur Europe 1, Nicolas Barré développait une vision pessimiste, voire féroce, de la politique économique russe : si le pays est en récession, ce n’est pas seulement à cause des sanctions européennes. L’éditorialiste pose la question : et si ce «grand stratège» en politique étrangère qu’est Vladimir Poutine, était en réalité une catastrophe en matière d’économie?

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Le jour d’après : À court de pétrole

Le pétrole est aujourd’hui le combustible sur lequel repose toute la civilisation. Que se passerait-il si, du jour au lendemain, les sources de pétrole se tarissaient ? Ce documentaire anticipe cette fin annoncée et propose de découvrir une nouvelle face du monde, contraint de s’adapter face à un changement radical.

Docu-fiction (Canada – 2010)

« Le pétrole n’est pas renouvelable »

Le pétrole, tout comme le gaz et le charbon, est qualifié d’énergie « fossile » : il est stocké dans le sous-sol sous forme d’hydrocarbures issus de la fossilisation de matière organique. De la matière organique continue aujourd’hui à se créer et à se sédimenter dans la nature, produisant in fine des hydrocarbures. D’un point de vue purement géologique, le pétrole est donc bien « renouvelable ».

Cette affirmation se limite toutefois à l’échelle géologique. En considérant que les ressources de pétrole brut « en place » dans le sous-sol sont 10 à 25 fois plus importantes que celles techniquement recouvrables (1) (estimées à 5 000 ou 6 000 milliards de barils), elles atteindraient entre 50 000 et 150 000 milliards de barils(2). La quasi-totalité de ces ressources s’est formée au cours des 500 derniers millions d’années. Il serait donc possible d’en déduire que la nature créerait approximativement entre 100 000 et 300 000 barils par an de pétrole.

Or, la consommation mondiale de pétrole brut(3) atteint 91,3 millions de barils par jour en 2013, soit l’équivalent de plus de 1 000 barils par seconde. Cela signifie que nous consommerions a priori en moins de 5 minutes ce que la nature produit en un an.

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États-Unis : Les nouveaux maîtres du pétrole mondial

Selon le rapport statistique annuel de BP, les États-Unis sont passés l’an dernier devant l’Arabie saoudite. La production américaine a progressé plus vite que prévu, grâce à la révolution du pétrole de schiste.

Une barre hautement symbolique a été franchie sur la scène pétrolière mondiale. Selon le rapport statistique annuel sur l’énergie publié mercredi par BP, les États-Unis sont devenus l’an dernier le premier producteur mondial de pétrole, devant l’Arabie saoudite et la Russie.

Selon le groupe pétrolier, la production de brut américain (y compris les liquides de gaz naturel) a augmenté l’an dernier de 1,6 million de barils par jour (Mb/j), à 11,64 Mb/j, tandis que celle de l’Arabie saoudite est restée globalement stable, à 11,5 Mb/j. La Russie, numéro trois mondial, a de son côté extrait 10,84 Mb/j en 2014.

C’est la première fois que des ­statistiques, émanant d’une source reconnue comme fiable, placent les États-Unis sur la première marche du podium des producteurs de pétrole depuis quarante ans : selon BP, cela n’était pas arrivé depuis 1975.
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La fin annoncée de la civilisation industrielle

Sur les neuf frontières vitales au fonctionnement du « système Terre », au moins quatre ont déjà été transgressées par nos sociétés industrielles, avec le réchauffement climatique, le déclin de la biodiversité ou le rythme insoutenable de la déforestation. « Nous sommes en train de vivre une mosaïque d’effondrements ».

Transgresser ces frontières, c’est prendre le risque que notre environnement et nos sociétés réagissent « de manière abrupte et imprévisible », préviennent Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre « Comment tout peut s’effondrer ».

Rappelant l’ensemble des données et des alertes scientifiques toujours plus alarmantes, les deux auteurs appellent à sortir du déni. « Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide ».

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Chine : La nouvelle route de la soie

C’est l’un des projets phare de Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir: recréer une nouvelle “route de la Soie” entre l’Europe et la Chine.

Une nouvelle route que la Chine entend tricoter au prix d’investissements massifs: 40 milliards de dollars ont été débloqués depuis le début de l’année pour construire routes, voies ferrées ou pipeline dans l’ouest du pays, mais aussi en Asie Centrale ou au Pakistan.

Le mythe de la croissance illimitée et les historiens

La lithosphère, la biosphère et même l’atmosphère n’ont jamais été autant sollicité que depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours. La révolution industrielle, qui débute dans l’espace anglo-saxon à la fin du XVIIIe siècle, a bouleversé en profondeur les modes de vie des hommes. D’abord localisé en Europe et par l’ampleur que ce nouveau phénomène va prendre, le tout couplé à des raisons politiques et économiques, c’est bientôt l’ensemble de la planète qui est touché. Dans ce contexte, de nouvelles idéologies prennent forme. D’un côté le marxisme, de l’autre le libéralisme qui accouche bientôt du capitalisme. Le XXe siècle accélère cette mutation. Les deux grands conflits mondiaux changent la face du monde.

John Manship : Prométhée – statue du Rockfeller Center à New-York

Au terme de la seconde guerre mondiale, l’espace anglo-saxon parvient à imposer son mode de vie et une idéologie dominante servant ses intérêts. Le capitalisme est roi, les frontières économiques sont mises à bas, le libre-échange brasse les monnaies et pousse à la consommation sans se soucier des effets sur le long terme. Dans ce contexte nouveau, de nombreuses voix s’élèvent et tirent la sonnette d’alarme. L’environnement – plus largement – trouve aussi ses historiens. Ainsi, on voit apparaître, depuis les années 1970, une critique de la croissance, de plus en plus étayée par des travaux de recherches historiques et scientifiques. C’est ce que nous allons tenter de voir ici.

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Fossiles : dix raisons de sevrer la planète

La dépendance au pétrole, au charbon et au gaz a atteint des niveaux inégalés, menaçant l’environnement et l’économie mondiale. Pourtant, les alternatives existent et sont désormais rentables.

Nous sommes tous junkies. Dépendants au charbon, au pétrole et au gaz. Produits de la décomposition de forêts et micro-organismes voilà des millions d’années, les combustibles fossiles ont dormi sous terre jusqu’à ce qu’Homo Sapiens se mette à les extraire à marche forcée à partir du milieu du XIXe siècle. Grâce à ce shoot énergétique, tout est devenu possible : le drapeau sur la Lune, les fraises en hiver, la pâte à prout fluo. Plus que jamais, les hydrocarbures irriguent nos vies.

Et nos dealers sont bichonnés. Le Fonds monétaire international (FMI) estimait en 2013 que les gouvernements de 176 pays ont subventionné – allégements fiscaux, incitations ou financements directs – à hauteur de 1 900 milliards de dollars le secteur des énergies fossiles en 2011, soit 2,5% du PIB mondial.

Accros ou pas, il va falloir trouver notre bonheur ailleurs. La baisse du prix du pétrole pendant quelques mois nous a maintenus dans l’illusion de la défonce, mais il est déjà remonté. Les gisements facilement accessibles et peu chers à exploiter se tarissent. Surtout, si nous voulons avoir une chance de vivre dans un monde à peu près stable ces prochaines décennies, nous ne pourrons pas extraire jusqu’au dernier atome de carbone du sous-sol.

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Norvège : L’État économise pour préparer l’après-pétrole.

Avec seulement cinq millions d’habitants, la Norvège est le pays le plus riche d’Europe. Grâce à l’argent de son pétrole, en 40 ans le royaume a amassé un tas d’or. Le montant de sa fortune s’élève aujourd’hui à 820 milliards d’euros.

Pour gérer au mieux le pactole, la Norvège a créé un fond souverain. Les yeux rivés sur les cours des bourses du monde entier, 400 traders n’ont qu’un objectif : augmenter le capital.

Le fond détient des actions dans des compagnies d’aviation, des produits pharmaceutiques, du champagne, des sites de vente en ligne, des grosses sociétés high-tech, mais aussi dans l’immobilier. La France est l’un des pays où la Norvège a le plus d’investissements.

Sur les trois premiers mois de l’année, le fond norvégien a enregistré un rendement record (+5%). Cette énorme cagnotte servira à financer les retraites des générations futures. Seuls les intérêts des 820 milliards sont aujourd’hui injectés dans les dépenses publiques.

Mathématique pétrolière

La réalité pétrolière glisse vers une nouvelle mathématique. Les énergies fossiles sont devenues des facteurs de décroissance dans les modèles économétriques, des facteurs de risque dans les équations financières.

Une autre étude confirme le nouvel éclairage désormais dévolu à l’univers des énergies fossiles au sens large, et à l’industrie pétrolière en particulier. Les expressions « retombées positives » et « rendement » sont désormais remplacées par « externalités négatives » et « risques financiers », changement climatique étant. Dans son rapport, la Banque HSBC va même jusqu’à prévenir les investisseurs et gestionnaires de portefeuille du danger de se retrouver avec, en mains, des « actifs échoués ».

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Sables bitumineux : le point tournant

Le pétrole extrait facilement tire à sa fin. Bienvenue à l’ère des sables bitumineux. Dans cette transition, la nature idyllique et les Premières Nations font les frais de cette course effrénée à l’énergie.

Toutefois, personne ne s’attendait à ce que les Autochtones ripostent avec force. Ce documentaire troublant constitue une incursion dans le combat très inégal qui fait rage au sein du plus important problème environnemental de notre génération.

France (2011)

L’or noir devrait rester moins cher longtemps

Les stratégies de conquête des grands opérateurs modifient les équilibres entre l’offre et la demande de pétrole. Face à cette tendance de fond, le marché devrait rester abondamment approvisionné, et les cours de l’or noir pourraient se maintenir autour de leur niveau actuel.

Les acteurs sur le marché du pétrole sont confrontés à de nouvelles équations liées à la baisse du prix du baril, une tendance engagée au milieu de l’année 2014 et qui n’apparaît plus comme un soubresaut saisonnier.

Même s’il s’est un peu redressé par rapport au plancher de janvier, le prix du baril est encore 42% plus bas qu’en juin 2014, et la surabondance de l’offre le fait osciller à la mi-mai autour de 60 dollars.

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Canada : Fort McMoney – Votez Jim Rogers !

La troisième réserve mondiale de pétrole est canadienne, elle se trouve à Fort McMurray. Or son extraction est très polluante et soulève d’inquiétants conflits d’intérêts.

Suite à la mise en ligne de son jeu documentaire, David Dufresne revient dans ce lieu de démesure. Enquête sur un sujet très controversé aux conclusions effrayantes.

La fin de la croissance ?

Nicolas Meilhan consultant senior à Frost & Sullivan et spécialiste transport et énergie, présente, à l’aide d’un diaporama graphique, les enjeux présent et à venir de la croissance mondiale à l’aune de son étroite corrélation au secteur pétrolier.

“Toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut continuer à l’infini dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste” Kenneth Boulding

Les éconoclastes

« L’effondrement qui vient »

Le pic pétrolier, le climat qui se dérègle, la biodiversité qui disparaît… Les scientifiques nous bombardent de nouvelles alarmistes, mais que faire? Prenons-les enfin au sérieux, préconise Pablo Servigne (co-auteur avec Genevieve Azamde et Raphael Stevens de « Comment tout peut s’effondrer »). Mais pas de panique : même si le chemin n’est pas facile, il faut l’accepter, pour commencer à préparer le monde d’après.

Sur quels faits vous appuyez-vous pour affirmer que l’effondrement est possible ?

Nous avons rassemblé un faisceau de preuves qui viennent des publications scientifiques. Les plus évidentes sont liées au fait que notre civilisation est basée à la fois sur les énergies fossiles et sur le système-dette.
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Traité transatlantique : Mythes et réalités sur les tribunaux d’arbitrage privés (Màj vidéo)

C’est sans conteste le meilleur argument des opposants au traité transatlantique Tafta/TTIP, qui organisent samedi 18 avril une mobilisation mondiale contre la négociation en cours entre les États-Unis et l’Union européenne : l’intégration au futur accord de l’ISDS, un mécanisme d’arbitrage privé qui menacerait de détruire toutes les règlementations environnementales, sociales ou sanitaires dans le seul but de préserver les profits des multinationales.

Au cœur d’une intense bataille diplomatique et politique au sein de l’UE depuis plusieurs mois, l’investor-state dispute settlement (mécanisme de règlement des différends investisseurs-États) s’attire toutes les critiques : on le tient responsable d’avoir permis à Philip Morris d’empêcher la mise en place du paquet neutre de cigarette en Australie, à Veolia d’avoir contesté la mise en place d’un salaire minimal en Égypte, à Lone Pine d’avoir attaqué l’interdiction du gaz de schiste au Québec et même à Vattenfall de s’opposer à la sortie du nucléaire en Allemagne.

C’est à dire de remettre en cause sur le terrain judiciaire des décisions démocratiques prises par les gouvernements selon la volonté des peuples. De purs mensonges, selon les défenseurs de l’ISDS, qui dénoncent une entreprise de désinformation sur un mécanisme indispensable dans un contexte de mondialisation.

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Libye : L’impossible État-nation

Comment l’histoire tourmentée de la Libye et son fonctionnement tribal ont façonné son présent chaotique.

Mouammar Kadhafi a régné durant quarante-deux ans sur le peuple libyen. Depuis son assassinat en 2011, le pays connait une grande instabilité politique et a sombré peu à peu dans le chaos. Un documentaire riche en témoignages qui décrypte l’histoire complexe d’un pays en pleine crise.

Énergie solaire : La révolution silencieuse des tarifs

En novembre, Dubaï a annoncé la construction d’un parc d’énergie solaire qui va produire de l’électricité pour moins de 0,06 dollar par kilowatt-heure, proposant ainsi une meilleure offre face aux autres options d’investissement, à savoir les centrales électriques à gaz ou à charbon.

Cette centrale, qui doit être opérationnelle en 2017, est encore un nouveau signe avant-coureur d’un avenir dans lequel les énergies renouvelables vont évincer les combustibles fossiles classiques.

En effet, il ne se passe pas une semaine sans que l’on entende parler d’un accord capital sur un chantier de centrale solaire. Pour ne parler que du mois de février dernier, il y a eu des annonces de nouveaux projets d’énergie solaire au Nigéria (1.000 mégawatts), en Australie (2.000 MW) et en Inde (10.000 MW).

Il ne fait aucun doute que ces développements sont de bon augure pour la lutte contre le changement climatique. Mais la principale motivation qui les anime est le profit, pas l’environnement, car une efficacité accrue dans la distribution d’énergie (et le cas échéant dans le stockage), réduit le coût de production de l’énergie renouvelable.

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Pourquoi une grève de la production ne suffirait pas !

Partons de l’exemple concret de l’histoire d’un gobelet plastique.

Première étape : extraire le pétrole

Dans le monde, 27% des émissions totales de gaz à effet de serre sont liées à l’industrie des énergies fossiles, sans compter les marées noires et autres accidents de forages qui polluent les océans et sans compter les émissions libérées par la combustion de ces énergies fossiles pour leur utilisation finale (chauffage, transport, industries..). Le dernier rapport du GIEC préconise de laisser dans le sous sol 80% des énergies fossiles déjà connues afin de limiter la hausse de température liée à l’effet de serre et éviter l’emballement des changements climatiques.

Pourtant, financées par les plus grandes banques, ces multinationales du pétrole, championnes de l’extractivisme émettent toujours plus de CO2 à mesure qu’elles se tournent vers les énergies plus extrêmes : gaz et pétrole de schistes, sables bitumineux…

La connivence entre ces grandes multinationales pétro-gazières et les états est telle que leurs positions de par le monde sont assurées (cf Total et GDF Suez en France, et la « Francafrique »), souvent même au mépris des droits des peuples (mensonges, corruption, conflits armés).

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Dmitry Orlov : “La population européenne est moins instable qu’en Amérique”

Traduction d’un entretien avec Dmitry Orlov réalisé le 15 décembre 2011.

Quelle différence voyez-vous entre l’avenir de l’Amérique et celui de l’Europe ?

Les pays d’Europe sont des entités historiques qui gardent encore des vestiges d’allégeance par delà le domaine monétisé, commercial, tandis que les États-Unis ont commencé comme une entité commerciale, basée sur une révolution qui était essentiellement une révolte fiscale et donc n’avait pas de position de repli. La population européenne est moins instable qu’en Amérique, avec un plus fort sens de l’appartenance régionale, et elle est plus susceptible d’avoir des relations avec ses voisins, de pouvoir trouver un langage commun et de trouver des solutions aux difficultés communes.

La plus grande différence probablement, et la plus prometteuse pour une discussion fructueuse, est dans le domaine de la politique locale. La vie politique européenne est peut-être endommagée par la politique de l’argent (1) et le libéralisme de marché, mais au contraire des États-Unis, elle ne semble pas en complète mort cérébrale. Du moins j’espère qu’elle n’est pas complètement morte ; l’air chaud sortant de Bruxelles est souvent indistinguable de la vapeur dissipée par Washington, mais de meilleures choses pourraient se produire au niveau local.

En Europe il reste quelque chose comme un spectre politique, la contestation n’est pas entièrement futile, et la révolte n’est pas entièrement suicidaire. En somme, le paysage politique européen peut offrir beaucoup plus de possibilités de relocalisation, de démonétisation des relations humaines, de dévolution à des institutions et des systèmes de subsistance plus locaux, que les États-Unis.

L’effondrement américain retardera-t-il l’effondrement européen ou l’accélérera-t-il ?
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La crise s’aggrave dans les services pétroliers

Schlumberger va supprimer 11.000 postes dans le monde.

La crise qui touche de plein fouet le secteur des services pétroliers monte d’un cran. C’est le message envoyé par Schlumberger lors de la présentation de ses résultats du premiertrimestre, en fin de semaine dernière : le géant franco-américain a annoncé la suppression de 11.000 emplois supplémentaires, qui viendront s’ajouter aux 9.000 suppressions annoncées en janvier. Au total, le groupe va se séparer de 15 % de son effectif global.

 

«  La chute brutale de l’activité, en particulier en Amérique du Nord, veut que nous prenions des mesures additionnelles », a commenté le CEO du groupe, Paal Kibsgaard. «  Nous pensons que le redressement de l’activité de forage aux Etats-Unis prendra du temps. » En outre, ce redressement «  ne permettra pas de revenir aux niveaux précédents, loin de là, ce qui prolongera la période de prix bas », a-t-il poursuivi.

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Cuba : Comment survécut le pays sans pétrole en 1990 [Rediff.]

L’humanité n’a jamais fait l’expérience de la pénurie totale de pétrole. Il n’existe qu’un précédent, à l’échelle d’un petit pays isolé : Cuba. Après l’effondrement de l’Union soviétique, ce pays a en effet connu une pénurie de pétrole comparable à celle qui frappera inévitablement le monde entier à moins qu’on ne la prévienne par des changements immédiats et radicaux dans les habitudes de consommation de l’énergie.

Le peuple cubain a su faire preuve d’une solidarité exemplaire qui l’a rendu capable, entre autres exploits, de transformer complètement son agriculture en une dizaine d’années. Les tracteurs et les fertilisants russes avaient en effet permis à Cuba, dans le cadre de sa révolution verte, de se doter d’une agriculture plus industrialisée encore que celle des États-Unis, produisant de grandes quantités de sucre destiné l’exportation et important une forte proportion de sa nourriture, 50% de son riz par exemple.

Aujourd’hui, le pays est auto-suffisant et après avoir redécouvert les vertus de la petite ferme privée et celle du jardinage urbain, il exporte des spécialistes de l’agriculture biologique dans le reste de l’Amérique latine.


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Or noir, la grande histoire du pétrole

Matthieu Auzanneau est journaliste, chargé de la prospective au Shift Project, auteur du blog “Oil Man”. Il répond à nos questions à propos de son ouvrage “Or Noir, la grande histoire du pétrole” (Éditions La Découverte).

- Le rapport sur la menace irakienne, utilisé par l’administration Bush pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003, vient d’être déclassifié. Quels sont les éléments qui laissent à penser que cette guerre était liée au pétrole pour Washington et Londres ?
– Pourquoi écrire une “histoire du pétrole” ? De quelle manière cette énergie a-t-elle transformé nos sociétés ?
– Les bouleversements engendrés par la raréfaction des ressources du pétrole risquent d’être considérables. Selon vous, les acteurs étatiques et économiques mondiaux se préparent-ils de manière suffisante à cette transition ?
– Dans ces conditions, peut-on imaginer que les pétroles dits non conventionnels constituent un relais au pétrole conventionnel ?

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Chute de la production américaine de pétrole

Washington annonce un recul des extractions aux Etats-Unis pour la première fois depuis la baisse des prix du brut. Les majors encaissent un spectaculaire repli de leurs découvertes. Et l’Arabie Saoudite révèle une très forte accélération du rythme de forage dans ses champs existants.

On l’attendait, mais peut-être pas si vite. La production américaine de pétrole marque un important repli en rythme hebdomadaire et mensuel, selon les chiffres rendus publics cette semaine (02/04/2015) par Washington. Ce sont les premières baisses des extractions enregistrées depuis l’effondrement des cours du baril.

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Pétrole : L’effondrement des cours est-il une question d’offre ou de demande ?

Les cours du pétrole ont diminué de moitié entre juin et décembre 2014. Les retombées de ce recul sur l’économie mondiale dépendent de manière cruciale des facteurs sous-jacents. Si elle tient à une augmentation de l’offre, la baisse aurait dû stimuler la croissance mondiale de diverses façons, notamment en relevant les revenus réels des consommateurs de pétrole. En revanche, si elle est imputable à une contraction de l’activité, elle serait purement et simplement le symptôme d’une faiblesse de la demande mondiale.

Il est difficile d’identifier les chocs à l’origine du recul. Le pétrole brut est un bien stockable et, à ce titre, un actif réel : son cours dépend non seulement de la situation de l’offre et de la demande, mais aussi des anticipations sur l’évolution du marché. Ces anticipations dépendent elles-mêmes de nombreux facteurs, dont les perspectives de l’économie mondiale, mais elles influent aussi sur ces perspectives (par exemple, une vision pessimiste de l’offre de pétrole devrait entraîner une hausse des cours et, en conséquence, un recul de l’activité).

Le présent encadré examine deux approches efficaces pour dissocier les chocs sur l’offre et sur la demande qui ont provoqué l’effondrement des cours en 2014. L’identification des chocs dépendant du modèle sous-jacent, les deux séries de résultats ne donnent pas une évaluation chiffrée précise, mais présentent une vision d’ensemble des facteurs susceptibles d’avoir causé cet effondrement.

La première approche dissocie les chocs sur l’offre de ceux sur la demande en examinant les variations parallèles des cours du pétrole et des valeurs mobilières. Plus précisément, un modèle d’auto-régression vectorielle (ARV) est estimé avec des données quotidiennes sur les cours du pétrole (brut Brent) et les cours mondiaux des valeurs mobilières (Morgan Stanley Capital International All Country World Index) entre le 2 janvier 1991 et le 5 janvier 2015.
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Et si l’on se refaisait une crise financière?

De l’argent qui coule à flots tandis que la montagne de la dette grandit: la croissance mondiale dont la zone euro commence à bénéficier elle aussi ne repose-t-elle pas sur des bases très fragiles ?

Si l’on en croit le Fond monétaire international, la croissance mondiale devrait accélérer doucement pour passer de 3,3% en 2013 et 2014 à 3,5% cette année et à 3,7% en 2016.  La baisse du prix du pétrole explique une partie de ce regain de vigueur, mais l’essentiel vient de la politique extrêmement stimulante menée par les grandes banques centrales. Aux Etats-Unis, cela fait près de sept ans que la Réserve fédérale mène une politique de taux zéro et la croissance semble solidement établie à plus de 2,5% l’an.

Ne serait-il pas temps de revenir à une politique plus tempérée? Déjà, la banque centrale a arrêté ses injections massives de liquidités; elle s’apprête maintenant à remonter ses taux directeurs, mais elle avance avec beaucoup de précautions. Au point d’inquiéter des économistes qui craignent une action trop tardive. Ainsi que le rappelle Philippe Weber, responsable étude et stratégie de CPR AM«il faut entre six et huit trimestres pour qu’une hausse des taux fasse de l’effet». Mieux vaudrait donc ne pas trop attendre.

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L’OCDE redoute une nouvelle crise financière

L’organisation prévoit néanmoins en zone euro une croissance de 1,4 % en 2015 et 2 % en 2016, soit davantage que dans ses précédentes estimations.

L’OCDE se montre nettement plus optimiste pour la zone euro dans ses prévisions de croissance publiées mercredi (18 mars), mais s’inquiète fort de la très faible inflation dans la région, et de la surchauffe financière partout dans le monde.

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Russie : Et si la mort de Christophe de Margerie, PDG de Total, n’était pas un accident… (Màj vidéo)

Addendum du 05/04/2015 : Le mari d’une hôtesse de l’air ne croit pas à l’accident

Rencontre avec le mari d’une hôtesse de l’air qui a péri dans le crash de l’avion dans lequel se trouvait Christophe de Margerie, PDG de Total. Lui s’interroge, et pointe des zones d’ombres, alors qu’une enquête est actuellement en cours en France et en Russie.

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Addendum du 24/10/2014 : Interpellations et démissions en Russie
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Iran : Un futur partenaire de choix pour l’Occident ?

Ce 1er avril, il n’y a toujours pas d’accord à Lausanne, en Suisse, sur le contrôle du nucléaire iranien, mais l’optimisme demeure. L’enjeu est capital, selon Étienne Leenhardt. Un accord avec l’Iran serait “une nouvelle donne politique“.

Dans le chaos actuel du Moyen-Orient, l’Iran a déjà su se rendre incontournable. C’est déjà notre ami en Irak parce qu’il se bat à nos côtés contre le groupe État islamique. L’Iran soutient encore le régime de Bachar al-Assad et il pourrait très bien – si nous décidons de reparler au régime de Damas – servir d’intermédiaire. Et puis, l’Iran est influent auprès des milices Hezbollah au Liban, mais également actuellement dans la crise du Yémen“, explique le journaliste.

L’Occident a les yeux rivés sur Lausanne

Et puis, ce serait une nouvelle donne économique si les sanctions qui pèsent sur l’Iran sont levées. C’est un marché de 80 millions d’habitants qui s’ouvre. C’est un pays jeune, éduqué, riche en pétrole – 4e réserve mondiale -, en gaz – 2e réserve au monde -. Toutes les entreprises occidentales (…) ont le pied sur l’accélérateur pour signer des contrats et les yeux tournés vers Lausanne

Zone euro : 2017 sera une année catastrophique (Natixis)

Dans une étude publiée le 17 mars dernier, le groupe bancaire, né de la fusion des groupes Caisse d’Épargne et Banque populaire, fait part de son pessimisme à moyen terme. Le pôle de recherche économique de Natixis craint en effet que plusieurs facteurs qui se cumulent conduisent à ce que 2017 soit une très mauvaise année pour la zone euro.

• Le rééquilibrage du marché du pétrole après la baisse du prix du pétrole en 2014 devrait conduire à une remontée de ce prix, d’où une perte de demande et de croissance, et le retour de l’inflation à un niveau voisin de l’objectif de la BCE

• La BCE devrait donc arrêter le Quantitative Easing, d’où remontée des taux d’intérêt à long terme, normalisation des primes de risque, ré-appréciation de l’euro; en conséquence des difficultés pour les investisseurs (qui ont accumulé des actifs avec des rendements et des primes de risque faibles); des difficultés pour les emprunteurs publics et privés, un recul de la demande;

• Dans certains pays (France, Espagne, Italie), la nécessité de réaliser un ajustement budgétaire important dans un environnement plus défavorable: croissance plus faible, taux d’intérêt plus élevés.
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Pétrole et sacs plastiques

Résistants et bon marché, les sacs plastiques sont bien pratiques pour faire des achats. Mais une fois les emplettes terminées, ils peuvent vite se transformer en danger pour l’environnement. Car au lieu de finir à la décharge, ils atterrissent bien souvent dans la nature où ils s’invitent dans la chaîne alimentaire des animaux, et finalement des humains.

Par ailleurs, la plupart des sacs plastiques sont obtenus à partir du pétrole, une matière première non renouvelable. L’Union européenne entend bien endiguer ce déluge de sacs plastiques : d’ici 2025, elle espère que chaque citoyen ne consommera plus que 40 sacs par an. A l’heure qu’il est, leur consommation annuelle par habitant est de 70 en Allemagne et de 80 en France.

L’Hexagone est bien placé pour atteindre l’objectif fixé puisqu’à partir de 2016, les sacs plastiques à usage unique y seront interdits. A Berlin, les présentateurs de « X:enius » découvrent qu’il est parfaitement possible de faire ses courses sans sachets. Il existe même un supermarché qui a renoncé à toutes les formes de plastiques, sacs ou emballages.

Europe : La déflation est-elle une bonne chose ?

Dans l’économie mondialisée d’aujourd’hui aucun prix n’a plus d’importance que celui du pétrole brut. Plus de 80 millions de barils sont produits et consommés chaque jour, dont la plus grande partie est vendue sur les marchés internationaux. Aussi la chute brutale du prix du pétrole brut (de 110 dollars le baril l’année dernière à environ 60 dollars aujourd’hui) permet-elle aux pays importateurs d’économiser des centaines de milliards de dollars. Pour l’UE et les USA, cela représente 2 à 3% de leur PIB.

Pour l’Europe, les avantages liés à cette baisse pourraient augmenter avec le temps, car les contrats à long terme de fourniture de gaz sont indexés sur le prix du pétrole. C’est un autre avantage pour le continent, car le prix du gaz naturel y était encore récemment beaucoup plus élevé qu’aux USA qui bénéficient du coût très bas du gaz de schiste.

Pourtant beaucoup d’observateurs estiment qu’un pétrole bon marché n’est pas sans inconvénient, car cela accroît les tendances déflationnistes dans les pays avancés déjà embourbés dans le piège d’une croissance faible. Selon ce point de vue, la chute du prix du pétrole va empêcher les banques centrales de ces pays d’atteindre le taux d’inflation de 2% que la plupart se sont fixées dans le cadre de leur mandat de maintien de la stabilité des prix.

C’est la première fois que les prix baissent depuis 2009 dans la zone euro qui se retrouve ainsi en première ligne. Elle devrait éviter la déflation parce que les pays débiteurs auraient alors encore plus de difficultés à rembourser, les premiers concernés étant ceux de la périphérie de la zone euro (la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Portugal et l’Espagne).
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