La fin de la croissance : le pétrole montré du doigt

Non seulement la croissance économique des années 2000 est chose du passé, mais la fin du pétrole à rabais aura un impact significatif sur l’économie en général et la mondialisation en particulier. C’est la thèse soutenue par l’économiste Jeff Rubin, lors de son passage jeudi [16 mai 2013] à Montréal.

La statistique est probante : en l’an 2000, la facture d’essence mondiale était de 800 milliards de dollars par année. Aujourd’hui, elle avoisine les 3.000 milliards de dollars, calcule Jeff Rubin, qui était de passage à Fintech Montréal jeudi [16 mai 2013] pour livrer les conclusions de son deuxième essai The End of Growth (La Fin de la croissance).

Jeff Rubin a quitté la CIBC en 2009 après qu’on lui eût refusé la permission d’écrire son premier best-seller, Why Your World Is About to Get a Whole Lot Smaller : Oil and the End of Globalization.

Dans ses deux bouquins, il analyse les mutations profondes que subiront les économies du monde dont la croissance a été portée, pour l’essentiel, par le pétrole à rabais.
Qu’on en juge : « en moyenne, dans les quatre dernières décennies, une augmentation de 1 % de la consommation de pétrole a engendré une croissance de 2 % du PIB mondial », écrit Jeff Rubin dans son dernier essai.

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Le monde en 2030… selon la CIA (Màj)

Tous les quatre ans, au début de chaque nouveau mandat présidentiel aux États-Unis, le National Intelligence Council (NIC), bureau d’analyse et d’anticipation géopolitique et économique de la Central Intelligence Agency (CIA), publie un rapport qui devient automatiquement une référence majeure pour toutes les chancelleries du monde.

Bien qu’il s’agisse, évidemment, d’une vision très partielle (celle de Washington), élaborée par une agence (la CIA) dont la mission principale est de défendre les intérêts des États-Unis, le rapport stratégique du NIC présente un intérêt indiscutable : il résulte d’une mise en commun – révisée par toutes les agences d’intelligence américaines – d’études élaborées par des experts indépendants de plusieurs universités et de nombreux pays (Europe, Chine, Inde, Afrique, Amérique Latine, monde arabo-musulman, etc.).
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Transition énergétique : le contre-modèle allemand

Par Jean Syrota, ancien président de la commission énergie au Centre d’analyse stratégique, ancien directeur de la Cogema, et Etienne Beeker, économiste de l’énergie

L’Allemagne a fondé son développement industriel sur le charbon (houille et lignite), dont elle continue à subventionner la production Aujourd’hui encore, rien que pour assurer 45% de sa production d’électricité, elle en consomme plus de 200 millions de tonnes par an qui sont la première source des fortes émissions de CO2 du pays. Ainsi, en moyenne, un citoyen allemand émet moitié plus de ce gaz à effet de serre qu’un citoyen français (10,3 tonnes par an contre 6,3), pour une consommation d’énergie et un niveau de vie comparables.

L’action du gouvernement allemand, ces dernières années, dans le domaine de l’énergie, a été axée principalement autour de :

- la construction de 23 centrales électriques au charbon,

- l’inauguration d’un nouveau gazoduc, Nordstream, permettant des importations massives et directes de Russie,

- un fort développement des énergies renouvelables intermittentes (éolien et photovoltaïque) et de la biomasse avec des cultures dédiées

- une attitude cahoteuse et imprévisible concernant l’avenir du nucléaire, qui faisait l’objet d’un consensus favorable jusqu’en 1998 ; une coalition SPD-Verts planifie alorsla sortie progressive du nucléaire, avec 2020 comme échéance. En 2010, le gouvernement dominé par la CDU prolonge la durée de vie des réacteurs jusqu’en 2036 puis, après l’accident de Fukushima, en 2011, ramène cette date à 2022 et fait arrêter huit réacteurs, dans le cadre d’une transition énergétique, ou « Energiewende ».

L’Energiewende : une gigantesque ambition nationale et déjà des interrogations
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(R)évolutionnons l’agriculture !

Nombreux sous-estiment l’importance de l’alimentation dans les problèmes liés à la mondialisation. De fait, ils sous-estiment également la nécessité impérieuse de changer radicalement de production/consommation alimentaire.

L’alimentation, ce n’est pas qu’une question de calories. C’est une question de raréfaction de l’eau, d’environnement dégradé, de dépendance au pétrole, d’accaparement des terres, de la généralisation des OGM au nom de la productivité, de la finance spéculative, d’intrants chimiques distillés dans la nature, de renforcement des bactéries, d’érosion du corail, de répartition de la production entre l’élevage et l’homme, de famines, de conditionnement polluants et de la stabilité futures des sociétés.

Thomas Porcher : “Le mirage du gaz de schiste”

Au coeur des débats, le gaz de schiste est supposé constituer l’énergie du futur et même sortir la France de la crise. Thomas Porcher démonte un par un l’ensemble des arguments des lobbies progaz de schiste. Depuis le discours de François Hollande à la Conférence environnementale du 14 septembre 2012, la France est le premier pays à avoir clairement refusé l’exploitation des gaz et huiles de schiste.

Ce choix peut paraître paradoxal dans la mesure où c’est aussi le pays européen qui dispose des ressources les plus importantes. Alors que le débat se focalise le plus souvent sur les problématiques environnementales, Thomas Porcher aborde le sujet d’un point de vue économique et décline de manière synthétique les conséquences d’une ouverture législative d’une telle exploitation. Entre autres : Absence de création d’emplois pérennes ; Absence d’incidence sur le coût de l’énergie pour les particuliers.

Appauvrissement de la valeur immobilière des terrains à l’entour d’une exploitation sans bénéfice pécuniaire pour les propriétaires ; Cet argumentaire vient contrebalancer point par point une information largement dominée par les lobbies et éclaire le citoyen sur des choix de société qui auront des conséquences sur plusieurs décennies.

Émission “C à dire ?!” du 03 Mai 2013

Mexique : Un émergent entravé

Le Mexique est une puissance économique émergente, mais c’est aussi l’un des pays les plus violents au monde. En quoi cet État, situé entre Amérique du Nord et Amérique latine, doit-il faire face à des défis structurels qui pourraient gêner son émergence ?

Comment le Mexique peut-il faire face à des défis structurels qui pourraient gêner son émergence ?

Angola / pétrole : une nouvelle loi qui bouleverse banques et dollar

Petite révolution financière à prévoir en Angola … et plus largement dans le secteur pétrolier et sur le marché des devises.

Une nouvelle loi impactant directement les compagnies pétrolières devrait faire du bruit dans Landerneau … et bien au delà. Cette dernière impose aux majors opérant dans ce pays – important producteur de pétrole – et à leurs prestataires de services de régler leurs dépenses en monnaie locale (à compter du 1er juillet 2013) et via un compte bancaire domicilié en Angola. De quoi bouleverser la donne … Alors que ces paiements s’effectuaient jusqu’à présent principalement à l’étranger et en dollars.

Les économistes estiment ainsi que le système bancaire angolais va devoir faire face à un afflux massif de capitaux et à une augmentation importante du nombre de transactions s’il veut pouvoir répondre aux besoins des acteurs pétroliers.

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Grèce : La “stratégie du choc” appliquée

Selon l’auteur Naomi Klein, l’utilisation systémique du choc et de la peur par les élites au pouvoir pour ébranler les communautés vulnérables est très évidente dans la Grèce d’aujourd’hui. De la montée du racisme à la vente du pétrole et des ressources en gaz naturel du pays, beaucoup de ce qui va façonner le futur immédiat de la Grèce sont des conséquences prévisibles de la politique d’austérité.

Naomi Klein est l’auteur du controversé best-seller du New-York Times “La Doctrine du Choc” (ou la stratégie du choc), auquel on a décerné la qualification de « récit majeur de notre temps ». Le livre explique que les intérêts commerciaux et les grandes puissances exploitent le choc, qu’il soit sous la forme d’un désastre naturel, d’un problème économique ou des turbulences politiques, comme une opportunité de restructurer de manière agressive les économies des pays vulnérables.

Dans un entretien avec EnetEnglish, elle avance le fait que parce que les politiques ultra-capitalistes sont désagréables à la majorité des citoyens, on ne peut pas les mettre en place sans un choc, allant de l’hypermédiatisation d’un fait divers à la torture policière qui écrase la résistance populaire.

Comment les événements en Grèce se rapprochent de vos arguments dans la stratégie du choc ?
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La baisse des prix des matières premières est à double tranchant pour l’économie

Certaines entreprises, voire des économies entières, souffrent déjà de la baisse des prix des matières premières. Mais la chute des cours des produits de base n’a pas que des inconvénients.

De nombreuses matières premières ont vu leur prix baisser depuis le début de l’année. La crise en Europe et, depuis quelques mois, un ralentissement de l’activité en Chine, ont freiné la demande, alors même que l’offre de denrées de base est en augmentation cette année, que ce soit à la sortie des puits de pétrole et de gaz, dans les mines de cuivre, de fer ou de zinc, les champs de canne à sucre ou les plantations de café.

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Pays du Golfe : Comment les Émirats pétroliers préparent l’après-pétrole ?

Émission diffusée sur France Culture le 23/04/2013 avec Caroline Piquet, maître de conférences à Paris-Sorbonne

La première chose qui frappe est la diversité des situations économiques observées d’un pays à l’autre.

Bahrein : les hydrocarbures représentent 12% du PIB
Koweit : les hydrocarbures représentent 95 % des revenus
Qatar : les hydrocarbures représentent 52% du PIB


(Merci à Le Chiffre Le Fer)

Les profits des négociants de matières premières dépassent ceux des banques

Les chiffres donnent le tournis. Les vingt plus gros négociants de matières premières au monde ont empoché près de 250 milliards de dollars (191 milliards d’euros) au cours de la dernière décennie, devant les géants du secteur automobile (179 milliards d’euros sur la même période de 2003 à 2012 pour Toyota, Volkswagen, BMW, Renault et Ford) et bancaire (171 milliards d’euros pour JPMorgan, Goldman Sachs et Morgan Stanley).

Les négociants, pierre angulaire des échanges mondiaux de matières premières, font traditionnellement le lien entre producteurs et consommateurs. Pourtant leurs noms (Glencore, Vitol, Trafigura, Gunvor, Cargill, Archer Daniels Midland, Louis Dreyfus, Wilmar, Noble, Mitsubishi, Mitsui) ne sont pas encore connus du grand public.

Les chiffres d’affaires font encore davantage vaciller : les revenus des dix plus gros négociants en 2012 tournent autour de 916 milliards d’euros, soit l’équivalent du PIB de la Corée du Sud. Toutes ces données, compilées par le Financial Times, dessinent un paysage impressionnant et jusqu’ici méconnu puisque rares sont les négociants cotés en Bourse et contraints à un minimum de transparence financière – des entreprises peu ou pas régulées, comme la plupart des grandes multinationales opérant dans des pays en développement.

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Croissance = Dette = Facture énergétique ?

Il a surnommé ça “la tache de Rorschach. Olivier Rech, ancien responsable du pétrole à l’Agence internationale de l’énergie, est l’un des rares à faire le rapprochement entre croissance, dette et consommation d’hydrocarbures. Un rapprochement que nul n’envisage pour l’heure dans les facultés d’économie ou à Science Po.

Dommage. Le lien, tel que l’expose M. Rech, n’est jamais apparu aussi limpide :

En vert, c’est la croissance de la dette des Etats, en jaune la croissance de la facture de pétrole et de gaz et en bleu, c’est la croissance, tout court.

Pour être sûr qu’il ne s’agit pas d’une illusion optique, voici le même rapprochement pour le Portugal, l’Italie, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne (les PIIGS, comme les appellent élégamment les négociants en credit default swaps) :

Nous autres Européens fabriquons de la croissance strictement à crédit, crédit qui coûte ce que nous coûte l’énergie importée nécessaire pour faire tourner la boutique. Semble-t-il.

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Gaz de schiste : Bulle spéculative ou solution miracle ?

Par Alfredo Jalife-Rahme, professeur de Sciences politiques et sociales à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM)

Il n’y a pas de débat sur le gaz de schiste ; s’agit-il d’un miracle de la technologie US, comme nous le crient sur tous les toits les médias anglo-saxons, ce qui relèverait d’un exploit prométhéen, ou bien d’une vulgaire bulle spéculative gonflée par les tenants de la gouvernance financière, thèse défendue par le centre de réflexion géostratégique DeDefensa.org, qui a son siège à Bruxelles ? [1]

Or ce débat a tout lieu d’être, puisque c’est de sa conclusion que dépend la nouvelle place imprenable à laquelle aspirent les USA : puissance énergétique globale capable de rivaliser avec la Russie et l’OPEP, si la manne gazière se confirme, ou tentative publicitaire piteuse pour retarder la décadence de la jadis superpuissance unipolaire ?

Un ami banquier haut placé qui demande à garder l’anonymat est d’avis que le fracking (la fracturation de la roche à 4.000 m de profondeur, grâce à une énorme quantité d’eau) est une autre opération d’intox, car ce n’est absolument pas viable. Il ajoute que les investissements en fracking sont un gouffre, et que les liquidités générées par la vente de pétrole ne suffisent pas à financer la croissance nécessaire à cette nouvelle industrie.

En effet, les puits ouverts par fracking s’épuisent très vite ; pour une production soutenue à un certain niveau, il faut ouvrir constamment de nouveaux puits. C’est indispensable et ne suffira guère qu’à maintenir un niveau de production donné.

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La “renaissance” pétrolière américaine

En pronostiquant que la production pétrolière des Etats-Unis surpassera celle de l’Arabie saoudite (10 millions de barils par jour – mb/j) d’ici à 2020, l’Agence internationale de l’énergie est venue alimenter la fabrique à mythes économiques de Wall Street. La banque Citigroup prévoit la création de 3,6 millions de jobs grâce à ce phénomène qui, comme toutes les bonnes histoires, a un titre accrocheur : «La renaissance pétrolière.»

Il ne fait aucun doute qu’après plus de trente ans de baisse, l’extraction pétrolière américaine a rebondi grâce aux gisements non conventionnels. Après le boom, puis l’effondrement pour cause de surproduction des gaz de schiste, les exploitants se sont tournés vers les liquides présents en quantité aux marges des bassins. Du coup, la production pétrolière américaine a augmenté de plus de 30% depuis 2007. Elle devrait atteindre selon le Département de l’énergie 7,5 mb/j cette année contre 6,4 en 2012. La presse spécialisée est pleine de paris sur le moment où la production domestique dépassera les importations.

Réel, le phénomène est à distinguer des prédictions exubérantes de Wall Street. Pour le comprendre, il faut plonger dans la technique.

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L’extravagante affaire des avions renifleurs

Rien n’était impossible dans les seventies, malgré le choc pétrolier. On croyait encore au miracle. En juin 1976, Giscard d’Estaing reçoit en grand secret à l’Elysée un comte belge au nom espagnol, un réparateur de télévision italien, magicien à ses heures, et un avocat qui se prétend lié aux milieux du renseignement. Ils lui sont présentés par deux hauts personnages, Antoine Pinay, l’ancien ministre des Finances de la IVe République, et Pierre Guillaumat, PDG d’Elf-Erap.

Aldo Bonassoli, le bricolo, Alain De Villegas, l’aristo, et Jean Violet, l’homme de l’ombre, viennent fourguer au président français une machine destinée à repérer, à renifler, par avion, les gisements pétrolifères, à l’aide d’un système radar embarqué qui renvoie une image couleur en présence d’hydrocarbures. Les trois Pieds Nickelés avaient déjà envoûté les pontes d’Elf-Erap et leur avaient soutiré 250 millions de francs suisses. Un contrat avait été signé à l’Union des Banques suisses à Genève. Une garantie de sérieux.

La crise larvée des pays du Golfe

Des pays du Golfe, on ne voit en ce début d’année que le Qatar et ses nouvelles vitrines françaises : le récent rachat du Paris-Saint-Germain et les investissements dans les banlieues.

Manifestants anti-gouvernementaux à Manama, capitale du Bahreïn, en 2011

Pourtant à Bahreïn, deux ans après l’écrasement de la révolution par les chars saoudiens, les manifestations en faveur de la démocratie continuent. Par-delà le débat créé par les placements qataris, les tensions dont Bahreïn est l’épicentre sont révélatrices d’un séisme en devenir. La capacité des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG : Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes uni, Koweït, Oman, Qatar) à poursuivre durablement leur expansion internationale est incertaine.

Derrière leur force de frappe financière couve en effet le dérèglement d’un modèle économique rentier, dont les prémices sont perceptibles dans les crises énergétique, de l’emploi et fiscale auxquelles ils font face.

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L’épopée de l’or noir

Documentaire en 6 épisodes réalisé par Jean-Pierre Beaurenaut et Yves Billon

Envis­agée sous tous ses aspects – géopoli­tique, économique, écologique, technique – l’épopée de l’or noir épouse étroite­ment les péripéties les plus marquantes de la grande his­toire dont elle a pro­fondé­ment mod­i­fié le cours.

Épisode 1 : l’âge d’or des majors

Épisode 2 : le nation­al­isme pétrolier
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“Irak : dix ans après l’invasion, le risque d’une guerre civile”

Dix ans après l’invasion de l’Irak par les Américains et les Anglais, le point sur la situation dans le pays, où stabilité et sécurité sont loin d’être acquis.

Bagdad. Une image parmi d’autres des attentats qui ont fait 65 morts en Irak, le 19 mars 2013, à l’occasion du dixième anniversaire de l’invasion du pays

Dix ans après la mission Iraqi Freedom, menée par les Américains et les Anglais, pour renverser Saddam Hussein, l’Irak est toujours un pays d’une grande instabilité, déchiré par des tensions entre communautés et secoué par des attentats terroristes.

Pourquoi, alors que le pays s’est doté d’une constitution et est redevenu un grand pays exportateur de pétrole, la situation est-elle toujours aussi instable d’un point de vue politique et communautaire ?

Karim Pakzad, chercheur à l’Iris, spécialiste de l’Irak, analyse pour BFMTV.com une situation complexe aux sources de tension multiformes.

Quelle est la situation politique en Irak aujourd’hui ?
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Crise alimentaire : Les affamés dans le monde seraient 2 milliards

Par Frédéric Dévé, agro-économiste et consultant indépendant. Il a aussi publié cet article sur Agte

Selon les estimations de la FAO, le monde compterait environ 870 millions de personnes sous-alimentées. Ce chiffre découle, non d’un recensement, mais d’une méthodologie selon certaines hypothèses de calcul. En 2012, la FAO dans son rapport sur l’état de l’insécurité alimentaire 2012 a revu ces hypothèses dans un sens plus réaliste. Ce qui conduit à estimer le nombre de personnes sous-alimentées à… environ deux milliards.

La méthodologie aboutit à estimer que la sous-alimentation chronique touche encore 870 millions de personnes dans le monde. Et pourtant… une observation importante mérite d’être faite. La méthodologie d’estimation du rapport 2012 a en effet été ajustée, et parmi les innovations s’en trouve une qui peut questionner drastiquement les chiffres retenus et diffusés, concernant l’objectif du millénaire N°1.

Si l’on applique l’hypothèse d’une activité « normale », le chiffre des personnes affectées par la sous-alimentation passe à 1,5 milliards de personnes. Si on retient l’hypothèse d’une activité « intense » (plus réaliste au style de vie paysan), ce chiffre passe à 2,5 milliards de personnes.

C’est un indice de prévalence de l’inadéquation de l’alimentation qui a été utilisé, et non plus l’ancien indice de privation chronique d’alimentation. Ce nouvel indicateur est analogue conceptuellement à l’ancien, mais :
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