Pays émergents : Retour aux fondamentaux

Après 15 ans de battage médiatique, une nouvelle opinion commune s’est établie: les marchés émergents sont dans le pétrin. De nombreux analystes ont extrapolé une croissance rapide dans des pays comme le Brésil, la Russie, la Turquie et l’Inde dans un futur indéterminé, en les tenant pour les nouveaux moteurs de l’économie mondiale.

Aujourd’hui la croissance est en baisse dans la quasi-totalité d’entre eux ainsi que des investisseurs retirent leur argent, inspirés en partie par l’espoir que la Réserve fédérale américaine relève ses taux d’intérêt en septembre. Leurs monnaies ont chuté, alors que les scandales de corruption et d’autres difficultés politiques ont accablé le récit économique dans des endroits comme le Brésil et la Turquie.

Rétrospectivement, il est apparu clairement qu’il n’y avait en fait aucune logique de croissance cohérente dans la plupart des marchés émergents. Sous le vernis, on trouve en fait des taux de croissance élevés motivés non pas par une transformation productive, mais par la demande intérieure, à son tour alimentée par booms temporaires des matières premières et des niveaux non viables d’emprunts publics ou plus souvent privés.

Oui, il y a beaucoup d’entreprises de classe mondiale dans les marchés émergents et l’expansion de la classe moyenne est indéniable. Mais seule une part infime de la main-d’œuvre de ces économies est employée dans des entreprises productives, alors que les entreprises improductives informelles absorbent le reste.
Lire la suite

Brésil : “Petrobras”, le scandale qui secoue le pays

Le Brésil est secoué par un scandale aux proportions inédites, qui touche à la fois des grands acteurs économiques et des personnalités appartenant à la coalition de centre gauche, avec laquelle gouverne la présidente Dilma Rousseff. La lutte contre la corruption est désormais en tête de l’agenda du géant sud-américain et d’autres pays de la région.

Le scandale Petrobras est une affaire de corruption politique, révélée en mars 2014, qui touche à la fois l’entreprise pétrolière contrôlée par l’Etat, Petrobras, et les géants brésiliens du BTP (bâtiment et travaux publics). Ces deux secteurs travaillent ensemble sur des grands chantiers d’infrastructure, notamment ceux liés aux nouvelles réserves en eaux profondes découvertes au large du Brésil méridional.

Les entreprises du BTP auraient formé un cartel pour se partager ces marchés et pour les surfacturer. En contrepartie, des pots-de-vin auraient été versés aux partis de la coalition gouvernementale de centre gauche, au pouvoir depuis la prise de fonction du président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010).

Les malversations et dessous de table auraient pour principal objectif de financer des campagnes électorales, sans exclure que certains dirigeants d’entreprise ou hommes politiques se soient servis au passage.
Lire la suite

Le Brésil et le Mexique peuvent-ils passer de la concurrence à la complémentarité ?

Le président élu du Mexique, Enrique Peña Nieto, a effectué une tournée latino-américaine, du 17 au 24 septembre, avec un agenda à la fois diplomatique, sécuritaire et économique. A São Paulo et à Brasilia, il a exprimé sa volonté de relancer les relations avec le géant sud-américain, remplaçant le « climat de concurrence » par la « complémentarité ».

« Nous voulons connaître la réforme qui a permis à [l’entreprise brésilienne] Petrobras de devenir un des grands pétroliers du monde et l’adapter dans une certaine mesure à la réalité de Pemex », son homologue mexicaine, a déclaré M. Peña Nieto. Le futur président du Mexique a exprimé son intérêt pour le programme social « Bourse famille ». « L’idée est de profiter de l’expérience de succès du Brésil en matière de développement social, qui a permis à ce pays de sortir de la pauvreté près de 30 millions de personnes en une décennie », a-t-il affirmé.

Le Mexique et le Brésil sont en concurrence pour attirer les investissements étrangers. Leur commerce est parfois concurrentiel, par exemple pour ce qui est de l’automobile.

Toutefois, cela ne justifie pas la rivalité entre les deux pays, qui disposent des meilleurs outils diplomatiques d’Amérique latine et d’une solide tradition sur le plan international.

Certes, pendant les douze ans de présidence du Parti d’action nationale (PAN, droite), la diplomatie mexicaine a été trop tournée vers Washington, allié dans la lutte contre le narcotrafic, tandis que la diplomatie brésilienne manifestait une autonomie croissante à l’égard des Etats-Unis.

Brasilia a sa part de responsabilité dans la rivalité avec Mexico. Des diplomates brésiliens d’Itamaraty, plus férus d’idéologie que de géographie, de démographie, d’économie ou d’histoire, ont essayé d’écarter le Mexique du processus d’intégration régionale en privilégiant le périmètre sud-américain. Cette volonté est patente avec la création de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), projetant sur la région l’organigramme du ministère brésilien des relations extérieures.

La division entre l’Amérique du Sud, d’une part, le Mexique, l’Amérique centrale et les Caraïbes, d’autre part, est illusoire, et ne correspond pas à une logique géopolitique. Elle ne fait que renforcer les tendances centrifuges, au lieu de contribuer à l’intégration entre les Etats latino-américains.

Lire la suite de l’article sur Le Monde

Le Brésil, puissance mondiale : vers un atlantisme du Sud ?

En tant que puissance régionale, le Brésil dispose d’un potentiel économique qui devrait lui permettre de renforcer dans les prochaines années son influence sur la politique mondiale. Alors que les relations transatlantiques ont connu un essoufflement durant les dix dernières années, le Brésil n’a-t-il pas une carte à jouer pour affirmer un atlantisme passant par le Sud ?

Durant les dix dernières années, plus de 20% de la population brésilienne est sortie du seuil de pauvreté. Sous la présidence de Lula, plus de 30 millions de Brésiliens ont rejoint la classe moyenne. Véritable levier de croissance et de modernisation économiques pour le Brésil, cette classe moyenne vient briser la tradition inégalitaire de l’ancienne colonie portugaise et donne au Brésil une image renouvelée qui dynamise les entreprises et renforce l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers.

À l’horizon 2025, la Banque mondiale estime d’ailleurs que le Brésil sera la 5e puissance économique mondiale en s’appuyant sur des secteurs qui forment l’ossature de l’économie brésilienne.

Lire la suite

Brésil : Les gages financiers de la nouvelle présidente

Dilma Rousseff, la présidente élue a tenu à rassurer les milieux financiers et économiques. Son adversaire n’avait pas hésité à exacerber les peurs. Elle hérite d’une économie solide, avec une prévision de croissance de 7% en 2010.

La bourse de São Paolo a fait lundi un bon accueil à Dilma Rousseff, élue présidente du Brésil dimanche au second tour de scrutin avec 56% des voix contre son adversaire, le social-démocrate José Serra. L’indice Bovespa a évolué en hausse (1,32% en fin de journée) alors que d’autres marchés faisaient du surplace.

Les investisseurs parient sur la continuité de la politique économique de son prédécesseur et mentor Luiz Inacio Lula da Silva. Au cours de ses deux mandats, entre 2003 et 2010, celui-ci a assuré une croissance annuelle moyenne de 5% durant une décennie, sorti 21 millions de personnes de la pauvreté, augmenté le revenu des ménages de 32% et créé 15 millions de nouvelles places de travail.

«Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le Brésil traverse une transition politique sans bouleversement dans l’économie», a fait remarquer Carlos Langoni, un ancien directeur de la Banque centrale brésilienne.

C’est ce qui explique l’empressement de Dilma Rousseff à donner des assurances aux acteurs financiers et économiques dès dimanche soir. «Nous nous occuperons de l’économie avec un sens de responsabilité totale. Les Brésiliens n’acceptent pas de gouvernement qui dépense aveuglément et nous ferons tous les efforts pour améliorer les dépenses publiques». Au lendemain de son élection en 2003, Lula da Silva avait livré le même type de message. Elle n’a toutefois pas caché son objectif de voir l’État jouer un plus grand rôle dans certains secteurs. Notamment le pétrole, dont de grandes réserves ont été découvertes récemment au large de Rio de Janeiro par la société nationale Petrobras.

Lire la suite sur Le Temps

La Lloyd’s et Chatham House : une pénurie de pétrole menace le monde

Deux institutions anglaises ô combien prestigieuses viennent de rejoindre la liste déjà longue des lanceurs d’alerte sur le “peak oil” (ou “pic pétrolier”, c’est-à-dire l’instant historique à partir duquel la production mondiale de pétrole amorcera un déclin irréversible).

Dans un rapport publié le 8 juin, la Lloyd’s, l’un des leaders mondiaux de l’assurance, et Chatham House, l’institut royal des affaires internationales, s’alarment à leur tour de l’éventualité d’un choc pétrolier imminent.

Les auteurs, deux chercheurs de Chatham House, soulignent qu’un déclin de la production pétrolière est «probable à court ou moyen terme», et évoquent la nécessité d’une «troisième révolution industrielle». Ils préviennent : «Même avant que nous atteignions le pic pétrolier, nous pourrions assister à une pénurie de pétrole à cause de la hausse de la demande en Asie.»

Richard Ward, directeur général de la Lloyd’s, écrit : «Nous sommes entrés dans une période de profonde incertitude vis-à-vis de la façon dont nous nous fournirons en énergie pour produire de l’électricité, nous chauffer et nous déplacer, et sur le prix que nous devrons payer cette énergie.»

Lire la suite