La planète pétrole s’enfonce dans la crise. So what ?

Au temps pour moi. J’ai fait état dans un précédent article d’une chute de la production pétrolière aux Etats-Unis en début d’année. Les extractions américaines sont entre-temps reparties à la hausse, atteignant 9,7 millions de barils par jour (Mb/j) au mois d’avril, d’après les dernières données mensuelles fournies par l’administration Obama.

Dopée depuis près de cinq ans par le boom du pétrole de schiste, la production américaine d’or noir frôle de plus en plus le record établi lors du pic historique de production de 1970. Le rythme de croissance de la production marque cependant nettement le pas, souligne l’agence Reuters, estimant qu’un tel ralentissement pourrait annoncer l’approche d’un plateau.

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Des chrétiens s’engagent dans le combat contre le réchauffement climatique

De plus en plus d’initiatives invitent les chrétiens à se saisir de l’enjeu climatique et de la question écologique. Partout dans le monde, les organisations appellent à la mobilisation… et en France aussi. 

30 novembre : ouverture de la conférence de Paris sur les changements climatiques, dite COP 21. La date est depuis longtemps à l’agenda des militants environnementaux, mais aussi des Églises et organisations chrétiennes.

Cette année, le carême est écologique

Campagne de carême du CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement des peuples), invitation à participer à la journée de jeûne de carême pour la justice climatique le 7 mars 2015… Les propositions ne manquent pas pour inciter les chrétiens à se saisir de la question climatique et faire de la crise écologique le thème sur lequel axer le carême 2015 qui a débuté mercredi 18 février – période de quarante jours durant laquelle les chrétiens tentent de vivre plus sobrement dans l’attente de Pâques.

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La crise pétrolière en 10 questions !

La baisse du prix du pétrole est un phénomène qui occupe désormais de nombreux esprits, qui interpelle les citoyens troublés par cette situation à priori paradoxale.

Pourtant, alors que la facture énergétique a dépassé le budget de l’éducation nationale en 2013, le pétrole n’apparaît même pas dans la loi nationale sur la transition énergétique. C’est dire le niveau d’ignorance ou de négligence dont politiciens et journalistes font preuve depuis des décennies.

Puisque les explications données sont souvent trop simplistes, les discussions de comptoir comblent les vides et les idées reçues deviennent la norme, y compris dans les plus hautes sphères. J’ai demandé sur un réseau social quelles étaient les questions principales sur ce sujet, afin de proposer dans cet article des éléments de réponse. Peut-être y trouverez-vous des précisions utiles.

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Calculer soi-même le pic mondial de production de pétrole

Bonjour! J’ai fait cette vidéo le lundi 21 avril 2014. Le but est de vous montrer, en quelques minutes seulement, comment visualiser par vous-même le pic mondial de production de pétrole.

Écrivez www.eia.gov dans le signet Adresse de votre navigateur et vous arrivez sur le site de l’EIA, EIA c’est une agence indépendante de la statistique aux États-Unis et qui représente LA bible que tous les dirigeants du monde utilisent pour prendre leurs décisions concernant les politiques énergétiques.

En passant la souris sur Geography, une fenêtre apparaît, cliquez sur International Energy Statistics. Vous arrivez sur la page des statistiques internationales concernant l’énergie. Passez la souris sur Petroleum une fenêtre apparaît. Passez sur Production, puis cliquez sur Monthly/Quartely
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Rob Hopkins: Transition vers un monde sans pétrole

Rob Hopkins nous rappelle que le pétrole dont notre monde dépend s’épuise progressivement. Il propose une solution unique à ce problème, la réponse de la transition, qui consiste à nous préparer à vivre sans pétrole et à sacrifier notre superflu pour bâtir des systèmes et des collectivités totalement indépendants des énergies fossiles.

Pétrole : Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle crise ?

Selon le nouveau rapport « World Investment Outlook » de l’Agence Internationale de l’Énergie (IEA) il faut trouver 48.000 milliards de dollars jusqu’en 2035 pour maintenir la production pétrolière au niveau actuel.

Pour rentabiliser les nouvelles techniques de forages, il est nécessaire de mettre le curseur du prix du baril au-delà de 120 dollars. Mais à ce niveau, c’est l’économie qui s’écroule! C’est un vrai casse-tête et un cercle vicieux insoluble.

Le peak oil d’or noir conventionnel a été atteint en 2007 et le pétrole de schiste, off-shore, sable bitumineux ou dans les glaces de l’Arctique devaient prendre le relais pour assurer la stabilité et la croissance mondiale des économies.

Tous les signaux d’alarmes sont au rouge vif

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Transition énergétique : Le chemin de l’avenir

Si la transition énergétique est au cœur du discours des « écolos », ce n’est pas la préoccupation première des Français. Il est pourtant certain que le problème se pose. Le pétrole devient de plus en plus rare et donc cher.

C’est le fameux Peak Oil: le pétrole n’existe pas en quantité infinie, et, à partir d’un moment, maintenant ou au plus tard dans quelques années, il devient de plus en plus cher à extraire et sera de toute façon rationné.

C’est le point de retournement à partir du moment où la moitié du pétrole mondial a été extrait. Déjà, le prix du baril de pétrole a été multiplié par 7 entre 2001 et 2013, et la tendance n’a aucune raison de s’inverser durablement. Cela pèse sur la balance extérieure de la France: tous les ans, nous importons quelque 70 milliards d’euros d’énergie fossile.

En second lieu, la consommation d’énergie non renouvelable augmente le CO2 et, quelles que soient les controverses sur le réchauffement climatique, augmente la part anthropique de celui-ci. Enfin, la transition énergétique peut être un gisement d’emplois.

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Nouvelle chute en 2013 de la production de brut des « majors », désormais contraintes à désinvestir

Les profits s’effritent, tandis que les coûts d’extraction continuent à grimper, inexorablement. L’ex-n°2 du pétrole saoudien réitère le pronostic d’un déclin de la production mondiale de brut avant la fin de la décennie.

Le total de la production de pétrole des cinq principales compagnies pétrolières internationales (Exxon, Shell, Chevron, BP et Total : les “majors“) a connu à nouveau un repli en 2013, pour la neuvième année depuis le pic de 2004, ai-je constaté :

Cela commence à ressembler diablement à une “tendance lourde”. Fatidique ?

Les rapports annuels des majors, publiés en février, rendent tous compte de la poursuite du fléchissement de nombreuses zones d’extraction, en dépit d’un effort d’investissement colossal et sans précédent.

La production de brut totale des cinq majors a reculé de 2,05 % en 2013, ce qui porte le déclin à 27,35 % depuis le pic de 2004. Au cours de ces neuf dernières années, pourtant, les dépenses d’investissement de capital (Capex) des grandes compagnies pétrolières internationales ont presque triplé !

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Philippe Lamberts : « Il est grand temps de fermer le casino financier »

Remettre la finance à sa place. Pour le député européen, il n’y a pas d’autre impératif plus urgent pour remettre de l’ordre dans l’économie.

En imposant des critères de rendement aberrants et sa vision court-termiste, la finance est en effet à la source des deux maux qui frappent la planète : la montée des inégalités et l’épuisement des ressources naturelles. “Du fait de leur taille, les banques font peser un chantage permanent sur la société en n’assumant pas les risques qu’elles prennent”, s’insurge le député belge. Il est plus que temps de démanteler ce pouvoir nocif. La vraie solution serait de revenir au Glass Steagall Act, c’est-à-dire à la séparation des activités de marché du coeur de métier des banques.

Or les demi-réformes engagées en la matière ne sont que des pis-allers. “Le degré de résistance du secteur financier est colossal”, déplore-t-il.

Ce qui motive mon engagement en politique, c’est la volonté d’éviter à notre société l’effondrement que pourraient causer deux bombes à retardement, la bombe des inégalités et la bombe écologique. Les inégalités explosent à l’intérieur même des pays développés, et cette tendance s’est aggravée avec la crise. Lorsqu’on est à 27 millions de chômeurs en Europe, sans compter les millions de travailleurs pauvres, lorsque 60 % d’une génération de jeunes est au chômage comme en Espagne et en Grèce, lorsque un Européen sur quatre est au seuil de pauvreté ou d’exclusion sociale, il y a quelque chose de potentiellement explosif dans la société. Cette évolution n’est absolument pas soutenable. Pas plus que le creusement des inégalités entre les sociétés, par exemple entre l’Europe et l’Afrique.

La deuxième bombe est l’épuisement des ressources de la planète.

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Matthieu Auzanneau : “Pic pétrolier: chimère ou danger imminent ?”

Le pic pétrolier, c’est l’instant historique à partir duquel la production mondiale de pétrole déclinera, faute de réserves suffisantes encore exploitables.

Demain, Mad Max ? Quelles peuvent être les conséquences pour notre mode de vie d’un sevrage forcé de la source d’énergie qui a permis l’essor de la société industrielle, et que l’ensemble des autres sources d’énergie paraît être incapable de pleinement remplacer ?

L’essoufflement des réserves pétrolières mondiales

Combien de pétrole nous reste-t-il à exploiter, au juste? Jean Laherrère a récemment repris les calculs qu’il avait faits en 1998 pour « The End of Cheap Oil », un article de la revue Scientific American resté célèbre. Pour cet ingénieur pétrolier qui a travaillé 37 ans chez Total avant de devenir un consultant de réputation internationale, les chiffres sont clairs : les réserves s’épuisent rapidement. Dans à peine 30 ans, la production mondiale de pétrole aura déjà chuté de 40 %.

Ces résultats contredisent ceux des économistes, qui prédisent en général une croissance infinie. « Les économistes, explique Jean Laherrère, se fient seulement aux énoncés de réserves émis par le Oil & Gas Journal, l’EIA, la firme BP et l’OPEP, qui sont erronés; ils n’ont pas accès aux données techniques confidentielles. Les économistes qui négligent le pic pétrolier ne font pas d’erreur de calcul, mais ils calculent à partir des mauvaises données! »

Les statistiques gouvernementales, tout comme les énoncés financiers des entreprises pétrolières, se fondent sur les ressources récupérables probables, des données préliminaires qui sont souvent trop optimistes, ou gonflées pour faire saliver les actionnaires. Jean Laherrère, en raison de sa position privilégiée, a eu accès aux données confidentielles sur les réserves prouvées.

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Les économistes et l’illusion d’un boom pétrolier

Le mythe du boom pétrolier a la vie dure. Depuis le début de 2012, les économistes et les analystes financiers occupent l’espace média avec un discours triomphant : grâce à l’exploitation des schistes, nous allons nager dans le pétrole et les prix vont bientôt s’effondrer. La plus récente déclaration du genre : celle du président de Gulf Oil, Joe Petrowski, qui déclarait mardi avec une belle assurance que le baril de pétrole se négocierait à 50 $ le baril d’ici la fin de 2013.

Une certitude d’autant plus étonnante que Gulf ne produit plus elle-même de pétrole – elle se contente maintenant de distribuer des produits pétroliers. Et Joe Petrowski ne peut pas ignorer que la production de sa société mère, Chevron, a atteint son sommet en 2000 et qu’elle a décliné de 7 % depuis, malgré un léger sursaut en 2010. Il sait très bien aussi que le prix du pétrole a augmenté – et non pas diminué – de 20 % depuis trois mois.

Mettons les chiffres au clair : la production mondiale de pétrole est remarquablement stable depuis 2005, à environ 75 millions de barils par jour, alors qu’elle augmentait de 2 % par année auparavant.

Depuis 2007, la production américaine, il est vrai, est passée de 5 à 7,5 millions de barils par jour (dont deux millions de barils de pétrole de schiste). Mais cette production dépassait déjà les 9,4 millions de barils en 1970 et quant aux besoins quotidiens des États-Unis, ils sont actuellement de l’ordre de 19 millions de barils. La « révolution » est donc bien limitée et l’indépendance énergétique des Américains reste une vue de l’esprit.

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Vu du ciel : la fin du pétrole avec Yann Arthus-Bertrand

La fin du pétrole, c’est la fabuleuse histoire d’une matière première qui, en à peine un siècle, a révolutionné la vie des hommes. Mais aujourd’hui, les réserves de pétrole s’épuisent. Dans sa course folle à toujours plus de production, l’Homme n’a pas su préserver cette énergie précieuse que la Terre a mis des millions d’années à lui offrir. Pour raconter l’aventure du pétrole, Yann Arthus-Bertrand et son équipe sont partis aux Etats-Unis, pays le plus dépendant à l’or noir.

Gaz de schiste : La fin

par Hervé Kempf

Ah, les miracles promis par le gaz de schiste, “la manne extraordinaire sous nos pieds” vantée par la patronne du Medef, la promesse d’une Amérique indépendante pour cent ans ! Ô, châteaux en Espagne, lubies fantasmagoriques, rêves insensés ! Mais le songe creux d’une énergie inépuisable s’évapore comme le méthane, les faits commencent à dissiper les discours mensongers de ceux qui ne veulent rien changer.

Le 8 mai, on a appris que deux compagnies gazières, Talisman Energy et Marathon Oil, se retiraient de l’exploration du gaz de schiste en Pologne. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas trouvé suffisamment de gaz, qui se révèle ne pas être aussi aisé à extraire qu’aux Etats-Unis. Sur 43 puits creusés jusqu’à présent en Pologne, seuls 12 ont produit du gaz. La Pologne, à qui l’on avait promis des réserves immenses de 5 trillions de mètres cubes, ramenées ensuite à 800 milliards, découvre la différence entre le potentiel, le possible et le faisable.

Il ne fait guère de doute que d’autres pays vont subir les mêmes déconvenues que la Pologne, même s’ils sont prêts à faire fi de ce qu’implique l’exploitation des gaz de schiste : l’atteinte aux paysages, la consommation et la pollution des eaux, les émissions de gaz à effet de serre. Et même aux Etats-Unis, la réalité apparaît moins rose qu’elle n’est usuellement présentée.

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L’AIE, une officine des basses œuvres pétrolières

Créée à la suite du choc pétrolier de 1973 par les pays riches de l’OCDE, l’Agence internationale de l’énergie est surtout destinée à faciliter la coordination des politiques énergétiques des pays membres afin de soutenir la croissance économique. L’AIE a toujours minimisé le danger d’une pénurie de pétrole afin de ne pas générer un mouvement de panique.

En fait il n’y a jamais autant de pétrole dans le monde que ce que l’Agence affirme. Dans son rapport World Energy Outlook de 1998, l’AIE avait ajouté un « facteur d’équilibrage » dénommé « pétrole non conventionnel non identifié » qui constituait en réalité un nom de code pour dire « pénurie » !

Il est vrai que l’Administration américaine intervient pour étouffer toute évaluation pessimiste réalisée par l’AIE. Car si le gouvernement annonçait que le pic pétrolier menaçait notre économie, Wall Streeet s’effondrerait. Pourtant, dans son WEO de 2010, l’AIE reconnaissait que la production du brut conventionnel avait culminé en 2006 : « La production de pétrole brut atteint un plateau ondulant autour de 68-69 millions de barils/jour, à l’horizon 2020, sans toutefois jamais retrouver son record absolu de 70 mb/j atteint en 2006. »*

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Jancovici : “Energepolis: la cité merveilleuse”

Conférence de Jean-Marc Jancovici à l’ULB, dans le cadre des cycles de conférences organisés par les Alumni de l’Ecole Polytechnique de Bruxelles. Energopolis : la cité merveilleuse. L’énergie a permis à notre civilisation de multiplier par 100 sa productivité et donc la richesse disponible par habitant depuis le début de la révolution industrielle. Le prix de l’énergie a suivi une courbe décroissante débouchant sur une réduction de son prix par un facteur compris entre 50 et 100 en l’espace de 4 à 6 générations, ce qui a contribué à une augmentation fulgurante de la productivité.

Aujourd’hui, la raréfaction des ressources non-renouvelables, ainsi que la croissance de la demande mondiale pourrait inverser ce mouvement à une vitesse non soupçonnée. C’est à une vision du monde bouleversante que notre expert, Jean-Marc Jancovici nous a confronté.

Pays du Golfe : Comment les Émirats pétroliers préparent l’après-pétrole ?

Émission diffusée sur France Culture le 23/04/2013 avec Caroline Piquet, maître de conférences à Paris-Sorbonne

La première chose qui frappe est la diversité des situations économiques observées d’un pays à l’autre.

Bahrein : les hydrocarbures représentent 12% du PIB
Koweit : les hydrocarbures représentent 95 % des revenus
Qatar : les hydrocarbures représentent 52% du PIB


(Merci à Le Chiffre Le Fer)

L’avenir des gaz de schiste et le sens de l’Histoire

“La misère subsiste. Comme avant.
La supprimer complètement tu ne peux.
Mais tu vas la rendre invisible.”

Theodor Adorno,  Minima Moralia

L’histoire a-t-elle un moteur, et si oui, quel est son carburant ?
L’homme change-t-il, et sinon, qu’est-ce que le “progrès” ?

Telles étaient en gros les questions qui me tracassaient en ouvrant l’autre jour Le monde en 2030 vu par la CIA, la traduction d’une analyse prospective publiée en décembre par le National intelligence council américain, haute instance de conseil des agences de renseignement des Etats-Unis.

Je reconnus page 271 l’indice que je cherchais, au centre du “scénario pessimiste le plus probable” avancé par les analystes de la CIA, intitulé “Quand les moteurs calent”.

Cet indice figure dans les premières phrases d’un discours fictif prononcé en 2030 par le directeur d’un hypothétique WorldCorp Strategic Vision Group :

Je pense que nous avons tous cru que la découverte des gaz de schiste signifiait que les Etats-Unis étaient “de retour”, en dépit de toutes les querelles internes. De toute évidence, nous n’avions pas tenu compte du système juridique américain. Non seulement nos estimations précédentes, trop ambitieuses, se sont révélées fausses à cause de progrès technologiques plus lents que prévu dans le domaine des extractions, et de ressources qui se sont avérées être dans la fourchette basse de nos pronostics initiaux, mais nous avons été incapables de prendre en compte le coût des procès en séries intentés aux producteurs d’énergie.

Voilà donc la clé ? S’ils ne trouvent pas assez d’hydrocarbures à fracturer dans les roches-mères du Dakota, du Texas et sans doute demain de Californie, les ‘Ricains (vous savez, Madonna, Bret Easton Ellis, les Cadillac) ne seront jamais “de retour”, comme le clamait Reagan en son temps : jamais plus ils ne pourront imposer leur dominium sur le monde, estime la CIA.

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Pétrole : le déclin des « majors » se confirme en 2012

Quatre des principales compagnies pétrolières internationales ont à nouveau enregistré d’importants déclins de leurs productions de brut en 2012, selon les rapports trimestriels présentés ces derniers jours. Ces déclins semblent d’autant plus significatifs qu’ils se sont produits en dépit des investissements records consentis par Exxon, Chevron, BP et Shell. (On attend avec curiosité la publication la semaine prochaine des résultats du groupe français Total.)

Le bilan de l’année 2012 devrait donner des indications claires sur le bien-fondé de la menace du pic pétrolier.

Ça part mal pour Big Oil.

La production pétrolière du géant américain Exxon a poursuivi son recul en 2012, chutant de pas moins de 5,5 % par rapport à l’année précédente, de 2,31 à 2,18 millions de barils par jour (Mb/j), peut-on lire dans le dernier rapport trimestriel. Le recul n’épargne aucun continent.

Exxon précise que le déclin de sa production de pétrole se limite à – 1,6 %, si l’on tient compte des évolutions de périmètre d’activité, des désinvestissements et des effets induits par les quotas de l’Opep. La compagnie ne présente pas l’impact de chacun de ces trois facteurs séparément ; il ne semble guère pertinent d’écarter les cessions d’actifs et les désinvestissements, dans la mesure où ceux-ci concernent habituellement des puits pétroliers en déclin.

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Conférence : Vers la fin du pétrole

Conférence du groupe parlementaire européen The Greens (Les Verts) sur le pic pétrolier dans le monde et en Europe animé par Yves Cochet. Intervenants : Claude Turmes, vice-président du groupe des Verts au Parlement européen, Benoît Thévard, ingénieur, (présente son rapport sur “L’Europe face au pic pétrolier”), commandé pour l’occasion par le groupe des Verts.Matthieu Auzanneau (blog Oil Man). Victoria Johnson, économiste à la New Economic Foundation. Agnès Sinaï, journaliste : une approche anthropologique.

Le pétrole de schiste américain ne changera pas la face du monde

Le regain de la production pétrolière américaine risque de s’essouffler d’ici cinq ans, affirme Olivier Rech, directeur de la recherche chez Energy Funds Advisors. La facture énergétique, qui pèse lourd dans l’endettement des pays importateurs, risque de s’alourdir.

Les Etats-Unis pourraient stopper leurs importations de pétrole à moyen terme, les pays de l’OCDE consomment moins de pétrole, affirme l’Agence internationale de l’énergie. Va-t-on vers une détente du marché pétrolier mondial ?

On assiste effectivement à un renouveau de la production d’hydrocarbures aux Etats-Unis, liée à l’association de l’ancienne technique de la fracturation hydraulique, utilisée là-bas depuis 60 ans, et de la nouvelle pratique du forage horizontal. Mais ce regain est-il durable ? La question fait débat. Les uns tablent sur une redistribution massive des cartes, bien au delà des Etats-Unis, dans l’ensemble du monde. Pour d’autres, dont je fais partie, cette évolution est certes importante aux Etats-Unis mais restera locale.

Je ne pense pas qu’un tel regain puisse avoir un effet important au delà de l’Amérique du Nord après 2015/2017. A moyen terme, la production pétrolière américaine restera inférieure à ce qu’anticipent la plupart des analystes du secteur énergétique. Le pays ne devrait pas retrouver ses niveaux records de production qui datent des années 70. Le potentiel de croissance provient en effet essentiellement des huiles de schistes et de réservoirs compacts, dont la production va rapidement être sous contrainte.

Pour la maintenir durablement, la multiplication du nombre de puits sera nécessaire, ce qui va être d’abord difficile puis insuffisant.

Quant à l’extraction de pétrole conventionnel, elle est en déclin depuis 40 ans à terre, et dans le Golfe du Mexique, elle est proche d’un plateau. Elle va commencer à décliner d’ici cinq ans. La production nord américaine contribuera de façon positive à l’économie régionale mais ne changera pas la face du monde. Ce dynamisme risque de s’essouffler d’ici 5 ans.

Mais quelle sera la conséquence de la baisse de la demande des pays de l’OCDE ?

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Controverses sur le pic pétrolier

Les compagnies pétrolières ont boycotté la dernière conférence de l’ASPO, mais elles reviennent à la charge à travers un rapport qui affirme que les sous-sols recèlent suffisamment de pétrole pour alimenter la planète pendant tout le siècle.

Diffusée en juin, l’étude signée de Leonardo Maugeri, ancien dirigeant du groupe pétrolier italien Eni, intitulée Pétrole, la prochaine révolution, a suscité un vif débat dans la blogosphère des énergéticiens. Financée par BP, cette étude est éditée par le Belfer Centre de la Kennedy School de Harvard : un label à première vue prestigieux. Du nom de Robert Belfer, de la compagnie pétrolière Belco, puis dirigeant d’Enron, compagnie d’énergie qui s’est illustrée par un scandale historique, le Belfer Centre est de ces think tanks américains financés par le monde des affaires, incrusté au cœur des universités les plus prestigieuses en contrepartie de substantiels subsides. Le directeur du Belfer Centre, Graham Allison, est lui-même dirigeant de la Getty Oil Company, Belco Oil & Gas, Natexis, et membre du comité de direction d’une dizaine de grandes banques et entreprises. Parmi les dignitaires du Belfer Centre, on trouve aussi Robert Zoellick, dirigeant de la Banque mondiale, et Ashton Carter, tous deux proches de Goldman Sachs. A y regarder de près, difficile de considérer le Belfer Centre comme un centre de recherche indépendant de tout intérêt financier.

L’offensive lancée par le Belfer Centre présente des similitudes troublantes avec celle des marchands de doute sur le climat. Le protocole est le même : des think tanks pseudo scientifiques, financés par les compagnies pétrolières et l’industrie du tabac, visaient à discréditer le GIEC et à faire passer le changement climatique pour une fiction.

En l’occurrence, un auteur, Leonardo Maugeri, et un groupe de recherche, le Belfer Center, soutenu par le monde de l’industrie pétrolière, mettent en scène un rapport qui affirme que les sous-sols de la planète recèlent suffisamment de pétrole pour alimenter l’économie mondiale pendant plus d’un siècle. Alors que les pétroliers et l’OPEP avaient boycotté la dixième conférence de l’ASPO qui s’est tenue à Vienne (Autriche) début juin 2012, voici qu’ils reviennent à la charge pour tenter de discréditer les géologues et autres tenants du « peak oil » (pic pétrolier), considérés comme des oiseaux de mauvais augure par les Majors de l’or noir.

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Jean-Marc Jancovici : Le grand défi énergétique du gouvernement

De quelles marges de manœuvre disposent le nouveau gouvernement français pour passer le cap d’une énergie de plus en plus rare ? Avant d’entrer dans le vif du sujet, Jean-Marc Jancovici a voulu cerner les contours du débat.

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« Nier l’imminence du pic pétrolier est une erreur tragique », dit l’ancien expert pétrolier de l’AIE

Olivier Rech, ancien responsable du pétrole au sein de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), démonte le rapport Maugeri, selon lequel le pic pétrolier n’est qu’une chimère. Données inédites et exclusives à l’appui.

Le rapport Maugeri prétend qu’il n’y a pas de pic de la production en vue, et conduit implicitement à envisager qu’il n’y aura pas de contrainte énergétique sur la croissance économique future. C’est là à mon sens répéter une erreur tragique, que de nombreux pays importateurs payent déjà par un endettement insoutenable.”

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L’explosion de “l’huile de schiste” aux Etats-Unis remet-elle en cause le pic pétrolier ?

La révolution que permettent le forage horizontal et la fracturation hydraulique en matière de production de pétrole étasunien (huile de schiste/pétrole non conventionnel) élèverait en 2020 l’Amérique au rang de 2° producteur mondial de pétrole en 2020, juste derrière l’Arabie Saoudite.

C’est un rapport de la prestigieuse université d’Harvard rendu public lundi qui établit ce constat. Et Stéphane Trano de rebondir finement dans Marianne2.fr en posant une question fort à propos “L’avenir radieux des pétroliers américains bouleversera t-elle vraiment la donne économique mondiale” ?.

Cette étude redonne un coup de jeune à cette idée bien connue, défendue notamment par Leonardo Maugeri, président de la compagnie pétrolière ENI de 2000 à 2010, selon laquelle le développement des technologies démentirait les avertissements récurrents sur la fin des réserves (voir une infographie sur le forage horizontal et la fracturation hydraulique).

Bon sang ne saurait mentir, et on voit ici que la politique énergétique américaine est étroitement lié aux intérêts pétroliers, quelque soit le président en place, Obama ou pas. Ce dernier s’est rallié à la realpolitik de ses prédecesseurs selon le magazine l’Expansion qui titre “Obama croît toujours en la géopolitique du pétrole“. Les présidents passent mais le modèle énergétique US reste. Et en la matière, c’est toujours l’insubmersible Dick Cheney qui est le mentor de l’actuel président.

Aux yeux de Cheney, le pétrole est au coeur des relations internationales et détermine en grande partie l’ascension et la chute des grandes nations . Il est une ressource critique pour laquelle il peut être quelquefois nécessaire de faire la guerre…(bonjour à nos amis irakiens). C’est le Pr Michel Klare du Hampshire College qui voit dans la conduite du président Obama, la digne application des principes de la politique de Cheney.

Il est hautement probable que le gouvernement US ne se fait pas d’illusions sur le pic pétrolier. L’armée US n’avait-elle pas averti en 2010 du risque de “pénuries massives de production de pétrole en 2015” ? (article en anglais).

Ce qui compte c’est de préserver le poids du pays de l’oncle Sam dans le concert des nations qui pèseront de tout le poids de leur puissance pétrolière, à l’heure où le monde aura un problème.

La réalité des chiffres du pétrole non conventionnel US

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Autriche : Une utopie concrète de l’après-pétrole

Comment sortir de l’urbanisme fossile, qui, à grand renfort d’énergie pétrolière, est à l’origine du phénomène désormais universel de l’étalement urbain ? L’ASPO (Association pour l’étude du pic pétrolier et gazier) a tracé les pistes de l’autonomie énergétique, dont un Land en Autriche est pionnier.

A l’occasion de sa dixième conférence, l’ASPO, réunie à Vienne jusqu’au 1er juin, a tracé les pistes de l’après-pétrole. Le professeur de technologie à l’Université d’Innsbruck, Wolfgang Streicher, y a présenté un scénario d’autarcie énergétique pour l’Autriche d’ici à 2050, destiné au ministère de l’environnement autrichien.

D’étymologie grecque, le mot autarcie signifie la capacité pour un système ou une communauté de se sustenter par soi-même, en utilisant des ressources produites d’origine locale. Un système autarcique peut être un foyer, une commune, une région ou un pays qui n’utilisent que des biens et services produits par eux-mêmes, sans recourir à des importations.

En matière d’énergie, les secteurs concernés par l’autarcie sont le bâtiment, l’industrie et la mobilité. Pour qu’ils ne soient alimentés qu’en sources d’énergies domestiques, deux conditions sont requises : une stricte limitation des besoins, et un système de stockage local et saisonnier d’énergie pour compenser l’intermittence des renouvelables et éviter les importations. Mais, pointe Wolfgang Streicher, la société est-elle prête à se passer de vacances aux Maldives, de vêtements fabriqués en Chine, de pommes produites en Espagne ? En matière d’alimentation, est-elle prête à manger moins de viande ? Et, du côté de l’habitat, les citoyens seront-ils disposés à jouer le jeu de la densification, alors que le logement individuel est primé par les ménages, malgré les inconvénients qu’il induit en terme de rallonge des temps de transport ? Tout le système est organisé de manière non autarcique.
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La baisse du prix du baril VS pic pétrolier : explications

La hausse du pétrole a disparu des écrans radar, et avec lui ceux que les mauvaises langues pourraient appeler “les afficionados du pic pétrolier“. Le brent est à 96, 32 dollars, le WTI (brut coté à New-York) 84, 03 dollars…. et pourtant. Les fondamentaux de la mort annoncée du pétrole bon marché demeurent. On recule aujourd’hui pour mieux sauter demain. Dans les colonnes du journal Le Monde (1) Pierre-René Bauquis pense que les “nouvelles découvertes et le gaz de schiste retarderont à peine le pic pétrolier”.

Les nouvelles découvertes retarderont à peine le pic pétrolier

Cet ancien géologue pétrolier nous invite à regarder ce que nous appris l’année 2011. A l’instar de 2009 et 2010, celle-ci a été rythmée par l’annonce d’excellents résultats dans le domaine de l’exploration, en particulier dans les offshores profonds et ultra-profonds.

Les plus grosses découvertes ont été faites au Brésil, mais aussi dans le golfe du Mexique, au large de l’Afrique occidentale et même en Guyane française. L’exploration à terre a aussi donné lieu à quelques résultats spectaculaires avec la confirmation du potentiel de certains bassins africains internes comme en Ouganda ou au nord du Kenya.

L’ensemble de ces découvertes pour 2011 peut être estimé à 15 milliards de barils, c’est-à-dire du même ordre de grandeur que les deux années précédentes : 13 en 2009 et 19 en 2010.Ces chiffres sont à comparer à la consommation mondiale annuelle, qui est d’environ 30 milliards de barils, soit… le double de ce que nous découvrons.

En conclure que le problème du pic mondial n’existe plus du fait de ces nouveaux pétroles , c’est franchir un pas irréaliste. Si on trouve dix ou vingt cas analogues au Dakota du Nord sur la planète, cela ne rehaussera le pic que d’environ 5 mb/j et n’en reculera la date que de quatre à cinq ans.

L’ASPO confirme le pic pétrolier

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Avec la fin du pétrole, avons-nous atteint le pic de croissance ?

Benoît THEVARD, ingénieur conseil en énergie, était vendredi 2 mars l’invité de l’association Nantes en transition. Ce spécialiste des hydrocarbures parcourt la France pour apporter des éléments rationnels et scientifiques à son auditoire sur la fin du pétrole et ses conséquences.

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Mobiliser la société face au pic pétrolier

Après plus d’un siècle d’augmentation importante de la production et de la consommation de pétrole, la Terre s’essouffle et la notion de “pic de production ”, autrefois ignorée, s’impose comme une réalité inéluctable.

Or force est de constater que le fonctionnement de notre société dépend aujourd’hui d’une croissance économique soutenue qui va de pair avec une consommation toujours plus importante d’énergie et de ressources. L’urgence apparaît donc d’anticiper une inexorable descente énergétique. Les limites physiques devraient déclencher une réelle transition de la société vers une diminution majeure de notre dépendance aux ressources non renouvelables, par un changement profond des comportements, de l’organisation du territoire et de notre économie. Si cette transition n’est pas anticipée, elle sera subie de manière chaotique et provoquera des conséquences économiques désastreuses, à l’image de la crise des subprimes. Les fondements de la démocratie et la paix pourraient donc être menacés.

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Croissance économique : dures limites

Rencontre avec le Pr Dennis Meadows, auteur d’un célèbre rapport consacré aux limites de la croissance. Si nous ne nous fixons pas de limites, celles-ci s’imposeront à nous.

Nous vivons aujourd’hui une crise économique doublée d’une crise écologique et énergétique. Y voyez-vous les premiers signaux d’une “crise de croissance” ?

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Fin du pétrole : l’armée allemande sonne l’alarme

Après le Pentagone, la Bundeswehr publie un rapport alarmiste quant aux conséquences, pour l’économie et la paix dans le monde, d’un pic pétrolier qui serait imminent.

L’article paru cette semaine dans l’hebdomadaire allemand Der Spiegel n’a pas échappé à Matthieu Auzanneau, collaborateur de Terra eco, qui chronique « le début de la fin du pétrole » sur son blog Oil Man. Le magazine s’est en effet procuré un rapport du département d’analyse du futur de la Bundeswehr, l’armée allemande, qui estime qu’il est probable que que « Peak Oil se produise aux alentours de l’année 2010, et qu’il ait des conséquences sur la sécurité dans un délai de quinze à trente ans ».

Ce pic pétrolier, c’est à dire le jour à partir duquel la production mondiale de pétrole amorcera un déclin inéluctable, entraînera une flambée des prix, et « à moyen terme, le système économique global et chaque économie de marché nationale pourrait s’effondrer », estiment les analystes de l’armée allemande. « Des pénuries de biens vitaux », notamment de nourriture, pourraient apparaître, ajoutent-ils, conduisant à la mise en place de « politiques de rationnement ». Les auteurs du rapport s’inquiètent aussi des conséquences géopolitiques de la raréfaction du pétrole qui pourrait favoriser la montée des extrémismes. Dans ce contexte, « les États qui dépendent des importations de pétrole » seront obligés « de montrer plus de pragmatisme à l’égard des pays producteurs », estiment-ils, en se montant, dans le cas de l’Allemagne par exemple, plus souple à l’égard de la Russie ou plus dur vis-à-vis d’Israël. Lire la suite

La Lloyd’s et Chatham House : une pénurie de pétrole menace le monde

Deux institutions anglaises ô combien prestigieuses viennent de rejoindre la liste déjà longue des lanceurs d’alerte sur le “peak oil” (ou “pic pétrolier”, c’est-à-dire l’instant historique à partir duquel la production mondiale de pétrole amorcera un déclin irréversible).

Dans un rapport publié le 8 juin, la Lloyd’s, l’un des leaders mondiaux de l’assurance, et Chatham House, l’institut royal des affaires internationales, s’alarment à leur tour de l’éventualité d’un choc pétrolier imminent.

Les auteurs, deux chercheurs de Chatham House, soulignent qu’un déclin de la production pétrolière est «probable à court ou moyen terme», et évoquent la nécessité d’une «troisième révolution industrielle». Ils préviennent : «Même avant que nous atteignions le pic pétrolier, nous pourrions assister à une pénurie de pétrole à cause de la hausse de la demande en Asie.»

Richard Ward, directeur général de la Lloyd’s, écrit : «Nous sommes entrés dans une période de profonde incertitude vis-à-vis de la façon dont nous nous fournirons en énergie pour produire de l’électricité, nous chauffer et nous déplacer, et sur le prix que nous devrons payer cette énergie.»

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Les années 70 peuvent-elles nous aider à prévoir les années 2010 ?

La conjoncture économique actuelle de croissance anémique couplée à des menaces de pressions inflationnistes (causées par un usage intensif de la planche à billets) ne va certes pas sans rappeler le souvenir douloureux des années 70. Pour autant, certains points fondamentaux permettent également de différencier la période actuelle de stagnation du cauchemar de la stagflation ayant sévi dans la décennie 1970 à 1980.

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Le facteur démographique, marqué à l’époque par le “baby boom” et une ruée vers la consommation de nouveaux ménages qui devaient acquérir domiciles, autos et meubles est en effet radicalement opposé au contexte ambiant qui voit ces même baby boomers prendre leurs retraites, donc tout à la fois cesser toute productivité et pomper sur leur épargne afin de financer vieux jours et frais de santé. C’est ainsi que les États sont contraints aujourd’hui à consacrer des sommes gigantesques destinées à financer les retraites d’une classe d’âge ayant contribué au dynamisme économique, à l’envolée de la demande des marchandises, des services et du secteur des crédits ainsi que de la création massive des nouvelles entreprises des années 70. On oublie souvent que l’appréciation sur le long terme des prix immobiliers remontant à cette période n’a pas tant été due à l’inflation qu’à une demande bien réelle émanant de ces générations de nouveaux arrivants dans la vie active.

Il va de soi que c’est les États-Unis qui furent – de très loin – les premiers bénéficiaires de cette vague de baby boomers car le deuxième conflit mondial avait ravagé les industries Allemande et Japonaise qui n’ont représenté une compétition déterminante que vers la fin des années 70. En outre, du fait d’importations Américaines très limitées, les producteurs de ce pays eurent tout loisir de répercuter la hausse du coût du travail et la forte demande des consommateurs sur leurs prix, attisant ainsi les velléités inflationnistes de l’époque. Situation également radicalement différente aujourd’hui où les prix sont fatalement comprimés par la compétition internationale féroce.

Le quadruplement des prix énergétiques fut par ailleurs un élément déterminant durant les années 70. En effet, le renchérissement du brut fut amplement reflété sur l’ensemble du spectre des biens de consommation et des services avec un impact hautement inflationniste quasiment assimilable à une majoration d’impôts du fait de la diminution de la demande avec, à la clé, l’apparition de la plaie stagflationniste…
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Volcan d’Islande, kriegspiel et mondialisation

Une tribune libre de Patrick Reymond

La tour de Babel, par Pieter Bruegel, 1563

L’éruption du volcan islandais au nom imprononçable semble se calmer, et renaît tant bien que mal le transport aérien, plutôt mal que bien, d’ailleurs.

On peut se poser des questions.

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Pétrole : grave pénurie en 2015 selon un rapport de l’armée américaine

D’ici 2012, les réserves de production excédentaires disparaîtront totalement et il manquera environ 10 millions de barils/jour dès 2015 ( pour une demande mondiale de 85 millions aujourd’hui)…

Les conclusions d’une étude du « Joint Forces Command » de l’armée américaine, citée par le Guardian, sont alarmantes.

« Bien qu’il soit difficile de prévoir précisément les conséquences économiques, politiques et stratégiques de cette pénurie, elle réduirait certainement les perspectives de croissance, à la fois dans le monde développé et dans les pays émergents. Un tel ralentissement économique exacerberait d’autres tensions irrésolues, entraînerait les États fragiles et faibles sur le chemin de l’effondrement et aurait peut-être de graves conséquences économiques pour la Chine et pour l’Inde. »

L’armée américaine est le premier consommateur unique de pétrole dans le monde, l’enjeu est d’importance pour elle.

Mais comme le souligne le Guardian, cet avertissement est le dernier d’une longue série à faire du peak oil (pic pétrolier) non plus une lointaine menace, mais un risque immédiat.
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Economie : que faire ? (suite)

Une tribune libre de Patrick Reymond

J’ai lu quelques réactions à mon article, et elles me permettent de mettre quelques points sur les i et quelques traits sur les barres.

Certains sont agressifs, une agressivité d’essence religieuse, puisque je remets leur dogme en question.

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