Déchets toxiques, mortel héritage

Toxiques, précieux par leurs composants et toujours plus abondants, les déchets électriques et électroniques déferlent sur la planète. Partiellement recyclés dans les pays du nord, nos téléphones, ordinateurs, télévisions et frigos prennent les chemins du sud pour une deuxième vie, souvent courte, souvent illégale, avant de finir brûlés et démantelés sur des décharges, causant des dommages irréparables pour la santé et l’environnement. Enquête de la Suisse à l’Afrique.


TEMPS PRÉSENT Déchets toxiques, mortel héritage par bluekonnie

Le chômage mondial continuera d’augmenter jusqu’en 2019

Selon les dernières projections de l’Organisation internationale du travail (OIT), le monde comptera 213 millions de chômeurs en 2019 contre 169 millions en 2007. La hausse est plus forte dans les pays développés.

Si l’Organisation internationale du travail (OIT) a réactualisé en légère baisse le nombre de chômeurs en 2013 dans le monde – à 199,9 millions contre 202 millions en janvier dernier – la tendance reste à la hausse. Plus de 213 millions de personnes seront privées d’emploi à l’horizon 2019.

«Nous prévoyons une progression sur les deux prochaines années et surtout l’emploi est loin de retrouver les niveaux d’avant crise», commente Raymond Torres, directeur du département de la recherche de l’OIT.

Ainsi, le taux de chômage dans les économies développées et l’Europe est passé de 5,8% à 8,3% entre 2007 et 2014 et sera encore à 7,5% à l’horizon 2019. Pis, dans la zone euro, durement impactée par la crise des dettes souveraines en particulier dans les pays périphériques, le taux atteindra 11,2% contre 7,5% en 2007.
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La France : Pays immergent

« L’émergence est irréversible » comme l’a justement dit Lionel Zinsou. L’immergence est possible. Les pays immergents sont à l’Ouest.

Hubert Robert, “Vue imaginaire de la galerie du Louvre en ruine” (1796)

Un pays immergent est caractérisé par cinq caractéristiques symétriquement inverses à la définition d’un pays émergent:

1) Une perspective de croissance faible ou molle.
2) Une cohésion sociale menacée
3) L’incapacité des élites gouvernantes, largement héréditaires à opérer des choix forts pour les générations futures.
4) La peur de la compétition engendrant la perte de compétitivité, et potentiellement le repli sur soi.
5) Une vision classique des relations internationales.

Voici dix ans encore, les membres du G8 pouvaient s’interroger tranquillement sur la place qu’ils entendaient laisser au G20 dans le concert mondial et s’efforcer de coordonner, avec plus ou moins de succès, leurs positions dans un forum confrontant le bloc des pays développés et celui des émergents.
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2013 : L’année de la guerre économique

Stagnation européenne, essoufflement chinois, incertitude américaine… Alors que l’horizon de croissance s’assombrit, les tensions s’exacerbent tous azimuts. “L’Expansion” dessine les contours de cet affrontement mondialisé.

Par Franck Dedieu et Béatrice Mathieu – lexpansion.lexpress.fr

Dans cette course sans fin et suicidaire au moins-disant fiscal et social, et sur fond de disette budgétaire, les mécanismes assurant la Solidarité nationale, les fondations de nos vieilles nations, sont Menacés.

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Attali : « Les financiers ont raison de ne pas se gêner »

Les puissances publiques des pays développés sont prêtes à se ruiner plutôt que de laisser s’effondrer des banques ou des institutions financières. Qui en profitent largement.

Rien n’est plus stupéfiant, en apparence, que l’euphorie qui s’empare de tous les marchés boursiers en cette fin d’année. La plupart des analystes sont d’accord pour dire que la crise financière est terminée, que les marchés financiers sont sous-évalués, que les indices boursiers ne peuvent que monter massivement en 2011, même en Europe : le consensus est de plus de 10% pour le seul CAC 40.

Et pourtant, au fond, rien n’a changé : les dettes publiques et le chômage continuent d’augmenter dans presque tous les pays occidentaux, tandis que l’euro et le dollar se disputent le prix de la monnaie la plus fragile. En Europe, comme au Japon, la récession est bien là. Aux États-Unis, 17% de la population active est au chômage.

Cette contradiction apparente est facile à expliquer. Les prêteurs et les investisseurs ont fini par admettre que leurs rêves les plus fous étaient en train de se réaliser : banques centrales et gouvernements des pays développés sont prêts à se ruiner, en s’endettant, en émettant de la monnaie ou en achetant des titres sans valeur, plutôt que de laisser s’effondrer des banques ou des institutions financières.
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Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux Etats-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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Les non-dits de la crise économique et financière

La critique des banquiers et des spéculateurs est juste. Mais elle ne suffit pas à expliquer l’ampleur de la crise économique et financière.

La réalité est la suivante :

Les consommateurs et les rentiers contre les producteurs

Nous assistons à l’agonie d’un système qui s’est imposé depuis trente ans. Un système favorable aux consommateurs, aux assistés et aux rentiers, mais profondément pénalisant pour les producteurs et les forces vives des pays développés.

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Pour l’OCDE, la crise est loin d’être finie

Croissance modérée en vue dans la zone euro, de nombreux risques demeurent. Selon  une étude de l’assureur crédit Euler Hermes, et le dernier rapport de la BCE, l’horizon ne semble pas s’éclaircir pour les pays de l’OCDE.

L’heure est au bilan. Alors que chacun y va de son petit mot sur la fin de la crise, l’assureur crédit Euler Hermes dresse un premier tableau de la crise dans les pays de l’OCDE et les pays émergents. Les pays riches ont de quoi s’inquiéter.

Si l’assureur assure que la reprise de l’économie mondiale est présente, il n’oublie pas de préciser qu’elle n’est pas homogène selon les pays.

Au regard des chiffres de la production industrielle mondiale (+5,6%) et du commerce international (+7,4%) sur les six derniers mois, il ne fait pas de doute que le rebond de l’économie est bel et bien là. « Le quatrième trimestre 2009 a confirmé le rebond de la croissance des pays développés, leur PIB agrégé s’inscrivant en hausse de 0,8%, » commente Karine Berger, directrice marchés et marketing et chef économiste chez Euler Hermes.

Reste que cette reprise cache des disparités géographiques notables. A commencer par la zone Pacifique, « là où tout se passe, » selon Karine Berger. L’Asie a largement dépassé ses niveaux d’avant crise, avec des bonds de production de 15,9% et des échanges commerciaux en hausse de 1,9%. A l’inverse, dans les pays avancés, la production a chuté de 10,8% et le commerce de 13%. Au total, l’OCDE a perdu près de cinq points dans la production industrielle mondiale en dix ans. « Pour la première fois, les pays avancés fournissent moins de 50% de la production mondiale, » explique Karine Berger.

Une situation qui a eu des répercussions sociales, avec une perte de dix millions d’emplois et  des répercussions financières, avec un quasi doublement du déficit public dans l’OCDE par rapport à 2008, à 1150 milliards d’euros.
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Pétrole : grave pénurie en 2015 selon un rapport de l’armée américaine

D’ici 2012, les réserves de production excédentaires disparaîtront totalement et il manquera environ 10 millions de barils/jour dès 2015 ( pour une demande mondiale de 85 millions aujourd’hui)…

Les conclusions d’une étude du « Joint Forces Command » de l’armée américaine, citée par le Guardian, sont alarmantes.

« Bien qu’il soit difficile de prévoir précisément les conséquences économiques, politiques et stratégiques de cette pénurie, elle réduirait certainement les perspectives de croissance, à la fois dans le monde développé et dans les pays émergents. Un tel ralentissement économique exacerberait d’autres tensions irrésolues, entraînerait les États fragiles et faibles sur le chemin de l’effondrement et aurait peut-être de graves conséquences économiques pour la Chine et pour l’Inde. »

L’armée américaine est le premier consommateur unique de pétrole dans le monde, l’enjeu est d’importance pour elle.

Mais comme le souligne le Guardian, cet avertissement est le dernier d’une longue série à faire du peak oil (pic pétrolier) non plus une lointaine menace, mais un risque immédiat.
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L’immense gaspillage de la nourriture

Au moment où l’on parle d’augmenter les productions agricoles de tous les pays, certains spécialistes ont rappelé que chaque année, 40% de l’alimentation disponible aux États-Unis sont jetés (cf. la revue PLoS One de la Public Library of Science), ce qui entraîne la dilapidation d’un quart de l’eau douce consommée pour ces productions…. et, si besoin était, confirment d’autres études plus anciennes concernant les pays développés : partout, on retrouve ces mêmes 30 ou 40% gaspillés.

La nouveauté est que le phénomène touche à présent les pays en voie de développement, où les pertes varient entre 10 et 60% des récoltes. Dans les pays riches, le gros des pertes se place « en bout de chaîne », car la distribution rejette, pour des raisons esthétiques (couleur, calibrages des fruits et des légumes par exemple) et fixe des dates de péremption de « large » sécurité.

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Les seniors chinois menacent-ils le monde ?

La Chine vieillit. Inexorablement. Aujourd’hui, 176 millions de Chinois, soit 12,79% de la population du pays, ont plus de 60 ans. Avec ses 1,3 milliard d’habitants, l’État le plus peuplé de la planète est également celui qui compte le plus de personnes âgées.

Quatre explications à ce phénomène. D’abord, la politique de l’enfant unique, lancée en 1979. A l’époque, dans les entreprises publiques, toute femme qui mettait au monde un deuxième enfant écopait d’une double sanction : suspension de salaire pendant plusieurs mois et suppression du droit à la promotion.

Ensuite, le changement des mentalités. Pour diverses raisons, nombre de jeunes couples chinois ne veulent pas d’enfants : il est donc loin le temps où trois, voire quatre générations vivaient sous le même toit.

Troisième raison : le célibat d’un grand nombre d’hommes. Beaucoup ne trouvent pas d’épouse du fait du manque de femmes – conséquence de la pratique de l’infanticide visant les petites filles dans leurs régions.

Enfin, l’allongement de l’espérance de vie en Chine : de 40 ans seulement dans les années 1950, elle est passée aujourd’hui à 73 ans.

Inquiétant : les projections montrent qu’en 2030 la Chine comptera 379 millions de personnes âgées, alors que, d’ici là, sa population se stabilisera autour de 1,39 milliard d’habitants. Cela signifie que dans vingt ans un Chinois sur cinq sera sexagénaire.

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Bienvenue à la Grande Correction

Par Bill Bonner

Nous allons rebaptiser notre théorie. Nous vivons plus qu’une dépression ; c’est plutôt un phénomène économique et financier. Il inclut un transfert du pouvoir… un retour à la normale après quatre siècles d’aberrations… et l’échec de toute une série de sottises économiques récompensées par des prix Nobel — dont l’Hypothèse des marchés efficients et la Théorie du portefeuille moderne. Appelons cette phase la « Grande Correction »… et attendons que les événements nous donnent raison.

En attendant… nous attendons des éclaircissements : quand ce rebond prendra-t-il fin ? Que se passera-t-il lorsqu’il le fera ?

Les tendances profondes se poursuivent. L’influence gouvernementale augmente… et file tout droit vers la faillite. La plupart des pays développés accumulent de gigantesques déficits dans leurs finances publiques. C’est la Grèce qui fait les gros titres en ce moment. Les Hellènes ont promis de réduire leurs dépenses, sont descendus dans la rue et espèrent désormais un plan B de la part de l’Europe.

Les autres pays à la périphérie de l’Europe,observent avec attention. Ce que la Grèce vit maintenant, ils vont probablement le subir plus tard.

Jour après jour, les roues grincent et cahotent… en route vers des gouvernements toujours plus présents, avec des dettes plus grandes… Un gouvernement se tourne vers un autre lorsqu’il a besoin d’aide. Ce dernier se tourne vers un autre encore. Un pays dépend de sa Banque centrale… et sa Banque centrale dépend de la Réserve fédérale américaine, le capo di tutti capi de toutes les banques centrales de la planète.

Mais le problème ne se limite de loin pas aux plus petits États d’Europe.
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Le FMI plaide pour des mesures d’austérité dès 2011

Les pays développés avec des déficits publics élevés doivent commencer dès aujourd’hui à préparer leurs opinions publiques aux mesures d’austérités qui seront nécessaires à partir de l’an prochain, a estimé dimanche le numéro deux du Fonds monétaire international.

Pour le FMI, il y a urgence à préparer les opinions publiques de certains pays fortement endettés ! Les mesures de restriction qui vont devoir être prises seront inévitables à partir de l’an prochain, de quoi toucher les ménages au portefeuille, selon John Lipsky, le Directeur général adjoint du FMI.

L’ampleur des ajustements sera si vaste que ces mesures inévitables risquent de se traduire par :

1) Un recul des allocations de santé et de retraite

2) Une réduction des dépenses publiques

3) Une hausse des impôts

S’il est pour l’instant “approprié” de conserver les mesures de soutien à l’économie mis en place dans les pays développés, l’assainissement des finances publiques devra démarrer par la suite, dès 2011, si la reprise économique suit son cours, a encore expliqué le numéro deux du FMI…
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Ces bulles spéculatives qui menacent d’éclater

Un an à peine après l’effondrement des marchés financiers, plusieurs poches spéculatives sont déjà en train de se reformer. Certains économistes s’alarment d’un remake alimenté par l’excès de capitaux en circulation.

C’était il y a un an à peine : les investisseurs paniqués par la débâcle financière retiraient comme un seul homme leurs actifs de tous les marchés un tant soit peu risqués.

N’était-ce là qu’un mauvais rêve ? Depuis, la conjoncture s’est améliorée, l’appétit pour le risque est revenu, et l’euphorie d’avant crise ne paraît déjà plus si loin. Aujourd’hui, tout monte : depuis le début de l’année, les marchés boursiers des pays émergents ont pris 95 %, le pétrole 120 %, tandis que le cours de l’or atteint des niveaux record !

Serait-ce déjà le retour de la bulle ? C’est le désormais célèbre économiste américain Nouriel Roubini, professeur à l’université de New York, qui a mis les pieds dans le plat, dans un article paru, le 1er novembre, dans le Financial Times : “Nous assistons au gonflement de la plus grande bulle de l’Histoire”, écrit-il, prophétisant “la plus grande explosion que l’on ait jamais vue”.

Et, comme le “Dr Catastrophe” – son surnom – avait prédit avec la plus grande précision l’enchaînement diabolique des subprimes, tout le monde se remet à trembler… Lire la suite

«Aucun pays développé ne pourra rembourser sa dette»

Alors que l’Etat s’apprête à en appeler aux marchés pour financer un grand emprunt auquel il prédit l’impasse, l’économiste Jean-Luc Gréau reste catégorique : les 85 à 90% du PIB contractés en dette par les Etats seront impossibles à rembourser.

Michael Briffaud et Matthieu Faramus (IUT de Cannes) : Les États prêtent mais s’endettent de plus en plus. Pourront-ils rembourser ?

Jean-Luc Gréau : Les États occidentaux ne peuvent plus rembourser les dettes publiques.

Même les moins endettés ont dépassé, semble-t-il, la ligne rouge en deçà de laquelle ils étaient capables de rembourser.

La dette moyenne des pays occidentaux se situera entre 85% et 90% du PIB en 2010. C’est une masse impossible à rembourser.

D’autant plus que tous ces pays sont affectés par le vieillissement de leur population qui surcharge, année après année, les dépenses sociales.

Ils sont en outre confrontés à la compétition mondiale où leur marge de supériorité s’est effritée.

Faut-il, comme pour les pays pauvres, effacer la dette des États ?

Les États eux-mêmes ne peuvent pas décider d’effacer leur propre dette en disant à leurs emprunteurs «je ne rembourse pas».

Le mécanisme est celui de la monétisation de la dette. C’est-à-dire que la banque centrale rachète une partie des titres émis par le Trésor Public – donc l’État – et crée de la monnaie supplémentaire. C’est ce qu’ont commencé à faire les États américain et anglais depuis mars. Lire la suite