Haut-Jura : Être sans avoir

Comment peut-on vivre heureux aujourd’hui? Comment peut-on vivre pauvre et heureux aujourd’hui? A 57 ans, Jean-Paul Grospélier n’a qu’un seul regret, c’est d’avoir travaillé 2 ans dans sa vie, « 2 ans de trop, depuis je n’y suis jamais retourné ! »

Ce qui sonne comme une provocation n’est pas une ode à la paresse mais plutôt la profession de foi d’un homme qui pratique « sa décroissance » depuis 35 ans.

Le mode de vie autarcique choisi par Jean-Paul a néanmoins un coût que la plupart d’entre nous ne pourrait supporter: celui de cultiver 600 mètres carrés de potager, celui d’être un cueilleur, un glaneur, un menuisier, un boulanger, un mécanicien, un maçon, quand six mois d’hiver vous déposent parfois deux mètres de neige devant la porte.

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Roy Beck : L’immigration ne peut pas diminuer la pauvreté dans le monde (Rediff.)

Roy Beck est un ancien journaliste et fondateur de NumbersUSA. Il démontre de façon très convaincante et métaphorique (avec des boules de chewing gum) pourquoi l’immigration ne peut pas diminuer la pauvreté dans le monde, et comment faire pour tenter de régler ce problème.

Afrique : La Banque mondiale met l’accent sur la réduction de la pauvreté et sur la croissance partagée

Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale en charge de l’Afrique, revient notamment sur l’afflux de migrants en Europe, sur les causes profondes des migrations économiques en provenance d’Afrique et sur les mesures prises par la Banque mondiale pour tenter de freiner ces départs.

Les meilleurs moyens de combattre l’extrême pauvreté

Par

En 1950, le revenu annuel des citoyens de la Corée du Sud et du Pakistan était sensiblement le même. Aujourd’hui, il est difficile de comparer les deux pays. Le revenu par habitant des Sud-Coréens a été multiplié par 23 depuis cette date, et celui des Pakistanais par 3 seulement.

Comment aider les pays les plus pauvres à reproduire le succès sud-coréen est l’une des plus importantes questions posée à l’heure actuelle à la communauté internationale. Améliorer les perspectives économiques permettra à des pans entiers de la population mondiale de bénéficier d’une meilleure santé, d’une éducation plus poussée, d’une vie plus longue et d’une vulnérabilité moindre face à de nombreux défis, dont les catastrophes naturelles.

Une grande partie des 169 cibles de développement proposées par les Nations unies pour les 15 prochaines années ont fondamentalement trait à une réduction de la pauvreté. Mais ces cibles ne sont pas toutes de valeur égale. Le Centre du Consensus de Copenhague, dont je suis le directeur, a récemment demandé à 60 équipes d’économistes d’évaluer les coûts et bénéfices de chacun des objectifs proposés, qui remplaceront en septembre prochain les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

A première vue, l’un des objectifs qui semble le plus louable – le plein emploi pour tous – est en fait l’un des moins souhaitables. Malheureusement, ce n’est pas un objectif, mais un rêve. Les économies ont besoin d’un certain taux de chômage pour permettre aux salariés de changer d’emploi et la plupart des gouvernements mettent déjà l’accent sur la création d’emplois.

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États-Unis : L’art de rançonner les pauvres

Impossible, ou presque, de vivre aux États-Unis sans contracter un emprunt. Devant les difficultés de leurs clients à rembourser, les banques augmentent les pénalités et… leurs profits. En revanche, dans certains quartiers défavorisés, elles refusent d’ouvrir des agences. Les habitants doivent alors avoir recours aux échoppes de « prêteurs rapaces ».

Au comptoir d’un check casher, le long de Broadway, une artère de Central Brooklyn assombrie par le métro aérien de New York, M. Carlos Rivera demande un sursis. « No tengo los 10 pesos » (« Je n’ai pas les 10 dollars »), lance-t-il à l’employée derrière la vitre. A Brooklyn, ces boutiques sont omniprésentes: les Pages jaunes en recensent 268.

A l’échelle nationale, ces milliers d’échoppes forment une industrie financière puissante, multiforme, désignée par le terme générique de predatory lenders, ou « prêteurs rapaces ». Un surnom dû à un modèle commercial agressif: on ne lâche jamais un emprunteur, qui rembourse souvent une dette contractée lors d’un premier emprunt en en souscrivant un nouveau.

On les reconnaît à leurs façades colorées et décrépites, à leurs néons, au symbole du dollar et au mot « Cash » sur les vitrines. Outre les transferts d’argent liquide, elles assurent l’encaissement des chèques à l’ordre d’habitants qui n’ont pas de compte en banque: le montant est converti en espèces moyennant une commission (autour de 2 % pour 100 dollars, plus frais divers). Elles proposent aussi des prêts de très court terme à des taux d’intérêt très élevés.
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Bajaus : Les nomades de la mer

C’est un peuple qui s’éteint et sans doute avec lui sa culture, son histoire, sa langue. Les Bajaus sont des nomades apatrides qui naviguent entre la Malaisie, les Philippines et l’Indonésie.

Un peuple de mers, qui vit sur des bateaux. Mais la pauvreté, la répression des autorités et l’évolution de l’écosystème marin détruisent leur mode de vie unique.

COP 21 et démographie

À la veille de COP 21 (Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015 – NDLR), il convient de rappeler combien l’avenir de notre planète est entre nos mains, bien en-deçà de ses conditions climatiques. Les problèmes majeurs qui sont posés à l’humanité ne sont-ils pas en effet le résultat de l’aveuglement et du manque de courage des responsables de tous les pouvoirs, face aux problèmes que pose notre démographie ?

Il suffit pour s’en rendre compte de considérer le mutisme obstiné de la plupart d’entre eux à propos d’une population mondiale passée, en un peu plus d’un siècle, de 1 à 7 milliards d’êtres humains et promettant de ne pas en rester là. Car qui consomme, détruit, dégrade, et pollue, sinon ces êtres humains, alors que leur multiplication se complique de l’abolition des frontières et des distances résultant d’un progrès et d’une mondialisation accélérée ?
Chacun peut se prendre à rêver à l’harmonie et aux réels bienfaits d’une croissance qu’une régulation de cette population eut pu assurer à l’humanité, pour des générations. Au lieu de cela, notre planète est devenu le théâtre de désordres, de violences et de gaspillages augmentant sans cesse et se généralisant.
Les peuples et les classes sociales en sont à former un tout hypertrophié, dans lequel les individus ayant le moindre statut social font figure de nantis. Un peuple de miséreux, auxquels la notion de revenu est étrangère, erre d’un continent à l’autre ou s’entasse dans des bidonvilles et des camps de réfugiés pour former un nouveau sous-prolétariat.

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Qui sont les petits Blancs ?

Qui sont les petits Blancs, ces Blancs pauvres prenant conscience de leur couleur de peau dans un contexte de métissage ? Sont-ils l’équivalent français des White trash américains ? Seraient-ils trop blancs pour intéresser la gauche, trop pauvres pour intéresser la droite ?

Sur Fréquence Protestante, le 26/02/2014, Laurence Arven dialogue avec Aymeric Patricot à propos de son livre “Les petits Blancs” (Plein jour).

Les sans-abri d’Hollywood

La journaliste d’investigation Mariana van Zeller et Darren Foster mettent un pied dans le monde peu connu des jeunes sans-abri d’Amérique. Ils se plongent dans leur quotidien et dorment avec eux dans les rues, pour vivre au plus près leur vie de sans-abri. Mariana et Darren vont très vite se rendre compte des limites qu’ils doivent franchir pour survivre.

États-Unis (2013)

Belgique : Qui sont les chômeurs de longue durée ?

« Fainéants », « profiteurs », « bons à rien », « has been » … C’est ainsi que sont souvent stigmatisées les personnes en situation de chômage longue durée. « Les Parasites » est un documentaire de 26 minutes politiquement incorrect réalisé par Patrick Séverin.

Le reportage lance le débat en invitant 8 chômeurs belges à prendre la parole sans tabous suite à l’annonce par le gouvernement Di Rupo de leur exclusion et de l’arrêt du versement de leurs allocations, décision entrée en vigueur en janvier 2015.

La Belgique vient ainsi de renoncer à un idéal de société, puisqu’elle était le seul pays européen à octroyer les allocations chômage pratiquement à vie pour les personnes en situation particulière ne pouvant pas s’insérer en société. Celles-ci sont désormais limitées à 3 ans, exception faite pour les personnes handicapées.

Une décision populiste qui plongera quelques milliers de personnes plus profondément dans l’exclusion et qui tente de camoufler les véritables causes de l’endettement du pays.
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La classe moyenne mondiale est plus pauvre qu’on ne le pense

La pauvreté mondiale recule. Le nombre de personnes appartenant à la «classe moyenne» a doublé depuis 2001. Une partie de la population des pays émergents vit et dépense comme celles des pays développés… Mais cette fameuse classe moyenne n’est pas si riche, si étendue et si également répartie qu’on pourrait le croire.

D’après une récente étude du Pew Research Center, seules 1,7 milliard de personnes appartiennent à la classe moyenne, et beaucoup d’entre elles gagnent tout juste assez pour se retrouver classées dans cette catégorie.

Le revenu assimilé à la tranche du milieu, que gagne 13% de la population mondiale, est de 10$ à 20$ par jour (9 à 18€). Soit environ entre 270 à 540 euros par mois. C’est moins que le seuil de pauvreté français fixé à 828 euros.

Une affaire de perception

Cette relative prospérité s’est limitée à quelques régions du globe: la Chine, l’Amérique du Sud et l’Europe de l’Est. Peu de changement en revanche en Inde, en Asie du sud-est, en Afrique et en Amérique centrale.

La vaste majorité, 71% de la population mondiale, reste pauvre ou dispose de très bas revenus. C’est seulement un tout petit peu mieux qu’il y a dix ans, où elle représentait 79% de la population.

Slate

Chine : Sans domicile, un destin tibétain

Barwo, un village isolé, se trouve sur les hauts plateaux tibétains, à l’Ouest de la Chine. Depuis une dizaine d’années, plus d’un millier de paysans bouddhistes ont émigré à Pékin pour tenter leur chance comme vendeurs ambulants. Parmi eux, Zanta, veuve et mère d’un petit garçon, qui a quitté le village pour scolariser son fils.

Jocelyn Ford, journaliste américaine installée à Pékin, a croisé la route de cette femme et de son enfant. Elle les a suivis dans leur parcours de déracinés. Zanta peine à s’adapter à la modernité de la capitale, où tout lui est étranger, même si, en tant que Tibétaine, elle possède officiellement la nationalité chinoise.

Victime de violences familiales et policières, elle se bat pour échapper à la pauvreté, au racisme et aux humiliations.

Grèce : Le désarroi des « nouveaux pauvres »

Ils n’ont guère envie de raconter leur vie, les Athéniens qui font la queue pour entrer dans la salle à manger du centre Galini qui, dans quelques minutes – vers 13 heures –, ouvrira ses portes pour un troisième service. Ils ne sont pas très jeunes, ils ont l’air fatigués, habillés proprement et parfois très coquets.

Les hommes ont un sac à dos, les femmes un cabas sous le bras. Et ils attendent. Un peu timides, un peu sauvages, stupéfaits, pour la plupart, de se retrouver là. Car il y a trois ans, ou deux, ou un, ils avaient un travail ou de quoi se nourrir par leurs propres moyens.

Ils ne reconnaissent plus leur vie. Ils viennent à la soupe populaire. Comme des milliers d’Athéniens. Les statistiques ne sont pas précises, mais ils se pressent plus nombreux chaque mois, et les points de ravitaillement gratuit se comptent désormais par centaines.

Comment s’en étonner ? 35 % des Grecs vivent aujourd’hui au-dessous du seuil de pauvreté.

A l’intérieur, des bénévoles virevoltent entre les tables joliment dressées sous de larges icônes. Vite, poser devant chaque place une part de melon et une soupe de haricots nourrissante. La viande est de toute façon exclue le vendredi, le local appartient à l’Église orthodoxe. Comme dessert, il y aura un bâtonnet glacé. Un arrivage inattendu, un petit luxe, qui va ravir tout le monde.
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Grèce : De plus en plus d’Athéniens se rendent à la soupe populaire

Jour J pour les Grecs: ils sont appelés à voter ce dimanche pour ou contre les réformes proposées par les créanciers du pays. Le gouvernement joue son va tout avec ce référendum.

Mais difficile de croire que le pays peut se remettre de la crise, comme en témoigne la situation des Grecs rencontrés autour de la soupe populaire, à Athènes.

Allemagne : « Recrute infirmières européennes pauvres pour emploi au rabais »

Avec une population vieillissante, l’Allemagne manque cruellement de main d’œuvre, en particulier pour travailler dans le secteur de la santé. Hôpitaux, cliniques, maisons de retraites et structures de soins à domicile recrutent massivement. Heureuse coïncidence: les agences de recrutement disposent d’un vivier d’infirmiers venus de l’est et du sud de l’Europe.

Des personnels soignants souvent très qualifiés qui cherchent à échapper à l’austérité ou à la pauvreté. Mais entre des salaires bas, des contrats de travail aux clauses abusives et l’absence de droits sociaux, l’Allemagne n’est pas un eldorado. Loin de là.

Les futurs soignants sont prévenus : « En Allemagne, tout est tourné vers une société de la performance. Cela signifie que l’on doit fournir chaque jour 100 % de ses capacités », est-il inscrit en gras. Les autres clauses du contrat de travail ne sont guère plus avenantes. L’employé devra payer des sanctions financières de 3000 à 5000 euros s’il divulgue à un tiers ses conditions d’emploi et de formation, ou s’il rompt le contrat avant la première année de l’embauche. Cette « amende » sera immédiatement exigible et encaissée par une firme de recouvrement bulgare.

« Nous ne pouvons pas vous offrir un pays de cocagne en Allemagne, parce que cela n’existe pas ! ». Cette phrase, aux allures de slogan hostile aux migrants, figure sur un avenant au contrat de travail. Un contrat que s’apprêtent de signer des infirmiers bulgares recrutés par une agence d’intérim allemande.
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Emmaüs, le business de la misère ?

Tous les ans à la mi-juin, Emmaüs fête l’action de ses Compagnons et ouvre ses portes aux amateurs de meubles de récup’ pas trop chers. Affluence assurée : le mouvement créé par l’Abbé Pierre à l’hiver 1954 occupe toujours une place à part dans le cœur des Français.

Mais aujourd’hui, ses principes fondateurs d’accueil inconditionnel de tous les exclus et de préparation à la réinsertion sont-ils encore respectés ?

Au fil du temps, le mouvement de solidarité n’a-t-il pas adopté un fonctionnement de plus en plus proche de celui d’une simple entreprise commerciale ?

Hongrie : Plus en plus d’enfants sous le seuil de pauvreté

En Hongrie, plus de 42 pourcent des enfants de moins de 7 ans vivaient dans la pauvreté en 2014. Le pays est le mauvais élève du Visegrad, le groupe des quatre pays d’Europe centrale et en queue de peloton au niveau européen.

Depuis 2008, le gouvernement n’a pas réévalué les aides à l’enfance, et la précarité infantile s’est accentuée.

Comment mesure-t-on la pauvreté ?

Le calcul du nombre de personnes en dessous du «seuil de pauvreté» est l’instrument de mesure le plus connu. Mais, pour une meilleure prise en compte, il est préférable de regarder plusieurs indicateurs.

«Entre 2008 et 2012, 440.000 enfants supplémentaires ont plongé avec leurs familles sous le seuil de pauvreté en France. La permanence d’un horizon précaire est une constante qui concerne désormais plus de 3 millions d’enfants sous le seuil de pauvreté, soit un enfant sur cinq», annonce l’Unicef dans un rapport rendu public mardi 9 juin. Mais comment mesure-t-on la pauvreté? Et quelle est la différence avec la précarité?

La pauvreté est mesurée de façon précise essentiellement par l’Insee, d’une part avec le niveau de vie (le revenu d’un individu en fonction du nombre et du type de personnes dans son foyer), d’autre part en étudiant les conditions de vie (un indice plus qualitatif, avec des questions précises sur la vie au quotidien). En ce qui concerne la précarité, il existe des indices moins reconnus qui prétendent la mesurer.

Si les notions de pauvreté et de précarité sont souvent utilisées indistinctement, la précarité désigne souvent un degré inférieur à la pauvreté, ou un aspect seulement de la pauvreté.

Définitions

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Europe : Que fait l’EU pour favoriser le développement des pays les plus pauvres ?

À l’occasion des “Journées européennes du développement” à Bruxelles, nous vous proposons un débat sur la coopération internationale et la solidarité de l’Europe et des pays riches envers les pays les plus pauvres.

Les inégalités entre riches et pauvres au plus haut depuis 30 ans (OCDE)

Les inégalités entre riches et pauvres ont atteint des niveaux record dans la plupart des pays de l’OCDE et restent plus élevées encore dans beaucoup d’économies émergentes, selon un rapport de l’organisation qui relève en particulier les écarts entre hommes et femmes.

Aujourd’hui, dans la zone OCDE qui regroupe 34 pays, les 10% les plus riches de la population ont un revenu 9,6 fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres, alors que la proportion était de 7,1 fois dans les années 1980 et 9,1 fois dans les années 2000, selon un nouveau rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié jeudi.

Les inégalités sont encore plus criantes en termes de patrimoine, souligne le rapport.

“Nous avons atteint un point critique. Les inégalités dans les pays de l’OCDE n’ont jamais été aussi élevées depuis que nous les mesurons”, a déclaré le Secrétaire général de l’organisation, Angel Gurría, en présentant le rapport, à Paris, au côté de Marianne Thyssen, Commissaire européenne à l’emploi.

“En ne s’attaquant pas au problème des inégalités, les gouvernements affaiblissent le tissu social dans leur pays et compromettent leur croissance économique à long terme”, a-t-il ajouté.
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États-Unis : Le nombre de sans-abri explose à Los Angeles

Los Angeles, qui comptait déjà un nombre record de SDF, a vu sa population de sans-abri croître de 12 % en deux ans, notamment à cause de l’inflation des loyers, selon un recensement biannuel réalisé au mois de janvier et publié lundi 11 mai.

Dans un environnement économique difficile, les chiffres du recensement, qui a mobilisé 5.500 bénévoles, montrent une augmentation de plus de 10 % du nombre de sans domicile fixe — vivant dans des centres d’hébergement temporaires, dans la rue ou dans des véhicules — dans le comté de Los Angeles, a expliqué le LAHSA, l’autorité des services aux sans-abri de la ville de Los Angeles.

Dans son communiqué, le LAHSA rappelle que « la Californie a été l’un des États américains les plus durement touchés par la récession économique », qui a sévi de fin 2007 à 2009, et qui a causé un fort chômage et beaucoup de pertes d’emploi.

Le rapport souligne également l’augmentation de 85 % des abris de fortune, tentes et véhicules, occupés par les SDF de Los Angeles.
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Chine : Les habitants étouffent

Première puissance économique du monde depuis 2014, la Chine a connu un rythme de croissance exceptionnel, que nul autre pays n’avait expérimenté auparavant.

S’il a permis de sortir une partie de la population de la pauvreté, le développement du pays a aussi provoqué une crise écologique majeure. Le dessous des cartes se penche aujourd’hui sur ses conséquences environnementales.

Éthiopie : Le défi vert

L’Éthiopie, un pays en plein développement qui s’est fixé un but: devenir en 10 ans un pays neutre en carbone. Ce nouveau tigre africain mise tout sur les énergies renouvelables : des projets pharaoniques à une échelle jamais vue dans le pays… Le défi est immense: changer le destin d’un pays marqué par la pauvreté.

Une histoire de miettes

Que devient l’alimentation des pauvres quand ceux-ci s’urbanisent ? La majorité des études en histoire de l’alimentation se sont focalisées sur l’alimentation des élites. Michel Bonneau propose, en faisant feu de tout bois, de retrouver la trace de repas évanouis.


William Harris Weatherhead- “Miettes de la table d’un homme pauvre” (1877)

Michel Bonneau nous livre ici un ouvrage étonnant. Étonnant par son ampleur, par l’objet qu’il se donne, par le nombre de références issues de disciplines diverses qu’il manipule, par l’amplitude de la période traitée, comme par sa forme, assez peu académique dans l’écriture comme dans l’organisation des idées.

Une telle somme rappelle le travail tout à la fois d’envergure et d’érudition qu’un autre géographe, Xavier de Planhol, consacrait à « L’eau de neige » et au goût discriminant pour le frais. Elle relève aussi d’une quête personnelle, comme l’indique la dédicace, où il rend hommage à la mémoire de ses ancêtres et « à toutes celles et ceux pour qui l’angoisse du manger était quotidienne et continue de l’être dans le monde d’aujourd’hui ».

L’objectif principal est d’étudier la table des pauvres de la fin du XVIIIe siècle au milieu du XXe siècle, avec l’ambition de montrer « qu’à côté de la cuisine des puissants, existe une table modeste, reflet de la gastronomie des pauvres » (p. 37) et de réhabiliter des manières de faire et des pratiques du quotidien d’une façon qui n’est pas sans évoquer Michel de Certeau.
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Les enfants de la précarité

Depuis 20 ans la situation des pauvres en France se dégrade. On compte aujourd’hui 8 millions de pauvres dont 2 millions d’enfants. 13% des ménages français vivent sous le seuil de pauvreté c’est-à-dire avec moins de 950 euros par mois. Maintenant c’est en famille que l’on se rend au restau du cœur.

A travers des histoires simples, sans fioriture, nous découvrons les nouveaux visages de la pauvreté. Parmi les plus touchés, les femmes seules avec enfant. Femmes courageuses, habillées de dignité, elles ont décidé de se battre à tout prix. Pour leur gamin elles sont prêtes à tous les sacrifices. Sortir de la précarité est devenu le combat de leur vie.

La misère s’installe en ville comme à la campagne. Une précarité qui nous effraie, car les pauvres nous ressemblent de plus en plus. Qui peut se dire à l’abri ? Séparation, licenciement, accident de la vie, et c’est la vie qui bascule.

Histoire de la pauvreté errante

Des mendiants et vagabonds du Moyen Âge aux « SDF » du début du XXIe siècle en passant par la figure intermédiaire du clochard, l’historien André Gueslin traque au fil des siècles et au ras du sol les continuités sociologiques du monde de l’errance.

En proposant une histoire de la pauvreté errante dans la France du Moyen Âge à nos jours, André Gueslin creuse un peu plus le sillon qu’il a déjà emprunté dans nombre de ses ouvrages précédents [1].

En centrant cette fois-ci son attention sur la figure historique du vagabond, l’auteur retrace dans un langage clair et une démarche rigoureuse l’histoire totale d’une pauvreté singulière et pluriséculaire : la pauvreté errante.

Comme à son accoutumée, André Gueslin mobilise une palette extrêmement riche et diversifiée de matériaux historiques, juridiques, ethnologiques, littéraires, cinématographiques, etc., pour multiplier les entrées descriptives et analytiques de ce monde qui, très justement, laisse peu de traces.
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Le casse-tête de la croissance

Le monde est confronté à un dilemme majeur. Si une croissance économique rapide, comme celle des 50 dernières années, est essentielle au développement, nous savons aussi aujourd’hui qu’elle peut avoir des conséquences néfastes, en particulier pour l’environnement. Comment pouvons-nous équilibrer les impératifs de la croissance et du développement avec la nécessité de garantir la durabilité ?

La croissance sans précédent du revenu par habitant au cours des vingt dernières années a sorti plus d’un milliard de personnes de l’extrême pauvreté. Dans les pays en développement, l’espérance de vie a augmenté de 20 ans depuis le milieu des années 1970 et le taux d’analphabétisme des adultes a été réduit de moitié environ ces 30 dernières années.

Mais cette croissance économique rapide a exercé d’énormes pressions sur l’environnement. Elle a de plus été accompagnée d’inégalités croissantes des revenus qui ont aujourd’hui atteint des niveaux historiques dans plusieurs pays (même si entre les pays mêmes, ces inégalités se sont atténuées). Dans ce contexte, l’on pourrait défendre l’idée qu’une croissance plus lente serait bénéfique pour le monde.

Dans ce cas, la solution est en vue. Selon un nouveau rapport publié par le McKinsey Global Institute (MGI), le vieillissement démographique et la baisse du taux de fertilité dans plusieurs régions du monde pourraient considérablement freiner la croissance mondiale au cours du prochain demi siècle.
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Royaume-Uni : Malgré la reprise économique, le pays est touché par la faim

En 2013, l’ONG Oxfam estimait que 2 millions de Britanniques étaient mal-nourris, et qu’un parent sur six se privait de nourriture pour mieux subvenir aux besoins de sa famille. Aucune région n’est épargnée, pas même la riche ville de Londres, qui compte à elle seule quelque 90 banques alimentaires.

Mais pourquoi le Royaume-Uni se tord-il ainsi de faim ? Comment ce pays qui affiche une insolente reprise économique dans une Europe n’en finissant pas d’être affectée par la crise peut-il porter en son sein des habitants qui ont de plus en plus de mal à se nourrir ?

Fin 2013, un rapport sur la faim et l’insécurité alimentaire au Royaume-Uni, mené par des parlementaires de tous bords a pointé la forte augmentation des prix des denrées alimentaires et du fioul domestique, à un rythme plus rapide que celui de la hausse des salaires et que celui de l’inflation.

Robert Clarck est un homme qui en impose. Un bon mètre 90, des tatouages bigarrés qui courent le long de ses bras, une voix de stentor qu’il déroule dans une parole rapide et gouailleuse. Pourtant, ce mercredi frisquet d’avril, Robert Clarck n’en mène pas large. C’est la deuxième fois qu’il se rend dans la food bank de son quartier, terme que l’on traduirait littéralement par « banque alimentaire » si l’expression reflétait vraiment l’esprit du lieu.
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Afrique : Les fabuleux bénéfices du Système D (Màj)

Dans les bidonvilles du Nigeria et du Burkina Faso, l’Américain Robert Neuwirth a étudié durant quatre années, non pas la pauvreté et la détresse des populations, mais leur aptitude à créer des richesses et des emplois. Le secteur informel est même un formidable facteur d’innovation, car il met à profit la débrouillardise (système D), l’inventivité, les compétences et les réseaux de relations.

Il assure aussi la transmission des savoirs et la formation des jeunes. Sur les traces de Neuwirth, le film montre que, sous des dehors apparemment anarchiques, des structures bien organisées ont vu le jour. Et que cela marche.

Sur l’immense décharge d’ordures de Lagos (2 500 tonnes déversées par jour) opèrent par exemple 1.000 “cueilleurs”, spécialisés par type de matériau à récupérer. L’exploitation de ce site nauséabond rapporterait 30.000 dollars par jour. Le tri est précis, distinguant par exemple les plastiques selon leur nature. Revente et recyclage font vivre ensuite une myriade de familles.

Toujours à Lagos, les éventaires d’Alaba, le marché noir de l’électronique, abritent 6 000 vendeurs proposant 3 000 articles et pièces de rechange, ce qui génère des sommes considérables. Au Burkina Faso, le développement du microcrédit permet la création d’ateliers de confection, de mécanique, de menuiserie ou de réparation. Récemment mis en place, un système d’assurance-maladie pour les travailleurs du secteur informel pourrait le rapprocher de l’économie officielle.

Cinéma : Au Bord Du Monde

La nuit tombe. Le Paris « carte postale » s’efface doucement pour céder la place à ceux qui l’habitent : Jeni, Wenceclas, Christine, Pascal et les autres.


A travers treize figures centrales, Au bord du monde dresse le portrait, ou plutôt photographie ses protagonistes dans un Paris déjà éteint, obscurci, imposant rapidement le contraste saisissant entre cadre scintillant et ombres qui déambulent dans ce théâtre à ciel ouvert.

Un film documentaire réalisé par Claus Drexel (France – Janvier 2014)

(Merci à P.)

Des retraites difficiles pour les agriculteurs

À l’occasion du Salon de l’agriculture, une équipe de France 3 s’est intéressée aux retraites des agriculteurs. À 78 et 83 ans, après 50 ans de travail, Yvette et Germain Bourry ont bien du mal à joindre les deux bouts.

Une longue vie de travail, mais une toute petite retraite de 500 euros par mois. C’est la moyenne pour une femme d’agriculteur, en raison du statut de conjointe ou d’aide familiale. Germain son mari, n’est guère mieux loti. À eux deux, ils dépassent tout juste 1.000 euros par mois.

Debout, au coeur de la crise

La France n’en finit plus de constater les ravages provoqués par la crise. Premiers touchés, ceux qui étaient déjà les plus faibles : les familles mono-parentales, les chômeurs et les personnes âgées…

Mais la crise a aussi fabriqué des travailleurs pauvres : des salariés à tous petits revenus, des intérimaires qui multiplient les petits contrats. Même les cadres ne sont plus épargnés.

Personne, aujourd’hui, n’est à l’abri. La perte d’un emploi, un divorce et tout peut basculer. C’est tout de suite la perte du logement, de la voiture, des amis… On s’isole sans savoir jusqu’où ira la chute.

Près de 9 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté, soit moins de 800 euros par mois et par personne. Avec courage et sans tabous, des victimes de cette crise ont accepté de nous parler de leur vie.

Allemagne : La pauvreté progresse encore

La pauvreté a encore augmenté en Allemagne, pourtant première économie de la zone euro, pour atteindre son plus haut niveau depuis la Réunification en 1990.

Ce rapport, publié jeudi et baptisé : “la République fissurée” fait état d’un taux de pauvreté historiquement élevé passant de 15% en 2012 à 15,5% en 2013. Selon ce rapport également, jamais les différences entre régions n’ont été aussi profondes.

Paris : Une exposition met en avant le regard des SDF sur leur quotidien

“Prises de rue”. C’est le nom d’une exposition qui se tient actuellement sur les grilles de l’Hôtel de Ville de Paris. Les clichés ont été pris par treize SDF. De mi-novembre à mi-décembre 2014, des appareils photo leur ont été confiés par l’association de réinsertion “La Deuxième Marche“.

Quels sont les pays les plus et les moins inégalitaires ?

Il ne s’agira ici que des inégalités de revenu. Pour cet exercice, on est totalement dépendant des bases de données mondiales. La moins mauvaise, que j’ai utilisée, est sans doute celle de la Banque mondiale. On est également dépendant de l’indicateur d’inégalités, et, au fil des ans c’est l’indice de Gini qui s’est imposé alors que d’autres, plus faciles à comprendre, auraient été aussi pertinents pour les citoyens et pour le débat public.

Mais dans de tels cas, les préférences des statisticiens, au demeurant compréhensibles sur le plan technique ou logique, l’emportent presque toujours sur l’accessibilité, ce que je trouve regrettable. Il faudrait au moins maintenir une double entrée.

Il faut juste savoir que le Gini est compris entre 0 et 100, 0 étant l’égalité parfaite et 100 l’inégalité extrême où un seul individu percevrait tous les revenus du pays. Mais plutôt que de vous faire un cours d’introduction à sa méthode de calcul (vous trouverez cela par exemple sur Wikipedia), voici comment interpréter aisément les chiffres qui vont suivre. Il existe en effet deux autres indicateurs très simples et QUI DISENT PRATIQUEMENT LA MÊME CHOSE.

Le premier est le rapport, dans chaque pays, entre le revenu total (ou le revenu moyen, c’est le même rapport) des 10% les plus riches et celui des 10% les plus pauvres. Jusqu’en 2008, on le trouvait encore dans les données mondiales, en particulier celles du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement).
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6 millions de chômeurs : L’échec de Hollande

Le nombre des chômeurs continue de progresser à une allure vertigineuse : toutes catégories confondues, on dénombrait presque 5,9 millions de demandeurs d’emploi fin 2014, soit +312.900 depuis un an et +919.000 depuis mai 2012. La clameur populaire qui vient d’Athènes fait donc forcément écho jusqu’en France : et si on changeait de politique ?

Il faut prendre l’indicateur du chômage pour ce qu’il est : le plus révélateur de ce qu’est aujourd’hui la France et la politique économique et sociale inégalitaire qui y est menée. Si en Grèce, la donne a radicalement changé, et si le peuple de ce pays peut espérer enfin la mise en œuvre d’une politique sociale plus généreuse, la France, elle, reste plus que jamais prisonnière de la doxa néolibérale. La situation du marché du travail en atteste.

Il faut prendre l’indicateur du chômage pour ce qu’il est : le plus révélateur de ce qu’est aujourd’hui la France et la politique économique et sociale inégalitaire qui y est menée. Si en Grèce, la donne a radicalement changé, et si le peuple de ce pays peut espérer enfin la mise en œuvre d’une politique sociale plus généreuse, la France, elle, reste plus que jamais prisonnière de la doxa néolibérale.

La situation du marché du travail en atteste. Il faut certes manier la comparaison avec précaution, car la France ne connaît pas, loin s’en faut la situation sociale désespérée dans laquelle la Grèce s’est enlisée.
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Grèce : Le chômage touche tout le monde (Màj vidéo)

Addendum : Plongée à Patras, ville parmi les plus pauvres de Grèce

Les élections législatives de dimanche 25 janvier seront sans doute très suivies à Patras. Cette ville, deuxième port de Grèce, compte 380.000 habitants. Ici, la crise a été d’une violence inouïe. Dans cette grande ville industrielle, on compte 40% de chômeurs.

À Perama, une zone industrielle près d’Athènes, la crise a commencé il y a six ans. On comptait alors plusieurs milliers d’ouvriers. Aujourd’hui, il en reste à peine 1.000. “L’activité a diminué de 70%”, explique Nikitas Siandris, de la société des bateaux taxis.
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L’idéologie du travail et la crise du capitalisme

Par Guillaume Borel pour Les Moutons Enragés

« Il faut, avant toute recherche ou réflexion sur le travail dans notre société, prendre conscience de ce que tout y est dominé par l’idéologie du travail. » – Jacques Ellul, l’Idéologie du travail, Foi et Vie n°4 Juillet 1980

Partie I : De l’âge d’or aux premières cités

Titien – Le Châtiment le Sisyphe, 1548-1549

L’âge d’or

Le travail est aujourd’hui à la fois la condition du salariat, qui ouvre le droit à la rémunération, et une valeur sociétale fondamentale qui sert de base à la construction de l’identité et des rapports sociaux.

Pourtant, en remontant le fil de la pensée de Jacques Ellul, notamment grâce à son article “L’idéologie du travail” cité en exergue, on se rend compte qu’il n’en fut pas toujours ainsi.

Loin d’être une donnée naturelle anthropologique, la « valeur » travail s’est construite au fil du temps, et plus particulièrement sous l’impulsion des développements successifs du système de production capitaliste.

A la fois philosophe, théoricien de la société technicienne et théologien, Jacques Ellul propose ainsi une lecture à la fois historique, anthropologique, sociétale et économique, de la construction du travail comme idéologie.
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