Grands patrons ou grands satans?

Historiquement caricaturés cigare au bec et ventre arrondi, dépeints en exploiteurs du peuple froids et impitoyables, obsédés par le profit et le pouvoir qu’ils exerceraient véritablement dans l’ombre du monde politique, l’image traditionnelle des Grands patrons en France n’est pas franchement positive.

Malaimés, les patrons fascinent aussi. En période de crise, ils sont parfois présentés comme les capitaines courageux du navire France qu’ils empêcheraient de couler, véritables héros du capitalisme national dans la mondialisation, étouffés par des charges sociales excessives et accablés de reproches infondés.

Toutes ces représentations, parfois fausses ou injustes ont été relayées par deux cent ans d’histoire des luttes sociales, par la littérature qui, de Hugo à Zola, n’est généralement pas tendre à l’égard des grands patrons, et par une Gauche française traditionnellement offensive sur ce sujet. La perception du patronat traduit une certaine histoire de France depuis la Révolution industrielle.

Elle tient également à la relation complexe des Français à l’argent, à notre méconnaissance collective des enjeux économiques – savamment entretenue par la sphère politique – ou à l’histoire parfois ambiguë du patronat, notamment pendant la seconde Guerre Mondiale.
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Quand les patrons du CAC 40 cumulent les mandats

Et si les grands patrons ne respectaient pas tout à fait les règles qu’ils se sont eux-mêmes fixés ?

Parmi les règles du code de bonne conduite du Medef, il y a l’article 19 qui stipule qu’un administrateur ne peut pas cumuler plus de trois mandats dans des conseils d’administration.

Après analyse de la composition des conseils d’administration de toutes les sociétés cotées à Paris en 2013, on constate que si la plupart des dirigeants respectent la norme, d’autres devraient peut-être songer à repasser leur code… de bonne conduite.

Des Patrons et des Hommes

Comment est-on passé du capitalisme familial au néolibéralisme financier et aux patrons surpuissants ? Soixante ans d’une mutation vertigineuse vue des coulisses. Les secrets d’une économie mondialisée. C’est l’histoire d’un glissement inexorable vers l’économie de marché.

Partie 1: En 1950, le plan Schuman ouvre les frontières et construit l’Europe. Tandis que le pays amorce un passage progressif d’une économie rurale à une industrialisation intense, la concurrence s’impose à tous. La France reste une “économie administrée“, mais ses dirigeants comprennent qu’il faut exporter et attaquer les États-Unis sur le plan commercial.

Le film décrit les mécanismes qui se mettent en action dans les plus hautes sphères du pouvoir grâce aux témoignages inédits d’hommes politiques, de conseillers et de grands industriels. Il montre l’émergence d’une nouvelle race de patrons plus puissants, comme Marcel Dassault, qui n’hésitent pas à financer la vie politique sous le manteau.

Pourtant, si la France est en plein essor, elle prend du retard sur une Allemagne renaissante qui compte vite dix ans d’avance en termes de productivité. Établissant un parallèle entre les politiques industrielles des deux pays, cette première partie permet de comprendre pourquoi la France n’était pas la mieux armée pour faire face aux chocs pétroliers des années 1970.

Partie 2: En 1981, l’élection de François Mitterrand fait naître de nombreux espoirs d’avancées sociales. Mais deux ans plus tard, la France déchante. Le gouvernement s’aperçoit que “les caisses sont vides” et met en place un plan de rigueur. “On a quitté le socialisme à ce moment-là“, commentent les déçus du président.
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Suicide des patrons : Un tabou français

En France, le tribunal de commerce de Saintes vient de créer une cellule psychologique destinée à aider les patrons à faire face aux moments difficiles de la vie d’une entreprise. Derrière cette initiative, se cache une réalité encore taboue en France : de plus en plus de patrons de PME se suicident..

De nombreuses d’études se penchent sur les risques et les désagréments que vivent les salariés au travail, mais très peu évoquent ceux des patrons. Dans l’opinion publique française, le patron est souvent vu comme le responsable de ces souffrances, et jamais comme la victime.

« Lorsqu’un salarié se donne la mort, cela est traité dans les journaux comme un fait de société alors que le suicide d’un patron est généralement considéré comme un fait divers », commente Olivier Torres, professeur à l’Université de Montpellier et à l’EM Lyon, et qui s’est spécialisé dans la santé des dirigeants d’entreprise.

Il affirme que le nombre de chefs d’entreprise qui se donnent la mort n’a jamais été aussi grand. Selon l’Observatoire de la santé des dirigeants de PME, un ou deux chefs d’entreprises français se suicident chaque jour.

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La fumisterie du million d’emplois promis par le Medef

L’offre est alléchante. En échange de nouvelles exonérations et autres petites gâteries accordées aux patrons, le Medef promet de créer 1 million d’emplois nets en 5 ans. Le pactole !

Pour inciter les entreprises françaises à créer 1 million d’emplois nets, le gouvernement social-démocrate devra consentir quelques efforts. En matière de cadeaux au patronat, il n’en est plus à ça près, nous direz-vous.

Les recettes pour remporter le jackpot sont prévisibles : baisse des charges (qui dans la terminologie du Medef signifie cotisations sociales), simplifications administratives, flexibilité, le tout adossé à quelques dizaines de milliards d’économies budgétaires. Une paille !

Pour un million d’emplois nets, le jeu en vaut vraiment la chandelle, même si le perfide Bayrou se plaît à rappeler que 3,3 millions de chômeurs de catégorie A, moins un million d’emplois créés = 2,3 millions de demandeurs restants. La logique arithmétique est implacable !

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Les « prolos »

«Ce film est dédié aux oubliés de la France contemporaine.» Pendant plus d’une année, Marcel Trillat, grand reporter à France 2, a écumé l’Hexagone à la recherche des ouvriers pour en faire ce documentaire.

De l’usine 3M, à Beauchamp, qui fabrique des Post-it et des abrasifs, aux chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), il est parti à la rencontre de ces prolétaires, disparus dans le flot des vagues de licenciements et autres plans sociaux.

« J’avais cette idée depuis longtemps, raconte Marcel Trillat. Je constatais qu’une catégorie sociale extrêmement importante, productrice de richesses, avait été escamotée. Il n’y en avait plus que pour les entrepreneurs, les patrons vedettes à la Jean-Marie Messier. »

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Sur la violence économique illégitime

Par Michel Drac

Sauf dans les cas pathologiques, la violence est un moyen, pas un but en soi. En règle générale, on use de la violence pour obtenir, par la contrainte, quelque chose que la victime de la violence a refusé de donner, de transférer, d’exécuter ou de faire connaître.

Parler de violence économique, c’est donc, hors les cas pathologiques, énoncer qu’il existe, dans la sphère économique, un usage de la violence en vue d’obtenir d’un acteur économique donné quelque chose qu’il refuserait sinon : une coopération, un service, etc.

Encore faut-il savoir si cette violence est légitime ou pas.

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USA : les jeunes, principales victimes de la crise

La précarité dans laquelle vivent les moins de 30 ans a encore été aggravée par la période de récession que viennent de traverser les Etats-Unis.

"Le Rêve Américain, c'est fini"

L’époque actuelle se montre particulièrement dure pour les jeunes Américains. Cette population vit des jours sombres, très sombres, depuis l’effondrement de l’activité économique, qui a continué de plonger tout au long de l’année 2009.

En septembre, le taux de chômage des 16-24 ans s’est maintenu à 18,1 %, ce qui représente près du double de la moyenne nationale pour ce même mois. Plus de 2,5 millions de salariés de cette tranche d’âge ont perdu leur emploi depuis le début de la crise, en décembre 2007, ce qui fait d’eux la population la plus durement touchée par la récession.

Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les chiffres du sous-emploi sont encore plus préoccupants. Encore une fois, ce sont les jeunes qui souffrent le plus. Au cours du deuxième trimestre de 2009, par exemple, le taux de sous-emploi chez les travailleurs de moins de 25 ans a atteint le chiffre alarmant de 31,9 %. Pour les travailleurs de 25 à 34 ans, il était de 17,1 %.

“Les jeunes de moins de 30 ans ont été beaucoup plus durement touchés par la récession que les autres tranches d’âge”, affirme Andrew Sum, ­professeur de sciences économiques et directeur du Centre d’études sur le marché du ­travail de la Northeastern University, à Boston.

Les raisons qui expliquent cette situation sont multiples et complexes. Les jeunes invoquent souvent la redoutable concurrence à laquelle ils sont désormais confrontés : leurs aînés bardés de diplômes universitaires et forts de dizaines d’années d’expérience soumettent aujourd’hui leur candidature à des postes de débutants. En outre, les jeunes qui ont eu la chance de trouver un emploi sont souvent victimes du vieux principe “dernier embauché, premier viré”. Résultat, depuis la crise de 1929, les jeunes n’ont jamais aussi peu travaillé.
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