“Tsipras veut faire financer son programme électoral par ses partenaires européens”

Jean Arthuis est le Président de la Commission budget du Parlement européen, il appartient au groupe des Libéraux et démocrates. Pour le député européen, la zone euro a fermé les yeux sur l’état réel de la Grèce, trop contente d’exporter vers Athènes ses biens. Il doute que les Grecs ne remboursent jamais cette dette.

Secret des affaires : les lobbies économiques poussent l’Union européenne à la régression

Au début de l’année, les députés français tentaient vainement, au nom du « secret des affaires », d’étendre la mainmise des entreprises sur toute information les concernant, au détriment des salariés, des journalistes et des lanceurs d’alerte. Le sujet refait aujourd’hui surface au niveau des institutions européennes, à travers un projet de directive concocté en concertation étroite avec le petit monde des lobbies bruxellois, et dont le principe est identique : que le secret soit la règle, et l’accès à l’information l’exception. Au risque de remettre en cause les fondements même de l’Union.

En début de l’année, la majorité parlementaire socialiste a souhaité consacrer dans le droit français un principe de protection quasi absolue du « secret des affaires ». Ce projet, qui allait jusqu’à prévoir des peines de prison ferme et des centaines de milliers d’euros d’amende pour les contrevenants, a suscité une forte opposition, notamment parmi les journalistes (lire notre article). Selon les critiques, les dispositions envisagées par les députés faisaient en effet peser des risques énormes sur la liberté d’information en matière économique, la protection des sources et des lanceurs d’alerte et les droits des salariés – le tout pour des bénéfices douteux puisque l’arsenal judiciaire existant pour lutter contre la concurrence déloyale ou l’espionnage industriel est déjà bien fourni.

Devant une telle levée de boucliers, le gouvernement français a fini par reculer. C’était la troisième fois qu’un projet de loi sur le « secret des affaires » était mis à l’ordre du jour du Parlement en France en quelques années, toujours avec aussi peu de succès.

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Enquête sur les lobbies de la pêche industrielle

En 2013, une grande campagne de sensibilisation avait montré les effets dévastateurs de la pêche en eau profonde. Malgré l’aberration écologique et économique de ce type de pêche, le Parlement européen a refusé son interdiction. Un documentaire dévoile les dessous de ce vote scandaleux.

Traité transatlantique : c’est plus grave encore que ce qu’on pensait

Secrets and lies, c’est le titre d’un admirable film de Mike Leigh. Secrets et mensonges, c’est aussi la pratique constante des responsables européens et de la plupart de nos dirigeants en France lorsqu’ils évoquent leur projet de Traité transatlantique ou Tafta.

On savait déjà bien des choses sur les méga-risques liés à ce méga-traité négocié dans l’opacité la plus totale. Je les avais explicitées notamment dans ce billet d’avril dernier : Le grand marché transatlantique en deux pages.

Le secret favorise le mensonge et le mensonge a besoin du secret. Mais peu à peu, nous aussi nous découvrons le pot aux roses. Et il s’avère pire que ce que j’écrivais il y a six mois. Je m’appuie en partie sur un texte de Raoul-Marc Jennar de septembre 2014 dont le titre est : « Le GMT/TAFTA : pas amendable ! ». Je commence par quelques-uns des mensonges, avant d’en venir au pire.

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A quoi sert le budget de l’Union Européenne ?

L’Union Européenne (UE) compte aujourd’hui 28 États-membres et environ 500 millions d’habitants, mais son budget reste faible : à titre de comparaison, il est inférieur à celui de l’État belge.

En effet, il ne doit pas dépasser un certain plafond, actuellement fixé à 1,23 % de la richesse produite chaque année par l’ensemble des États membres. Le budget est adopté conjointement par les ministres des finances de tous les États et par les députés européens.

Actuellement, ce budget est au cœur des débats : faut-il le laisser inchangé ? Le diminuer ? Ou l’augmenter et ainsi accroître l’importance du rôle de l’UE ?

Union Européenne : Comment le lobby financier condamne Bruxelles à l’impuissance politique

1700 lobbyistes, 120 millions d’euros par an, c’est ce que mobilise l’industrie financière pour “influencer” les institutions européennes et parfois dicter les directives. Une étude de l’ONG montre l’étendue d’un système toléré en toute opacité.

Au moment où chacun put prendre conscience de l’ampleur de la crise financière et de ses conséquences tragiques pour les économies européennes, l’évidence s’imposa qu’il fallait imposer des moyens de régulation et de contrôle afin d’éviter que pareil désastre ne se reproduise. Les gouvernants se multiplièrent alors en déclarations d’intentions affirmant leur volonté de se saisir de la question, et divers plans furent envisagés. Mais, comme le constate Kenneth Haar de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO),

« la puissance de feu du lobby financier pour résister à toute réforme a été manifeste sur chacune des batailles sur la régulation financière depuis la faillite de Lehman Brothers ».

Banques, fonds d’investissement, compagnies d’assurance et autres sociétés du secteur ont agi pour neutraliser la volonté politique en mobilisant des moyens aussi massifs que mal connus, par exemple contre la taxation des transactions financières et toute tentative d’encadrer les produits financiers dérivés, les agences de notation et les activités bancaires en général.

La société civile marginalisée
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Les sociétés écran bientôt dévoilées dans un registre public

Le Parlement européen a amendé la directive anti-blanchiment. Un registre public des bénéficiaires effectifs des sociétés-écrans et des trusts va être mis en place.

Une très large majorité d’eurodéputés a adopté la révision de la directive anti-blanchiment le 11 mars lors de la session plénière à Strasbourg. En discussion depuis des mois, la législation européenne visant à lutter contre le blanchiment des capitaux a été voté par 643 voix pour, 30 contre et 12 abstentions.

Fin de l’anonymat

La principale avancée du texte demeure la mise en place de registres publics des bénéficiaires effectifs des sociétés, fondations et trusts.

Ce registre doit permettre à la police et aux autorités fiscales d’identifier les véritables bénéficiaires de toutes sociétés, fondations ou trusts ayant des activités au sein de l’Union européenne en mettant un terme à l’anonymat de ces structures, principales responsables du blanchiment d’argent.

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À quoi sert la PAC ?

La politique agricole commune européenne (PAC) a déjà plus de cinquante ans. Imaginée dans une Europe des Six à la production agricole insuffisante, elle s’élabore aujourd’hui avec peine entre vingt-sept pays aux situations contrastées, à la volonté politique chancelante et au cœur d’une mondialisation risquée.

(Le Monde et les terroirs – Arte – 25 juin 2013)

Jacques Attali : « Une litanie ultra-libérale de punitions »

Jacques Attali, invité de C à dire du 03 juin 3012, à propos des réformes demandées par Bruxelles à la France. (émission complète)

« Bruxelles a été extrêmement maladroite dans la façon de présenter les réformes, elle aurait dû dire cela en privé, de façon confidentielle, en étant habile. Ça aurait dû être des réformes plus vastes et positives que cette litanie ultra-libérale de punitions. C’est en créant les conditions d’une identité européenne que nous pourrons avancer, l’élection d’un Président Européen au suffrage universel en est un élément. »

Parlement Européen : Marine Le Pen vs Mario Draghi

« Ne vous avisez pas de lancer une offensive monétaire sur la France car dans ce cas vous nous trouverez en travers de votre chemin » – Marine Le Pen à Mario Draghi, président de la BCE

Intervention de Marine Le Pen au Parlement Européen le 17/04/2013

Le fédéralisme “national-étatique”, nouvel ovni institutionnel

José Manuel Barroso souhaite une transformation de l’Union européenne en “Fédération d’Etats-nations”. Mais que se cache-t-il derrière cette juxtaposition de notions a priori antinomiques, l’Etat et la nation. Est-ce seulement un cache-sexe sémantique pour les souverainistes de tous bords?

Pour le président de la Commission, l’Union européenne doit devenir une “fédération d’Etats-nations ”. L’idée n’est pas nouvelle. Dans les années 90, Jacques Delors, son prédécesseur à la tête de l’exécutif européen, avait préconisé pour cette étonnante configuration institutionnelle.

Nous devons progresser vers une fédération d’Etats-nations. C’est notre horizon politique ”. A affirmé José Manuel Barroso lors de son discours sur “l’état de l’Union” au Parlement européen. Pourquoi maintenant? Parce “qu’en ces temps d’anxiété, ce serait une erreur que de laisser les nations en proie au nationalisme et au populisme”. Mais surtout, “une véritable union économique et monétaire en profondeur peut être engagée dans le cadre des traités actuels, mais ne pourra être menée à bien qu’avec un nouveau traité”.

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Une solidarité européenne à sens unique. Entretien avec Jean-Luc Gréau.

Gil Mihaely. Le 21 février, à la demande du gouvernement, l’Assemblée nationale a examiné en procédure d’urgence le projet de loi ratifiant le Mécanisme européen de stabilité (MES), sorte de Fonds monétaire européen. Son rôle : soutenir la stabilité d’un État membre dont les difficultés financières risquent de menacer la zone euro. Est-ce un bon outil pour résoudre les problèmes de la dette en Grèce ainsi qu’au Portugal et en Espagne ?

Jean-Luc Gréau. Je ferai une double observation préliminaire : pourquoi faut-il sauver les pays que l’euro protégeait et favorisait et sauver en même temps cet euro qui paraissait bâti pour durer des siècles ? Pourquoi les dirigeants européens passent-ils désormais l’essentiel de leur temps en négociations interminables alors que leur présence et leur action sont réclamées par ailleurs (au train où vont les choses, ils seront en conclave européen permanent) ?

Sur le Mécanisme européen de stabilité, nouvelle mouture du Fonds européen de stabilité financière (FESF), nous devons statuer : pouvons-nous sortir de la faillite grecque, irlandaise, portugaise, voire espagnole en surendettant un peu plus les voisins ? Je crois que c’est un contresens. Il fallait, dès mai 2010, accepter le défaut de paiement de la Grèce et sa sortie de l’euro.

D’ailleurs, l’efficacité du MES sera mise à l’épreuve dès le 20 mars, jour où le Trésor grec devra lever plus de 14 milliards d’euros pour se refinancer, somme qui équivaut à 110 ou 120 milliards pour un pays comme la France ou l’Italie. Les prêteurs accepteront-ils de souscrire sur la base des garanties accordées par l’Europe ? Peut-être avec l’argent que la Banque Centrale Européenne leur prête à un taux d’1%. Mais ce n’est même pas sûr.
Dans l’immédiat, la Grèce continue de s’enfoncer. Une entreprise sur quatre a mis la clef sous la porte. La moitié des entreprises restantes n’est pas en mesure de payer ses employés à l’échéance. Les salaires du privé ont baissé de 15% en moyenne, ceux du public de plus de 20%. Une économie de troc a commencé à s’installer, qui ne paie évidemment pas d’impôts. Les Grecs des villes commencent à retourner à la campagne pour exploiter des lopins de terre.

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Roumanie : Razzia mondialisée sur les réserves d’or

Depuis une quinzaine d’années, Rosia Montana, commune des Carpates occidentales, est devenue le cadre d’une véritable ruée vers l’or. Seuls contre tous, des villageois tentent de résister au vampirisme d’une compagnie canadienne qui cherche à exploiter le plus grand gisement d’Europe.

Rosia Montana, petite commune des Apuseni, l’un des massifs montagneux les mieux préservés de Roumanie, a tout d’un décor de Far West contemporain. Les gros 4X4 ont remplacé les chevaux, les portables et internet ont remplacé le télégraphe, les colts ont été remisés au profit des valises de billets et les cowboys sont des ingénieurs bien éduqués en costumes trois-pièces.

En un peu plus d’une décennie, ce village des Carpates occidentales, qui ressemble désormais à une cité fantôme, est devenu le théâtre d’une ruée vers l’or mondialisée, avec des habitants dont le sort se joue davantage à la Bourse de Toronto qu’à Bucarest.

L’enjeu ? L’exploitation par la Rosia Montana Gold Corporation (RMGC), une société canadienne, de la plus grande réserve aurifère d’Europe, avec un sous-sol qui abriterait au moins 300 tonnes d’or et 1.500 tonnes d’argent. Rosia Montana, synonyme de pactole dans un contexte de flambée des cours de l’or, est aujourd’hui aussi célèbre en Roumanie qu’aux États-Unis ou en Israël !

Privatisation suspecte
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Clonage [animal pour l'alimentation] : Bruxelles propose un moratoire de cinq ans

La Commission européenne va proposer, mardi 19 octobre, un moratoire pour interdire pendant cinq ans le clonage animal destiné à l’alimentation humaine en Europe et demander une traçabilité des embryons et du sperme importés, selon des sources communautaires. Cette proposition ne concerne pas le clonage pour la recherche ni celui pour la préservation des espèces en danger.

Elle vise à apaiser les inquiétudes provoquées durant l’été par la vente au Royaume-Uni de viande d’animaux clonés, mais ne va pas aussi loin que ce que souhaitait le Parlement européen : celui-ci avait demandé en juillet « l’interdiction, à titre préventif, de toute commercialisation de viande ou de lait issus d’animaux clonés ou de leur descendance ». « La viande de clone ne se mange pas » actuellement, a rappelé une source européenne, « un animal cloné coûte entre 15 000 et 20 000 dollars, il sert pour la recherche et n’a pas vocation a être découpé en steaks ». Il n’en va pas de même des embryons et de la semence des animaux clonés.

La majorité des vaches laitières de l’UE sont issues de l’insémination artificielle, mais 98 % des semences utilisées proviennent de l’UE. 3 % seulement sont importées, selon la même source. L’Agence européenne pour la sécurité alimentaire (AESA), installée à Parme en Italie, considère que la viande ou le lait des descendants des animaux crées par clonage ne représentent aucun danger pour la santé humaine, plaide la Commission.

La commercialisation de la viande et du lait des animaux clonés de la première génération est soumise à une autorisation préalable dans l’UE. Le clonage pour l’alimentation humaine est une technique quasiment inexistante dans l’Union européenne. En revanche, cette technique est très utilisée aux Etats-Unis, au Canada et en Argentine.

L’Union européenne ne peut interdire les importations, car elle contreviendrait alors aux règles de l’Organisation mondiale du commerce.

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L’Europe n’échappera pas à des réformes impopulaires, déclare Van Rompuy

La survie du modèle économique et social européen passera par des “mesures impopulaires” alors que le “populisme régnant” rend difficile l’adoption de telles mesures, a estimé le président de l’Union européenne Herman Van Rompuy dans un entretien à quatre journaux.

Le modèle européen ne peut survivre sans une croissance économique plus forte et l’Europe ne peut jouer un rôle dans le monde sans plus de robustesse économique”, déclare Herman Van Rompuy dans El Pais.

Or “le grand danger, c’est le populisme régnant et, par conséquence, le manque d’engagement européen. Le populisme rend difficile l’adoption des mesures nécessaires pour l’avenir de l’Europe. Quand je vois l’agenda économique, les défis budgétaires… je vois que nous serons obligés de prendre des mesures impopulaires dans les prochaines années”, ajoute-t-il.

En tant que Belge, je suis bien placé pour en parler.

Le populisme va à l’encontre du courage politique. Quand j’étais ministre du budget, on a pris des mesures d’économie très dures. Après quatre ans, on est sorti vainqueur de cette phase. Il faut à un moment donné aller à l’encontre de certaines tendances”, précise-t-il dans Le Monde.

On ne pourra pas échapper à des réformes impopulaires dans les prochaines années”, poursuit Herman Van Rompuy, sans préciser lesquelles.

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L’horizon de la présidentielle de 2012 et le piège de la personnalisation du débat

Par Jacques Sapir

Telle qu’elle se dessine aujourd’hui, l’élection présidentielle de 2012 risque d’être marquée par un trop-plein de candidats compensé par une pénurie de programmes. Pourtant, nous sommes depuis l’été 2007 dans la plus grave crise économique que l’on ait connue depuis celle de 1929. Elle se double d’une crise géostratégique et d’une crise environnementale qui, l’une et l’autre, ont des conséquences considérables. Les timides éléments de reprise que l’on constate dans les pays développés depuis la fin de 2009 ne doivent pas faire illusion. Ils ne sont pas durables où, pour reprendre un mot à la mode, « soutenables ».

Cette situation appelle des réponses radicales, et qui pourtant sont de bon sens. Aujourd’hui, être extrémiste c’est être réaliste. Il convient donc de laisser le choc des ego aux magazines people et apparentés. Non que l’on sous-estime la question des personnalités. Elle a sa place dans la définition de ce que devrait être un candidat idéal. Mais elle passe après la question du programme. De cette question, nous avons à peu près un an pour en discuter.

I. De « l’inévitable » et pourtant fort contestable austérité.

De toute part, on nous présente l’austérité comme un choix inévitable. L’argument du déficit budgétaire, qui nous a déjà été servi ad nauseam, sert bien évidemment de prétexte. Alors même que la démographie connaît en France un redressement notable, on veut aussi tailler dans les retraites. Enfin, la précarisation du travail, dans le secteur privé comme dans le secteur public, est plus que jamais à l’ordre du jour. Tous ces choix nous sont présentés comme le produit d’évolutions inéluctables. Pourtant, ils sont tous extrêmement contestables.

Sur la question du déficit budgétaire, il faut savoir que son augmentation est pour une large part due à ce qu’il nous faut emprunter à plus de 3% (3,45% en moyenne) alors que l’on n’attend pas, même dans les rêves les plus fous de Mme Lagarde, une croissance au-dessus de 2%. Or, dans le même temps, les banques se refinancent auprès de la BCE (comme d’ailleurs auprès de la Réserve Fédérale américaine et des autres Banques Centrales des pays développés) à des taux oscillant entre 1% et 0,5%. Serait-ce du fait de la meilleure qualité des dettes privées par rapport à la dette publique ? Poser cette question, c’est y répondre, et par un immense éclat de rire.

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“Institutions financières internationales et climat : la grande hypocrisie” (redif.)

“On ne peut pas dire à la tribune de l’ONU, il faut un développement propre, et continuer à financer un développement qui ne le serait pas”

(Nicolas Sarkozy, conférence sur les changements climatiques, Nations Unies, 24 septembre 2007)

A l’heure de la taxe carbone et des multiples incitations écologiques, voire des sanctions, fondées sur le dogme du réchauffement climatique global anthropogénique, quel exemple nous donnent les grands décideurs financiers et politiques de la planète ?

Un exemple désastreux, selon l’association “Les Amis de la Terre”, qui publie un rapport sur ce sujet, précédé d’un communiqué de Presse que nous reproduisons ici.

Bien que cette association ajoute foi au dogme précité, ce qui n’est pas le cas de nombreux scientifiques, son rapport illustre et prouve utilement le décalage entre le discours officiel et les pratiques réelles des autorités visées par lui.

Alors que se tient le sommet de l’ONU sur le climat, qui réunit une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement, les Amis de la Terre révèlent que si les dirigeants mondiaux multiplient les déclarations annonçant leur volonté de lutter contre les changements climatiques, ils continuent à financer massivement les énergies fossiles et les industries les plus émettrices de CO2, à travers les institutions financières internationales (IFIs) dont ils sont les actionnaires. Lire la suite

Bientôt un impôt européen

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et Hermann Van Rompuy, nouveau président du Conseil européen, en ont tous deux évoqué l’idée : l’Union européenne a besoin de “ressources propres,” indépendantes des contributions des États. Les négociations sur le prochain budget de l’Union, qui débutent en 2014, donneront-elles le jour au premier impôt européen ?

Le programme sur lequel j’ai été élu, a rappelé José Manuel Barroso, qui s’est exprimé mardi devant le parlement européen à Strasbourg, dit qu’il faut examiner de possibles ressources propres.

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La crise expliquée à une Commission Spéciale du Parlement Européen

Paul Jorion retranscrit ici son exposé sur les cinq grandes causes de la crise, telles qu’il les a présentées à une Commission du Parlement Européen, à Bruxelles.

J’étais hier après-midi, l’un des huit «experts» conviés par la Commission Spéciale sur la Crise Financière, Économique et Sociale (CRIS) du Parlement Européen, à Bruxelles, sur « Les causes de la crise financière, ses conséquences et ses défis pour l’Union Européenne ».

Depuis la rentrée en septembre, j’ai participé à une demi-douzaine de réunions de ce type, où une brochette d’orateurs est appelée à se prononcer sur un thème similaire.

Spécificité de l’après-midi d’hier : la médiocrité des interventions de mes co-panélistes, accumulant les clichés, les propos convenus, ânonnant les directives – qui de sa banque, qui de son gouvernement –, tout cela dans une affreuse langue de bois bureaucratico-administrative.

Autre spécificité de la réunion d’hier : le très faible niveau d’information des intervenants de la salle, émergeant parmi les quelques centaines de parlementaires présents et leurs assistants, et posant des questions dont la teneur suggère – pour utiliser l’expression consacrée – qu’ils ou elles « tombent des nues ». J’excepte intentionnellement du lot, ceux qui, s’adressant à moi, insistèrent pour entendre le point de vue spécifique d’un anthropologue.

J’ai présenté, comme origine de la crise, cinq causes principales (le résumé de mon intervention devrait être mis en ligne sur le site du comité) : Lire la suite