Zbigniew Brzezinski : « Ce que je vois en Europe m’inquiète »

Ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter (de 1977 à 1981), Zbigniew Brzezinski est l’un des dirigeants du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), cercle de réflexion américain sur la politique étrangère. Il est notamment l’auteur du Vrai choix. Les États-Unis et le reste du monde (Odile ­Jacob, 2004).

Qui assure la sécurité de l’Europe ?

Personne en particulier : ce devrait être l’Union européenne, sur la base de principes stratégiques partagés et d’engagements stratégiques réciproques. Mais là est le problème puisque, manifestement, il y a des divergences.

C’est donc l’OTAN, et donc les États-Unis ?

Les États-Unis sont évidemment l’acteur le plus important de l’Alliance « atlantique ». Si les États-Unis ne sont pas impliqués, l’Alliance perd toute signification stratégique. Sans les États-Unis, l’OTAN ne peut être ni viable ni militairement crédible.

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Un bâton dans la roue du libre-échange

TAFTA, CETA, TISA, TPP… Barricadés dans des salles interdites au public, des négociateurs tapissent d’acronymes de nouvelles tables de la loi commerciale susceptibles de faire basculer le destin de plus d’un milliard de personnes.

Grand marché transatlantique (GMT) entre les États-Unis et l’Union européenne, accord de partenariat transpacifique entre l’Amérique du Nord et une dizaine de nations riveraines du grand océan, discussions sur le commerce des services : une nouvelle vague de libéralisation déferle.

Entre 1950 et 2013, zones et accords de libre-échange ont proliféré comme du pop-corn. Le volume des exportations mondiales de produits manufacturés a été multiplié par soixante-seize (1).

Mais la proverbiale crevette pêchée en mer du Nord, décortiquée au Maroc avant d’échouer en barquette dans un rayonnage madrilène a-t-elle vraiment amélioré le sort de l’humanité ? Poser la question à un négociateur du GMT serait faire preuve d’une naïveté si déplacée qu’immanquablement perçue comme agressive.
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Albanie : Le pays aux 750.000 bunkers

L’Albanie a été une dictature communiste de 1945 à 1990. Elle fut dirigée lors de cette période, pendant 40 ans, par Enver Hoxha, qui faisait une fixation sur les bunkers.

Enver Hoxha était persuadé que l’Albanie allait un jour être sur la ligne de front entre le bloc communiste et l’OTAN. Il a donc fait construire 750.000 bunkers identiques, un pour quatre habitants, dans les villes, les campagnes, les montagnes, au bord de la mer, en résumé il y en a partout.

Malheureusement pour les albanais leur construction a utilisé une bonne partie des ressources qui auraient pu être autrement utilisée pour améliorer les infrastructures du pays ou améliorer leurs conditions de vie.

Comme on s’en doute, ces bunkers n’ont jamais été utilisés et ils restent aujourd’hui en ruines dans le paysage albanais. L’année dernière le photographe David Galjaard a parcouru l’Albanie pour photographier ces bunkers abandonnés, vous pouvez voir plus de ses photos sur son site.

La Boîte Verte

Otages : l’Italie aurait payé 12 millions d’euros à Al-Qaeda

L’Italie a t-elle payé la somme de 12 millions d’euros pour libérer ses otages? Une polémique a éclaté au parlement à propos de déclarations faisant état du paiement d’une rançon pour les 2 aides humanitaires retenues en Syrie.

By Simon Tomlinson 



De violents débats ont éclaté aujourd’hui en Italie après des déclarations affirmant que

le gouvernement avait versé une rançon de 12 millions d’euros pour libérer deux aides humanitaires détenues en Syrie.

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Russian disease, ou la maladie du soviétisme (De la crise économique qui frappe la Russie, et de ses origines)

Dans son édition du 17 décembre, La Croix tente de prendre du recul par rapport à l’actualité russe. Qu’il s’agisse des relations entre l’Ukraine et la Russie – envenimée depuis le rattachement contesté de la Crimée (‘Complications ukrainiennes’) au printemps dernier – ou de la dégradation de la situation économique, le journal souhaite se prémunir d’une corrélation simple, si couramment utilisée dans la presse.

La diplomatie suicidaire de Poutine (comprenez : parce que nationaliste et pan-russe) isole son pays dans le concert des nations ! En réalité, reprendre tout ou partie de ce raisonnement concourt à servir celui-là même que l’on entend affaiblir. C’est prêter en outre aux sanctions occidentales un poids qu’elles n’ont probablement pas. Le journal part du constat établi par son envoyé spécial Benjamin Quénelle - la perte de valeur du rouble par rapport au dollar – pour scruter la fragilité économique russe.

Dans son dossier central intitulé ‘La crise révèle les faiblesses du modèle économique russe‘, Alain Guillemoles pose quatre questions parmi lesquelles trois appellent des réponses rapides : sur les causes de la chute du rouble (division par deux des revenus tirés de l’exportation de produits énergétiques, accélération de la conversion en monnaie étrangère des épargnants), les réponses possibles de la banque centrale russe et les inflexions souhaitables de l’exécutif. Une question demeure, bien plus complexe : “Pourquoi l’économie russe est-elle en crise ?

*

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L’Afghanistan ou l’odyssée de l’impasse

Le 31 décembre, la force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS ou ISAF) aura terminé officiellement sa mission en Afghanistan après treize ans de présence et 3 485 soldats tués, dont 89 Français. La mission est terminée mais la guerre n’est pas finie et encore moins gagnée, si tant est qu’elle puisse l’être au regard des choix stratégiques américains initiaux. Retour sur une longue fuite en avant.

Par

Schizophrénie militaire
Le premier choix, fondamental, a été de frapper les Taliban au même titre qu’Al-Qaïda. Cela n’était pas obligatoire malgré les liens entre les deux organisations. Il aurait été possible d’accepter les intérêts stratégiques pakistanais en laissant de côté leurs alliés afghans pour concentrer uniquement l’emploi de la force sur Al-Qaïda. Il fut décidé de frapper aussi le régime du mollah Omar et de faire ainsi un exemple. C’était cependant se condamner à une victoire totale sur le terrain afghan, sous peine de voir les deux ennemis reconstituer leurs forces dans les zones tribales du Waziristan, avec l’aide même des services pakistanais.

Edward Snowden : « Nos droits sont en train d’être redéfinis en secret »

Le 28 octobre 2014, l’hebdomadaire américain The Nation a publié un grand entretien réalisé avec le lanceur d’alerte Edward Snowden [1]. Voici  une version exclusive de ce document en français.

Lundi 6 octobre 2014, les journalistes Katrina vanden Heuvel et Stephen F. Cohen se sont entretenus à Moscou, pendant près de quatre heures, avec l’ancien consultant des services secrets. Dans cet échange, Edward Snowden évoque sa situation et ses rapports avec les autorités russes. Il rappelle que ce sont les États-Unis qui l’empêchent de sortir de son « exil ».

L’ancien employé de la CIA et de la NSA (Agence nationale de sécurité) aborde plusieurs sujets centraux : est-il possible de renforcer le contrôle démocratique des actions des gouvernements et des entreprises sur Internet ? Si oui, de quelle manière ? Pourquoi est-il nécessaire de s’engager pour de nouvelles formes de « désobéissance civile » et de se battre pour défendre nos droits fondamentaux ?

Faut-il saluer les initiatives des pays qui prônent le renforcement de leur souveraineté digitale ? De quelle manière Internet recompose-t-il les relations sociales et les pratiques politiques au niveau planétaire ? Pourquoi faut-il élaborer une Magna Carta (Grande Charte des libertés) pour Internet ? Quels seraient les contours de nos nouveaux « droits numériques » ?

Enfin, Edward Snowden expose pourquoi, selon lui, l’organisation de la production mondiale et la robotisation progressive des économies imposent la mise en place d’un revenu garanti pour tous.

PARTIE 1 – De la nécessaire désobéissance civile

The Nation  : Nous sommes très heureux d’être ici avec vous. Nous venons souvent à Moscou pour notre travail et pour voir de vieux amis, mais, de votre côté, vous n’avez pas choisi de venir vivre en Russie. Arrivez-vous à travailler ici, à sortir et à rencontrer des gens ? Ou vous sentez-vous enfermé et vous ennuyez-vous ?
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Le pivot géographique de l’histoire

Pour saisir les enjeux actuels, un petit détour sur une des cartes de Halford J. Mackinder ne manque pas d’intérêt.

Quelques éléments d’explication : Mackinder nous dit : « La prise de contrôle de la région terrestre centrale par une nouvelle puissance se substituant à la Russie, ne tendrait nullement à réduire l’importance géographique de la position pivot ». (1)
Reprenant les mots de Mackinder et en poursuivant la logique de son propos à l’aune de la géopolitique récente et en cours, nous pourrions avancer ceci :
Si une puissance particulière parvenait à renverser la Russie, ou à la contrôler, celle-ci  pourrait constituer un péril menaçant la liberté du monde pour la seule raison qu’elle ajouterait une façade océanique aux ressources du Grand continent – un accès aux mers chaudes – avantage qui demeure jusqu’à présent interdit à l’occupant russe de la zone-pivot.

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Ukraine : Sur le front avec les milices russes

«Ce qu’on vient combattre ici, ce n’est pas la démocratie, mais l’anarchie : la cinquième colonne pro-occidentale qui veut saper notre mère patrie… » Oleg est sûr de sa cause. Il ne semble prêter aucune attention aux obus et missiles qui explosent de plus en plus près. Carrure de catcheur, fusil automatique sous le coude, il met un point d’honneur à marcher lentement vers la première ligne, à découvert sur un pont de bretelle d’autoroute défoncée, offrant sa haute silhouette aux snipers de l’armée ukrainienne sans même daigner courber la tête.

Son énorme chapka de mouton angora flotte au vent comme un panache blanc, alors que plusieurs de ses hommes progressent à ses côtés en tenue camouflage, s’abritant derrière les rambardes criblées d’éclats pour ajuster leurs tirs.

Originaire d’Ossétie du Sud, une province russe au fin fond du Caucase, Oleg combat dans l’est de l’Ukraine depuis le mois d’avril. Et si le Kremlin évite d’admettre que l’armée régulière épaule les rebelles séparatistes du Donbass, il ne fait pas mystère du rôle crucial qu’y jouent ses « volontaires » venus de Russie.

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L’Allemagne veut brider son industrie de défense à l’export et la consolider

Si Sigmar Gabriel, le ministre de l’économie et président du parti social-démocrate (SPD) tient ses promesses, l’Allemagne devrait, dans les années à venir, exporter nettement moins d’armes. Elle pourrait aussi compter moins d’acteurs dans ce secteur.

Par Frédéric Lemaître

Vendredi 5 septembre, à l’issue d’une première rencontre avec des responsables patronaux et syndicaux du secteur, le ministre de l’économie, à qui il revient d’accorder ou non les autorisations d’exportation de matériel militaire, a confirmé sa politique.

LA LOI EST « CLAIRE »

Hors pays de l’OTAN et de l’Union européenne, « les exportations d’armes sont en principe interdites ». Les autorisations doivent être exceptionnelles.

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Les deux graphiques les plus effrayants du monde n’ont pas grand chose à voir avec l’économie

L’actualité est riche en désastres et conflits : la progression de l’État islamique, le conflit en Ukraine, le chômage sans solution, la dette publique, le virus Ebola, la vulnérabilité de notre vie privée …

Peter Sellers dans “Docteur Folamour” film de Stanley Kubrick

Toutes ces calamités nous font oublier tous les progrès que nous avons accomplis sur les dernières décennies:

Des maladies graves qui décimaient encore des populations entières sans distinction de classe il y a cent ans ont été éradiquées, nous pouvons voler d’Amsterdam à Los Angeles en 11 heures, nous sommes capables d’envoyer des satellites dans l’espace lointain et la mondialisation a permis de sortir de l’extrême pauvreté un nombre toujours croissant de personnes. Depuis la fin des années 40 du siècle dernier, le nombre annuel de décès liés aux guerres a chuté de plus de 90%… Les générations des baby-boomers et de leurs enfants vivent dans une ère de prospérité totalement inédite dans l’histoire.

Tout cela montre qu’avec assez d’intelligence, de volonté politique et de persévérance, la race humaine peut surmonter la plupart des défis qui se posent à elle. Mais que se passera-t-il si nous perdons ces qualités ?

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Exclusif : l’OTAN va attaquer la Russie avec 12 avions

Par Carl

Vous, je ne sais pas, mais moi, je suis quelque peu désappointé par la lecture des prises de positions sur l’Ukraine vues sur Twitter, Facebook et autres commentaires parus sur d’honorables sites d’information – sans même parler de sites plus folkloriques, et je ne parle pas là du Gorafi. Si vous le voulez bien, résumons les événements de ces derniers mois, vus par nos experts en relations internationale en herbe (attention, parodie. Mais pas trop quand même).

Tout commence par Euromaïdan : une poignée de fascistes soutenus par BHL et John McCain renverse le gouvernement ukrainien. Oui, ce sont des oligarques corrompus mais les autres aussi sont des oligarques corrompus, en plus, ils sont nazis. L’accord d’association proposé par l’Europe (tiens, c’est marrant, je pensais qu’au niveau défense, elle n’était nulle part) est en fait un accord d’association à l’OTAN. Que personne à l’OTAN ou à l’UE n’ait eu envie jusque là d’intégrer l’Ukraine dans leurs organisations respectives n’a rien à voir là-dedans. D’ailleurs, les habitants de Kiev, à part quelques naïfs, n’ont rien à voir là-dedans. Lire la suite

Les États-Unis entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie pour ralentir leur déclin

L’Empire américain est doublement engagé, au plan économique et monétaire d’une part et au plan stratégique et géopolitique d’autre part, pour tenter de ralentir son déclin, dans une entreprise systématique de destruction de ses adversaires comme des ses supposés « alliés ».

Au plan économique et monétaire, les manipulations domestiques et internationales auxquelles se livrent les USA (via leur Federal Reserve et leurs grandes banques « too big to fail ») sur la plupart des paramètres (statistiques faussées) et des actifs (monnaie, taux d’intérêt, actions, obligations, etc. « dirigés ») ne sont plus à démontrer, de telle sorte qu’il n’y a plus un seul marché libre dans le monde entier dont on puisse connaitre précisément la situation réelle !

Quant au plan stratégique et géopolitique, les USA, visant à empêcher toute alliance entre l’Europe et la Russie (toujours leur obsession du contrôle du « heartland » eurasien !) comme à saboter l’émergence de toute solution pacifique au Moyen Orient avant que ce soit le tour de l’Asie, installent des conflits régionaux qui nécessairement prendront suffisamment d’ampleur pour qu’ils auto-détruisent les États qui s’y laissent entrainer. [...]

Nous ne nous prononçons évidemment pas sur le point de savoir qui a raison ou a tort dans ces conflits (les Israéliens ou les Palestiniens, les Russes ou les Ukrainiens) mais seulement sur la méthode employée par les USA pour les créer et les envenimer dans le seul but d’empêcher toute coexistence pacifique internationale selon la pratique vieille comme le monde consistant à diviser pour régner.

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Trou noir comptable à l’OTAN

On ne sait pas exactement où vont les milliards d’euros dont bénéficie l’OTAN, rapporte mardi De Morgen sur la base d’une enquête de la Cour des comptes néerlandaise.

Les représentants des 28 États membres de l’OTAN, dont la Belgique, ne savent pas combien d’argent public leur pays consacre à l’Alliance et comment il est utilisé. Les ambassadeurs de l’OTAN sont au courant de cette comptabilité opaque mais aucune solution ne semble sur le point d’aboutir, analyse la Cour des comptes. Les contrôleurs rendent désormais l’information publique pour imposer le sujet à l’ordre du jour de la prochaine réunion de l’OTAN.

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Géopolitique : Union transatlantique, la grande menace

Par Alain De Benoist

Négocié dans I’opacité la plus totale depuis juillet 2013 par les Etats-Unis et I’Union européenne, Ie Partenariat transatlantique de commerce et d’investissements vise à mettre en place une gigantesque zone de libre-échange. Objectif : créer un ensemble euro-atlantique sous contrôle états-unien. Révélations sur une monstruosité.

On n’en parle guère, alors que l’on est en présence de l’un des plus grands événements de ce début de XXIe siècle. Et d’une des plus grandes menaces. De quoi s’agit-il ? D’un projet de « grand marché transatlantique » dont dépend pour une large part l’avenir même de l’Europe. Et même du plus important accord commercial bilatéral jamais négocié, puisqu’il s’agit de mettre en place, en procédant à une déréglementation généralisée, une gigantesque zone de libre-échange, correspondant à un marché de plus de 800 millions de consommateurs, à la moitié du PIB mondial et à 40 % des échanges mondiaux. Bref, de créer la plus grande zone de libre-échange du monde grâce à l’union économique et commerciale de l’Europe et des Etats-Unis.

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EXCLUSIVITE FORTUNE : Ukraine – Dmytro Yaroch, Secteur Droit : «Ni l’OTAN, ni l’UE»

Interview exclusive avec le chef du Pravyi Sektor. Traduit de l’italien par fdesouche.com. Reproduction autorisée sous réserve de nous citer en source. Nous précisons que cette publication ne constitue pas une prise de position.

Il est le patron. Mystérieux, résolu, incontesté pour les siens, au parcours discutable pour d’autres. Il a mené son mouvement Pravyi Sektor à travers l’épopée de la révolution ukrainienne, de la lutte clandestine aux barricades et maintenant pointe droit vers le Parlement.

Est-il un guérillero ? Un 007 à la solde de puissances étrangères ? Est-il un révolutionnaire ou un chef de bande avec du flair pour une carrière politique ? Ce qui est certain, c’est que le nom seul de Dmytro Jaroch enflamme et divise l’opinion publique au sujet de la complexe question ukrainienne, entre partisans et détracteurs. Il a accordé une interview exclusive à Il Primato Nazionale [journal en ligne italien].

Quelle est la situation actuelle en Ukraine, du point de vue social et politique ?

La situation est assez compliquée. Même avant l’arrivée de Ianoukovitch au pouvoir, nous disions que dans notre pays il existait un régime d’occupation intérieure. Pendant le gouvernement de Ianoukovitch, la nature anti-populaire de ce régime a atteint son point culminant. Aujourd’hui, après la fuite de Ianoukovitch, ce régime a craqué, mais n’a pas été entièrement démantelé. Le Parti des régions et le Parti communiste n’ont pas été interdits. L’opposition d’hier ne contribue pas à la lutte contre la corruption. On ne remarque pas encore de ces changements qui conduisent à la construction d’une société juste et solidaire.

Que pensez-vous du nouveau gouvernement provisoire de l’Ukraine ?
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Après la Crimée, la Finlande ?

Un ancien conseiller de Poutine a expliqué au journal suédois Svenska Dagbladet que le président russe cherchait à rendre une « justice historique », et qu’il cherchait à reformer la Russie historique de l’époque du Tsar Nicolas II et de l’Union Soviétique sous Staline.

Le président russe Vladimir Poutine ne se contentera pas de l’annexion de la Crimée, et il devrait également tenter de reconquérir la Biélorussie, les pays baltes et la Finlande, a affirmé Andrej Illarionov, l’un de ses anciens conseillers les plus proches. Illarionov  a été conseiller économiste en chef du président russe entre 2000 et 2005.

« Des parties de la Géorgie, l’Ukraine, la Biélorussie, les pays baltes et la Finlande sont des États que Poutine revendique », a déclaré Illarionov, qui a affirmé que Poutine estimait que l’accession à l’indépendance de la Finlande en 1917 était un « acte de trahison contre les intérêts nationaux » russes. Avant cette date, la Finlande avait été pendant 108 ans un Grand-Duché autonome intégré à l’empire russe.

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Sont-ils tous devenus fous?

par Jacques Attali

Il m’arrive parfois de demander s’il est possible d’avoir raison contre tout le monde. Ou bien s’il faut se résigner à penser que l’unanimité vaut raison. Au vu du tour que prend l’affaire ukrainienne, je me sens cependant renforcé dans ma première intuition, exprimée ici : il est fou, pour l’Occident, de faire du problème de la Crimée l’occasion d’une confrontation avec la Russie.

Gérard Garouste : Dérive

Qu’on ne s’y trompe pas. On n’a jamais lu sous ma plume une approbation du régime actuel de la Russie. Ni de sa stratégie internationale. Et je ne parle ici que de l’intérêt de l’Occident, et plus précisément de l’Europe.

Et, pour moi, l’intérêt de l’Europe n’est pas de se lancer dans un affrontement avec la Russie. Mais au contraire de tout faire pour intégrer notre grand voisin de l’Est à l’espace de droit européen.

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Ukraine : La crise et la troisième voie géopolitique

Par Jure Georges Vujic. Le contributeur franco-croate livre à Polémia une analyse géopolitique de la crise ukrainienne.

Il semblerait que la crise ukrainienne divise la mouvance nationale et eurasiste en deux camps, le premier soutenant l’opposition nationaliste ukrainienne en tant que vivier identitaire et vecteur national-révolutionnaire, le second, le camp des «eurasistes» russophiles, qui, pour des raisons géopolitiques anti-atlantistes, soutiennent l’intervention russe en Crimée.

Pourtant, cette vision binaire demeure quelque peu simplificatrice. C’est pourquoi je réitère « qu’il faut savoir raison garder » et que la démesure dans l’analyse géopolitique, le jusqu’au-boutisme et l’engouement belliciste ne font que conforter une fois de plus l‘hybris et le conflit entre des peuples européens et, une fois n’est pas coutume, sur la terre européenne.

« L’Eurasisme russe aurait tout intérêt à ménager les nationalismes européens de cet espace centre-européen et de l’espace pontique de la mer Noire y compris l’Ukraine, plutôt que de nier leurs identités nationales et d’attiser leurs positions russophobes. »

Bien sûr, il faut rappeler que suite à la décision du gouvernement élu de ne pas signer d’accords commerciaux avec l’Union européenne, le camp atlantiste et américain a tenté d’orchestrer une seconde « Révolution orange » cette fois-ci en s’appuyant et en manipulant des groupes ultranationalistes ukrainiens aux fins d’installer un pouvoir pro-occidental à Kiev.

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L’Allemagne : Future puissance européenne tournée vers l’Est ?

Que se passe-t-il ? L’Otan ne forme même plus des officiers loyaux dans ses cours! Les nouvelles autorités euro compatibles de Kiev voient, en effet, leur armée se réduire de jour en jour. Conséquence de l’affaire Ukraine-Crimée.

Angela Merkel et Vladimir Poutine

Hier, c’était le chef de la marine ukrainienne, l’amiral Denis Berezosvki, qui prêtait allégeance aux autorités pro-russes de Crimée. Puis, le gouvernement de Crimée a annoncé le ralliement de la 204e brigade d’aviation de chasse des forces aériennes d’Ukraine dotée d’avions de chasse MiG-29 et d’avions d’entraînement L-39.

Selon les autorités de Crimée, 800 militaires déployés sur la base aérienne de Belbek sont passés dans le camp du « peuple de Crimée ». Au total 45 avions de chasse et 4 avions d’entraînement se trouvent sur l’aérodrome. Précédemment dans la journée, les autorités de Crimée avaient annoncé que plus de 5.000 militaires des troupes de l’Intérieur, du service de garde-frontière et des forces armées d’Ukraine étaient passés aussi sous leur commandement.

On parle donc de 22.000 militaires ukrainiens et plusieurs dizaines de systèmes de missiles sol-air S-300, passés sous l’autorité du gouvernement de la République autonome de Crimée. C’est pour Poutine, sans faire même couler le sang, un exploit et, pour l’Otan, un sérieux revers et surtout un beau manque de loyauté après tous les cocktails servis !

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Le bourgeois picrocole

BHL contre Poutine. Alors que les bruits de bottes de l’armée russe retentissent en Crimée, l’écrivain et philosophe français a pris la parole, dimanche 2 mars, sur la place Maïdan de Kiev, épicentre de la crise politique qui secoue l’Ukraine depuis des mois. (Commentaire France TV info).

 ”Nous pouvons dire à Poutine : nous avons besoin de ton gaz, mais tu as besoin de nos euros !

Alors bas les pattes en Crimée!”

(…) ou bien tu sors d’Ukraine, ou bien tu sors du G8…

(…) Tout cela nous pouvons et nous devons le dire à Poutine !

No passaran ! (…)

c’est ce que nous dirons aux tanks et aux soldats de Poutine !

 

Opinions : la Pythie vient en mangeant

N’ayant rien d’intéressant à dire sur les derniers développements de la crise ukrainienne, il me semble important de le partager séance tenante avec vous. C’est dans ma nature, je suis d’une incroyable générosité.

par Abou Djaffar

La Russie semble donc sur le point de rappeler à qui veut l’entendre qu’elle est la puissance dominante dans la région. Je dis « semble » car pour l’heure l’invasion dénoncée par Kiev n’a pas provoqué d’affrontements. Les arrivées de navires dans la rade de Sébastopol, bien qu’inquiétantes, ne constituent pas un acte de guerre, même si elles en sont peut-être le prélude, et les actions, certes peu discrètes, des forces spéciales russes en Crimée depuis quelques jours, indiquent que

Moscou joue la partie à sa façon, ferme, sans se cacher, sans provoquer de combat, mais sans, manifestement, les craindre.

Les heures qui viennent diront s’il a été décidé de jouer la carte d’une partition de l’Ukraine, voire d’une annexion, mais il devrait être évident pour tout le monde que la Russie estime qu’une ligne rouge a été franchie lors des derniers mois et que ses intérêts sont, à ses yeux, intolérablement menacés.

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Ukraine : une rumeur accuse l’opposition d‘être les snipers de Maïdan

Un ou plusieurs snipers ayant tiré sur les manifestants d’Euromaïdan s‘étaient installés dans le siège de la banque d’Ukraine, à Kiev. Les enquêteurs y ont découvert des douilles correspondantes aux balles retrouvées dans les corps des victimes. Ce sont par ailleurs les mêmes balles qui ont servi pour attaquer les forces anti-émeutes et les opposants.

Mais qui a fait appel à ces tireurs ?

Dans un entretien piraté entre les chefs de la diplomatie estonienne et européenne,

Urmas Paet fait part à Catherine Ashton d’une rumeur qui accuse les membres de l’actuelle coalition d’avoir commandité ces attaques.

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Gerhard Schröder tacle les Occidentaux

Gerhard Schröder s’était déplacé pour parler de l’avenir de l’Union européenne – mais c’est l’avenir de l’Ukraine qui s’est imposé à l’ancien chancelier allemand comme le sujet dominant d’une intervention hier à Paris organisée par l’ambassade d’Allemagne. Le prédécesseur d’Angela Merkel s’est en effet très vite saisi de l’occasion pour sévèrement critiquer la position prise par la France et d’autres puissances occidentales envers la Russie dans la crise ukrainienne.

Par Leo Klimm

Selon Gerhard Schröder, isoler la Russie ne fait qu’aggraver les risques d’une escalade militaire.

« Dans une telle crise, toute mesure qui nous prive de possibilités de discussion est une fausse décision »,

dit-il en se référant à la menace d’exclure la Russie du cercle des puissances économiques, le G8.

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La Russie est-elle redevenue une superpuissance ?

La première partie de l’émission sur la Russie, avec Philippe Migault, spécialiste de la Russie à l’IRIS – Institut de relations internationales et stratégiques, Frédéric Encel, géopolitologue, et Hélène Carrère d’Encausse, historienne et secrétaire perpétuel de l’Académie française.

Via THEATRUM BELLI

Aymeric Chauprade : “L’Ukraine, nouvelle étape dans la stratégie de domination américaine”

Au moment où l’Ukraine est traversée par des troubles importants, il convient de se poser la question de leur origine. Sont-ils le fait de l’absence de démocratie ? N’y a-t-il pas d’autres raisons bien plus géopolitiques ?

Aymeric Chauprade : « On ne va pas aller mourir pour du pétrole »

Aymeric Chauprade, docteur en sciences politiques, de renommée internationale, l’un des spécialistes de pointe de la géopolitique en France, assigne à la Russie un rôle de première importance dans la mise en place du monde moderne.

La foi et l’argent

L’Esprit européen : qu’est-ce qui attire particulièrement votre attention dans la Russie d’aujourd’hui ?

Aymeric Chauprade : Je comprends pourquoi, pour les Français de ma génération ou même plus jeunes, la Russie est si attirante aujourd’hui, et pourquoi les gens apprennent le russe et déménagent ici pour y fonder leur propre affaire. Ce n’est pas une sorte de phénomène marginal, le flot de ces gens est de plus en plus significatif. Ils ne sont pas, bien sûr, des dizaines de milliers, mais ils sont nombreux.

Et ce phénomène est nouveau. Avant, les jeunes gens partaient aux U.S.A., brûlaient du « rêve américain ». Et maintenant, vient le remplacer le « rêve russe ». Et il est lié, à la différence du rêve américain, non aux aspects matériels et financiers, mais ce qui est plus important, à la recherche de soi, en tant qu’homme, à un retour aux sources chrétiennes. Pour la plupart des Européens, qui se réfèrent à leur culture chrétienne, la Russie incarne de plus en plus une sorte de contre modèle de l’Europe, en ce qui concerne les valeurs familiales et spirituelles.

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Brésil : Le Gripen, un choix pro-américain par défaut ?

Par Hajnalka Vincze

Avec le Gripen, le Brésil se résigne à acheter américain, par la petite porte. Peut-être aussi parce qu’il estime ne pas avoir d’autre option, en fin de compte ? Pour rappel, près d’un cinquième des composants de l’avion suédois proviennent des États-Unis. Ce qui fut clairement un argument de vente en Europe centrale, dans des pays notoirement pro-américains.

Ainsi s’y soulignait-on avoir choisi un appareil dont la turbine est à 60% fabriqué par General Electric, dans l’espoir d’atténuer l’offense faite à l’allié US qui avait employé les grands moyens pour vendre ses F-16.

Mais dans d’autres parties du monde, cette filiation américaine pourrait soulever des doutes. D’où la discrétion qui l’entoure. Car, ne l’oublions jamais, les États-Unis ont un droit de veto sur l’exportation des éléments US d’un avion, même s’ils sont intégrés à un appareil fabriqué par un autre pays. Idem pour l’approvisionnement en pièces détachées. Ce n’est pas un hasard si la vente des Gripen proposés par la Suède au Pakistan ne pouvait pas se concrétiser en 1994, pour la simple raison que, du côté américain, Islamabad faisait alors l’objet de sanctions.

Par ailleurs, un épisode édifiant, révélé par les fameux câbles Wikileaks, nous éclaire sur les dessous pervers de cette vulnérabilité. Au moment du renouvellement de la flotte aérienne de la Norvège en 2008, le Gripen se trouvait en compétition avec l’américain F-35 Joint Strike Fighter. Le ministre suédois, soucieux d’obtenir la licence d’un système de radar américain pour l’avion, explique donc à l’ambassadeur US à quel point l’industrie américaine profiterait aussi, du fait des nombreux composants en provenance des États-Unis, du choix du Gripen par son voisin nordique. Mais rien n’y fait. Sur conseil dudit ambassadeur, Washington fait traîner sa réponse jusqu’après la décision de la Norvège. Inutile de dire que celle-ci fut en faveur du JSF.
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Les acteurs de la crise ukrainienne

Il est temps de revenir sur la crise ukrainienne afin de comprendre les acteurs et les enjeux. Nous verrons qu’une fois de plus, la lutte du bien contre le mal n’a pas grand-chose à y voir.

Par Xavier Moreau

Les États-Unis

Nous avons souvent évoqué la nécessité revendiquée, pour les géopoliticiens anglo-saxons, de séparer de manière radicale l’Ukraine de la Russie. Le but est de réduire au maximum l’ « européannité » de l’empire eurasiatique, dont la proximité géographique en fait un partenaire naturel des deux autres grandes puissances continentales, française et allemande.

Les États-Unis souhaitent aujourd’hui maintenir leur domination sur l’Europe à moindre frais, afin de concentrer leurs forces vers l’Asie.La rupture entre l’Ukraine et la Russie écarterait pour un temps l’ascension inévitable de Moscou comme première puissance européenne.

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Manichéisme et guerre économique

par Nicolas Mazzucchi

Prism aura finalement eu beaucoup de vertus. Au-delà du syndrome du « chevalier blanc » manifesté par E. Snowden qui révèle une certaine schizophrénie des valeurs américaines où l’affichage de la pureté et de la justice ne sauraient masquer le cynisme nécessaire à la raison de tout Etat, à fortiori de la première puissance mondiale, c’est surtout pour les Européens que cette affaire de cyber-espionnage aura été salutaire. Bousculant les aprioris sur les relations américano-européennes, Prism met en lumière une imparable réalité : le monde est dans l’ère de la guerre économique généralisée.

La vision traditionnelle des relations transatlantiques est fortement marquée par l’héritage de la Guerre Froide, où ne pas choisir les Etats-Unis, même à minima comme le fit le général de Gaulle, revenait à choisir l’URSS. Mis à part la Finlande dont la neutralisation était devenue un enjeu entre les deux puissances, chaque pays eut à choisir clairement son camp. Le cas italien est à ce titre tout à fait révélateur puisque le choix du Plan Marshall et ensuite l’Alliance atlantique par A. De Gasperi en 1947 et 1949 signifia l’expulsion des communistes du gouvernement et la fin du dernier « compromis ».

De cette époque reste la vision manichéenne du monde où l’Occident – sans vouloir dire l’Atlantique Nord – formerait un bloc uni face au reste du monde. Cette vision binaire des relations internationales, forgée par l’influence culturelle issue du Plan Marshall, se perpétue jusqu’à nos jours grâce à un travail de fond des Etats-Unis via certains organismes comme le German Marshall Fund ou la French-American Foundation pour ne parler que du cas français. D’ailleurs cette appréhension américaine du Vieux Continent ne se limite pas à l’époque de la Guerre Froide comme le rappelle M. Foucher (1), puisque les Etats-Unis n’ont eu de cesse de développer des concepts pour l’Europe, comme celui d’Europe Ouverte de G. W. Bush en 2001.

Or si cette appréhension du monde reste vraie dans un cadre géopolitique traditionnel où l’OTAN, en l’absence – provoquée – d’une Europe de la Défense constitue le référentiel de défense des pays d’Europe, elle est particulièrement inexacte dès que l’on bascule dans la géoéconomie. Non seulement l’OTAN ne peut servir de cadre à une telle alliance géoéconomique pour des raisons structurelles (2), mais elle serait en outre contraire aux intérêts de ses membres.

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Chroniques de la Vieille Europe : “Europe Mad Max demain ?”

Le 23 juillet, Patrick Péhèle, Pascal Eysseric, Philippe Christèle et Grégoire Gambier recevaient sur Radio Courtoisie, l’universitaire suisse Bernard Wicht au sujet de son dernier livre: Europe Mad Max demain ? : Retour à la défense citoyenne.

Qu’en est-il du citoyen-soldat au moment où les armées nationales ont disparu ou fondu dans la plupart des pays d’Europe ? A-t-il encore un sens à l’heure des sociétés militaires privées, des forces spéciales, des polices militarisées et des bandes armées ? Apparu sur le devant de la scène avec la Révolution française, le citoyen-soldat est le reflet de la souveraineté populaire et nationale, l’expression de l’idée républicaine que le pouvoir n’appartient pas principalement à l’État mais aux citoyens. Sa disparition progressive aujourd’hui signifierait-elle dès lors une éclipse de la démocratie ? C’est autour de cette question que Bernard Wicht construit sa réflexion. Car, nous ne sommes plus en 1789.

Nous ne sommes plus non plus à l’âge des révolutions et des idéologies. C’est plutôt le chaos qui caractérise notre époque avec le déclin de l’État moderne, l’atomisation du corps social et la fin de l’idéal national. Par conséquent, s’interroger sur le citoyen-soldat à l’heure actuelle, c’est se demander quelle “cause” défendre de nos jours alors que les maîtres mots sont sécurité et risque zéro..

Russie : Selon Marine Le Pen, “les Russes refusent le modèle ultralibéral et mondialiste”

Interview exclusive de Marine Le Pen, réalisée le 19 juin 2013, à l’occasion du voyage officiel en Russie de la présidente du Front national.

Marine Le Pen, accompagnée de Ludovic De Danne (à droite sur la photo), conseiller chargé des Affaires étrangères et des Relations internationales, a été reçue par Alexeï Pouchkov (au centre sur la photo), chef de la commission des Affaires étrangères à la Douma à Moscou en Fédération de Russie.

RIA Novosti: C’est la première fois que vous réalisez une visite officielle en Russie. En tant que responsable politique, quelle est la portée symbolique d’une telle visite, pourquoi la Russie?

Marine Le Pen: Sa portée est importante car les Russes sont attachés à leur identité, à leur culture, ils refusent de se soumettre au modèle ultralibéral et mondialiste que je combats moi-même en France. Nous sommes des peuples frères, et il y a tout intérêt à envisager pour l’avenir des relations approfondies entre la Russie et la France. On a l’impression que depuis plusieurs années, l’Union européenne pousse la France à distendre ces relations.

RIA Novosti: Vous avez rencontré le président de la Douma. Quels thèmes ont été traités? Quelles sont vos impressions à chaud?
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Offensive générale du système

La radio Méridien Zéro recevait ce vendredi 12 avril 2013 Adrien Abauzit, auteur de Né en 1984, Roberto Fiorini Secrétaire Général de Terre & Peuple et Eugène Krampon rédacteur en chef de Réfléchir & Agir pour parler de la grande offensive que mène le Système et ce dans une relative indifférence médiatique et populaire. Sont évoqués en profondeur le futur marché transatlantique, l’Accord National Interprofessionnel (ANI) actuellement discuté au parlement, la dépression des retraites, l’affaiblissement des aides sociales ….

De Gaulle et la construction européenne : Une politique cohérente

C’est en réfléchissant sur la célèbre formule du Général de GAULLE, « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » que l’on peut notamment reprendre le cheminement de sa pensée au sujet de la construction européenne qui apparaît pour lui comme une « exigence ». Telle « une union des Etats », préservée de toute supranationalité, affirmant l’identité de ceux qui la composent, dont il perçoit « l’ardente nécessité », la construction européenne apparaît indispensable à la fois pour l’influence de la France et pour la paix.

A son retour au pouvoir en 1958, le Général de GAULLE sait où il veut aller avec une France qui pourra à nouveau jouer un rôle clé.

Dans ses Mémoires d’Espoir, il écrivait « S’il est une voix qui puisse être entendue, une action qui puisse être efficace, quant à l’ordre à établir en remplacement de la guerre froide, ce sont par excellence la voix et l’action de la France ».

Au regard des réalités, il sait qu’il doit trouver les moyens de la politique qu’il veut mener.

Fin 1962, sur le plan institutionnel, le principe de l’élection du président au suffrage universel est adopté, le redressement économique est réussi, le problème algérien est réglé.

Mais l’objectif  qui paraît marquer davantage ses intentions, est l’affirmation européenne à travers le plan Fouchet, appelé « Traité établissant une Union d’Etats », en effet, initialement, le Général de GAULLE veut faire du rapprochement franco-allemand, la « pierre angulaire » d’une construction d’un ensemble indépendant.

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Courtes considérations sur le fil du temps historique…

… des dis-simulations et impostures policières de la marchandise
et sur ce qui a conduit à l’étrange renonciation spectaculaire de Benoit XVI.

Par Francis Cousin

Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups.
Première homélie dominicale de Benoit XVI

« La dépréciation du monde des hommes augmente en raison directe de la mise en valeur du monde des choses. »
K.Marx, Manuscrits de 1844

Ce n’est certes pas un hasard si Marx écrivit sa célèbre Question juive en 1843 comme une sorte de préambule nécessaire à toute la Critique de l’économie politique qui allait suivre puisqu’il lui fallait éclaircir pour quelles raisons le prêt à intérêt de l’Ancien Testament a été si longtemps interdit dans l’Occident intimement agrarien de la chrétienté catholique et pour quel motif cela n’a pu changer qu’avec le mouvement historique de la Réforme urbaine qui a tout à la fois édulcoré le caractère propre des indisciplines du Nouveau testament et porté ce principe que l’argent doit circuler au profit de l’ensemble des hommes puisque le gain est la besogne et le bon-heur de l’homme dépouillé de lui-même…

Les êtres humains qui craignent la dynamite subversive de la vraie pensée communarde ne redoutent finalement que peu de textes aujourd’hui en circulation puisque la foire éditoriale courtisane n’offre décidément en son infinité quantitative nul risque d’interrogation dérangeante sur le marché des librairies normalisées.

Aujourd’hui, c’est exclusivement dans les espaces désobéissants qui échappent aux pollutions courantes de l’abrutissement universitaire et médiatique de la marchandise que les esprits de lucidité trouvent ce qu’ils cherchent en recherchant ce qu’ils dé-chiffrent.

Le développement modernisateur de la dictature spectaculaire de la marchandise, éclairé par le jansénisme de la comptabilité et par les lumières maçonniques des architectures du profit, n’a pas seulement produit la révolution judéo-protestante qui a conduit aux novations théologiques de Vatican II, il a surtout marqué que le règne autocratique de l’argent qui avait désormais atteint un seuil d’omnipotence absolu faisait aussi de la banque vaticane un lieu majeur de l’outrance financière mondiale, de ses manoeuvres, ténèbres et étrangetés.

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