La guerre contre la finance a-t’elle commencé ? (CSOJ – 12/02/2013)

Frédéric Taddeï reçoit Myret Zaki et Olivier Berruyer dans Ce Soir Ou Jamais pour évoquer la séparation des banques de dépôts et des banques d’affaires; la lutte engagée par les États-Unis contre Standard & Poor’s; l’exemple de l’Islande.



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Islande : “Nous avons laissé les banques faire faillite”

Olafur Ragnar Grimsson, président de l’Islande est interviewé en marge de la conférence de Davos à propos du renouveau de l’économie Islandaise. Son programme a été simple : laisser les banques faire faillite, investir dans l’innovation et la haute technologie.

L’Islande dans le maelström de la crise

Vivant de la prospérité de ses banques, le pays a subi durement la crise financière. Très endettés, mais prompts à s’adapter, les insulaires cherchent leur salut économique à la campagne, dans les métiers de l’agriculture, de la pêche ou de l’énergie, hier dédaignés.

En guise de protestation contre la crise, la population en colère brûlait, il y a une année, l’effigie de son premier ministre

En guise de protestation contre la crise, la population en colère brûlait, il y a une année, l’effigie de son premier ministre.

Ce n’est pas en arpentant les rues de la capitale Reykjavik que l’on verra des signes de détresse extrême. Les SDF islandais, été comme hiver, ne dorment jamais dehors: il existe des centres d’accueil pour hommes, pour femmes, mais aussi pour couples.

Chez ceux qui sont en train de perdre leur appartement parce que leurs traites, indexées sur des monnaies étrangères, ont doublé tandis que leurs revenus stagnaient, la gêne n’est pas encore visible: les banques ont reçu l’ordre de transformer les propriétaires défaillants en locataires de leur habitation. Les enfants peuvent ainsi rester dans l’école de leur quartier, et cela évite un vent de panique sur l’immobilier qui ferait encore baisser les prix. Et pourtant la crise est bien là, dans les bourses, dans les projets d’avenir qu’on abandonne, dans les têtes.

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L’Islande paiera pour ses banques, qu’elle le veuille ou non…

La révolte des citoyens islandais pourrait bien coûter plus cher à leur pays que l’indemnisation pure et simple des clients étrangers floués par la faillite des banques locales emportées par le tsunami financier de 2008. En décidant, mardi, de soumettre la loi organisant le remboursement par le budget de l’État des 3,8 milliards d’euros perdus par les quelque 320.000 clients britanniques et néerlandais de la banque Icesave à un référendum, le président islandais, Olafur Ragnar Grimsson, a déclenché les foudres de la communauté internationale.

« Le peuple islandais, s’il devait arriver à cette conclusion (négative) dirait en réalité que l’Islande ne veut pas faire partie du système financier international, que l’Islande ne veut pas avoir accès au financement multinational, national et bilatéral et ne veut pas être considéré comme un pays sûr, avec lequel faire des affaires » a crûment résumé Paul Myners, le secrétaire d’État britannique aux finances.

C’est aussi toute la stratégie de sortie de crise mise en œuvre par la première ministre sociale-démocrate Johanna Sigurdardottir qui est menacée : le gouvernement, inquiet, a fait savoir, mardi soir, que l’Islande reste « pleinement engagée » à respecter ses engagements. Mais il faudra d’abord gagner le référendum…

La loi d’indemnisation, votée à une très courte majorité dans la nuit du 30 au 31 décembre après plusieurs semaines de débats, a indigné une bonne partie de la population qui n’a guère l’intention de payer pour les erreurs de ses banques. En effet, cette indemnisation, qui s’étendra au moins jusqu’en 2024, représente 40 % du PIB actuel d’une île qui est toujours au bord de la banqueroute.
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