André Gorz : « Misères du présent, richesse du possible »

Critique radical du capitalisme, philosophe du travail, de l’autonomie du sujet et des communautés, André Gorz (1923-2007) est l’un des précurseurs de l’écologie politique et du mouvement pour la décroissance. (Les phrases à la première personne du singulier sont d’André Gorz).

Ilya Repine – Les Bateliers de la Volga (1873)

Introduction : Il faut oser l’Exode. Il faut oser rompre avec cette société qui meurt et qui ne renaîtra plus. Il faut ne rien attendre des traitements symptomatiques de la «crise», car il n’y a plus de crise : un nouveau système s’est mis en place qui abolit massivement le «travail». Il restaure les pires formes de domination et d’asservissement en contraignant tous à se battre contre tous pour obtenir ce «travail» qu’il abolit.

Ce n’est pas cette abolition qu’il faut lui reprocher : c’est de prétendre perpétuer comme obligation, comme norme, comme fondement irremplaçable des droits et de la dignité de tous, ce même «travail» dont il abolit les normes, la dignité et l’accessibilité. Il faut que le «travail» perde sa centralité dans la conscience et l’imagination de tous.

Il est rare que ces «travailleurs» puissent dire : «Voici ce que j’ai fait. Voici mon ouvrage. Ceci est mon œuvre». Je hais les mystificateurs qui, au nom de la définition philosophique ou anthropologique du travail, justifient la valeur d’un «travail» qui en est la misérable négation. C’est précisément au sens de réalisation de soi, au sens de poièsis, que le travail disparaît.

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Immobilier : Le FMI met en garde contre une nouvelle crise mondiale

Le monde doit agir maintenant pour éviter une nouvelle crise de l’immobilier, avertit le Fonds monétaire international (FMI), qui vient de publier un rapport: le Global Housing Watch. Il indique que les prix des biens immobiliers ont augmenté dans la plupart des pays au point de devenir inabordables pour les ménages.

Selon le FMI, cette hausse continue une véritable menace pour l’économie mondiale et les gouvernements ne font pas assez d’efforts pour la contrôler.

Min Zhu, directeur général adjoint du FMI, cite quelques pays pour lesquels ce phénomène est particulièrement problématique, évoquant même une bulle immobilière :

« Pour les pays de l’OCDE, où les statistiques de long terme concernant le prix des maisons, les loyers et les revenus sont disponibles, ces ratios [ceux des prix des maisons comparés aux revenus] demeurent très au dessus de leurs moyennes historiques dans une majorité de pays. Cela est vrai par exemple pour l’Australie, la Belgique, le Canada, la Norvège et la Suède ».

Comment l’expliquer ?
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Géopolitique : Union transatlantique, la grande menace

Par Alain De Benoist

Négocié dans I’opacité la plus totale depuis juillet 2013 par les Etats-Unis et I’Union européenne, Ie Partenariat transatlantique de commerce et d’investissements vise à mettre en place une gigantesque zone de libre-échange. Objectif : créer un ensemble euro-atlantique sous contrôle états-unien. Révélations sur une monstruosité.

On n’en parle guère, alors que l’on est en présence de l’un des plus grands événements de ce début de XXIe siècle. Et d’une des plus grandes menaces. De quoi s’agit-il ? D’un projet de « grand marché transatlantique » dont dépend pour une large part l’avenir même de l’Europe. Et même du plus important accord commercial bilatéral jamais négocié, puisqu’il s’agit de mettre en place, en procédant à une déréglementation généralisée, une gigantesque zone de libre-échange, correspondant à un marché de plus de 800 millions de consommateurs, à la moitié du PIB mondial et à 40 % des échanges mondiaux. Bref, de créer la plus grande zone de libre-échange du monde grâce à l’union économique et commerciale de l’Europe et des Etats-Unis.

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PIB/habitant : Bercy s’alarme du décrochage de la France

La richesse produite par habitant a progressé beaucoup moins vite en France entre 1975 et 2012 que dans les autres pays riches.

Le Produit intérieur brut par habitant en France a “décroché” par rapport aux autres pays riches depuis 40 ans, selon une note publiée vendredi 13 juin par le ministère de l’Economie et des Finances.

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Sauver la classe moyenne, et ressusciter

Par Myret Zaki

Les classes moyennes, en Europe comme aux Etats-Unis, se meurent. Conséquence du creusement des inégalités, elles sont en train de se vider de leurs contingents. Et cela refaçonne le paysage tant politique qu’économique.

Les 1%
EN CAS DE GUERRE DES CLASSES, BRISER LA GLACE (caricature américaine)

En France, le salaire réel net moyen, qui avait été multiplié par trois (+400%) de 1947 à 1975, n’a progressé que de 12% sur les vingt dernières années. Les générations nées vers 1960 n’ont jamais connu les opportunités de leurs parents.

Le déclassement social fait que les nouvelles générations sont moins riches que leurs parents et que les pauvres aujourd’hui sont les jeunes. Ce qu’on appelle aujourd’hui la classe moyenne, en Europe, est en grande partie subventionnée par la génération précédente, celles des Trente Glorieuses.
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Belgique : La Banque Nationale recommande de baisser les retraites

La Banque nationale de Belgique (BNB) considère que la diminution des dépenses de pension permettrait d’augmenter l’offre de travail et donc d’assainir les finances publiques, indiquent mardi L’Echo et Le Soir.

Selon une étude récemment publiée dans sa “Revue économique de juin 2014″, la BNB ajoute que les travailleurs pourront ainsi travailler plus longtemps afin de s’assurer des revenus suffisants lors de leur départ à la retraite.

La BNB s’appuie sur une analyse de l’OCDE qui classe les dépenses publiques selon leur impact sur la croissance économique et indique que la réduction des pensions ainsi que des subventions sont les économies les moins pénalisantes.

Assainir les finances publiques
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Les femmes au travail … à tout prix ?

Résumé d’une étude plus approfondie sur la difficile articulation travail/vie de famille et une analyse des solutions préconisées par le  ministre du droit des femmes : toutes les femmes au travail pendant que l’État s’occupe des enfants. (Accédez à l’article complet au format pdf en cliquant ICI).

En France, 60% des femmes de 15 à 64 ans travaillent, cela correspond exactement à l’objectif préconisé par l’Union Européenne. La France se hisse ainsi aux premiers rangs dans l’UE.  De 25 à 49 ans cette proportion s’élève à 84%. De plus, notre pays est reconnu pour être celui où se conjugue le mieux l’articulation travail/vie de famille. Celui aussi où le taux de natalité est le plus élevé.

Tout semble donc aller pour le mieux! Pas si sûr…

Le gouvernement, par la voix de Najat Vallaud-Belkacem veut atteindre, dans les dix prochaines années, les 70%  de femmes au travail. Pour commencer.

Est-ce vraiment le souci de répondre à l’attente des femmes et d’ « améliorer leur conditions » qui dicte la politique militante du « droit des femmes » inspirant nos gouvernements?

Certes, le problème est bien réel et justifie un plan d’action gouvernemental: question de la retraite future des femmes qui n’ont pas accumulé de points par leur travail, besoin d’autonomie, précarité des femmes abandonnées ou veuves avec enfants, difficile conciliation de la maternité et de l’emploi, problèmes de garde d’enfant, réinsertion aléatoire après une longue interruption de carrière liée à l’éducation des enfant…

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La bioéconomie, c’est le stade ultime du capitalisme

Dans son livre “Le Corps-Marché”, la sociologue canadienne Céline Lafontaine, professeure à l’université de Montréal, dénonce la “bioéconomie”, une économie fondée sur la marchandisation du corps.

S’attachant en particulier à l’industrie biomédicale, Céline Lafontaine délivre une  enquête documentée et pragmatique sur les enjeux de la bioéconomie. Elle éclaire les règles d’un marché mondialisé du corps humain, dont les éléments (sang, ovules, cellules, tissus…) sont de plus en plus marchandisés, comme dans l’industrie de la procréation. Par-delà les clivages éthiques que tous ces débats suscitent entre les citoyens – par exemple au sujet de la gestation pour autrui –, elle consigne précisément les enjeux réels de cette bioéconomie souveraine. Un éclairage à partir duquel les positions éthiques de chacun peuvent s’ajuster en fonction de plusieurs conceptions possibles de la liberté et de l’égalité…

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L’échange des données fiscales sera fort inégal

Par Myret Zaki

Le 6 mai 2014, les médias ont fait une découverte sensationnelle : celle de la mort du secret bancaire. La Suisse annonçait s’être engagée à l’échange automatique d’informations bancaires. Les « RIP» et autres condoléances ont fusé ; on a même vu circuler un «avis de décès du secret bancaire», histoire de conjurer le mal par le rire. Mais la découverte du décès intervient cinq ans après les faits.

Pour ceux qui ont raté le début, le 13 mars 2009, les clients étrangers de la Suisse n’étaient plus couverts par le secret bancaire, la soustraction devenant un délit pénal comme la fraude. Berne acceptait le standard de l’OCDE en matière d’échange d’informations fiscales à la demande. A partir de là, tout a basculé.

Le standard, au départ restrictif, a dérivé vers des «demandes groupées» et autres «schémas de faits», pour aboutir ce 6 mai à la norme maximale, dont une version légère existe déjà au sein de l’UE. Si le secret bancaire, garanti par l’art. 47 de la loi sur les banques de 1934, reste en vigueur, il n’est plus opposable depuis 2009 aux requêtes étrangères.

Le Conseil fédéral a beau mettre en garde que la Suisse n’appliquera l’échange d’informations que si les autres Etats l’appliquent, y compris sur les structures souvent opaques que sont les trusts et les sociétés de domicile,

les Etats ne seront pas égaux face à l’échange automatique. Seuls les pays ayant un levier politique suffisant obtiendront, dans les faits, des informations sur les comptes de leurs ressortissants, tandis qu’ils conserveront, dans les faits, des formes de secret sur les comptes étrangers qu’ils abritent.

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Capital humain et inégalités de revenu

Au cours des dernières décennies, la plupart des pays en développement ont fourni d’importants efforts pour éradiquer l’analphabétisme dans plusieurs millions de personnes. Par conséquent, les inégalités dans l’éducation ont été réduites de plus de moitié: le coefficient de Gini du capital humain est en moyenne passé de 0,55 en 1960 à 0,28 en 2005.

Cependant, malgré le processus d’égalisation dans l’éducation, les inégalités dans la réparation du revenu a peu changé. La valeur du coefficient de revenu moyen pour le même groupe de pays en 2005 (0,41) est pratiquement aussi élevée qu’en 1960 (0,42).

Cette tendance n’est pas restreinte aux seuls pays en développement : en 1960, le coefficient de Gini du capital humain dans les pays à haut revenu de l’OCDE s’élevait à 0,22 et s’établissait à 0,15 en 2005, tandis que le coefficient de Gini du revenu est resté inchangé à 0,3.

Cette étude analyse les données empiriques ci-dessus en détails et contribue à la littérature de plusieurs manières. Premièrement, l’étude fournit l’ensemble de données le plus complet sur les variables associées aux inégalités en capital humain, couvrant 146 pays sur une période de 60 ans. (…) Deuxièmement, en utilisant cet ensemble de données, l’étude montre quelques nouveaux faits stylisés particulièrement intéressant en ce qui concerne l’évolution des inégalités en capital humain et les inégalités de revenu. (…)

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Les classes moyennes s’amenuisent dans certains pays riches, selon l’OCDE

La croissance économique mondiale et le bien-être sont fragilisés par la hausse des inégalités et l’érosion des classes moyennes depuis trente ans dans certains pays, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié lundi.

“Ils habitaient un large secteur de l’Amérique du nord, mais leur nombre s’est peu à peu grandement réduit”

Depuis le début des années 1980, les personnes qui jouissent des revenus les plus élevés ont capté de façon disproportionnée les bénéfices de la croissance, selon l’organisation.

Par exemple, au Canada, les 1 % les plus aisés ont capté 37 % de la hausse totale des revenus entre 1976 et 2007. Chez nos voisins américains, cette proportion grimpe à 47 %. Au Royaume-Uni et en Australie, la proportion est d’environ 20 %.

Pour tous les pays de l’OCDE en 2010, le revenu moyen des 10 % les plus riches de la population était 9,5 fois supérieur à celui des 10 % les plus pauvres, alors qu’il n’était que 7 fois supérieur il y a 25 ans.

Par ailleurs, depuis que la crise financière a éclaté, le fossé entre riches et pauvres se creuse encore plus rapidement, souligne l’OCDE.

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Le Japon compte sur les femmes et les immigrés pour relancer son économie

Lors de son discours mardi à l’OCDE, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé vouloir ouvrir les portes de l’emploi aux femmes et aux immigrés. Une révolution culturelle au Japon, mais aussi une nécessité pour l’économie de l’archipel.

Shinzo Abe lors de sa visite officielle en Côte d’Ivoire le 10 janvier 2014, avec le président Alassane Ouattara

Je veux une société dans laquelle la femme puisse briller“, ou encore “le Japon doit devenir une terre d’espoir” pour les immigrés. Voilà des propos qui détonnent dans la bouche d’un dirigeant japonais. Ces mots ont pourtant bel et bien été prononcés par Shinzo Abe mardi matin au siège parisien de l’OCDE, lors d’un discours dressant un état des lieux des Abenomics, qui désignent son plan de relance de l’économie lancé il y a un an.

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TAFTA expliqué pour les nuls… et les Citoyens !

Article d’origine rédigé par Lurinas du blog La télé libre

Cela fait plus de 20 ans que des accords de libre-échange entre les États-Unis et l’Europe sont tissés plus ou moins largement et plus ou moins en marge du cadre multilatéral de l’OMC. Depuis le dernier cycle de Doha suspendu en 2006, la stratégie alternative des accords bilatéraux s’avère plus que jamais prometteuse. Aussi, cette fois encore, mais plus durement, l’accord commercial transatlantique TAFTA est dans les tuyaux. Plongée dans ce tas de dossiers à petits caractères.

Plus de 20 ans. Oui, oui. Si les médias audiovisuels français sont très discrets sur le sujet, il convient de vous éclairer pour susciter et provoquer le débat dans l’opinion publique.

TAFTA ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ce texte sans jamais oser le demander.

Les grandes lignes

Le Trans-Atlantic Free Trade Agreement (TAFTA) est un projet d’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis (EU).

D’autres acronymes existent pour s’y perdre : TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), PTCI (Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement), GMT (Grand Marché Transatlantique), APT (Accord de Partenariat Transatlantique).

Union européenne et États-Unis sont deux espaces qui totalisaient 45% du PIB mondial en 2012. 820 millions de consommateurs. Pas peanuts.

Le projet actuel a pour but principal d’abaisser les barrières douanières qui existent encore, d’harmoniser les normes entre les deux parties, etc. afin que les marchandises, les services et les capitaux circulent mieux, plus vite, plus loin.

« L’accord doit prévoir la libéralisation réciproque du commerce et de l’investissement des biens et des services, ainsi que les règles sur des matières ayant un rapport avec le commerce, avec un accent particulier sur l’élimination des obstacles réglementaires inutiles. L’accord sera très ambitieux allant au-delà des engagements actuels de l’OMC. L’accord s’imposera à tous les niveaux de gouvernement »

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Suède : Vers le travail de 6 heures par jour

Et si l’on ne travaillait plus que six heures par jour? C’est ce que propose Mats Pilhem, maire adjoint de Göteborg, en Suède. Le journal The Local explique que ce politicien, membre du parti de gauche, veut mener une expérimentation dans sa ville, en réduisant le nombre d’heures de travail.

Mercredi 9 avril, il a présenté son idée au conseil municipal. Dans deux secteurs de la ville, les employés de l’un travailleront six heures, tandis que dans l’autre, ils continueront de travailler sept heures. «Tous les employés seront payés pareil», explique The Local. Mats Pilhem détaille son projet:

«A la fin, nous comparerons les deux et nous verrons ce qui diffère. Nous espérons que les employés prendront moins de congés maladie et se sentiront mieux psychologiquement et physiquement après des journées de travail raccourcies»

L’objectif de cette expérimentation: créer de l’emploi, et augmenter la productivité des travailleurs. En effet, plusieurs études démontrent que des journées plus courtes affectent positivement la productivité. The Economist, en s’appuyant sur les chiffres de l’OCDE, montre que «plus on travaille, plus notre productivité diminue», comme le synthétise Policy Mic.

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Il n’y a que dans deux pays de l’OCDE que l’on souffre plus de la faim qu’aux Etats-Unis

La vie n’est pas si mauvaise en Europe, parce que même si au sein de l’UE, le nombre de personnes qui n’ont pas assez d’argent pour acheter toute la nourriture dont elles auraient besoin a fortement augmenté depuis 2007, suite à la crise financière, c’est aux Etats-Unis que la situation s’est le plus détériorée.

L’agence de presse Bloomberg a repris des données de l’OCDE pour les combiner dans le graphique ci-dessous.

Il montre qu’il existe une population de gens qui ne peuvent se permettre d’acheter de la nourriture dans tous les pays d’Europe, et qu’elle représente 4,6% de la population totale en Allemagne, 9% de celle de la Belgique, et jusqu’à 30,1% de la population hongroise.

En Grèce, la proportion de personnes qui ne peuvent se permettre de s’acheter toute la nourriture dont elles auraient besoin a doublé, passant de 8,9% en 2007, à près de 18% aujourd’hui.

Mais dans la plus grande puissance économique mondiale, les États-Unis, 21,1% de la population ne gagnent pas suffisamment d’argent pour pouvoir se permettre d’acheter toute la nourriture dont ils auraient besoin. Au sein de l’OCDE, seules la Hongrie et l’Estonie font pire.

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Canada : Plaque tournante de l’industrie minière

Trois sociétés minières sur quatre ont leur siège social au Canada. Pourquoi un tel attrait ? Le Canada est un véritable paradis pour ces entreprises : elles peuvent y spéculer tranquillement sur les gisements du monde entier tout en y étant protégées en cas de crimes environnementaux et de violations de droits humains. Une réalité bien éloignée de l’image plutôt sympathique que véhicule le pays. Entretien avec Alain Deneault, coauteur du livre enquête Paradis sous terre.

75% des sociétés minières mondiales ont leur siège au Canada. Pourquoi ?

Alain Deneault : [1] Il y est plus facile de spéculer en bourse sur la valeur présumée d’un gisement minier. On peut y mettre en valeur non seulement les « réserves » qu’une mine contient, soit ce qu’il est effectivement possible d’extraire, que les « ressources », c’est-à-dire tout ce qu’une mine contient et que l’on pourrait éventuellement exploiter.

Ainsi, à la bourse de Toronto, il est possible de valoriser une richesse avérée, mais également la ressource présumée ou espérée : une richesse plus grande que ce qui a été évalué par les géologues, en fonction des évolutions des techniques ou des coûts d’exploitation. La bourse de Toronto a ainsi longtemps été très spéculative, jusqu’au scandale Bre-X, une société canadienne qui a gonflé artificiellement les réserves espérées de ses mines d’or, avant de faire faillite, faisant perdre 4,7 milliards d’euros à ses actionnaires en 1997.

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« Mon amie, c’est la finance »

Pour réussir un hold-up, laissez faire les professionnels ! Trois journalistes racontent comment les banquiers français ont roulé gouvernement et Parlement dans la farine sous vos yeux. Du grand art ! Extrait

(…)

Le Parlement tiraillé

Le 30 janvier à 9 heures, les banquiers ouvrent le bal des auditions à l’Assemblée nationale. Pour percevoir l’humeur du moment, les députés sont venus en nombre dans la salle 63 50. L’auditoire est composé de Jean-Paul Chifflet, président du Crédit agricole et devenu président de la FBF en septembre 2012, de Frédéric Oudéa, ainsi que de Jean-Laurent Bonnafé. Tous se sont positionnés à la droite du président de la commission, Gilles Carrez.

Un par un, ils entament des exposés lénifiants et conservateurs. Jean-Paul Chifflet ouvre le bal : “Les vraies raisons de la crise de 2008 sont liées à l’immobilier, l’accumulation d’actifs risqués et la faiblesse de régulateurs nationaux, ça n’a rien à voir avec la séparation des activités bancaires ! Cette réforme n’était ni urgente ni prioritaire !” juge-t-il. Il met en garde : “Attention ! Cette loi aura un impact sur le financement de l’économie et la présence des banques françaises dans le monde.”

Frédéric Oudéa et Jean-Laurent Bonnafé sont moins véhéments et appellent au statu quo : “Vous bâtissez une loi pour le futur et en l’état, elle sauve l’essentiel : notre capacité à travailler avec nos clients, à aider les entreprises et l’Etat à emprunter sur les marchés. N’allez pas casser la croissance en Europe quand celle-ci risque un gros décrochage. [...] Il faut des banques fortes”, assène le premier. “Le secteur bancaire français a raisonnablement passé la crise. La loi telle qu’elle est paraît équilibrée”, admet le second.

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La crise affecte surtout les jeunes dans les pays de l’OCDE

Les perspectives d’emploi des jeunes et travailleurs peu qualifiés se sont fortement dégradées dans les pays de l’OCDE du fait de la crise économique dont les conséquences sociales pourraient se faire sentir pendant de longues années, observe l’OCDE dans un rapport publié mardi.

“Cherche un travail”

Ce rapport sur l’impact social de la crise économique chiffre à 48 millions le nombre de chômeurs dans les 34 pays de l’OCDE, une hausse de 15 millions depuis le début de la crise en 2007.

Les perspectives d’emploi se sont surtout dégradées pour les jeunes et les travailleurs peu qualifiés, les femmes et les seniors ayant été cette fois moins touchés“, a souligné Monika Queisser, chef des affaires sociales de l’OCDE, en présentant le rapport à la presse.

Or “le risque (existe) que les jeunes qui connaissent de longues périodes de chômage, d’inactivité ou de pauvreté ne soient confrontés toute leur vie à des perspectives de gains et d’emploi moindres“, relève le rapport.

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Démagogie sans énergie

par Jean-Marc Jancovici

Les municipales puis les européennes ne devraient pas déroger à la règle : il y en aura pour tout le monde.

Lors des élections, l’empilement de promesses tient hélas lieu de grand dessein national ou européen, et la population devient facilement une simple juxtaposition d’ouvriers, de mères de famille, d’automobilistes, de jeunes, d’instituteurs et d’homosexuels.

Ce procédé a au moins le mérite de la simplicité sur le plan économique : les promesses électorales étant toujours additionnelles à l’existant, dès que la liste de tous ceux qu’il faut séduire pour être élu est terminée, il est facile d’en déduire l’argent nécessaire, et donc le taux de croissance qui va en face.

Le taux de croissance annoncé par un candidat ne doit donc rien à un savant calcul, mais tout à la nécessité de se faire bien voir de l’électeur. Et s’il n’y a pas de croissance, ou pas assez ?

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