Edward Snowden : « Nos droits sont en train d’être redéfinis en secret »

Le 28 octobre 2014, l’hebdomadaire américain The Nation a publié un grand entretien réalisé avec le lanceur d’alerte Edward Snowden [1]. Voici  une version exclusive de ce document en français.

Lundi 6 octobre 2014, les journalistes Katrina vanden Heuvel et Stephen F. Cohen se sont entretenus à Moscou, pendant près de quatre heures, avec l’ancien consultant des services secrets. Dans cet échange, Edward Snowden évoque sa situation et ses rapports avec les autorités russes. Il rappelle que ce sont les États-Unis qui l’empêchent de sortir de son « exil ».

L’ancien employé de la CIA et de la NSA (Agence nationale de sécurité) aborde plusieurs sujets centraux : est-il possible de renforcer le contrôle démocratique des actions des gouvernements et des entreprises sur Internet ? Si oui, de quelle manière ? Pourquoi est-il nécessaire de s’engager pour de nouvelles formes de « désobéissance civile » et de se battre pour défendre nos droits fondamentaux ?

Faut-il saluer les initiatives des pays qui prônent le renforcement de leur souveraineté digitale ? De quelle manière Internet recompose-t-il les relations sociales et les pratiques politiques au niveau planétaire ? Pourquoi faut-il élaborer une Magna Carta (Grande Charte des libertés) pour Internet ? Quels seraient les contours de nos nouveaux « droits numériques » ?

Enfin, Edward Snowden expose pourquoi, selon lui, l’organisation de la production mondiale et la robotisation progressive des économies imposent la mise en place d’un revenu garanti pour tous.

PARTIE 1 – De la nécessaire désobéissance civile

The Nation  : Nous sommes très heureux d’être ici avec vous. Nous venons souvent à Moscou pour notre travail et pour voir de vieux amis, mais, de votre côté, vous n’avez pas choisi de venir vivre en Russie. Arrivez-vous à travailler ici, à sortir et à rencontrer des gens ? Ou vous sentez-vous enfermé et vous ennuyez-vous ?
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24% des Américains souhaiteraient que leur Etat quitte l’Union

Après l’Ecosse, la Catalogne, le Pays Basque, l’est de l’Ukraine, voire la Flandre, c’est au tour des Etats américains d’envisager l’indépendance. Près de 150 ans après la guerre de Sécession, 24% des Américains verraient bien leur Etat se retirer de la bannière étoilée. Obama est montré du doigt.

C’est ce que révèle un sondage Reuters/Ipsos réalisé entre le 23 août et le 16 septembre auprès de 9000 personnes. Seuls 53% des Américains sondés se sont déclarés farouchement opposés à toute scission des USA. Il ressort du même sondage que les Etats les plus ouverts à la soustraction de leur étoile du drapeau fédéral sont plutôt républicains et situés dans les Etats ruraux de la zone sud-ouest. Au contraire des Etats démocrates et situés dans le nord-est.

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Les États-Unis entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie pour ralentir leur déclin

L’Empire américain est doublement engagé, au plan économique et monétaire d’une part et au plan stratégique et géopolitique d’autre part, pour tenter de ralentir son déclin, dans une entreprise systématique de destruction de ses adversaires comme des ses supposés « alliés ».

Au plan économique et monétaire, les manipulations domestiques et internationales auxquelles se livrent les USA (via leur Federal Reserve et leurs grandes banques « too big to fail ») sur la plupart des paramètres (statistiques faussées) et des actifs (monnaie, taux d’intérêt, actions, obligations, etc. « dirigés ») ne sont plus à démontrer, de telle sorte qu’il n’y a plus un seul marché libre dans le monde entier dont on puisse connaitre précisément la situation réelle !

Quant au plan stratégique et géopolitique, les USA, visant à empêcher toute alliance entre l’Europe et la Russie (toujours leur obsession du contrôle du « heartland » eurasien !) comme à saboter l’émergence de toute solution pacifique au Moyen Orient avant que ce soit le tour de l’Asie, installent des conflits régionaux qui nécessairement prendront suffisamment d’ampleur pour qu’ils auto-détruisent les États qui s’y laissent entrainer. [...]

Nous ne nous prononçons évidemment pas sur le point de savoir qui a raison ou a tort dans ces conflits (les Israéliens ou les Palestiniens, les Russes ou les Ukrainiens) mais seulement sur la méthode employée par les USA pour les créer et les envenimer dans le seul but d’empêcher toute coexistence pacifique internationale selon la pratique vieille comme le monde consistant à diviser pour régner.

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Pétrole : Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle crise ?

Selon le nouveau rapport « World Investment Outlook » de l’Agence Internationale de l’Énergie (IEA) il faut trouver 48.000 milliards de dollars jusqu’en 2035 pour maintenir la production pétrolière au niveau actuel.

Pour rentabiliser les nouvelles techniques de forages, il est nécessaire de mettre le curseur du prix du baril au-delà de 120 dollars. Mais à ce niveau, c’est l’économie qui s’écroule! C’est un vrai casse-tête et un cercle vicieux insoluble.

Le peak oil d’or noir conventionnel a été atteint en 2007 et le pétrole de schiste, off-shore, sable bitumineux ou dans les glaces de l’Arctique devaient prendre le relais pour assurer la stabilité et la croissance mondiale des économies.

Tous les signaux d’alarmes sont au rouge vif

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EXCLUSIVITE FORTUNE : Ukraine – Dmytro Yaroch, Secteur Droit : «Ni l’OTAN, ni l’UE»

Interview exclusive avec le chef du Pravyi Sektor. Traduit de l’italien par fdesouche.com. Reproduction autorisée sous réserve de nous citer en source. Nous précisons que cette publication ne constitue pas une prise de position.

Il est le patron. Mystérieux, résolu, incontesté pour les siens, au parcours discutable pour d’autres. Il a mené son mouvement Pravyi Sektor à travers l’épopée de la révolution ukrainienne, de la lutte clandestine aux barricades et maintenant pointe droit vers le Parlement.

Est-il un guérillero ? Un 007 à la solde de puissances étrangères ? Est-il un révolutionnaire ou un chef de bande avec du flair pour une carrière politique ? Ce qui est certain, c’est que le nom seul de Dmytro Jaroch enflamme et divise l’opinion publique au sujet de la complexe question ukrainienne, entre partisans et détracteurs. Il a accordé une interview exclusive à Il Primato Nazionale [journal en ligne italien].

Quelle est la situation actuelle en Ukraine, du point de vue social et politique ?

La situation est assez compliquée. Même avant l’arrivée de Ianoukovitch au pouvoir, nous disions que dans notre pays il existait un régime d’occupation intérieure. Pendant le gouvernement de Ianoukovitch, la nature anti-populaire de ce régime a atteint son point culminant. Aujourd’hui, après la fuite de Ianoukovitch, ce régime a craqué, mais n’a pas été entièrement démantelé. Le Parti des régions et le Parti communiste n’ont pas été interdits. L’opposition d’hier ne contribue pas à la lutte contre la corruption. On ne remarque pas encore de ces changements qui conduisent à la construction d’une société juste et solidaire.

Que pensez-vous du nouveau gouvernement provisoire de l’Ukraine ?
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La guerre secrète des Etats-Unis dans 134 pays : La croissance des Opérations Spéciales

Ils agissent dans la splendeur verte de la vision nocturne dans le Sud-ouest Asiatique et guettent dans les jungles d’Amérique du Sud. Arrachent des hommes de leur foyer au Maghreb et tirent contre des militants fortement armés dans la Corne de l’Afrique. Ils sentent l’écume salée quand ils volent au ras des vagues dans le turquoise des Caraïbe et le bleu intense du Pacifique. Ils mènent à bien des missions dans la chaleur étouffante des déserts du Moyen Orient et dans la Scandinavie glaciale. L’administration Obama a entrepris une guerre secrète sur toute la planète dont l’amplitude n’a jusqu’ici jamais été complétement révélée.

A partir du 11 septembre 2001, les Forces d’Opérations Spéciales des USA ont grandi de façon inimaginable tant en effectifs qu’en budget. Le plus révélateur a été, cependant l’augmentation des déploiements des opérations spéciales au niveau global.

Cette présence – en ce moment dans presque 70% des nations du monde – fournit de nouvelles preuves de la taille et de l’étendue d’une guerre secrète qui se livre depuis l’Amérique Latine jusqu’aux terres les plus reculées d’Afghanistan, des missions d’entraînement avec leurs alliés Africains jusqu’aux opérations d’espionnage lancées dans le cyberespace.

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Espionnage informatique : Interview d’un hacker, cryptanalyse et… ancien de la DGSE

Entretien avec Éric Filiol (directeur de laboratoire de virologie et de cryptologie informatique, hacker incontesté) pendant le “Hack in Paris” 2013, à propos des derniers outils de contrôle du web développés par les gouvernements.

Au nombre des sujets abordés: PRISM (Snowden), ECHELON, sécurité informatique, vie privée, démocratie, formation des élites et des répercussions de la surveillance informatique à l’échelle étatique dans la vie des citoyens et des entreprises.

A noter qu’il est possible d’installer certains programmes pour contrer les trackers qui vous espionnent : http://www.ghostery.com/download

L’Egypte fait face à la plus grande manif de son histoire

L’armée égyptienne estime à «plusieurs millions» le nombre de manifestants qui défilent ce dimanche pour réclamer le départ du président Mohamed Morsi. Les tensions ont fait au moins quatre morts.

Il s’agirait «de la plus grande manifestation dans l’histoire de l’Egypte», a commenté une source militaire sous couvert de l’anonymat.

Comme au plus fort du soulèvement contre Hosni Moubarak en 2011, la place Tahrir s’est transformée dimanche en mer de drapeaux rouge-blanc-noir, et les slogans n’ont pas changé : «Le peuple veut la chute du régime», ont scandé les manifestants, un an jour pour jour après la prise de fonction de Mohamed Morsi.

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Le terrorisme, de Boston à Moscou en passant par Damas

Par Alexandre Latsa

Depuis la fin de l’URSS, l’un des mythes fondateurs de la politique étrangère euro-américaine envers la Russie se base sur la situation dans le Caucase. Dès 1994, l’état russe fait face à une rébellion armée qui prône l’indépendance et fera rapidement appel à des cohortes de mercenaires étrangers pour mener cette soi-disant guerre d’indépendance de Tchétchénie.

Le Tchétchène Dokou Oumarov, chef du groupe rebelle islamiste “l’Émirat du Caucase”

Rapidement, le conflit se transformera en une guerre religieuse sous la pression notamment de ces mercenaires islamistes qui tenteront d’étendre le conflit à tout le Caucase pour y instaurer un califat régional. Dès le début des opérations militaires russes dans le Caucase visant à rétablir l’ordre et empêcher une partition du pays grâce à une aide extérieure, la Russie a subi une pression médiatique, morale et politique sans précédent.

Le Main Stream médiatique occidental  n’a  jamais cessé de nous présenter les combattant islamistes du Caucase comme des soldats de la liberté, luttant pour une hypothétique indépendance ou encore pour  la survie de cultures menacées, qui comme on peut le constater en 2013, bien longtemps après, n’ont jamais été menacées.

La Russie, qui fait face au terrorisme de l’internationale Djihadiste et ses soutiens principaux à l’étranger (que ce soit au sein de pays du golfe, de la Turquie ou de certaines puissances occidentales) n’a que trop rarement bénéficié de la compassion ou du soutien des pays occidentaux.
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Overdose : La prochaine crise financière (VOSTFR – Exclusivité Fortune)

En temps de crise, les sociétés cherchent des dirigeants forts et des solutions simples, mais que se passe-t’il si les solutions envisagées constituent les mêmes erreurs que celles qui ont provoqué cette crise ? Ce document relate l’origine de la plus grande crise économique de notre temps, la crise à venir.

Documentaire réalisé en 2010 par Martin Borgs et basé sur le livre de Johan Norberg : “Financial Fiasco”.

(Traduction et sous-titrage: Fortune)

États-Unis : La falaise fiscale vue de Chine

Tout récemment, bien que les discussions budgétaires américain n’aient donné aucun résultat, et que la « falaise fiscale » constitué une menace qui se profile pour les États-Unis et l’économie mondiale, le Congrès américain a voté de lourdes dépenses dans le cadre de la loi de programmation militaire pour 2013.

Cette loi témoigne encore d’ingérences diverses et abondantes dans les affaires des autres pays, comme la demande faite par le président américain pour vendre des chasseurs F16-C/D à Taïwan, la préconisation d’appliquer le traité de sécurité américano-japonais à la question des îles Diaoyu, qui constituent une grave ingérence dans les affaires intérieures et la souveraineté de la Chine.

Une telle scène témoigne d’un grave conflit entre un Gouvernement faible et les ambitions impérialistes et la puissance limitée de ce pays.

Car la puissance américaine est bien limitée. Le déficit et la dette nationale astronomiques des États-Unis sont des choses que plus personne n’ignore depuis bien longtemps. Pour cette raison, les responsables politiques américains devraient plutôt essayer de s’attaquer dès que possible au problème du plafond de la dette afin d’éviter que la « falaise fiscale » n’interrompe la reprise économique américaine durement gagnée, et cependant loin d’être assurée, et de limiter les dépenses fiscales à un niveau raisonnable.
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États-Unis : Où en est la crise sociale ?

Tandis que le président Obama et le Congrès s’apprêtent à retrancher des billions de dollars des programmes sociaux qui empêchent qu’un vaste nombre de personnes ne sombre dans le dénuement le plus complet, la faim et la pauvreté aux États-Unis atteignent des sommets jamais vus depuis des décennies.

Les chiffres sont renversants

Le nombre d’Américains qui reçoit des coupons alimentaires, soit 47,1 millions, a atteint un nouveau record en août de cette année, selon les plus récentes statistiques du département de l’Agriculture. Ce nombre a augmenté d’un million par rapport à l’année dernière et de plus de 50 % depuis octobre 2008, lorsque la statistique s’établissait à 30 millions.

À Washington D.C., la capitale du pays, et dans l’État du Mississippi, plus du cinquième des résidents reçoivent maintenant des coupons alimentaires.

Une personne qui bénéficie des coupons alimentaires reçoit en moyenne l’équivalent de 130 $ par mois, ou environ 4,33 $ par jour, soit moins que le prix d’un café dispendieux dans le bas Manhattan. Néanmoins, un projet de loi qui est maintenant débattu au Sénat américain priverait ce programme de milliards de dollars sur 10 ans, ce qui précipiterait un nombre incalculable d’enfants, de personnes âgées et de malades dans la pauvreté. Quelque 50 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aux États-Unis, par rapport à 36 millions en 2007 ; 17 millions de ceux qui ont faim sont des enfants.
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États-Unis : Jack Welch à propos des chiffres du chômage

Jack Welch, ancien président de General Electric, exprime son doute sur la véracité des chiffres du chômage aux États-Unis. (Traduction et sous-titrages réalisés par Fortune)

“Ça défie l’imagination d’avoir, seulement un mois avant l’élection, une hausse [de l'emploi] plus forte que n’importe quelle hausse depuis 1983 !” – Jack Welch

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Jack Welch a été président de General Electric de 1981 à 2001. En 1999 il est nommé “dirigeant du siècle” par le magasine Fortune. Soutien de Romney à la présidentielle, il est interrogé par Chris Matthews pour MSNBC le 05 octobre 2012.

Goldman Sachs : Un ex-dirigeant accuse la banque de plumer ses clients

Le 14 mars dernier, la tribune libre de ce banquier dans le “New York Times”, sobrement intitulée “Pourquoi je quitte Goldman Sachs“, avait fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le monde discret de la finance.

Et puis Greg Smith s’était tu, laissant parler son texte. Sept mois plus tard, son livre (“Pourquoi j’ai quitté Goldman Sachs“, JC Lattès) est sorti le mercredi 24 octobre sous un tir de barrage nourri. De Goldman Sachs, bien sûr, qui cherche à discréditer l’ensemble des anecdotes rapportées par ce Sud-Afriain, boursier de l’université de Stanford.

Il décrit une culture d’entreprise incroyablement forte, au point de la comparer à celle d’une secte, qui pendant les années 2000 a complètement dérivé vers l’obsession du profit, à l’exclusion de tout autre considération.Des clients de toujours se retrouvent soudain négligés, parce que telle ou telle transaction boursière ne rapporte pas assez, tandis que la banque se concentre sur les “éléphants”, ces ordres qui rapportent plus de 1 million de dollars de recette nette…

Greg Smith raconte cette dérive sans hostilité de principe contre Wall Street, comme un golden boy qui a quitté volontairement une carrière lucrative pour poser des question gênantes auxquelles il faudra bien, un jour, apporter une réponse. Interview.

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(EXCLUSIVITÉ Fortune) Gerald Celente : “Le gang financier et politique est impuissant à éviter l’effondrement”

Gerald Celente, directeur du Trends Research Institute, est l’un des analystes et prévisionnistes économiques les plus reconnus mondialement depuis des années. Il est interrogé par Eric King, fondateur du site KingWorldNews.

Entretien réalisé le 06 juillet 2012

“Les gens vont devenir les vassaux des banquiers mais ils se plaisent à toujours appeler cela liberté et démocratie. C’est une prise de contrôle.”

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(Version française réalisée par fortune.fdesouche.com. Reproduction autorisée sous réserve de nous citer.)

KingWorldNews (anglais)

Audio original de l’entretien et présentation de Gerald Celente (anglais)

Jean-Michel Quatrepoint : « Les sept plaies de l’Amérique d’Obama »

« America great again ! » En cet automne de l’année 1979, le candidat républicain à la Maison Blanche, Ronald Reagan, fait du retour de l’Amérique l’axe central de sa campagne. Il est vrai que le pays vit mal cette fin de décennie. La présidence Nixon, avec le scandale du Watergate et l’empeachment du président, l’ont traumatisé. Il a été humilié au Vietnam, puis en Iran. Le dollar est au plus bas, le pétrole au plus haut. Les États-Unis viennent de basculer dans la récession.

Le pouvoir d’achat est en berne. Le chômage atteint 7,5 % de la population active : un taux record ! L’automobile et l’électronique, fleurons de l’industrie, se font damer le pion par les groupes japonais. La « réindustrialisation » s’invite dans la campagne électorale. Ronald Reagan en fera un des axes de son projet.

Trente-trois années plus tard, l’histoire se répète. Comment relancer l’Amérique, lui redonner ce dynamisme qui était sa marque de fabrique ? Comment réindustrialiser un pays qui a cru que la finance et les cerveaux suffiraient à assurer son leadership mondial ? Oui, il y a bien des similitudes entre les États-Unis de 1979 et les États-Unis de 2012.

Certes, rien de comparable avec la défaite au Vietnam et le fiasco en Iran. Cette fois, Washington a organisé la retraite sur des « positions préparées à l’avance ». Ben Laden a été exécuté, mais la guerre en Afghanistan est un échec. L’Irak a coûté une fortune au budget américain. Partout, dans le monde arabo-musulman, les alliés de l’Amérique doivent laisser peu à peu la place aux islamistes.

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Comment “Européen” est devenu une insulte à Washington

L’économie éloigne les deux rives de l’Atlantique”, La Stampa résume ainsi les conséquences des récentes déclarations de Barack Obama, selon lesquelles les maigres perspectives de croissance des Etats-Unis sont dues à la mauvaise gestion de la crise de la zone euro.

Il y a des causes immédiates et de plus long terme à la manière de plus en plus pressante avec laquelle le président Obama secoue les Européens”, commente le quotidien de Turin.

Les premières concernent la présidentielle de novembre aux Etats-Unis :

depuis l’investiture républicaine de Mitt Romney, la campagne bat son plein, etle mot “Europe” est devenu une insulte utilisée par les candidats pour discréditer leur adversaire,

note La Stampa.

Les secondes causes concernent les rapports translatlantiques, en particulier avec Berlin :

(…) ce que les guerres en Irak et en Afghanistan ne sont pas parvenues à faire – affaiblir l’alliance – pourrait survenir aujourd’hui à cause de la crise et d’une Allemagne peut-être pas suffisamment audacieuse pour poursuivre sciemment un “grand dessein”, mais assez “têtue” pour saper les bases de l’alliance occidentale.

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Reprise économique : le modèle américain en question

Lors de la première rencontre Obama-Hollande, une convergence de vue s’est manifestée entre les deux présidents en matière de croissance. Alors, la politique de relance des États-Unis : un modèle pour la France ? Certainement pas quand on observe dans le détail les chiffres de l’économie américaine.

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(…)

Que proposent les partisans de la relance (à commencer par notre nouveau président) ? Tout simplement d’imiter les USA, c’est-à-dire :

Régler la crise des dettes souveraines en se servant de la BCE pour racheter directement et massivement les dettes des pays les plus fragiles,

comme la FED a acheté de la dette US en contribuant au maintien de taux très bas.

Relancer les économies par encore plus d’emprunts, à l’échelle européenne (eurobonds), ou à l’échelle nationale (rigueur reportée et utilisation des déficits publics), tout comme les États-Unis l’ont fait avec des déficits de l’ordre de 10% du PIB, donc bien supérieurs à ceux de la quasi-totalité des pays européens.

Le principal argument de ce camp qui s’est autoproclamé « défenseur de la croissance » est la réussite apparente des États-Unis. (…)

Mais si on regarde de plus près, au niveau des conséquences pratiques sur la population, on s’aperçoit que cette réussite apparente cache une réalité bien différente. (…)

Pour obtenir ces brillants résultats, la dette publique américaine a augmenté de plus de 4000 milliards de $ en trois ans. Cela signifie aussi que la dette publique par ménage US standard (un couple et deux enfants) a augmenté de plus de 50000$ en trois ans !

C’est toute l’absurdité de ces politiques de relance par la dette qui s’exprime à travers ces chiffres. À court et moyen terme, elles créent un fantôme de croissance qui ne parvient même pas à améliorer la vie ordinaire des citoyens, et à long terme elles entraînent des faillites d’État et des dépressions économiques terribles, comme celle que la Grèce vit aujourd’hui.

Voilà le modèle qui fait aujourd’hui rêver nombre de décideurs et experts européens, mais à laquelle de moins en moins d’américains croient si on se fie à la cote de popularité du président Obama (…)

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États-Unis : Le candidat d’Obama pour la Banque mondiale

Jim Yong Kim, le candidat présenté par le président Barack Obama pour diriger la Banque mondiale n’a rien du bureaucrate austère et discret. Président de l’Université Dartmouth, dans le nord-est des États-Unis, il avait participé à un spectacle étudiant en 2011, déguisé en rappeur un brin futuriste.

Roosevelt, la destruction de l’Europe et le désastre de la première mondialisation

Par Nicolas Bonnal

Quand on se plaint du présent, il faut toujours se rappeler le bon vieux temps des guerres. Ceux qui s’étonnent du niveau abyssal de notre endettement ou du bilan désastreux – ce ne sont pas nos lecteurs – du printemps arabe et du bilan de la guerre en Irak ont ainsi besoin qu’on leur rafraichisse la mémoire.

J’ai toujours été étonné par l’incroyable dimension du désastre européen au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Les pertes humaines sont bien sûr énormes, bien sûr imputables aux nazis et la à la guerre à l’Est, mais aussi bien sûr les pertes matérielles. Toute l’Europe occidentale a été bombardée, y compris les lieux saints du mont Cassin (les puissances protestantes voulaient intimider le pape). Staline contrôle tout l’orient de l’Europe et l’on laisse les guerres civiles et la disette s’installer un peu partout comme au bon vieux temps du moyen âge finissant. Même l’Angleterre a été ruinée, rincée même par son coopérant américain, et Churchill, auteur malheureux du conflit est chassé des Communes avec les huées. C’est l’époque d’Orwell, et ce n’est pas un hasard. Mais l’être humain aime être motivé par le désastre, on le sait depuis la Bible et Milton.

***

Il y a bien un responsable à tout cela, responsable qui a voulu et permis la destruction de l’Europe (nous avons été sauvés de la misère par son successeur Truman), l’anéantissement et non la défaire de l’Allemagne, la liquidation des empires coloniaux français et britanniques ; qui a voulu aussi la montée de la Chine communiste et le triomphe de l’union soviétique présentée avec son NKVD, son goulag et le Holodomorukrainien [1] comme un « paradis social mutualiste », y compris dans les films hollywoodiens de l’époque.

Ce responsable c’est Roosevelt auquel l’historien amateur (dans amateur il y a aimer, disait Orson Welles) Bernard Plouvier(1) a consacré un passionnant ouvrage à la fois synthétique et documenté. Il résume parfaitement le bellicisme insensé de Roosevelt qui a tout fait pour lancer le Japon dans la guerre, détruire l’Europe (plus de Français morts dans les bombardements libérateurs que de soldats US tués pendant la guerre !), diviser le monde et créer le réseau de bases et le fameux complexe militaro-industriel d’Eisenhower.

***
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Obama utilise l’écologie pour distribuer des milliards à ses copains

On sait tous comment ça marche maintenant :

- Je te finance ta compagne électorale

- Quand tu es dans la place, tu prends l’argent au public et tu me le donnes

C’est cette technique sans mystère qui est en train d’envoyer progressivement les pays Occidentaux dans l’âge de l’obscurité. Plus aucune décision ne se prend, plus aucun financement n’est accordé s’il n’est pas un retour d’ascenseur pour des services rendus. La corruption devient institutionnelle et prend des proportions qui font vaciller des pays entiers.

La Maison Blanche a directement approuvé des dépenses de plusieurs milliards de dollars pour financer 21 entreprises qui ont toutes des liens étroits avec des proches d’Obama. Ces entreprises sont, tenez-vous bien, sensées produire des énergies « propres ». Ca rappelle immédiatement ces milliers d’éoliennes abandonnées et ça explique également pourquoi cette hystérie autour du réchauffement climatique.

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Égarement budgétaire

Par Nouriel Roubini

Selon le FMI et d’autres institutions, le ratio de la dette publique par rapport au PIB des pays avancés va dépasser 110% en 2015, alors qu’il était de 70% pour tous ces pays avant la crise. Malheureusement aucun des deux principaux acteurs de la zone euro n’engage des mesures qui permettraient de restaurer une croissance durable à la périphérie de cette zone.

Les mesures de relance budgétaire adoptées par la plupart des pays avancés et des pays émergents lors de la récession mondiale de 2008-2009 – parallèlement à une politique de relâchement monétaire et de soutien au système financier – ont évité que la Grande récession ne se transforme en 2010 en une Grande dépression. Au moment où chaque composant de la demande privé s’écroulait, la hausse des dépenses publiques et les baisses d’impôts ont arrêté la chute libre de l’économie mondiale et créé la base d’un redémarrage.

Malheureusement dans la plupart des pays avancés les mesures de relance, les plans correspondants de sauvetage du système financier et les effets de la récession sur les revenus ont creusé le déficit budgétaire qui atteint maintenant 10% du PIB. Selon le FMI et d’autres institutions, le ratio de la dette publique par rapport au PIB va dépasser 110% en 2015, alors qu’il était de 70% pour tous ces pays avant la crise. Enfin, dans la plupart d’entre eux le vieillissement de la population va alourdir à long terme la dette publique en raison des difficultés de financement des retraites et du coût croissant des soins de santé.

C’est pourquoi les pays avancés doivent réduire leur déficit pour éviter un naufrage budgétaire. Mais nombre d’études, dont une récente du FMI, montrent qu’une hausse des impôts et une baisse des dépenses publiques ont à court terme un impact négatif sur la demande agrégée, ce qui renforce la tendance à la déflation et à la récession et s’oppose à la consolidation budgétaire.

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L’immobilier américain balaie l’illusion de la reprise

Les mauvaises nouvelles se suivent aux Etats-Unis. Après la confiance, c’est au tour des prix de l’immobilier de montrer des signes de faiblesse, avec une baisse de 0,8%. Faut-il encore douter que reprise américaine ou croissance molle ne sont qu’illusion ? (…)

"Rechute droit devant" (caricature américaine, 2010)

Alors que les permis de construire et les ventes de logement affichaient des statistiques négatives en novembre, l’indice S&P/Case-Shiller est venu confirmer que la reprise n’est plus à l’ordre du jour dans l’immobilier résidentiel américain. En baisse de 0,8 % contre 0,2 % attendu, l’indice affiche un recul de 30 % par rapport à son plus haut de juillet 2006.

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Les deux capitalismes : Productivité, croissance et dépression

Nous nous penchons sur une question nouvelle qui devrait mobiliser notre attention pendant toute l’année 2011. Si la croissance américaine est à crédit, si les variations de la dépense publique l’impactent fortement faute d’une véritable croissance endogène, comment expliquer cette situation. Bref, au delà du constat d’une dépendance de la croissance au crédit public, il reste à expliquer pourquoi la croissance ne reprend pas véritablement pas aux USA.

Nous avons souvent répété que l’absence de redémarrage de la croissance tenait au fait que la crise était une dépression, et que dans le cas d’une dépression des mesures contra-cycliques sont peu efficaces. On peut avancer deux séries d’explications à ce phénomène.

1° – Chômage de masse, crise du crédit, fragilité des emprunteurs, stagnation des sources de revenu et baisse de valeur des patrimoines, reformation d’une épargne nationale pénalisant la demande, investissement mou, dégradation des comptes extérieurs et de la monnaie sont des facteurs suffisamment puissants pour peser négativement sur la croissance de l’économie réelle.

2° – L’allocation des ressources publiques ne peut que très difficilement inverser les effets délétères de la crise. Elle a de plus le défaut d’allouer des ressources en fonction de nouvelles formes de crédits ou de dépenses qui rendent la croissance artificielle. On qualifie alors de reprise, ce qui n’est que l’effet d’un crédit public maladroitement  substituer aux mécanismes ordinaires de la croissance américaine.

Ces deux explications ont une indéniable valeur, mais on peut leur adresser ce reproche : vous dites que la crise est une dépression, prouvez le ! Et si vous ne pouvez le prouver alors, vos analyses dérivent d’une pétition de principe.  L’argument n’est pas faux, il est simplement trop radical. Il nous invite toutefois à tenter d’expliquer pourquoi la crise est une dépression. Une dépression n’est pas simplement une contraction plus forte et plus longue de l’économie, elle est causée par une crise d’un modèle de croissance qui explique sa violence.

Nous allons essayer de montrer  que la crise est une dépression en considérant les évolutions de la productivité  du secteur privé aux États-Unis. Cette évolution permet d’articuler une explication montrant que la crise a entraîné une rupture dans la logique d’investissement depuis 2007, rupture qui peut être regardée comme annonçant un changement de mode de croissance. Cette approche permet d’esquisser une explication du porte-à-faux que constitue la politique de l’administration Obama et des raisons de la montée inexorable du risque sur la dette souveraine des USA.

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Pour Noël, dépensez, c’est l’économie qui vous dit merci

Les économistes ne se lassent pas de souligner qu’offrir des cadeaux est un «gaspillage» pour l’économie. Le texte de référence qui étaie cette théorie est la nouvelle d’O. Henry, Le Cadeau des Rois mages, dans laquelle Della coupe des boucles de sa chevelure soyeuse afin d’acheter à son époux, Jim, une chaîne de platine pour sa montre en or. Jim, lui, vend sa montre en or pour offrir à son épouse, Della, des peignes en écaille de tortue marine. Ainsi, elle pourra coiffer ses belles boucles. Joyeux Noël !

Quand bien même Della n’aurait pas prélevé des parties de sa chevelure, la rigueur économique voudrait qu’on explique pourquoi Della n’avait pas déjà acheté ces peignes si elle les voulait vraiment. Ou pourquoi Jim, s’il le voulait vraiment, n’avait pas encore remplacé le bracelet en cuir usé de sa montre.

Faites des cadeaux chers et inutiles, c’est bon pour la croissance !

Envisageons toutefois une autre interprétation. Certes, les échanges de cadeaux infligeront à Della et à Jim une certaine douleur et seront synonymes de gaspillage d’un point de vue économique. Pourtant, ils auront sacrifié leur bonheur sur l’autel de la croissance. Jim et Della auront souffert autant que nous autres avons de chances de nous enrichir. Vive l’inefficience économique !

Quel gaspillage, ces cadeaux !
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USA : les inégalités sont-elles responsables de la crise ?

La montée des inégalités aux Etats-Unis expliquerait aussi bien la crise de 2007 que celle de 1929, selon une étude publiée par le FMI. Pourtant, rien n’est fait pour inverser la tendance. Explications.

Caricature américaine, 2009. Sur l'affiche : "Les saisies immobilières se poursuivent". Les clochards chantent : "Je serai SDF pour Noël" (jeu de mots sur "Je serai à la maison pour Noël" - "I'll be home for Christmas", chanson traditionnelle de Noël).

Les Etats-Unis sont-ils condamnés à plonger dans une nouvelle crise ? Le compromis fiscal conclu entre Obama et ses adversaires républicains a été approuvé jeudi par le Congrès américain. Il s’agit du dernier avatar de l’échec du gouvernement à résorber des inégalités sociales qui ne cessent de se creuser depuis des décennies. Inégalités qui seraient pourtant à l’origine aussi bien de la crise de 1929 que de celle de 2007.

Les inégalités sont-elles à l’origine des crises ?

C’est la thèse des économistes Michael Kumhof et Romain Rancière. Dans un article publié fin novembre pour le FMI, ils rapprochent la montée des inégalités de celle de l’endettement des ménages. Pour eux, c’est le point commun entre les décennies précédant la crise économique actuelle et celles d’avant la Grande dépression de 1929. Entre 1910 et 1929 comme entre 1989 et 2008, la part des revenus de la fraction de 1% des ménages les plus riches est en effet passée de 15% à 25%.

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La Banque

Goldman Sachs. Pour Marc Roche, c’est LA Banque par excellence, l’incarnation du pouvoir financier. Et on ne s’en étonnera pas quand on saura que son bouquin s’ouvre sur le récit de sa rencontre avec un monsieur David de Rothschild, grand baron de la City et « informateur » pour ce livre sur Goldman Sachs.

Ainsi, si nous avons, enfin, un livre sur Goldman Sachs, c’est parce que les Rothschild ont décidé que c’était le moment ! Soyons reconnaissant à Marc Roche de nous en avertir, avec tact mais aussi avec clarté, d’entrée de jeu.

Bref. Ouvrons l’objet, et disséquons-le. On n’y trouvera évidemment pas toute l’information. Mais on en trouvera une partie. Et peut-être une partie juste assez grande pour en déduire le reste.

*

Goldman Sachs a aidé la Grèce à truquer ses comptes pour intégrer la zone euro, en 2002.

C’est que, visiblement, les banquiers d’affaires londoniens nagent comme des poissons dans les eaux troubles des pays à l’économie « grise » florissante et aux normes comptables molles.

Et le « hasard » les aide, quand il le faut : cette même année 2002, Eurostat, l’institut européen chargé de contrôler les déclarations des pays candidats à l’euro, est au cœur d’un scandale financier interne, donc fragilisé, donc peu soucieux de se mettre à dos « les marchés ».

Ils nagent bien, ces banquiers, et s’en portent encore mieux. La méthode Goldman Sachs pour « aider » la Grèce repose sur une manipulation des taux de change utilisés pour transférer la dette émise en dollars vers une dette en euros, à l’occasion d’un Credit Default Swap.

En « échange » de cette manipulation, qui ne pose aucun problème à Goldman Sachs puisque le marché des Credit Default Swap est totalement non régulé, la Grèce accepte au passage de payer, à son nouveau créancier, des intérêts usuraires. En d’autres termes, Athènes a acheté une réduction du niveau de sa dette publique (pour se rapprocher du « critère de Maastricht », soit 60 % du PIB) contre une augmentation des intérêts de cette même dette.

Où l’on ne s’étonne plus que le pays soit, dix ans plus tard, en faillite complète… même si, en 2009, pour brouiller les pistes, un ancien trader de Goldman, devenu directeur de la principale banque commerciale grecque, aida son ancien employeur à « transférer » une partie de la dette publique grecque à cette enseigne privée athénienne.

Et dire que pendant ce temps-là, le fisc cherche des poux dans la tête aux PME qui ont oublié de passer mille euros de CA…

Bref. Revenons à Goldman. Comment expliquer qu’une banque américaine devienne quasiment le conseiller financier, presque le gestionnaire de fait, de nombreux petits Etats européens ?

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Le plus grand hold-up de l’histoire ?

Par Jean-Paul Baquiast

…C’est ainsi que l’on pourrait qualifier les prétendues “mesures de soutien à l’économie” décidées par la Banque fédérale de réserve américaine entre 2007 et 2010. Au moment où l’on attendait les révélations du site Wikileaks sur la Bank of America, qui promettent d’être intéressantes, c’est l’US Federal Reserve Board (Fed) elle-même qui a fait diffuser entre le 1er et 4 décembre 21.000 documents détaillant les opérations qu’elle a conduites dans le plus grand secret au plus fort de la crise financière des 3 dernières années (voir le lien) .

La Fed a fait cette révélation contre son gré, en exécution d’une instruction incluse dans la loi fédérale de régulation du système bancaire (Dodd-Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act of 2010). Cette loi, que les institutions financières se sont empressées de contourner, a eu au moins ce résultat. Un des rédacteurs du texte, le sénateur Sanders de tendance libérale (voir son site) a été le premier à souligner dans la presse le caractère anormal sinon scandaleux de ces opérations (lien sur le Huffington Post).

Il a montré la complicité active des deux présidents Bush et Obama dans les décisions relatives aux montants distribués allouée aux banques et entreprises bénéficiaires – le tout dans le plus grand secret. On découvre seulement aujourd’hui qu’au moment où l’administration se félicitait de deux mesures officielles de soutien (bailout) destinées à aider les banques en difficulté, la Fed procédait à des distributions « gratuites » de liquidité pour des montants dix fois supérieurs, sans que nul n’en soit averti.

La Fed se défend sur son site : ces opérations étaient destinées à redonner de la liquidité à l’économie au plus fort de la crise. De plus, elles auraient toutes fait l’objet aujourd’hui de remboursements. Mais les choses sont plus complexes qu’elle ne le dit. Il semble notamment que les remboursements aient comporté une grande partie de titres toxiques dont les banques se seraient défaussées sur le Trésor.
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La puanteur du déclin économique des USA augmente. Quand les Américains opprimés vont-ils descendre dans la rue ?

Par Paul Craig Roberts

Nécrophores américains sur une charogne

La veille de Thanksgiving, le China Daily en Anglais et le site People’s Daily Online rapportaient que la Chine et la Russie s’étaient mis d’accord pour utiliser leurs monnaies respectives au lieu du dollar dans leurs transactions commerciales bilatérales. Les Russes et les Chinois ont dit qu’ils avaient pris cette décision pour protéger leur économie des problèmes qui ont ébranlé leur confiance dans le dollar comme monnaie de réserve mondiale.

C’est une nouvelle importante spécialement pendant la période des congés de Thanksgiving où il n’y a pas beaucoup de nouvelles, mais on n’en a pas parlé sur Bloomberg, CNN, [le] New York Times, ni nulle part dans les médias, presse ou TV, étasuniens. L’autruche ne sort pas sa tête du sable.

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La crise financière mondiale de 2011 a-t-elle commencé ?

Par Georges Ugeux

Où que l’on regarde, les feux avant-coureurs d’une prochaine crise financière s’allument. Elle commencera sur l’Atlantique, mais cette fois, elle devrait être contagieuse dans le Pacifique. Elle pourrait être pire que celle de 2007-2008.

Je ne pose pas cette question à la légère. L’Occident a vécu au-dessus de ses moyens et le tsunami commence à prendre de l’ampleur aux États-Unis et en Europe. Cette fois, il touchera au coeur les finances publiques. Tandis que les étudiants britanniques manifestent pour leur minerval, les Français manifestent pour leur retraite, et les Irlandais et les Portugais sont dans la rue contre l’austérité, ce n’est pas moins qu’une course contre la montre qui est engagée.

Il n’y aura pas moyen d’éviter une crise : il faut à tout prix cependant mettre sous contrôle le risque d’emballement et tenter de la maîtriser. Le drame est que des deux côtés de l’Atlantique, la crise fait apparaître une réalité difficile à maîtriser : le dysfonctionnement politique.

Les États-Unis ont un système politique qui est enrayé depuis des années, et les élections de novembre mettent autant les démocrates que les républicains au pied du mur. Il n’y a plus moyen de prendre quelque mesure que ce soit sans qu’elle fasse l’objet d’un bras de fer où les républicains forcent leur chemin à la Chambre et les démocrates verrouillent le Sénat.

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« L’économie c’est la guerre ! »

Résumé de l’intervention économique de Roberto Fiorini, lors de la dernière Table Ronde de Terre & Peuple, la semaine passée.

Révolution de 1830 – Combat devant l’hôtel de ville
Huile sur toile de Jean-Victor Schnetz

Mon intervention portera sur des aspects sociaux et économiques de notre société, pour vous montrer combien la situation est tendue. Si on regarde au-delà des apparences, on verra que la situation est éminemment révolutionnaire.

Nous devons prendre garde, en nous focalisant sur l’immigration, de ne pas oublier le terrain économique, en nous coupant, du coup, de certaines réalités. Car l’immigration que nous vivons, nous a été imposée par les marchands ; il ne faut pas l’oublier. Tout ce que nous subissons découle de ce point de départ…

Nous portons au quotidien un regard très critique, sur la désinformation qui règne au sujet de l’immigration. Il nous faut porter le même regard critique sur les aspects sociaux et  économiques que nous présente le pouvoir.

Notre mission historique, nous devons nous en souvenir, c’est de libérer l’Europe, mais aussi de couper les autres liens qui nous enchaînent et qui ont été tissés par le libéralisme.

Je vais donc essayer de vous montrer qu’en empruntant le terrain social, nous pourrions ouvrir une autre voie, et conquérir d’autres âmes.

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20 000 milliards de dollars, chroniques de la folie américaine

En 2020, la dette des États-Unis devrait, au bas mot, atteindre les 20.000 milliards de dollars.

Et si les États-Unis tiraient un trait dessus sans la rembourser ?

Telle est la thèse d’Édouard Tétreau, ex-analyste financier pendant les folles années Internet et aujourd’hui conseil en stratégie et communication financières.

Même si cette éventualité paraît difficile à envisager, il faut peut-être la prendre au sérieux. En 2000, alors analyste au Crédit lyonnais, Édouard Tétreau n’avait-il pas été le premier à rédiger une note intitulée “Alerte sur les valeurs médias européennes : prenez vos e-profits avant un éventuel krach.”

Deux ans plus tard, il avait écrit une note sur Vivendi Universal où il évoquait la mauvaise gestion et les scénarios possibles, du raid boursier jusqu’au débarquement pur et simple de son PDG, Jean-Marie Messier.

Les USA ne rembourseront jamais leurs dettes… ils n’ont pas d’autre choix que de rembourser en monnaie de singe. Quand on commence à se faire la guerre sur les monnaies, la guerre tout court finie par très vite arriver. 20.000 milliards de dollars est une estimation très optimiste.”

Ardoise magique »

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Les Américains pourraient travailler jusqu’à 70 ans

La Commission de réduction du déficit rendra ses conclusions en décembre. Le débat monte sur l’âge de la retraite.

Travailler jusqu’à 70 ans, au lieu de… 67 ans officiellement aujourd’hui, afin de toucher sa pension ? La recette n’est pas encore à l’ordre du jour aux États-Unis, mais cela pourrait venir. L’âge de départ en retraite, associé à celui sur la solvabilité des caisses publiques, fait en effet débat.

Plusieurs candidats aux élections de novembre prochain, évoquent, les uns (Républicains ou émanant des mouvements des Tea Parties), cette possibilité, les autres, dans le camp démocrate, jurent de se battre jusqu’au bout pour sauver le système tel qu’il est.

Pour l’heure, un tiers des retraités américains perçoivent leur pension des seules caisses publiques. Un autre tiers, bien que percevant une retraite complémentaire privée, finance encore l’essentiel de leur pension par la manne publique.

Ces caisses de l’assurance-vieillesse publique américaine affichent un confortable excédent, de 2.600 milliards de dollars (1.865 milliards d’euros). Mais à mesure que les baby boomers prennent leur retraite, sur fond de chômage élevé, qui plus est, le fragile édifice se déséquilibre.

Sonnette d’alarme

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« La déferlante est pour tous »

Par Philippe Grasset

(…) pour représenter la grande crise, (…) la houle n’a pas le caractère haché, brisé, infiniment brutal et puissant des grandes déferlantes que lève une tempête. S’il n’était galvaudé, le terme de tsunami, par la puissance, la vitesse et l’autonomie qu’il suggère, pourrait faire l’affaire. Certes, ce qui compte est bien cette autonomie de l’ampleur des océans, pour rendre l’universalité de la crise. La vague déferlante couvre toute l’étendue du monde.

On parle ici, vous l’avez compris, de la vraie grande crise, qui est, à notre avis, la crise eschatologique, – crise de l’environnement ou crise climatique (on ne dit pas global warming [réchauffement global] pour ne pas voir déferler en houles multiples les vagues contestataires). C’est la crise de notre univers, qui va des matières premières au climat, des cadres de nos vies à notre survie même, et qui touche absolument tous les domaines. Il nous restait à mesurer la charge psychologique, symbolique, métaphysique de cette idée d’une “crise de notre univers”, – et nous y sommes.

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USA : recettes fiscales et dépenses n’augurent pas d’une consolidation des finances publiques…

Dans la déclaration finale de la dernière réunion du G-20 de juin, les Etats participants se sont fixé des objectifs ambitieux : réduire de moitié le déficit budgétaire d’ici à 2013, plus de nouvelles dettes à partir de 2016, et en même temps réduire le ratio dettes/PIB. Mais cela semble bien n’avoir été qu’un exercice de pure forme, tant les promesses et la réalité sont, à ce jour, éloignées l’une de l’autre, et cela est particulièrement vrai aux Etats-Unis.

Là-bas, le président Obama a décidé d’augmenter les impôts sur les hauts revenus (plus de 250 000 dollars par an, ce qui concerne 1% des salariés, alors que 43,569 millions de citoyens américains se retrouvent en dessous du « seuil de pauvreté », niveau le plus élevé depuis le début de ces statistiques, il y a 51 ans), mais simultanément, il décide d’injecter 50 milliards de dollars pour développer les infrastructures du pays.

Recettes (en bleu) et dépenses (en rouge) de l'Etat fédéral US, en milliers de milliards de dollars, de 1950 à 2010

Comme on le voit sur le graphique, les rentrées fiscales et les dépenses augmentent depuis 1950. Récemment, en raison de la dernière récession, les recettes ont diminué, alors que les dépenses ont atteint un nouveau sommet. Le budget fédéral américain est en déficit depuis 23 mois consécutifs. Depuis le milieu des années 70, les dépenses augmentent plus rapidement que les revenus.

Au cours de la présidence de Clinton, les deux lignes se sont une fois brièvement croisées (voir graphique), après quoi le déficit budgétaire s’est creusé de plus en plus. En 2009, la dette s’est accrue de [1.610 milliards] de dollars (11,2% du PIB) et, du 1er septembre 2009 au 31 août 2010, de [1.640 milliards] de dollars.

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