Terres nucléaires : Une histoire du plutonium

Tout commence à l’université de Berkeley en 1940, quand Glenn Seaborg découvre le plutonium, matière artificielle issue de l’uranium à la “toxicité diabolique”, dont le corollaire, la mise au point de la bombe atomique, va entraîner, au-delà de l’horreur, une folle surenchère pour le produire.

Une spirale infernale à la croisée d’intérêts industriels, stratégiques et militaires. Alors que l’homme s’enorgueillit hâtivement de pouvoir maîtriser la matière, trois sites, Hanford, La Hague et Rokkasho, présentant des similitudes – paysage désolé de landes et de rochers, environnement austère et climat dur pour l’homme –, témoignent aujourd’hui du désastre.

L’Europe et Tchernobyl

Recueillis notamment dans les pays les plus contaminés – la Biélorussie, la Norvège et la Grèce – des témoignages et des analyses scientifiques parfois contradictoires sur les retombées du nuage radioactif rouvrent un débat occulté.

En avril 1986, le réacteur détruit brûle pendant plus de dix jours. Après être montés à près de 2.000 mètres d’altitude, les gaz radioactifs forment trois nuages qui, poussés par les vents, se dirigent vers la Scandinavie, l’Europe centrale et les Balkans.

Même si 70 % des retombées radioactives ont touché la Biélorussie, au nord de Tchernobyl, d’autres régions d’Europe, en Norvège, en Grèce, en Autriche et en France, ont été durablement contaminées. Des images de synthèse reconstituent l’explosion et la propagation de la radioactivité vers le nord et l’ouest dans les jours qui suivirent l’explosion.

Construit comme un voyage transeuropéen sur les traces de ce triple nuage, le film recueille des points de vue parfois divergents quant à ses conséquences. Avec la participation d’associations et d’experts de l’Union européenne, mais aussi de simples citoyens, ce voyage nous conduit aussi dans une zone interdite en Biélorussie, tout près de la centrale (qui se situe, elle, en Ukraine).

Japon : « J’ai survécu à 2 bombes atomiques »

En mars 1945, l’état-major américain décide d’intensifier son action et déclenche une succession de raids aériens sur Tokyo. En juillet, le conflit se rapproche de son point culminant lorsque les USA procèdent au premier essai atomique jamais expérimenté.

Le Japon refuse de se plier à la volonté des Alliés qui, à la Conférence de Postdam, exigent sa reddition inconditionnelle. Les États-Unis vont alors provoquer les deux pires catastrophes de l’histoire de l’humanité…

Un homme va survivre à cet enfer. À deux reprises. Tsutomu Yamaguchi est né le 16 mars 1916. Devenu ingénieur naval, il est envoyé en mission à Hiroshima et est victime du premier bombardement atomique américain qui intervient le 6 août 1945. Le lendemain, il réussit à quitter la ville et part rejoindre sa famille… à Nagasaki.

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La Robotique

Les robots ont transformé notre vie. Isis 2 par exemple est un système qui peut travailler à l’intérieur des centrales nucléaires. COBRA permet aux êtres humains d’éviter les rayons X.

Dans les usines automobiles des robots assemblent les différentes pièces pratiquement sans intervention humaine. En médecine généralement des robots analysent le sang et de nombreux médicaments sont conditionnés mécaniquement. Dans l’espace des robots à l’intelligence artificielle seront capable de déterminer leurs propres actions.

Uranium et gâteau jaune : le mythe de l’énergie propre

Enquête sans concessions dans un monde dangereux où règne la loi du silence : celui de l’extraction de l’uranium, à l’origine de toute la chaîne du nucléaire.

Le film démarre en Allemagne, lieu d’implantation de la société Wismut, qui fut pendant des décennies le troisième producteur d’uranium au monde. Les autorités allemandes prévoient aujourd’hui qu’il leur faudra encore une trentaine d’années pour désamorcer la bombe à retardement écologique qui a touché la région.

L’enquête se poursuit en Namibie, où la mine de Rössing, ouverte en 1976, devait officiellement fermer. La société australienne Rio Tinto continue pourtant de l’exploiter et d’exporter l’uranium en Asie, en Europe et aux États-Unis. Le vent, lui, se charge d’envoyer les micro-poussières radioactives vers le désert du Namib, un écosystème particulièrement fragile, et jusque dans la ville portuaire toute proche de Swakopmund, où vivent plus de 35 000 habitants.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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L’agent de la DGSE qui a coulé le Rainbow Warrior présente ses excuses, trente ans après

Des excuses, trente ans après les faits. Le nageur de combat de la DGSE qui avait posé la charge explosive ayant coulé le Rainbow Warrior présente ses excuses, dans une interview diffusée par Mediapart dimanche 6 septembre, trente ans après ce fiasco retentissant de la présidence Mitterrand.

Le colonel Jean-Luc Kister s’explique aussi, à visage découvert, sur les détails de cette opération au cours de laquelle un photographe de Greenpeace, Fernando Pereira, fut tué.

Le 10 juillet 1985, des agents français coulent en Nouvelle-Zélande le Rainbow Warrior, un chalutier reconverti par l’association écologiste pour perturber les essais nucléaires français, dans le Pacifique. “Trente ans après les événements, avec les passions qui se sont apaisées, et aussi le recul que j’ai par rapport à ma vie professionnelle, j’ai pensé que c’était une occasion pour moi d’exprimer à la fois mes profonds regrets et mes excuses”, dit Jean-Luc Kister, interrogé par Edwy Plenel.

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Areva : Scandale d’État ou scandale Lauvergeon ?

L’histoire d’une tragique déconfiture: comment Anne Lauvergeon a ruiné en dix ans l’une des plus belles entreprises françaises.

C’est une maladie bien française que celle de ce fiasco engagé par un État inconséquent qui veut tout contrôler et finit par ne rien contrôler du tout. Le terrible échec de hauts fonctionnaires incompétents qui ne devraient jamais se retrouver à la tête de grandes entreprises industrielles, surtout lorsqu’elles sont mondialisées.

L’addition finale de toutes les erreurs commises par Anne Lauvergeon chez Areva sera sans doute proche de 15 milliards d’euros, et donc comparable à celle du Crédit lyonnais de Jean-Yves Haberer il y a une vingtaine d’années. Le record est toujours détenu par Michel Bon qui avait réussi, au début des années 2000, à générer un océan de pertes de 68 milliards chez France Télécom.

Ces trois-là resteront dans la période moderne comme ayant cumulé, à eux seuls, 100 milliards d’euros de pertes dans trois entreprises françaises magnifiques qui avaient la capacité de produire, à l’inverse, 100 milliards de bénéfices sous réserve d’être bien gérées. Hélas pour elles, elles appartenaient au domaine public !
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Uranium : Si puissant et si dangereux

On découvrit l’uranium au XIXe siècle, à partir de la pechblende, résidu de l’exploitation des mines d’argent tchèques. Ce n’est qu’au moment où Adolf Hitler incita des physiciens allemands comme Otto Hahn à se pencher sur la construction d’un réacteur expérimental, et sur la fabrication d’un matériau pouvant servir à l’armement nucléaire, que l’uranium se révéla dangereux.

Face à la menace d’une bombe atomique, Albert Einstein alerta le président Roosevelt, poussant ainsi le gouvernement américain à mettre sur pied un projet de recherche secret. Les 6 et 9 août 1945, des avions de chasse américains larguèrent deux bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, faisant 155.000 victimes. La contamination radioactive causa la mort de 110.000 autres personnes dans les semaines qui suivirent.

Avec la crise pétrolière, l’énergie atomique s’est imposée rapidement comme une solution énergétique «propre». Cette euphorie a pris brutalement fin en 1986, avec l’accident de Tchernobyl. La moitié de l’Europe a été touchée par ses retombées radioactives.

Il y a quelques années, nul ne pouvait imaginer qu’une catastrophe semblable puisse à nouveau survenir, jusqu’au désastre de Fukushima, en 2011. A l’heure où l’Allemagne organise sa transition énergétique, la France mise toujours sur le nucléaire.

Partie 1:

Partie 2:
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Japon : La filière nucléaire est relancée

L’hostilité des Japonais n’y fera rien. Sur la petite ile de Kyushu au Japon, 200 manifestants avaient fait le déplacement pour dire leur colère et leur angoisse devant  les portes de la centrale nucléaire de Sendai.

Dans la foule, Naoto Kan, un ancien Premier ministre avait lui aussi fait le déplacement. “Nous ne pouvons pas prévoir les accidents, voilà pourquoi ils se produisent et ici toutes les précautions nécessaires n’ont pas été prises”, a commenté l’ancien ministre. Au même instant à l’intérieur de la centrale  Sendai, les techniciens relancent le réacteur numéro 1.

Un impératif voulu le gouvernement conservateur. Selon un rapport, l’arrêt du nucléaire aurait coûté plus de 26 milliards d’euros au pays. Quatre ans après Fukushima et deux ans après, l’arrêt des 48 centrales, le Japon renoue avec le nucléaire. D’ici 2030, le pays vise à produire 20% de l’électricité grâce à cette énergie.

Japon : Hiroshima, la véritable histoire

Soixante-dix ans après la déflagration d’Hiroshima, une enquête de grande ampleur replace la vérité historique aux avant-postes et révèle d’étonnants témoignages. Un regard neuf sur un événement qui a provoqué tant d’aveuglement.

La scène est surréaliste. Choquante, franchissant allègrement les limites de l’indécence. Nous sommes en 1954. Dans une Amérique pro-nucléaire qui organise même le concours de “Miss bombe atomique”, Kiyoshi Tanimoto, un survivant d’Hiroshima de 36 ans venu lever des fonds au pays de l’Oncle Sam, en compagnie de femme et enfants, est exhibé star d’un soir dans This is your life (C’est votre vie), une émission de divertissement, présentée par Ralph Edwards, qui fait les beaux jours de NBC entre 1951 et 1962.

Les producteurs lui organisent une rencontre surprise, à la “Sacré soirée“, avec un invité mystérieux. Lorsque la porte s’ouvre le Japonais découvre Robert Lewis, co-pilote de l’Enola Gay, l’avion B-29 qui a largué la bombe nucléaire, à qui il n’a d’autre choix que de serrer la main. Interdit mais contraint de faire bonne figure, Kiyoshi porte un regard hébété, empli d’une profonde tristesse qui soulève le cœur. La caméra américaine ne s’y attarde d’ailleurs pas…

Et même soixante-dix ans après, l’image s’inscrit comme une blessure supplémentaire infligée au nom de la société du spectacle.

Éolien français : Vents contraires sur le marché de l’air

Quelle est la réalité économique de la filière éolienne en France, dans un marché de l’énergie en crise? Que sait on de la production d’énergie éolienne en France? Elle bénéficie d’un a priori plutôt favorable, puisqu’il s’agit d’une énergie propre, renouvelable, et qu’elle vise à abaisser notre dépendance au nucléaire.

Émission “Le Magazine de la rédaction” diffusée sur France Culture le 31/10/2014

D’ailleurs la loi sur la transition énergétique récemment votée par le Parlement maintient le cap de 20% d’énergie renouvelable produite d’ici 10 ans.
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Theory of Unipolar Politics

Voilà sans conteste l’un des ouvrages de théorie des Relations Internationales les plus important des dernières années, qui remet à l’honneur la « grande théorie » (en opposition aux théories intermédiaires qui fleurissent depuis quinze ans) et pose à nouveaux frais les questions fondamentales de la discipline des RI: quelle est la configuration du système international? est-elle durable? et quel est son impact sur les possibilités de guerre au sein du système?

Par

À ces trois questions, Nuno Monteiro (professeur à l’université de Yale) apporte les réponses suivantes:

le monde est unipolaire, dominé par les Etats-Unis; cette configuration a le potentiel d’être durable; et ce système international n’est pas pacifique.

Ce faisant, il offre une grille de lecture du système international actuel qui en fait une lecture obligatoire à la fois pour les spécialistes universitaires de la discipline, mais aussi pour les décideurs tentant de décrypter les nouvelles configurations du monde contemporain.

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Fukushima (61) 22 000 piscines olympiques de terre contaminée

Regardez bien l’image ci-contre! C’est l’un des grands sites d’entreposage de terre contaminée retirée des sols après la catastrophe de Fukushima.

Crédit : Asahi Shimbun /getty images. Cette photo a été prise près de la ville de Tomioka.

Elle a été publiée par le quotidien japonais Asahi Shimbun, (environ 7 millions d’exemplaires chaque jour) et je l’ai vue pour la première fois il y a un mois à Séoul, lors de la réunion bisannuelle des journalistes scientifiques du monde entier (WCSJ), pour laquelle j’avais organisé une table-ronde sur le nucléaire : « Comment informer de façon pertinente et juste sur le nucléaire ? »

Elle était présentée dans son PowerPoint par notre confrère Toshihide Ueda, ancien responsable des actualités scientifiques  et médicales, qui a couvert pendant dix ans les questions nucléaires pour l’Asahi Shimbun.

Une image impressionnante, quand on se rend compte de la taille du camion (au centre de la photo) et des grues. Ces petites choses noires entassées sur une paroi étanche bleue, ce sont des milliers de très gros sacs…

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La criminalistique nucléaire au service de la sécurité atomique

Le terrorisme nucléaire constitue une menace grandissante, car de plus en plus d’organisations extrémistes tentent de mettre la main sur des substances radioactives. Comment y remédier ? Des détectives atomiques mènent l’enquête.

Océans poubelles

Immerger des fûts de matières irradiées en pleine mer semble aujourd’hui scandaleux, mais cette technique a été par le passé considérée comme une forme de stockage scientifiquement justifiée : la radioactivité des déchets déposés à plus de 4.500 mètres de profondeur était censée s’éliminer par dilution.

Il est désormais admis qu’elle ne fait que se répandre de manière incontrôlée. Dans quel état sont aujourd’hui ces barils, dont même les autorités ne connaissent pas la localisation exacte ?

L’océan sert de poubelle à l’industrie atomique depuis des dizaines d’années. Alors même que le stockage en mer est interdit depuis 1993, il est toujours légal d’y rejeter des eaux contenant des radionucléides.

Arctique, cimetière atomique

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Électricité : Les clients d’EDF vont-ils payer le sauvetage d’Areva ?

L’amalgame est inévitable entre les hausses réclamées par le patron d’EDF en vue d’un rattrapage tarifaire et le sauvetage d’Areva, pour lequel EDF est sollicité.

Jean-Bernard Lévy, président d’EDF, aura-t-il la main moins lourde que ses prédécesseurs dans ses prétentions de relèvement tarifaire? Alors que, en 2009, Pierre Gadonneix réclamait à l’État une hausse de 20% sur trois ou quatre ans et que Henri Proglio, en 2013, estimait qu’une remise à niveau de 5% chaque année sur trois ans était nécessaire, l’actuel patron du groupe d’électricité s’en tiendrait à une augmentation de 2,5% par an sur trois ans, portant la hausse cumulée à un près de 8% sur la période. Ce qui n’est malgré tout pas négligeable, surtout en période d’inflation quasi nulle.

Des formules sont établies, et les tarifs réglementés sont arrêtés par les ministres en charge de l’Énergie et de l’Économie, après avis de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Le politique a le dernier mot dans cette entreprise contrôlée à 85% par l’État. Ainsi, les précédentes demandes de hausses n’ont jamais été intégralement accordées.

En fait, rien ne sert de vouloir pousser le bouchon trop loin. Les tarifs de l’électricité, auxquels les consommateurs sont très sensibles, ont une dimension trop politique pour que l’État s’en remette aux souhaits des patrons d’EDF.
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Nucléaire : La politique du mensonge ?

Durant 30 ans, EDF a négligé l’entretien des 58 centrales nucléaires françaises. Selon la Cour des Comptes, le coût de la rénovation du parc électro-nucléaire s’élève aujourd’hui à 110 milliards d’Euros. La facture d’électricité des Français devrait donc continuer de grimper ces dix prochaines prochaines années.

Le journaliste a enquêté sur le nucléaire français présenté par l’État comme sûr, propre, et bon marché. Il met notamment en lumière les problèmes de stockage des centaines de milliers de tonnes d’uranium appauvri à Bessines dans le Limousin, comme à Tricastin dans la Drôme, mais également les incidents de fusion des réacteurs de Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loire-et-Cher, dissimulés par les autorités en 1969 et en 1980.

Partie 1:

Partie 2:
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Traité transatlantique : Mythes et réalités sur les tribunaux d’arbitrage privés (Màj vidéo)

C’est sans conteste le meilleur argument des opposants au traité transatlantique Tafta/TTIP, qui organisent samedi 18 avril une mobilisation mondiale contre la négociation en cours entre les États-Unis et l’Union européenne : l’intégration au futur accord de l’ISDS, un mécanisme d’arbitrage privé qui menacerait de détruire toutes les règlementations environnementales, sociales ou sanitaires dans le seul but de préserver les profits des multinationales.

Au cœur d’une intense bataille diplomatique et politique au sein de l’UE depuis plusieurs mois, l’investor-state dispute settlement (mécanisme de règlement des différends investisseurs-États) s’attire toutes les critiques : on le tient responsable d’avoir permis à Philip Morris d’empêcher la mise en place du paquet neutre de cigarette en Australie, à Veolia d’avoir contesté la mise en place d’un salaire minimal en Égypte, à Lone Pine d’avoir attaqué l’interdiction du gaz de schiste au Québec et même à Vattenfall de s’opposer à la sortie du nucléaire en Allemagne.

C’est à dire de remettre en cause sur le terrain judiciaire des décisions démocratiques prises par les gouvernements selon la volonté des peuples. De purs mensonges, selon les défenseurs de l’ISDS, qui dénoncent une entreprise de désinformation sur un mécanisme indispensable dans un contexte de mondialisation.

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Areva : 6000 emplois supprimés dans le monde dont la moitié en France

Mauvaise nouvelle pour l’emploi en France : Areva va supprimer environ 6.000 emplois dans le monde, dont plus de la moitié dans l’hexagone. Annonce faite ce matin par l’ancien fleuron industriel français. Comment en est-on arrivé là ?

Les feux de forêt à l’origine d’un Tchernobyl 2.0 ?

A l’abandon le plus total, les forêts de la zone d’exclusion de Tchernobyl pourraient voir se multiplier les incendies, du fait du réchauffement climatique. Au risque d’en redistribuer la radioactivité sur l’Europe, craignent des chercheurs au terme d’une étude publiée dans la revue Ecological Monographs.

Les incendies de forêt vont-t-ils raviver en Europe le souvenir de Tchernobyl, accident nucléaire survenu en avril 1986? C’est ce que redoute l’équipe du Pr Anders Møller du laboratoire «Ecologie, systématique, évolution» à l’université Paris-Sud, spécialiste de la faune et de la flore des zones d’exclusion nucléaire. Et les raisons de leurs craintes ne manquent pas.

Primo, les incendies de forêt seront plus fréquents au XXIème siècle, en Europe de l’est comme ailleurs, du fait du réchauffement climatique. Secundo, les forêts de Tchernobyl, qui recouvrent plus de 70 % des 2.600 km2 de la zone d’exclusion, contre 53% avant la catastrophe, ne sont plus entretenues, et la litière s’y décompose moins vite que dans des zones non irradiées. Tertio, la surveillance incendie y est minimale, l’Ukraine, en proie à une guerre civile, ayant d’autres priorités.

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Flamanville (50) : Nouvelles difficultés sur le réacteur EPR

Le chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche) connaît une nouvelle difficulté et elle porte, cette fois, sur la sûreté du cœur de l’îlot nucléaire : la cuve d’acier dans laquelle se produit la fission de l’atome. Elle constitue la seconde barrière de protection après la double enceinte de béton du bâtiment réacteur.

L’autorité de sûreté nucléaire a indiqué, mardi 7 avril, qu’Areva l’avait informée d’une « anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve » du réacteur. Au cours des premiers essais chimiques et mécaniques sur un couvercle de cuve similaire, fin 2014, les ingénieurs du groupe nucléaire ont constaté une concentration importante en carbone qui entraîne une réduction de la capacité de l’acier à résister à la propagation de fissures.

Cette capacité de résilience est « notamment importante en cas de choc thermique, par exemple à la suite d’une injection d’eau froide dans le circuit primaire du réacteur », précise le gendarme du nucléaire.

La ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Ségolène Royal, a immédiatement demandé à Areva de « donner, sans délai, les suites qui s’imposent », tout en réaffirmant sa « confiance à ce dispositif de contrôle et d’expertise » composé de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de son bras armé, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), censé rapprocher les installations du risque zéro.
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Iran : Un futur partenaire de choix pour l’Occident ?

Ce 1er avril, il n’y a toujours pas d’accord à Lausanne, en Suisse, sur le contrôle du nucléaire iranien, mais l’optimisme demeure. L’enjeu est capital, selon Étienne Leenhardt. Un accord avec l’Iran serait “une nouvelle donne politique“.

Dans le chaos actuel du Moyen-Orient, l’Iran a déjà su se rendre incontournable. C’est déjà notre ami en Irak parce qu’il se bat à nos côtés contre le groupe État islamique. L’Iran soutient encore le régime de Bachar al-Assad et il pourrait très bien – si nous décidons de reparler au régime de Damas – servir d’intermédiaire. Et puis, l’Iran est influent auprès des milices Hezbollah au Liban, mais également actuellement dans la crise du Yémen“, explique le journaliste.

L’Occident a les yeux rivés sur Lausanne

Et puis, ce serait une nouvelle donne économique si les sanctions qui pèsent sur l’Iran sont levées. C’est un marché de 80 millions d’habitants qui s’ouvre. C’est un pays jeune, éduqué, riche en pétrole – 4e réserve mondiale -, en gaz – 2e réserve au monde -. Toutes les entreprises occidentales (…) ont le pied sur l’accélérateur pour signer des contrats et les yeux tournés vers Lausanne

Nucléaire : État d’urgence chez Areva

Areva a devancé la publication de ses résultats 2014 en annonçant une perte nette record provisoire de 4,9 milliards d’euros, un montant supérieur à sa valeur en Bourse, conséquence de nouvelles provisions et de la dépréciation de certains actifs.

L’État va-t-il intervenir pour sauver une filière nucléaire en difficulté ? Pour le moment rien n’est tranché. Areva doit présenter son plan de restructuration le 4 mars.

Equation : La plus vaste opération de cyberespionnage de tous les temps

Kaspersky Lab affirme avoir découvert qu’un groupe nommé “Equation”, présenté comme proche de la NSA, espionne le monde entier. Ce groupe a développé des outils d’espionnage indétectables et les a installés secrètement sur les disques durs des ordinateurs, révèle l’éditeur de logiciels anti-virus.

C’est l’un des groupes les plus menaçants que nous ayons vus“. Un rapport publié lundi par la société spécialisée en sécurité informatique russe Kaspersky Lab affirme que des millions d’ordinateurs sont espionnés en secret par les outils du groupe Equation.

La mystérieuse organisation, dont plusieurs indices pointent vers un lien fort avec la NSA, userait de méthodes sophistiquées pour installer des fichiers indétectables sur les disques durs des ordinateurs. 

Cette campagne “surpasse tout ce qui a été fait en matière de complexité et de sophistication” dans le domaine du cyber-espionnage, indique l’éditeur d’antivirus, qui a retrouvé sa trace jusqu’à aussi loin que 2001. Appelés Fanny ou GRAYFISH, les programmes développés par le groupe Equation volent les informations des ordinateurs infectés en exploitant les failles de Windows.
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Le bazooka nucléaire

Ce que vous voyez ci-dessus est un missile nucléaire miniature monté sur un bazooka portable qui nous vient tout droit de la guerre froide.

Dans les années 50 et 60 le gouvernement Américain cherchait à développer une arme nucléaire la plus légère et portable possible de façon à être capable de la parachuter sur le dos d’un soldat près des lignes ennemies, après de longues recherches ils ont conçut une tête nucléaire dénommée W54.

A cause de leur taille ces bombes atomiques étaient de faible puissance, entre 10 et 20 tonnes de TNT, très loin des 13.000 tonnes d’Hiroshima mais suffisantes pour détruire un quartier.

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Pétrole : le calme avant la tempête, d’après l’Agence internationale de l’énergie

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévient dans son dernier rapport annuel : la planète pétrole est en passe d’entrer dans une zone à très haut risque, en dépit de ce que pourrait laisser croire la chute actuelle des cours de l’or noir. Conséquence de la révolution du pétrole “de schiste” aux Etats-Unis et du ralentissement de la croissance mondiale, la baisse spectaculaire des prix du baril menace de tarir les investissements indispensables pour repousser le spectre du pic pétrolier, confirme l’AIE.

Le chef économiste de l’AIE, Fatih Birol, avertit :

“L’image à court terme d’un marché pétrole bien approvisionné ne doit pas masquer les risques futurs (…), à mesure que s’accroît la dépendance vis-à-vis de l’Irak et du reste du Moyen-Orient.”

Croissance attendue de la production mondiale de brut. La production actuelle est de l’ordre de 90 millions de barils par jour (Mb/d). Source : Agence internationale de l’énergie, 2014.

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Namibie : Trekkopje, gouffre financier d’Areva, ne fonctionne toujours pas

Enquête sur le site de la mine de Trekkopje, propriété d’Areva depuis le rachat d’Uramin. Pour 1,8 milliard d’euros, le fleuron du nucléaire français a acquis une coquille vide.

Trekkopje, en Namibie, est l’endroit rêvé pour extraire de l’uranium. En fin de piste, l’une des mines de la société Uramin, rachetée en 2007 par Areva, devait être une très bonne nouvelle pour les finances du groupe français. Mais sept ans après son rachat, le site est abandonné et la mine n’est toujours pas ouverte. Sur place, le gardien confirme : “Elle va démarrer peut-être en 2017 [...]. Y’a personne ici.”

Des questions restent en suspens, sur le rôle d’Anne Lauvergeon mais aussi sur celui de l’État. Ce dernier, actionnaire à 87%, a à la fois validé le rachat et subi les pertes inhérentes à l’absence de gains de l’ancienne petite société canadienne.

Avec les déboires de l’EPR OL3 en Finlande et les successions difficiles à la tête de l’entreprise, l’un des membres de l’équipe de France du nucléaire, déjà fragilisé, a vu ces dernières années bon nombre d’enquêtes autour de ce qui est devenu “l’affaire Uramin”.

Pascal Henry a enquêté sur les questions que posent l’affaire Uramin et a rencontré les acteurs de l’époque.

Le triomphe discret de la micro-électricité

Vingt-cinq pour cent de l’électricité du monde proviennent désormais de petites unités de production à faibles émissions de CO2.

Dans un article qui fit la couverture du magazine “The Economist”, il y a 14 ans [1], Vijay Vaitheeswaran inventait le terme générique de micro-électricité. Par là il désignait les moyens de produire de d’électricité avec des petites unités modulaires, capables d’être fabriquées en série, faciles à déployer, et donc rapidement évolutives – en fait l’opposé de ces usines-cathédrales qui coûtent des milliards de dollars et mettent une décennie à sortir de terre. Le terme micro-électricité désigne à la fois l’électricité renouvelable autre que celle des grands barrages hydroélectriques, et la cogénération d’électricité et de chaleur dans les usines ou les bâtiments.

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Face aux drones, les piscines des sites nucléaires inquiètent les élus locaux

Cherbourg – Les survols répétés de sites nucléaires par des drones d’origine non identifiée relancent les inquiétudes des élus locaux dans les secteurs proches des centrales, au sujet des piscines où refroidissent les combustibles usagés, beaucoup moins protégées que les réacteurs.

On nous dit “c’est pas un drone qui peut faire sauter le dôme d’une centrale nucléaire” mais, dans une centrale, il y a des éléments comme les disjoncteurs ou les piscines (qui ne sont pas protégés comme le réacteur).

Si on peut survoler les sites avec une petite bombe (à bord d’un drone), ça peut provoquer des dégâts énormes, déclarait jeudi à l’AFP Jean-Claude Delalonde qui préside l’association fédérant les Commissions locales d’information (regroupant élus locaux, syndicats, scientifiques et associations) des installations nucléaires (Anccli).

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Inde : Mines d’uranium, les populations sacrifiées de Jadugoda

En Inde, dans l’État du Jarkand, les déchets radioactifs de plusieurs mines d’extraction d’uranium mettent en danger la population locale. Selon les activistes locaux, les conséquences sanitaires sont immenses : cancers, problèmes respiratoires, infertilité, fausses couches…

Certains riverains osent exprimer leur colère, mais la plupart se taisent, car la compagnie qui exploite ses mines est aussi l’employeur principal.

(Merci à Tilak)

Bernard Charbonneau : « Repenser notre civilisation »

Bernard Charbonneau (1910-1996) est l’auteur qui, en 1973, a écrit “Triste campagnes”. Dans cet essai, il examine comment ce que l’on appelait à l’époque la modernisation agricole a favorisé le déclin et la décomposition des sociétés paysannes du Béarn, dans le Sud-Ouest de la France, où il avait choisi de s’établir au lendemain de la deuxième guerre mondiale.

Ce faisant, à travers l’examen méthodique de l’évolution d’une région donnée, il mettait à nu de manière prémonitoire la logique d’une évolution technique et économique qui n’a fait que s’accélérer et qui aujourd’hui, partout dans le monde, dissout le lien qui associe les sociétés paysannes à leurs terroirs et détruit leur identité.

Charbonneau a porté sur son siècle un regard à la fois critique et exigeant. Dès sa jeunesse, il acquiert la conviction que ce siècle serait – et pour les mêmes raisons – à la fois celui des totalitarismes et du saccage de la nature. Du Jardin de Babylone, à La planète et le canton, en passant par Tristes Campagnes et La fin du Paysage, c’est cette conviction, qui oriente sa manière de décrire l’évolution du monde et des paysages qui l’entourent ; c’est le fil rouge de sa carrière de penseur qui fut celle d’un géographe et d’un professeur.

Toute son œuvre est marquée par l’idée que « le lien qui attache l’individu à la société est tellement puissant que, même dans la soi-disant “société des individus”, ces derniers sont si peu capables de prendre leurs distances avec les entraînements collectifs que, spontanément, ils consentent à l’anéantissement de ce à quoi ils tiennent le plus : la liberté. »

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Centrales nucléaires, démantèlement impossible ? (Rediff)

Voici quarante ans, les concepteurs des centrales nucléaires n’avaient pas prévu que, devenus trop vieux et donc dangereux, les réacteurs devraient être un jour démontés, et qu’il faudrait stocker leurs déchets hautement radioactifs. Un état des lieux alarmant sur les dangers de la déconstruction des sites nucléaires.

Réalisé par Bernard Nicolas (Arte – Mai 2013)

Maroc : Du poisson chinois radioactif dans les assiettes

Les Marocains consommeraient du poisson et des produits de la mer radioactifs importés des pays du sud-est de l’Asie, principalement de Chine. Certains de ces produits seraient même pêchés dans une zone maritime dénommée “61″, classée dangereuse par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO).

La région entourée de plusieurs réacteurs nucléaires serait parmi les zones les plus contaminées au monde par la radioactivité, affirme le quotidien Al Massae.

La hausse du prix du poisson et des fruits de mer pendant le mois de Ramadan pousse les consommateurs marocains à se tourner vers les produits de la mer importés principalement de Chine, réputés moins chers, mais de mauvaise qualité.

Al Massae a tenté de retracer l’origine de ces produits, notamment les crevettes, les crevettes à pattes blanches, et des mollusques ressemblants à des calamars, de type “Encornet” ou “Pota”, vendus sous forme de rondelles, s’interrogeant sur le danger pour la santé du consommateur marocain.

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Europe : Les cimetières radioactifs sont-ils sans risque ?

Que faire des déchets nucléaires? Les enterrer sous le sel, le granit ou l’argile? Comment la France et la Finlande gèrent-elles ce problème? Les centres de stockage radioactifs seront-ils vraiment sans risque?

A Bure, dans l’est de la France, est installé le laboratoire de recherche souterrain ultra-sécurisé de l’ANDRA, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. La France projette d’enfouir ses 80.000 mètres cubes de déchets radioactifs dans une épaisse couche d’argile qui n’a pas bougé depuis 160 millions d’années, au grand dam des militants anti-nucléaires.

La Finlande a une autre approche: l’enfouissement des déchets radioactifs dans la roche mère. A l’ouest du pays, un immense complexe nucléaire est basé sur la presqu’île d’Olkiluoto Une cavité de 450 mètres de profondeur, parcouru par cinq kilomètres de route est en train d‘être construite.

Selon le plan établi, à partir de 2020, l’industrie nucléaire finlandaise y stockera tous les déchets produits par ses centrales depuis 1996. L’opération est prévue pour durer 100 ans. Puis les cavités seront rebouchées pour rester fermées pendant 100.000 ans.