Chroniques de la Vieille Europe : « Europe, le coup d’État permanent » (Màj)

Addendum du 18/01/2013 : Au sommaire du N°146 d’Éléments

Le 8 janvier 2013, Patrick Péhèle et Pascal Eysseric recevaient sur Radio Courtoisie, Nicolas Dupont-Aignan et Alain de Benoist, à propos du futur dossier de la revue Éléments intitulé : « Pacte budgétaire européen : la fin de la souveraineté ».

Dans l’histoire de la construction européenne Il s’inscrit pleinement en continuité avec des choix fondamentaux exprimés dès les années 1980, au moment de la diffusion des idées néo-libérales en Europe et de l’adoption de l’Acte unique européen.

La crise n’aurait été qu’un leurre, le Pacte budgétaire introduit une nouvelle contrainte qui ne procède pas d’une nécessité inhérente au fonctionnement de l’État, mais d’un choix idéologique en faveur des principes du néo-libéralisme.

(Merci à Patrick)

Fin de crise : inflation monétaire de la B.C.E. ou dévaluation du franc et hyper-inflation !

Par Marc Rousset

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, lors du dernier marathon européen à Bruxelles ont simplement gagné du temps et mis en place une deuxième digue qui, comme celle du 21 juillet 2011, va encore plus  rapidement céder !

La réduction de la dette grecque ne concerne que celle détenue par les banques, soit 50 % de leurs créances. Cela ramènera la dette grecque en 2012  à 120 % du P.I.B., niveau que l’Italie se voit aujourd’hui reprochée par tous ses partenaires de l’euro – au lieu de 180 % actuellement, ce qui est significatif, mais tout à fait insuffisant pour assurer la viabilité et le rebondissement de la Grèce. Le tourisme, le fret industriel des armateurs grecs et les rares produits industriels ne représentent en effet que 7 % du P.I.B. grec.

La corruption généralisée et la fraude fiscale constituent deux tares  grecques très difficiles à éradiquer. Il est donc peu probable que les revenus de l’État grec, avec une croissance négative, puissent dépasser les dépenses publiques afin d’envisager un excédent et un début de remboursement. Le remplacement d’un fonctionnaire sur dix, les réductions de retraites, les impositions forfaitaires des professions libérales, l’augmentations de T.V.A. de 13 % à 23 % dans les restaurants constituent des effets d’annonces plus que des mesures permettant le redressement effectif.

L’agence de notation Fitch n’a pas arrangé la quadrature du cercle grec en estimant que la décote de 50 % demandée aux banques constituait un « événement de crédit », autrement dit un défaut de paiement susceptible d’entraîner l’activation des contrats d’assurance C.D.S. contre le risque de défaillance des pays (credit default swap). En fait, depuis l’été, la troïka F.M.I., U.E., B.C.E., considère que, malgré tous les efforts apparents, « la situation de la Grèce a empiré ». Quant au produit maximum escompté des cessions d’entreprises par l’État grec, il a été réduit de soixante-six milliards d’euros à quarante-quatre milliards. Espérer dans ces conditions que la Grèce va se redresser et rembourser ses dettes  relève du tragico-comique !

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Nicolas Dupont-Aignan contre “la mafia au pouvoir”

Jadis proche de Philippe Séguin, de Charles Pasqua, de Philippe de Villiers, le président de DLR entend défendre une “droite nationale et socialiste“, tout en luttant contre “le pétainisme ambiant“. “On culpabilise les Français en leur demandant des sacrifices, on leur dit qu’on ne peut pas faire autrement, ce qui est scandaleux“, affirme-t-il.

Volontiers populiste, il dénonce la “mafia au pouvoir“.

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Les caisses du MoDem sont vides

Licenciements et doutes sur les capacités d’emprunt de François Bayrou pour 2012. Aura-t-il les moyens de se présenter dans de bonnes conditions en 2012 ? Au-delà de la crise électorale que traverse le MoDem – après une succession d’échecs aux dernières élections municipales, européennes et régionales, le parti de Bayrou traverse une crise financière.

Le financement public d’un parti politique dépend de ses résultats aux élections législatives. Or, les divisions des centristes (l’UDF ayant éclaté en deux partis, MoDem et Nouveau Centre) ont entraîné un morcellement des subventions publiques qui leur étaient destinées jusqu’à présent. Pour obtenir une subvention publique, le Nouveau Centre s’est arrangé avec le règlement en s’alliant avec un parti polynésien.

S’il apparaît improbable que Bayrou renonce à une candidature faute d’argent, il se pourrait qu’il opte pour une campagne low cost en cas de prêts bancaires insuffisants.

Le MoDem n’a pas eu besoin de contourner le règlement, mais avec seulement 3 députés à l’Assemblée nationale, le financement public s’est réduit comme peau de chagrin. Après toute une série de défaites électorales et de désistement interne, le parti est désormais en difficulté financière au point de devoir licencier et de s’interroger sur les conditions d’une candidature de Bayrou en 2012.

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Chine: N°1 des exportations… et de nos délocalisations

La Chine est devenue le premier exportateur mondial selon les statistiques de Pékin. Loin du discours officiel sur l’insertion de la Chine dans la mondialisation, Laurent Pinsolle montre que la Chine ne prend du libéralisme que ce qui l’arrange et souhaite une réaction de l’Union européenne.

La plupart du temps, la réussite économique chinoise est présentée comme une preuve de l’efficacité du libéralisme. Mais si la Chine profite du libéralisme des autres, sa réussite est davantage la conséquence de son dirigisme économique et de son patriotisme sourcilleux.

Un modèle pas si libéral

La première clé de la réussite de la Chine est tout simplement le rattrapage économique. Comme beaucoup d’autres pays asiatiques avant elle, l’Empire du milieu profite tout simplement du transfert de technologies des pays développés, qui, en augmentant la productivité, permet le développement. En fait, le modèle chinois ressemble à s’y méprendre aux modèles japonais ou coréens. Et comme pour les deux autres miracles asiatiques, la libéralisation est partielle et pragmatique.

La Chine est patriote et pragmatique. Elle n’a pris du libéralisme que ce qui la sert. Malheureusement, ce comportement est porteur de déséquilibres majeurs pour l’économie. Les États-Unis, dépendants de son argent, ne peuvent pas y faire grand-chose. C’est donc aux pays européens d’agir !

En effet, si la Chine accepte l’économie de marché, elle refuse toujours de laisser flotter sa monnaie et préfère garder la maîtrise de sa valorisation, de manière à éviter qu’en s’appréciant de manière incontrôlée, elle ne finisse par freiner ses exportations. Tout le contraire de l’Europe qui assiste de manière volontairement impuissante à la montée de l’euro, alors que cette hausse amplifie le mouvement naturel de délocalisations vers les pays à bas coûts de production. Lire la suite

Néolibéralisme : la tentation anti-démocratique du marché-roi

Laurent Pinsolle, prolifique blogueur gaulliste et villepiniste, porte-parole du mouvement Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan, n’aime pas les néolibéraux.

Il nous explique pourquoi.

On peut ne pas être d’accord avec tout ou partie des autres options de l’auteur, force est de convenir que son argumentation sur ce sujet ne manque pas de cohérence.

D’autant plus qu’on peut se demander si ce que redoute Laurent Pinsolle n’est pas déjà, plus ou moins, en action.
The Economist vend la mèche : pour l’organe central du parti neolibéral mondial, il est urgent de limiter le pouvoir des politiques. Afin que survienne enfin le règne du marché-roi. On croyait ce genre du discours révolu à cause de la crise. On se trompait.

C’est une série d’articles dans The Economist du 12 septembre [un exemple ici] qui m’a mis la puce à l’oreille. Devant l’insistance de l’hebdomadaire anglais à limiter le pouvoir des politiques, n’y a-t-il pas une tentation anti-démocratique dans la pensée néolibérale ?

Il faut dire que ce numéro était truffé de remarques acerbes sur les hommes politiques. The Economist soutient l’indépendance des banques centrales. Il veut limiter le plus possible toute socialisation, même partielle et temporaire, du crédit. Il demande également un encadrement plus strict du processus budgétaire pour limiter les futurs déficits et réduire les dettes publiques. Enfin, il soutient l’idée de Barack Obama de « confier à un comité technocratique la tâche de réformer Medicare, pour enlever intelligemment les décisions difficiles des mains des hommes politiques ». Lire la suite