La Chine est devenue le premier exportateur mondial selon les statistiques de Pékin. Loin du discours officiel sur l’insertion de la Chine dans la mondialisation, Laurent Pinsolle montre que la Chine ne prend du libéralisme que ce qui l’arrange et souhaite une réaction de l’Union européenne.

La plupart du temps, la réussite économique chinoise est présentée comme une preuve de l’efficacité du libéralisme. Mais si la Chine profite du libéralisme des autres, sa réussite est davantage la conséquence de son dirigisme économique et de son patriotisme sourcilleux.
Un modèle pas si libéral
La première clé de la réussite de la Chine est tout simplement le rattrapage économique. Comme beaucoup d’autres pays asiatiques avant elle, l’Empire du milieu profite tout simplement du transfert de technologies des pays développés, qui, en augmentant la productivité, permet le développement. En fait, le modèle chinois ressemble à s’y méprendre aux modèles japonais ou coréens. Et comme pour les deux autres miracles asiatiques, la libéralisation est partielle et pragmatique.
La Chine est patriote et pragmatique. Elle n’a pris du libéralisme que ce qui la sert. Malheureusement, ce comportement est porteur de déséquilibres majeurs pour l’économie. Les États-Unis, dépendants de son argent, ne peuvent pas y faire grand-chose. C’est donc aux pays européens d’agir !
En effet, si la Chine accepte l’économie de marché, elle refuse toujours de laisser flotter sa monnaie et préfère garder la maîtrise de sa valorisation, de manière à éviter qu’en s’appréciant de manière incontrôlée, elle ne finisse par freiner ses exportations. Tout le contraire de l’Europe qui assiste de manière volontairement impuissante à la montée de l’euro, alors que cette hausse amplifie le mouvement naturel de délocalisations vers les pays à bas coûts de production. Lire la suite →