Dopage du cerveau : L’intelligence sur ordonnance ?

Nous n’utilisons que 10 % de nos capacités intellectuelles. Aussi les spécialistes en neurosciences s’efforcent-ils de trouver les molécules qui permettraient d’activer toutes les zones disponibles de notre cerveau.

Aux États-Unis, la Ritaline et le Modafinil – prescrits au départ pour les enfants hyperactifs – sont devenus des drogues à la mode. Mais ce dopage de notre matière grise suscite un débat animé. À l’avenir, serons-nous tous beaucoup plus intelligents ou simplement pharmacodépendants? Enquête dans les laboratoires de recherche sur les espoirs et les risques engendrés par ces traitements miracles.

Laurent Alexandre : « Les neuro-révolutionnaires »

Faut-il mettre des limites à l’Intelligence Artificielle? Comment la maîtriser et doit-on l’interfacer à nos cerveaux biologiques? A l’ère des prothèses cérébrales, le risque de neuro-manipulation, de neuro-hacking et donc de neuro-dictature est immense.

Nous devons encadrer le pouvoir des neuro-révolutionnaires comme Google: la maîtrise de notre cerveau va devenir le premier des droits de l’Homme.

Idriss Aberkane : « Avec le biomimétisme, il n’y aura plus de déchets »

Idriss Aberkane, chercheur en neurosciences cognitives et ambassadeur de l’Unitwin et de l’Unesco, fait partie de ces scientifiques qui s’attardent sur les incroyables capacités du vivant à créer ce dont il a besoin pour répondre à une situation spécifique. Son objectif, tirer des enseignements du biomimétisme et si possible des applications concrètes au profit d’un équilibre environnemental.


Au delà d’une vision purement scientiste, ce chercheur questionne la notion de « connaissance » en société qu’il observe comme le pétrole infini de l’avenir. Couplé à la maitrise du biomimétisme, cette connaissance pourrait mener à une économie bleue circulaire où les déchets seraient de l’ordre du passé car nous aurions simplement appris à ne plus en produire…

« Dans une société marquée par les notes et les labels, l’éducation actuelle est pratiquée de façon industrielle, avec pour objectif de servir l’économie. Ce qui produit le « gavage intellectuel » auquel sont soumis les enfants. Pour en sortir, il faut développer un appétit pour la connaissance, faire en sorte que les savoirs s’acquièrent dans le plaisir et non plus dans la douleur. » explique le chercheur sur le site de TEDx.

Il fut invité à discourir pour le CESE (Conseil Économique, Social et Environnemental) dont le but est « d’explorer les avancée du biomimétisme, identifier ses acteurs, évaluer l’état de la recherche fondamentale et appliquée » pour encourager cette transition vers des modes de production plus sains.

A quoi sert le farniente ?

Laisser vagabonder ses pensées ou bien ne rien faire, tout simplement. Notre époque voue un culte à la performance. L’inaction est jugée inutile, voire fautive. Pourtant, les neurologues s’accordent à dire que faire des pauses régulières est très important : cela permet même d’accroître la productivité.

Les neurones qui ont formé la civilisation 

Le neurologue Vilayanur Ramachandran présente ici les fonctions des neurones « miroir », qui interviendraient entre autres dans les fonctions d’empathie. C’est l’occasion de nous faire réfléchir sur les places respectives de la biologie et de l’esprit, ou âme, dans les fondements des actes moraux.

(Merci à Tilak)

Écran global [Rediff.]

Télévision, smartphone, ordinateur, tablette : les écrans sont aujourd’hui présents dans toutes les activités, à tous les âges. Selon un sondage IFOP, 75 % des Français pensent que la place prise par les écrans dans leur vie quotidienne nuit à la qualité des relations humaines.

“En 15 ans le temps de discussion au sein des familles américaines a diminué de deux tiers”

“En Californie les écoles Steiner interdisent la pénétration des médias électroniques. Or dans ces écoles qui trouve t-on ? Les enfants ou petits enfants de Bill Gates, des patrons de Google, Facebook, etc.” – Bernard Stiegler

Réalisé par Anne-Sophie Lévy-Chambon

(Merci à cognitive hazard)

Transhumanisme : Bienvenue au Googlistan (Rediff.)

Surinformés sur la boulimie de Google, vous en avez certainement perdu les grandes lignes de sa stratégie : fusionner l’homme et la machine. Ils sont déjà à mi-chemin. Le premier back-up de votre cerveau est prévu pour 2035. 20 ans. Il s’agit de tenir jusque-là, en attendant G Brain…

Cherchant un sujet de prospective pour les fêtes, histoire de plomber l’ambiance festive, vous découvrez accidentellement que Barack Obama pourrait être nommé président de Google à un poste plus ou moins exécutif aux alentours de 2020.

Une probabilité, une évidence, même.

Rien dans la constitution américaine n’interdit à un ancien président de l’ancienne première puissance mondiale de devenir président de la nouvelle puissance mondiale.

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Dopage du cerveau : l’intelligence sur ordonnance ?

Nous n’utilisons que 10 % de nos capacités intellectuelles. Aussi les spécialistes en neurosciences s’efforcent-ils de trouver les molécules qui permettraient d’activer toutes les zones disponibles de notre cerveau.

Aux États-Unis, la Ritaline et le Modafinil – prescrits au départ pour les enfants hyperactifs – sont devenus des drogues à la mode. Mais ce dopage de notre matière grise suscite un débat animé. À l’avenir, serons-nous tous beaucoup plus intelligents ou simplement pharmacodépendants ? Enquête dans les laboratoires de recherche sur les espoirs et les risques engendrés par ces traitements miracles.

Réalisé par Hannah Leonie Prinzler et Christian Schidlowski (Allemagne 2011)

“Hacker le cerveau : la menace ultime?” par le Docteur Laurent Alexandre

Avec la montée en puissance des neurotechnologies et l’automatisation annoncée des tâches intellectuelles l’être humain va intégrer de plus en plus de technologies à son organisme. Quels sont les enjeux éthiques, politiques et moraux qui se posent dans cet environnement où notre cerveau, cet « ordinateur fait de viande », devient un outil piratable ? Avec quels rôles pour les géants du Net, (Google, Amazon, Facebook…) qui sont précisément en train de phagocyter le domaine des neurotechnologies ?

Laurent Alexandre : « Nos enfants iront-ils demain dans des écoles eugénistes ? »

L’école devra-t-elle devenir eugéniste? Est-elle condamnée à intégrer le développement des neurosciences pour s’adapter à la guerre des cerveaux qui se prépare et réduire les inégalités croissantes de QI à venir ?

Chirurgien-urologue et neurobiologiste, Laurent Alexandre est également diplômé de Science Po, d’HEC et de l’ENA. Pionnier d’internet, il est le fondateur de Doctissimo.fr. Auteur de « La mort de la mort » et de « La défaite du cancer », il s’intéresse aujourd’hui aux bouleversements qu’entraînent les NBIC. Il dirige par ailleurs DNAVision société spécialisée dans le séquençage ADN.

(Merci à Ripper2 et à Charles Sannat)

Neuro-Pirates, Neuro-Esclaves

La désinformation est un procédé devenu systématique. La manipulation, auparavant un art, est devenue une science grâce aux avancées dans les domaines de la connaissance (sociologie, psychologie sociale, neurosciences, cognitivisme) et de la technologie (ondes radio, électro-acoustique, chimique, informatique, cybernétique).

L’ingénierie sociale, « modification planifiée du comportement humain », se veut alors la méthode ultime de destruction des mécanismes de cohésion sociale des civilisations. Guerre aux cerveaux, elle se veut une guerre à la vie.

Partie 1:

Partie 2:
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De l’utopie numérique au choc social

Quarante-cinq ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune, la course technologique emprunte une voie singulière : en janvier dernier, un réfrigérateur connecté à Internet envoyait inopinément des rafales de courriels indésirables… Au-delà de son folklore, la numérisation de la vie quotidienne engendre un modèle économique qui contraste avec les promesses mirifiques de la Silicon Valley. Objets connectés, humains chômeurs…

Dans la « salle de bains connectée », la brosse à dents interactive lancée cette année par la société Oral-B (filiale du groupe Procter & Gamble) tient assurément la vedette : elle interagit — sans fil — avec notre téléphone portable tandis que, sur l’écran, une application traque seconde par seconde la progression du brossage et indique les recoins de notre cavité buccale qui mériteraient davantage d’attention. Avons-nous brossé avec suffisamment de vigueur, passé le fil dentaire, gratté la langue, rincé le tout ?

La prise de conscience soudaine que les données personnelles enregistrées par le plus banal des appareils ménagers — de la brosse à dents aux toilettes « intelligentes » en passant par le réfrigérateur — pouvaient se transformer en or a soulevé une certaine réprobation vis-à-vis de la logique promue par les mastodontes de la Silicon Valley.

Mais il y a mieux. Comme l’affiche fièrement le site qui lui est consacré. cette brosse à dents connectée « convertit les activités de brossage en un ensemble de données que vous pouvez afficher sous forme de graphiques ou partager avec des professionnels du secteur ».
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Faire du sport réduit la sensibilité à la douleur

Et si trois séances de 30 minutes de vélo d’appartement par semaine permettaient de se passer de paracétamol ou d’anti-inflammatoires? Un rêve pour tous les «douloureux chroniques», selon le terme médical consacré pour qualifier les millions de patients dans le monde qui prennent chaque jour leur traitement.

C’est l’espoir que soulèvent les travaux publiés ce mois-ci dans une revue internationale spécialisée en médecine du sport (Medicine & Science in Sports & Exercise). Des chercheurs australiens, répartis entre l’Université de New South Wales et un vaste centre de recherche privé, le Neuroscience Research Australia à Sydney, ont comparé la sensibilité à la douleur de 12 adultes en bonne santé, mais inactifs, qui acceptaient de s’engager dans un programme d’entraînement physique (groupe actif), à celle de 12 adultes d’âge similaire, également en bonne santé mais restant inactifs pendant les six semaines de l’étude (groupe inactif). Les 24 cobayes étaient, bien sûr, inactifs au départ.

« L’effet analgésique (qui réduit la douleur, NDLR) pendant l’exercice physique est bien connu, expliquent les auteurs, cependant les effets de l’exercice régulier sur la sensibilité à la douleur sont largement inconnus. » C’est cet effet analgésique persistant en dehors même des trois séances de vélo d’appartement par semaine que les chercheurs australiens ont mis en évidence.

Le principe de base de l’être humain, c’est de s’adapter
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“Désintoxication numérique” : faut-il se soigner de l’overdose d’écrans ?

En quelques années, les habitudes des citoyens des pays industrialisés ont radicalement changé. Les écrans ont envahi tous les pans de la vie, et certains de mettre en garde contre le trop plein technologique. Sommes-nous tous des candidats potentiels à une cure de désintoxication aux écrans, concept de plus en plus en vogue outre-Atlantique ?

En Amérique du Nord, ce sont des centres de cures de désintoxication qui ouvrent leurs portes aux “drogués de la technologie” ; en Europe, des hôtels qui offrent de confisquer tous vos appareils dès votre arrivée. Des lieux publics vantés “sans wifi”, des écoles françaises qui établissent “une semaine sans écran” : l’addiction technologique est devenue une vraie problématique.

Travail, vie quotidienne, éducation, loisirs : les écrans sont partout et captent l’attention de tout un chacun, avec leur lot de désagréments de plus en plus reconnus — une fois la période du plaisir de la découverte et de la nouveauté passée. Au point que des chercheurs en neurosciences alertent sur les effets délétères des écrans sur le développement des enfants et sur la vie humaine en général. Pendant que des centres de désintoxication au numérique font le plein de “digital addicts” (“accros au numérique”) aux Etats-Unis.

Des études inquiétantes à propos des enfants
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Contre le colonialisme numérique : Manifeste pour continuer à lire

Tableau interactif, ordinateur, tablette: le numérique pénètre les écoles. Ces nouveaux outils servent-ils l’apprentissage et la pédagogie? Ou les intérêts commerciaux des géants de l’Internet et de l’électronique? Roberto Casati, philosophe spécialiste des sciences cognitives, s’interroge sur les conséquences de ces technologies.

Selon lui, elles altèrent nos capacités à lire avec attention, à se concentrer. Sans que les élèves en sachent beaucoup plus sur le fonctionnement d’un ordinateur, d’un logiciel ou d’un moteur de recherche. « Ce qui compte, pour les géants de ce système, c’est que vous soyez connectés en permanence afin de pouvoir vous proposer continuellement des produits. » Entretien.

Pourquoi la tablette ne vous semble-t-elle pas adaptée à la lecture ? Quels sont au contraire les avantages du livre papier ?

Roberto Casati [1] : D’après des spécialistes de la lecture comme Maryanne Wolf [2], les enfants qui appartiennent à des familles qui les font lire ou leur lisent des livres ont un lexique presque double, vers leurs dix ans, par rapport aux enfants qui n’ont pas ce privilège. L’école devrait permettre à ce dernier groupe de rattraper ce désavantage, c’est une question d’équité.

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Neuro-Pirates, Neuro-Esclaves : Conférence de Paolo Cioni et Lucien Cerise

Conférence de Paolo Cioni (auteur de Neuro-Esclaves) et Lucien Cerise (auteur de Oliganarchy, gouverner par le chaos), organisée par Scriptoblog le 13 mars 2014. Vidéo réalisée par l’Agence Info Libre.

Partie 1 :

Partie 2 :
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Bienvenue chez les posthumains

Dépasser notre nature, accroître notre longévité, démultiplier nos capacités mentales, tel a toujours été le désir des humains. 
Mais ces dernières décennies, les avancées de la culture numérique 
ont fait naître les ambitions les plus folles dans la galaxie transhumaniste…

Et si tous les problèmes de l’humanité ne procédaient pas uniquement de facteurs extérieurs, mais étaient inhérents à nos limites biologiques et cognitives ? Depuis des millénaires, nous cherchons à transcender nos limites les plus fondamentales. Le premier roman de l’histoire, l’Épopée de Gilgamesh, raconte l’histoire d’un homme à la recherche d’une technologie susceptible de lui accorder l’immortalité. Pendant des siècles, ascètes, yogis et moines se sont affamés, enfumés, macérés afin de dépasser, ne serait-ce qu’un bref instant, le carcan de notre nature. Aujourd’hui, avec l’avènement des nouvelles possibilités technologiques, certains envisagent sereinement d’organiser de manière rationnelle cette transformation. Ce mouvement de pensée, volontiers qualifié de « transhumaniste », ne doit pas être considéré comme une idéologie constituée de manière formelle. Bien qu’il existe des organisations officiellement transhumanistes, comme Humanity +, elles ne détiennent pas l’exclusivité de ces idées qui diffusent très largement dans les milieux de la recherche et de la haute technologie, constituant une part importante de ce qu’on appelle la « culture geek ». Des gens comme le philosophe Daniel Dennett, le physicien Stephen Hawking ou le biologiste Richard Dawkins, par exemple, même s’il ne s’agit en rien de transhumanistes officiels, se situent dans un contexte culturel très proche.

Le projet transhumaniste peut se définir par deux objectifs principaux, qui impliquent l’un et l’autre un dépassement de notre nature : une longévité accrue de manière indéfinie, et une augmentation sans restriction de nos capacités mentales.

Technologies pour changer l’homme

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Neuromarketing : à quel point sommes-nous manipulés ?

Test réalisé dans une société belge de neuromarketing qui montre comment les marques explorent le cerveau des consommateurs avec un scanner IRM.

Quel est le rapport entre la marque Apple et la religion ? Faut-il augmenter le prix des pubs diffusées en prime time ? Les messages de prévention contre la cigarette sont-ils efficaces ? Le documentaire de Laurence Serfaty lève le voile sur le neuromarketing.

La réalisatrice du documentaire se souvient

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L’Addictature : la tyrannie de la dépendance

«L’addictature», c’est la dictature du système marchand, mondialiste et médiatique à travers l’addiction : l’addiction aux images, l’addiction à la consommation ; notamment par la prise du contrôle des esprits par les publicitaires et la décérébration scientifique, une addiction à la consommation, à la publicité et au commerce, qui est la principale cause du politiquement correct. C’est le chef d’entreprise, le publicitaire et l’éditorialiste qui cherchent à éviter tout ce qui peut nuire à un « bon climat », ce qui les conduit à privilégier le conformisme et à craindre la liberté de l’esprit.

1/ Consommer c’est détruire

Londres, été 2000, à proximité du célébrissime Hyde Park, une réunion se tient dans les locaux d’une agence de publicité regroupant une vingtaine de «marketeurs» du monde entier… Face à l’agence, un panneau publicitaire de 4 mètres sur 3 attire l’attention du passant, dérange la bonne société londonienne et émerveille nos jeunes cadres un brin efféminés, grands prêtres de l’impact pour l’impact, adeptes des idées décalées qui «feraient bouger le monde», ennemis jurés de la normalité d’emblée jugée réactionnaire ou simplement emmerdante.

Sur l’affiche géante : une femme septuagénaire ridée comme une pomme, le visage révulsé et bestial, un corps misérable au deux tiers dénudé, simplement sanglé dans une combinaison sado-maso de latex noir clouté ; dans sa main droite un fouet hérissé d’épines de métal, dans sa main gauche une boîte de pastilles à la menthe et un « claim », une signature, un message : «Draw the pleasure from the pain» (tirez votre plaisir de la souffrance).

Un clin d’œil bien british à la gloire du menthol contenu dans ces anodines pastillettes, mais qui pourrait en dire long sur la dégradation de notre rapport au monde, ô combien tourmenté.

Et si consommer, c’était consumer et se consumer, altérer l’objet et s’altérer soi-même… et si consommer, c’était avant tout détruire ?

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