Biologie de synthèse : Les multinationales veulent industrialiser la vie

Par Agnes Rousseaux

Thérapies plus efficaces, bactéries anti-pollution, carburants synthétiques… La biologie de synthèse nous réserverait un futur plein de promesses. Et attire les investissements des plus grands groupes mondiaux de biotechnologies, de l’énergie ou de l’agroalimentaire. Mais fabriquer artificiellement la vie, à partir d’ADN construit en laboratoire et d’usines à gènes brevetés, suscite de nombreuses interrogations.

Alors que les premiers organismes intégralement conçus par ordinateur commencent à prendre vie, des ingénieurs rêvent déjà de planifier l’évolution et de corriger les « imperfections » de la nature. Enquête.

« Fabriquer la vie ». Ainsi pourrait se résumer l’ambition de la biologie de synthèse. Cette branche des biotechnologies veut créer de toutes pièces des organismes vivants, inconnus à l’état naturel. Et aller plus loin encore que les OGM, qui modifient le code génétique d’un organisme pour lui donner une nouvelle fonctionnalité – croître plus vite ou résister à un pesticide.

Avec la biologie de synthèse, nous entrons dans une autre dimension: on quitte le bricolage des gènes, pour aller vers une fabrication à grande échelle d’organismes artificiels, après modélisation et simulation informatique.

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États-Unis : Rebelles ou exclus, ils vivent en dehors du système

Aux États-Unis, on les appelle les « off the grid », en français « les débranchés », parce qu’ils ont un jour décidé de se passer d’électricité et de tourner le dos au système pour vivre autrement. Des hommes, des femmes, des familles entières même : ils seraient près d’un million à avoir renoncé à l’« american way of life », le traditionnel mode de vie américain.

Certains, jusqu’ici totalement insérés, quittent leur job et leur appartement confortables pour s’installer dans les bois. Ils vivent de chasse et de pêche et se retrouvent lors de festivals totalement déjantés. Willa, jeune new-yorkaise de 19 ans, veut sauter le pas mais résistera-t-elle au stage de 10 mois durant lequel elle va apprendre à survivre en forêt, totalement coupée du monde ?

Des modes de vie extrêmes que certains choisissent mais que d’autres, victimes de la crise, subissent. L’Amérique hors-système, c’est également une réalité sans pitié à laquelle sont confrontées des milliers de familles, jetées à la rue par la crise.

Le nombre de saisies immobilières a explosé. De nombreux Américains se retrouvent sans toit et sont obligés de vivre dans leur voiture. En Californie, comment ces nouvelles communautés s’organisent-elles sur les parkings qui les hébergent ?

Partie 1:

Partie 2:
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Au royaume de la forêt

De l’arrivée du printemps au retour de l’hiver, gros plan sur le spectacle qu’offre la nature, qui s’éveille et se transforme au fil des saisons.

Dans les forêts d’Europe, quand vient la fin de l’hiver, les arbres commencent à bourgeonner et les fleurs à éclore, dévoilant leurs pétales et leurs couleurs. Les femelles mettent bas. Les jeunes animaux, nouveaux venus parmi les habitants des sous-bois, doivent prendre des forces et rester auprès de leur mère. L’été venu, ils peuvent enfin sortir et explorer les environs. Arrive l’automne avec ses champignons et ses feuilles aux teintes orangées. Une année entière vient de s’écouler.

Partie 1/2 :

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Écologie et économie

Le texte présenté ici est un extrait de l’ouvrage Vittorio Hösle (1) “Philosophie de la crise écologique” (Wildproject, 2009, trad. Matthieu Dumont), publié pour la première fois à Munich en 1991. Le texte reprend une série de conférences prononcées en avril 1990 à l’Institut de philosophie de l’Académie des sciences de Russie/URSS. Déjà traduit en plusieurs langues, cet ouvrage a contribué à faire de son auteur une voix incontournable dans le domaine de l’éthique environnementale et de la philosophie de l’écologie.

Un point commun du capitalisme et du marxisme

Il me semble à présent que l’antagonisme des systèmes de l’Ouest et de l’Est n’a pas essentiellement pour origine une divergence quant aux objectifs à atteindre. Il est certain que la liberté a occupé une place bien plus importante dans l’idéal social occidental que dans celui des pays de l’Est. Pourtant les deux modèles sociaux partageaient, du moins pour ce qui est de la théorie, les mêmes idéaux universels hérités des Lumières : autodétermination et bien-être pour le plus grand nombre possible.

Les dissensions s’exprimaient davantage à propos de la meilleure voie à suivre pour parvenir à la réalisation de ces idéaux. Les démocraties occidentales pensaient pouvoir y arriver par l’entremise d’un développement sous contrôle de l’économie capitaliste ; et les pays communistes, par un rejet de l’économie de marché. (…)

L’impossible suppression de l’égoïsme économique

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Le plus beau pays du monde

“Le plus beau pays du monde”, c’est la France. Jacques Malaterre, le réalisateur de ce film, déclare son amour à la beauté de notre pays. Il y brosse une multitude de paysages (plaines, vallées, montagnes) allant jusqu’à explorer les fonds marins corses, en passant par les lacs vosgiens, les causses, les gorges du Tarn, le marais poitevin, la forêt de Fontainebleau, la Lozère…

L’énigme des « agroglyphes »

Les « crop circles » (« agroglyphes », « cercles de culture » en français) sont de véritables œuvres d’art, magnifiques, toujours renouvelées, réalisées « en un clin d’œil », sans témoins et sans traces de passage au sol. Ils laissent perplexes tous les observateurs…

Tous les ans plus de 200 agroglyphes sont signalés de par le monde, dont une forte proportion en Angleterre (un tiers environ). Et ils sont de plus en plus visibles : alors qu’il y a vingt ans, les créations d’agroglyphes étaient observées entre les mois de juin et d’août, la « saison » commence maintenant dès le mois d’avril et ne se termine pas avant la fin septembre (dans les pays de l’hémisphère nord).

Partie 1:

Partie 2:
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Chine : Le fleuve Yangtsé a perdu 99,7% de ses poissons

L’excès d’activités humaines, la surpêche, et les nombreux barrages hydroélectriques tout le long du fleuve Yangtsé a eu pour conséquence immédiate de faire s’effondrer totalement l’ensemble des écosystèmes aquatiques du fleuve : 99,7% de ses poissons ont aujourd’hui disparu.

«Le nombre de poissons des quatre grandes espèces endémiques s’est totalement effondré, passant d’une estimation de 30 milliards dans les années 1950 à moins de 100 millions aujourd’hui. Quant au nombre d’espèces observées, la réduction constatée est totalement effrayante, passant de 143 à 17 aujourd’hui, selon un rapport publié dernièrement par le Comité des ressources halieutiques du fleuve Yangtsé dans le cadre d’une étude d’impacts des activités humaines commandée par le ministère de l’Agriculture et le Fond mondial pour la nature ».

Le bassin du fleuve Yangtsé arrose à lui seul 19 provinces, ce qui représente tout de même 18,8 % de la superficie des terres chinoises.

En plus d’une baisse spectaculaire du nombre de poissons, plusieurs autres espèces, notamment les marsouins aptère, ont aujourd’hui totalement disparu, rapporte Zhao Yimin, responsable des ressources halieutiques du fleuve.
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L’économie est-elle une science exacte ? [Archive]

Par Oskar Morgenstern (avril 2000)

L’économie jouit d’une situation particulière parmi les sciences: ses résultats sont quotidiennement utilisés dans l’action politique. Cette situation ne favorise pas toujours l’examen critique des mesures et des théories. Plutôt que d’examiner s’il est possible de donner un contenu expérimental et mesurable aux concepts de la science économique, les économistes – en France tout spécialement- se sont longtemps enfermés dans des débats entre « littéraires » et « scientifiques ».

Ces querelles reflètent des conflits entre personnalités de formation différente. Elles n’apportent aucun élément de solution à la question : “L’économie est-elle une science expérimentale ?” Oskar Morgenstern, fondateur avec Von Neumann de la théorie des jeux, tente ici de répondre avec impartialité. S’il critique les économètres, ce n’est pas faute de connaitre leurs thèses; s’il juge les faits sociaux difficilement mesurables, ce n’est, pas faute de s’être penché sur le problème. L’économie est une science, mais l’incertitude y joue un rôle fondamental, qu’il est vain de dissimuler.

Lorsqu’on entreprit pour la première fois de recenser la population de la France, Laplace se rendit compte aussitôt qu’on n’arriverait jamais à dénombrer sans aucune erreur la totalité des habitants. Il demanda par conséquent que l’on calcule l’erreur probable et qu’on la fasse figurer dans le recensement publié. L’éminent mathématicien, qui apporta une contribution si décisive à la théorie de la probabilité, trouvait donc naturel, et même indispensable, pareille exigence de précision.

Mais rien ne fut fait en ce sens, et même de nos jours, il n’y a pratiquement aucun pays au monde où la publication de données sociales et économiques s’accompagne de considérations sur l’erreur probable. On se contente, d’une façon ou d’une autre, de -présumer qu’il n’y a pas d’erreur, bien qu’il soit facile à n’importe qui de constater que les erreurs abondent partout et qu’elles différent énormément d’une statistique à l’autre; pourtant, il serait éminemment désirable de connaître exactement, l’importance de ces erreurs.

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Allemagne : Total rural

Wolfgang Beuse est le dernier fermier de Wildemann, un village de 1 300 âmes dans le massif allemand du Harz. Depuis la fermeture des mines qui faisaient sa richesse, cette région a misé sur le tourisme et vu peu à peu disparaître ses paysans. Wolfgang, lui, est toujours là. Depuis quarante-six ans, il travaille seize heures par jour dans sa ferme et s’en trouve bien.

Il ne s’est jamais marié, mais il a su rassembler autour de lui des gens attirés par son charisme et prêts à l’aider. Helmut, le vacher, garde dans les prés alentour son troupeau de vaches rouges, une race en voie de disparition. Manuela vient les traire après son travail dans une clinique gériatrique. Et lorsque Wolfgang est débordé, c’est toute la famille qui vient lui prêter main-forte.

Certains villageois ne voient en lui qu’un casse-pieds qui refuse la modernité. Les autres, en majorité, admirent sa puissance de travail, son amour de la nature et des autres, son esprit rebelle et désintéressé, son indépendance.

Pour ceux-là, Beuse est le seul à faire bouger les choses et à faire venir des gens, y compris le ministre régional de l’Agriculture. Ils ne redoutent qu’une chose : le jour où Beuse s’arrêtera.

Partie 1/2 :

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C’est quoi être en vacances ?

Par Pierre Rabhi

Le concept contemporain des vacances est un phénomène assez nouveau, qui va de pair avec la modernité. Le travail mobilise autant qu’il immobilise, de façon très institutionnalisée, contre rétribution. Il engendre le besoin d’un espace où l’individu peut se retirer momentanément, prendre du temps pour lui-même. La plupart des civilisations antérieures, souvent agraires ou nomades, ne connaissaient pas cette notion.

Je n’en ai par exemple jamais entendu parler durant mon enfance, jusqu’à la découverte de mines houillères dans nos terres ; les Français sont alors venus les exploiter, embauchant du personnel et instaurant en même temps que ce type de travail de brèves périodes de vacances.

Auparavant notre vie était cadencée par le travail de la terre, qui alterne les périodes d’activité avec les saisons dites « mortes ». L’hiver, saison où l’on ne peut agir, il n’y avait pas de travaux des champs, les phases de repos étaient déterminées par la nature et non par une organisation sociale particulière.

Aujourd’hui, dans le cadre de cette sorte de servitude quasiment à vie qu’est devenu le travail, où il faut chaque jour aller pointer, les vacances représentent naturellement un moment bienvenu, mais le temps de souffler, à peine a-t-on repris quelques forces qu’il faut reprendre le collier – expression en elle-même très évocatrice de la condition humaine dans le monde actuel.

Mais peut-on légitimement considérer les vacances comme un temps vraiment libéré ou bien encore soumis à des comportements prédéterminés par des attitudes collectives standardisées ?
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La France sauvage

Pour les animaux et les plantes, la France est une terre d’exception. Un pays unique qui accueille une étonnante variété d’espèces, du bord de mer jusqu’en haute montagne. On y trouve l’un des derniers fleuves sauvages de l’Europe, la Loire, des marais peuplés d’oiseaux au centre de la France, des steppes africaines au cœur du maquis provençal, des neiges scandinaves au sommet des Alpes, ou encore des mers tropicales turquoises autour de la Corse…

Tous ces milieux naturels abritent des plantes et des animaux méconnus ou familiers : oiseaux multicolores, mammifères de tout poil, orchidées sauvages, requins géants, lynx boréal, ou encore insectes minuscules…

Durant une année, au rythme des quatre saisons, nous suivons l’aventure sauvage de ces espèces et découvrons leur comportement dicté par la grande horloge de la nature. Nous voyageons de l’aérien au sous-marin, du minuscule au gigantesque, de l’émotion des naissances au frisson de la prédation pour découvrir un autre visage de la France.

Le film est une invitation à l’émerveillement afin de comprendre que la nature est précieuse, forte, fragile. Et que nous en faisons partie.

Musique : “Entre Terre et mère”

Paroles de la chanson de Julien Carton (Louin)

Elle était ronde, elle était pure
Elle n’y peut rien c’est sa nature
Avec sa longue robe bleutée
Elle était belle à en crever
Elle en a détourné des yeux
Et on ne compte plus les envieux
Ces nostalgiques, qui rêveraient
De retrouver sa beauté passée
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Varmints

Face à la ville qui grandit sans cesse, la joie qui disparaît, une petite créature lutte pour préserver un peu de la paix qu’elle a jadis connue.

NB: Les “Varmints” correspondent en Français à toutes les espèces classées nuisibles telles que: belette (Mustela nivalis), chien viverrin (Nyctereutes procyonoides), fouine (Martes foina), lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus), martre (Martes martes), putois (Mustela putorius putorius), ragondin (Myocastor coypus), rat musqué (Ondatra zibethicus), raton laveur (Procyon lotor), renard (Vulpes vulpes), sanglier (Sus scrofa), vison d’Amérique (mustela vison), corbeau freux (Corvus frugilegus), corneille noire (Corvus corone), étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris), geai des chênes (Garrulus glandarius), pie bavarde (Pica pica), pigeon ramier ou palombe (Columba palumbus).

États-Unis : Et si le pays se préparait à la guerre du climat ?

La multiplication des événements climatiques extrêmes et leurs conséquences économiques (pour la tornade Sandy, entre 33 et 55 milliards de dollars!), couplés à une raréfaction et à une compétition pour les ressources (eau, pétrole, terres cultivables, minerais) obligent les États-Unis à repenser entièrement les bases de leur puissance stratégique, leur défense et leur sécurité en y introduisant la prise en compte du développement durable.

Lors de la guerre d’Irak, le transport des ressources nécessaires au maintien du fonctionnement des climatiseurs militaires coûtait très cher en convois de pièces détachées et de carburant, attaqués au quotidien.

Une nouvelle science naît à la croisée des études stratégiques, de la sociologie de la Défense et de la sécurité environnementale, dont Jean-Michel Valantin est l’un des tout premiers spécialistes. Quand la Nature est la clé de la Guerre ou de la Paix sur la Planète,

Sans forêts

Bleue comme une orange” écrivait le poète Paul Eluard, verte aussi car couverte de forêts sur la moitié des continents il y a encore huit mille ans, la Terre est aujourd’hui menacée de déforestation.

Mêlant humour et poésie, cette série en pâte à modeler illustre comment la destruction de nos forêts primaires entraîne un appauvrissement de la diversité biologique et génétique de notre planète…

Partie 1: Primus Homo

Partie 2: Coupes et pénuries
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Japon : Welcome to Fukushima

Pendant deux ans, Alain de Halleux a suivi des habitants et des familles de la ville de Minamisoma, située à 20 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daichi.

Le réalisateur nous présente quelques parcours parallèles :

- Une famille décide de quitter le site et déménage.

- Une autre, dont le père travaillait dans une centrale lors de l’accident, s’est reconvertie dans un commerce floral devenu très rentable grâce aux nombreux enterrements et commémorations.

- Un ancien garde forestier assiste à la métamorphose du paysage (on rase des forêts et des montagnes) et questionne le rapport traditionnel à la nature, bouleversé par la catastrophe.

Entre révolte et résignation, ils se posent la question: déménager ou rester sur place, vivre avec la contamination et la peur de l’avenir ? Ce récit est vécu de l’intérieur de la société japonaise, avec des références à la culture traditionnelle.

Partie 1:

Partie 2:
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Chine : Contaminés

Le plus grand défi de la Chine, c’est de concilier le développement de l’économie et du niveau de vie avec la préservation de l’environnement. L’eau, l’air et la terre: en trois chapitres, un bilan alarmant des problèmes environnementaux auxquels est confronté le pays.

Biodiversité menacée : quelles solutions pour demain ?

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’homme vit au quotidien un scénario catastrophe : celui de la disparition du monde naturel. Celui peut-être, de sa propre fin. Et si nous allions trop loin ? Et si nous gâchions tout ?

Philippe Descola : “Par-delà nature et culture”

Philippe Descola, né en 1949 à Paris, est un anthropologue français. Ses recherches de terrain en Amazonie équatorienne, auprès des Jivaros Achuar, ont fait de lui une des grandes figures américanistes de l’anthropologie.

Dans son ouvrage Par-delà nature et culture, paru en 2006, il propose une typologie des économies de la connaissance qui ont régi les relations de l’homme avec la faune et la flore.

Dans cet entretien, Philippe Descola s’interroge à propos de la question suivante: l’Occident doit-il se réinventer face à la crise écologique ?

Japon : Plantations sauvages pour guérilla verte

Okabé a un objectif ambitieux: transformer Tokyo, cette jungle de béton comme il l’appelle, en un espace où cohabiteraient harmonieusement les hommes et la nature. Avec son collectif, les Vallicans Harvesters, il opère à la limite de la légalité en plantant tulipes et arbres fruitiers à chaque mètre carré de terre qu’il déniche. De trottoirs en trottoirs, il fait redécouvrir aux citadins la beauté de la verdure.

Vivre et voyager sans argent

Raphaël, pourquoi as-tu décidé de vivre sans argent? Tenais-tu simplement à faire un pied de nez au capitalisme ou avais-tu des raisons plus profondes?

Durant mon périple sans argent entre la Hollande et Mexico, j’ai constaté que l’argent corrompait les relations humaines. De nos jours, l’argent est omniprésent: il est la cause de nos tourments, de nos angoisses, il inhibe notre créativité et embrume nos esprits. Le fait que nous en ayons un minimum ou beaucoup importe peu.

C’est la relation avec notre for intérieur, notre cœur, les autres et la nature qui est freinée, atrophiée jusqu’à disparaître souvent sous le joug du système monétaire. Si nous n’avions pas la conviction de sa valeur et de l’importance qu’il revêt, l’argent ne vaudrait rien.

En refusant le consumérisme, nous essayons de démontrer que nous vivons dans une société de surabondance perverse et que nous devons mettre un terme à la destruction de notre planète et aux souffrances des autres citoyens de ce monde pour des raisons éthiques, écologiques et sociales. Au lieu de construire une économie bâtie sur la concurrence, nous tentons de mettre en place le fondement d’une société basée sur la coexistence et la paix.

Lire l’interview complète sur Forward The Revolution

Europe : Des villages alternatifs contre la crise

Espagne : Marinaleda, un village en utopie

Alors que l’Espagne bat des records de chômage et d’expulsions, à Marinaleda, le chômage est à moins de 5% et tous les habitants sont propriétaires de leur logement contre un remboursement de quinze euros par mois. A la tête de ce village d’irréductibles, un maire qui est en train de devenir un exemple de rébellion pour des milliers d’Espagnols.

Allemagne : L’éco-village Sieben Linden

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La terre sous influence

Ce documentaire, réalisé par Iain Riddick, propose de découvrir les constations des scientifiques sur la respiration de notre planète, dont le feu, l’eau, la glace et les conditions climatiques contribuent à entretenir le cycle de la vie.

Depuis que les nombreux satellites mis en orbite fournissent des images et des informations d’une précision inédite, notre compréhension de la planète n’a pas cessé de progresser. Ces images décryptent les phénomènes naturels et soulignent l’impact de l’activité humaine sur l’équilibre de la Terre.

Aujourd’hui, les forces mystérieuses qui agissent sur cette dernière sont devenues visibles. La Terre nous apparaît ainsi comme un organisme vivant et dynamique. Mais comment ces forces sont-elles reliées entre elles et comment conditionnent-elles la vie ? C’est ce que propose de découvrir ce documentaire en montrant le fonctionnement de notre monde, vu de l’espace.

L’équilibre fragile de l’atmosphère et de la vie sur Terre se dessine sous nos yeux et nous apparaît comme un organisme vivant et dynamique.

L’esprit des plantes

Et si les plantes cachaient bien leur jeu ? De la mémoire des légumineuses à la sensibilité musicale du Desmodium girans, un aperçu renversant de l’intelligence végétale.

Selon les classifications naturalistes, il existe un véritable abîme entre le monde animal et le monde végétal. Pourtant, sur les traces de Charles Darwin, des biologistes réputés sont en train de montrer que l’intelligence des plantes est peut-être une réalité. Les plantes mettent en œuvre des stratégies sophistiquées pour vivre leur sexualité, mais aussi pour voyager. Elles éprouveraient des sensations. Elles auraient même de la mémoire.

Jacques Mitsch met en scène avec humour la vraie vie des plantes pour nous révéler leurs talents cachés, sans jamais se départir de sa rigueur scientifique. Nous entraînant aux frontières mouvantes qui séparent les règnes animal et végétal, il nous tend au passage un miroir drolatique et passionnant.

Midway

Ce court reportage montre comment les oiseaux prennent les divers débris pour de la nourriture qu’ils donnent aux oisillons, causant par la suite une obstruction de l’estomac, et une longue agonie.

Les images ont été prises en septembre 2009 dans les îles Midway, qui constituent un atoll d’une superficie de 6,2 km2 dans l’océan Pacifique nord. Ces îles sont situées à 3200 kilomètres des zones d’habitations humaines… et pourtant elles sont attaquées par la pollution!

L’archipel, et les eaux environnantes, font partie du refuge faunique national de l’Atoll-Midway, une des composantes du site du patrimoine mondial et monument national marin de Papahānaumokuākea. L’atoll abrite plus de 300 sortes de plantes, et les albatros, espèce menacée, sont nombreux à y nicher et à y mourir…

L’auteur, Chris Jordan, est un artiste connu pour son engagement contre la société de consommation, et notamment ce consumérisme qui se retrouve dans la Nature.

Musique : “Fatigué”

Paroles de la chanson de Renaud:

Jamais une statue ne sera assez grande
Pour dépasser la cime du moindre peuplier
Et les arbres ont le cœur infiniment plus tendre
Que celui des hommes qui les ont plantés
Pour toucher la sagesse qui ne viendra jamais
Je changerai la sève du premier olivier
Contre mon sang impur d´être civilisé
Responsable anonyme de tout le sang versé
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Pierre Rabhi : “le superflu est sans limites alors qu’on n’assure pas l’indispensable”

Dans un entretien avec Reporterre, au moment où il lance la “révolution des colibris”, Pierre Rabhi souligne la dimension humaniste de l’écologie.

En ce début 2013, il est encore temps de tirer un bilan de l’année précédente. Que retenez-vous des élections présidentielles françaises, américaines, russes ; des conférences de Rio, de Doha ou d’Hyderabad ?

Pierre Rabhi - Nous sommes aujourd’hui dans un contexte général d’interrogations sur l’avenir, et l’écologie entre en ligne de compte comme un paramètre qu’il faut appréhender. C’est normal. Mais ce paramètre, qui est essentiel, n’est pas suffisamment mis en exergue, selon moi. Je dirais qu’on met un peu d’écologie pour condimenter l’ensemble du système, mais l’écologie n’apparaît pas encore comme un urgence et une priorité absolue. Au contraire. Je dirais même que l’écologie politique reste un peu limitée. Je pense que c’est parce qu’elle s’appuie sur du factuel.

Or l’écologie ne nous interpelle pas seulement sur le trou d’ozone, le carbone ou sur l’épuisement des ressources, mais aussi sur un registre plus intime, un registre de l’ordre du personnel. L’écologie interroge notre regard sur la vie, notre positionnement par rapport aux mystères de la vie. Il n’y a pas assez de beauté invoquée, pas assez de mystères. On reste sur un discours élémentaire, mais qui ne prend pas l’élan de quelque chose de plus fondamental et essentiel.

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France : La disparition des abeilles prend un tour dramatique

Les derniers chiffres de l’Institut de recherches publiques France Agrimer, dépendant directement du Ministère de l’Agriculture, sont effarants. Plus de 1.000 colonies d’abeilles sont décimées… chaque jour ! En seulement 6 ans, le nombre d’apiculteurs aurait chuté de plus de 40 % ! Et ce serait « directement corrélé à la disparition des abeilles ».

C’est une véritable révolution silencieuse et tragique que nous sommes en train de vivre. La majeure partie de ce que nous cultivons aujourd’hui et consommons au quotidien est en danger : tomates, courgettes, melon, pastèque, fraises, pommes, abricots, cassis, mûres, choux, oignons, poivrons, poireaux, persil, tournesol…

Les abeilles ne font pas uniquement du miel. Elles sont une humble et gigantesque force de travail, pollinisant 80 % des plantes à fleurs sur terre, et près de 90 % des plantes que nous cultivons. Il n’existe aucune alternative, ni technique, ni scientifique, pour les remplacer.

Sans elles, c’est l’alimentation de toute la population qui est menacée ! Sans parler de millions d’espèces d’insectes, d’oiseaux et de mammifères qui dépendent directement de ces plantes pour se nourrir.
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États-Unis : Lynx, une Femme hors du temps

Depuis une vingtaine d’années, Lynx, une femme de 45 ans, s’est détournée de la civilisation moderne et vit dans les forêts du nord-ouest des États-Unis. Passée maître dans les techniques de survie, elle transmet son savoir à un groupe d’élèves. Elle les invite à se débarrasser du tissu, du plastique ou du métal, pour les remplacer par cuir, bois, silex, qu’elle leur apprend à façonner eux-mêmes.

Ce voyage dans le temps se révèle difficile, et plus de la moitié des participants abandonnent en cours de route, pour des raisons tant physiques que psychologiques. Venus d’horizons professionnels, sociaux et géographiques différents, dix de ses apprentis sont suivis pour comprendre leurs motivations.

(Merci à Gérard-le-Savoyard)

On ne peut plus tricher avec la nature (Rediff.)

Entre les deux guerres, on préconise 20 à 30 kilos d’azote à l’hectare. On ne viole pas les sols. Les rendements augmentent de façon spectaculaire. Et puis la loi du commerce augmentant, on est passé à 50, puis 100, et maintenant on en est à 248 kilos d’azote à l’hectare , c’est du délire.

Claude Bourguignon est docteur es-sciences, directeur du Laboratoire d’Analyse Microbiologique des sols (analyse sur le terrain et au laboratoire, sur le plan chimique et biologique des sols agricoles afin d’aider les agriculteurs dans leur gestion sol en France, en Europe, en Amérique et en Afrique), ingénieur agronome (INA PG), membre de la Société d’Écologie, membre de la Société Américaine de Microbiologie, enseignant à la première Chaire Française de Pédologie et de Microbiologie du sol (Beaujeu), auteur du livre : “Le sol, la terre et les champs” (Ed. La Manufacture/Sang de la Terre. 1989.), expert du sol auprès de la CEE. Le passage constant du terrain au laboratoire, de la politique au fondamental, lui permet d’avoir une approche globale du sol.

En tant que spécialiste de la vie des sols, pouvez-vous estimer le pourcentage des sols de France atteints par la pollution (et dans quelle proportion) ?

Claude Bourguignon : 10% des sols sont pollués par des métaux lourds. 60% sont frappés d’érosion. 90% ont une activité biologique trop faible et en particulier un taux de champignons trop bas. Idem dans le monde. De plus le phénomène de fatigue des sols (chute de rendements) se fait sentir en maraîchage et en culture betteravière.

Qu’est-ce que c’est pour vous, un sol ?

-

  C. Bourguignon : Le sol est une matière vivante complexe, plus complexe encore que l’eau ou l’atmosphère qui sont des milieux relativement simples. Vous savez, le sol est un milieu minoritaire sur notre planète : il n’a que 30 centimètres d’épaisseur en moyenne. C’est le seul milieu qui provienne de la fusion du monde minéral des roches-mères et du monde organique de la surface – les humus. Je vais être obligé d’être un peu technique pour vous expliquer…

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Le potager géant, c’est l’avenir

Pour lutter contre sa lente descente aux enfers, une ville d’Angleterre a inventé le jardin collectif. Un triomphe à méditer…

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Une poignée de haricots verts devant le commissariat, deux salades ramassées dans des plates-bandes du collège, quelques pommes de terre le long du parking, les oeufs proposés par le voisin et une tarte avec les pommes cueillies sur le trottoir d’en face. Le repas est prêt ! Surréaliste ? Pas tout à fait. Une ancienne ville industrielle du nord de l’Angleterre a transformé en trois ans cette folle utopie en réalité, au point d’être presque autosuffisante en alimentation aujourd’hui ! (…)

L’histoire commence en 2008, à Todmorden, petite ville de 14 000 habitants dans le nord de l’Angleterre. Ancienne ville industrielle, en pleine crise économique avec son lot de chômage, de précarité et d’incivilités, Todmorden se vide inexorablement de ses habitants.

Trois mères de famille décident de ne plus se poser en victimes du système, mais plutôt d’agir et de contre-attaquer. En commençant par regagner la première des libertés : celle de se nourrir.

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« Nous n’avons pas mis fin à la croissance, la nature va s’en charger »

La croissance perpétuelle est-elle possible dans un monde fini ? Il y a quarante ans déjà, Dennis Meadows et ses acolytes répondaient par la négative. Aujourd’hui, le chercheur lit dans la crise les premiers signes d’un effondrement du système.

En 1972, dans un rapport commandé par le Club de Rome, des chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) publient un rapport intitulé « Les limites de la croissance ». Leur idée est simple : la croissance infinie dans un monde aux ressources limitées est impossible. Aussi, si les hommes ne mettent pas fin à leur quête de croissance eux-mêmes, la nature le fera-t-elle pour eux, sans prendre de gants.

En 2004, le texte est, pour la deuxième fois, remis à jour. Sa version française vient – enfin – d’être publiée aux éditions Rue de l’échiquier. En visite à Paris pour présenter l’ouvrage, Dennis Meadows, l’un des auteurs principaux, revient sur la pertinence de projections vieilles de quarante ans et commente la crise de la zone euro, la raréfaction des ressources et le changement climatique, premiers symptômes, selon lui, d’un effondrement du système.

Terra eco : Vous avez écrit votre premier livre en 1972. Aujourd’hui la troisième édition – parue en 2004 – vient d’être traduite en français. Pourquoi, selon vous, votre livre est encore d’actualité ?

Dennis Meadows :

A l’époque, on disait qu’on avait encore devant nous quarante ans de croissance globale. C’est ce que montrait notre scénario. Nous disions aussi que si nous ne changions rien, le système allait s’effondrer. Pourtant, dans les années 1970, la plupart des gens estimait que la croissance ne s’arrêterait jamais.
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