L’épopée de l’or noir

Documentaire en 6 épisodes réalisé par Jean-Pierre Beaurenaut et Yves Billon

Envis­agée sous tous ses aspects – géopoli­tique, économique, écologique, technique – l’épopée de l’or noir épouse étroite­ment les péripéties les plus marquantes de la grande his­toire dont elle a pro­fondé­ment mod­i­fié le cours.

Épisode 1 : l’âge d’or des majors

Épisode 2 : le nation­al­isme pétrolier
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Islande : poursuites de banquiers en préparation

L’Islande prépare de vastes poursuites judiciaires contre des banquiers pour leur responsabilité dans la crise qui avait ruiné le système financier de l’île en 2008, affirmaient mardi les médias locaux.

Selon la radio-télévision publique RUV et le quotidien Frettabladid, le parquet devrait annoncer dans les jours à venir la mise en cause d’une quinzaine d’anciens dirigeants de banques.

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Les Pays-Bas nationalisent le groupe financier SNS Reaal

Les Pays-Bas ont annoncé vendredi la nationalisation du groupe de banque et d’assurances SNS Reaal, incapable de trouver des capitaux privés, une opération de sauvetage en urgence dont le coût global pour l’Etat sera proche de 10 milliards d’euros.

Cette nationalisation aura pour conséquence d’alourdir le déficit budgétaire néerlandais 2013, déjà attendu au-dessus du seuil de 3% fixé par l’Union européenne, et devrait raviver dans l’opinion publique locale les critiques récurrentes sur les milliards d’euros apportés aux banques alors que les ménages continuent de subir l’austérité.

La Commission européenne a déjà pris contact avec le gouvernement pour obtenir des précisions sur le dossier, a déclaré un porte-parole de l’exécutif communautaire à Bruxelles. Le plan de sauvetage devra être soumis aux autorités européennes, qui veilleront à ce qu’elle ne se traduise pas par une distorsion de concurrence.

L’Etat néerlandais a déjà déboursé près de 40 milliards d’euros pour sauver son secteur financier en 2008, en apportant des capitaux frais à ING, Aegon et SNS Reaal tout en [nationalisant] ABN Amro.

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L’Islande victorieuse dans l’affaire Icesave

L’Islande avait le droit, lorsque ses banques se sont effondrées en octobre 2008, de refuser de rembourser les épargnants étrangers, a tranché lundi la cour de l’Association européenne de libre-échange (AELE).

“Icesave mon cul” – Manifestation devant le parlement islandais à Reykjavik le 6 mars 2010

La cour a rejeté les arguments présentés par le Royaume-Uni et les Pays-Bas , affirme le tribunal dans son arrêt. Le jugement était attendu pour savoir si l’argent public doit sauver ou non des banques en faillite.
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Islande : Les ressources naturelles bientôt transférées aux citoyens ?

Les Islandais ont décidé de reprendre leur destin en main. Après avoir refusé le renflouement des banques en 2010 et 2011, ils ont voté lors d’un referendum en octobre, les propositions faites par un comité de citoyens pour élaborer une nouvelle Constitution. Le texte prévoit en particulier que les ressources naturelles soient « détenues par le peuple islandais ». Entretien avec Victor David, juriste de l’environnement à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Novethic : Le projet de nouvelle constitution islandaise prévoit que les ressources naturelles soient «  détenues par le peuple islandais ». Quelle serait la portée de ce texte s’il était adopté ?

Victor David : Cette formulation est une façon politiquement correcte de parler de nationalisation des ressources naturelles. En Islande, un des grands enjeux concerne les produits de la mer. Quelques grosses entreprises concentrent presque l’ensemble des quotas de pêche. Cette nationalisation permettrait de renégocier les quotas vers une redistribution plus favorable à l’ensemble de la population. Les perspectives de trouver du pétrole dans les eaux territoriales islandaises en mer du Nord ne sont probablement pas non plus étrangères à cette proposition.

Plus largement, la nationalisation est motivée par la crainte de voir des multinationales, voire des États étrangers via des entreprises publiques, accaparer les ressources. La Chine a par exemple essayé d’acquérir des terrains en Islande. Il faut cependant relativiser la portée du texte islandais qui ne fait référence qu’aux ressources non déjà privatisées. Il ne s’agit donc pas pour le gouvernement de faire une chasse aux compagnies privées.

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Attali : “Florange ça n’a aucune importance”

“Dire qu’on va nationaliser par caprice en sortant ça de nulle part, c’est criminel à l’égard de ceux qu’on trahit en leur faisant croire qu’on va le faire, ça ouvre la voie à de faux espoirs pour des tas de gens qui doivent être aidés à être reconvertis car le monde change” – Jacques Attali

Russie : Le capitalisme d’État continue d’exercer son pouvoir

Moscou promet de respecter le calendrier des privatisations. Mais le géant du pétrole TNK-BP vient d’être nationalisé.

Il était temps de se rappeler au bon souvenir des investisseurs privés après la gigantesque acquisition du pétrolier TNK-BP par le groupe public Rosneft, pour la somme de 55 milliards de dollars. L’aile «libérale» du gouvernement russe fait entendre sa voix au terme d’une saison dominée par les étatistes. Et rappelle que Moscou va respecter le calendrier de privatisations des grandes entreprises publiques. Trois ports stratégiques vont être introduits en bourse, ou vendus sur appel d’offres.

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Budget 2013: Les entrepreneurs sont-ils des pigeons?

Ils pestent contre la taxation des plus-values à 60%. Les auto-entrepreneurs enragent eux contre la hausse des charges…

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«Un hold-up fiscal sans précédent». C’est peu dire qu’une partie des patrons sont très remontés contre le budget 2013 présenté vendredi par le gouvernement et qui prévoit 10 milliards d’impôts nouveaux pour les entreprises auquel s’ajoute le projet de loi sur le financement de la Sécu annoncé lundi.

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1er Octobre 1936 : Nationalisation de l’or en France

Le 1er octobre 1936, le Front Populaire dévalue le franc de 25 à 35%. un décret interdit le commerce de l’or et les propriétaires de plus de 200 grammes d’or sont obligés de les céder à la Banque de France au tarif antérieur à la dévaluation.

Franc Poincaré

Après guerre la France est dans un état de délabrement économique et financier exceptionnel. Les tentatives de retour à l’étalon-or dans les conditions totalement irréalistes, c’est à dire sans prise en compte de la réalité inflationniste de la période de guerre, et les exigences des vainqueurs en matière de réparation, ont ouvert la voie à une série de crises économiques et financières qui ont pesé sur les monnaies.

En 1914, avant l’ouverture des hostilités, le Franc était défini par 0,2903 grammes d’or (en fait le franc germinal était défini à l’origine comme 5 g d’argent titré à 90% de fin). En 1928, après les quelques années nécessaires à la stabilisation de l’économie, il fallait alors 0,05895 grammes d’or fin pour obtenir un Franc Poincaré de 1928. Soit une dévaluation de près de 80% du Franc.

Les différentes crises monétaires (Dollar, Livre Sterling, Mark …) poussèrent une fois encore les investisseurs à lâcher le papier pour thésauriser la monnaie métallique. L’accroissement de la demande d’or aux guichets de la Banque de France, en échange de monnaie papier, poussait le gouvernement à promulguer le 1er octobre 1936 une loi invitant les détenteurs d’or à se déclarer et à restituer leurs avoirs, au prix d’achat, à la Banque de France. 87 tonnes furent ainsi récupérées par la Banque de France.
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Pour penser l’avenir : une méditation sur “Le modèle Français depuis 1945″

C’est un “Que sais-je?” comme les P.U.F savent les faire. Court. Précis. Sans lyrisme, ni effets de style. Depuis 1989, de crises en crises, les Modèles se fissurent et s’effondrent. Dans ces conditions, comment peut-on écrire un livre sur le “modèle français“? C’est non seulement possible, mais c’est surtout utile. “Le modèle Français depuis 1945″ par Pascal Gauchon (Puf-Que sais-je)

Ce livre dont la première édition date de 2002 a été réédité en juin 2011. Il paraît intéressant à lire en ce moment troublé où la France sous direction politique nationale et régionale quasi totalement socialiste se cherche. Le contexte est rude, la crise secoue l’économie mondiale et l’économie européenne, donc française, violemment ; la France par ses engagements européens a perdu l’essentiel de sa capacité à «s’auto-gérer»; l’indépendance flamboyante des années gaulliennes relève d’un passé mythique ; après que les centralismes économiques et politiques se sont abîmés, les libéralismes, ultra ou mou se délitent sur des fondements moraux détournés.

Comment alors peut-on parler d’un Modèle Français ? Pour Pascal Gauchon, historien de métier et de formation l’histoire d’un peuple ne s’inscrit pas dans un court-termisme de marché ! « Le modèle français … s’enracine dans le temps long ; il date de quatre siècles au moins….».
Puisqu’il se réfère à ce concept de temps long, il ne faut pas s’étonner qu’il fasse partir son exposé des capétiens. Il ne faut pas non plus être surpris qu’il invoque les images fortes qui ont modelé, le mental, le psychisme profond des Français. Le symbole de l’Hexagone, cher aux Français, rappelle qu’à l’inverse de nombreux pays qui se définissent par une entité géographique, une race, un drapeau, une religion « la France n’est pas née des caprices de la nature, mais d’une construction volontaire ».

Qu’est-ce que ce modèle Français, qui a valeur à la fois « d’explication…d’exception et d’exemple ? ». C’est une vision très particulière des rapports entre autorité et corps social. A l’origine du modèle français, un modèle social très fort, où, à l’étonnement des Américains et à l’exaspération du monde « libéral à l’anglo-saxonne », l’Etat est en charge du Bien Commun, lequel n’est pas de la responsabilité des agents de la société, qu’il s’agisse de citoyens, d’unités économiques ou de communautés culturelles.

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Les banquiers détestent l’Islande…

A force d’enquêtes judiciaires, l’île aux volcans a fait drastiquement diminuer ses dettes. Étonnant non ?

La crise financière mondiale, attisée localement par la cupidité aussi surprenante que hors norme des banquiers islandais, a bien failli rayer l’île  de la carte en 2008.
Johanna Siguroardottir, Premier Ministre islandais

Aujourd’hui c’est du côté de Reykjavik – que l’agence de notation Fitch a d’ailleurs relevé d’un cran à la mi-février – et qui a renoué avec la croissance en 2011 jusqu’à tabler sur un taux de 2,7 % pour 2013 avec une balance commerciale redevenue excédentaire, que se déroule une véritable révolution dans l’indifférence quasi générale des médias européens.

Petit rappel d’islandais pour les nuls : C’est en 2008 que le phénomène a pris naissance. A l’époque, la Couronne Islandaise était sur le point de rejoindre l’épave du Titanic. Les Polonais employés en masse dans la pêche et la construction, allaient se résoudre à abandonner leur petit paradis d’immigration et à remettre le cap sur Varsovie.

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Espagne : Les Indignés ferment leurs comptes en banque pour dénoncer les saisies immobilières

Non loin de la Puerta del Sol, célèbre place madrilène qui a vu naître le mouvement des Indignés il y a tout juste un an, une file d’attente s’allonge à l’entrée d’une banque. Des dizaines de personnes ont décidé de retirer leur argent pour protester contre Bankia, une banque coutumière des saisies immobilières que l’État a décidé de renflouer.

Policiers contrôlant l'identité des clients venus clôturer leur compte.

Lundi 14 mai, des clients de Bankia ont protesté devant le siège de leur banque contre l’entrée de l’État dans son capital. Le gouvernement l’a décidé la semaine dernière dans le but d’assainir les actifs toxiques du groupe, par ailleurs noté BBB par l’agence de notation Standart & Poor’s. Ecœurés, des clients ont découpé leur carte de crédit et leurs papiers de banque devant le bâtiment.

Cette nationalisation fait partie d’une vaste réforme du secteur bancaire annoncée par le gouvernement vendredi 11 mai. Elle impose aux banques d’augmenter leurs provisions pour se protéger des pertes sur leurs prêts toxiques dans l’immobilier. (…)

Lola Fernandez fait partie du mouvement des Indignés. Elle est membre d’un groupe de travail sur le logement et a participé à l’organisation de la manifestation devant Bankia.
Quand nous sommes arrivés devant Bankia, la police nous attendait. Après deux heures de négociations, les policiers ont fini par accepter de laisser entrer les clients, deux par deux. Ils leur ont demandé leurs papiers d’identité et ont noté leur nom, ce qui n’a pas manqué d’en effrayer certains. En fait, beaucoup d’Indignés ont eu à payer des amendes pour avoir pris part à des manifestations non autorisées.
Nous nous sommes organisés de telle manière qu’à chaque fois qu’un client entrait pour demander une remise de dette sur sa créance immobilière, un deuxième arrivait pour menacer de fermer son compte. La banque a noté toutes les réclamations des clients et nous attendons maintenant de voir ce qu’il va se passer. Avec un peu de chance, elle acceptera de négocier individuellement avec chaque client endetté.

Grèce : Les clients de Bankia ont retiré plus d’un milliard d’euros

Les clients de la banque espagnole Bankia, nationalisée la semaine dernière, auraient retiré depuis plus d’un milliard d’euros de leurs comptes, rapporte El Mundo jeudi. Le quotidien cite des informations données lors d’un conseil d’administration qui s’est tenu hier. Bankia n’avait pas répondu à la question de savoir s’il y avait eu des retraits massifs de liquidités.

Mais l’action Bankia a perdu 10 % mercredi, la banque ayant retardé la publication de ses résultats du premier trimestre, les investisseurs s’interrogeant sur le montant des pertes encourues par la banques.

L’Espagne a pris le contrôle de Bankia, quatrième banque du pays, mercredi 9 mai. L’agence de notation Moody’s s’apprêterait, en outre, à baisser “de manière significative” les notes de 21 banques espagnoles, renforçant les inquiétudes du secteur et des épargnants.

REDITE DE LA SITUATION GRECQUE

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La leçon de capitalisme de l’Islande

Par deux fois, les Islandais ont refusé de rembourser la dette de leurs banques. Un bel exemple de résistance au capitalisme financier et un modèle pour la Grèce? Pas du tout. Les créanciers commencent à être remboursés et les règles du jeu libéral respectées jusqu’au bout.

Par deux fois, les Islandais ont refusé de rembourser la dette de leurs banques. Un bel exemple de résistance au capitalisme financier et un modèle pour la Grèce? Pas du tout. Les créanciers commencent à être remboursés et les règles du jeu libéral respectées jusqu’au bout.

Devenue célèbre pour avoir dit non par deux fois à un référendum sur le remboursement de sa dette vis à vis du Royaume-Uni et des Pays-Bas, l’Islande est devenu l’élève modèle des Indignés et de certains économistes: dire “non” au capitalisme financier, voilà la voie à suivre pour la Grèce, piégée par une dette faramineuse. Mais les deux pays sont dans des situations incomparables.

Différence majeure avec la Grèce, la dette de l’Islande n’est pas lié à une mauvaise gestions des comptes publiques, mais à ses banques. Avant 2008, les établissements islandais pratiquaient le ‘carry trade‘, une technique de spéculation qui consiste à emprunter de l’argent dans une devise peu chère (tel que le dollar ou le yen) pour effectuer des placements dans une devise offrant des taux d’intérêts plus élevés, en l’occurrence la couronne islandaise.

50 milliards partis en fumée

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Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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Vive l’Islande !

Par Michel Drac

En ces temps de mensonge, on sait qu’une nouvelle est importante quand les médias la passent sous silence. Dans le genre, le résultat du référendum en Islande sur le remboursement des dettes de la banque islandaise Icesave restera comme un cas d’école : silence radio, ou peu s’en faut. On devrait nous en reparler dans quelques jours, j’imagine, quand la contre-attaque du Pouvoir sera déclenchée. Pour l’instant, quel calme. A peine une dépêche Afp ici ou là. Pour le reste : circulez, y a rien à voir.

Et pourtant, ce n’est pas rien, ce qui vient de se passer au pays des geysers. Les Islandais ont dit non au remboursement de la dette Icesave par 93 % des voix (contre 1,5 % de oui – on connaît la proportion de membres de la Surclasse Transnationale en Islande, c’est intéressant).

En clair, cela veut dire que le peuple islandais demande à la haute finance d’aller se faire voir chez les Grecs (facile). L’Etat islandais avait nationalisé en catastrophe la banque « plantée » par le krach de 2008, reprenant de facto ses gigantesques dettes (3,5 milliards de dollars, 20 % du PIB de l’Islande). Le peuple islandais vient de faire savoir qu’il faisait valoir un droit d’inventaire sur l’héritage.

Le silence radio de nos médias s’explique facilement : si l’attitude islandaise devait faire jurisprudence, tout l’édifice de la finance mondialisée serait par terre en 24 heures. Avec quelque chose comme 80 000 milliards de dettes pour un PIB de l’ordre de 30 000 milliards, l’Occident est en faillite. Ses banques avec. A présent que les Chinois ont fait savoir qu’ils n’entendaient pas régler la facture, il ne reste qu’un seul espoir au système : que les peuples payent l’addition. Les Islandais viennent de montrer la voie : ils ont refusé.

Cela faisait des mois que les Vikings manifestaient. Ce peuple, un des plus paisibles et des plus éduqués du monde, a battu le pavé comme n’importe quelle populace parisienne en colère. Du jamais vu. Le Président de ce petit pays a refusé de ratifier un accord avec les créanciers, en découvrant qu’un Islandais sur quatre avait signé une pétition en ligne exigeant le retrait dudit accord. On peut penser qu’en l’occurrence, le chef de l’Etat avait le choix entre se faire mal voir par la haute finance et se faire étriper par ses compatriotes. Il n’est pas anodin qu’il ait opté pour la première solution.

Et maintenant, que va-t-il se passer ?

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Au Venezuela, le marasme s’invite sur les étals

Certains aliments manquent de façon récurrente dans le pays pétrolier, aujourd’hui à la traîne de l’Amérique latine

Après avoir dressé le procès-verbal, les fonctionnaires vénézuéliens, flanqués de la police militaire, ont invité Omar Cedeño à les suivre pour assister à un «cours.»

Le boucher, qui vendait au-dessus des prix maximums fixés par le gouvernement «révolutionnaire» de Hugo Chavez, s’attendait à une admonestation. Il a passé presque deux jours en prison, comme des dizaines de ses collègues. «Ils ont fouillé mes vêtements, jusqu’au slip, puis m’ont fait passer dans une cellule,» a raconté le commerçant à l’agence AP.

La scène, vieille de deux semaines, symbolise l’impuissance de l’État pétrolier, cinquième exportateur mondial de brut, à sortir du marasme.

Frappé par la crise mondiale et la baisse des prix du baril, le PIB a chuté de 3,3% en 2009 et, cas unique sur le continent, devrait se contracter selon le FMI de 2,6% cette année.

L’alimentation est directement frappée. Après la vague d’arrestations de bouchers, les steaks ont disparu des étals pendant plusieurs jours. «Qu’ils emprisonnent les grossistes s’ils le veulent, mais nous ne pouvons plus vendre aux prix régulés,» a expliqué un commerçant qui assure travailler à perte.
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Des lois sont nécessaires dans le secteur bancaire

Comment 50 milliards de dollars ont disparu des bilans d’une banque privée

Tout le monde est aujourd’hui d’accord sur le fait qu’il y a quelque chose de pourri dans le système bancaire. Il est également évident que des changements sont nécessaires. Car si l’on continue comme avant, de nouvelles crises des marchés financiers sont prévisibles. A la suite de l’effondrement des banques de 2008, ces jours-ci, certains phénomènes se font jour du côté de l’Etat et des banques qui sont importants en vue d’une correction de la politique à adopter.

"Arrêtez le casino financier" (manifestation en Islande)

Dans le récent rapport d’enquête rédigé à l’intention de l’Althingi, le Parlement islandais, on peut lire : «Les banques ont été pillées de l’intérieur par des personnes qui ne respectaient pas les lois.» Les propriétaires principaux des banques s‘étaient accordé mutuellement des crédits gigantesques pour des investissements faits dans d’autres domaines sans disposer des garanties nécessaires (cf. «Neue Zürcher Zeitung» du 14 avril 2010). Le rapport constate que les banques contrôlaient l’Etat et non l’inverse. (cf. l’ouvrage «Why Iceland ?» d’Asgeir Jonsson. Ce dernier y décrit notamment les pressions exercées sur l’Islande par l’étranger.)

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Volcan d’Islande, kriegspiel et mondialisation

Une tribune libre de Patrick Reymond

La tour de Babel, par Pieter Bruegel, 1563

L’éruption du volcan islandais au nom imprononçable semble se calmer, et renaît tant bien que mal le transport aérien, plutôt mal que bien, d’ailleurs.

On peut se poser des questions.

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L’Irlande cherche le salut en nationalisant ses banques

Alors que la plupart des banques européennes ont pu se vanter en 2009 d’avoir remboursé les aides publiques, l’État irlandais s’apprête à prendre le contrôle de cinq de ses plus grandes banques nationales… et de leurs actifs pourris.

L’Irlande va nationaliser l’essentiel de son système bancaire! Le ministre des Finances Brian Lenihan a dévoilé mardi un plan de sauvetage bancaire, qui verra l’État apporter 8,3 milliards d’euros à la banque déjà nationalisée Anglo Irish Bank, nationaliser AIB et deux banques mutualistes et monter au capital de Bofi. La conséquence du rachat par l’État de 81 milliards d’euros de créances douteuses, au travers d’une “bad bank,” créée pour délester les banques de leurs actifs pourris.

Alors que l’attention des gouvernements et marchés était récemment concentrée sur les finances publiques grecques, les chiffres du PIB irlandais sont venus rappeler que l’ex-”Tigre celtique” reste l’un des États les plus mal en point du Vieux continent.

Le PIB a en effet chuté de 7,1% en 2009, une baisse sans précédent, qui fait suite à la contraction déjà record de 3% enregistrée en 2008. Par rapport à son pic de 2007, “le PIB irlandais a chuté de 13% environ, ce qui fait de la crise irlandaise l’une des pires de l’histoire de tous les pays développés,” reconnaît Dermot O’Leary, chef économiste de la maison de courtage Goodbody.

Et les autorités ne tablent sur un retour de la croissance qu’au deuxième semestre de cette année.
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