Ces ordinateurs qui rendent fous les marchés financiers

Plus de la moitié des transactions financières dans le monde sont automatisées, faites par des machines aptes à lancer plusieurs milliers d’opérations par seconde. Plus que les traders, ce sont des intelligences artificielles qui spéculent aujourd’hui.

Ces robots sont derrière 70% des transactions du marché américain, 50% du boursier et déjà plus de 40 % du marché européen. Ils sont capables d’apprendre, de réagir à la nanoseconde près pour acheter ou vendre et même de ruser pour tromper les machines des concurrents. De telles intelligences artificielles représentent un investissement énorme et seuls les grands groupes en tirent profit, ce que l’on appelle également le trading haute fréquence (HFT). La vitesse est la clé de cette absurdité galopante. Les grandes banques tentent de louer des bâtiments au plus près des plateformes boursières pour y placer leurs machines et bénéficier du plus faible temps de latence possible.

Car ces intelligences artificielles rusent et s’attaquent entre elles. Entre 90 et 99% des transactions qu’elles effectuent sont ainsi annulées dans la microseconde suivante. Le but : ralentir les machines de la concurrence qui analysent tout ce qui se passe avant de passer leurs propres actions. Concrètement, cela peut donner de belles absurdités, comme ce que l’on a appelé le « flash crach » de Wall Street qui a plongé de manière vertigineuse à 14h42 le 6 mai 2010. Selon Nanex (1), une machine plus puissante que les autres a passé plus de 2.000 ordres de vente ou d’achat en moins de 100 millisecondes, les annulant encore plus vite, mais créant un mouvement chez les autres réseaux de neurones (27.000 opérations dans les 14 secondes qui ont suivi) provoquant un mini-crash boursier. Tout cela sans aucune raison, juste pour « piéger » la concurrence automatique, la faire temporairement saturer et avoir de l’avance pour la suite. On peut comparer cela à une forme de spam massif pour saturer une boite mail, ou d’attaque en déni de service, deux choses illégales par ailleurs.

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