Uranium et gâteau jaune : le mythe de l’énergie propre

Enquête sans concessions dans un monde dangereux où règne la loi du silence : celui de l’extraction de l’uranium, à l’origine de toute la chaîne du nucléaire.

Le film démarre en Allemagne, lieu d’implantation de la société Wismut, qui fut pendant des décennies le troisième producteur d’uranium au monde. Les autorités allemandes prévoient aujourd’hui qu’il leur faudra encore une trentaine d’années pour désamorcer la bombe à retardement écologique qui a touché la région.

L’enquête se poursuit en Namibie, où la mine de Rössing, ouverte en 1976, devait officiellement fermer. La société australienne Rio Tinto continue pourtant de l’exploiter et d’exporter l’uranium en Asie, en Europe et aux États-Unis. Le vent, lui, se charge d’envoyer les micro-poussières radioactives vers le désert du Namib, un écosystème particulièrement fragile, et jusque dans la ville portuaire toute proche de Swakopmund, où vivent plus de 35 000 habitants.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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Areva : Scandale d’État ou scandale Lauvergeon ?

L’histoire d’une tragique déconfiture: comment Anne Lauvergeon a ruiné en dix ans l’une des plus belles entreprises françaises.

C’est une maladie bien française que celle de ce fiasco engagé par un État inconséquent qui veut tout contrôler et finit par ne rien contrôler du tout. Le terrible échec de hauts fonctionnaires incompétents qui ne devraient jamais se retrouver à la tête de grandes entreprises industrielles, surtout lorsqu’elles sont mondialisées.

L’addition finale de toutes les erreurs commises par Anne Lauvergeon chez Areva sera sans doute proche de 15 milliards d’euros, et donc comparable à celle du Crédit lyonnais de Jean-Yves Haberer il y a une vingtaine d’années. Le record est toujours détenu par Michel Bon qui avait réussi, au début des années 2000, à générer un océan de pertes de 68 milliards chez France Télécom.

Ces trois-là resteront dans la période moderne comme ayant cumulé, à eux seuls, 100 milliards d’euros de pertes dans trois entreprises françaises magnifiques qui avaient la capacité de produire, à l’inverse, 100 milliards de bénéfices sous réserve d’être bien gérées. Hélas pour elles, elles appartenaient au domaine public !
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Namibie : Trekkopje, gouffre financier d’Areva, ne fonctionne toujours pas

Enquête sur le site de la mine de Trekkopje, propriété d’Areva depuis le rachat d’Uramin. Pour 1,8 milliard d’euros, le fleuron du nucléaire français a acquis une coquille vide.

Trekkopje, en Namibie, est l’endroit rêvé pour extraire de l’uranium. En fin de piste, l’une des mines de la société Uramin, rachetée en 2007 par Areva, devait être une très bonne nouvelle pour les finances du groupe français. Mais sept ans après son rachat, le site est abandonné et la mine n’est toujours pas ouverte. Sur place, le gardien confirme : “Elle va démarrer peut-être en 2017 [...]. Y’a personne ici.”

Des questions restent en suspens, sur le rôle d’Anne Lauvergeon mais aussi sur celui de l’État. Ce dernier, actionnaire à 87%, a à la fois validé le rachat et subi les pertes inhérentes à l’absence de gains de l’ancienne petite société canadienne.

Avec les déboires de l’EPR OL3 en Finlande et les successions difficiles à la tête de l’entreprise, l’un des membres de l’équipe de France du nucléaire, déjà fragilisé, a vu ces dernières années bon nombre d’enquêtes autour de ce qui est devenu “l’affaire Uramin”.

Pascal Henry a enquêté sur les questions que posent l’affaire Uramin et a rencontré les acteurs de l’époque.

Inde : Comment le revenu de base change la vie

Une expérience de versement d’un revenu de base modeste aux habitants de certains villages les plus pauvres de l’Inde a transformé leurs vies. Cela pourrait fournir un programme anti-pauvreté efficace pour tous les pauvres de l’Inde. Mais quelle sera la réaction du gouvernement de Narendra Modi ?

L’idée d’un revenu de base soulève des questions bien au delà de la province de Madhya Pradesh en Inde. Historiquement, des personnalités comme Bertrand Russell, André Gorz, Martin Luther King, et JK Galbraith se sont tous exprimées en faveur d’un revenu de base.

Le revenu de base n’était pas seulement une réforme souhaitable dans le nord et le sud pendant les années 1970 et 1980, sa mise en place est devenue indispensable depuis la crise financière de 2008, pour apporter stabilité et dignité à une nouvelle classe de travailleurs, pour répondre aux exigences du capitalisme mondial, qui créent un état d’insécurité chronique pour de nombreuses vies humaines, balancées entre inactivité professionnelle intermittente et des emplois précaires pour des salaires incertains dans un marché néo-libéral « flexible ».

Pour eux, le monde de l’après-1945 de démocratie sociale, sécurité de l’emploi et des avantages sociaux est un passé révolu.

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Le revenu de base : Une utopie de plus en plus réaliste

Une allocation versée à tous, du berceau à la tombe, de manière inconditionnelle et universelle, sans conditions de ressources ni obligation de travail? Une idée à première vue utopiste et démesurée après une crise financière dévastatrice. C’est pourtant ce que proposent de plus en plus d’économistes, chercheurs et activistes, appuyés par des mouvements qui cherchent à instaurer le projet en France par le biais de l’Europe.

“Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue”, peut-on lire sur le site du Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB). Cette phrase de Victor Hugo résume la pensée des militants pour l’instauration d’un revenu de base, une allocation versée à tous les citoyens, qu’ils soient riches ou pauvres, majeurs ou mineurs, avec ou sans emploi, et le tout, sans contrepartie.

Autour de 400€ pour les uns et de 750€ pour d’autres, le revenu de base, également appelé « allocation universelle », « revenu d’existence » ou « basic income », aurait pour but principal d’éradiquer l’extrême pauvreté et les inégalités. Il se substituerait aux nombreuses prestations sociales en cherchant à simplifier un système complexe, tout en évitant la création de trappes de pauvreté.

Plusieurs approches s’entrecroisent quant à son financement. Les principales comprennent une fusion des systèmes d’aide sociale, de chômage et de retraite, ainsi qu’un impôt proportionnel qui remplacerait le système actuel du RSA, de la prime pour l’emploi et des exonérations de cotisation patronales.

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Les annulations de dettes dans le passé

Il y a déjà eu dans l’Histoire de véritables annulations de dettes, parfois unilatérales, parfois validées en justice, parfois concédées par les puissances dominantes. Nous présentons ici quelques exemples significatifs.

Répudiations de dettes

Les États-Unis

En 1776, les treize colonies britanniques d’Amérique du Nord ont décidé de constituer les États-Unis et de rompre leurs liens de dépendance envers la Couronne britannique. Le nouvel État s’est libéré du fardeau de la dette en déclarant nulles les dettes dues à l’égard de Londres. Au XIXe siècle, après l’élection d’Abraham Lincoln |1| à la présidence, les États sudistes ont fait sécession et ont constitué les États confédérés d’Amérique. La guerre de Sécession qui s’en est suivie (1861-1865) a vu la victoire des États nordistes, anti-esclavagistes et en phase d’industrialisation. À cette occasion s’est produite une nouvelle répudiation de dette au détriment des riches des États sudistes. Des emprunts avaient été contractés dans les années 1830, essentiellement pour la création de banques (Planter’s Bank dans le Mississipi et Union Bank en Caroline du Nord notamment) ou pour garantir la construction des chemins de fer.

Dans le Mississipi par exemple, les remboursements initiaux ont été effectués, mais une loi a permis la tenue en 1852 d’un référendum, pour que les habitants se prononcent pour ou contre le paiement des bons de la Planter´s Bank. La réponse fut négative. Après la guerre de Sécession, en 1876, la Constitution a été modifiée par une clause où l’on a interdit spécifiquement le paiement des bons de la Planter’s Bank. Le nouveau régime a donc entériné cette décision pour que l’arrêt des remboursements devienne légal. Les montants en question dans les huit États concernés sont de 75 millions de dollars.

L’URSS
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Afrique : près de 715 milliards de dollars évadés en 38 ans !

Le montant de l’argent volé par les dirigeants africains est faramineux, astronomique, intersidéral !

Un rapport publié le 26 mars 2010 par l’organisme financier euro-américain Global Financial integrity tend à démontrer que, durant 39 ans, les six pays d’Afrique centrale ont émis 40,366 milliards de dollars américains (à peu près 161.500 milliards de FCFA) de capitaux frauduleux sur un total d’un peu plus de 715 milliards de dollar (environ 331.000 milliards de FCFA) en Afrique. Sur la base actuelle du cours du dollar qui est de 463 FCFA pour 1 dollars américains.

Les sommes sont astronomiques.

En 38 ans, 715,026 milliards de dollars américains (plus de 331,5 millions de milliards de FCFA) de capitaux illégaux ont été émis par le continent africain. C’est ce que révèle une étude publiée le 26 mars 2010 par l’organisme financier américain Global Financial Integrity (Gfi).

Ladite étude (Illicit financial flows from Africa: hidden resource for development [Flux de capitaux illicites à partir de l’Afrique: ressource cachée pour le développement]) couvre la période de 1970 à 2008. La seule sous-région de l’Afrique centrale a produit un flux de 40,366 milliards de dollars US (à peu près 18 mille milliards de FCFA) d’argent illégal.
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