André-Jacques Holbecq : ” Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir “

Depuis 2008, il devient de plus en plus évident que le système monétaire est au coeur des crises que nous vivons. Il est devenu la forme moderne d’un esclavage sournois grâce à l’ignorance dans laquelle sont entretenus les citoyens. L’opacité et la complexité trompeuse des termes et des pratiques ne visent qu’à laisser croire qu’il est l’affaire des seuls experts. La bonne nouvelle est que les choses ne sont pas complexes. Les crises actuelles n’ont rien de fortuit, elles sont le simple produit de la pensée humaine prisonnière d?une idéologie devenue suicidaire, imposée d’une manière de plus en plus autoritaire. Affranchissons-nous des fausses vérités qui empêchent de considérer les vraies réponses aux défis de notre temps ; tout devient alors possible.

Interview de André-Jacques Holbecq à l’occasion de la sortie de son livre ” Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir ” (Edititions Dangles).


Radio Ici et Maintenant, Revue de Presse économique, 16 janvier 2013.

Le NAIRU, ou comment ceux qui dirigent ont intérêt au chômage

L’euro est-il irréversible ? (extrait)

Par Gérard Lafay, professeur à l’Université de Paris 2 (Cet article est paru dans Les Echos, le 18 décembre 2001)

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Les bons résultats économiques obtenus jusque l’an 2000 ont découlé de deux facteurs temporaires : d’une part, la remontée du dollar, imputable à la situation des États-Unis et à la politique monétaire de la Réserve fédérale, d’autre part, la baisse initiale des taux d’intérêt de la Banque Centrale Européenne en avril 99. La BCE s’est-elle alors convertie à une politique monétaire expansive ? Malheureusement non. Certes, elle prend apparemment en considération la croissance de l’économie, mais elle le fait en se référant à une conception erronée de la croissance potentielle.

C’est la raison pour laquelle, dès novembre 99, la BCE s’est lancée dans une série de sept hausses de taux d’intérêt, afin d’éviter que le chômage ne descende en dessous d’un plancher baptisé NAIRU (dans le cas de la France, ce plancher est estimé par la Commission de Bruxelles à 11%). Selon les théories des années 70 et 80, sur lesquelles se fonde la BCE, un tel taux plancher de chômage est exigé impérativement par la lutte contre le fantôme de l’inflation.

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