Myret Zaki : « La BCE a le plus mauvais maître : la Fed »

La Banque centrale européenne (BCE) ne parvient jamais à contenter les marchés et les leaders économiques. Quoi qu’elle fasse, on la compare à sa grande sœur, la Réserve fédérale américaine (Fed), censée être plus jolie et plus douée qu’elle. Une erreur d’appréciation qui sera à l’origine de la prochaine crise financière.

Quand la BCE ne fait pas d’assouplissement, un concert de critiques s’élève contre son manque de proactivité, évident en comparaison de la Fed, qui a eu le “courage” d’employer des grands moyens en sortant le fameux “bazooka” de la planche à billets entre 2009 et 2014.

Et quand la BCE décide, comme aujourd’hui, de faire un assouplissement monétaire, on la désapprouve tout autant, en estimant que la zone euro a de toute façon des problèmes plus grands que les États-Unis et que cette opération ne suffira pas.

La BCE n’a pourtant pas lésiné sur les moyens. En annonçant ce 22 janvier à 14:30 qu’elle va injecter, d’ici septembre 2016, 1100 milliards d’euros (ou 1300 milliards de dollars), elle a pris les attentes les plus optimistes du marché (1000 milliards) et y ajouté une petite prime de 100 milliards pour remercier le marché de sa patience, lui qui n’aurait pas toléré opération moins démesurée.
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Ça fait rire les spéculateurs, ça ruine les salariés

Par Myret Zaki

Il existe un facteur qui permet aux investisseurs de voir s’apprécier exagérément la valeur de leur portefeuille par rapport aux fondamentaux économiques. Et qui, en même temps, cause une perte du pouvoir d’achat des salariés et, à terme, une dégringolade durable des conditions économiques et des finances étatiques.

Il s’agit de l’inflation, celle invisible aujourd’hui dans les statistiques, mais visible aux yeux des consommateurs, et évidente dans les prix des actions, de l’immobilier, et de l’art.

Cette inflation qui ne dit pas son nom sert d’unique politique monétaire depuis plus d’une décennie. Les indices officiels de prix à la consommation la sous-estiment grossièrement. Mais surtout, ces statistiques ne tiennent aucun compte de l’inflation la plus dangereuse, celle boursière et immobilière. Cette même bulle des prix qui avait causé le krach de 2008, et qui sera la cause inévitable du prochain krach.

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Le bal des menteurs ou la fin du secret bancaire (Docu)

Pendant des décennies, la Suisse s’est accrochée, envers et contre tous, à son secret bancaire. Et puis soudain, tout a basculé.

Au début des années 2000, UBS se lance dans une stratégie offensive pour conquérir de nouveaux clients sur le sol américain. En 2007, la crise des subprimes fragilise la banque. En 2009, le géant bancaire se retrouve pris dans la nasse du fisc américain. Le Conseil fédéral doit sauver la banque de la faillite. C’est le début de la fin du secret bancaire.

De la fin de la Seconde Guerre mondiale en passant par l’initiative socialiste en 1984 ou l’affaire des fonds juifs, le secret bancaire, véritable marque de fabrique de la place financière suisse, a été pris dans de nombreuses turbulences. Il finira par céder devant la détermination des autorités fiscales américaines.

Le Credit Suisse se retrouve à son tour dans l’œil du cyclone. Séquences inimaginables: quatre hauts responsables de la banque comparaissent devant le Sénat américain et rejette l’accusation de fraude fiscale sur leurs employés. Effrayées, une centaine d’établissements bancaires suisses annoncent leur intention de collaborer avec la justice américaine.

Alors que les banques suisses sont lourdement sanctionnées sur le territoire américain, les banques américaines continuent à se livrer à la fraude fiscale en toute impunité. Les explications de Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan.

(Les coulisses de l’événement – RTS – 04/06/14)

“La BCE devrait se montrer plus accomodante”

Un euro trop fort, une périphérie en déflation : la zone euro aurait besoin d’une banque centrale plus agressive pour relancer le crédit aux entreprises. La vidéo du Café Eco avec Michel Girardin, économiste, professeur à HEC Genève et Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan.

Bilan

Myret Zaki épingle les rois de l’évasion fiscale

Entretien diffusé le 30/01/2014 avec Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe de Bilan, bimensuel économique suisse et Noël Pons, ancien inspecteur des impôts, spécialiste de la fraude fiscale.

Depuis 2008, l’Union des Banques Suisses est accusée d’avoir joué un rôle non négligeable dans la crise financière. Et les nuages continuent de s’accumuler. Myret Zaki précise que les attaques sur les banques suisses sont très nombreuses, alors qu’on estime à 400 milliards d’euros les avoirs offshore des banques françaises. Mais pas un mot de la part des autorités françaises à ce sujet…

Myret Zaki indique également que les structures anglo-saxonnes sont aujourd’hui beaucoup plus efficaces que le secret bancaire suisse pour s’évader fiscalement, via des trusts anglo-saxons, des sociétés offshore, des paradis fiscaux de droit anglo-saxon, etc.

Aujourd’hui 15 000 milliards de dollars de fortune sont cachés dans des trusts et des structures offshore. Si des banques se retrouvent devant la justice, “le montant des amendes est insignifiant” si on le compare avec les bénéfices d’une banque comme UBS, qui peuvent avoisiner les 20 milliards de dollars…

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Myret Zaki : «Les banques ont pipé les dés»

On aime à entretenir le mythe que «les marchés sont efficients» et que la valorisation des actifs financiers reflète les seules forces du marché. La réalité, dont le scandale du Libor n’a révélé que la surface, est à l’opposé.

Pratiquement aucun prix, aucun taux, n’est pas manipulé aujourd’hui. Les taux d’intérêt, les dérivés, les monnaies, les matières premières et la valeur de l’argent lui-même sont faussés par les banques.

Il y a d’abord eu le scandale du Libor, dans lequel 15 banques manipulaient depuis des années les taux interbancaires, qui influent à leur tour sur la valeur de quelque 500 000 milliards de dollars d’instruments financiers.
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Même manipulé, l’or ne peut que monter

L’or repasse sous les 1700 dollars l’once, en baisse de quelque 13% par rapport à ses sommets de 2011. Certains y voient la fin de la bulle de l’or, croyant à un durable retour des investisseurs aux actions.. Ils se trompent.

Que sont ces corrections épisodiques de quelques pour-cent que connaît l’or, au regard de son appréciation de près de 600% sur 15 ans ? Rien de significatif, car la tendance restera haussière; ces déclins doivent être vus comme des opportunités d’achat.

Bilan.ch

La guerre contre la finance a-t’elle commencé ? (CSOJ – 12/02/2013)

Frédéric Taddeï reçoit Myret Zaki et Olivier Berruyer dans Ce Soir Ou Jamais pour évoquer la séparation des banques de dépôts et des banques d’affaires; la lutte engagée par les États-Unis contre Standard & Poor’s; l’exemple de l’Islande.



Voir la l’émission dans son intégralité :

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Goldman Sachs et la main visible

A l’heure où Goldman Sachs publie des bénéfices en hausse de 191% sur 2012, il est intéressant de se pencher sur la nature et le contexte de ces profits records. Pour une bonne part, ils sont dus au leadership incontestable de la banque, imbattable en matière de fusions et acquisitions, de trading, d’émissions et de négoce de titres. Mais ces profits sont essentiellement aidés par une main un peu trop visible. D’une part, on sait qu’en 2008 la plus grande banque d’affaires a obtenu, après avoir modifié son statut en holding, la protection de l’agence fédérale d’assurance des dépôts, jusque-là réservée uniquement aux banques d’épargne.

Par Myret Zaki - (Bilan).

Cette même année, le Trésor prenait une participation de 10 milliards de dollars dans le capital de Goldman Sachs, à titre d’aide, payant 3,5 milliards de plus que ce que valaient réellement les actions, comme l’a plus tard révélé le Congrès.

Pourtant, en 2008, Goldman Sachs dégageait 2,3 milliards de profits et versait 4,82 milliards de bonus.

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Myret Zaki : Pourquoi la “finance de l’ombre” reste au-dessus des lois

Les nouveaux chiffres sont sortis le 18 novembre. La finance de l’ombre, ou “shadow banking”, continue de croître au su et au vu des régulateurs. Sa taille atteint aujourd’hui 67.000 milliards de dollars, soit une taille égale à l’ensemble de l’économie mondiale.

On peut la définir comme un système financier parallèle au système bancaire réglementé. Le shadow banking se compose essentiellement de spéculateurs sophistiqués. Son rôle dans les crises de 2002 (Enron, Worldcom) et 2008 (subprime) est avéré.

Et pourtant, les gouvernements, en procédant au sauvetage de l’ensemble du système financier en 2008, ont récompensé l’échec de la finance spéculative et incité les spéculateurs déréglementés à poursuivre leurs activités, qui ont augmenté de 5.000 milliards depuis la crise!

En cause également, le lobbying efficace à Washington qui met en échec les velléités actuelles de la France et de l’UE de réglementer le shadow banking.

Le mythe de la réindustrialisation américaine

La tentation électoraliste a été, pour les deux candidats à la Maison Blanche, d’insister sur la renaissance industrielle américaine. Cette “story” a aussi été alimentée pas Wall Street, pour attirer les investisseurs. Mais c’est largement un mythe.

L’extraction des gaz de schistes aux États-Unis n’a créé que 60’000 emplois en six ans. Les compagnies ont largement misé sur les technologies d’automatisation. Notre enquête, à découvrir dans Bilan, révèle que les bas coûts de l’énergie aux États-Unis ne suffiront pas à inciter des entreprises à se relocaliser sur territoire américain.

Bilan

Éléments : Sommaire du N°145

Avec notamment, pour la rubrique économique, un entretien avec Myret Zaki intitulé : “la fin du dollar est programmée“, une analyse sur le “chômage, fléau social“, par Pierre Barrucand et une réflexion de Christopher Lash à propos de “l’homme révolté contre la marchandise“.

(Merci à Patrick)

Myret Zaki : “Austérité, les populations paient à la place des spéculateurs”

Zone euro : le vrai problème, ce n’est pas l’austérité. Mais qui paie la facture de cette austérité. Les sacrifiés, ce sont la masse des petits et moyens salariés de la zone euro, ceux qui forment le tissu de l’économie réelle. Or il y a tragique méprise : ceux qui passent à la caisse ne sont pas les principaux responsables de la crise. La spéculation est responsable de la crise.

D’immenses fortunes se sont créées sur le saccage, par les fonds spéculatifs, des dettes européennes. Ces gains proviennent de la chute de valeur des obligations grecques et des pays voisins, causée par des ventes à découvert (short selling) massives.

Ce détournement de richesses est directement prélevé sur les salariés de la zone euro, qui défilent aujourd’hui dans les rues. En 2011, les fonds spéculatifs ont généré leurs meilleurs profits sur la chute – provoquée – des obligations de la zone euro.

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Chronique de la Vieille Europe : “La fin du dollar” par Myret Zaki

Radio courtoisie, chroniques de la Vieille Europe du 29 mai 2012. Entretien avec Myret Zaki, à propos de son livre La fin du dollar édition Favre. Myret Zaki est une journaliste économique suisse romande et rédactrice en chef adjoint du magazine économique Bilan. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages liés à l’actualité financière, principalement suisse et américaine.

Nous assistons à la fin de l’ère dollar qui dure depuis la Seconde Guerre Mondiale. Le dollar n’est plus la monnaie la plus sûre du monde. Il n’est plus la monnaie d’une superpuissance responsable, performante et hautement productive. Il est la monnaie d’une économie déclinante, arrivée au point de non-retour, techniquement en faillite.

Le billet vert est en train de dévoiler son vrai visage: celui d’une arme du désespoir, utilisée par une grande puissance malade, qui a trop longtemps caché l’état désastreux de son économie derrière sa planche à billets. Suite aux dérives majeures de la politique monétaire américaine, le dollar est devenu, aujourd’hui, la plus grande bulle spéculative de l’histoire. Le statut du dollar comme référence du système monétaire international devient intenable.

Il est contesté par des puissances désormais plus riches, comme la Chine. Ce changement de régime majeur se perçoit dans l’envolée de l’or et dans les tensions croissantes entre les États-Unis et le reste du monde. Cet ouvrage veut avant tout briser le tabou qui entoure le dollar en procédant à un examen sans complaisance de la situation réelle des États-Unis, et en la comparant à celle des blocs européen et asiatique.

http://www.dailymotion.com/video/xr73mi

Publication de Miret Zaki : UBS, les dessous d’un scandale, édition Favre 2008 – Le Secret bancaire est mort, vive l’évasion fiscale, édition Favre 2010

Vieille Europe

(Merci à Imperator. & à Patrick)

Sortie de la Grèce: un pari 100% perdant

par Myret Zaki

Le «Spiegel» veut que la Grèce quitte la zone euro. Trop léger, ce scénario revient à enterrer la zone euro et à ignorer des risques illimités.

Le mois de mai a été dominé par un thème unique: la sortie de la Grèce de la zone euro, voire de l’Union européenne. La spéculation a de nouveau fait rage, le «risque grec» effaçant globalement quelque 4000 milliards de dollars de valeur boursière, tandis que l’euro perdait 3,5% contre le dollar. Si l’on réfléchit pourtant une minute à ce scénario qu’ont fait mine d’envisager sérieusement les dirigeants de l’UE, on se rend compte qu’il s’agit essentiellement d’un coup de bluff de leur part. En effet, sachant que les autorités de l’Euroland n’ont pas le pouvoir d’exclure la Grèce (c’est elle qui doit choisir de sortir), il faut y voir une volonté d’inciter au maximum les Grecs à voter,  le 17 juin, en faveur du plan d’austérité convenu. La rumeur n’a pourtant que trop enflé. Ce buzz, relayé par les médias anglo-saxons mais aussi par des magazines européens influents comme le Spiegel, est sans crédibilité. Mais surtout, il a des effets extrêmement dangereux, car il détruit la confiance dans la cohésion de la zone euro, et fait planer le doute quant à son possible démantèlement.

Pertes sur les prêts à la grèce

Evoquer une sortie de la Grèce et un retour à la drachme est d’autant plus absurde, que tant la Grèce que la zone euro ont tout à y perdre, et rien à gagner. Tout d’abord, s’agissant des créanciers d’Athènes (banques, investisseurs privés, Fonds européen de stabilité, BCE, Etats européens et FMI), un tel scénario leur garantit des pertes colossales. Leurs dettes libellées en euros, de 260 milliards, deviendraient insoutenables face à un payeur en drachme dévaluée, et jamais la Grèce ne pourrait les honorer.

La dévaluation provoquerait une dépression

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Mais où sont passés les produits financiers?

par Myret Zaki

La profusion de véhicules de placement a laissé place à un désert depuis 2008. La faute aux clients, aux banques ou aux régulateurs? Décryptage d’un bouleversement dans l’industrie de l’investissement.

Jusqu’à 2008, l’industrie des produits financiers battait son plein. Les banques lançaient à un rythme frénétique de nouveaux fonds de placement, produits structurés ou fonds de hedge funds. Chaque jour, les établissements communiquaient sur le dernier-né de leur gamme barrier reverse convertible, ou vantaient leur dernier fonds Greater China. En feuilletant les journaux, on voyait se multiplier les maxipages d’annonces flattant le coupon prodigieux d’un structuré, accompagné d’un graphique éloquent. Mais depuis la faillite de Lehman Brothers fin 2008, tout a changé: l’industrie des produits financiers a connu un coup d’arrêt dont elle ne s’est pas encore relevée. Les sorties de produits se sont raréfiées, et plusieurs types de véhicules – comme les structurés à barrière, les warrants, les fonds thématiques ou les fonds absolute return – sont sortis du marché. Alors que le cash dans les portefeuilles des investisseurs reste à des niveaux records, les fonds de placement peinent à y dépasser une part de 35%, et les structurés n’en composent que 4,5%. La commercialisation de produits bancaires semble traverser une refonte de son modèle d’affaires. Que s’est-il passé?

Les clients restent très frileux

La première cause est à trouver dans le manque d’appétit des clients. Qu’ils soient privés ou institutionnels, les investisseurs n’ont pas gagné d’argent depuis 2008, y compris dans les hedge funds (de septembre 2008 à ce jour, les fonds alternatifs ont perdu 2,7%, selon l’indice général HFRX).

Une explication importante réside dans la disparition d’un certain nombre d’acteurs: Lehman Brothers, Clariden, qui a été intégrée à Credit Suisse le 2 avril, Sal. Oppenheim, rachetée par Macquarie en 2010, et la Banque Sarasin vendue à Safra fin 2011. “La qualité de l’émetteur est importante, or beaucoup d’entre eux ont connu des débâcles, surtout ceux qui avaient été portés aux nues pour la qualité de leurs produits et leur innovation“.

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Myret Zaki et Etienne Chouard – L’État et les banques, les dessous d’un hold-up…

Myret Zaki est rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan, «L’État, otage du secteur financier». Étienne Chouard est professeur d’Économie-Gestion à Marseille, chercheur indépendant, «Enjeux pour le peuple du contrôle public de l’État et de la banque».

Myret Zaki revient sur la conférence

La reprise américaine, mythe ou réalité?

par Myret Zaki

Si le taux de chômage tombe sous les 7%, mais que ce n’est dû qu’à des «emplois de bulle», il n’y aura pas de croissance; juste du déficit.

On parle de «reprise», aux Etats-Unis. Difficile d’imaginer terme plus vendeur en année électorale. La légende veut que les stimuli aient enfin agi. Que Ben Bernanke, le président de la Fed si injustement critiqué, ait réussi à «sauver» l’économie. L’argument de reprise repose sur les créations d’emplois, meilleures qu’attendu. Mais de quels types d’emplois s’agit-il? Rendent-ils les Etats-Unis plus riches, ou plus pauvres? Pour le savoir, il suffit de regarder le déficit commercial. Il s’élevait en janvier à 52,6 milliards de dollars, un record depuis l’été 2008. Si les emplois créés depuis la crise avaient été productifs, il se serait réduit. L’Amérique crée le mauvais type d’emplois. Ce sont surtout des emplois non durables dans le secteur des services (immobilier, santé, finance). Il y a très peu de jobs permanents, productifs, créés dans le secteur manufacturier, qui auraient permis aux entreprises d’exporter davantage de biens, et de réduire le déficit commercial.

Un taux réel de chômage de 22,4%

Il convient d’examiner plus avant ce que signifie une baisse du taux de chômage. Lorsqu’il est passé de 9 à 8,6 % en décembre, il fallait avoir en tête que sur ce seul mois, 315 000 travailleurs avaient quitté cette statistique, cessant d’envoyer des CV et de répondre à des offres d’emploi. Ce qui a entraîné une baisse mécanique du taux de chômage. Enfin, si l’on réinsère la population des chômeurs découragés à long terme, exclus des chiffres officiels depuis 1994, le taux de chômage aux Etats-Unis est aujourd’hui de 22,4%*.

Lire l’intégralité de l’article sur BILAN

Achetez du yuan, vendez le dollar

Par Myret Zaki

«Fin 2013, le dollar aura perdu son statut de devise dominante des transactions commerciales»

Depuis la sortie de “La fin du dollar” en avril 2011, les événements se sont précipités. L’utilisation du dollar dans le commerce mondial baisse brutalement. La part du dollar dans les échanges mondiaux, indicateur plus fiable et plus dynamique que celui de la part du billet vert dans les réserves des banques centrales, se réduit à toute vitesse au profit des monnaies des BRIC (Chine, Brésil, Inde, Russie, Afrique du Sud). «Dès la fin 2013, le dollar aura perdu son statut de devise dominante des transactions commerciales internationales et, au plus tard en 2016, le commerce mondial s’organisera de manière équilibrée autour des trois devises que sont le dollar (qui ne représentera plus que 35-40% des transactions mondiales), l’euro (30-35%) et le yuan (10%)», prédit une analyse récente du Laboratoire européen d’anticipation politique (LEAP). A l’heure actuelle, environ 50% des exportations mondiales sont libellées en dollars, 30% en euros et le reste principalement en yens.

LES BRIC SE PASSENT DU DOLLAR

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La troisième guerre mondiale a-t-elle déjà commencé?

par Myret Zaki

Les provocations se multiplient de part et d’autre. Faire tomber le régime syrien permettrait à Israël d’attaquer l’Iran. Mais cette fois, Chine et Russie se posent en défenseurs de Damas et Téhéran. Israël tente à tout prix d’entraîner dans le conflit Washington, qui résiste.

Bruits de bottes américaines aux portes de la Syrie et de l’Iran; sanctions occidentales contre l’Iran; menaces iraniennes de blocus du détroit d’Ormuz; flambée du pétrole à 125 dollars le brent; embargo occidental contre la Syrie; soutien ouvert des Russes et Chinois à Damas et à Téhéran. Pas de doute, les conditions sont réunies pour une troisième guerre mondiale, dans une région abritant 54% des réserves de pétrole. Et le conflit a, peut-être, déjà commencé. Le survol de la Syrie et de l’Iran par des drones américains (lire l’encadré p.38), le refus iranien d’une inspection de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) le 22 février, l’attentat manqué prêté à l’Iran contre l’Ambassade israélienne à Bangkok, la détermination de Tel-Aviv à bombarder les installations iraniennes (dès juillet, selon des médias israéliens) pour maintenir son exception nucléaire dans la région, les menaces iraniennes, le 21 février, d’une attaque préventive contre Israël, sont autant d’actes potentiels de guerre.

Dans le camp occidental, il s’agit d’abord d’intervenir contre Damas, puis dans un second temps contre Téhéran. Cette fois cependant, Washington peine à mobiliser l’opinion publique mondiale: les conditions ne sont pas réunies pour un «Irak II». D’une part, les mensonges américains concernant l’existence d’armes de destruction massive en Irak sont encore présents dans les mémoires. Les médias sont-ils aussi manipulés sur la question du nucléaire iranien? Il convient d’entendre au moins les différents sons de cloche. Comme celui de Clinton Bastin, ancien responsable des programmes de production nucléaire américains, qui a tenté en vain d’alerter les autorités et les médias: «Les allégations américaines sont fausses, déclare-t-il au magazine 21st Century Science & Technology fin 2011. L’Iran a une centrale nucléaire, mais n’a pas l’arme nucléaire. Il lui faudrait dix à quinze ans pour l’acquérir. Et même alors, Israël dispose de 400 armes nucléaires, testées et prêtes à l’emploi. Téhéran serait idiot de poursuivre cette voie.» Selon cet expert, le réacteur iranien utilise 20% d’uranium enrichi. Pour devenir une arme, il faudrait qu’il en utilise 90%, ce qui sera très difficile à réaliser; ensuite, il faudrait encore convertir le gaz en métal, technologie complexe et à très haut risque, dont l’Iran ne dispose pas aujourd’hui, et dont l’activité serait immédiatement détectée par l’AIEA. «Les inspecteurs de cette agence, estime Clinton Bastin, sont incompétents en matière de production d’armes nucléaires. Les plans qu’ils ont vus en Iran ne sont pas authentiques, ils ont été entièrement fabriqués par des dissidents iraniens», estime-t-il.

Intimidations russes

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Le vrai mobile de la sale guerre menée contre le secret bancaire

Par Stéphane Benoit-Godet (rédacteur en chef du magazine économique Bilan)

Dans un livre qui paraît aux Editions Favre, Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe de Bilan, montre que l’offensive contre l’évasion fiscale vise à renforcer les juridictions anglo-saxonnes aux dépens de la Suisse.

"Le secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale"

En mars 2009, quand l’OCDE publie sa “liste grise” où figure la Suisse, elle place en revanche les États-Unis et la Grande-Bretagne sur la liste des bons élèves en matière de fiscalité. Dans un livre publié le 10 février 2010, “Le secret bancaire est mort, vive l’évasion fiscale“, Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe de Bilan et auteure en 2008 de “UBS, les dessous d’un scandale” (éditions Favre), révèle comment les juridictions anglo-saxonnes, maîtres incontestés de l’évasion fiscale, s’apprêtent à récupérer les parts de marché de la Suisse. Elle répertorie les techniques d’évasion fiscale anglo-saxonnes qui permettent à d’immenses fortunes d’échapper aux impôts et à l’échange d’informations fiscales prévu par les nouvelles conventions, notamment grâce à des trusts non déclarés.

L’évasion fiscale se porte à merveille

Avec l’effritement du secret bancaire, l’évasion fiscale ne disparaît pas. Loin de là. Nous assistons simplement à deux phénomènes. D’une part, à la conquête sans partage de l’empire du «non-déclaré» par les entités anglo-saxonnes, dont les pratiques juridiques triomphent. D’autre part, à un ajustement des coûts sur le marché de la défiscalisation: désormais, éviter efficacement l’impôt coûte beaucoup plus cher, car les risques politiques et légaux sont en très forte hausse. La barrière d’entrée pour accéder au marché de la confidentialité est donc simplement montée de plusieurs crans. Les techniques anglo-saxonnes ont supplanté le secret bancaire. Il s’agit des montages de trusts et de sociétés off-shore. Ces structures souvent opaques répondent le mieux aux obstacles et défis du monde actuel, mais leur efficacité en fait des solutions plus coûteuses que le secret bancaire.

En réalité, ce dernier offrait de l’évasion fiscale trop bon marché étant donné les risques, désormais incalculables, de voir des États intensifier leurs attaques contre la Suisse. Par contraste, les techniques anglo-saxonnes permettent de parer de légitimité des structures qui visent à défiscaliser le capital, le revenu du capital, la succession, légalement, illégalement, ou partiellement légalement dans le cas des schémas fiscaux légaux dits “agressifs“. Dans tous les cas, le risque d’une découverte de l’arrangement par l’État restera d’autant plus faible que la structure est coûteuse et qu’un avis de droit rédigé par un avocat – coûteux lui aussi – en aura légitimé l’usage. Ces techniques ne sont autres qu’un produit de luxe.

Le secret bancaire, un faux débat

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