Ça fait rire les spéculateurs, ça ruine les salariés

Par Myret Zaki

Il existe un facteur qui permet aux investisseurs de voir s’apprécier exagérément la valeur de leur portefeuille par rapport aux fondamentaux économiques. Et qui, en même temps, cause une perte du pouvoir d’achat des salariés et, à terme, une dégringolade durable des conditions économiques et des finances étatiques.

Il s’agit de l’inflation, celle invisible aujourd’hui dans les statistiques, mais visible aux yeux des consommateurs, et évidente dans les prix des actions, de l’immobilier, et de l’art.

Cette inflation qui ne dit pas son nom sert d’unique politique monétaire depuis plus d’une décennie. Les indices officiels de prix à la consommation la sous-estiment grossièrement. Mais surtout, ces statistiques ne tiennent aucun compte de l’inflation la plus dangereuse, celle boursière et immobilière. Cette même bulle des prix qui avait causé le krach de 2008, et qui sera la cause inévitable du prochain krach.

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La vraie guerre vise les banques étrangères

Par Myret Zaki

L’inculpation, ce 19 juin, du président de la filiale belge d’UBS par le parquet de Bruxelles s’insère dans une suite logique, confirmant l’évidence : les grands pays en lutte contre la soustraction fiscale de leurs contribuables ne s’attaquent qu’aux banques étrangères. Tout se passe comme si les banques nationales, elles, n’étaient jamais impliquées de près ou de loin dans les sorties de capitaux évadés du pays.

Affiche de propagande autrichienne, première guerre mondiale

Jamais on ne verra Washington condamner une banque américaine pour aide à la fraude fiscale d’Américains, ni Bercy inquiéter une banque française à ce sujet.

Pourtant, les chiffres indiquent que les banques étrangères ne gèrent qu’une part minoritaire des avoirs non déclarés de ces pays. Les banques américaines, par exemple, détiendraient 88% des avoirs américains à l’étranger, selon la Weltwoche.
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Sauver la classe moyenne, et ressusciter

Par Myret Zaki

Les classes moyennes, en Europe comme aux Etats-Unis, se meurent. Conséquence du creusement des inégalités, elles sont en train de se vider de leurs contingents. Et cela refaçonne le paysage tant politique qu’économique.

Les 1%
EN CAS DE GUERRE DES CLASSES, BRISER LA GLACE (caricature américaine)

En France, le salaire réel net moyen, qui avait été multiplié par trois (+400%) de 1947 à 1975, n’a progressé que de 12% sur les vingt dernières années. Les générations nées vers 1960 n’ont jamais connu les opportunités de leurs parents.

Le déclassement social fait que les nouvelles générations sont moins riches que leurs parents et que les pauvres aujourd’hui sont les jeunes. Ce qu’on appelle aujourd’hui la classe moyenne, en Europe, est en grande partie subventionnée par la génération précédente, celles des Trente Glorieuses.
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Le bal des menteurs ou la fin du secret bancaire (Docu)

Pendant des décennies, la Suisse s’est accrochée, envers et contre tous, à son secret bancaire. Et puis soudain, tout a basculé.

Au début des années 2000, UBS se lance dans une stratégie offensive pour conquérir de nouveaux clients sur le sol américain. En 2007, la crise des subprimes fragilise la banque. En 2009, le géant bancaire se retrouve pris dans la nasse du fisc américain. Le Conseil fédéral doit sauver la banque de la faillite. C’est le début de la fin du secret bancaire.

De la fin de la Seconde Guerre mondiale en passant par l’initiative socialiste en 1984 ou l’affaire des fonds juifs, le secret bancaire, véritable marque de fabrique de la place financière suisse, a été pris dans de nombreuses turbulences. Il finira par céder devant la détermination des autorités fiscales américaines.

Le Credit Suisse se retrouve à son tour dans l’œil du cyclone. Séquences inimaginables: quatre hauts responsables de la banque comparaissent devant le Sénat américain et rejette l’accusation de fraude fiscale sur leurs employés. Effrayées, une centaine d’établissements bancaires suisses annoncent leur intention de collaborer avec la justice américaine.

Alors que les banques suisses sont lourdement sanctionnées sur le territoire américain, les banques américaines continuent à se livrer à la fraude fiscale en toute impunité. Les explications de Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan.

(Les coulisses de l’événement – RTS – 04/06/14)

Chère Marine, à quand la sortie de l’euro ?

Par Myret Zaki

SPECULATEURS

Imaginons, concrètement, ce que peut nous réserver la montée des partis europhobes au Parlement européen.

En France, le Front national de Marine Le Pen, qui affirme vouloir démanteler l’Union européenne (UE) pour la voir « exploser », qui veut restaurer la souveraineté nationale sur les frontières, la devise, la législation et l’économie, a maintenant conquis 24 sièges sur les 74 sièges français au Parlement européen. Et il n’est pas seul. Ensemble, les partis europhobes accaparent maintenant 130 sièges à Strasbourg sur 751, soit 17% des voix des députés européens.

Est-ce grave ?
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L’échange des données fiscales sera fort inégal

Par Myret Zaki

Le 6 mai 2014, les médias ont fait une découverte sensationnelle : celle de la mort du secret bancaire. La Suisse annonçait s’être engagée à l’échange automatique d’informations bancaires. Les « RIP» et autres condoléances ont fusé ; on a même vu circuler un «avis de décès du secret bancaire», histoire de conjurer le mal par le rire. Mais la découverte du décès intervient cinq ans après les faits.

Pour ceux qui ont raté le début, le 13 mars 2009, les clients étrangers de la Suisse n’étaient plus couverts par le secret bancaire, la soustraction devenant un délit pénal comme la fraude. Berne acceptait le standard de l’OCDE en matière d’échange d’informations fiscales à la demande. A partir de là, tout a basculé.

Le standard, au départ restrictif, a dérivé vers des «demandes groupées» et autres «schémas de faits», pour aboutir ce 6 mai à la norme maximale, dont une version légère existe déjà au sein de l’UE. Si le secret bancaire, garanti par l’art. 47 de la loi sur les banques de 1934, reste en vigueur, il n’est plus opposable depuis 2009 aux requêtes étrangères.

Le Conseil fédéral a beau mettre en garde que la Suisse n’appliquera l’échange d’informations que si les autres Etats l’appliquent, y compris sur les structures souvent opaques que sont les trusts et les sociétés de domicile,

les Etats ne seront pas égaux face à l’échange automatique. Seuls les pays ayant un levier politique suffisant obtiendront, dans les faits, des informations sur les comptes de leurs ressortissants, tandis qu’ils conserveront, dans les faits, des formes de secret sur les comptes étrangers qu’ils abritent.

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L’Europe des lobbies n’attend pas la Suisse

Par Myret Zaki

Il est des sujets dont la méconnaissance est inversement proportionnelle à leur importance. Il en va ainsi de celui des lobbies.

“Je peux expliquer…”
ELECTEURS EUROPÉENS – PARLEMENT EUROPÉEN – LOBBIES DES AFFAIRES

Sait-on  que l’industrie financière est le plus gros lobby à Bruxelles, avec 1.700 lobbyistes, passant par 700 acteurs financiers, et qu’elle dépense au moins 123 millions d’euros par an pour infléchir le cours des réglementations européennes ? Qu’elle a sept fois plus de lobbyistes que les syndicats et les ONG réunis, dont le budget annuel atteint 4 millions à peine ?

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2014 ne sera pas non plus “l’année du dollar”

Par Myret Zaki

De nombreux analystes annoncent chaque année le retour du dollar. Or, la devise américaine continue de perdre de la valeur aussi bien face au franc [suisse] ou à l’euro que par rapport à sa valeur passée.

2014, «année du dollar» ? Cette année encore, les stratèges des banques pourraient bien se tromper. Depuis 2001, le dollar a perdu la moitié de sa valeur face au franc suisse. D’importants facteurs baissiers, trop souvent ignorés, s’accumulent pour peser sur la valeur du billet vert à long terme. Analyse en vidéo.

Bilan

“La BCE devrait se montrer plus accomodante”

Un euro trop fort, une périphérie en déflation : la zone euro aurait besoin d’une banque centrale plus agressive pour relancer le crédit aux entreprises. La vidéo du Café Eco avec Michel Girardin, économiste, professeur à HEC Genève et Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan.

Bilan

UDC, la grande illusion de la souveraineté

Par Myret Zaki

Lorsque les Suisses ont voté le 9 février contre «l’immigration de masse», contre l’avis du Conseil fédéral et du Parlement, était-ce vraiment la souveraineté d’un peuple qui s’imposait ? On pourrait le croire, mais il n’en est rien.

Les victoires de l’UDC, et le vaillant récit du rejet de l’Union européenne par la petite Suisse, se rangeraient fort bien dans le répertoire romantique allant de «Guillaume Tell» à «David contre Goliath», si ce n’était pure illusion.

En réalité, les Helvètes, tentés comme partout ailleurs par le repli identitaire, n’ont fait que réagir, plutôt que d’agir. Le fantasme d’une Suisse pure, peuplée de Heidis, propre, sûre, prospère (a-t-elle jamais existé, cette Suisse-là ?), c’est notre islamisme à nous. Au Moyen-Orient, le réflexe identitaire s’exprime par un retour compulsif à la religion – elle aussi fantasmée – qui veut se distinguer autant que possible de l’envahisseur lointain.

En Europe, les rêves de démantèlement de l’UE, d’un retour aux nations, aux régions et aux anciennes monnaies visent à lutter contre le même ennemi : la globalisation, à marche forcée, non seulement économique mais surtout politique.

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Quand le tsunami des capitaux s’en va

Par Myret Zaki

Ce n’est pas le moindre des paradoxes : la Banque centrale américaine (Fed) et celle du Japon (BoJ), qui insufflent d’immenses liquidités dans les actions, obligations et changes, ont plus d’effets sur les marchés émergents que sur les marchés développés qu’elles régissent directement.

Depuis le mois de mai déjà, les capitaux globaux ont commencé à se retirer des marchés émergents, dès la première utilisation du mot «tapering» (réduction de l’assouplissement monétaire) par la Fed. Aux annonces de réduction de liquidités des Etats-Unis s’est ajoutée celle du Japon.

Il n’en fallut pas davantage pour que les capitaux globaux, tel un banc de harengs, se détournent en quelques secondes de ce qu’ils considèrent comme les actifs les plus risqués, les marchés émergents.

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Myret Zaki épingle les rois de l’évasion fiscale

Entretien diffusé le 30/01/2014 avec Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe de Bilan, bimensuel économique suisse et Noël Pons, ancien inspecteur des impôts, spécialiste de la fraude fiscale.

Depuis 2008, l’Union des Banques Suisses est accusée d’avoir joué un rôle non négligeable dans la crise financière. Et les nuages continuent de s’accumuler. Myret Zaki précise que les attaques sur les banques suisses sont très nombreuses, alors qu’on estime à 400 milliards d’euros les avoirs offshore des banques françaises. Mais pas un mot de la part des autorités françaises à ce sujet…

Myret Zaki indique également que les structures anglo-saxonnes sont aujourd’hui beaucoup plus efficaces que le secret bancaire suisse pour s’évader fiscalement, via des trusts anglo-saxons, des sociétés offshore, des paradis fiscaux de droit anglo-saxon, etc.

Aujourd’hui 15 000 milliards de dollars de fortune sont cachés dans des trusts et des structures offshore. Si des banques se retrouvent devant la justice, “le montant des amendes est insignifiant” si on le compare avec les bénéfices d’une banque comme UBS, qui peuvent avoisiner les 20 milliards de dollars…

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Inflation et déflation coexistent désormais

Par Myret Zaki

Suivant les opinions, vous trouverez ceux qui vous diront qu’on évolue dans un environnement d’hyperinflation rampante. Ou ceux qui vous assureront qu’au contraire, on est en déflation, seul danger qu’ils identifient dans un monde qui serait devenu «zéro inflation». Ce que peu vous diront, c’est que nous avons aujourd’hui une inflation et une déflation qui coexistent dans les économies développées.

Janus (pas le nôtre, mais le dieu grec)

Là où se cache l’inflation

L’inflation se cache dans les marchés financiers. La déflation se loge dans l’économie réelle. Configuration déplaisante, mais aisément démontrable.

Depuis que les banques centrales ont recouru à leurs outils non conventionnels pour injecter des liquidités illimitées dans les marchés, ce phénomène inédit de l’inflation financière couplé à la déflation économique s’est installé, sans que les théories économiques conventionnelles ne parviennent à l’identifier.

Ce qui a enfanté cette situation, ce sont les remèdes choisis pour sortir de la crise de 2008 : aux Etats-Unis, l’assouplissement monétaire de la Réserve fédérale (Fed), au départ destiné à relancer l’économie réelle, a prouvé qu’il n’avait d’influence que sur les marchés financiers.

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Antiaméricain, l’insulte qui tue (la pensée)

Par Myret Zaki

Est-on antiaméricain si l’on critique la politique étrangère des États-Unis, leurs lois extraterritoriales, leur espionnage de millions d’individus de par le monde, les attaques de Washington contre la place financière suisse, la politique monétaire de la Fed, ou les dérives croissantes de Wall Street ?

N’en déplaise à l’idiotie intellectuelle ambiante, la réponse est non. Pas plus qu’on n’est «antisuédois» si l’on critique l’achat d’avions de combat Gripen par la Confédération [suisse], ou qu’on n’est «antichinois» si l’on s’élève contre les salaires horaires des ouvriers chinois.

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Les nouvelles dictatures du renseignement

Par Myret Zaki

C’est une dérive totalitaire à laquelle on assiste depuis la crise de 2008. Elle se manifeste principalement aux Etats-Unis et dans une moindre mesure en France. La Suisse, pays riche mais sans réelle force de dissuasion, en fait les frais. Ses banques, prises pour cible, servent de révélateur de ces dérives étatistes.

Le Parlement suisse doit voter d’ici à juillet, sous forme de loi urgente, et sans en connaître le contenu, un «programme unilatéral» légalisant la transmission massive et indiscriminée à Washington d’informations sur des employés et clients de banques suisses, sous peine d’un éventuel boycott du marché du dollar pour lesdites banques. Un abus de position dominante qui intervient un an après que la Suisse a déjà transmis aux Etats-Unis, sans base légale, 10.000 noms d’employés, et qu’encore plus de clients se soient déjà dénoncés.

La France s’inscrit dans la droite ligne de la politique washingtonienne, que ce soit au plan de sa politique étrangère d’ingérence (Libye et Syrie) ou dans sa dérive vers un Etat policier et liberticide, qui se traduit par des stratégies de force pure, similaires aux Etats-Unis dans la lutte contre la fraude fiscale.

Une justice à sens unique
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Myret Zaki : «Les banques ont pipé les dés»

On aime à entretenir le mythe que «les marchés sont efficients» et que la valorisation des actifs financiers reflète les seules forces du marché. La réalité, dont le scandale du Libor n’a révélé que la surface, est à l’opposé.

Pratiquement aucun prix, aucun taux, n’est pas manipulé aujourd’hui. Les taux d’intérêt, les dérivés, les monnaies, les matières premières et la valeur de l’argent lui-même sont faussés par les banques.

Il y a d’abord eu le scandale du Libor, dans lequel 15 banques manipulaient depuis des années les taux interbancaires, qui influent à leur tour sur la valeur de quelque 500 000 milliards de dollars d’instruments financiers.
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« Offshore Leaks » : silence radio à Londres (Màj)

Addendum du 07/04/2013

En matière de paradis fiscaux, le Royaume-Uni est un peu comme un aigle à deux têtes, deux visages qu’il ne montre jamais simultanément. Officiellement, le premier ministre britannique David Cameron a placé la lutte contre l’évasion fiscale au cœur de sa présidence du G8 cette année. (…)

Dans la réalité, la première place financière européenne de par sa perméabilité peut être considérée comme le paradis fiscal par excellence. “Onshore” (souverain) comme on dit dans le jargon, par opposition à “offshore” (extraterritorial).

Ainsi, les nombreux scandales qui ont récemment émaillé la chronique financière de la City – blanchiment de l’argent de la drogue, violation des sanctions internationales, évasion fiscale à grande échelle, commissions occultes dans des contrats d’armements – ont tous transité via des paradis fiscaux liés de près ou de loin à la City.

(…) Dans ces conditions, le silence médiatique qui a entouré au Royaume-Uni les révélations des Offshore Leaks est facilement compréhensible. Seul le Guardian, associé à l’enquête, a couvert l’affaire. Ailleurs, c’est le silence radio. Et pour cause, les propriétaires des titres britanniques sont souvent eux-mêmes immatriculés dans les zones offshore. (…)

Le Monde (Marc Roche)

Myret Zaki analyse les montages financiers sur la Radio Télévision Suisse Romande, le 07/04/2013 à 19 H 30

RTS

En complément, un entretien audio, également sur RTS ce jour :

« Qui a piraté ces données ? Pourquoi est-ce que cela se concentre essentiellement sur l’Europe ? Qui a intérêt à sortir ces informations ? Avant de gober ces données, on doit le savoir. » – Myret Zaki

Forum RTS

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Addendum du 06/04/2013

Devant un tel déballage médiatique, le premier réflexe ne saurait être autre que de défiance, sachant que parmi les pontes de l’ICIJ, étrange bidule international, on trouve le financier George Soros, requin de la spéculation dont la fondation Open Society peut être considérée, sans grand risque de se tromper, comme l’un des plus beaux fleurons du soft power américain, art dans lequel la CIA est passée maître. Rappelons ainsi que le Soros en question a failli faire sauter la banque d’Angleterre et manqué de peu de faire de même avec celle de Malaisie.

(…) Ces choses dites, les révélations de l’ICIJ, seulement relayées par quelques dizaines de journaux triés sur le volet, dont The Guardian et Le Monde, sont intéressantes à plus d’un titre. Chez les grands fraudeurs, quelques rois nègres, deux ou trois satrapes orientaux et autant d’autocrates caucasiens. Bref, de l’habituel. Des Américains ? Pour l’instant, pas la queue d’un…

Boulevard Voltaire

pour mettre les choses en perspective, soulignons que les 120.000 sociétés offshore dévoilées par cette “méga-opération” pâlissent quand on sait que les seuls trois Etats américains du Delaware, du Wyoming et du Nevada renferment plus de 700.000 sociétés offshore. Aura-t-on la moindre information pertinente sur ces juridictions-là qui figurent parmi les plus opaques au monde ?

Par ailleurs, il manque l’essentiel. Lorsqu’on dévoile ainsi une base de données volée à des intermédiaires financiers des Iles Vierges Britanniques et de Singapour, la première chose que l’on attendrait d’un consortium de journalistes d’investigation, c’est qu’il nous informe sur l’identité du voleur. Qui donc a piraté ces données ? D’où vient ce mystérieux disque dur, arrivé dans un paquet anonyme? Avant de s’enthousiasmer et d’avaler tout droit ces informations, il convient de s’interroger sur qui a intérêt à les livrer ainsi en pâture, et qui sera balancé aux médias, et qui sera éventuellement protégé.

Bilan

(Merci à libherT)
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Chypre : les épargnants paient à la place des spéculateurs

Une des choses les plus mal comprises, dans la crise chypriote, est sans doute l’essentiel : à savoir sa cause principale, qui n’est autre que la spéculation contre la zone euro.

Ce phénomène est si mal identifié, qu’on arrive aujourd’hui à faire passer l’idée qu’il serait légitime d’aller chercher dans les poches des épargnants ce qui a été pris aux banques par la spéculation massive contre la dette souveraine de la zone euro. Or les épargnants locaux n’ont aucune responsabilité dans cette affaire, et un transfert de richesses s’opère des populations vers l’élite sophistiquée, non régulée et non sanctionnée de la finance, en dehors de tout contrôle démocratique.

Les épargnants chypriotes, dont les comptes de plus de 100.000 euros seront potentiellement taxés jusqu’à 50% ou 80%, vont en réalité payer pour compenser ce que des hedge funds ont pillé à la zone euro, trois ans durant. La crise trouve ses origines fin 2009, dans les attaques spéculatives anglo-saxonnes qui ont ciblé de manière concertée la zone euro, et qui ont coulé le pays voisin de Chypre, la Grèce, alors que les banques chypriotes détenaient de grandes quantités de dette grecque, comme l’explique clairement l’agence Standard & Poor’s.

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