Addendum du 07/04/2013
En matière de paradis fiscaux, le Royaume-Uni est un peu comme un aigle à deux têtes, deux visages qu’il ne montre jamais simultanément. Officiellement, le premier ministre britannique David Cameron a placé la lutte contre l’évasion fiscale au cœur de sa présidence du G8 cette année. (…)
Dans la réalité, la première place financière européenne de par sa perméabilité peut être considérée comme le paradis fiscal par excellence. “Onshore” (souverain) comme on dit dans le jargon, par opposition à “offshore” (extraterritorial).
Ainsi, les nombreux scandales qui ont récemment émaillé la chronique financière de la City – blanchiment de l’argent de la drogue, violation des sanctions internationales, évasion fiscale à grande échelle, commissions occultes dans des contrats d’armements – ont tous transité via des paradis fiscaux liés de près ou de loin à la City.
(…) Dans ces conditions, le silence médiatique qui a entouré au Royaume-Uni les révélations des Offshore Leaks est facilement compréhensible. Seul le Guardian, associé à l’enquête, a couvert l’affaire. Ailleurs, c’est le silence radio. Et pour cause, les propriétaires des titres britanniques sont souvent eux-mêmes immatriculés dans les zones offshore. (…)
Le Monde (Marc Roche)
Myret Zaki analyse les montages financiers sur la Radio Télévision Suisse Romande, le 07/04/2013 à 19 H 30
RTS
En complément, un entretien audio, également sur RTS ce jour :
« Qui a piraté ces données ? Pourquoi est-ce que cela se concentre essentiellement sur l’Europe ? Qui a intérêt à sortir ces informations ? Avant de gober ces données, on doit le savoir. » – Myret Zaki
Forum RTS
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Addendum du 06/04/2013
Devant un tel déballage médiatique, le premier réflexe ne saurait être autre que de défiance, sachant que parmi les pontes de l’ICIJ, étrange bidule international, on trouve le financier George Soros, requin de la spéculation dont la fondation Open Society peut être considérée, sans grand risque de se tromper, comme l’un des plus beaux fleurons du soft power américain, art dans lequel la CIA est passée maître. Rappelons ainsi que le Soros en question a failli faire sauter la banque d’Angleterre et manqué de peu de faire de même avec celle de Malaisie.
(…) Ces choses dites, les révélations de l’ICIJ, seulement relayées par quelques dizaines de journaux triés sur le volet, dont The Guardian et Le Monde, sont intéressantes à plus d’un titre. Chez les grands fraudeurs, quelques rois nègres, deux ou trois satrapes orientaux et autant d’autocrates caucasiens. Bref, de l’habituel. Des Américains ? Pour l’instant, pas la queue d’un…
Boulevard Voltaire
pour mettre les choses en perspective, soulignons que les 120.000 sociétés offshore dévoilées par cette “méga-opération” pâlissent quand on sait que les seuls trois Etats américains du Delaware, du Wyoming et du Nevada renferment plus de 700.000 sociétés offshore. Aura-t-on la moindre information pertinente sur ces juridictions-là qui figurent parmi les plus opaques au monde ?
Par ailleurs, il manque l’essentiel. Lorsqu’on dévoile ainsi une base de données volée à des intermédiaires financiers des Iles Vierges Britanniques et de Singapour, la première chose que l’on attendrait d’un consortium de journalistes d’investigation, c’est qu’il nous informe sur l’identité du voleur. Qui donc a piraté ces données ? D’où vient ce mystérieux disque dur, arrivé dans un paquet anonyme? Avant de s’enthousiasmer et d’avaler tout droit ces informations, il convient de s’interroger sur qui a intérêt à les livrer ainsi en pâture, et qui sera balancé aux médias, et qui sera éventuellement protégé.
Bilan
(Merci à libherT)
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