Noorassur : Une assurance hallal, mais pas sans risque

La ferveur musulmane progresse et, avec elle, les affaires, notamment en matière financière. Sonia Mariji, 43 ans, l’a bien compris et vient d’ouvrir à Chelles (77) sa première agence d’assurance islamique sous la marque Noorassur. La première pierre d’une franchise d’assurance « hallal » qui devrait compter plus d’une vingtaine d’agences d’ici à la fin de l’année.


À l’origine de ce projet, assure-t-elle, une prise de conscience personnelle : « Le krach de 2008 était une crise de cupidité. J’ai alors pris conscience que les choses ne pouvaient plus continuer ainsi. Je suis musulmane: j’ai cherché une manière plus éthique de faire de la finance. »

Le marché est mûr, pense Sonia Mariji. D’abord parce que les musulmans en Europe, et notamment en France, sont de plus en plus nombreux à vouloir revenir à une pratique plus stricte de la loi musulmane. Or celle-ci interdit le prêt à intérêt et l’usure, ce qui exclut en théorie tout investissement dans des produits à intérêt garanti comme les produits obligataires.

Est aussi proscrit le fait de gagner de l’argent sur le malheur des gens, donc si assurance il y a, elle est fondée sur la solidarité et de type mutualiste et interdit de facto le principe de l’assurance décès ; l’investissement dans des secteurs « haram », impurs, comme l’industrie porcine, bien sûr, mais aussi la drogue, l’armement, etc. est prohibé.
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Pourquoi l’État islamique a décidé de frapper sa monnaie en or ?

Après l’annonce fait il y a plusieurs mois, l’organisation de l’État islamique a entamé la frappe de sa propre monnaie en or. L’EI montre en image les pièces d’un et de cinq Dinar coulées et frappées, cela dans le cadre d’une vidéo de 54 minutes dans laquelle il explique ses motivations.

Pourquoi l’EI a-t-il décidé d’entreprendre la frappe de sa monnaie et dans quelle mesure pourra-t-il l’imposer sur les territoires sous sont contrôle ?

DCRI : Dans l’ombre du renseignement (Archive)

Après le choc des attaques au siège de Charlie Hebdo et à l’épicerie Hyper Cacher, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé de nombreuses mesures, mercredi 21 janvier, pour contrer la menace terroriste islamiste. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) se verra ainsi dotée de 500 postes supplémentaires et bénéficiera des 425 millions d’euros de crédits d’investissement et de fonctionnement dédiés à la lutte antiterroriste.

Du siège de la DCRI (la DGSI s’est substitué à la DCRI le 12 mai 2014) jusqu’aux centres d’écoute satellitaire, notre caméra a pu pénétrer, pour la première fois, dans les coulisses de l’espionnage français. Nous avons suivi la filature de dix agents secrets chargés de repérer un homme suspecté de planifier un attentat. À l’aéroport, où ils attendent son arrivée, rien ne les distingue des autres passagers. “Le filocheur, c’est monsieur Tout le monde”, confie un espion.

Ces nouveaux moyens s’ajoutent à la création, mardi 13 janvier, d’un fichier répertoriant les personnes suspectées de terrorisme. Enfin, le Premier ministre a présenté un projet de loi sur le renseignement à l’Assemblée nationale le lundi 13 mai dernier.

État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 6e et dernière partie

V Dissuation

Il serait trop facile, voire disculpatoire, de qualifier le problème posé par l’État islamique de “problème avec l’Islam.” La religion permet de nombreuses interprétations, et les partisans de l’EI sont moralement tenus de suivre la leur. Pourtant, dénoncer simplement l’EI comme étant non conforme à l’Islam peut être contre-productif. Surtout si ceux à qui s’adresse ce message ont lu les textes sacrés et y ont clairement vu une adéquation avec la plupart des pratiques du califat.

Par Graeme Wood - Traduction libre réalisée par Fortune.

Des musulmans peuvent dire que l’esclavage n’est pas légitime aujourd’hui, et que la crucifixion est une erreur dans le contexte historique actuel. Beaucoup l’affirment d’ailleurs. Mais ils ne peuvent pas condamner l’esclavage ou la crucifixion purement et simplement sans contredire le Coran et l’exemple du Prophète.

La seule voie que les adversaires de l’État islamique pourraient prendre serait de dire que certains textes et enseignements traditionnels de l’Islam ne sont plus valides», explique Bernard Haykel. Ce qui serait vraiment un acte d’apostasie.

L’idéologie de l’État islamique exerce une puissante emprise sur une frange de la population. Les hypocrisies et les incohérences de la vie disparaissent à son contact. Musa Cerantonio et les salafistes que j’ai rencontrés à Londres sont imbattables : pas une question que je leur ai posée ne les fit bégayer. Ils m’ont tenu des discours de façon très convaincante, à condition que l’on accepte leurs arguments.
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État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 5e partie

IV Le Combat

La pureté idéologique de l’État islamique offre au moins un avantage : elle nous permet de prévoir certaines de ses actions. Ben Laden était difficilement prévisible. Il avait achevé son dernier entretien télévisé sur CNN de manière mystérieuse. A la question de Peter Arnet concernant ses futurs plans, il avait répondu: “vous le verrez et vous en entendrez parler dans les médias, si Dieu le veut”. L’État islamique claironne au contraire ouvertement ses plans – pas tous, mais suffisamment pour qu’en l’écoutant avec attention nous puissions déduire comment il compte s’étendre et gouverner.

Par Graeme Wood - Traduction libre réalisée par Fortune.

A Londres, Choudary et ses étudiants ont décrit dans le détail la manière dont l’EI devait désormais mener sa politique étrangère en tant que califat. Il a déjà repris ce que la loi islamique désigne comme le “djihad offensif”, à savoir l’expansion par la force dans les pays dirigés par les non-musulmans.

Choudary explique : “Jusqu’à maintenant nous ne faisions que nous défendre. Sans califat, le djihad offensif reste un simple concept. Mais la guerre d’expansion est un devoir essentiel du calife.

Difficile pour Choudary de faire passer les lois de la guerre, appliquées par l’EI, comme clémentes plutôt que brutales. Il m’affirme que l’État est obligé de terroriser ses ennemis – c’est un commandement sacré que de les effrayer à grands renforts de décapitations, crucifixions, mises en esclavage des femmes et des enfants, parce que toutes ces actions précipitent la victoire et évitent l’enlisement.

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État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 4e partie

III. L’Apocalypse

Tous les musulmans admettent que seul Dieu connaît l‘avenir. Mais ils admettent également qu’il nous a accordé un moyen de l’entrevoir grâce au Coran et aux paroles du Prophète. L’État islamique considère que l’origine divine de ces écritures et de ces récits tient une place centrale. En cela, il se distingue de presque tous les autres groupes djihadistes du moment. C’est dans cet aspect des choses qu‘il est le plus audacieux par rapport à ses prédécesseurs, en donnant à sa mission une nature très clairement religieuse.

Par Graeme Wood

Pour faire simple, al-Qaeda agit comme un mouvement politique clandestin aux visées planétaires et intemporelles – l’expulsion des non-musulmans de la péninsule arabique, l’abolition de l’État d’Israël, la fin du soutien aux dictatures dans les pays musulmans.

L’État islamique possède également des objectifs globaux (incluant, partout où il s’est implanté le ramassage des ordures et le maintient de la distribution d’eau), mais la fin des temps constitue un leitmotiv de sa propagande. Ben Laden faisait rarement mention de l’apocalypse et lorsque c’était le cas, il avait l’air de penser qu’il serait mort depuis longtemps quand sonnerait enfin l’heure du jugement dernier.

Will McCants, membre du Brookings Institution et auteur d’un ouvrage en cours sur la pensée apocalyptique de l’État islamique, affirme que “Ben Laden et Zawahiri appartiennent à l’élite des familles sunnites et regardent avec une certaine condescendance ce genre de spéculations populaires“.

État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 3e partie

II. Territoire

Le nombre de musulmans étrangers ayant émigré vers l’État islamique est estimé à plusieurs dizaines de milliers. Les recrues viennent de France, du Royaume-Uni, de Belgique, d’Allemagne, de Hollande, d’Autriche, d’Indonésie, des États-Unis et de bien d’autres pays. Beaucoup sont venus pour combattre, et beaucoup entendent y mourir.

Par Graeme Wood

Peter R Neumann, professeur au King’s College de Londres, m’a affirmé que les discussions en ligne jouent un rôle essentiel pour la diffusion de la propagande et pour s’assurer que les nouveaux venus savent ce qu’il faut croire.

Le recrutement par internet a également contribué à élargir la démographie de la communauté djihadiste, en permettant à des musulmanes conservatrices -ne quittant pas leur domicile- d’entrer en contact avec des recruteurs, de se radicaliser et d’organiser leur voyage en Syrie. Grâce à ces appels vers les deux sexes, l’État islamique espère construire une société à part entière.

Au mois de novembre, je me suis rendu en Australie pour rencontrer Musa Cerantonio, un homme âgé d’une trentaine d’années que Neumann et d’autres chercheurs avaient identifié comme une des deux plus importantes “autorités spirituelles” pour ce qui est d’inciter les étrangers à rejoindre l’État islamique.

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État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 2e partie

I. La Dévotion

En novembre, l’État islamique a diffusé un publi-reportage faisant remonter ses origines à Ben Laden. Abu Musa’b al Zarqawi, le cruel chef d’al-Qaeda en Irak de 2003 jusqu’à sa mort en 2006, y est considéré comme un géniteur plus récent. Deux autres chefs de guerre lui ont succédé avant l’arrivée de Baghdadi, le calife. Ayman al Zawahiri, le chirurgien ophtalmologiste égyptien au look d’intellectuel, successeur de Ben Laden à la tête d’al-Qaeda, n’y est pas mentionné.

Zawahiri n’a pas prêté allégeance à Baghdadi et il est de plus en plus détesté par ses camarades djihadistes. Son absence de charisme aggrave son isolement. Dans les vidéos, il apparaît biaiseux et ennuyeux. Mais la scission entre al-Qaeda et l’État islamique a mis du temps à se concrétiser et elle explique en partie la soif de sang hors norme de ce dernier.

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État Islamique : L’apocalypse au nom d’Allah – 1e partie

Nous publions ici l’article d’un journaliste américain, Graeme Wood de la revue The Atlantic, relatif aux objectifs et à la nature profonde du groupe l’État islamique. Comme il est de coutume sur le site, cette publication ne constitue pas l’expression de notre adhésion aux analyses et aux conclusions de l’auteur, mais son approche peu commune et plutôt originale dans le paysage médiatique français nous est apparue digne d’intérêt et propre à nourrir la réflexion sur une question qui demeure, quoiqu’il en soit, des plus complexes. Extrêmement (sic!) long et détaillé, il fera l’objet de 6 articles distincts. Fortune.

L’État Islamique est sans conteste un ramassis de psychopathes. Mais c’est aussi un groupe religieux avec des croyances très spécifiques, parmi lesquelles la certitude de l’imminente fin des temps. Une certitude qui imprègne fortement sa stratégie mais qui nous offre également des pistes pour la mettre en échec.

Par Graeme Wood – Traduction libre réalisée par Fortune.

D’où vient l’État islamique et quelles sont ses intentions ?

La simplicité de ces questions peut être trompeuse, et il est probable que seuls quelques dirigeants occidentaux soient en mesure d’y répondre.

Au mois de décembre, le New York Times publiait des propos confidentiels du général de division Michael K. Nagat, commandant des opérations spéciales américaines pour le Moyen-Orient :

” Nous n’avons pas vaincu l’idée… Nous ne l’avons même pas comprise“,

illustrant ses difficultés à seulement pouvoir donner du sens à l’appel de l’État islamique.

Au cours de l’année écoulée, le président Obama l’a, quant à lui, défini comme n’étant

“pas islamique”

ou encore l’a qualifié “d’équipe junior” d’al-Qaeda.

Autant de déclarations qui reflètent la confusion régnant à propos de ce groupe, une confusion qui est sans doute à l’origine d’importantes erreurs stratégiques.

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Égypte : Les bimbos d’Orient, enquête sur un paradoxe

Le Caire, avec ses vingt millions d’habitants, est l’épicentre d’un nouveau phénomène qui secoue le Moyen-Orient : la “bimbomania”. Une nouvelle génération de stars plantureuses de la pop arabe y a émergé en quelques années.

Clips torrides et attitudes lascives font désormais débat dans un monde où le rigorisme religieux prend de l’ampleur.

Jihad : Une guerre, une stratégie, des références

Les différentes déclinaisons du « jihad » diffusent aujourd’hui une avalanche d’images — photos et vidéos extrêmement choquantes, qu’il s’agisse des conséquences d’un bombardement sur une population, de corps disloqués d’ennemis tués au combat qu’on enterre par bennes dans des fosses communes, de gens qu’on décapite, brûle vifs, lapide, précipite du haut d’immeubles…

La guerre est quelque chose qui relève de l’entendement — un outil destiné à atteindre des buts politiques par usage de la violence. Elle est également animée par des ressorts de nature passionnelle — le déchaînement de violence sans passion, est-ce bien envisageable… ?

Maîtriser l’art de la guerre pourrait d’ailleurs bien relever d’une exploitation habile et équilibrée de ses ressorts passionnels et rationnels. Or, ceci a été théorisé au profit du jihad. Un certain Abu Bakr Naji (1), Égyptien tué dans les zones tribales Pakistanaises en 2008 et membre du réseau Al Qaeda, a en effet publié sur Internet en 2004, en langue arabe, un livre intitulé le Management de la Sauvagerie : l’étape la plus critique que franchira l’Oumma. (2)

L’ouvrage a été traduit en anglais par William Mc Cants au profit de l’institut d’études stratégiques John M. Olin de l’université de Harvard. C’est sur cette traduction qu’est fondé le présent billet. On a parfois l’impression d’y lire les enseignements de l’implantation de Jabhat al Nusra en Syrie, à ceci près qu’il a été écrit avant… Et l’on y découvre des théories auxquelles ont donné corps des gens comme Abu Mussab al Zarqaoui, ou les actuels décideurs de l’organisation État Islamique.

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L’économie, un rempart contre le terrorisme islamiste ?

Le redressement de l’économie peut-il constituer un rempart contre le terrorisme? Après l’union nationale, apparaissent les risques de fracture, des écoles aux quartiers défavorisés en passant par les prisons et les réseaux sociaux.

La crise économique, la panne de l’ascenseur social et le délaissement de certaines banlieues forment-elles un terreau pour le terrorisme? Débat avec Général Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de Guerre (2008-2010), Christian Menanteau, chroniqueur économique sur RTL et l’ économiste Jean-Paul Betbèze.

Le dessous des cartes : Xinjiang, le grand ouest chinois

Au carrefour de la Russie, de l’Asie centrale et de l’Asie du Sud, la région autonome chinoise du Xinjiang est majoritairement peuplée de turcophones musulmans. Lieu de tensions interethniques, cette périphérie occidentale de la Chine connaît pourtant un développement accéléré.

“Les investissements, ajoutés à la large immigration han, sont vus par les Ouïghours comme un pillage organisé de leurs ressources et comme une colonisation de l’intérieur.”

“Aujourd’hui les Han se sont imposés comme l’élite économique et sociale du Xinjiang, Pékin mène une politique répressive envers la culture et la religion des Ouïghours. La majorité des Ouïghours est hostile à la tutelle de Pékin.”

« Comment sommes-nous devenus si cons ? » : Le cri de colère du linguiste Alain Bentolila

Par Jean-Paul Brighelli

Derrière le titre un brin provocateur, Alain Bentolila, spécialiste du créole haïtien et de l’apprentissage des langues maternelles au Maroc, dresse dans son ouvrage paru jeudi 11 septembre, un portrait sévère de notre rapport à l’intelligence et à l’apprentissage.

L’auteur pousse cri de colère contre des années d’errances éducatives, mais également contre l’ensemble de la société, de l’école à internet.

« On n’est pas con, on nous a rendus cons ! La télévision en porte une grande responsabilité : même s’il y a des émissions remarquables, celles regardées sont souvent d’une affligeante débilité. Les réseaux sociaux ont également une part de responsabilité ; Facebook rend les gens très cons. Les hommes politiques, enfin, au discours rodé, nous prennent également pour des cons… et à force, on finit par le croire. »

La com/position de l’ouvrage va de la surface vers la profondeur – de la société du spectacle et de la “grande anesthésie” télévisuelle (Nabilla n’est pas la meilleure copine de Bentolila) aux abominations com/munautaires des fous de Dieu de toutes farines.
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Business ethnique : Enquête sur un tabou

Cibler spécifiquement une minorité ethnique pour lui vendre des produits, c’est faire du « marketing ethnique ». Aux États-Unis, c’est courant. Certaines marques, comme le constructeur automobile Ford, vont jusqu’à concevoir des campagnes publicitaires différenciées selon qu’elles s’adressent aux Latinos, aux Afro-américains, ou aux Asiatiques.

En France, les marques sont tentées de s’engouffrer dans la brèche, mais l’interdiction du fichage ethnique, la laïcité républicaine et la montée du Front national font peur.

Alors les annonceurs jouent avec les mots. Ils ciblent les Noirs, mais sans l’assumer; ils font du marketing pour les Musulmans, mais sans prononcer le mot « ramadan »; ils font du « fishing » (de la pêche) ethnique dans la rue, mais discrètement.

Suisse : L’armée prépare ses frontières au chaos européen (Màj)

Addendum : BFM Business, Les décodeurs de l’écho, lundi 15 octobre 2012

La Suisse vient de former quatre nouveaux bataillons militaires et est en passe de déployer ses troupes le long de ses frontières, en vue d’anticiper tout désordre social qui pourrait découler de l’effondrement de la zone Euro et afin de se préserver de futures émeutes dans les pays limitrophes.Le résultat d’une politique financière qui consiste à soutenir en priorité un système bancaire en faillite plutôt que son dispositif de sécurité représente une mise en danger pour les populations… et les helvètes sont convaincus que les forces de l’ordre des pays voisins n’auront plus les moyens nécessaires de contenir les révoltes si les vagues de protestations se poursuivent en Europe..

Le Ministre Ueli Maurer, accompagné du chef des armées Suisse, tente de faire comprendre à son peuple que “la crise politique et fiscale Européenne pourrait prendre une ampleur plutôt déplaisante,” écrit John R. Schindler, professeur des affaires de sécurité nationale à l’US Naval War College.

Le Conseiller Fédéral Maurer s’inquiète de la concentration militaire Européenne actuelle, au plus bas depuis la Guerre Froide. Pour lui, c’est une porte ouverte aux insurrections et aux guerres raciales.

Les exercices menés par les militaires Suisses en septembre, surnommés Stabilo Due, ont été basés sur l’éventualité d’une instabilité Européenne devenue hors-de-contrôle .

Schindler note que si la colère des musulmans venait à monter d’un cran par rapport à la rage qu’avait engendré la vidéo YouTube insultant le prophète Mahomet, les immigrants des pays Européens pourraient se soulever.
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Prêt à taux zéro renforcé, une aubaine pour les consommateurs musulmans

Voici le prêt à taux zéro renforcé (ou PTZ +), un nouveau dispositif du gouvernement français pour faciliter l’accession à la propriété aux locataires qui le souhaitent dès janvier 2011. L’objectif pour Nicolas Sarkozy : « Faire de la France un pays de propriétaires ». Un mécanisme qui intéresse les musulmans, de plus en plus soucieux de respecter leurs préceptes éthiques en matière de finance qui interdit les intérêts.

Si le Parlement adopte la proposition dans le cadre du projet de loi de finances pour 2011, le prêt à taux zéro renforcé (PTZ +), dont la mise en place est prévue pour le 1er janvier 2011, s’appliquera sur tout le territoire français, départements d’outre-mer compris. Il viendra remplacer l’actuel prêt à taux zéro, les majorations qui y étaient associées, le Pass foncier et le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunts, jugés trop compliqués et coûteux.

Un prêt sharia-compliant mais adossé à un autre

Contacté par Saphirnews, Anass Patel, président de l’association AIDIMM (Association d’innovation pour le développement économique et immobilier) soutient le dispositif.
Le PTZ + « répond à deux grandes attentes du public français. D’une part, le PTZ + faisant partie des dispositifs d’aide à l’accession à la propriété est un moyen efficace de faciliter et d’accélérer la première acquisition ; d’autre part, parce qu’il est simple dans son application. Un certain nombre de contraintes ont été levées et il est ouvert à l’ensemble des personnes qui souhaitent devenir propriétaires et notamment à ceux qui, jusque-là, étaient réticents à prendre un financement, les musulmans en l’occurrence », se réjouit-il.

Cependant, il ne ressemble pas à un produit de la finance islamique pour M. Patel « Dans l’application de ce prêt à taux zéro, il est totalement adossé à un prêt bancaire, c’est-à-dire qu’on ne peut pas bénéficier de ce PTZ + dans l’absolu. On ne peut pas demander à l’État de me donner 30 à 40 % du montant d’acquisition de ma maison avec ce seul prêt », explique-t-il. Mais le prêt bancaire (associé au PTZ + ou non) pourrait désormais respecter l’éthique musulmane.
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Les Dérouilleurs ou la «Muslim Pride» économique

La Muslim Pride – la fierté d’être musulman – se répand en France parmi les nouvelles générations. Comme l’exprime Patrick Haenni dans son ouvrage L’Islam de marché, « il s’agit de reconstruire un nouveau Muslim Pride individualisé, qui ne passe pas par la revendication politique, mais par la performance économique ».

Tous les interstices de l’activité sociale et économique intéressent les musulmans. Une Synergie des professionnels musulmans de France (SPMF), préfiguration peut-être d’un MEDEF confessionnel, semble marcher sur les traces du très influent Müsiad turc.

De son côté, fort de quatre mille adhérents, le réseau des Dérouilleurs entend jouer un rôle non négligeable sur le marché de l’emploi. Par le profil social de ses membres et par son mode de fonctionnement informel il constitue une première en France.

Les Dérouilleurs, fondés à Paris en 2004 par Zoubeir Ben Terdeyet, directeur d’Isla Invest, société de conseil en finance islamique se sont désormais étendus à l’étranger. Ils organisent des soirées pour lever des fonds à Londres, Dubaï, Genève…

Composé au départ d’une majorité d’informaticiens et de financiers, le cercle s’est élargi en direction des juristes, des commerciaux, des spécialistes du marketing et des métiers de la médecine.

Pour devenir Dérouilleur, il faut être coopté par deux membres. C’est simple et sans discrimination. Les centres d’intérêts sont les mêmes que ceux des Français de la même condition sociale avec un certain intérêt pour l’apprentissage de la langue arabe et la participation à des activités culturelles liées à la culture musulmane.”

L’Association pour la Promotion de la Réussite Scolaire (APRES) est une émanation des Dérouilleurs. Elle intervient dans les collèges et lycées pour témoigner des parcours scolaires des membres et “redonner confiance aux jeunes“. En 60 interventions, ils ont touché plus de 1500 élèves. Dans beaucoup d’entreprises du CAC 40 les Dérouilleurs sont maintenant connus.

Saphir News

Obama accueille un sommet d’entrepreneurs du monde islamique

Lors d’un sommet d’entrepreneurs du monde islamique organisé lundi à Washington, le président américain a annoncé une série d’échanges commerciaux et liés à l’éducation avec des pays musulmans, signe de sa volonté de forger de nouveaux liens avec le monde islamique.

Le président a prononcé une allocution lors de ce sommet qu’il avait promis d’organiser à l’occasion de son grand discours du Caire en juin dernier, au cours duquel il avait plaidé pour un “nouveau départ” dans les relations entre le monde musulman et l’Amérique.

En nous écoutant les uns les autres, nous avons été capables de créer des partenariats,” s’est félicité M. Obama, notant que le Fonds pour la technologie globale et l’innovation, destiné à soutenir les investissements dans le monde musulman, avait “le potentiel de mobiliser” deux milliards de dollars d’investissements privés.

Le président a également dévoilé une série de partenariats destinés à renforcer les échanges économiques entre les États-Unis et les pays musulmans.

La Maison Blanche espère que ce sommet de deux jours contribuera à approfondir les relations en allant au-delà des discussions sur le terrorisme et les conflits, qui ont dominé les échanges diplomatiques entre les États-Unis et le monde musulman depuis plusieurs décennies.

En ouvrant cette réunion, le secrétaire américain au Commerce, Gary Locke, a souligné que le soutien au développement économique des pays musulmans serait bénéfique à cette partie du monde, mais aussi à l’économie et à la sécurité des États-Unis.
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La banque islamique se fera-t-elle une place en France ?

Les supermarchés développent leurs rayons halal, l’enseigne de restauration rapide Quick teste une expérimentation de restaurants ciblant les musulmans… Le secteur bancaire se fixera-t-il aussi sur le segment marketing des musulmans français ?

La réserve de clients existe : une majorité de ces derniers (55 %) est intéressée par une “offre bancaire compatible avec leurs convictions religieuses ou éthiques“, selon une étude Ifop réalisée en avril 2008. Et la volonté politique d’ouvrir le marché à la finance islamique existe bel et bien. C’est ce que rappelaient, la semaine dernière, plusieurs spécialistes, lors d’un déjeuner-presse sur la finance islamique.

Aujourd’hui, les produits tenant compte des interdits du Coran – prohibition du jeu, du porc de la prostitution, de la spéculation, de l’intérêt, adossement obligatoire des produits à un actif tangible… – ne sont pas autorisés en France. La législation impose aussi, par exemple, l’affichage d’un TEG (taux effectif global) dans le contrat d’un crédit à la consommation, un taux non compatible avec l’interdiction des taux d’intérêt que prévoit l’Islam.

La priorité pour Christine Lagarde est d’offrir aux banques de financement et d’investissement “charia compatibles” un environnement réglementaire compatible dans l’espoir de capter les fonds venus des pays du Golfe.

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La généalogie de la superclasse mondiale

I – Il convient au préalable de définir ce que l’on entend par superclasse mondiale

La danse des morts - attribué à Hans Holbein l'Ancien, 1491


Que signifie cette expression ? Trois termes significatifs :

– c’est une classe, soit un groupe social qui présente des traits particuliers durables qui le distinguent des autres ;

– elle se situe au-dessus des autres, en particulier au-dessus des anciennes élites nationales ;

– elle est mondiale, car son projet est mondialiste.

A/ Cette classe peut se définir comme un réseau occidental de dirigeants, diversifié et interactif

Il comprend notamment : Lire la suite

Le poids réel de la finance islamique

La finance islamique est souvent présentée comme un mastodonte, représentant une menace pour l’économie française et européenne.

Au-delà des polémiques sur la sincérité des principes religieux et moraux dont elle se réclame, ainsi que sur l’éventuelle agressivité des pratiques sociales dont elle émane, qu’en est-il de son poids financier, au plan strictement factuel ?

Une étude universitaire récente, le rapport Jouini et Pastré du 8 décembre 2008, fait le point. On peut évidemment ne pas partager son parti-pris favorable à l’introduction en France de la finance islamique, mais ses données chiffrées paraissent difficilement contestables.

En voilà un long extrait, qui répond à la question.

1.4.1 Les premiers développements de la Finance Islamique

Malgré ses racines théoriques lointaines, la Finance Islamique est une construction contemporaine. Durant des siècles, en effet, il n’y eut pas véritablement un système financier islamique complet. Il n’y eut que l’interdiction du riba [l'intérêt]. On ne proposa pas des modes de financement alternatifs, ni n’imagina d’organisations financières adaptées. Sans les structures et les produits, on ne peut évidemment pas parler de finance proprement dite.

Les premières expériences modernes dans ce domaine datent des années 1960, avec l’expérience des caisses rurales MitGammar en Egypte et du « Pilgrim’s Management Fund » (Tabung Hadjji) en Malaisie. Ces institutions avaient comme objectif de réduire l’exclusion bancaire et de promouvoir le développement des couches de population défavorisées. Leur activité qui avait essentiellement un objectif de développement, restait confinée au niveau local.

Ainsi, de nombreux économistes, sans ignorer ces premières expériences, s’accordent à considérer comme véritable date de naissance de la Finance Islamique moderne le début des années 1970, au carrefour de la montée du panislamisme et du boom pétrolier. Selon certains observateurs, le développement spectaculaire de la Finance Islamique à partir des années 1970 est une conséquence directe de la mise en exploitation des gisements du pétrole dans le Golfe Persique et des richesses que cette industrie a générées. Lire la suite