Zbigniew Brzezinski : « Ce que je vois en Europe m’inquiète »

Ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter (de 1977 à 1981), Zbigniew Brzezinski est l’un des dirigeants du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), cercle de réflexion américain sur la politique étrangère. Il est notamment l’auteur du Vrai choix. Les États-Unis et le reste du monde (Odile ­Jacob, 2004).

Qui assure la sécurité de l’Europe ?

Personne en particulier : ce devrait être l’Union européenne, sur la base de principes stratégiques partagés et d’engagements stratégiques réciproques. Mais là est le problème puisque, manifestement, il y a des divergences.

C’est donc l’OTAN, et donc les États-Unis ?

Les États-Unis sont évidemment l’acteur le plus important de l’Alliance « atlantique ». Si les États-Unis ne sont pas impliqués, l’Alliance perd toute signification stratégique. Sans les États-Unis, l’OTAN ne peut être ni viable ni militairement crédible.

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Dans quel pays trouve-t-on le plus de millionnaires ?

Si les États-Unis restent le pays qui compte le plus de millionnaires, l’Asie, menée par la Chine, rattrape l’Amérique du Nord en matière de fortunes privées, selon une étude publiée lundi par le cabinet BCG qui diffuse chaque année ses analyses sur les fortunes mondiales.

La région Asie-Pacifique est devenue la deuxième du monde pour ce qui est du montant d’ensemble des fortunes privées, à plus de 47.000 milliards de dollars l’an dernier contre 36.500 milliards en 2013, toujours en excluant le Japon.

Elle dépasse désormais l’Europe, où les fortunes ont augmenté de moins de 3.000 milliards à 42.500 milliards de dollars, et devrait faire de même d’ici 2019 avec l’Amérique du Nord, pour l’heure toujours première à près de 51.000 milliards, selon BCG.

Quand on parle de fortunes, je crois vraiment que l’endroit important, c’est désormais l’Asie“, a résumé Federico Burgoni, responsable de l’étude pour la région Asie-Pacifique.
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L’or noir devrait rester moins cher longtemps

Les stratégies de conquête des grands opérateurs modifient les équilibres entre l’offre et la demande de pétrole. Face à cette tendance de fond, le marché devrait rester abondamment approvisionné, et les cours de l’or noir pourraient se maintenir autour de leur niveau actuel.

Les acteurs sur le marché du pétrole sont confrontés à de nouvelles équations liées à la baisse du prix du baril, une tendance engagée au milieu de l’année 2014 et qui n’apparaît plus comme un soubresaut saisonnier.

Même s’il s’est un peu redressé par rapport au plancher de janvier, le prix du baril est encore 42% plus bas qu’en juin 2014, et la surabondance de l’offre le fait osciller à la mi-mai autour de 60 dollars.

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Pétrole : L’effondrement des cours est-il une question d’offre ou de demande ?

Les cours du pétrole ont diminué de moitié entre juin et décembre 2014. Les retombées de ce recul sur l’économie mondiale dépendent de manière cruciale des facteurs sous-jacents. Si elle tient à une augmentation de l’offre, la baisse aurait dû stimuler la croissance mondiale de diverses façons, notamment en relevant les revenus réels des consommateurs de pétrole. En revanche, si elle est imputable à une contraction de l’activité, elle serait purement et simplement le symptôme d’une faiblesse de la demande mondiale.

Il est difficile d’identifier les chocs à l’origine du recul. Le pétrole brut est un bien stockable et, à ce titre, un actif réel : son cours dépend non seulement de la situation de l’offre et de la demande, mais aussi des anticipations sur l’évolution du marché. Ces anticipations dépendent elles-mêmes de nombreux facteurs, dont les perspectives de l’économie mondiale, mais elles influent aussi sur ces perspectives (par exemple, une vision pessimiste de l’offre de pétrole devrait entraîner une hausse des cours et, en conséquence, un recul de l’activité).

Le présent encadré examine deux approches efficaces pour dissocier les chocs sur l’offre et sur la demande qui ont provoqué l’effondrement des cours en 2014. L’identification des chocs dépendant du modèle sous-jacent, les deux séries de résultats ne donnent pas une évaluation chiffrée précise, mais présentent une vision d’ensemble des facteurs susceptibles d’avoir causé cet effondrement.

La première approche dissocie les chocs sur l’offre de ceux sur la demande en examinant les variations parallèles des cours du pétrole et des valeurs mobilières. Plus précisément, un modèle d’auto-régression vectorielle (ARV) est estimé avec des données quotidiennes sur les cours du pétrole (brut Brent) et les cours mondiaux des valeurs mobilières (Morgan Stanley Capital International All Country World Index) entre le 2 janvier 1991 et le 5 janvier 2015.
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Iran : Un futur partenaire de choix pour l’Occident ?

Ce 1er avril, il n’y a toujours pas d’accord à Lausanne, en Suisse, sur le contrôle du nucléaire iranien, mais l’optimisme demeure. L’enjeu est capital, selon Étienne Leenhardt. Un accord avec l’Iran serait “une nouvelle donne politique“.

Dans le chaos actuel du Moyen-Orient, l’Iran a déjà su se rendre incontournable. C’est déjà notre ami en Irak parce qu’il se bat à nos côtés contre le groupe État islamique. L’Iran soutient encore le régime de Bachar al-Assad et il pourrait très bien – si nous décidons de reparler au régime de Damas – servir d’intermédiaire. Et puis, l’Iran est influent auprès des milices Hezbollah au Liban, mais également actuellement dans la crise du Yémen“, explique le journaliste.

L’Occident a les yeux rivés sur Lausanne

Et puis, ce serait une nouvelle donne économique si les sanctions qui pèsent sur l’Iran sont levées. C’est un marché de 80 millions d’habitants qui s’ouvre. C’est un pays jeune, éduqué, riche en pétrole – 4e réserve mondiale -, en gaz – 2e réserve au monde -. Toutes les entreprises occidentales (…) ont le pied sur l’accélérateur pour signer des contrats et les yeux tournés vers Lausanne

Égypte : Les bimbos d’Orient, enquête sur un paradoxe

Le Caire, avec ses vingt millions d’habitants, est l’épicentre d’un nouveau phénomène qui secoue le Moyen-Orient : la “bimbomania”. Une nouvelle génération de stars plantureuses de la pop arabe y a émergé en quelques années.

Clips torrides et attitudes lascives font désormais débat dans un monde où le rigorisme religieux prend de l’ampleur.

Le capitalisme serait né il y a 4000 ans

Sociétés, investissements, prêts bancaires, chèques au porteur, bénéfices, dividendes,… Ces notions semblent liées au capitalisme libéral et à l’économie de marché, soit aux XIXe, XXe et XXIe siècles. Pourtant, c’est près de 2000 ans avant notre ère et en plein cœur de l’Anatolie que ces principes étaient appliqués: les archéologues qui fouillent le site de Kültepe, où se trouvent les ruines de la cité antique de Kanesh, ont établi que le système économique était déjà très complexe.

Voici près de 4000 ans, Kanesh était un comptoir de la cité d’Assur: à plusieurs centaines de kilomètres de la future capitale des Assyriens, ce poste commercial se situait au cœur de l’Anatolie, là où les Hittites allaient former l’un des royaumes les plus puissants du Moyen-Orient antique.

Or, contrairement à de nombreux autres sites fouillés par des archéologues au Proche et au Moyen-Orient, ce ne sont pas des dirigeants politiques (rois, princes, chefs de guerre, diplomates) ou religieux que sont issus la grande majorité des documents écrits, mais des milieux économiques. Et en particulier des marchands paléo-assyriens installés dans cette cité hittite: plus de 90% des 22.000 tablettes viennent de ces commerçants et révèlent la complexité inouïe du système économique de l’époque.

Dans cette agglomération de plusieurs milliers d’habitants, les archéologues ont mis au jour des tablettes d’argile sur lesquelles figurent des textes en caractères cunéiformes, cette première forme d’écriture inventée en Mésopotamie.
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Le dessous des cartes : L’Islam en conflit (2/2)

Quels sont les facteurs et la nature du conflit qui oppose aujourd’hui les deux communautés ? Qu’en est-il de l’État islamique – ou “Daesh” –, nouvel acteur apparu en juin dernier ?


Revoir Le dessous des cartes : L’Islam en conflit (1/2)

Arabie Saoudite : Même à 20 dollars le baril de pétrole, l’Opep n’empêchera pas la dégringolade

Même si le prix du baril a baissé de 50 % depuis le mois de juin et avoisine actuellement les 60 dollars, le cartel des pays pétroliers tient bon. Quoi qu’il arrive, le brut coulera à flots, prévient le ministre du Pétrole saoudien. Voici de quoi donner des sueurs froides au secteur mondial de l’énergie : quoi qu’il arrive, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) continuera à pomper autant de brut, et laissera donc la chute des cours se poursuivre.

Avec une franchise inhabituelle“, le ministre du Pétrole saoudien, Ali Al-Naimi, leader de fait de l’Opep, affiche aujourd’hui sa volonté de défendre ses parts de marché “à tout prix“, constate le Financial Times.

Nous entrons dans une période effrayante pour le marché pétrolier“, commente un analyste interrogé par le quotidien britannique. “Pendant plusieurs années, nous allons être confrontés à une forte volatilité des prix. Pratiquement tout va en être affecté.

Quel que soit le prix, il n’est pas dans l’intérêt des membres de l’Opep de réduire leur production (…). Qu’il descende à 20, 40, 50 ou 60 dollars, peu importe“, déclare ainsi le ministre, dans un entretien publié par la revue spécialisée Middle East Economic Survey.
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Iran : La réforme du service militaire pourrait augmenter la natalité.

Le 30 septembre dernier, le général de brigade Moussa Kamali, responsable iranien pour la conscription, a annoncé que le service militaire obligatoire serait allongé de 21 à 24 mois.

Le service militaire a constitué un point de discorde entre les jeunes et l’État depuis plus de 30 ans, et ce même de puis la révolution de 1979. Tous les jeunes iraniens doivent se présenter pour le service militaires dès l’âge de 18 ans. Les étudiants bénéficient toutefois d’une exemption temporaire, tandis que les autres ne peuvent compter que sur une exemption pour raison médicale ou s’ils ont en charge leurs parents âgés.

Selon les statistiques, il y a chaque année environ 2 million de diplômés universitaires en Iran. A moins qu’ils bénéficient d’une exemption temporaire ou permanente, il doivent se présenter dans un centre du service militaire l’année suivant l’obtention de leur diplôme. Ne pas le faire revient à rallonger son service de 3 à 6 mois.

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La crise de l’Etat Islamique et les affrontements entre la Russie et l’Ukraine

Au sommaire : Débat autour des actualités internationales : la crise de l’Etat Islamique et la visite de François Hollande en Irak, avec Frédéric Encel, professeur de relations internationales à l’ESG Management School et à Science Po Paris, auteur de “Géopolitique du Printemps arabe” et Vladimir Fédorovski, écrivain, auteur de “Poutine, l’itinéraire secret”.

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BFM – Good Morning Week-end – 13/09/14

De l’électricité au traitement des eaux usées, l’État islamique s’exerce à la gestion d’un pays

L’intensification de la guerre aérienne de l’administration Obama contre l’État islamique se heurte à une nouvelle réalité décourageante : Les militants deviennent aussi efficaces à administrer un territoire qu’à le conquérir, ce qui rend beaucoup plus difficile leur éviction des grandes étendues de Syrie et d’Irak qu’ils contrôlent désormais.


Les responsables du renseignement américain déclarent que les dirigeants de l’État islamique adoptent des méthodes initialement mises au point par le Hezbollah, la milice chiite basée au Liban,

et consacrent des ressources humaines et financières considérables pour conserver sur leur territoire les services essentiels comme l’électricité, l’eau et le traitement des eaux usées. Dans certaines régions, ils s’occupent même des bureaux de poste.

Ils ont ajoutés que les militants ont mis en place de nouveaux systèmes judiciaires pour faire respecter leur interprétation rigoureuse de la charia, ils punissent les voleurs en amputant leurs mains et ils ont condamné à mort de nombreux chrétiens et d’autres minorités religieuses en raison de leurs croyances.

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L’État islamique compterait 50.000 combattants en Syrie

Selon l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme basé en Grande-Bretagne, l’État islamique compterait plus de 50.000 combattants en Syrie et en aurait recruté 6.000 rien que le mois dernier.

Le groupe, qui s’appuie pour ses rapports sur des militants, des médecins et des avocats sur le terrain en Syrie, a déclaré que l’État islamique a connu le recrutement le plus important au mois de juillet.

Le directeur du groupe, Rami Abdel Rahman affirme que “le nombre de combattants d’IS a dépassé les 50.000 en Syrie, dont 20.000 non-Syriens”,

C’est en juillet que le recrutement a été le plus important depuis que le groupe est apparu en Syrie en 2013, avec plus de 6.000 nouveaux combattants,” a-t-il dit.

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Comment la géopolitique du pétrole explique la crise en Irak

Les sunnites veulent se réapproprier des richesses qui leur échappent au bénéfice des chiites. Mais les djihadistes de l’EIIL comme les Kurdes et le pouvoir de Bagdad ont intérêt à maintenir les installations pétrolières en état de fonctionner. Au moins aussi longtemps que chaque camp espère l’emporter…

Par Gilles Bridier

En Irak, les conflits religieux rallumés par l’insurrection des djihadistes sunnites de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont de forts relents de pétrole. Dans un pays qui puise les neuf dixièmes de sa richesse nationale dans ses réserves d’or noir, le nerf de la guerre –l’argent– passe forcément par le contrôle des puits et des pipelines.

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Les États-Unis entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie pour ralentir leur déclin

L’Empire américain est doublement engagé, au plan économique et monétaire d’une part et au plan stratégique et géopolitique d’autre part, pour tenter de ralentir son déclin, dans une entreprise systématique de destruction de ses adversaires comme des ses supposés « alliés ».

Au plan économique et monétaire, les manipulations domestiques et internationales auxquelles se livrent les USA (via leur Federal Reserve et leurs grandes banques « too big to fail ») sur la plupart des paramètres (statistiques faussées) et des actifs (monnaie, taux d’intérêt, actions, obligations, etc. « dirigés ») ne sont plus à démontrer, de telle sorte qu’il n’y a plus un seul marché libre dans le monde entier dont on puisse connaitre précisément la situation réelle !

Quant au plan stratégique et géopolitique, les USA, visant à empêcher toute alliance entre l’Europe et la Russie (toujours leur obsession du contrôle du « heartland » eurasien !) comme à saboter l’émergence de toute solution pacifique au Moyen Orient avant que ce soit le tour de l’Asie, installent des conflits régionaux qui nécessairement prendront suffisamment d’ampleur pour qu’ils auto-détruisent les États qui s’y laissent entrainer. [...]

Nous ne nous prononçons évidemment pas sur le point de savoir qui a raison ou a tort dans ces conflits (les Israéliens ou les Palestiniens, les Russes ou les Ukrainiens) mais seulement sur la méthode employée par les USA pour les créer et les envenimer dans le seul but d’empêcher toute coexistence pacifique internationale selon la pratique vieille comme le monde consistant à diviser pour régner.

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Le client du Moyen-Orient s’impose comme le roi incontesté du shopping

Cette clientèle dépense 2.400 dollars chaque mois en produits de beauté, de mode ou en cadeaux. Des achats qui permettent de se distinguer, d’où le choix de marques connues.

Ils font parti des acheteurs privilégiés de la haute couture, dont la semaine parisienne s’achève jeudi soir. La clientèle du Moyen-Orient est une cible de choix des marques de luxe. Un secteur pour lequel ils dépensent sans compter. En France, la moitié des touristes de la région, qu’ils soient Emiriens, Saoudiens, Koweitiens ou Qataris, réalisent plus de 6.600 dollars d’achats par jour ! selon l’agence Atout France.

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Pétrole : Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle crise ?

Selon le nouveau rapport « World Investment Outlook » de l’Agence Internationale de l’Énergie (IEA) il faut trouver 48.000 milliards de dollars jusqu’en 2035 pour maintenir la production pétrolière au niveau actuel.

Pour rentabiliser les nouvelles techniques de forages, il est nécessaire de mettre le curseur du prix du baril au-delà de 120 dollars. Mais à ce niveau, c’est l’économie qui s’écroule! C’est un vrai casse-tête et un cercle vicieux insoluble.

Le peak oil d’or noir conventionnel a été atteint en 2007 et le pétrole de schiste, off-shore, sable bitumineux ou dans les glaces de l’Arctique devaient prendre le relais pour assurer la stabilité et la croissance mondiale des économies.

Tous les signaux d’alarmes sont au rouge vif

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États-Unis : Espionnage, « Nos alliés israéliens ont dépassé les bornes ! »

L’espionnage de l’État hébreu aux États-Unis serait sans égal. Newsweek décrit la panique au sein des services secrets américains. Ces révélations ont aussi provoqué un débat parmi les médias israéliens.

Il n’y a pas d’honneur entre voleurs. Lorsque le monde a découvert que la National Security Agency (NSA) avait mis le portable de la chancelière Angela Merkel sur écoute, le comportement des Américains a été décrié et jugé indigne d’une nation amie.

Aujourd’hui, ce sont les responsables américains du renseignement qui s’élèvent – en toute discrétion et seulement derrière les portes closes du Capitole – contre les opérations d’espionnage de nos “amis” israéliens.

Selon plusieurs rapports confidentiels concernant un projet de loi visant à assouplir les conditions d’attribution de visa aux citoyens israéliens entrant aux États-Unis, les manœuvres israéliennes pour dérober des secrets américains sous couvert de missions commerciales et de contrats de technologie de défense ont “dépassé les bornes”.

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Survivre au progrès (Rediff.)

La course à la croissance conduit-elle l’humanité à sa fin ? Une hypothèse brillamment (et joyeusement) défendue par de grands esprits de notre temps, dans un film inspiré, produit par Martin Scorsese.

Épuisement des ressources naturelles, surpopulation, désertification, désastres écologiques et économiques, systèmes politiques à bout de souffle, appauvrissement des classes moyennes et populaires… : l’accumulation des crises annonce-t-elle, comme l’affirme l’essayiste et écrivain canadien Ronald Wright, auteur du best-seller “Brève histoire du progrès” (Éditions Hurtubise, 2006), l’anéantissement de notre civilisation ?

Est-il urgent de renoncer, comme il le préconise, à « l’illusion du progrès » qui s’est imposée à toutes les sociétés depuis les débuts de la révolution industrielle, avec ses espoirs de croissance et d’avancées technologiques illimitées ?

Tel est le fil conducteur de cette conversation avec de grands esprits de notre temps, illustrée par des images tournées sur plusieurs continents (Canada, États-Unis, Brésil, Moyen-Orient, Chine). Comme Ronald Wright, la primatologue Jane Goodall, l’écrivaine Margaret Atwood, le généticien David Suzuki, et bien d’autres chercheurs, penseurs et militants, dont quelques « repentis » du système financier, estiment que la course au profit et la loi du court terme, en détruisant l’environnement et les liens sociaux, conduisent l’humanité à sa perte.

Leurs propos, aussi limpides que convaincants, replacent notre crise écologique et économique dans le temps long de l’évolution humaine. Les questions du progrès, de la dette, du partage des richesses et de l’épuisement des ressources sont ainsi radicalement mises en perspective.

Partie 1:

Partie 2:
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L’ancien ambassadeur et conseiller de Sarkozy interpellé avec 350.000 euros en liquide

L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée et ambassadeur de France en Irak et Tunisie a été interpellé le 31 juillet. Il transportait 350.000 euros, 40.000 dollars et partait pour Bruxelles.

Il est 16 h 30, ce 31 juillet 2013. Les douaniers de la gare du Nord contrôlent des passagers prêts à monter dans le train Thalys, direction Bruxelles. Parmi eux, un homme athlétique, vêtu d’un jean et d’un polo. Les agents ne le reconnaissent pas, mais il s’agit de Boris Boillon, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée et ex-ambassadeur de France en Irak et en Tunisie. Ils lui demandent s’il transporte des devises. Boillon nie, mais la fouille est concluante. Dans son sac, les douaniers découvrent des « enveloppes contenant des billets de banque de 500 euros ».

Selon le procès-verbal, Boris Boillon transporte ce jour-là 350.000 euros et 40.000 dollars en liquide. Ces sommes correspondent à 3.190 billets de 100 euros, 32 billets de 500 euros, 100 billets de 50 euros et 50 billets de 200 euros (voir document ci-dessous), ainsi qu’à 400 billets de 100 dollars. Il n’a sur lui ni pièce d’identité ni téléphone portable, mais trois cartes bleues à son nom.

La loi interdit le transfert, sans déclaration préalable dans un autre pays de l’Union européenne de sommes supérieures à 10.000 euros (c’est l’article 464 du Code des douanes). En cas d’infraction, la somme saisie doit être consignée pendant six mois – durée renouvelable par le procureur de la République –, et le contrevenant peut être puni « d’une amende égale au quart de la somme sur laquelle a porté l’infraction ou la tentative d’infraction ».

Le service de police judiciaire de la douane (SNDJ) a été saisi et une enquête est en cours. Elle devrait notamment déterminer l’origine des fonds.
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Contre la culture du mensonge, la culture de la France !

Par Aymeric Chauprade

Une nouvelle fois, après l’Irak, la Yougoslavie et la Libye, l’Occident a recours au mensonge le plus grossier qui puisse être : l’accusation d’usage d’armes de destruction massive.

La vérité est que le régime syrien est en train de gagner la bataille contre les terroristes islamistes et qu’il n’a pas besoin d’armes chimiques pour cela. Fort du soutien de l’Iran, du Hezbollah libanais et de la Russie (soutien politique sans failles), il est en train d’écraser son opposition islamiste, minoritaire dans le pays (bien que les sunnites soient majoritaires) et cela face à une rébellion islamiste internationale qui n’a plus d’autre issue que de tenter d’impliquer la France, le Royaume-Uni et les États-Unis dans la guerre.

Il faut dénoncer avec la plus grande fermeté ce mensonge de la rébellion islamiste et son soutien par le gouvernement français, soutien qui s’apparente autant à une trahison des intérêts de la France qu’à un crime contre la paix internationale.

Plus que jamais, il devient urgent de libérer la France des forces hostiles qui se sont installées au sommet de l’État, alors même que l’immense majorité de ceux qui servent cet État, dans les échelons subalternes, sont restés loyaux à la France et au Bien commun des Français.

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Égypte : Obama n’a plus aucune influence sur le pouvoir égyptien

Les États-Unis semblent aujourd’hui totalement impuissants face à la descente aux enfers de l’Égypte. Un pays qui était pourtant le plus proche allié de Washington dans le monde arabe et qui reçoit depuis des décennies une aide financière et militaire conséquente.

Mais comme l’explique Josh Rogin du site The Daily Beast, «les initiatives de la Maison Blanche depuis le printemps arabe ont toutes affaibli les quelques moyens de pression qu’elle avait encore…». Par ses incohérences, je lâche Hosni Moubarak, un allié historique des États-Unis, et je soutiens la transition démocratique, mais je ne m’oppose pas vraiment au coup d’État de l’armée qui deux ans plus tard recrée la situation antérieure, l’administration Obama a réussi le tour de force de se mettre à dos les deux camps en présence. Elle est considérée par les Frères Musulmans comme le principal soutien étranger de la répression militaire et du côté de l’armée égyptienne comme un allié objectif des islamistes.

En 2011 pourtant, l’influence américaine sur l’armée égyptienne avait eu un impact considérable sur la tournure des événements comme en Tunisie d’ailleurs. L’armée égyptienne avait obtempéré aux pressions de Washington de ne pas ouvrir le feu sur les manifestations anti-Moubarak. Mieux «les militaires avaient protégé les manifestants et Obama avait été capable de soutenir réellement les révolutions arabes en contraignant l’homme fort de l’Égypte à quitter le pouvoir».

L’armée égyptienne est devenue sourde

En 2013, les militaires égyptiens ont superbement ignoré toutes les remarques et recommandations de l’administration américaine. Depuis la prise de pouvoir par l’armée égyptienne le 3 juillet, Washington a demandé successivement aux militaires de ne pas arrêter les dirigeants des Frères Musulmans, de ne pas instaurer la loi martiale, d’autoriser les manifestations pacifiques et de tenter de trouver un compromis avec les islamistes. En vain.

«Les États-Unis condamnent avec fermeté les mesures qui ont été prises par le gouvernement intérimaire égyptien et les forces de l’ordre», a déclaré jeudi 15 août Barack Obama. «Nous déplorons les violences exercées contre les civils. Nous soutenons les droits universels essentiels à la dignité de l’homme, y compris le droit de manifester pacifiquement» a-t-il ajouté.

Le Président américain a aussi annoncé que les États-Unis avaient informé l’Égypte de l’annulation des manœuvres militaires «Bright Star», qui ont lieu tous les deux ans depuis 1981 et sont considérées comme un élément central des relations militaires entre Washington et Le Caire. Mais il n’a rien dit sur l’aide militaire de 1,3 milliard de dollars donnée à l’armée égyptienne tous les ans.

En fait, la pression financière n’a plus beaucoup d’impact. Les États-Unis ont été supplantés par d’autres bailleurs de fonds régionaux. L’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et le Koweït ont déjà donné au gouvernement de transition égyptien 13 milliards de dollars, dix fois l’aide américaine.

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Les Américains se préparent à bombarder la Syrie (Màj vidéo)

Addendum du 25 juillet 2013

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Martin Dempsey, président du Comité des chefs d’état-major des forces armées américaines, a déclaré que les Etats-Unis ont préparé un plan de bombardements de sites stratégiques en Syrie, écrit le quotidien Rossiïskaïa gazeta du 23 juillet 2013.

Parmi les cibles potentielles figureraient les forces de la défense antiaérienne, de l’armée de l’air, de l’armée de terre, les missiles, la flotte, ainsi que les sites militaires logistiques et les postes de commandement. “Les bombardements et les raids pourraient permettre d’éliminer des centaines d’objectifs”, déclare la lettre de Dempsey adressée au président de la commission des forces armées du sénat américain Carl Levin.

Cette action viserait à affaiblir significativement le régime syrien et contribuerait à la désertion des soldats. Le régime pourrait pourtant répliquer à ces frappes limitées en dispersant ses forces.

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Les guerres de l’or

Conférence donnée par Ferdinand Lips1 à l’Université de St-Gall le jeudi 24 juin 2004 dans le cadre de la série intitulée «International Finance & Security»

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de remercier les organisateurs, Messieurs Graf et Brunner, de m’avoir invité. Avoir choisi un sujet aussi brûlant que celui de l’or les honore. Ils font ainsi preuve de courage. En effet, le mot «or» était tabou jusqu’il y a peu. Le prononçant, on risquait de passer pour un original. Ils ont pris une sage décision. Nous verrons bientôt à quel point, dès l’origine de la civilisation, l’or a joué un rôle essentiel et positif dans l’histoire de l’humanité.

Je prouverai que, sans monnaie-or, il n’est que crises et guerres dans le monde. Le XXe siècle et le début du XXIe en témoignent. Je prouverai également ou affirmerai tout au moins que, sans étalon-or, le monde retombera dans un nouveau moyen-âge. [...]

D’ici là, le système financier actuel – ou plutôt le non-système – aura fini d’exister, à mon avis. Comme vous le savez, il se fonde sur un mensonge et une accumulation gigantesque de dettes, qui ne peuvent plus être honorées. Il est probable que cette montagne de dettes recouvrira tout finalement.

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Israël : 5 entreprises d’armement financées par l’Union européenne ?

L’eurodéputé écologiste Bart Staes a accusé dimanche l’Union européenne de financer, par le biais de programmes de recherche, cinq entreprises d’armement israéliennes, dont Israeli Aerospace Industries (IAI), l’un des leaders mondiaux en matière de drones.

Le septième programme-cadre de recherche et de développement technologique (7ème PC) court jusqu’à la fin de cette année. Il permet d’allouer des crédits de recherche à des entreprises non seulement européennes, mais aussi extérieures à l’UE. Il ne soutient en principe pas la recherche à des fins militaires mais « des budgets européens vont directement au secteur israélien de la Défense et de la sécurité nationale », a affirmé M. Staes (Groen) en se fondant sur des données fournies par la Commission européenne.

Ainsi, depuis 2007, un montant de 26 millions d’euros a été affecté à 49 projets. Sur les 23 entreprises israéliennes qui en bénéficient, 5 sont actives dans le secteur de l’armement, selon M. Staes. Des dizaines de projets soutenus par l’UE portent sur des avions sans pilotes (drones). IAI a ainsi obtenu au moins 69 budgets de recherche européens, a-t-il ajouté. Parmi les autres bénéficiaires figure le géant de l’électronique – principalement de défense – Elbit Systems.

M. Staes suggère introduire des critères « éthiques » dans le prochain programme-cadre, qui débutera en 2014, pour éviter de financer des entités « qui violent le droit international », comme l’ont réclamé des associations pacifistes.

« Si l’UE prend un temps soit peu le prix Nobel de la paix (qui lui a été décerné l’an dernier, ndlr) au sérieux, elle devrait investir chaque euro disponible dans des initiatives en faveur de la paix et non de projets militaires, en particulier dans ce baril de poudre qu’est le Moyen-Orient », a-t-il conclu.

7sur7.be

Moyen-Orientaux, Russes, Chinois… Ils s’offrent un morceau de France

Ils sont nombreux à être attirés par nos palaces, nos ­vignobles, nos griffes de luxe. Quand la France n’a plus les moyens d’entretenir et de développer ses ­richesses, ce sont les pays émergents, du Moyen-Orient à l’Asie, qui prennent le relais. Un processus inéluctable.

[...] On peut jouer les Cassandre et s’effrayer de voir filer nos labels entre des mains étrangères. On peut aussi y voir, comme Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, « une opportunité pour l’économie du pays », au même titre que les investissements venus des quatre coins du monde. En pleine crise, comment refuser ces mannes financières qui dopent la croissance ?

Décidé par Bercy, un clip publicitaire « Say oui to France » est diffusé actuellement dans le monde pour attirer les investisseurs dans notre pays. Seulement voilà, il y a des symboles de notre patrimoine auxquels il ne faut pas toucher.

« Le Qatar rachète la France » ont titré récemment les journaux télévisés. Dans « Le Journal du dimanche », Jaham Al-Kuwari, l’ambassadeur du Qatar en France, s’est aussitôt fendu d’une tribune intitulée « Pourquoi ce “Qatar bashing” ? ». L’émotion est forte, les mots sont durs : « Le conspirationnisme bat son plein, assorti d’une xénophobie à peine voilée. Qu’on le veuille ou non, cela a des airs de “délit de faciès”. »
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Israël : Manifestations contre les mesures d’austérité

Plusieurs milliers d’Israéliens ont défilé, samedi 12 mai au soir à Tel-Aviv et dans d’autres villes, pour protester contre le budget d’austérité qui va être présenté lundi par le ministre des finances au gouvernement libéral-conservateur de Benjamin Netanyahu. Ces défilés, dans un climat d’inquiétude socio-économique, faisaient écho à la vague de contestation sociale sans précédent qui avait secoué Israël pendant l’été 2011.

Les manifestants avaient, comme tête de turc, le nouveau ministre des finances, Yaïr Lapid, populiste sorti grand vainqueur des récentes élections législatives en se présentant comme le champion des classes moyennes et de l’égalité sociale.

Pour limiter le déficit budgétaire à 4,65 % du PIB cette année et à 3 % pour 2014, M. Lapid a proposé une hausse de 1,5 % des impôts directs pour les particuliers – limitée à 1 % pour les entreprises –, ainsi qu’une augmentation de la TVA (+ 1 %) et une réduction des allocations familiales.

Les médias israéliens ont fait état de 10.000 manifestants à Tel-Aviv, haut lieu de la contestation en 2011, et de plusieurs centaines à Jérusalem, Haïfa, Modiin, Rishon LetZion et Ashdod. “Il faut prendre aux magnats, pas à nous“, pouvait-on lire sur les pancartes. Sur la sellette, Yaïr Lapid a mis en garde les manifestants contre le risque d’un effondrement de l’économie israélienne, jusque là relativement épargnée par la crise internationale.
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Crise alimentaire : Les affamés dans le monde seraient 2 milliards

Par Frédéric Dévé, agro-économiste et consultant indépendant. Il a aussi publié cet article sur Agte

Selon les estimations de la FAO, le monde compterait environ 870 millions de personnes sous-alimentées. Ce chiffre découle, non d’un recensement, mais d’une méthodologie selon certaines hypothèses de calcul. En 2012, la FAO dans son rapport sur l’état de l’insécurité alimentaire 2012 a revu ces hypothèses dans un sens plus réaliste. Ce qui conduit à estimer le nombre de personnes sous-alimentées à… environ deux milliards.

La méthodologie aboutit à estimer que la sous-alimentation chronique touche encore 870 millions de personnes dans le monde. Et pourtant… une observation importante mérite d’être faite. La méthodologie d’estimation du rapport 2012 a en effet été ajustée, et parmi les innovations s’en trouve une qui peut questionner drastiquement les chiffres retenus et diffusés, concernant l’objectif du millénaire N°1.

Si l’on applique l’hypothèse d’une activité « normale », le chiffre des personnes affectées par la sous-alimentation passe à 1,5 milliards de personnes. Si on retient l’hypothèse d’une activité « intense » (plus réaliste au style de vie paysan), ce chiffre passe à 2,5 milliards de personnes.

C’est un indice de prévalence de l’inadéquation de l’alimentation qui a été utilisé, et non plus l’ancien indice de privation chronique d’alimentation. Ce nouvel indicateur est analogue conceptuellement à l’ancien, mais :
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Le prix du pétrole augmentera inévitablement

La demande pétrolière mondiale et les prix de l’or noir vont continuer à grimper dans les décennies qui viennent, portés par la consommation liée aux transports, prédit l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

La demande de brut va augmenter de 14% d’ici 2035 pour atteindre 99,7 millions de barils par jour (mbj), indique l’AIE dans son World Energy Outlook, sa grande étude prospective annuelle. Cela dépasse de 700.000 barils ce qu’elle anticipait un an plus tôt. L’AIE, qui défend les intérêts des pays consommateurs, table aussi sur un prix moyen du baril de brut autour de 125 dollars le baril en 2035 (en dollars constants), contre environ 107 dollars cette année, alors qu’elle prédisait l’an dernier un prix du baril de 120 dollars à cet horizon.

« La croissance de la consommation de pétrole dans les pays émergents, particulièrement celle liée aux transports en Chine, en Inde et au Moyen-Orient, va plus que compenser la réduction de la demande dans l’OCDE, faisant monter nettement l’usage du pétrole », justifie l’AIE, bras énergétique de l’Organisation de coopération et de développement économiques.

Le transport « représente déjà plus de la moitié de la consommation pétrolière mondiale, et cette part va s’accroître alors que le parc automobile doublera à 1,7 milliard de voitures, et que la demande liée au fret (transport de marchandise) routier augmente rapidement », ajoute-t-elle.
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LEAP-GEAB : L’économie globale aspirée dans un trou noir…

…et la géopolitique mondiale chauffée à blanc.

GEAB N°67 (Septembre 2012)

Comme anticipé par LEAP/E2020 depuis la fin 2011, cette fin d’été 2012 marque le début du renouveau pour l’Euroland avec l’émergence d’une dynamique positive nourrie par deux phénomènes durables : d’une part, la mise en place opérationnelle progressive des instruments âprement discutés et décidés au cours des 18 derniers mois ; et d’autre part, l’étincelle visionnaire apportée par les changements politiques de ces derniers six mois qui ont replacé l’avenir de l’Euroland à moyen/long terme au cœur du processus décisionnel.

L’évolution de l’Euro ces dernières semaines offre une parfaite illustration du phénomène (1). Cela étant dit, l’Europe va être en récession pour les 6 à 12 mois à venir. Comme quoi la seule bonne nouvelle que nous annoncions dans le GEAB N°66 du mois de Juin 2012 est loin d’être miraculeuse. D’une certaine manière, c’est même le contraire, puisqu’il n’est désormais plus possible de cacher derrière le prétexte de la « crise de l’Euro ou de la Grèce » l’état tragique de l’économie mondiale.

Plus l’Euroland va avancer sur un chemin constructif, plus va se révéler le caractère « Potemkinien » (2) de la « santé » des économies US, chinoise, japonaise, brésilienne, …. L’arbre ne cachera plus la forêt, à savoir que toutes les grandes économies mondiales entrent simultanément en récession ou en croissance ralentie, entraînant la planète socio-économique et financière dans un trou noir.

Parallèlement l’été 2012 aura marqué une accélération majeure de la dislocation géopolitique mondiale avec un conflit syrien qui devient chaque jour plus dangereux pour le Moyen-Orient et le monde (3), une tension israélo-iranienne prête à exploser à tout moment et un test généralisé de la puissance US déclinante – de la Mer de Chine à l’Amérique latine en passant par l’ensemble du monde musulman. Le monde stratégico-militaire est chauffé à blanc comme l’illustre d’ailleurs la reprise massive des ventes d’armes au niveau mondial, avec les États-Unis fournissant 85% du total (4).

Évolution des ventes d’armes dans le monde et de la part des principaux exportateurs (2010-2011) – Source : New York Times, 08/2012

Pour ces raisons, LEAP/E2020 maintient son Alerte Rouge de Juin 2012 et estime que, d’ici la fin Octobre 2012, l’économie globale va être aspirée dans un trou noir sur fond de géopolitique mondiale chauffée à blanc. Autant dire que les semaines à venir vont, selon notre équipe, emporter la planète dans un ouragan de crises et de conflits sans précédent.
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Mitt Romney et le fantôme de Bush

Un candidat nommé George Bush a participé aux six des huit dernières élections présidentielles aux Etats-Unis. Apparemment, la présidentielle de 2012 ne fera pas l’exception. Certes, le nom Bush ne sera pas inscrit sur les bulletins de vote. Mais la tournée mondiale du candidat républicain Mitt Romney a prouvé de façon concluante ce que tout le monde soupçonnait déjà. En termes de compréhension en profondeur de la politique mondiale, Romney peut être considéré comme le frère jumeau de George W. Bush ou, si vous voulez, son fantôme.

Pendant son voyage à l’étranger, Romney s’est rendu au Royaume-Uni, en Israël et en Pologne. Et seulement à la fin de sa tournée il a réussi à ne pas se mettre dans une position inconfortable.

A Londres, le candidat a publiquement douté de la capacité de la ville d’organiser les Jeux olympiques à un niveau suffisamment élevé. Et ce, en sachant que Londres organise les JO pour la troisième fois (les JO s’étaient déjà déroulés en Grande-Bretagne en 1908 et en 1948). Aucune autre ville, à l’exception d’Athènes, n’a réussi à approcher la performance de Londres.

Au Proche-Orient, Mitt Romney a mis une croix sur la possibilité d’entretenir des relations chaleureuses avec les pays arabes en déclarant : “Je suis très ému de me trouver à Jérusalem, la capitale d’Israël.

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À Paris, l’hôpital convoite les patients riches et étrangers

Un accord a été signé entre l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et une société du Moyen-Orient pour développer les «voyages pour traitement». L’objectif : combler les déficits en appliquant des tarifs supérieurs à ceux présentés aux patients français.

Manifestation d’Algériens devant l’Hôpital du Val-de-Grâce à Paris, le 1er juin 2012, protestant contre le fait que certains de leurs dirigeants se fassent soigner en France

Renflouer les caisses des hôpitaux en faisant payer plus cher les riches étrangers qui s’y rendent. L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a signé un accord en ce sens avec une société active au Moyen-Orient et partenaire d’Axa, Globemed, révèle Le Journal du Dimanche (JDD).

En clair, Globemed servira d’intermédiaire entre les patients de la région et les hôpitaux parisiens. Pour ces derniers, il s’agit de développer les «voyages pour traitement» en direction de la capitale française.
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Syrie : Une libanisation fabriquée

Compte-rendu de mission d’évaluation auprès des protagonistes de la crise syrienne. Rapport rédigé en collaboration, Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) et Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), Paris, janvier 2012 (traduit en anglais et en arabe).

Plans for Redrawing the Middle East: The Project for a “New Middle East”

Après la Tunisie, l’Egypte, la Libye, le Bahreïn et le Yémen, la Syrie a été touchée par un vaste mouvement de contestation de l’ordre établi.

Mais le « printemps » syrien, expression d’un vrai mouvement populaire et d’une légitime revendication à la libéralisation politique, s’est rapidement transformé, à la fin du printemps, en une crise armée entre une opposition se radicalisant et un régime sécuritaire.

Si elle s’inscrit dans la dynamique des « révolutions » arabes, la situation syrienne s’en distingue toutefois par ses implications internationales.

Ce conflit donne lieu à une préoccupante désinformation et à une falsification des faits  qui brouille totalement la réalité de la situation.

Le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) et le Centre international de recherche et d’étude sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) ont effectué, en décembre 2011, une mission d’évaluation auprès des protagonistes de la crise syrienne dont ils présentent ici, le compte rendu.

cf2r.org

La crise financière mondiale de 2011 a-t-elle commencé ?

Par Georges Ugeux

Où que l’on regarde, les feux avant-coureurs d’une prochaine crise financière s’allument. Elle commencera sur l’Atlantique, mais cette fois, elle devrait être contagieuse dans le Pacifique. Elle pourrait être pire que celle de 2007-2008.

Je ne pose pas cette question à la légère. L’Occident a vécu au-dessus de ses moyens et le tsunami commence à prendre de l’ampleur aux États-Unis et en Europe. Cette fois, il touchera au coeur les finances publiques. Tandis que les étudiants britanniques manifestent pour leur minerval, les Français manifestent pour leur retraite, et les Irlandais et les Portugais sont dans la rue contre l’austérité, ce n’est pas moins qu’une course contre la montre qui est engagée.

Il n’y aura pas moyen d’éviter une crise : il faut à tout prix cependant mettre sous contrôle le risque d’emballement et tenter de la maîtriser. Le drame est que des deux côtés de l’Atlantique, la crise fait apparaître une réalité difficile à maîtriser : le dysfonctionnement politique.

Les États-Unis ont un système politique qui est enrayé depuis des années, et les élections de novembre mettent autant les démocrates que les républicains au pied du mur. Il n’y a plus moyen de prendre quelque mesure que ce soit sans qu’elle fasse l’objet d’un bras de fer où les républicains forcent leur chemin à la Chambre et les démocrates verrouillent le Sénat.

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Poutine-Medvedev, le mythe de la discorde ou quand l’Occident se fait plaisir au détriment de la réalité

Par Xavier Moreau

L’élection de Dimitri Medvedev à la présidence russe a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme par les milieux atlantistes occidentaux. L’allure moins martiale du successeur de Vladimir Poutine a nourri l’espoir que la Russie serait de nouveau ouverte aux différentes tentatives de déstabilisation de la part des ONG pro-occidentales, lesquelles n’ont jusqu’à présent réussi que dans les pays où les élites sont facilement corruptibles.

La résolution du conflit russo-géorgien d’août 2008 a été une première douche froide pour les atlantistes, qui n’auront pu envoyer en renfort aux unités américano-géorgiennes en déroute, qu’une poignée de philosophes ex-maoïstes sans grande influence sur les parachutistes russes… La manière dont Dimitri Medvedev a alors dicté ses conditions au Président Sarkozy aurait dû enterrer définitivement tout espoir de dislocation du pouvoir russe.

Il est désormais clair, pour un observateur un tant soit peu lucide, que les deux anciens élèves d’Anatoly Sobchak * forment un tandem redoutable, mettant en œuvre de manière implacable le projet politique initié par Vladimir Poutine. Rien de secret dans tout cela d’ailleurs ; le recueil intitulé « NatsionalnyPriorität », composé de textes et de déclarations des deux hommes et publié en 2005, est un manifeste de ce que va être la politique intérieure des dix prochaines années en Russie. Concernant les relations internationales, c’est encore et toujours le discours poutinien de février 2007 à Munich, qui reste le texte de référence d’une politique étrangère menée sans état d’âme par Sergueï Lavrov.

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La crise des années 2010, en dix épisodes

Par Olivier Demeulenaere

Une nouvelle décennie vient de s’ouvrir, avec son lot d’incertitudes et de menaces. J’en ai retenu dix, un choix évidemment subjectif et restrictif, tant nous nous avançons aujourd’hui en terre inconnue.

La « crise des années 2010″ (Jean-Claude Werrebrouck) nous frappe déjà de plein fouet, mais bien malin qui pourrait dire ce que l’avenir nous réserve. Ce qui suit est donc une fiction, un simple exercice d’anticipation. Chacun des épisodes successifs évoqués ci-dessous n’est qu’une projection poussée à l’extrême. La probabilité que l’ensemble du scénario se réalise dépend d’une multitude de paramètres et d’un enchaînement – ou emballement – des faits a priori peu vraisemblable. Comme dit le vieil adage, le pire n’est jamais sûr. Ce qui ne dispense pas de s’y préparer. Lire la suite

Le nombre de millionnaires a crû de 14 % en 2009

La crise a glissé sur les plus fortunés. Ou presque. Selon le dernier rapport annuel « Global Wealth 2010 » présenté hier, à New York, par le Boston Consulting Group (BCG), le niveau global de la richesse privée a opéré un « remarquable come-back » en 2009 avec un rebond de 11,5 % (contre une chute de 10 % en 2008).

A 111.500 milliards de dollars, le niveau global de richesse estimé par montants d’actifs sous gestion a pratiquement retrouvé son pic de 2007 (111.600 milliards de dollars).

Stimulé par la poussée des économies émergentes, le nombre global des foyers millionnaires a également bondi de 14 %, à 11,2 millions de foyers, soit moins de 1 % des foyers de la planète qui se répartissent quelque 38 % de la richesse privée mondiale.

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L’Union Européenne devrait-elle subventionner la sécurité d’Israël ?

L’intégration d’Israël dans le programme européen de recherche lié à la sécurité ébranle les engagements d’impartialité de l’UE au Moyen-Orient.

Depuis que la Communauté Européenne a commencé à financer la recherche en 1984, autant les montants des fonds que la variété des sujets proposés ont considérablement augmenté (le dernier programme-cadre FP7 a un budget de 53 milliards d’euros sur sept ans). Il en va de même de la participation de chercheurs extra-européens à des projets accomplis en collaboration.

Per capita, aucun pays non-membre de l’Union Européenne n’a autant bénéficié des largesses de l’UE qu’Israël. En effet, selon la Commission Européenne, l’UE est maintenant deuxième à la Fondation des Sciences d’Israël en tant que source de fonds de recherche pour les associations académiques et les entreprises publiques israéliennes.

De plus en plus, en Israël, ce fonds aboutit dans le secteur déjà en pleine expansion de la sécurité. Les revenus israéliens tirés des exportations de produits liés au contre-terrorisme atteignent maintenant, selon le gouvernement israélien, un milliard de dollars par an.

Depuis qu’Israël a été intégré dans la « zone de recherche européenne », la Commission a conclu des douzaines de contrats lucratifs pour le plus grand plaisir d’Israël Aerospace Industries (une entreprise publique de fabrication de drones), de Motorola Israel (producteur de « barrières virtuelles » autour des colonies israéliennes) et d’Elbit Systems (l’une des plus grandes firmes privées de technologie militaire en Israël, qui prend en charge, autour de Jérusalem, des segments du « mur de séparation » construit entre les communautés juives et palestiniennes, pour reprendre le terme des Nations Unies).

Quelques 58 projets de recherche liés à la sécurité de l’UE sont maintenant financés par les 1,4 milliards d’euros de la composante recherche-sécurité du FP7. Des compagnies et institutions israéliennes participent à 12 d’entre eux. Parmi ceux-ci, elles en dirigent et coordonnent cinq. Seuls la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France et l’Italie dirigent plus de projets.

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Des guerres de l’eau à l’horizon

La seule véritable «guerre de l’eau» est intervenue entre deux cités-États de Mésopotamie… il y a quelque 4 000 ans.. Mais l’ONU presse les gouvernements d’intégrer la politique hydrique à leur agenda prioritaire.

Quand on entend parler du Yé­men, on pense souvent au recrutement de terroristes d’Al-Qaïda, comme l’auteur de l’attentat raté de Noël dans un avion de la Northwest Airlines. Mais la montée de l’intégrisme n’est pas la me­na­ce la plus grave à peser sur le Yémen. Le plus grand danger auquel doit faire face ce pays, c’est le manque d’eau.

La capitale yéménite, Saana, pourrait bientôt être à sec. «L’eau est la préoccupation principale des Yéménites au quotidien, selon Rianne Tenveen, qui travaille sur le terrain pour le Secours islamique. Ici, les gens passent une bonne partie de leur journée à réfléchir à la façon dont ils vont obtenir de l’eau et à se demander s’ils en auront assez.»

Selon les prédictions, les réserves d’eau de Saana – la capitale du pays – devraient être asséchées d’ici 2015. Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour le Yémen, mais aussi pour les pays voisins. «Le Yémen est un pays instable et a une économie en lambeau,» affirme Eugene Chausovsky, géopolitologue à la firme de renseignement Stratfor.

Selon l’ONU, le défi est maintenant de faire en sorte que les gouvernements intègrent la politique de l’eau à leur agenda prioritaire, au même titre que l’économie, l’énergie ou la sécurité. La coopération pour le développement doit y contribuer. Les innovations technologiques (notamment pour l’assainissement) et une coopération internationale accrue seront déterminantes pour prévenir les affrontements que pourrait susciter cette ressource en voie de raréfaction.

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