En 1931, Moody’s conduisait déjà la Grèce au chaos

L’économiste Jean-Marc Daniel rappelle cet épisode historique méconnu qui a vu l’agence Moody’s dégrader la note de la Grèce, générant des troubles sociaux et politiques dans le pays avant l’arrivée au pouvoir du général Metaxas, fasciné par les régimes fascistes. Moody’s exprimera ses regrets, annoncera la fin de la notation des dettes publiques avant de ressortir son funeste carnet de notes en 1975.

En 1909, John Moody, journaliste financier reconverti, crée la notation stricto sensu : sa société jauge les risques en s’appuyant sur une grille de notes, qui permet de résumer les risques pris par le créancier. S & P suit en 1916 et Fitch en 1924. La notation des États débute, elle, dès 1918…

Au début des années 1930, le Trésor américain reproche aux agences de notation de n’avoir pas vu venir les faillites en chaîne des banques et la crise boursière de l’automne 1929. Elles entreprennent dès lors d‘élargir leur champ de compétence à la dette des états. Pendant la Grande Dépression, de nombreux pays européens n’ont pu faire face à leur dette : l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie, la Roumanie.

Mais les agences de notation ont alors essentiellement dans leur collimateur des pays latino-américains, victimes de la chute des cours des matières premières. Les agences baissent la note du Brésil et de la Bolivie, qui fera défaut en janvier 1931.
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Ébola : Les impacts d’une pandémie

Si l’épidémie du virus Ebola semble être actuellement assez «contenue» (malgré plus de 4000 morts), une pandémie pourrait avoir un impact majeur (l’OMS a en effet averti que l’épidémie était en croissance «explosive» et pourrait, en l’absence d’un renforcement significatif des moyens mis en œuvre, contaminer 20.000 personnes d’ici à novembre). L’économie mondiale pourrait alors en pâtir. Tentative d’explication sous forme de question-réponse.

Quels sont les premiers enseignements que l’on peut tirer?

Tout d’abord, cette épidémie ne tombe vraiment pas bien parce qu’elle frappe juste à un moment où l’économie mondiale doute.

Ensuite, l’expérience que nous apportent les précédents exemples est que l’impact est ressenti de façon inégale (géographiquement notamment car il y a quatre États qui sont réellement touchés (Guinée, Liberia, Nigeria et Sierra Leone).
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Les seniors vont affecter la croissance selon Moody’s

Le vieillissement de la population va faire perdre de plus en plus de points à l‘économie. Il s’agit d’une mise en garde de l’agence de notation américaine Moody’s, selon qui plus de 60 pays vont être classés comme “vieillissants” en 2015, ce qui signifie que 7% de leurs habitants auront plus de 65 ans.

Moody’s impute au vieillissement démograhique une baisse annuelle de la croissance de 0.4 points ces 5 prochaines années, et précise que ce processus a des effets négatifs sur la main d’œuvre, la productivité, l’investissement, ou encore le taux d‘épargne des ménages.

La population en âge de travailler augmentera presque moitié moins vite entre 2015 et 2030, que lors des 15 années précédentes. A l’exception de l’Afrique, tous les continents sont concernés. Dans son rapport, Moody’s met en avant certaines mesures pour freiner le phénomène: embaucher davantage de seniors et de femmes, “inciter l’immigration” ou “encourager les flux financiers”.

Argentine : Moody’s abaisse la note, pour pousser le pays à se tourner vers le FMI ?

Moody’s, la célèbre agence de notation financière a abaissé d’un cran lundi la note de la dette de l’Argentine, rétrogradant cette dernière de B3 à Caa1. Raisons invoquées : la baisse des réserves de change du pays assortie selon elle de mesures politiques « inadaptées ».

Faible élément positif : Moody’s attribue une note stable à la perspective du pays, ce qui signifie qu’elle n’envisage pas un nouvel abaissement de la note à moyen terme.

L’agence de notation s’inquiète tout particulièrement du fait que le pays ne pouvant actuellement recourir au marché financier, s’est vu contraint de puiser dans ses réserves afin de contrer la chute du peso et rembourser sa dette.

Selon Moody’s, les réserves de l’Argentine auraient chuté de 52 milliards de dollars en 2011 à 27,5 milliards actuellement, les exportations de soja – pourtant importantes – ne permettant pas au pays de redresser la situation. Une situation due notamment à son déficit énergétique (8 milliards de dollars en 2013). Or, selon l’agence, Buenos Aires n’aura pas d’autre choix que de continuer à puiser dans ce capital en vue de rembourser les quelque « 20 milliards de dollars » qu’elle doit à ses créanciers entre 2014 et 2015.

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Les banques ont-elles manipulé le cours de l’or pendant des années ?

Une étude a analysé la totalité des échanges d’or depuis 2001 et remarquer une récurrence dans certaines baisses de prix. Depuis le scandale du Libor, les autorités financières surveillent de près le marché des matières précieuses.

Y-a-t-il eu manipulation sur le cours de l’or ? C’est l’hypothèse d’une étude sur le London Gold Fixing (LGF), le marché de référence qui détermine le cours international de l’once d’or, utilisé par les mineurs, les bijoutiers et les banques centrales et dont le site Bloomberg se fait écho.

Ce sont des structures d’échanges inhabituelles qui ont poussé Rosa Abrantes-Metz, professeur à l’école de commerce Stern de l’Université de New York et Albert Metz, directeur général au service des investisseurs de Moody’s, à faire des recherches.

“La structure du marché conduit certainement à la collusion et la manipulation, et les données empiriques sont cohérentes avec une artificialité du prix”, expliquent-ils dans le rapport, “il est probable qu’une coopération entre participants existe.”

Créé en 1919, le London gold fix est actuellement géré par cinq banques : Scotia-Mocatta, Barclays, Deutsche Bank (qui a annoncé en janvier se retirer du processus), HSBC et Société générale. Deux fois par jour, à 10h30 et à 15h (heure de Londres), elles procèdent à l’établissement du prix à travers des simulations en fonction de l’offre et la demande lors de conférences téléphoniques.

Pics irréguliers

Pour Rosa Abrantes-Metz et Albert Metz, le problème se trouve dans la fixation de 15h. En analysant les échanges réalisés sur le marché de l’or entre 2001 et 2013, les deux auteurs de l’étude ont remarqué à partir de 2004 des mouvements qui pourraient indiquer un comportement illégal.
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Chine : L’inquiétude monte autour de l’endettement

La dette est supérieure à celle des autres pays émergents.

Attention au dérapage ! Les inquiétudes se font de plus en plus palpables au sujet de l’endettement de l’économie chinoise. En mars, la banque Nomura mettait en garde contre un risque de crise financière. En avril, l’agence de notation Fitch dégradait la note de la dette chinoise en monnaie locale en raison de l’explosion du crédit. Et hier [14 mai 2013], ce sont simultanément deux institutions, CLSA et Moody’s, qui ont tiré la sonnette d’alarme.

Le courtier CLSA, régulièrement optimiste au sujet de la Chine, a en effet présenté, à Pékin, une étude qui fait état d’un risque en nette hausse en matière d’endettement. Son auteur, Francis Cheung, qui dirige la stratégie de CLSA pour la Chine, a ainsi dressé le tableau d’une économie «droguée» à la dette, comme en témoigne la hausse du crédit de 58% constatée lors du premier trimestre de cette année.

Efficacité remise en cause
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Fitch retire sa note maximale “AAA” à la Grande-Bretagne (màj)

Addendum du 24/04/2013 : La Banque d’Angleterre perd son “AAA” dans la foulée du Royaume-Uni

L’agence Fitch Ratings a retiré mercredi sa note maximale “AAA” à la Banque d’Angleterre, désormais notée “AA+”, dans la foulée de la rétrogradation du Royaume-Uni la semaine dernière, avec une perspective “stable”.

L’agence explique dans un communiqué que même si la capacité de la Banque centrale de créer de la monnaie est théoriquement illimitée, les avantages de cette pratique dépendent du gouvernement, ce qui renforce le lien étroit entre la Banque centrale et la note souveraine du royaume.

Boursorama


Cette annonce est un nouveau revers pour le gouvernement de David Cameron, alors que l’agence Moody’s avait déjà privé le pays de son triple A fin février.

Marché : Les agences de notation rattrapées par les subprimes

Les problèmes juridiques des agences de notations ne font que commencer: le gouvernement fédéral américain a lancé cette semaine une offensive contre Standard and Poor’s et l’Etat de New York étudie de possibles poursuites contre ses concurrentes Moody’s et Fitch.

L’action de McGraw-Hill, la maison mère de Standard and Poor’s (S&P), a plongé de 27% cette semaine et celle de Moody’s de 22%. Fitch, coentreprise du fonds français Fimalac et du groupe de médias américain Hearst, n’est pas cotée.

“Les investisseurs ont vendu agressivement les actions (des agences de notation) de peur que le problème avec le département de la Justice (DoJ) s’aggrave”, a commenté Michael James, stratège boursier de Jedbush Securities.

Ils anticipent d’autres mauvaises nouvelles et leur réaction c’est de vendre l’action d’abord et de réfléchir après”, a-t-il ajouté.

Mardi, le gouvernement américain a porté plainte contre S&P pour tenter de recouvrer quelque 5 milliards de dollars de pertes subies par des investisseurs qui auraient acheté des produits dérivés de crédits hypothécaires très risqués (subprime) sur la foi de notes de S&P excessivement optimistes.

Le département américain de la Justice (DoJ) accuse S&P d’avoir en toute connaissance de cause accordé des notes complaisantes pour préserver sa part de marché dans les produits dérivés.

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Russie : Détruire l’économie pour mieux la reconstruire

Cet article d’économie-fiction imagine ce qui se passerait en Russie en cas de défaut de paiement des États-Unis. L’auteur, Stanislav Machaguine, est président du fond d’investissement Personalnyie strateguii.

Il est complètement fou de discuter la probabilité d’un défaut de paiement de États-Unis de ses obligations, dans la mesure où il est impossible à chiffrer. Le scénario le plus brutal n’est pas technique, c’est le défaut de paiement complet. Et il peut effectivement se produire.

La demande actuelle des foyers américains, selon les estimations des experts, dépasse annuellement de 2 200 milliards d’euros les recettes aux États-Unis. Le déficit est financé en grande partie sur le compte de l’augmentation de la dette de l’État.

Chaque mois, la dette de l’État américain augmente de plus de 90 milliards d’euros pour le service de la dette courante. Aujourd’hui, le plafond de la dette nationale d’État aux États-Unis atteint les 12 000 milliards de dollars : ce plafond a été atteint le 31 décembre 2012.

Le Ministère des Finances des États-Unis a pris des mesures incontournables pour la prolongation du service de la dette jusqu’au 19 mai 2013. Standard and Poor’s, Moody’s Investors Service et Fitch Ratings n’excluent pas de baisser la note de États-Unis en 2013 à cause des problèmes de budget et de la dette qui contribuent encore plus à l’augmentation des dépenses pour la dette, et en conséquence, la dette elle-même.
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La Russie embauche Goldman Sachs pour améliorer son image

La Russie a engagé la banque américaine Goldman Sachs pour l’aider à améliorer son image auprès des investisseurs étrangers et des agences de notation, rapporte mardi 29 janvier le quotidien russe Vedomosti.

La banque d’affaires a signé un protocole d’accord avec le ministère du développement économique et le fonds russe pour les investissements directs, a confirmé une porte-parole de Goldman Sachs, sans  donner plus de détails. Goldman se chargera de la communication avec les investisseurs, et participera aux présentations et aux tournées à l’étranger, explique Vedomosti, citant le vice-ministre du développement économique, Sergueï Beliakov.

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L’influence de Dagong sur la zone Euro

« Je pense que les agences internationales de notation devraient garantir la sécurité du système financier mondial » tels sont les mots du président, Guan Jianzhong, de l’agence de notation chinoise Dagong dans un contexte de crise financière globalisée. Les agences de notation sont des organismes indépendants spécialisés dans l’étude du risque de défaut. Les plus reconnues sont Fitch, Moody’s et Standard and Poor’s, agences de notation anglo-saxonnes, qui représentent à elles seules plus de 97% de la notation financière. Cet oligopole s’appuie sur une réputation bâtie depuis plus de 100 ans.

L’agence Dagong, quant à elle, s’est développée dès 1994 sous l’impulsion de sept institutions étatiques chinoises (1). Son président, Guan Jianzhong, possède 60% des capitaux de l’agence, les 40% restants appartiendraient à l’un des fondateurs dont ne connaît pas l’identité. Guan Jianzhong a reçu, en janvier 2012, le prix du « Shangai leader talent ». Aujourd’hui l’agence compte 1 000 salariés répartis dans 34 succursales éparpillées sur le sol chinois.

L’émergence d’une agence notation au sein du pays premier créancier de la planète change les codes d’une industrie jusqu’ici peu diversifiée. Selon le directeur de l’agence, nous sommes dans « une situation où les pays endettés dominent le système de notation et fournissent des informations qui leur sont favorables entraînant ainsi l’effondrement du rapport créancier/débiteur » (2).

En effet, contrairement aux pays occidentaux, la Chine n’a pas subi directement les conséquences de la crise financière et économique qui a éclaté en 2007. Elle avait déjà accumulé jusque-là une richesse sans précédent, la plaçant en seconde puissance économique mondiale. En 2011, l’excédent commercial s’élevait à 155,14 milliards de dollars. Ce surplus de richesse lui a permis d’investir dans d’autres pays  tels que les États-Unis. Ainsi la Chine détiendrait 8% de la dette américaine.

Pour le président de l’agence Dagong, les agences Moody’s, Fitch et Standard & Poors continuent d’attribuer la note maximale aux Etats-Unis alors que, toujours selon lui, la capacité de ce dernier à rembourser sa dette est de plus en plus faible. On note bien de la part de Guan Jianzhong une certaine amertume à l’égard des agences de notations anglo-saxonnes et du principal rival de la Chine, le pays de l’oncle Sam. De surcroit, toujours selon le président de Dagong, il existe des différences de traitement entre la crise aux Etats-Unis et la crise en Europe (3).

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Olivier Delamarche : « Un accord sur la falaise fiscale ne règlera pas la dette américaine »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 20 novembre 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Si vous cumulez toutes les dettes aux Etats-Unis, nous sommes à 26.000 milliards de dollars, c’est-à-dire au même niveau que la Grèce, tout le monde annonce les 600 milliards de la falaise fiscale comme la fin du monde, c’est ridicule »

Les Agences de notation sont-elles condamnées?

En Australie, la justice a donné droit aux demandes de collectivités locales acheteuses de produits financiers cotés AAA par Standard and Poor’s et qui se sont effondrées de plus de 97% de leur valeur. Ce serait une première! Peut-on dire pour autant qu’enfin les Agences de Notation vont devoir assumer des responsabilités accrues?

Est-il vrai que Standard and Poor’s a déclaré pour sa défense dans le cas australien “La notation est un art, pas une science” ? Il serait très agréable qu’il en soit ainsi, car, les juristes seraient enfin libérés de l’obligation de fournir des preuves, d’établir des liens de causalités, d’avancer des évaluations et d’inscrire les évènements dans des délais précis.

Il serait enfin possible de se prononcer de façon artistique, de déclarer que juger est du ressort de l’art, que les lois ne sont là que pour apporter un peu de décorum et que l’essentiel réside dans l’absolue indépendance de jugement du juge, son intime conviction, qu’elle soit perturbée par une mauvaise digestion ou affutée par les pertes subies dans la gestion de son portefeuille de placement.

On va dire que « non, ce n’est pas possible, aucun juriste serait suffisamment sot pour se risquer à pareille comparaison. Non, ce n’est pas possible de condamner Standard and Poor’s au simple motif qu’ils ne sont que des artistes ringards qui n’ont pas compris que le monde et ses représentations avaient changé ! ».

En tout cas, une de plus, voici ce qu’on peut dire de la condamnation qui vient de tomber sur la tête de Standard and Poor’s en Australie.

Dérive de la Notation.

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États-Unis : Selon Moody’s, le pays pourrait perdre son “Aaa” en 2013

Démocrates et républicains sont prévenus: quel que soit le résultat des élections de novembre, Moody’s privera les Etats-Unis de leur note “Aaa” si le Congrès ne trouve pas en 2013 un moyen de réduire à moyen terme le ratio de la dette publique au PIB du pays.

Les négociations budgétaires au cours de la session parlementaire 2013 détermineront probablement la trajectoire de la note” de solvabilité financière de l’Etat fédéral américain, a averti mardi l’agence de notation financière américaine.

Si ces négociations débouchent sur des mesures politiques spécifiques entraînant une stabilisation puis la mise sur une pente descendante, à moyen terme, du ratio de la dette fédérale au PIB, la note (du pays) sera probablement confirmée et sa perspective redeviendra stable“, écrit-elle dans un communiqué.

Cependant, si ces négociations ne parvenaient pas à l’adoption de telles mesures, Moody’s prévoirait alors d’abaisser la note, probablement à Aa1“, soit un cran au-dessous du “Aaa”, qui est la meilleure note possible, ajoute l’agence.

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Dettes de cartes de crédit aux Etats-Unis : le retour des robots-signeurs

Aux Etats-Unis, les nombreuses poursuites judiciaires des banques concernant les dettes de cartes de crédit reposent sur des documents déficients. Les “robots-signeurs” sont de retour mais avec de nouvelles victimes cette fois.

La première apparition des robots-signeurs date de la crise des prêts hypotécaires lorsque les banques et leurs sous-traitants avaient massivement produit des documents falsifiés ou non-vérifiés relatifs aux saisies. En automne 2010, les principaux prêteurs tels que JPMorgan Chase et Bank of America avait suspendu leurs opérations de saisie après la révélation au public des robots-signeurs. Finalement, un arrangement de 26 milliards avait été obtenu entre les banques et les emprunteurs lésés.

Aujourd’hui, ce sont les sociétés émettrices de carte de crédit comme American Express, Citigroup et Discover Financial qui vont en justice pour réclamer l’argent qu’elles disent leur appartenir.

Le New York Times rapporte que les procédures judiciaires sont tout aussi défaillantes que les précédentes tentatives de saisies immobilières. Selon le journal, les problèmes concernent de nombreux “documents erronés, des enregistrements incomplets et des témoignages vagues”.

Un juge du Tribunal civil de Brooklyn, qui préside jusqu’à 100 affaires de dette de carte de crédit par jour, a déclaré au Times, “Je dirais qu’environ 90% de ces poursuites judiciaires ont des dossiers déficients et qu’il n’est pas possible de prouver que les accusés doivent de l’argent”.

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Les agences de notation alimentent la crise

Les agences de rating accélèrent et amplifient la crise de la dette en Europe, constate l’Université suisse de St-Gall dans une nouvelle étude. Elles créent un cercle vicieux sans rapport avec l’économie réelle.

La crise de la dette en Europe est alimentée par les agences de notation. Dans une étude publiée cette semaine, l’Université de St-Gall démontre comment les notations des agences de rating créent une spirale à la baisse qui s’auto-nourrit.

Avant d’aboutir à ce constat fracassant, vu le contexte actuel, le professeur Manfred Gärtner et Björn Griesbach ont comparé les données macro-économiques de 25 états de l’OCDE entre 1999 et 2011 et la notation de ces derniers par l’agence Fitch. Troisième en importance, Fitch se partage avec ses consœurs américaines Standard & Poor’s et Moody’s près de 90% du marché mondial de la notation financière.

Selon l’étude st-galloise, l’impact d’une dégradation de la note dépend de la situation dans laquelle le pays se trouve au départ. S’il bénéfice de la meilleure note, soit d’un «Triple-A», la réaction des marchés est plutôt sereine, comme observé cette semaine encore, après que Moody’s a menacé de revoir à la baisse la note de l’Allemagne.

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Islande : La démocratie plus forte que les banquiers

Par Olivier Demeulenaere

Ou comment le politique reprend le pouvoir sur l’économique. L’île de feu et de glace, frappée de plein fouet par la crise financière de 2008, a refusé de se laisser dicter son avenir. Gouvernement viré, banquiers arrêtés, dettes non-remboursées… Et au final, un chômage qui baisse et une croissance de 3,5% en 2011.

Avez-vous entendu parler de la révolution démocratique islandaise ? Si vous avez cette chance, vous êtes-vous demandé pourquoi les médias n’en parlent pour ainsi dire jamais ?

Le cas de l’Islande, ce minuscule pays de 320.000 habitants, est pourtant emblématique de la crise systémique qui frappe aujourd’hui l’Europe. Et la façon dont il s’en est sorti pourrait, et même devrait, nous servir d’exemple. Mais peut-être est-ce justement la raison pour laquelle l’oligarchie politico-financière ne tient pas à ce que l’affaire fasse trop de bruit…

En 2008, le rêve éveillé des Islandais a brutalement pris fin et l’île des volcans a plongé dans l’abîme. L’énorme bulle de crédit qui avait fait de ce pays une sorte d’eldorado improbable a éclaté, laissant sur le carreau une population stupéfaite. Le peuple « le plus heureux de la terre » selon le classement du World Database of Happiness apprend la faillite de ses trois principales banques, dont les dettes représentent… 923 % du PIB.

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Olivier Delamarche : « Tous les moteurs s’arrêtent les uns après les autres »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 26 juin 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« On attend un nouveau Quantitative Easing aux USA pour que la bourse puisse continuer à faire mumuse – Des Länders allemands sont en faillite – Les politiques sont totalement incapables de nous sortir de là où ils nous ont mis – La sortie de la Grèce de la Zone Euro ne serait pas une catastrophe épouvantable – La récession qui arrive va être extrêmement dure et violente. »

Moody’s abaisse la note de 15 grandes banques occidentales, dont BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole

L’agence de notation avait annoncé qu’elle publierait d’ici à la fin du mois de juin le résultat du réexamen des notes d’une quinzaine de grands établissements bancaires. Elle avait prévenu que de nombreuses banques seraient fortement déclassées. La forte baisse des indices boursiers outre-Atlantique (-1,95 pour le Dow Jones et -2,44 % pour le Nasdaq) s’explique en partie par ces craintes.

Les plus touchés sont les américains Citigroup et Bank of America, qui ne se situent plus qu’à deux crans de la catégorie dite «spéculative». En Grande-Bretagne, le couperet est tombé sur HSBC, Barclays et RBS. Enfin, les notes des suisses UBS et Crédit Suisse et de l’allemand Deutsche Bank sont également revues à la baisse.

Concrètement, les banques vont avoir plus de mal à se financer avec ces mauvaises notes. L’ampleur de la dégradation risque de passer difficilement vendredi matin. En effet, l’agence n’a pas fait dans le détail avec cette vague généralisée d’abaissement de note.

Le Figaro

Vers une nouvelle crise financière

Boudé par les marchés, l’Espagne a lancé un appel à l’aide à l’Europe pour “soutenir” via un mécanisme pour recapitaliser ses banques. Une situation qui suscite de nouvelles inquiétudes sur l’avenir de la zone euro, alors que l’agence Moody’s a dégradé la note d’établissements bancaires allemands.

Grèce : Les clients de Bankia ont retiré plus d’un milliard d’euros

Les clients de la banque espagnole Bankia, nationalisée la semaine dernière, auraient retiré depuis plus d’un milliard d’euros de leurs comptes, rapporte El Mundo jeudi. Le quotidien cite des informations données lors d’un conseil d’administration qui s’est tenu hier. Bankia n’avait pas répondu à la question de savoir s’il y avait eu des retraits massifs de liquidités.

Mais l’action Bankia a perdu 10 % mercredi, la banque ayant retardé la publication de ses résultats du premier trimestre, les investisseurs s’interrogeant sur le montant des pertes encourues par la banques.

L’Espagne a pris le contrôle de Bankia, quatrième banque du pays, mercredi 9 mai. L’agence de notation Moody’s s’apprêterait, en outre, à baisser “de manière significative” les notes de 21 banques espagnoles, renforçant les inquiétudes du secteur et des épargnants.

REDITE DE LA SITUATION GRECQUE

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Notation des entreprises: démanteler l’oligopole des Agences américaines

Dans le précédent article, “les agences de notation sont-elles condamnables“, on avait insisté sur les responsabilités des investisseurs trop contents de s’appuyer sur la note « absolutoire » d’une Agence de notation pour fonder leurs décisions. Cela coûterait moins cher? Comme s’il était tolérable qu’une banque délègue ses décisions de crédits à une Agence irresponsable!

Là, me dira-t-on, franchement, vous n’allez pas barguigner les mérites des agences de notation! On sait bien que vous êtes réservé à l’égard de la notation de la dette  souveraine. La notation de la dette des entreprises,  il n’y a pas de raison. Les entreprises de notation s’y adonnent depuis plus de cent ans. Personne n’y a trouvé à redire….
A ce stade les remarques qui pourraient être faites à l’encontre des Agences de notation sembleraient être injustifiées et même injustes.

Si, il y a à voir et beaucoup plus que ce que les Agences de notation n’en ont envie. Et d’abord, il y a une de ces petites choses sans intérêt qu’on ne regarde plus parce que …franchement… c’est un peu mesquin de s’y intéresser : le prix de l’information ou de l’opinion puisque coter c’est, nous serinent sans cesse les agences de notation, fournir une opinion. Quand on achète un journal d’information financière, quand on paye un abonnement internet, on paye de sa propre poche l’information et l’opinion dont on souhaite disposer. Or, ce n’est précisément pas le cas des Agences de notation. Autrefois, leur business model était celui d’un journal d’information financière. Elles étaient des journaux ou des périodiques de ce type. Aujourd’hui, ce n’est pas l’investisseur qui vient « acheter de l’opinion », c’est l’émetteur de la dette, l’emprunteur. Donc, l’intéressé, celui qui va essayer de vendre en bourse les obligations ou les emprunts dont il a besoin, paiera l’Agence de notation pour qu’elle conduise les études destinée à délivrer une notation. Cette évolution, récente, du business model des Agences ne cesse de surprendre. Les critiques se retrouvent des deux côtés de l’atlantique pour dénoncer ce genre de pratique.

Revenir sur les « avantages acquis » des Agences de notation

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Présentation du MAS, le Mouvement d’Action Sociale

Le Libre journal des lycéens du samedi 5 mai 2012, animé par Romain Lecap aux côtés de Mathilde Parsimperi, Pascal Lassalle et Xavier Delaunay, est une émission de Radio Courtoisie.

Une action du MAS en janvier dernier contre l’agence de notation Moody’s:

Grèce : Moody’s voit un défaut de paiement

Addendum: L’agence de notation Fitch abaisse sa note

Malgré l’effacement partiel de sa dette, l’agence de notation Fitch a abaissé la note de la Grèce et a placé le pays en “défaut partiel”. Robert Rochefort, vice-président du MoDem et économiste, a expliqué cette décision.

L’agence d’évaluation Moody’s  a indiqué vendredi qu’elle considérait que la Grèce  avait fait défaut sur le paiement de sa dette. De ce fait, elle maintient la note attribuée au pays à C, ce qui correspond à la valeur la plus basse dans son échelle. Moody’s estime en effet que cet échange constitue un “échange contraint” et donc un défaut sur la dette. C’est en effet ce qu’a indiqué l’agence dans un communiqué, suite à l’accord d’une majorité des créanciers privés d’Athènes conclu en vue d’effacer plus de 100 milliards d’euros de dette, et le déclenchement de clauses contraignant une minorité à se joindre à l’opération.

En juillet dernier, les agences de notation les plus importantes avaient d’ores et déjà indiqué que l’opération d’échange  serait assimilée à un défaut de paiement partiel, les analystes prévoyaient toutefois que lesdites agences devraient redonner une note à la Grèce une fois l’opération réalisée.

De son côté, en février dernier, l’International swaps and derivatives association (ISDA), entité de référence, avait laissé entendre qu’elle considérait l’opération comme volontaire. De ce fait, elle estimait alors que le montage réalisé ne constituait pas un événement de crédit, et ne pouvait être assimilée à une modification unilatérale des conditions du contrat passé entre débiteur et créancier, élément susceptible de déclencher le paiement de ces CDS (Credit Default Swaps).

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Le Portugal est la prochaine Grèce

« Au lieu d’une réduction de l’endettement public, nous assistons à son aggravation, car la réduction de l’activité économique produite par les coupes budgétaire se traduit par une réduction des dépenses du secteur privé. » Pour Ed Harrison, l’éditeur de Credit Writedowns, les dirigeants européens font une erreur de diagnostic en se focalisant sur les politiques d’austérité. Pour la raison suivante : lorsque les Etats, les ménages et les entreprises tentent tous ensemble de se désendetter au même moment en réduisant leurs dépenses, s’amorce alors une spirale récessive s’auto alimentant. Avec au bout, la faillite.

L’Europe a pris la mauvaise direction car le remède prescrit pour résoudre la crise de la dette souveraine, une soi disant rigueur expansionniste, est une politique économique conduisant à l’échec. L’idée, c’est que le licenciement de salariés du secteur public, afin de réduire les dépenses, permettrait d’éliminer le déficit budgétaire dans des pays comme la Grèce et le Portugal et, par conséquent, de rétablir la confiance du marché dans leur dette souveraine. La réalité s’est avérée quelque peu différente. Au lieu d’une réduction de l’endettement public, nous assistons à son aggravation, car la réduction de l’activité économique produite par les coupes budgétaire se heurte à une réduction des dépenses du secteur privé. Si l’Europe continue sur cette voie, la zone euro va complètement éclater, avec des répercussions politiques et économiques entièrement imprévisibles.

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Moody’s place sous surveillance plusieurs institutions financières

Moody’s a prévenu, jeudi 16 février, qu’elle pourrait abaisser les notes de crédit de 17 grandes banques mondiales et de 114 institutions financières européennes, témoignant de l’impact de la crise de la dette souveraine européenne sur le système financier. L’agence dit examiner les notes de crédit à long terme d’une série de banques ainsi que leur solidité.

“Les groupes qui opèrent sur les marchés de capitaux sont confrontés à des défis changeants, avec des conditions de financement plus fragiles, des spreads de crédit plus larges, un durcissement de la régulation et des conditions d’activité plus difficiles”, a écrit Moody’s dans un communiqué.

Parmi les établissements concernés, et qui pourraient voir leur note abaissée de deux crans, figurent BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Natixis, Deutsche Bank, HSBC, Barclays ou encore Goldman Sachs. D’autres banques pourraient même voir leur note de crédit réduite de trois crans, en particulier UBS, Credit Suisse et Morgan Stanley. Bank of America et Nomura pourraient voir la leur reculer d’un cran.

Moody’s explique que son action sur 114 institutions financières de 16 pays européens reflète l’impact de la crise de la dette et la détérioration des notes de crédit de leurs gouvernements. Moody’s a également dégradé jeudi les notes de plusieurs compagnies d’assurance, évoquant leurs exposition à l’Espagne et à l’Italie. Parmi les compagnies déclassées figurent Generali et Allianz. Moody’s a confirmé les notes d’Axa, Aviva et leurs filiales, tout en abaissant leur perspective de stable à négative.

COLLECTIVITÉS LOCALES DÉGRADÉES

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Moody’s menace le AAA de la France

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L’agence d’évaluation financière Moody’s a annoncé lundi 13 février au soir qu’elle envisageait d’abaisser à moyen terme la note de solvabilité maximale (Aaa) qu’elle attribue à la France, à la Grande-Bretagne et à l’Autriche, et a abaissé celle de six autres pays européens. Moody’s a publié un communiqué sanctionnant neuf pays de l’Union européenne susceptibles, selon elle, d’être affectés “par les risques financiers et macroéconomiques grandissants émanant de la crise de la zone euro”.

Un mois jour pour jour après que sa concurrente Standard and Poor’s a privé la France et l’Autriche de leur triple A, l’agence américaine a annoncé qu’elle donnait désormais une perspective “négative” au “Aaa” qu’elle-même attribue à la France, à la Grande-Bretagne et à l’Autriche. L’annonce de Moody’s intervient également au lendemain du vote en Grèce du programme d’austérité exigé par les créanciers du pays, qui devrait aboutir à l’adoption par la zone euro d’un plan de sauvetage d’une ampleur sans précédent dans le monde.

Moody’s a aussi annoncé l’abaissement des perspectives des dispositifs publics de soutien aux banques françaises. “Moody’s a modifié à négative les perspectives de la note AAA attribuée à la SFEF et à la SPPE, conformément à la modification de la perspective de la note de crédit française”, souligne l’agence de notation américaine dans un communiqué. Après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers en 2008, le gouvernement français avait mobilisé une enveloppe globale de 360 milliards d’euros, dont 320 milliards d’aide à la liquidité via la Société de financement de l’économie française (SFEF) et 40 milliards pour le renforcement des fonds propres via la Société de prises de participation de l’Etat (SPPE).

PARIS ET LONDRES PRENNENT ACTE

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Moody’s abaisse la note de la Belgique de deux crans – Fitch abaisse la perspective de note de la France, etc.

Moody’s a invoqué la détérioration des conditions de financement pour les Etats de la zone euro, les risques pour la croissance de l’économie belge et le coût budgétaire que pourrait avoir le sauvetage de banques, dont Dexia. (…)

Le même jour, l’agence de notation française Fitch Ratings a abaissé à négative la perspective de la note “triple A” de la France, et mis par ailleurs sous surveillance négative les notes de l’Italie, de l’Espagne, de la Belgique, de l’Irlande, de la Slovénie et de Chypre.

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La crise en 2011 ou le scénario de l’inextricabilité

Par Jean Claude Werrebrouck

Notre texte concernant le scénario pour 2010, publié le 1er janvier de ladite année, se penchait longuement sur la question du retour à la souveraineté monétaire. Il était assez optimiste, en ce qu’il annonçait la difficulté croissante à faire admettre par le contribuable qu’il devrait payer pour une dette publique dont la responsabilité reposait au moins partiellement sur la rente financière.

La réalité 2010 de la crise, est qu’un certain nombre de pays ont malgré d’extrêmes difficultés, ouvertement choisi de satisfaire la rente au détriment des Etats-providences et des contribuables : Grèce, Irlande, mais aussi à des degrés moindres, la quasi-totalité des Etats européens.

Les propos de la Chancelière de la République Fédérale, consacrés au partage du fardeau de la dette avec les créanciers, étant, était-il espéré, vite étouffés par de prétendus rédempteurs resserrements budgétaires. Prétendus, car on sait depuis peu (Patrick Artus), que le multiplicateur budgétaire sur la Grèce et l’Irlande est élevé, ce qui signifie – en principe – effondrement de la croissance, suite à une faible variation du déficit budgétaire.

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La faillite de la Grèce désormais officielle

Nouriel Roubini persiste et signe. Après avoir mis en garde la France sur le dérapage de ses finances publiques le mois dernier, le célèbre économiste a récidivé dans une interview accordée au Monde : « Un jour, les marchés se réveillent et il est trop tard ». Un constat valable pour toute l’Europe ?

Il y a d’abord eu l’Islande, puis la Grèce et la Hongrie. Et enfin l’Irlande. Malheureusement, le rouleau compresseur n’est pas près de s’arrêter en Europe et l’Espagne est dans la ligne de mire des investisseurs. Ainsi, l’agence Moody’s vient de publier un rapport annonçant que les banques espagnoles sont confrontées à des besoins de recapitalisation de l’ordre de 17 milliards d’euros.

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La réponse systémique dans toutes les têtes de l’UE

Les dirigeants de l’Union européenne s’entendront jeudi et vendredi à Bruxelles sur une réforme limitée du traité européen afin de créer un mécanisme permanent de crise mais ils poursuivront surtout les discussions sur des réponses plus systémiques à la crise.

Sans être à l’agenda de ce septième sommet européen de l’année – un record – la question de doper les capacités du fonds de stabilité de la zone euro et d’élargir ses missions, mais aussi la réflexion autour de la création d’obligations européennes devraient animer les débats dans les coulisses.

Selon le texte des conclusions du sommet, dont Reuters a obtenu une copie, les Vingt-sept ajouteront un paragraphe prévoyant un tel mécanisme à l’article 136 du traité, qui précise le fonctionnement de l’Union économique et monétaire.

La rédaction envisagée de ce paragraphe est la suivante : « les Etats Membres dont la monnaie est l’euro peuvent établir un mécanisme de stabilité pour sauvegarder la stabilité de la zone euro dans son ensemble. L’octroi d’une assistance financière via ce mécanisme devra être sujette à de strictes conditionnalités ».

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L’Espagne au bord du gouffre financier

L’Espagne et son secteur financier n’ont pas fini de susciter l’inquiétude en zone euro. L’asphyxie de son système bancaire met le pays au bord du gouffre financier.

Selon des informations publiées par le Financial Times, hier, les banques espagnoles, en mal de liquidités, ont emprunté 85,6 milliards d’euros auprès de la Banque centrale européenne (BCE) pour le seul mois de mai. Un montant record dans l’histoire de la zone euro, qui représente 16,5 % de l’ensemble des prêts délivrés en mai par l’institut d’émission européen.

Ces chiffres devraient raviver la suspicion sur la solidité du système financier espagnol, alors que Madrid a déjà dû se porter au secours de deux caisses d’épargne régionales. Les efforts du gouvernement et de la Banque d’Espagne pour boucler au plus vite la consolidation de ces établissements ne suffisent pas à rassurer sur la santé d’un secteur tout entier exposé au risque immobilier.

Lundi, le secrétaire d’État au Trésor, Carlos Ocana (photo ci-dessus), a reconnu que les banques de son pays éprouvaient des difficultés à se refinancer sur le marché interbancaire.

La Commission européenne a démenti mercredi une information du journal espagnol El Economista selon lequel l’Union européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et le Trésor américain préparent un programme destiné à fournir des liquidités, à travers notamment une ligne de crédit de 250 milliards d’euros, à l’Espagne.

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« Une bataille est gagnée, la crise n’est pas terminée »

Yannick Roudaut, anime une cellule de veille et de prospective sur l’économie durable et la finance responsable au sein d’Alternité. Chroniqueur économique, auteur de « L’Alter Entreprise » (Dunod), il analyse le plan de défense de la zone Euro et les effets de la crise financière.

- Le méga-plan de secours des pays de l’Union européenne et l’action concertée des banques centrales seront-ils suffisants pour endiguer la crise ?

A court terme, oui. La réaction des investisseurs est d’ailleurs unanime.

En débloquant potentiellement 750 milliards d’euros, l’Europe apporte une réponse à la crise de liquidités. Les pays en difficultés devraient désormais pouvoir se financer dans de meilleures conditions de taux d’intérêt.

A moyen terme, le plan, ne résout pas la crise budgétaire. L’un des points soulevés ces dernières semaines, est celui de la capacité des états comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne à réduire sensiblement leur déficit budgétaire. On leur donne certes les moyens de ne pas faire défaut sur leurs dettes, mais le problème du retour à la croissance économique et de la réduction des déficits pour revenir aux exigences de Maastricht demeure. Une bataille est gagnée, mais la crise n’est malheureusement pas terminée.

- D’autres actions sont-elles nécessaires ?

Les pays les plus fragiles vont peut-être devoir commencer à restructurer leur dette rapidement. Cela veut dire que leurs créanciers (banques, compagnies d’assurances, États) vont peut-être devoir provisionner une partie des pertes. Au-delà de ces mesures financières, il faut que nos responsables européens poursuivent leurs efforts politiques pour faire évoluer l’Europe vers le fédéralisme ou une forme équivalente. Cette crise nécessite une réponse politique forte. Le cas échéant, de nouvelles attaques financières sont prévisibles au cours des prochains mois.
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Obligations (USA) : l’apocalypse est pour demain

En 2012, les entreprises américaines vont devoir rembourser une montagne d’emprunts obligataires. Le pire est à craindre.

Lorsque les Mayas ont prédit la fin du monde pour 2012 – si l’on en croit Hollywood –, ils n’ont pas inclus les junk bonds [obligations pourries] au nombre des périls qui menaceraient la planète. Pourtant, 2012 est également le début d’une période triennale au cours de laquelle plus de 700 milliards de dollars [524 milliards d’euros] de dettes à hauts rendements et à hauts risques arriveront à échéance, mettant ainsi, redoutent certains, une pression terrible sur les marchés du crédit. Comme l’Etat fédéral américain devra régler une énorme facture au même moment, les entreprises risquent d’avoir du mal à obtenir de nouveaux prêts, ce qui déclencherait une vague de défauts de paiement et de faillites.

Ces prévisions apocalyptiques ­ne sont pas l’apanage des éternels cassandres et autres spéculateurs à la baisse. Même Moody’s, connu pour la sobriété de ses déclarations, tire la sonnette d’alarme. “En 2012 et au-delà, une avalanche emportera les entreprises si elles ne se sauvent pas à temps”, avertit Kevin Cassidy, analyste pour cette agence de notation financière.

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USA : le déficit américain moins mauvais que si c’était pire

Ah ! que Coluche aurait été content d’annoncer une si bonne nouvelle !

En effet, l’adepte du “c’est pas plus mal que si c’était pire” aurait été heureux de nous faire partager l’information : si les Etats-Unis ont enregistré un déficit budgétaire de 65,39 milliards de dollars en mars, certains trouvent tout de même le moyen de se féciliter du fait que ce montant s’avère en forte baisse par rapport aux mois précédents… mais tout de même supérieur aux estimations des analystes !

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