Travailler plus, mais pour produire quoi ?

L’accroissement du P.I.B. sans discernement, prédateur en ressources, ne permet plus un accroissement du même ordre des emplois rémunérés. Travailler plus ou plus longtemps pour produire et consommer n’importe quoi n’est pas la réponse aux problèmes que pose cette “mauvaise croissance“. Il est temps de changer de paradigme.

Se désaliéner du travail rémunéré

L’article du philosophe Jean-Pierre Dupuy dans le monde du 06/05/2013 “L’enfer du travail” a inspiré ce qui suit. Il décrit pleinement dans quelle spirale infernale se trouve le “travailleur-consommateur” dans le monde global actuel. La référence à un dessin de Konk illustre bien le propos :

Dans une case un automobiliste se lamente “J’ai horreur de conduire, mais j’ai besoin d’une voiture pour me rendre à mon travail“. Dans une deuxième case, le même à l’usine : “J’ai horreur de mon boulot, mais il faut bien que je paie les traites de ma voiture“.

Cette situation, vécue par beaucoup, montre l’aliénation dans laquelle la société de consommation mondialisée, pilotée par des politiques économiques libérales, nous a enfermés. “L’enfer” du travailleur, aliéné à son poste, rejoint “l’enfer” du consommateur aliéné par les objets et les marques. Travailler plus pour consommer plus, faire des heures supplémentaires pour honorer ses dettes.

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Le Big Bang de la fin de l’Eurozone et l’univers financier dans le monde d’après

Par Jean Claude Werrebrouck

La grande question sera celle du niveau de stress de la communauté financière mondiale. Et ce niveau dépend probablement du mode de passage de l’ancien au nouveau système. Sera-t-il le résultat d’une concertation et d’un plan opératoire ?  Et dans ce cas tous les pays seront-ils consultés ? Ou bien le passage s’opère- t-il  de façon sauvage, est le fait d’un ou plusieurs pays, selon un processus non coopératif, voire selon un mode panique ? Hélas la deuxième solution est celle qui devrait logiquement l’emporter.

La très difficile stratégie coopérative

Il est bien évident que la vitesse d’exécution des décisions constitue la variable clé d’un succès.

Il est aussi évident qu’une coopération pour le changement ne peut intervenir qu’au terme d’une analyse commune d’une situation dont on peut déjà anticiper les contours tant ils sont  apparents.

Du côté des forces sociales qui tenteront  de maintenir l’euro, nous aurons : les rentiers qui craignent le retour de l’inflation, les « hyper-consommateurs » de marchandises mondialisées éventuellement équipés de crédits à la consommation moins usuraires, les touristes ennemis de frontières prédatrices, mais aussi les entreprises de l’économie réelle qui ont vu disparaître avec l’euro les charges de couverture de change et les risques pays, mais enfin une grande partie des classes politiques qui, historiquement, ont milité pour la construction de la zone euro. Cela fait beaucoup de monde et cela explique que, malgré la violence de la crise, les sondages, y compris dans les pays les plus meurtris, restent très favorables au maintien de la monnaie unique. (74% des Italiens malgré les dernières élections restent favorables – selon l’institut IPSOS -  au maintien de leur pays dans la zone euro) [1].

Du côté des forces qui se manifestent en faveur de la liquidation, les éléments objectifs l’emportent sur la subjectivité des acteurs et, au-delà des entreprises laminées par la sous-compétitivité induite, c’est le constat de la saignée des pays victimes d’une dégradation très lourde des échanges extérieurs qui, malgré tous les plans de rigueur, ne peuvent refaire surface. Curieusement, la situation objective avec ses manifestations concrètes (entre autres chômage de masse, dette publique ingérable et évaporation de l’Etat-providence) n’altère  pas  les engouements enthousiastes en faveur de l’euro. Cela est peut-être dû au fait qu’un groupe de pays, ceux du nord, sont très favorisés par le système : taux de change plus faibles que celui d’un Mark hors Euro-zone, dévaluation interdite pour les partenaires moins compétitifs etc. mais faveurs qui n’apparaissent que sous la forme de récompense d’un comportement jugé vertueux.

De fait la grande difficulté est que – telle une drogue  les aspects séduisants de l’Euro sont très visibles alors que ses conséquences catastrophiques sont invisibles pour le citoyen non initié à la culture économique. Particularité que l’on retrouve par conséquent dans les sondages.

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Entretien avec Olivier Delamarche : Vers la faillite des Etats

Olivier Delamarche, associé-gérant chez Platinium Gestion, analyse les principales tendances économiques et financières à venir. Il nous explique en quoi les solutions actuellement mises en oeuvre, en particulier la monétisation des dettes souveraines, ne pourront ni relancer la croissance ni faire baisser le chômage. La solution passera forcément par des faillites, partielles ou totales, de certains Etats.

Le coup d’après

L’inflation, pour se débarrasser de la dette.

Assignats révolutionnaires

Après cinq ans de crise non résolue, le retour de l’inflation ne va-t-il pas apparaître bientôt comme le seul moyen d’alléger le fardeau de la dette, les autres solutions tentées jusqu’ici n’ayant donné aucun résultat ? La voie frontale de l’hyper-austérité ressemble à une impasse économique butant sur le social et la politique. Quant au retour de la croissance, il apparaît plus qu’hypothétique dans nos sociétés vieillissantes. Or pour certains experts, les politiques menées par les banques centrales – “mesures non conventionnelles” –, en injectant massivement des liquidités, nous prépareraient un retour de l’inflation. Fuite en avant ou voie de salut ? En perdant son combat pour la stabilité des prix et la non-monétisation de la dette – accusations que récuse évidemment Mario Draghi, le patron de la BCE -, qui faisait il n’y a pas si longtemps la pluie et le beau temps sur la monnaie a probablement ouvert la boite de Pandore.

De toute façon, croyez-moi, cette dette ne sera jamais remboursée !” Que vaut cette surprenante mise en garde – lapidaire – lancée publiquement cet été par le banquier Michel Cicurel à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence ? Ce pronostic relayé par quelques officines de placements en mal de publicité n’est partagé pour l’instant que par une minorité d’économistes. Son enjeu est pourtant crucial puisqu’il revient à savoir qui – des créanciers ou des débiteurs – paieront in fine les pots cassés d’une crise qui trouve sa source dans un surendettement – d’abord privé puis public – accumulé comme jamais ces quinze dernières années dans les pays industrialisés.

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Faut-il s’inquiéter de l’explosion des bilans des banques centrales ?

Les plans d’assouplissement quantitatif se multiplient en Europe et aux Etats-Unis. De fait, les bilans des banques centrales ont explosé depuis 2007. Richard Barley, du Wall Street Journal, expose les raisons de s’alarmer.

Face à ces cinq années de crise financière mondiale, les banques centrales ont tenté de relancer l’économie de leur pays. Et ce, en recourant à des politiques monétaires exceptionnelles, se traduisant par des baisses historiques du niveau des taux directeurs, ainsi que des plans d’assouplissement quantitatif. Mais, malgré ces efforts, Richard Barley explique dans son éditorial du Wall Street Journal que la sortie de la crise ne se profile toujours pas à l’horizon.

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Les bilans des banques centrales atteignent des records

De fait, les bilans des banques centrales ont explosé les compteurs en cinq ans. En tête, le bilan de la Banque d’Angleterre a presque quintuplé entre mai 2007 et aujourd’hui, pour un montant de 385 milliards de livres sterling (485 milliards d’euros).
La Banque Nationale Suisse n’arrive pas très loin derrière : avec 435 milliards de francs suisses (362 milliards d’euros) au compte d’actifs, son bilan s’est multiplié par 4,1. De l’autre côté de l’Atlantique, les actifs de la réserve fédérale s’évaluent à présent à 2,8 trillions de dollars (2,2 trillions d’euros), près du triple par rapport au printemps 2007. La BCE prend la dernière place de ce palmarès… Elle compte dans son bilan 3,1 trillions d’euros en actifs, soit 2,6 fois plus qu’en 2007. Le rachat des dettes espagnole et italienne, du moins en partie, pourrait certainement changer la donne.

La multiplication des plans d’assouplissement quantitatif

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Ce que cachent les soldes de comptes Target2

Cet article est la traduction de la tribune de Jean Weidemann, le gouverneur de la Banque centrale allemande, parue le 12 mars 2012 dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, traduite par Marina pour www-les-crises.fr.

Le président de la banque fédérale allemande Weidmann prend la parole au milieu du débat à propos du Target. La clé pour solutionner la crise de la dette ne résiderait pas entre les mains des banques centrales, affirme-t-il dans une tribune de la F.A.Z. (Frankfurter Allgemeine Zeitung).

Le nouveau Target 2 devient actuellement le symbole de la violente remise en question de la contribution de l’Eurosystème à la limitation de la crise. Que se cache t-il réellement derrière cette notion, qui est pour beaucoup synonyme de risques supplémentaires pour le contribuable?

En bref, Target 2 est le moyen de transfert des liquidités circulant au sein de la Zone euro. Par ce système de paiement, l´argent de la Banque Centrale Européenne est distribué aux banques émettrices nationales de la zone Euro. Ces liquidités se concentrent dans certains pays, en particulier du fait des mesures de refinancement des banques nationales par les banques d´investissement. La transaction est accomplie lorsque l´argent de la banque centrale d´un pays est transféré à un autre pays. À ce moment précis, naissent les créances et obligations contre la BCE, qui sert de chambre de compensation. D’un côté la banque d´émission transférante crée une obligation (un solde de compte Target2 négatif), tandis que de l’autre côté la banque d´émission réceptrice obtient une créance (un solde compte Target2 positif).

Si la politique monétaire dans la zone Euro était centralisée entre les mains de la BCE, il n´y aurait certes plus de compte Target2, mais cela ne provoquerait en soi aucun changement au niveau des risques de la mise à disposition des liquidités.

Avant la crise, les soldes de compte étaient très largement équilibrés. Les liquidités mises à disposition par les banques d’émission nationales pour le refinancement des banques d’investissement étaient essentiellement ponctionnées sur les réserves obligatoires ainsi que sur la monnaie en circulation. La nécessité de refinancer des banques à l’échelle internationale a trouvé théoriquement comme solution un afflux de capitaux privés, entre autres par le truchement de crédits interbancaires. Depuis l’éruption de la crise financière, et principalement de la crise des dettes souveraines, la confiance placée dans certains pays et dans leurs systèmes bancaires respectifs s’est considérablement affaiblie. Les sources de refinancement privées, marchés interbancaires inclus, sont devenues de moins en moins abondantes, se révèlent beaucoup trop chères et se sont de toute façon presque taries. Pour alimenter ce besoin en liquidités, et ainsi couvrir par exemple l´achat de valeurs ou les flux de capitaux, des mesures renforcées ont été prises par l’Eurosystème. Cela c’est révélé possible, puisque l´Eurosystème, depuis le début de la crise financière, avait progressivement augmenté son provisionnement de liquidités, celles-ci étant mises à disposition en contrepartie de garanties de crédits d’une étendue infinie, à bas taux et sur des durées sensiblement plus longues. De plus les exigences de garanties, entre autres les seuils de cotation, ont été largement revues à la baisse.

Le rôle du provisionnement de liquidités a donc radicalement changé: elle ne sert plus seulement à mettre à disposition le minimum d’argent nécessaire à la banque centrale, mais l´Eurosystème remplace désormais à large échelle le marché interbancaire et autres flux de capitaux internationaux.

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La Banque Centrale Européenne (BCE)

Monétisera-t-elle de la dette souveraine ou non? (version élégante pour “faire fonctionner la planche à billets ”). A l’heure actuelle, il semblerait que toute la Banque Centrale Européenne soit résumée à cette question. La BCE est un acteur essentiel de la vie de l’Eurozone. Les débats qui tournent autour d’elle en sont l’illustration.

Au centre de la plus grave crise monétaire depuis la crise de 1929, la Banque Centrale Européenne a su « outrepasser »  les missions définies de façon très restrictive par ses statuts et contribuer à éviter une propagation de la crise bancaire américaine en 2008 et d’éviter qu’elle dégénère en crise bancaire systémique. Depuis, le statut, les missions, les décisions de la BCE, donnent lieu à des débats, les uns très politiques, les autres très techniques. Toutes tournent autour de ce que peut ou doit être une banque centrale. Toutes font revivre, sur fonds de négociations de dettes grecques, portugaises ou italiennes, les débats de la Banking et de la Currency school, qui, version très simplifiée, opposent ceux qui considèrent qu’une banque centrale doit être engagée dans la création monétaire, l’autre ceux qui pensent qu’elle doit s’en garder !

Naissance et organisation

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La Banque d’Angleterre fait marcher la planche à billets

Pour tenter de relancer l’économie atone, la Banque d’Angleterre a annoncé jeudi 9 février une nouvelle injection de liquidités dans l’économie britannique de 50 milliards de livres (59,6 milliards d’euros). Cette troisième opération  de “quantitative easing” depuis 2009 était attendue des marchés alors que la croissance patine et que  le pays pourrait retomber en récession  au premier trimestre 2012.

L’assouplissement quantitatif consiste pour une banque centrale à acquérir des titres de dette d’entreprises ou d’Etats pour les aider à se refinancer et apporter ainsi une bouffée d’oxygène à l’économie. Cela revient à faire marcher la planche à billets. Si la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre sont des adeptes de cette stratégie, la banque centrale européenne y est réticente au nom de sa mission de maintien de la stabilité des prix.

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Le Consensus de Washington

Les “Dix commandements” version “Pensée unique ultra-libérale ”, sont venus de Washington. Il s’agissait initialement de redresser la situation de pays en difficulté financière. Le FMI en a tiré une réputation détestable. Aujourd’hui, le relais n’est-il pas pris par les Agences de notation?

Les dégradations multiples auxquelles se livrent les Agences de notation avec pour conséquence les appels au rééquilibrage des budgets publics, à la diminution des dettes publiques, à la libéralisation systématique des économies ; les programmes quasi-imposés de privatisations, dénationalisation d’entreprises et de services publics, de luttes contre les monopoles, de réforme des marchés de l’emploi, de réduction des dépenses publiques, du nombre des fonctionnaires et de leurs salaires, tout conduit directement à faire ressurgir et mettre au goût du jour, ce qu’on a appelé le « consensus de Washington ».

L’ultra-libéralisme en pratique
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Risque global et dividendes en 2011

Par Nouriel Roubini

Les perspectives de l’économie mondiale en 2011 sont en partie définies par la persistance des tendances initiées en 2010. Celles-ci incluent : une reprise molle, en dessous de la tendance et en forme de U dans les économies avancées, dès lors que les entreprises et ménages continueront de réparer leur bilan ; une reprise plus forte, en forme de V dans les pays émergents, grâce aux meilleurs fondamentaux macroéconomiques, financiers et politiques.

Cela permettra d’arriver à presque 4% de croissance annuelle pour l’économie mondiale, les économies avancées croissant à environ 2% et les économies émergentes autour des 6%.

Mais ce scénario contient de nombreux risques, aussi bien à la baisse qu’à la hausse. Du côté des premiers, un des risques les plus importants est une poursuite de la contagion financière en Europe, si les problèmes de la zone euro se répandent – et ceci semble probable – au Portugal, en Espagne et en Belgique. Étant donné le niveau actuel des ressources officielles à la disposition du Fonds Monétaire International et de l’Union Européenne, l’Espagne semble aujourd’hui trop importante à la fois pour être laissée tomber et pour être sauvée.

Les États-Unis représentent un autre risque à la baisse pour la croissance mondiale. En 2011, les USA seront confrontés à une rechute probable du marché immobilier, un taux de chômage élevé et une faible création de nouveaux emplois, une contraction persistante du crédit, la nécessité de combler les trous dans les budgets de l’état fédéral et des entités fédérées, ainsi qu’une augmentation des coûts de l’emprunt due à l’absence de consolidation fiscale du gouvernement fédéral. De plus, la croissance du crédit sera restreinte des deux côtés de l’Atlantique, car beaucoup d’institutions financières aux USA et en Europe restent réticentes à l’idée prêter leurs fonds.

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L’euro peut-il survivre à la crise ?

Par Jacques Sapir

Peut-on encore sauver l’euro ? La question hante désormais les responsables, en dépit des déclarations fracassantes et des rodomontades des uns et des autres. Le sommet européen, que l’on a officiellement salué pour la mise en place d’un dispositif de solidarité après 2013, a été incapable de prévoir des mécanismes permettant de lutter contre la spéculation et la crise de l’euro en 2011 et 2012. Les gouvernements vont partout répétant que les mesures déjà prises suffiront. Il est évident que c’est faux.

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Nouveau sondage

Quel a été l’événement économique majeur de l’année 2010 ?

1 – La crise des dettes publiques européennes et la création du FESF (Fonds Européen de Solidarité Financière).

2 – Les achats massifs de bons du Trésor par la Fed et la poursuite de la politique de monétisation de la dette américaine.

3 – Le passage de la Chine à la place de deuxième puissance économique mondiale par le PIB, devant le Japon.

4 – L’absence d’effondrement économique occidental ou au moins, d’un second krach boursier après celui de 2008.

5 – Autre (merci de préciser dans les commentaires).

NB: L’accès au vote est disponible dans la colonne de droite.

Quelques prévisions économiques, financières et monétaires

A notre avis, le déclin accéléré de l’Occident – Union européenne (à l’exception de l’Allemagne et de quelques petits États), Grande Bretagne mais aussi USA – vis-à-vis des pays émergents (BRIC) se poursuivra en 2011. Tant aux plans de leur influence géopolitique (ils ne sont plus en mesure de contrôler la plupart des institutions internationales, leurs cultures ne sont plus dominantes et leur modèle de développement à l’heure de la mondialisation généralisée est devenu obsolète) qu’économique (étant de moins en moins compétitifs, ils accumulent des déficits croissants de commerce extérieur ce qui diminue le pouvoir d’achat de leurs consommateurs atteints, en outre, par un chômage de masse et la diminution des prestations sociales du fait du démantèlement de l’État-providence) que financière et monétaire.

Leurs dettes étatiques et privées, déjà à leur plus haut niveau historique, continuent de s’accroître de façon exponentielle sans que leurs programmes de monétisation – dits de Quantitative Easing – et la dévaluation compétitive de leurs monnaies apportent de solution à moyen et long termes puisqu’ils ne créent que des bulles artificielles des marchés d’actions ou d’autres actifs destinées à exploser, tout en repoussant à plus tard l’ajustement drastique auquel ils devront finir par se résoudre).

Quant à pratiquer au pire moment de vraies politiques de rigueur en Occident, pour autant que cela ne déclenche pas une révolte sociale et politique des populations, cela ne pourra qu’accroître sa récession (à l’exemple de la Grèce, de l’Irlande, de l’Espagne, du Portugal, etc.). On va vers une diminution globale de la croissance économique qui devrait progressivement se transformer en dépression.

De leur côté, les pays émergents ne sont pas encore en mesure de substituer rapidement la croissance de leur consommation intérieure à leur modèle économique basé sur l’exportation qui va s’épuiser du fait de la moindre consommation dans les pays occidentaux, d’autant que la richesse étant très inégalement répartie dans lesdits pays il n’y aura pas à court terme chez eux le “boom” de leur économie domestique que beaucoup d’analystes anticipent à tort.

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Comment les Allemands deviennent eurosceptiques

La question de l’euro et de sa survie est clairement posée en Allemagne. Hans-Olaf Henkel, ancien patron des patrons, et europhile convaincu, prêche désormais pour l’éclatement de la zone euro et l’émergence de deux euros, un pour le Nord, un pour le Sud. Ce sentiment grandit outre-Rhin et explique nombre de choix de la chancelière.

« L’ultime bataille. Comment l’Europe ruine sa monnaie »

Quand, en France, on évoque Henkel, c’est plutôt au géant Allemand de la chimie et à ses produits ménagers « vus à la TV » comme Décapfour ou Minidoux, que l’on pense. De l’autre côté du Rhin, et davantage encore dans les milieux économiques, on pense Hans-Olaf, le prénom de l’ancien patron des patrons allemands. Lequel Hans-Olaf Henkel s’est dernièrement illustré par ses propos décapants sur la monnaie unique.

Dans son dernier livre, « Sauver notre argent, l’Allemagne est bradée » – tout un programme -, il ne propose rien moins que de liquider l’euro.

Sa thèse ? La solution à la crise européenne passe par la fin de la monnaie unique. Du moins sous sa forme actuelle, puisque y est prônée la séparation la zone euro en deux devises : une pour les pays du Nord, incluant l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-bas, et la Finlande et une autre pour les pays du Sud, dont la France.

Et Hans-Olaf Henkel, à l’instar du patronat allemand, de décliner ce qui ne convient pas à l’hyper puissance continentale. Cette nouvelle Zollverein, pourrait s’étendre à ses autres voisins germaniques : non membres de l’euro, il est persuadé que le Danemark, comme la Suède adhéreraient à l’euro du Nord.

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Les pauvres ne sont plus ce qu’ils étaient

Un nouvel article consacré à l’ouvrage de Christophe Guilluy vient de sortir, dépeignant l’analyse originale du géographe sur la situation de la pauvreté réelle en France.

On y apprend, notamment, que 85% des pauvres ne se trouvent pas dans les banlieues sensibles, chose que l’on peut facilement remarquer en regardant une simple carte du territoire, avec le PIB par habitant suivant les départements. Ou même, en remarquant que le taux de chômage n’est pas forcément proportionnel au nombre d’immigrés présents dans tel ou tel département.

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Le jour où l’euro est mort

La monnaie unique peut-elle disparaître? Et si c’était le cas, que se passerait-il? Sean O’Grady, rédacteur en chef des pages économiques du Independent, imagine le jour fatal où les Etats membres quittent le navire euro.

Erik Werenskiold - Un enterrement paysan (1885)

Berlin, 29 septembre 2013. Angela Merkel remporte haut la main les élections fédérales. “La femme qui a sauvé l’Allemagne” triomphe devant ses partisans rassemblés à la porte Brandebourg.

Après quelques mots de remerciement pour sa victoire sans précédent, la chancelière retire de la poche de sa veste un billet de 100 Nouveau mark et l’agite devant la foule en délire. Le cauchemar de l’euro est bel et bien terminé. Il avait en réalité pris fin deux années auparavant.

Les événements du 26 septembre 2011, “le jour où l’euro est mort” n’avaient pas pu commencer de manière moins spectaculaire. Car le coup de grâce n’avait pas été porté à la crédibilité de la monnaie lors d’un autre jour agité ou de quelque important sommet, mais par des juges siégeant au Tribunal constitutionnel fédéral, à Karlsruhe.

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Vers une crise terminale de la zone euro ?

Par Jacques Sapir

Après l’annonce du plan d’aide à l’Irlande, la situation continue à se dégrader dans la zone euro. Cette dégradation annonce la crise terminale de cette zone, qui devrait survenir d’ici à l’hiver 2011/2012, et peut-être avant. Fondamentalement, ce plan n’a pas rassuré les marchés. D’ores et déjà, les inquiétudes montent sur le Portugal, mais aussi sur l’Espagne, qualifiée « d’éléphant malade » par certains analystes.


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Crise européenne, deuxième service

La crise a déjà laissé une très lourde empreinte sur l’économie européenne, mais est probablement loin d’avoir achevé son œuvre. Selon Frédéric Lordon, « la seule solution à la hauteur consiste à mettre un terme à la dépendance [des finances publiques] aux marchés de capitaux ».

Guido Reni - L'enlèvement d'Europe, 1637

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La structure des banques en question

Il est absolument hallucinant de voir le spectacle de la folie retrouvée des banques, alors qu’il y a un an, elles se ruaient sur les aides des Etats et des Banques Centrales, pour ne pas sombrer dans des faillites à la Lehman Brothers.

Le FMI a calculé (chiffres cités par JP Fitoussi dans « Après la crise, un conte parfaitement immoral », Le Monde du 05/01/2010) que les Etats du G-20 avaient consacré 17,6% de leur PIB au soutien du système bancaire, contre 3% au soutien budgétaire de l’économie.

Un tel coût pour un tel résultat pose vraiment problème. Comment peut-on accepter de payer de telles sommes, sans exiger en retour de réelles garanties, à la fois sur une meilleure gouvernance et sur les précautions à prendre pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas ?

Les gouvernements temporisent, parce qu’ils souhaitent en priorité que les banques retrouvent une bonne santé, pour pouvoir purger les mauvaises créances encore présentes et, espèrent-ils, qu’elles contribuent enfin au développement de l’économie. (Au moment où nous écrivons ces lignes, le président des Etats-Unis vient de déclarer vouloir limiter la taille et les activités spéculatives des grosses banques de dépôt. Son ton très agressif nous laisse penser qu’il veut aller assez loin dans ce sens, mais il faut attendre le texte de loi pour avoir une idée claire de la valeur des mesures proposées. Nous espérons que présent article en facilitera l’analyse par le lecteur.)

Mais il y a urgence, car de plus en plus de faits semblent indiquer que les profits importants des banques proviennent beaucoup plus des activités à haut risque, que des prêts à l’économie qui sont souhaitables pour sortir du marasme (Eric Laurent vient de sortir « La face cachée des banques », Plon, 2009, qui nous montre combien les dirigeants des banques américaines ne recherchent que le profit à court terme, sont insensibles aux questions éthiques, et ne comprennent que le rapport de forces).

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“La prochaine crise abattra le système capitaliste dans son ensemble”

Marc Faber, homme d’affaires suisse mondialement connu des milieux économiques pour avoir anticipé à peu près toutes les crises depuis 1987 et dont le site, humoristiquement baptisé gloomboomdoom.com (littéralement : morosité-prospérité-sinistrose.com !), annonce, depuis quelques temps, une catastrophe, répondait aux questions de Bloomberg TV, le 22 septembre 2009.

Morceaux choisis.
Bloomberg TV : Si vous étiez le gouverneur de la Fed, vous préoccuperiez-vous uniquement de l’inflation pour déterminer votre politique monétaire et vous désintéresseriez-vous complètement de la croissance du crédit, sans jamais la mentionner dans vos discours et publications, même si cette croissance du crédit et de l’effet de levier est supérieure à la croissance économique ?

Marc Faber : La raison pour laquelle ils ne s’en sont pas préoccupés c’est qu’à l’exception de quelques rares économistes, comme John Taylor, [ce n’est jamais mentionné]

Si vous lisez l’article récemment publié par Krugman – 6000 mots – où il accuse les autres économistes : « comment ont-ils pu se tromper autant ? » (il aurait du titrer « comment ai-je pu me tromper autant »…) en fait, dans tout l’article il ne mentionne jamais la croissance excessive du crédit, ou l’augmentation excessive de l’effet de levier. Pas une seule fois.

Les économistes américains, à la Fed, au Trésor, y compris M. Greenspan, et dans l’université, négligent complètement cette croissance excessive du crédit, à l’exception de gens comme Robert Schiller, John Taylor…

Bloomberg TV : que faudrait-il faire aujourd’hui ? (…) Lire la suite