Le régime crétois en voie de disparition… en Méditerranée

C’est un comble: dans la région méditerranéenne, le régime alimentaire méditerranéen ou crétois si vanté pour ses bienfaits sur la santé est en voie de disparition. L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a lancé un cri d’alarme en ce sens. Explications.

Le bassin méditerranéen en pleine transition. “La région méditerranéenne subit une ‘transition nutritionnelle’ qui l’éloigne de son régime alimentaire antique longtemps considéré comme le modèle d’une vie en bonne santé“, peut-on lire dans un rapport présenté jeudi et réalisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et le Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM).

Le régime méditerranéen, ou crétois, dont des études scientifiques ont prouvé qu’il prévenait des maladies cardio-vasculaires, est composé essentiellement de fruits et légumes, de viande maigre et de poisson, et d’une préférence pour l’huile d’olive au détriment des autres graisses.

Un changement aux effets négatifs. Comment expliquer cette modification des habitudes de consommation en Méditerranée ? Le mondialisme, les échanges commerciaux de produits alimentaires et les changements de modes de vie, notamment la mutation du rôle des femmes au sein de la société, entrent en ligne de compte, souligne le rapport.

Conséquence selon cette étude: obésité mais également invalidité et décès prématuré son en hausse. “Alors que la sous-alimentation afflige toujours la partie méridionale de la Méditerranée, les pays de la région sont de plus en plus confrontés au fléau de la surcharge pondérale“, notamment chez les enfants, précise ainsi l’étude.
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Il y a 3.000 ans le mondialisme entraînait déjà la fin d’une civilisation

Vers - 1177, la civilisation de l’âge de bronze moderne autour de la Méditerranée s’est brutalement effondrée. Il faudra attendre plusieurs siècles pour que la Grèce connaisse une renaissance culturelle. Que s’est-il donc passé il y a un peu plus de trois mille ans? C’est à cette question que répond le professeur d’histoire et d’anthropologie américain Eric H. Cline dans “1177 av. J.-C. Le jour où la civilisation s’est effondrée“, un livre fascinant.

Federico Barocci, La fuite d’Enée (1598)

L’auteur propose dans son ouvrage une exploration des différentes cultures du bassin méditerranéen de l’âge du bronze, en s’interrogeant en particulier sur la raison de leur rapide effondrement vers la fin du premier millénaire avant JC. Dès la préface et l’introduction, il pose clairement la question inscrite au cœur de son enquête: pourquoi des civilisations vieilles de plusieurs centaines d’années, organisées dans des empires stables et puissants, se sont-elles rapidement effondrées ? Quels facteurs faut-il incriminer ?

Ce monde formait un système, interconnecté, interdépendant, alimenté par un dense réseau. Les crises traversées par ces formations politiques se sont donc nourries les unes des autres, leurs effets se sont cumulés, et, quand les routes commerciales se sont effondrées, c’est l’ensemble de ce monde global qui a suivi.

La réponse à la question s’articule en quatre chapitres, allant du XIVe siècle au XIIe siècle avant notre ère. D’emblée, l’auteur s’attache à présenter le monde dans lequel on s’inscrit: si certaines civilisations sont relativement bien connues des lecteurs contemporains, comme l’Égypte du Nouvel Empire, d’autres le sont moins, et l’empire hittite, la Crète, la Grèce de Mycènes, sont ici fort bien présentées, au fil des sources.
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Les romans envisagent très bien la possibilité d’une vie sans croissance

Parce qu’elle donne libre cours à l’imagination, la fiction constitue une ressource précieuse pour le débat sur l’incidence que pourrait avoir l’absence de croissance économique sur la démocratie.

Lors du prochain congrès de l’Association Française de Science Politique (AFSP) en juin à Aix-en-Provence aura lieu une «section thématique» intitulée «Démocratie sans croissance: théories, institutions et pratiques». Rares sont effectivement les occasions de réfléchir aux implications qu’une absence de «croissance économique» peut avoir sur la démocratie et son fonctionnement.

Question dérangeante ? De fait, elle n’apparaît posée que dans une littérature très réduite[1], et lorsque l’est, de manière souvent marginale. Que la «croissance» puisse ne pas revenir dans les pays industrialisés ou qu’elle puisse être considérée comme une lubie dépassée, voilà des idées qui défient encore majoritairement l’imagination… Mais pas forcément dans la fiction, qui permet de faire fonctionner ce type d’hypothèse et de tester comment une société peut malgré tout tenir.

Pour des raisons multiples, cette absence de «croissance» peut être subie ou souhaitée (ou alors la question finit par ne plus faire sens, sous l’effet d’une inattention ou d’un délaissement progressif et plus ou moins conscient). Évidemment, on peut prendre le sujet classiquement par la théorie politique (en étudiant par exemple des courants comme ceux de la décroissance, de l’écosocialisme, du convivialisme, etc.), mais il peut être intéressant de compléter en explorant d’autres voies.
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Les Atelières : Une aventure « made in France »

En janvier 2012, le dernier atelier de lingerie industriel haut de gamme de France, Lejaby, délocalise la quasi-totalité de sa production en Tunisie. Nicole Mendez, syndicaliste dans l’entreprise, et Muriel Pernin, patronne d’une petite société de communication, réagissent en fondant les Atelières, une entreprise participative.

Elles cherchent ainsi à préserver le savoir-faire des ouvrières de la marque et sortir du schéma productiviste.

C’est le début d’une expérience et d’un combat contre les sceptiques, les banquiers et la disparition annoncée de compétences qui faisaient la richesse de la lingerie française.

Un film écrit par Jean-Marc Grefferat et Fabienne Teftsian

Un documentaire de la BBC dénonce les conditions de travail chez un sous-traitant d’Apple

Addendum du 23/12/2014 : Le documentaire en anglais

« Apple n’est pas parvenu à protéger les ouvriers chinois », dénonce la BBC. Au cours d’une enquête en caméra cachée réalisée sur les chaînes de montage de l’iPhone 6 pour l’émission d’actualités Panorama, la chaîne a pu observer de « graves manquements » au code de conduite mis au point par la firme de Cupertino.

Certains employés seraient mineurs, d’autres auraient été privés de leurs papiers, et tous travailleraient bien plus longtemps que prévu. « À chaque fois que je retournais aux dortoirs », explique un journaliste embauché sous couverture, « je ne voulais plus en bouger. Même si j’avais faim, je ne me levais pas pour aller manger. Je voulais juste m’allonger et me reposer. J’étais incapable de dormir à cause du stress. »

Si la méthodologie de l’émission peut poser problème, il n’en demeure pas moins que des faits similaires ont déjà été constatés par des ONG comme le China Labor Group. Apple avait nié à l’époque, et nie encore aujourd’hui : selon ses observations, son code de conduite serait bien respecté, les salariés de Pegatron travailleraient 55 heures par semaine en moyenne, et les heures supplémentaires seraient totalement volontaires.
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Méridien Zéro : « Démondialisation, pourquoi les élites n’en veulent pas » (Audio)

Ce vendredi 07 mars, Méridien Zéro retrouve l’équipe d’Éléments pour évoquer avec eux le dossier du numéro 150 de la revue consacré à la démondialisation.

Avec Patrick Péhèle, Pascal Eysseric et Xavier Eman. A la barre et à la technique Jean-Louis Roumégace. Cette émission a été enregistrée en studio volant. Nous remercions les camarades d’Éléments pour leur accueil.

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Le travail contre la finance apatride

par Charles de Meyer

« Et pour qu’elle le soit véritablement, pour que ce capital immobilisé dans les banques ne soit pas immobilisé chez les particuliers, pour qu’il travaille et crée à son tour du travail, il faut qu’il veuille travailler ; pour qu’il le veuille, il faut le mettre en appétit et lui proposer un grand but rémunérateur. Ce but en temps de guerre ne peut être que de conquête. Dans la guerre actuelle, il ne peut-être que la conquête de l’empire commercial allemand, Empire autrement riche que ces plaines de Lombardie que tous les conquérants de l’histoire ont offertes à la convoitise de leurs soldats ! » Charles Maurras, éditorial du 21 août 1914, Les Conditions de la victoire.

« Un peuple a le devoir de demeurer une individualité libre, pour que soit conservée la pluralité des nations libres, sans laquelle est perdue la liberté commune du genre humain. » Henri Hude

Dans un silence médiatique digne des plus grandes heures de l’autocensure politique, deux nouvelles impliquant les argentiers cosmopolites passés maîtres des décisions économiques mondiales ont été révélées cette semaine. La première concerne l’assouplissement des règles dites de Bâle III qui visaient à une meilleure réglementation des couvertures de risques par les grandes banques cosmopolites, la seconde mettait en cause les traders de la Deutsche Bank accusés d’avoir manipulé certains cours à Wall Street.

Ce  retour d’une finance cannibale alors que la commission européenne a du se résoudre à infliger 1,7 milliards d’euros d’amende aux grands groupes ayant manipulés les cours entre l’euro et le yen montre combien les argentiers de l’oligarchie sont devenus la clef de voute des systèmes de domination internationaux qui régissent les lois de production de l’élite et les contraintes assignées aux Peuples réduits à l’Etat de multitude afin d’empêcher toute reprise en main des détenteurs de la légitimité politique.

Dans une société liquéfiée par la dictature des rapports marchands érigés en modèle de l’organisation sociale restaurer ce pouvoir sur ses propres choix implique de trouver un médiat d’expression de sa résistance: le travail en tant que lieu mais aussi en tant qu’investissement de soi dans les limites de sa Nature peut devenir un ressort de l’opposition à la dégradation oligarchique du pouvoir.

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Gabriele Adinolfi : L’Imperium contre l’Empire

Gabriele Adinolfi est l’auteur de “Pensées Corsaires, abécédaire de lutte et de victoire” et de “Nos belles années de plomb“. Il dirige le centre “Polaris”, think-tank qui travaille dans les domaines de la géopolitique et des relations internationales principalement au niveau méditerranéen et européen.

Figure éminente de la droite radicale italienne, cofondateur de l’organisation Terza Posizione brisée par la répression du système dans les années 70, exilé politique en France pendant vingt ans, il est l’un des initiateurs du renouveau de la droite radicale italienne notamment par son implication auprès du mouvement d’orientation alter-nationale et sociale : Casapound Italia.

Après avoir évoqué en profondeur le modus operandi et les raisons de la stratégie de la tension qui ensanglanta l’Italie des années 70, Gabriele Adinolfi développe ensuite les bases de ce qu’on a longtemps appelé le nationalisme européen. Nationalisme européen qui pose comme idée centrale de sa vision du monde que la seule dimension valable pouvant permettre aux nations européennes de peser à l’échelle de la mondialisation et d’œuvrer à l’émergence d’un monde multipolaire reste la dimension continentale. La dimension européenne et carolingienne.


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« La lutte des classes revisitée » (Rediff.)

Tribune libre de Raymond La Science

L’INSEE vient de mettre en avant le fait que « Les descendants d’immigrés d’Afrique sont trois fois plus au chômage que les Français de souche ». Faut-il en déduire que le taux de chômage des immigrés résulte des discriminations dont ils seraient victimes, de leurs difficultés scolaires ou encore des difficultés de vie quotidienne auxquelles ils seraient confrontés ?

Ou peut-on entrevoir une autre explication, plus naturelle, à ce phénomène étrange : si beaucoup de nouveaux arrivants demeurent au chômage ne serait-ce pas tout simplement parce qu’ils ne veulent pas de travail ?

Une observation de la stratification des classes sociales dans notre structure sociétale, et de leurs inter-relations amène à cette réflexion. Nous sommes en effet imbriqués dans une société qui comporte plusieurs systèmes économiques, une société à cinq classes.

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Russie : Selon Marine Le Pen, “les Russes refusent le modèle ultralibéral et mondialiste”

Interview exclusive de Marine Le Pen, réalisée le 19 juin 2013, à l’occasion du voyage officiel en Russie de la présidente du Front national.

Marine Le Pen, accompagnée de Ludovic De Danne (à droite sur la photo), conseiller chargé des Affaires étrangères et des Relations internationales, a été reçue par Alexeï Pouchkov (au centre sur la photo), chef de la commission des Affaires étrangères à la Douma à Moscou en Fédération de Russie.

RIA Novosti: C’est la première fois que vous réalisez une visite officielle en Russie. En tant que responsable politique, quelle est la portée symbolique d’une telle visite, pourquoi la Russie?

Marine Le Pen: Sa portée est importante car les Russes sont attachés à leur identité, à leur culture, ils refusent de se soumettre au modèle ultralibéral et mondialiste que je combats moi-même en France. Nous sommes des peuples frères, et il y a tout intérêt à envisager pour l’avenir des relations approfondies entre la Russie et la France. On a l’impression que depuis plusieurs années, l’Union européenne pousse la France à distendre ces relations.

RIA Novosti: Vous avez rencontré le président de la Douma. Quels thèmes ont été traités? Quelles sont vos impressions à chaud?
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Aymeric Chauprade : « L’appel de Moscou » (13 juin 2013)

Le 13 juin 2013 à Moscou, au sein d’une délégation de 5 Français dont l’organisateur Fabrice Sorlin, je suis intervenu à la Douma d’État (Parlement russe) pour appuyer les efforts de la Russie visant à résister à l’extension mondiale voulue par l’Occident des “droits” des minorités sexuelles. Voici l’appel que j’ai lancé.

Mesdames et Messieurs les députés de la Fédération de Russie,

C’est un grand honneur que de m’exprimer devant vous aujourd’hui, l’honneur d’un Français patriote qui regarde la Russie en alliée historique. Depuis 1989, l’Amérique tente d’accélérer son projet de domination unipolaire et de l’imposer à tous les peuples de la planète.

Avec un écrasant budget de défense, égal à la somme de tous les autres États, avec une monnaie de référence qui lui donne la main sur l’économie mondiale, avec des réseaux de recrutement des élites mondialisées, avec un pouvoir médiatique et culturel global, l’oligarchie financière américaine mène la guerre aux peuples libres sur le double théâtre de l’information et de la géopolitique.

Entraînant avec elle l’Union européenne, elle dessine le visage des “Bons et des méchants”, viole nos conversations et données privées, bombarde, envahit ou détruit par la guerre civile et l’embargo les États qui lui résistent.
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Le rôle objectif de la Gauche selon Michéa

Chez Michéa, l’économie est perçue comme la religion de substitution des sociétés modernes. Le Progrès apparaît donc comme un messianisme, à la seule différence qu’il est séculier et non pas divin. Supposé scientifiquement continu donc, puisque l’Histoire aurait un sens, il vise à atteindre la fin de l’histoire. Le Machinal, la mécanisation intégrale de la vie, serait une évolution positive vers cela. L’homme, vu comme une machine, obéirait de manière mécanique à son comportement « naturellement » égoïste. Michéa pousse l’analyse encore plus loin : le Progrès serait une vision ethno et chronocentrée. Ce que Lasch, nous rappelle-t-il, nomme l’« ethnocentrisme du présent ». (1)

En somme, le libéralisme serait un suprématisme qui s’ignore. Il nierait les alternatives à la commercial society et universaliserait « l’imaginaire spécifique » de l’Occident – d’où sa facilité à invoquer le droit d’ingérence. En outre, il postulerait (la « théorie des stades » de Smith) que chaque développement capitaliste mènerait à une société plus juste par le jeu des améliorations matérielles. Qu’il soit de mauvaise foi ou tout simplement aliéné par les mythes libéraux, le Progressiste, ce nouveau croisé, est donc la meilleure caution d’un système qu’il prétend haïr et combattre.

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Courtes considérations sur le fil du temps historique…

… des dis-simulations et impostures policières de la marchandise
et sur ce qui a conduit à l’étrange renonciation spectaculaire de Benoit XVI.

Par Francis Cousin

Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups.
Première homélie dominicale de Benoit XVI

« La dépréciation du monde des hommes augmente en raison directe de la mise en valeur du monde des choses. »
K.Marx, Manuscrits de 1844

Ce n’est certes pas un hasard si Marx écrivit sa célèbre Question juive en 1843 comme une sorte de préambule nécessaire à toute la Critique de l’économie politique qui allait suivre puisqu’il lui fallait éclaircir pour quelles raisons le prêt à intérêt de l’Ancien Testament a été si longtemps interdit dans l’Occident intimement agrarien de la chrétienté catholique et pour quel motif cela n’a pu changer qu’avec le mouvement historique de la Réforme urbaine qui a tout à la fois édulcoré le caractère propre des indisciplines du Nouveau testament et porté ce principe que l’argent doit circuler au profit de l’ensemble des hommes puisque le gain est la besogne et le bon-heur de l’homme dépouillé de lui-même…

Les êtres humains qui craignent la dynamite subversive de la vraie pensée communarde ne redoutent finalement que peu de textes aujourd’hui en circulation puisque la foire éditoriale courtisane n’offre décidément en son infinité quantitative nul risque d’interrogation dérangeante sur le marché des librairies normalisées.

Aujourd’hui, c’est exclusivement dans les espaces désobéissants qui échappent aux pollutions courantes de l’abrutissement universitaire et médiatique de la marchandise que les esprits de lucidité trouvent ce qu’ils cherchent en recherchant ce qu’ils dé-chiffrent.

Le développement modernisateur de la dictature spectaculaire de la marchandise, éclairé par le jansénisme de la comptabilité et par les lumières maçonniques des architectures du profit, n’a pas seulement produit la révolution judéo-protestante qui a conduit aux novations théologiques de Vatican II, il a surtout marqué que le règne autocratique de l’argent qui avait désormais atteint un seuil d’omnipotence absolu faisait aussi de la banque vaticane un lieu majeur de l’outrance financière mondiale, de ses manoeuvres, ténèbres et étrangetés.

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Les nouvelles classes populaires s’organisent en “contre-société”

Par Christophe Guilluy

Le malaise français ne serait donc qu’un bégaiement de l’histoire, un processus connu qui, en temps de crise, conduit inexorablement les classes populaires vers le populisme, la xénophobie, le repli sur soi, la demande d’autorité. Cette analyse occulte l’essentiel, le durcissement de l’opinion est d’abord le fruit d’une mise à distance radicale des classes populaires. En effet, pour la première fois dans l’histoire, les classes populaires ne sont pas intégrées au projet économique et social des classes dirigeantes.

Antoine ou Louis Le Nain – Famille de paysans dans un intérieur (1642)

La nouvelle géographie sociale permet de révéler ce bouleversement. Après trois décennies de recomposition économique et sociale du territoire, le constat est redoutable. Contrairement à ce qui a toujours prévalu, les classes populaires ne résident plus “là où se crée la richesse”, mais dans une “France périphérique” où s’édifie, à bas bruit, une “contre-société”.

Des marges périurbaines des grandes villes jusqu’aux espaces ruraux en passant par les petites villes et villes moyennes, c’est désormais 60 % de la population qui vit à la périphérie des villes mondialisées et des marchés de l’emploi les plus dynamiques. Cette “France périphérique” représente désormais un continuum socioculturel où les nouvelles classes populaires sont surreprésentées.

Sur les ruines de la classe moyenne, des catégories hier opposées, ouvriers, employés, chômeurs, jeunes et retraités issus de ces catégories, petits paysans, partagent non pas une “conscience de classe” mais une perception commune des effets de la mondialisation et des choix économiques et sociétaux de la classe dirigeante.
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L’essentiel avec… : Jean-Claude Trichet

L’invité de notre série L’essentiel est aujourd’hui une grande figure du monde de l’économie et des finances en Europe, Jean-Claude Trichet, ancien Directeur du Trésor de 1987 à 1993. Gouverneur de la Banque de France de 1993 à 2003, avant de devenir Président de la BCE, Banque Centrale Européenne de novembre 2003 à novembre 2011, Jean-Claude Trichet est membre de l’Institut de France où il a été élu à l’Académie des sciences morales et politiques le 22 février 2010. [Extraits]

2- Qu’est-ce qui vous paraît essentiel à dire aujourd’hui Jean-Claude Trichet, sur votre domaine d’activité, l’économie et la finance ?

J’ai deux idées à faire passer : une sur l’Europe et une sur notre pays. Sur l’Europe : il est absolument indispensable de mener à bien, de manière extrêmement déterminée, et aussi rapidement que possible, l’ensemble des décisions déjà prises pour améliorer la gouvernance de l’économie et des budgets de la zone euro. Et non seulement de les mettre en œuvre mais d’aller nettement plus loin. La crise démontre à l’évidence que nous avons besoin de renforcer la gouvernance économique et budgétaire la zone euro.

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Testament politique de Maurice Allais

Il y a deux ans, disparaissait Maurice Allais à l’âge respectable de 99 ans. Le 5 décembre 2009, le journal Marianne avait publié son testament politique, rédigé sous forme d’une Lettre aux Français.

Maurice Allais part aux États-Unis dès sa sortie (major X31) de Polytechnique en 1933 pour étudier in situ la Grande Dépression qui a suivi la Crise de 1929. Ironie de l’histoire, il a ainsi pu réaliser une sorte de “jonction” entre les deux Crises majeures du siècle. Son analyse, percutante et dérangeante, n’a malheureusement pas été entendue faute de relais.

Fervent libéral, économiquement comme politiquement, il s’est férocement élevé contre le néo-conservatisme des années 1980, arguant que le libéralisme ne se confondait pas avec une sortie de “toujours moins d’État, toujours plus d’inégalités”. On se souviendra de sa dénonciation du “libre-échangiste mondialiste, idéologie aussi funeste qu’erronée” et de la “chienlit mondialiste laissez-fairiste”. Il aimait à se définir comme un “libéral socialiste”.

Il a passé les dernières années de sa vie à promouvoir une autre Europe, bien loin de ce qu’il appelait “l’organisation de Bruxelles”, estimant que la construction européenne avait pervertie avec l’entrée de la Grande-Bretagne puis avec l’élargissement à l’Europe de l’Est.
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Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément.

Le fondement de la crise : l’organisation du commerce mondial
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Argentine : Sortir du mondialisme, c’est possible

Par Aymeric Chauprade

Toujours cette même question lancinante : sortit ou ne pas sortir de l’euro ? La confusion s’est installée chez les peuples de la zone euro. Aurons-nous une réponse cohérente avant que l’euro et sa zone n’implosent ?

Le Fonds monétaire international a déploré la semaine passée que l’Argentine soit « imprévisible » après l’expropriation partielle de la compagnie pétrolière argentine YPF, contrôlée à majorité, jusqu’au 16 avril, par le groupe espagnol Repsol.

Imprévisible ? Non, simplement souveraine ! Le FMI, instrument politico-économique des États-Unis, tout comme Washington et Bruxelles ont de plus en plus de mal à se faire à la souveraineté des États. Lorsque quelque chose leur échappe, ils appellent cela de l’imprévisibilité.

J’étais en Argentine entre le 24 mars et le 2 avril, date anniversaire des 30 ans de la Guerre des Malouines. Cela m’a permis de me faire mon propre avis sur un pays tant décrié par le FMI et les donneurs de leçon occidentaux. Et j’ai compris pourquoi ce pays était la cible d’une désinformation si forte, qui veut ternir son image et ainsi dissuader les investisseurs de s’y intéresser.
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Europe-USA : la zone de libre-échange dont rêve Bruxelles

Vous croyiez que le temps du protectionnisme était venu? Pas au sein de la Commission européenne, qui travaille depuis plusieurs mois, en lien avec Washington, à la création d’un grand marché transatlantique.

La vague protectionniste n’a pas encore submergé Bruxelles. Alors que les tentations en ce sens semblent progresser sur le continent, la Commission européenne travaille à la création d’une vaste zone de libre-échange qui regrouperait l’UE et les Etats-Unis, voire l’Alena (Etats-Unis, Canada, Mexique). Le projet a plusieurs noms de code: “Accord de croissance économique transatlantique” (ACET) en français, ou “Transatlantic free trade agreement ”en anglais. Mais dans les deux cas, l’objectif est le même: lever l’ensemble des dispositifs protectionnistes (barrières douanières, quotas, restrictions d’accès aux marchés publics, droits de propriété, indications géographiques…) qui entravent les relations économiques entre les deux blocs “occidentaux ”.

A Bruxelles, le dossier a été pris en main par le commissaire européen au Commerce, le Belge Karel de Gucht, nommé en 2009. Depuis plusieurs mois, il parsème ses discours de références à ce qui est devenu le grand projet de son mandat. Ainsi, le 30 mai dernier: “Je crois que l’Europe et les Etats-Unis doivent rebâtir leur relation économique par une initiative commerciale bilatérale globale. (…) Il doit aborder toutes les questions pertinentes, en particulier les points suivants: la suppression de tous les droits de douane, la libéralisation des services et l’accès aux marchés publics ”, déclare-t-il.

Côté américain, c’est le représentant au Commerce Ron Kirk, mandaté par le président Obama, qui suit les discussions. “Notre intention est de parvenir à un accord global ”, a glissé il y a quelques jours l’ancien maire de Dallas, venu en tournée en Europe à la fin du mois de mai pour défendre les positions américaines, qu’il résume en une expression: “la libéralisation totale de l’accès aux marchés ”, qu’il s’agisse de biens, de services ou d’investissements.

Pour afficher leur détermination, les deux hommes, qui assurent que “les choses avancent bien ”, ont arrêté un calendrier serré. Un rapport préliminaire de l’état des discussions doit être rendu public à la fin du mois du juin, avant que des recommandations précises soient présentées à la fin de l’année 2012. Karel de Gucht et Ron Kirk veulent ensuite aller vite. Ils espèrent que les négociations, ouvertes début 2013, seront bouclées en 18 mois. Donc que cette vaste zone de libre-échange devienne une réalité dès la mi-2014…

S’il aboutit, le projet donnera naissance à un gigantesque marché commun. D’après les chiffres fournis par Karel de Gucht, le valeur des biens et services échangés en 2010 entre l’Europe et les Etats-Unis représentait 670 milliards d’euros et représentaient 40% du PIB mondial. La relation bilatérale employait alors 15 millions de personnes des deux côtés de l’Atlantique et représentait un tiers des exportations et importations mondiales. Notons au passage que, cette année-là, la balance commerciale penchait nettement en faveur de l’Europe, de 73 milliards d’euros.

Une vieille idée qui n’a jamais été poussée aussi loin

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Union européenne : Le piège mortel du mondialisme

Hollande ou Sarkozy, quel qu’il soit, l’élection d’un président de la République, le 6 mai 2012, ne changera rien aux contraintes économiques de la France. La question économique cruciale est la suivante : comment dans le cadre d’une monnaie unique et d’une Union européenne ultra-échangiste la France peut-elle rester un pays de production ? Et a contrario comment un gouvernement peut-il sérieusement espérer créer des emplois sans rétablir des écluses douanières et monétaires ?

En dehors de Nicolas Dupont-Aignan et de Marine Le Pen, ces questions n’ont guère été abordées lors de l’élection présidentielle, elles sont pourtant déterminantes. Polytechnicien et disciple de Maurice Allais, Antraigues fait le point pour Polémia. L’intégralité de ce texte de fond est disponible en PDF.

1/3- L’Europe et l’ « ultralibéralisme »

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« Finance pousse-au crime »

Cela devait arriver. Car de longue date, toute loyauté raillée, toute fidélité abolie, les requins de Wall Street ne nagent plus que « dans les eaux glacées du calcul égoïste » (dixit Karl Marx). Un cadre de Goldman Sachs a finalement craché dans la soupe, dénonçant une banque gavée de fric pour compte propre ; des clients pris pour des pantins, façon tir aux pigeons. Un environnement professionnel « toxique » – une banqueroute morale.

Au bout du chemin, la fraude financière proprement dite : transgressions, sciemment criminelles, des lois du marché ; techniques de dissimulation comptable, “innovations” financières crapuleuses. A Wall Street, prévient le professeur américain Bill Black, expert ès finance criminelle : “Si vous ne cherchez pas la fraude, vous ne la trouverez pas ; si vous la cherchez, vous la verrez partout”.

Mais il y a pire encore, car un peu de volonté politique permet de rechercher puis de sanctionner ces malversations financières. Le pire, c’est ce qui justement aveugle le contrôle politique, c’est l’habillage idéologique rendant la prédation chatoyante et désirable – la “société ouverte” chère au “bienfaiteur” Soros.

Destiné à l’opinion et aux médias, ce séduisant habillage prôné par l’« élite de Davos » est par nous baptisé « DGSI », Davos-Goldman-Sachs-Idéologie. Mondialiste, libre-échangiste, il est fondé sur l’idée que “tout ce qui compte, se compte”. Ennemie résolue des nations, de leurs histoires et symboles, la DGSI vante les migrations et le multiculturalisme ; ce puissant dissolvant “ne se connaît plus d’extérieur, refuse qu’on soit étranger à ses cultes et ses pompes ; il se veut le système du monde, unique et clos comme une bulle” (Hervé Juvin “Le Renversement du monde).

Le Nouvel Economiste

Maroc : Nouvelle usine Renault, symbole de notre suicide économique !

Chômage des travailleurs européens ou profits des multinationales dans les pays émergents fournissant des produits manufacturés à l’Europe : il va falloir choisir ! Sinon la révolte éclatera d’une façon inéluctable lorsque le taux de chômage sera tellement insupportable que la folie libre échangiste mondialiste apparaîtra comme un nez au milieu de la figure !

Pour l’instant, nous sommes seulement à mi-chemin de la gigantesque entreprise de désindustrialisation initiée dans les années 1950 aux États-Unis pour favoriser les grandes entreprises américaines, et dont le flambeau a été depuis repris par toutes les sociétés multinationales de la planète ! Pendant ces trente dernières années, la France a perdu trois millions d’emplois industriels, l’une des principales raisons de la crise de notre dette souveraine ! Si un protectionnisme douanier ne se met pas en place d’une façon urgente, les choses vont encore aller en s’accélérant ! L’oligarchie mondiale  managériale, actionnariale et financière a des intérêts en totale contradiction et en opposition frontale avec le désir des peuples européens de garder leur « savoir faire » et leur emploi !

L’usine géante Renault de Melloussa au Maroc

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La génération de l’échec

Par Michel Geoffroy

La génération au pouvoir dans les pays européens depuis la fin du XXe siècle restera devant l’histoire comme la génération de l’échec. C’est la génération de mai 1968, fille spirituelle des lanceurs de pavés, des fumeurs de joints et des idolâtres de Mao et de Che Guevara.

Car elle a tout raté, sauf précisément parvenir à cumuler les pouvoirs médiatiques, culturels, politiques et économiques en Occident et en profiter. Mais quel usage a-t-elle fait de son pouvoir sans précédent ?

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Les trois France : France des privilégiés, France d’origine immigrée, France ostracisée

Par Michel Geoffroy

La crise sociale rampante que connaît notre pays révèle une fracture profonde qui divise de plus en plus la France en trois groupes concurrents, en trois France rivales.

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« L’économie c’est la guerre ! »

Résumé de l’intervention économique de Roberto Fiorini, lors de la dernière Table Ronde de Terre & Peuple, la semaine passée.

Révolution de 1830 – Combat devant l’hôtel de ville
Huile sur toile de Jean-Victor Schnetz

Mon intervention portera sur des aspects sociaux et économiques de notre société, pour vous montrer combien la situation est tendue. Si on regarde au-delà des apparences, on verra que la situation est éminemment révolutionnaire.

Nous devons prendre garde, en nous focalisant sur l’immigration, de ne pas oublier le terrain économique, en nous coupant, du coup, de certaines réalités. Car l’immigration que nous vivons, nous a été imposée par les marchands ; il ne faut pas l’oublier. Tout ce que nous subissons découle de ce point de départ…

Nous portons au quotidien un regard très critique, sur la désinformation qui règne au sujet de l’immigration. Il nous faut porter le même regard critique sur les aspects sociaux et  économiques que nous présente le pouvoir.

Notre mission historique, nous devons nous en souvenir, c’est de libérer l’Europe, mais aussi de couper les autres liens qui nous enchaînent et qui ont été tissés par le libéralisme.

Je vais donc essayer de vous montrer qu’en empruntant le terrain social, nous pourrions ouvrir une autre voie, et conquérir d’autres âmes.

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Crise économique ou crise du sens ?

Un entretien avec Michel Drac

En 2009, dans « Crise ou coup d’état ? », vous analysiez les aspects purement macro-économiques de la Deuxième Grande Dépression. Cette année, dans « Crise économique ou crise du sens ? », vous écrivez : « Il est temps de nous éloigner de l’économie-monde, pour nous demander si l’économie peut constituer un monde ». Pouvez-vous, dans un premier temps, nous présenter la structure de votre livre ?

Dans « Crise ou coup d’Etat ? », j’ai tenté de montrer que la « bulle de l’endettement » est une stratégie des milieux dirigeants pour gérer le recul de leur domination dans le monde. Il s’agit de gagner la guerre de classes en Occident, alors que sur le plan géostratégique, les milieux dirigeants occidentaux sont confrontés à la montée en puissance d’une Asie rivale. Les classes dirigeantes veulent un modèle dual, afin que l’oligarchie survive au monde qu’elle gérait.

Dans « Crise économique ou crise du sens ? », j’ai voulu comprendre pourquoi notre classe dirigeante avait fait ce choix. Dire que notre classe dirigeante est formée d’irresponsables égotiques préoccupés de leurs intérêts de caste, c’est décrire la surface des choses ; la vraie question, c’est : pourquoi cette classe dirigeante pense-t-elle comme elle pense ?

Je propose d’articuler la réponse autour de la notion de crise du sens. Notre système est en lui-même une crise. La crise est devenue l’essence de notre système, parce qu’il n’est plus consacré qu’à sa propre reconduction. Il n’y a plus de sens à l’action de nos dirigeants, en dehors du maintien de leur position. J’emploie, pour décrire cette situation, des analogies avec, en particulier, la situation de l’Union Soviétique sous Brejnev, ou encore la paraphrénie qui a saisi, à l’échelle micro-économique, la direction d’Enron, progressivement, dans le courant des années 1990. Tout l’Occident est, désormais, un Enron géant.

La crise des subprimes dissimulerait en réalité une implosion spirituelle. Quels éléments vous ont amené à dépasser le cadre de la réflexion macro-économique ?

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Guerre économique

Extraits de la conférence donnée par François Asselineau le 30 novembre 2007 à Toulouse et intitulée “La France en guerre économique. ” Sur la France, l’Europe, la domination des États-Unis et l’économie capitaliste libérale mondialiste.

http://www.dailymotion.com/video/x6rbn0

Entretien avec Alain de Benoist : les enjeux de la décroissance

Cet entretien a précédé la publication, en 2007, de l’ouvrage intitulé Demain la décroissance (le titre prévu initialement : Objectif décroissance, était déjà pris).

Alain de Benoist nous explique pourquoi l’écologie n’est en rien un domaine réservé aux gauchistes, altermondialistes et autres bourgeois-bohèmes en goguette, ni ne constitue nécessairement une vision du monde contraire au respect des identités, ou une conception rétrograde de l’existence.

Par opposition au mythe de la croissance infinie, apanage tant des théories économiques libérales que des postulats marxistes, la décroissance paraît inéluctable. De Benoist propose d’en tirer parti, au lieu de la subir.

Quelle est la genèse de l’idée de la décroissance ?

Elle est apparue dans les milieux écologistes lorsque ceux-ci ont commencé à réaliser que, l’activité économique et industrielle étant la cause première des pollutions, il était nécessaire de s’interroger sur la notion même de développement.

Elle est née aussi d’une réaction contre la théorie du « développement durable » qui, prétendant réconcilier les préoccupations écologiques et les principes de l’économie marchande, aboutit seulement à reporter les échéances.

Sur le plan scientifique, le premier grand théoricien de la décroissance a été l’économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen qui, en s’appuyant principalement sur le deuxième principe de la thermodynamique, la loi de l’entropie, a très tôt présenté la décroissance comme une conséquence inévitable des limites imposées par la nature.

Quelle définition pourriez vous donner de la théorie de la décroissance ?

C’est une théorie qui se fonde précisément sur la notion de limites. Toutes les doctrines axées sur la croissance raisonnent comme si les réserves naturelles étaient inépuisables, ce qu’elles ne sont évidemment pas. La biosphère elle-même a ses limites.

Pour les théoriciens de la décroissance, il ne peut pas y avoir de croissance infinie dans un monde fini. Pour le dire autrement, nul ne peut vivre indéfiniment à crédit sur un capital non reproductible.

Quelles différences y a-t-il entre la décroissance et la notion de croissance zéro ? Lire la suite

Les convergences paradoxales de l’extrême gauche et de la superclasse mondiale

Le Club de l’Horloge a tenu son université annuelle les 17 et 18 octobre 2009 avec, pour thème général : CRISE ÉCONOMIQUE – LA RESPONSABILITÉ DE LA “SUPERCLASSE MONDIALE”. Jean-Yves Le Gallou, ancien député européen, président de Polemia, y a traité un aspect socio-économique assez peu connu du public, qui reste ancré sur le clivage d’un patronat appartenant plutôt à une droite conservatrice et opposé au gauchisme, au mondialisme et à l’altermondialisme.

Il a articulé son exposé :

LES CONVERGENCES PARADOXALES DE L’EXTRÊME GAUCHE ET DE LA SUPERCLASSE MONDIALE

en neuf points annoncés ci-après, la communication en totalité pouvant être téléchargée en pdf.

1/ L’extrême gauche sert de bulldozer à la superclasse mondiale : elle procède à la déforestation du couvert culturel des nations.

2/ La superclasse mondiale veut le libréchangisme mondial. L’extrême gauche sape le sentiment national.

3/ La superclasse mondiale veut la suppression des frontières. L’extrême gauche soutient les délinquants étrangers clandestins.

4/ La superclasse mondiale veut une main-d’œuvre interchangeable. L’extrême gauche prône la table rase.

5/ La superclasse mondiale veut ouvrir de nouveaux champs à la production et à la consommation marchande. L’extrême gauche l’aide en fragilisant la famille.

6/ La superclasse mondiale craint par-dessus tout l’émergence de courants identitaires et souverainistes qui briseraient la dynamique de la mondialisation. L’extrême gauche joue un rôle d’obstruction face aux populismes nationaux.

7/ La convergence entre le grand patronat et le projet sociétal de la gauche et de l’extrême gauche.

8/ En échange de ses services, l’extrême gauche bénéficie de la complaisance de la superclasse mondiale.

9/ Le cosmopolitisme, idéologie commune de l’extrême gauche et de la superclasse mondiale.

Lire la communication de Jean-Yves Le Gallou : cliquez ici.

Polemia

La marche irrésistible du Nouvel Ordre Mondial

Jacques Attali avait prévenu : “Après la mise en place d’institutions continentales européennes, apparaîtra peut-être l’urgente nécessité d’un gouvernement mondial.” (Dictionnaire du XXè siècle). Il est cité par Pierre Hillard dans son ouvrage intitulé “La Marche irrésistible du Nouvel Ordre Mondial.

Historien passionné de géopolitique, l’auteur y compile, cartes et documents à l’appui comme d’habitude, toute une série d’analyses publiées par ailleurs et ici mises à jour, sur l’émergence d’un bloc euro-atlantique, les “frontières de sang au Moyen-Orient”, l’évolution de l’Espagne, de l’Écosse, de la Belgique, la question allemande, sans oublier bien sûr la France dont Pierre Hillard décrit le début d’une “fragmentation”… “

Toutes les époques ont leur idéologie. En ce début du XXIème siècle, le seul débris qui surnage après un siècle chaotique et tragique, c’est le mondialisme” regrette l’historien. “Dans l’esprit de ses promoteurs, bien au-delà d’une coopération mondiale nécessaire et légitime, il s’agit d’abattre toutes les cloisons, et d’abord nationales, afin d’aboutir d’emblée à ce fameux village global décrit par le sociologue canadien Herbert Marshall Mcluhan. Le but est de créer de grands blocs géopolitiques standardisés européens, nord-américains, sud-américains, asiatiques, etc., au sein desquels les nations seront broyées et dont la réunion constituera l’armature d’une gouvernance mondiale.

Reliant “la mort probable de la Belgique, les réveils régionalistes en Espagne et en Italie,” le jeu “destructeur” de “l’Europe de Bruxelles”, le “sanglant bourbier irakien” ou le projet américain de “grand Moyen-Orient,” Pierre Hillard pose la question de l’avenir de cette “tour de Babel” moderne, sans grande illusion…

Mille milliards de dollars et bientôt les filles à l’œil

Par James Howard Kunstler

L’Union européenne s’est auto-accordé mille milliards de dollars pour s’auto-renflouer aux premières heures de l’aube lundi, plus une fille dans le lit de chaque membre, gratuitement. Les Allemands vont adorer. Cette annonce a déjà fait remonter l’euro à 1,3 dollar, juste au moment où ceux-ci espéraient que la baisse du dollar allait leur permettre de livrer quelques cargos de plus à l’exportation.

Je m’attends à ce que Mme Merkel soit particulièrement à leur écoute. Quelques heures plus tôt, sa coalition a reçu une magnifique raclée à l’élection en Rhénanie du Nord-Westphalie.

Je mentionne ces événements à contrecœur, sachant l’aversion qu’éprouvent mes lecteurs aux nouvelles provenant de la vieille Europe, cet ennuyeux café d’arrière-cour socialiste où l’on vous sert, dans les restaurants, des portions pour femmelettes, que de vrais hommes ne mangent pas de toute façon.

La question qui s’impose ici, bien entendu, est de savoir comment l’Europe a l’intention de trouver mille milliards de dollars pour se renflouer elle-même. Va-t-elle vendre le Portugal à la Chine ? Va-t-elle découper la Grèce en morceaux, lancer les bouts à la mer comme appât, attraper et vendre sur les marchés ce qui reste de poissons en Méditerranée ? Franchement, je suis perplexe. Parlez de déshabiller Pierre pour habiller Paul…

Toutes les nations européennes sont déjà si désespérément empêtrées dans des chaînes d’obligations réciproques indémêlables que ce renflouement pourrait tout aussi bien être un jeu de chaises musicales joué dans le Grand collisionneur de particules Hadron sur de la musique de Karlheinz Stockhausen. Le renflouement européen est, de fait, une absurdité. Je prédis que l’effet de l’annonce ne durera que quelques jours de trading sur les marchés boursiers.

La vérité est que les déséquilibres de la finance mondiale sont devenus si grotesques que le système monétaire mondial ne tient qu’avec de la salive et des prières. Je reçois des tombereaux de mails de lecteurs chaque semaine m’avertissant de la prétendue, – et inéluctable -, naissance d’une prochaine monnaie mondiale – un concept qui s’accompagne naturellement de l’idée d’un gouvernement mondial. Les deux sont des fantaisies ridicules. Les événements prennent les nations du monde à l’exact contre-pied, et les entraînent dans l’autre sens, vers la rupture, la diminution de la taille des Etats et des gouvernements. De même, si des monnaies majeures comme le dollar ou l’euro venaient à connaître leur chant du cygne, elles seraient plus que probablement remplacées par des billets de banque locales convertibles en or que par un hypothétique Améro ou autre Globo-dollar.

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Le coup d’Etat silencieux

L’année 2010 est en train de marquer une rupture dans notre histoire institutionnelle, qu’il ne faut pas hésiter à qualifier de « coup d’Etat ».

Darth Sidious, personnage "méchant" de la série cinématographique "La guerre des étoiles" (1)

Jusqu’ici, on considérait que les gouvernements tiraient leur légitimité du peuple, dont la volonté s’exprimait lors des élections et à qui ils devaient rendre des comptes en fin de mandat.

Ce type de régime a progressivement été vidé de sa substance, sous l’influence de la démocratie d’opinion, des normes supranationales européennes, des exigences de la compétitivité dans une économie ouverte, ainsi que d’un jeu politique qui n’offre le choix qu’entre un libéralisme social et un social-libéralisme.

Mais le principe démocratique demeurait, au moins en théorie, même s’il apparaissait de plus en plus comme une fiction. Le principe est en train de sauter sous nos yeux, depuis quelques mois. Désormais, un autre type de souveraineté est en passe de se substituer à celle de la volonté du peuple.

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Guerre des monnaies – Dollar contre Yuan – deuxième round

Par André Serra

Il y a incontestablement une “guerre des monnaies” dans le monde depuis le début de la crise, je qualifierais ce qui s’est passé jusqu’ici de premier round, pendant lequel des initiatives ont été lancées par différents pays pour démontrer, sous plusieurs motifs, la nécessité de remplacer le dollar dans son rôle actuel de monnaie internationale de paiement et de réserve, par une monnaie planétaire nouvelle qui serait, celle-ci, indépendante de tout État national particulier.

Après un rappel de ces initiatives en cours, je décrirai le second round, qui vient à peine de commencer.

1er round :

Le lundi 19 novembre 2007, à Singapour, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a montré qu’il était de plus en plus difficile de gérer les 1430 milliards de dollars (970 milliards d’euros) de réserves de change de la Chine, à cause de la devise américaine (réserves se montant à 2600 milliards de dollars en avril 2010). “Nous n’avons jamais connu une pression aussi forte”, a-t-il déclaré, selon l’agence Reuters. “Nous sommes inquiets sur la manière de préserver la valeur de nos réserves”, a-t-il ajouté. La devise étasunienne avait perdu 5% contre le yuan depuis janvier 2007, et malgré toutes les promesses de Washington, il continuait, jour après jour, de perdre des plumes. C’était alors le tout début de la crise des subprimes, qui devait exploser quelques mois plus tard.

Dès cette époque, la Chine se mit à plaider dans chaque forum qu’il était grand temps de remplacer le dollar comme monnaie de paiement et de réserve. Rapidement, cette information fit le tour du monde et tous les ministres des Finances de la planète commencèrent à plancher sur le sujet.

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Résultats de notre dernier sondage

A la question: « La crise est-elle une chance pour la France? »

Vous avez répondu:

  • OUI à 44%, car en ruinant l’État-providence et ses bénéficiaires, elle pourrait mettre fin au mondialisme libre-échangiste et à l’immigration extra-européenne. (461 Votes)

  • NON à 41%, car le but de l’oligarchie financière apatride qui l’a déclenchée est d’instaurer une dictature mondiale, qui sera mise en place après l’effondrement économique. (424 Votes)

  • NON à 10%, car en détruisant les garde-fous politiques et sociaux qui nous protègent encore un peu de la mondialisation, elle achèvera le travail de sape des précédentes crises (107 Votes)

  • OUI à 5%, car elle revitalisera l’économie, par la stimulation de ses potentiels d’innovation et de concurrence, grâce au “mécanisme de destruction créatrice” (J. Schumpeter). (54 Votes)

Total des Votants: 1 046

(Merci à tous pour votre participation, n’hésitez pas à commenter ces chiffres.)

Pour une finance mondiale, une régulation globale

(Déclaration conjointe de Gordon Brown, Premier ministre du Royaume-Uni et de Nicolas Sarkozy, le 10 décembre 2009)

En 2008, c’est l’Europe qui a montré la voie face à la crise financière mondiale et qui la première s’est attelée à la restructuration de notre système bancaire et au renforcement du système financier mondial. L’Union européenne a aussi montré la voie en plaidant pour la mise en place d’un nouveau forum de coopération économique réunissant les dirigeants du G20.

Et dès le début de la crise, c’est l’Europe qui a préconisé la relance budgétaire – et s’est efforcée de la coordonner au niveau mondial – intervention décisive qui a empêché qu’une récession ne se mue en dépression mondiale.

Aujourd’hui, nous devons une fois de plus prendre la tête des initiatives visant à forger un nouveau consensus mondial.

Cette crise nous a fait comprendre que nous sommes à présent dans une économie qui n’est plus nationale mais mondiale, et que les normes financières doivent donc être mondiales, elles aussi.

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« Une partie des élites européennes va se tourner vers Moscou » (suite)

Lors d’un entretien paru hier ici même, Michel Drac évoquait l’hypothèse d’un tel renversement d’alliances. Dans le texte qui suit, il développe et précise cette idée, qui selon lui s’incarne déjà dans la politique allemande, notamment au plan économique, et nécessite l’appui de la France.

Vers un axe Paris-Berlin-Moscou ? Ce vieux rêve, reformulé récemment par Henri de Grossouvre, Marc Rousset, Alain de Benoist et d’autres encore, a longtemps paru irréalisable, mais qu’en sera-t-il demain ?
Il existe aujourd’hui, dans la dissidence française, une tentation de la simplicité à l’égard de l’Allemagne.

Du côté germanophobe, on souligne que l’affaire du Kossovo a été favorisée par Berlin, alliée en l’occurrence aux Etats-Unis. On a raison d’ailleurs, mais on devrait aussi se souvenir que tout en soutenant ouvertement l’opération du Kossovo, les Allemands ont en sous-main appuyé la partie russe lors des négociations finales.

Du côté germanophile, on rappelle que Schröder a accepté l’alignement de son pays sur la position française lors de la deuxième guerre d’Irak. On a raison là encore, mais on devrait aussi se souvenir que dans le même temps, les services secrets allemands transmettaient des informations sensibles à leurs homologues américains.

On voit bien, à la lumière de ces deux exemples, que la position actuelle de l’Allemagne n’est pas simple. Elle est au contraire très complexe, polyvalente, fluctuante. Berlin n’est ni le serviteur de la haute finance mondialiste, ni son adversaire résolu. L’impression générale, en termes géostratégiques, est qu’à chaque fois que Berlin prend position officiellement dans un sens, elle fabrique une position officieuse en contrepoids.

Cet article vise précisément, en particulier à partir d’une analyse de la donne économique, à sortir de la tentation de la simplicité, pour comprendre cette Allemagne-puissance renaissante et paradoxale. Lire la suite

“Une partie des élites européennes va se tourner vers Moscou”

Un entretien avec Michel Drac, au sujet de son livre “Crise ou coup d’Etat ?” (Ed. Le Retour aux Sources, 2009) et de l’actualité.
Présentation de l’auteur ?

Je travaille comme contrôleur de gestion dans un grand groupe depuis une quinzaine d’années. Je suis donc un spécialiste de la micro-économie.

Je me suis risqué dans la macro-économie, avec « Crise ou coup d’Etat ? », parce que nous en sommes arrivés au point où il est absurde de continuer à faire de la micro-économie, sans poser la question du système dans son ensemble.

Le travail a été conduit sur le site scriptoblog.com, où nous travaillons beaucoup en ateliers. « Crise ou coup d’Etat ? » est donc en partie un ouvrage collectif, développé en particulier avec l’auteur qui signe, sur le site, sous le pseudo « Le Zélote ».

Pouvez-vous présenter votre livre dans ses grandes lignes ?

Il y a trois parties.

La première partie décrit la mécanique qui s’est déroulée entre 2000 et 2007, avec une mise en perspective aussi par rapport aux décennies précédentes. En gros, j’explique que la politique macro-économique consiste, depuis dix ans et plus, à mettre en endettement tous les acteurs non financiers, pour garantir le maintien du pouvoir des acteurs bancaires, en particulier ceux de la haute finance, haute banque (si tant est que ce terme ait encore un sens distinct) et surtout banques d’affaires adossées aux banques commerciales.

La deuxième partie s’éloigne de l’économie financiarisée et s’intéresse plutôt à l’économie productive. Je montre que dans la réalité de la production, le centre de gravité de l’économie-monde est en train de basculer vers l’Asie. Je montre ensuite que tout s’est passé comme si, confrontée à cette donne, la haute finance s’était organisée pour garantir, à travers l’endettement des acteurs, le maintien de son pouvoir dans le cadre d’un futur système, un capitalisme poly-centré, avec à la clef un ajustement brutal de la structure de classes en Occident.

Enfin, la troisième partie essaye d’esquisser les conséquences de la crise. J’essaye en particulier d’expliquer que certaines de ces conséquences sont voulues par les dirigeants, et d’autres pas. Et que nous entrons dans un contexte très instable, où la confrontation entre l’OTAN et l’Organisation de Coopération de Shanghaï peut dégénérer profondément. Tout simplement parce que nous nous retrouvons dans la situation qui déboucha déjà sur les deux guerres mondiales : un centre du capitalisme thalassocratique, menacé par la montée en puissance d’une économie continentale.

Le titre est « Crise ou coup d’état ? », est-ce à dire, de la manière dont la question est posée, qu’il s’agit plus d’un coup d’Etat que d’une crise financière ? Lire la suite

La généalogie de la superclasse mondiale

I – Il convient au préalable de définir ce que l’on entend par superclasse mondiale

La danse des morts - attribué à Hans Holbein l'Ancien, 1491


Que signifie cette expression ? Trois termes significatifs :

– c’est une classe, soit un groupe social qui présente des traits particuliers durables qui le distinguent des autres ;

– elle se situe au-dessus des autres, en particulier au-dessus des anciennes élites nationales ;

– elle est mondiale, car son projet est mondialiste.

A/ Cette classe peut se définir comme un réseau occidental de dirigeants, diversifié et interactif

Il comprend notamment : Lire la suite

Pour Ben Bernanke, c’est l’Asie qui met en danger l’économie mondiale

Le président de la Réserve fédérale étasunienne Ben Bernanke a souligné lundi que des politiques économiques de promotion de l’exportation en Asie risquaient de faire réapparaître les déséquilibres des échanges commerciaux et financiers.
Ces déséquilibres, de l’avis de certains, ont contribué à alimenter la bulle immobilière aux Etats-Unis.

Les excédents commerciaux atteints par le biais de politiques qui gonflent artificiellement l’épargne intérieure et les industries de l’exportation provoquent des perturbations dans l’allocation de ressources, a-t-il expliqué.

“Pour parvenir à une croissance économique plus équilibrée et durable et pour réduire le risque d’instabilité financière, nous devons éviter des déséquilibres toujours croissants et intenables des flux commerciaux et financiers”, a-t-il observé, dans un discours prononcé à une conférence de la Fed de San Francisco sur l’Asie.

Ces déséquilibres se sont atténués à la suite de la crise, mais la reprise économique et l’augmentation des échanges commerciaux risquent de les remettre en valeur, a-t-il dit.

Ben Bernanke remarque que les économies asiatiques ont fortement rebondi après la crise, avec des taux de croissance annualisés à deux chiffres attendus en Chine, à Hong Kong, en Corée, en Malaisie, à Singapour et à Taïwan.

“A ce stade, alors même que des risques subsistent avec certitude pour les perspectives économiques, l’Asie semble le moteur de la reprise mondiale”, dit-il.

Il ajoute que les pays asiatiques dont l’économie est la plus ouverte, comme Singapour, Hong Kong et Taïwan, ont été les plus touchés par la crise, alors que la Chine, l’Inde ou l’Indonésie, qui sont parmi les économies “les moins ouvertes financièrement” ont vu la croissance de leurs économies se poursuivre tout au long de la crise (ndlr : l’incompréhensible traduction originelle de la fin de cette phrase a été corrigée à l’aide de la version anglaise de cette dépêche). Lire la suite