Il nous faudrait une bonne guerre ?

Durant la Seconde Guerre mondiale, le rationnement a poussé les populations à faire preuve d’imagination pour continuer à vivre, malgré tout. Un modèle dont s’inspirent les habitants de trois villes, en Grande-Bretagne, en France et en Chine, pour répondre à la crise économique ou environnementale qui les frappe.

Économie positive : Faut-il changer de modèle économique ?

Départ pour la Normandie à l’occasion du 4ème Forum de l’économie positive, créé par Jacques Attali, qui accueille politiques, entrepreneurs et scientifiques au Havre. Tous discutent de la nécessité de tenir compte des générations futures dans les décisions économiques, sociales et politiques. Faut-il et peut-on changer de modèle économique?

Partie 1:

Partie 2:
Lire la suite

La fin de notre civilisation pourrait-elle arriver en 2040 ?

Une étude, publiée par le site d’investigation Medium, “prédit” un possible désastre à l’échelle mondiale, dans moins de trente ans. Elle démontre que si “nous ne changeons pas de cap”, notre modèle économique et social pourrait mener à l’effondrement de notre civilisation.

Si tout continue comme maintenant, dans trois décennies, notre “civilisation industrielle” pourrait s’effondrer en raison de pénuries alimentaires désastreuses, d’un enchaînement de catastrophes climatiques, d’une rareté de l’eau, d’une crise énergétique en bout de course, et d’une instabilité politique intenable.

Lire la suite

Bretagne : La révolution localiste est en marche

Alain Glon, qui fut le patron du groupe Glon-Sanders, avait depuis quelque temps un projet de modèle économique d’un type nouveau susceptible de donner à la Bretagne un nouvel élan économique.

Ce modèle a la particularité d’être local, enraciné et solidaire, c’est-à-dire qu’il se situe aux antipodes du modèle mondialisé, déterritorialisé et financiarisé que nous subissons et qui nous a amenés au bord du précipice (nous y sommes toujours, sept ans après le début de la méga-crise que le regretté Maurice Allais avait pronostiquée dès 1992).

Le projet en cours dont le nom est « Redéo », ce qui signifie « il est nécessaire » en langue bretonne, est un projet associatif dont le but est de détourner une part, la plus importante possible, de l’épargne des Bretons (16 milliards d’euros par an) pour l’investir dans des projets entrepreneuriaux en Bretagne. Les bénéfices dégagés par ces entreprises seront, pour une part, distribués aux épargnants et, pour une autre part, réinvestis dans la région.

Un projet localiste et enraciné
Lire la suite

Le piège du low cost

Une logique absurde s’est emparée du capitalisme financier. Le low cost en est un exemple. Comment des innovations, qui sont initialement susceptibles de faciliter la vie des plus pauvres, peuvent devenir des pièges inexorables au bénéfice des plus riches ?

Le piège fonctionne en deux temps. D’abord, sous le couvert de prix bas, il améliore le pouvoir d’achat d’une clientèle à moindre revenu. Ensuite, étendant son emprise sur la société, de manière insidieuse, il entraîne une dégradation des salaires et une explosion des inégalités à l’échelle mondiale. Tout cela est connu, mais il n’est pas inutile de résumer les faits pour les avoir clairement à l’esprit.

Il ne s’agit ni d’un complot ni d’un scandale de plus, mais bien d’une conséquence “rationnelle” d’un capitalisme financier qui s’est dévoyé.

Le low cost : une bonne idée au départ

A priori, l’idée paraît bonne, voire démocratique: permettre aux classes les plus modestes d’augmenter leur pouvoir d’achat grâce à des prix tirés vers le bas. C’est avec la fin des années 1970 et avec les années 80 que les enseignes de hard-discount commencent à populariser le modèle low cost auprès des classes défavorisées. Avec les années 2000, le modèle se généralise et l’on voit le low cost s’étendre progressivement à toute la sphère de consommation : de l’alimentation au textile, de l’automobile au transport aérien, de l’ameublement à l’hôtellerie, de la téléphonie à l’informatique, des assurances aux services à la personne.
Lire la suite

Jeremy Rifkin : “La troisième révolution industrielle est en marche”

Dans son nouveau livre, « La Troisième Révolution industrielle », sorti en France début février, Jeremy Rifkin annonce l’avènement d’une nouvelle économie, fondée sur le mariage entre Internet et les énergies nouvelles.

Quand est née l’idée de la troisième révolution industrielle ?

Dans les années 1970. En 1973, j’avais organisé la première manifestation contre l’industrie pétrolière à Boston, en rassemblant 20.000 personnes. Puis vint, en 1980, mon livre, intitulé « Entropie », qui fut le premier à ouvrir le débat public sur le changement climatique. Depuis, il est devenu une référence pour les mouvements politiques écologiques. Au début des années 1980, à la suite de la flambée des cours du brut lors de la crise pétrolière, j’ai commencé à prendre conscience que nous allions arriver à un pic de production dans les vingt-cinq ou trente ans à venir, et qu’il fallait déjà envisager une nouvelle révolution énergétique. Ce n’est que dans les années 1990 et la révolution Internet que j’ai fait le lien entre les communications et l’énergie. Quand Internet est apparu, il est devenu le catalyseur. Et j’ai compris que les grandes révolutions énergétiques de l’histoire coïncidaient avec de nouveaux modes de communication.

Vous pouvez expliquer ?

Les changements économiques et sociaux proviennent toujours d’une rencontre entre une nouvelle énergie et un nouveau mode de communication. Au XIX e siècle, la machine à vapeur et le charbon ont amélioré la vitesse de l’information. Ils ont permis de produire en masse des journaux à des prix concurrentiels, accroissant du même coup la proportion d’une population éduquée. Si nous n’avions pas eu cette main-d’oeuvre cultivée, que l’école publique a aussi favorisée en France, nous n’aurions pas pu gérer la première révolution industrielle comme l’a fait l’Internet. Au XX e siècle, il y a eu une autre convergence entre l’électricité, le téléphone, puis la radio et la télévision. Nous étions entrés dans la société de consommation.

Et maintenant ?

Cette deuxième révolution a commencé à mourir en 2008. Pour remédier à cette crise de croissance, il faudrait une nouvelle matrice, une nouvelle convergence entre énergie et communication. Ce sera le mariage de nouvelles sources d’énergie et d’Internet. Je m’explique : quand le cours du pétrole a franchi les 147 dollars le baril, en juillet 2008, tous les autres prix des produits dérivés ont flambé et les moteurs économiques ont stoppé. Soixante jours plus tard, c’était le krach sur les marchés financiers. De nouvelles secousses sont à prévoir. D’autant que, selon l’AIE, la production du pétrole a atteint son pic en 2006. Aujourd’hui, elle n’est plus en mesure de faire face aux demandes croissantes de la Chine et de l’Inde. Ce que je vois, ce sont des cycles de croissance qui s’arrêtent brutalement tous les quatre à six ans et ceci pendant vingt-cinq ans. L’inflation a augmenté. Et le pouvoir d’achat a baissé. Au-dessus de 150 dollars le baril, ce n’est pas tenable.

En quoi consiste la troisième révolution industrielle que vous décrivez ?

La première étape, c’est le passage aux énergies renouvelables. Les énergies fossiles sont de plus en plus chères. A contrario, le soleil brille tous les jours. Le vent souffle tous les jours quelque part. Un grand nombre de pays ont des côtes avec des vagues et des marées. Les montagnes peuvent favoriser l’hydroélectricité. Et puis, il y a la gestion des déchets, qui ouvre la voie à la biomasse. N’oublions pas la géothermie. Mais on ne peut gérer une économie mondiale si ces énergies sont distribuées sur le modèle du pétrole et du gaz, c’est-à-dire de façon centralisée. Aujourd’hui, 23 % de la population mondiale n’a pas accès à l’électricité. Et 25 % que partiellement. Cela prouve que le mode actuel de diffusion de l’énergie ne peut pas satisfaire la demande. Dans ma révolution industrielle, chaque immeuble, chaque maison deviendront une source de production d’énergie. Il faudra donc un réseau de communication pour la distribuer. L’Internet, par essence collaboratif, offre cette possibilité.

Les Échos

Chine : Un modèle économique miné de l’intérieur

C’est à l’issue d’une conférence donnée devant une classe de MBA de l’Essec que Wang Xiaozu, professeur de finance à l’université de Fudan (Shanghaï), a réalisé à quel point le capitalisme de Wall Street a perdu son attrait au profit du modèle hybride chinois : “Un étudiant est venu me demander ce que la France peut apprendre du modèle chinois. C’était absolument impensable avant 2008 !

L’anecdote du professeur Wang n’est pas qu’insolente pour les Occidentaux, elle le fait tout autant sourire du point de vue chinois. Car, de l’intérieur, le système est sous le feu des critiques. Surtout le rôle prééminent que s’attribue l’Etat, acteur central, accusé de faire ses affaires entre ses entreprises publiques, ses banques, ses passations de marchés, au détriment de la petite entreprise privée, du petit épargnant, du peuple, des Chinois.

“NOUS DEVONS BRISER LEUR MONOPOLE”

Début avril, le premier ministre en personne s’est attaqué à un pilier du capitalisme d’Etat. “Franchement, nos banques font des profits bien trop faciles, a lancé Wen Jiabao. Pourquoi ? Parce qu’un petit nombre de banques majeures occupent une position de monopole, ce qui signifie qu’on ne peut que se tourner vers elles pour les crédits et les capitaux.” Et de conclure : “Nous devons briser leur monopole.”

Lire la suite

Le syndrome japonais menace la Chine

La Chine est peut-être à l’aube de sa propre décennie perdue, et un effondrement de Pékin ferait passer le malaise économique du Japon pour de la rigolade.

Cette année, la Chine a ravi au Japon la place de deuxième puissance économique mondiale, un changement dans la hiérarchie qui n’étonnera pas ceux ayant été un peu attentif ces vingt dernières années.

La véritable surprise, c’est que le Japon ait toujours été numéro 2. Tout comme le faire-part de décès d’un oncle lointain vous rappelle qu’il était toujours en vie, ce qu’il y a de remarquable avec le Japon, c’est comment ce pays est sorti furtivement de la scène mondiale. Une telle disparition est extraordinaire pour un pays dont l’hégémonie mondiale avait tout du fait accompli  (en français dans le texte) voici encore vingt ans. Mais l’ancien rouleau-compresseur asiatique des exportations s’est ratatiné, et cela par sa propre faute. Le livre Japan as Number One [Le Japon médaille d'or] se languit aujourd’hui à la 400 000ème place sur Amazon tandis que When China Rules the World [Quand la Chine mène le monde] est un best-seller.

Quand la population chinoise en âge de travailler atteindra son plus haut niveau, en 2015, ce sera vingt ans après que le Japon a touché le sommet de la vague, mais la Chine le fera à un niveau de prospérité bien moindre que celui du Japon à l’époque. La dure réalité est celle-ci: le Japon est devenu riche avant de devenir vieux, et la Chine sera vieille avant d’être riche.

Le truc drôle, c’est que le gros du modèle économique chinois a été emprunté au Japon: financer les investissements domestiques par des exportations à bas prix tout en exaspérant ses partenaires commerciaux. A certains moments, on a l’impression que seuls les noms ont changé. A l’époque, les constructeurs automobiles de Détroit accusaient Honda et Toyota de déverser des flots de berlines économiques et peu gourmandes en carburant sur les mères de famille américaines; aujourd’hui les secrétaires au Trésor s’arrachent les cheveux sur un yuan sous-évalué tandis que les excédents commerciaux chinois enflent.

L’explosion de la bulle

Lire la suite

Cuba au bord de la faillite

Cuba s’asphyxie. La faible productivité et l’inefficacité de l’économie, alliées à une grave pénurie de liquidités due au manque de devises mettent le gouvernement de Raúl Castro dans une situation très difficile,” relève Mauricio Vicent, le correspondant à La Havane du quotidien madrilène El País.

Le ministre de l’économie Marino Murillo a reconnu, le dimanche 20 décembre, devant le Parlement cubain la gravité de la crise économique. Le taux de croissance du PIB n’aura été que de 1,4 % en 2009, soit largement au-dessous des 6 % prévus ; les investissement ont diminué de 16 % et les exportations de 22 % par rapport à 2008, et la situation a été aggravée par la crise financière internationale, l’embargo américain et les ouragans à répétition.

Le gouvernement a donc annoncé pour 2010 un plan d’ajustement qui prévoit un strict contrôle des dépenses et notamment des dépenses sociales.

Dire dans un pays comme Cuba qu’il est impératif de réduire les dépenses sociales, on voit parfaitement ce que cela signifie. Aucune mesure concrète n’a été spécifiée, mais l’on s’attend à ce que soient annoncées prochainement des mesures de restriction qui rendront la vie des Cubains encore plus difficile,” poursuit Mauricio Vicent. “Je ne serais pas surprise qu’en février ou en mars un ensemble de mesures de restrictions soit mis en œuvre,” écrit la blogueuse Yoani sánchez sur son blog Generación Y.

Cuba va revoir son modèle économique, a assuré Raúl Castro dans son discours de clôture de l’année 2009 devant le Parlement, mais sans “improvisation” ni “hâte,” a-t-il précisé.

Courrier International

Entretien avec Aymeric Chauprade : la stratégie énergétique de la Russie

Aymeric Chauprade enseigne la géopolitique depuis 10 ans au Collège interarmées de défense. Il est l’auteur du traité géopolitique Constantes et changements dans l’Histoire, devenu rapidement un manuel de référence. Son récent atlas de géopolitique mondial Chronique du choc des civilisations, en revanche, a déclenché une polémique qui s’est soldée par sa mise à pied, exigée par le ministre de la Défense. Chauprade défend et incarne une approche scientifique de la discipline qui prend en compte le « facteur culturel », et donc la représentation que les peuples se font d’eux-mêmes et des autres dans l’Histoire.

Nous reproduisons ici l’entretien qu’il a accordé au magazine Le Courrier de Russie.

Le Courrier de Russie : Dans l’entretien sur la Russie que vous avez accordé récemment à la NRH (« La géopolitique de la Russie », in La Nouvelle Revue d’Histoire, n° 38, sept.-oct. 2008), vous proposez une interprétation dans laquelle la stratégie de Poutine – et de Medvedev aujourd’hui – est aussi claire que déterminée. Sa politique en matière d’énergie n’est pas seulement « économique », elle est au centre d’un plan stratégique très précis. Dans le même entretien, vous dites aussi qu’il s’agit d’une réaction de la Russie à un certain sentiment d’encerclement, à une politique américaine qui détermine finalement la donne a priori, les acteurs les plus faibles se défendant avec les moyens dont ils disposent.

Aymeric Chauprade : Ce n’est pas en opposition, bien au contraire. La Russie se vivait comme assiégée par la géopolitique américaine avant l’arrivée de Poutine, et elle l’était. Les Etats-Unis et leurs alliés progressaient à la périphérie, dans l’Etranger proche de la Russie.

Celle-ci s’est dit qu’elle devait retrouver son statut contesté de puissance régionale, et même de puissance internationale. Or elle n’avait qu’un atout sur la scène internationale : les ressources énergétiques. C’est le levier principal qui a été trouvé. Lire la suite