Des retraites difficiles pour les agriculteurs

À l’occasion du Salon de l’agriculture, une équipe de France 3 s’est intéressée aux retraites des agriculteurs. À 78 et 83 ans, après 50 ans de travail, Yvette et Germain Bourry ont bien du mal à joindre les deux bouts.

Une longue vie de travail, mais une toute petite retraite de 500 euros par mois. C’est la moyenne pour une femme d’agriculteur, en raison du statut de conjointe ou d’aide familiale. Germain son mari, n’est guère mieux loti. À eux deux, ils dépassent tout juste 1.000 euros par mois.

Paris : Une exposition met en avant le regard des SDF sur leur quotidien

“Prises de rue”. C’est le nom d’une exposition qui se tient actuellement sur les grilles de l’Hôtel de Ville de Paris. Les clichés ont été pris par treize SDF. De mi-novembre à mi-décembre 2014, des appareils photo leur ont été confiés par l’association de réinsertion “La Deuxième Marche“.

Grèce : Le chômage touche tout le monde (Màj vidéo)

Addendum : Plongée à Patras, ville parmi les plus pauvres de Grèce

Les élections législatives de dimanche 25 janvier seront sans doute très suivies à Patras. Cette ville, deuxième port de Grèce, compte 380.000 habitants. Ici, la crise a été d’une violence inouïe. Dans cette grande ville industrielle, on compte 40% de chômeurs.

À Perama, une zone industrielle près d’Athènes, la crise a commencé il y a six ans. On comptait alors plusieurs milliers d’ouvriers. Aujourd’hui, il en reste à peine 1.000. “L’activité a diminué de 70%”, explique Nikitas Siandris, de la société des bateaux taxis.
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Grèce : Une nation déclassée prête à voter Syriza

Addendum : La Grèce entre chômage élevé et forte fiscalité

Électricité coupée, retraites et droits sociaux amputés : nombre de Grecs veulent la fin de l’austérité.

Ce matin-­là de janvier, il fait 3 °C à Athènes. Et seulement 13 °C dans l’appartement d’Evguénia Michalakou, dans le très résidentiel quartier d’Aghia Paraskevi, à l’est de la capitale grecque. « Cela vous semble peu ? Pour nous, c’est un petit miracle ! », lance dans un sourire cette pétillante quadragénaire. Après deux ans sans électricité, Evguénia et sa famille viennent en effet de se faire rétablir le courant le 31 décembre 2014.

C’est cette Grèce déclassée, lessivée par quatre années de crise et d’austérité, qui s’apprête aujourd’hui à voter pour la Syriza, aux élections législatives du 25 janvier. Le parti entend bien étendre à l’échelle nationale les recettes sociales expérimentées en Attique, la plus grande région de Grèce autour d’Athènes.

« Depuis, on a installé deux gros radiateurs électriques à roulettes que l’on balade de pièce en pièce, et nous avons retrouvé le plaisir de nous la- ver à l’eau chaude. Nous reprenons une vie normale », se félicite cette mère de deux garçons de 11 et 18 ans, réceptionniste téléphonique.
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Paris : Maraudes fluviales pour venir en aide aux SDF

Avec l’arrivée du froid les associations qui s’occupent des SDF sont plus que jamais sur le terrain. On connaît les maraudes terrestres en ville qui viennent en aide aux SDF. Mais on connaît moins bien les maraudes nautiques.

Depuis 2006 à Paris, la protection civile a mis en place des tournées sur la Seine qui permettent d’arriver jusqu’aux sans abris qui vivent sur les quais au bord de l’eau.

C’est cher d’être pauvre

Chauffage, électricité, logement, mutuelle santé, assurance, crédit bancaire, téléphonie mobile : plus on a un budget serré, et plus on paie cher. Un paradoxe qui ne semble choquer personne.

Et pourtant, Martin Hirsh, ex-Président d’Emmaüs France, a publié « Cela devient cher d’être pauvre », aux éditions Stock en 2013. Un livre qui dénonce cette double peine. C’est de ce constat que les journalistes d’Envoyé spécial ont enquêté sur ce phénomène qui pénalise les ménages les plus fragilisés.

Inventeur du revenu de solidarité active (RSA), Martin Hirsch explique dans son livre que, sur une année, un ménage avec un enfant, locataire d’un 70 m2 et ayant 1.540 euros ressources par mois va, sans s’en rendre compte, payer 1.025 euros de plus de charges fixes diverses que le même ménage gagnant 3.300 euros et louant 90 m2…

Quand on est pauvre, payer un loyer en ville, alors que le prix au m2 est plus cher pour les petites surfaces, est de l’ordre de l’impossible. Mais gagne-t-on à s’installer en banlieue ? Certes, le loyer est moindre, mais pour se rendre à son travail, il faut une voiture, ou une carte de transports multi-zones. Parfois, il faut les deux ! Au final, entre carburant et passe Navigo, les ménages se retrouvent à payer plus cher.
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Portraits de la précarité en France

Vincent est chômeur de longue durée. Clara, un enfant à charge, ne travaille pas suffisamment pour assurer les dépenses du quotidien. Ils ont tous les deux accepté de témoigner de leur situation particulièrement difficile et de l’espoir qu’ils conservent tout de même de voir leur vie s’améliorer.

Restos du cœur : Une question de survie pour certains bénéficiaires (Màj)

Le potager citoyen : donner sa récolte aux Restaurants du Cœur

Le président des Restos du Coeur lance un appel aux dons

Olivier Berthe précise que le nombre de personnes en fin de droits a progressé de 53% ces dernières années. “Les premiers clients des Restos sont des chômeurs. Les familles monoparentales avec mère seule sont aussi très présentes. Viennent ensuite les personnes âgées et les jeunes“. L’argent provient pour moitié des donateurs. “Les Enfoirés” rapportent 20 millions d’euros par an, et l’association bénéficie d’aides européennes. Mais elle souhaiterait demander au gouvernement la possibilité d’obtenir des aides en nature.

C’est une situation scandaleuse, il y a environ 40.000 enfants dans la rue. La générosité ne s’est pas démentie depuis 2008. Dans un an, nous ne serons plus en mesure d’assurer notre mission. On sent une certaine démotivation chez certains bénévoles“, déclare Olivier Berthe.

Pauvreté : De plus en plus de SDF en France

Alors que le nombre de sans-domicile fixe a augmenté de 44% en 11 ans, les femmes et les enfants représentent une part de plus en plus importante parmi cette population, selon une étude de l’Insee publiée mercredi.

Cent douze mille personnes en France n’ont pas d’adresse. Sans logement personnel, elles dorment dans la rue, les jardins publics, les gares, les squats, ou sont hébergées dans des structures d’accueil qu’elles doivent quitter chaque matin. C’est le constat alarmant que dresse ce mercredi l’Insee dans son étude “Portrait social de la France“, qu’elle publie chaque année depuis 2001.

Pour cette population mal connue, ces enquêtes de l’institut de la statistique ont montré au fil des ans une constante augmentation de la population des SDF, laquelle a atteint 81.000 adultes en 2010, accompagnés de 31.000 enfants, soit une hausse de 44% en 11 ans. Une réalité qui doit être encore plus tragique si l’on tient compte des personnes qui ne fréquentent jamais de structures d’accueil ou qui vivent dans des communes de petite taille, qui n’ont pas été prises en compte dans ce rapport.

De plus en plus de femmes
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Les conséquences de la crise en France analysée dans une étude sur 10 ans

L’Insee a étudié sur près de dix ans de nombreuses données afin de permettre d’avoir une vue d’ensemble sur les conséquences de la crise économique. On constate évidemment que le chômage a beaucoup augmenté.

Le revenu des plus modestes a chuté. Autre constat, on remarque une explosion du nombre d’allocataires des minimas sociaux.

Indonésie : La pollution d’un fleuve est une aubaine pour ses habitants (Addendum vidéo)

Addendum du 13/10/2014 : Le fleuve poubelle

En Indonésie, le Citarum est un fleuve long de 300 kilomètres. Aussi connu sous le nom de “rivière indigo” et autrefois réputé pour sa pureté, il est aujourd’hui recouvert d’un tapis d’ordures en putréfaction. Pourtant certains villageois semblent en tirer parti, mais le commerce des déchets laisse peu de place à l’écologie.
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Visite guidée de la nouvelle Athènes

Le président de la Commission José Manuel Barroso estime que les « sacrifices » du peuple grec lui « ouvrent les portes d’un meilleur avenir ». Un avenir apparemment très lointain…

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Préhistoire

2007. Pour dénoncer l’apparition d’une génération contrainte de se débrouiller avec 700 euros par mois, de jeunes diplômés lancent un mouvement baptisé G700. Quelques années plus tard, l’inacceptable d’hier fait rêver, et l’organisation annonce son autodissolution :

« Depuis la création du mouvement, les destinées des protagonistes du G700 ont été bouleversées. (…) Ce que nous appelions le “palier des 700 euros”, et que nous avions identifié comme une référence sociale, a été enfoncé par les événements. (…) Pour ceux qui continuent à participer à nos activités, 700 euros par mois constituent désormais une somme prodigieuse. » Fini l’exigence de « dignité » : « Notre quête personnelle se résume aujourd’hui à la survie » (1).

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Congo : Les enfants du diable

Dans l’Est du Congo, des centaines d’enfants travaillent dans les mines de diamants, où ils recherchent la pierre qui pourra les arracher à la misère. Beaucoup d’entre eux ont été rejetés par leurs parents, qui les accusent d’être possédés par des esprits malins, ils se retrouvent à la rue.

Autrefois, cela ne concernait que les enfants handicapés, prématurés ou albinos. Aujourd’hui, n’importe quel enfant peut être un «sorcier». Vivant dans le rejet et la peur des autres habitants, ils sont souvent opprimés, chassés, voir traqués. Pour survivre, la solution qui s’offre à eux réside dans la recherche de diamants.

Ces enfants risquent tous les jours leurs vies pour travailler dans les mines, généralement pour un salaire de misère. Un documentaire qui met en lumière la misère de ces enfants exploités, premières victimes de ce marché illégal qui détruit peu à peu cette région.

Paris : D’anciens SDF sollicités pour être guides touristiques

Ils connaissent la rue mieux que personne. Une association propose à d’anciens SDF de devenir guides touristiques en attendant de décrocher un autre emploi. Vincent, un ancien comptable de 39 ans, enchaîne les anecdotes face à une douzaine de touristes. Difficile à croire, quand on sait qu’il a dormi pendant un an et demi dans les bois aux portes de Paris, devenu SDF après une dépression.

Je me suis dit : ‘C’est ou bien je me jette dans la Seine, ou bien je trouve une solution’“, témoigne-t-il en marge de la visite entre Ménilmontant et Belleville. Vincent gagne aujourd’hui dix euros de l’heure. En septembre, il reprendra ses études. Cinq autres anciens SDF doivent le remplacer.

« Août secours alimentaire » lance un appel aux dons et aux bénévoles

Comme chaque été, les associations d’aide aux plus démunis vont cesser leurs distributions au mois d’août pour un mois. Et comme d’habitude, Août Secours Alimentaire prend le relais. Mais cette année, l’association manque de fonds. Il lui manque 180.000 euros pour faire face à l’augmentation des demandes.

Dans son dernier ouvrage annuel sur les revenus et le patrimoine des ménages, l’Insee montre que le niveau de vie des Français stagne et que la pauvreté gagne du terrain. Dans la nouvelle carte de la pauvreté en France, le Nord ou la banlieue parisienne sont très représentées. Le Pas-de-Calais compte toujours 49 communes sur les 700 les plus pauvres, le Nord 46 et la région Ile-de-France plus de 150.

Avec 700 euros de retraite par mois, la moindre boîte de conserve devient un luxe pour Ahmid Baouz, qui vit à Paris. Idem pour Nora Bensalah, dont la retraite s’élève à 800 euros par mois.

Visages de la pauvreté rurale : « Ils essaient de survivre par leurs propres moyens »

A Maupas et à Vic-Fezensac, les bénévoles de la Croix-Rouge sillonnent la campagne du Gers à bord d’un bus pour ceux qui n’ont rien et demandent peu. Ils croisent les visages de la pauvreté rurale, accompagnés de handicaps, de tutelles, ou de maladies mal soignées.

« Ils ne se rendent pas compte… Je ne suis pas raciste, mais faut qu’ils nous aident plus, les Français… »

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Brésil : Grèves et manifestations contre la vie chère

Le Brésil fait face à un mécontentement social accru à l’approche de la Coupe du monde de football. La ville de Sao Paulo est le théâtre de nombreuses manifestations depuis plusieurs semaines. Dans le collimateur des manifestants: la vie chère et les importantes sommes dépensées pour l’organisation du Mondial.

La mégapole doit accueillir le match d’ouverture Brésil-Croatie le 12 juin. Aux abords du stade, quelque 400 policiers militaires à la retraite ont manifesté, mercredi 4 juin, pour de meilleures pensions et salaires. Ils ont été rejoints par 12 000 militants du Mouvement des travailleurs sans toit qui, eux, exigent la construction de logements sociaux.

A une semaine du coup d’envoi de la compétition, une partie des employés du métro de la ville ont entamé, jeudi, une grève illimitée pour appuyer des revendications salariales, causant des perturbations sur trois des cinq lignes de la métropole brésilienne.

Ils demandent une hausse de salaire de 16,5%. La grève a été votée après des négociations qui ont échoué. Elle touchera quelque 4,5 millions d’usagers dans cette agglomération de 20 millions d’habitants.

Grèce : Bousculade lors d’une distribution de nourriture gratuite à Athènes

Des centaines de Grecs se sont poussés et se sont invectivés lors d’une distribution gratuite de légumes et de poisson par des vendeurs, mercredi 30 avril, dans un marché d’Athènes.

Maria, une retraitée de 85 ans, venue chercher un panier de salades et de poissons, interpelle la caméra. Elle se demande comment faire avec une pension rognée à 500 euros par mois.

Mais cette scène n’est pas rare à Athènes, la capitale. De nombreux marchands et agriculteurs effectuent ce genre de distribution après la crise économique.

La Grèce a été contrainte de réduire les salaires et les retraites, une exigence des bailleurs de fonds de l’Union européenne et du Fonds monétaire international pour éviter la faillite du pays.

L’autre zoo de Vincennes

La prison animale – le parc zoologique – du bois de Vincennes est à nouveau ouverte au public, qui peut, nous assure-t-on, apprécier l’”environnement naturel” des détenus reconstitué le plus fidèlement possible ; non loin de là, et du centre de rétention administrative, le public pourra apercevoir un autre “zoo”, la “zone” où se concentrent les cabanes et tentes de sans abri, victimes, eux, de l’”environnement économique“. Le photo-journaliste Stéphane Remael les a rencontrés.

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Pays émergents : La nouvelle classe moyenne menacée de pauvreté

Près d’un milliard de personnes dans les pays en voie de développement courent à nouveau le risque d’être exclus de la classe moyenne naissante. Cela ressort d’une analyse du journal britannique Financial Times.

Cette constatation fait naître des questions sur le caractère durable de la diminution de la pauvreté ces 30 dernières années.L’inégalité croissante et le ralentissement mondial de la croissance économique créent en outre des problèmes pour des entreprises qui ont lourdement investi dans des marchés émergents.

On craint surtout l’impact d’une croissance ralentie sur la disparition d’une grande classe moyenne dans des pays comme la Chine et l’Inde qui ont dû supporter l’économie mondiale du 21e siècle.

Le Fonds Monétaire International a mis en garde auparavant contre une longue période de développement économique limité, alors que la Banque Mondiale a aussi annoncé que la croissance des économies émergentes pourrait retomber vu les évolutions avant l’éclatement de la crise financière mondiale il y a 6 ans.

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Il n’y a que dans deux pays de l’OCDE que l’on souffre plus de la faim qu’aux Etats-Unis

La vie n’est pas si mauvaise en Europe, parce que même si au sein de l’UE, le nombre de personnes qui n’ont pas assez d’argent pour acheter toute la nourriture dont elles auraient besoin a fortement augmenté depuis 2007, suite à la crise financière, c’est aux Etats-Unis que la situation s’est le plus détériorée.

L’agence de presse Bloomberg a repris des données de l’OCDE pour les combiner dans le graphique ci-dessous.

Il montre qu’il existe une population de gens qui ne peuvent se permettre d’acheter de la nourriture dans tous les pays d’Europe, et qu’elle représente 4,6% de la population totale en Allemagne, 9% de celle de la Belgique, et jusqu’à 30,1% de la population hongroise.

En Grèce, la proportion de personnes qui ne peuvent se permettre de s’acheter toute la nourriture dont elles auraient besoin a doublé, passant de 8,9% en 2007, à près de 18% aujourd’hui.

Mais dans la plus grande puissance économique mondiale, les États-Unis, 21,1% de la population ne gagnent pas suffisamment d’argent pour pouvoir se permettre d’acheter toute la nourriture dont ils auraient besoin. Au sein de l’OCDE, seules la Hongrie et l’Estonie font pire.

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Italie : La pauvreté à des niveaux records

La pauvreté n’a jamais été aussi répandue en Italie depuis au moins 1997, montre un rapport sur la cohésion sociale publié lundi par l’institut de la statistique, Istat. Selon ces données, la pauvreté, définie pour une famille avec deux enfants par des revenus mensuels égaux ou inférieurs à 991 euros, concernait 12,7% des familles italiennes en 2012. Un tel niveau n’avait jamais été atteint depuis la création de cet indice en 1997.

Le nord comme le sud de l’Italie sont concernés par cette aggravation, liée à la crise économique entraînant une hausse du chômage et une baisse des revenus. De 2011 à 2012, le taux de pauvreté est passé de 4,9% à 6,2% dans le nord et de 23,3% à 26,2% dans le sud.

Ce rapport peint un tableau particulièrement sombre de la situation économique et sociale de l’Italie, frappée par sa pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale.

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A l’ombre des campagnes en fleurs, la misère progresse

Souvent délaissées par les médias, les campagnes françaises font état d’une réalité douloureuse, probablement éloignée des croyances populaires. Également fortement marquées par la crise économique, elles connaissent les mêmes enjeux de société que les villes, sans nécessairement recevoir l’attention nécessaire pour y faire face.

A cet égard, la toxicomanie a progressé sans qu’aucune véritable politique de santé publique n’ait été mise en place pour enrayer cette tendance.

Les « oubliés de nos campagnes »

Les clichés de l’exposition « Oubliés de nos campagnes », qui s’est tenue quai de Valmy à Paris jusqu’au 1er décembre dernier, sont saisissants. Les sujets habitent la France rurale, éloignée des grandes villes, des emplois, et deux yeux du monde.

Précaires, démunis, abîmés, alcooliques, drogués, chômeurs, laissés pour compte: les qualificatifs ne manquent pas pour décrire leur vie et peuvent même se cumuler les uns aux autres. Sans ressource, sans espoir, désœuvrés, ils sont nombreux à sombrer dans les dépendances pour oublier leur quotidien.

Isabelle, 52 ans, mère de trois enfants, est alcoolique depuis qu’elle a 17 ans, multiplie les tentatives de suicide, et se coupe peu à peu des fils et de sa fille dont elle ne parvient pas à s’occuper correctement. Matthieu, 27 ans, couvreur de formation, est toxicomane depuis 10 ans.

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Bangladesh : Cuir Toxic

Situé à la périphérie de Dhaka, la capitale du Bangladesh, Hazaribag est un bidonville géant où vivent et travaillent plus d’un million de personnes, forçats des tanneries bangladaises.

Recensé parmi les trente sites les plus pollués de la planète, l’air, la terre et l’eau y sont gangrenés et regorgent de substances toxiques comme le chrome hexavalent, le mercure ou encore le cyanure.

La survie de ces hommes, femmes et enfants est menacée mais aussi dépendante de la consommation compulsive de l’Occident et de l’Asie.

Grande Bretagne: Bébé Cambridge et les autres

Tandis que la plupart des médias britanniques sont inondés de nouvelles du premier né de Kate et William, duc et duchesse de Cambridge, une partie de la presse a choisi de s’abstenir, ou d’évoquer le sort des autres bambins du Royaume-Uni.

A l’instar du site du quotidien The Guardian qui depuis lundi propose deux versions de la page d’accueil de son site internet (avec avalanche d’infos sur la noble progéniture ou sans, pour les républicains), la presse britannique est assez tranchée dans sa couverture de la naissance du royal baby.

Si la plupart des sites britanniques couvrent à foison la naissance de l’enfant de la duchesse de Cambridge, plusieurs d’entre eux ont choisi d’ignorer l’événement. Rien sur le site de l’hebdomadaire The Economist, rien non plus sur celui de The Irish News. Service minimum pour The Scotsman qui se contente d’annoncer brièvement la naissance, ou l’Irish Times dont un article confesse toutefois que “certains d’entre nous ne sont pas trop fiers de dire que nous avons immensément apprécié” l’événement.

Deux autres journaux britanniques ont profité de l’occasion pour rappeler que l’enfant royal aura le bonheur de ne pas partager le sort du tiers des quelque 2000 enfants qui naissent chaque jour au Royaume-Uni.

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Exclusivité Fortune – États-Unis : La pauvreté montre majoritairement un visage blanc

Traduction exclusive d’un article du Daily Mail publié le 28 juillet. L’intégralité de cette traduction a été réalisée par nos lecteurs: France Forever, Petokask, wisewhite et Yarr. Tous nos remerciements pour leur excellent et très rapide travail.

Certaines zones rurales ont des taux de pauvreté avoisinant les 99% La pauvreté chez les Blancs est en augmentation. 63% des Blancs pensent que le niveau économique dans lequel ils vivent est “faible”. Aux alentours de 2030, près de 85% de toute la population en âge de travailler aux États-Unis vivra l’insécurité économique sous un aspect ou un autre.

Quatre adultes américains sur cinq font face au chômage, à la précarité ou comptent sur les aides sociales pour les dernières parties de leurs vies, c’est le signe de la détérioration de la sécurité économique et de l’érosion du “Rêve Américain”.

Les difficultés de vie augmentent particulièrement chez les Blancs, c’est ce qu’établissent plusieurs indicateurs. Le pessimisme au sein de ce groupe racial à propos de l’avenir économique de leurs familles a grimpé à son plus haut depuis 1987.

Ce sondage exclusif de The Associated Press pointe une économie américaine en état de mondialisation permanente, un fossé qui se creuse entre les riches et les pauvres, et la disparition des emplois manufacturiers bien rémunérés comme causes à cette tendance générale.
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Serge Latouche : “La décroissance permet de s’affranchir de l’impérialisme économique”

Entretien avec Serge Latouche, professeur émérite d’économie et un des principaux inspirateurs du mouvement de la décroissance. Il retrace ici les racines de la décroissance, entre Club de Rome, Yvan Illich et André Gorz.

Quelle est votre définition de la décroissance ?

C’est très difficile de définir la décroissance car je considère que ce n’est pas un concept, c’est une bannière, un drapeau. Pour moi, c’est un mot d’ordre qui permet de rallier les objecteurs de croissance. C’est aussi un horizon de sens vers lequel chacun chemine comme il l’entend.

La décroissance permet surtout de s’affranchir de la chape de plomb de l’impérialisme économique pour recréer la diversité détruite par l’occidentalisation du monde. Elle n’est pas à proprement parler une alternative, mais plutôt une matrice d’alternatives: on ne va pas construire une société décroissance de la même façon au Chiapas et au Texas, en Amérique du Sud et en Afrique… Il y a des histoires et des valeurs différentes.

Avec la décroissance, on n’est plus dans l’intérêt, l’égoïsme, le calcul, la destruction de la nature, dont l’homme serait maître et possesseur, ce qui définit le paradigme occidental. On veut vivre en harmonie avec elle et, par conséquent, retrouver beaucoup de valeurs des sociétés traditionnelles. On sort aussi de la vision « économiciste » de la richesse, de la pauvreté, de la rareté.
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Grande-Bretagne : Les Blancs pauvres, une minorité ethnique

Vingt ans après une première étude sur les résultats scolaires des enfants pauvres dans le système éducatif, le dernier rapport du Bureau de l’inspection de l’Éducation nationale britannique (Ofsted), intitulé « Unseen Children » Enfants invisibles »), jette à nouveau un pavé dans la mare. Aujourd’hui, et contrairement aux années 80-90, les enfants pauvres des grandes villes, majoritairement issus des minorités ethniques, s’en tirent de mieux en mieux.

Les écoles du grand Londres, de Birmingham, de Manchester ou de Liverpool ne les abandonnent plus à leur sort et les investissements des trente dernières années portent leurs fruits. En revanche, les enfants pauvres des zones rurales et littorales de l’est et du sud-est de l’Angleterre, ceux de la white working class, fréquentant souvent des écoles où dominent les classes bourgeoises, sont sur la touche, avec un personnel enseignant qui semble indifférent.

Michael Wilshaw, directeur de l’Ofsted, les appelle « la minorité invisible des beaux quartiers ». Invisible, car blanche, mais pourtant défavorisée. Il préconise la manière forte : parachuter des « superprofs » dans ces écoles parfois huppées mais délaissant leurs élèves blancs et pauvres. Il a agité la menace d’inspections en rafale.

En janvier, c’est le ministre de l’Enseignement supérieur, David Willetts, qui a tiré la sonnette d’alarme, demandant qu’une discrimination se fasse à l’entrée de l’université en faveur des mâles blancs d’origine modeste et affirmant que ceux-ci ont leur place aux côtés des minorités ethniques et d’autres minorités dites désavantagées.

Faute de statistiques ethniques, il n’aurait pas été possible de réaliser une telle étude en France. A cela, on répondra aussi que le fait de fonder une politique sociale non sur l’origine ethnique mais sur le niveau de pauvreté, évite, ici pour le moment, ce type de disparités.

Marianne

(Merci à Suria)

L’austérité consacre le pouvoir des rentiers

Par Roberto Fiorini

L’austérité est une erreur économique qui conduit à des catastrophes sociales. Elle n’arrange rien et aggravera tout. En Espagne, le taux de chômage des jeunes est à 55 %, mais l’Espagne devra quand même trouver 100 milliards € d’économies sur 3 ans. Cela passera par des hausses de TVA (qui freineront la consommation), des hausses de prix sur le tabac et l’électricité, une fiscalité accrue sur les hydrocarbures (comme celle qui se prépare en France), avec l’inéluctable cortège de rabotage des services publics (toutes ces mesures impactant le pouvoir d’achat).


Illustration issue de la “Monographie du rentier” d’Honoré de Balzac

Pour ceux qui sont licenciés, ou le seront sous peu, on envisage la baisse des indemnités chômages, la réduction des indemnités de licenciements, et la facilitation des procédures de licenciements… En Grèce, des cortèges de mesures identiques ont empiré la situation: la dette sur PIB est passée de 112 % en 2008 à 180 % en 2012, le chômage a été doublé, tout comme les suicides!

L’économie s’enlise dans la récession, avec un PIB qui recule de 7 %. Beau bilan pour les élites qui voulaient faire baisser l’endettement du pays ! Une situation qui pourrait aboutir à des conséquences similaires se met en place en France (voir l’article intitulé «Le PS fera baisser les salaires à la rentrée»).

Derrière les pourcentages d’économies, des gens meurent
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Grèce : Quand des parents abandonnent leurs enfants pour qu’ils puissent manger

Des vies et des familles brisées, voilà la réalité vécue par de nombreux Grecs car la crise économique a des conséquences de plus en plus dramatiques sur leur quotidien. Certains parents se voient dans l’obligation d’abandonner leurs enfants dans des orphelinats afin que ceux-ci puissent manger à leur faim.

“Saturne dévorant un de ses fils” (Pierre Paul Rubens)

Un bâtiment en briques rouges dans une banlieue riche d’Athènes. Ce foyer accueille des enfants qui ne sont pourtant pas orphelins. Ils sont les victimes oubliées de la crise de l’euro, certainement ceux qui payent le plus lourd fardeau, déposés là par leurs parents qui ne parviennent plus à les nourrir. Ils sont des dizaines dans le même cas, placés dans des orphelinats pour des raisons économiques.

D’après cet organisme de bienfaisance, 80 des 100 enfants qui sont logés et nourris y ont été déposés parce que leurs familles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins faute de travail. Du coup, la seule solution qui s’offre à eux est de déposer leur progéniture aux organismes de bienfaisance, le coeur brisé, mais l’estomac rempli.

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Brésil : Violentes manifestations dans tout le pays contre l’austérité (Màj Vidéo)

Addendum du 19/06/2013 : Les raisons de la colère (Vidéo censurée par Youtube)

 Des centaines de milliers de Brésiliens manifestaient lundi à Rio et Sao Paulo et dans la plupart des grandes villes du Brésil pour protester contre la hausse des prix des transports publics et le coût du Mondial-2014, en pleine Coupe des Confédérations de football.

L’assemblée prise d’assaut par les manifestants

Reportage BFM TV
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États-Unis : Détroit, société post-industrielle et décroissance forcée

Par Sophie Chapelle

La ville de Détroit, symbole du capitalisme et de l’industrie automobile, n’est plus que l’ombre d’elle-même. En cinq ans, ses habitants ont subi une brutale décroissance forcée : un taux de chômage exorbitant, un exode urbain sans précédent, des services publics délabrés. Pourtant, derrière les scènes de désolation, une société post-industrielle est en train de naître, grâce à l’expansion d’une agriculture urbaine et à l’émergence de solidarités de quartier. Basta ! a rencontré celles et ceux qui bâtissent une nouvelle cité sur les ruines de la Babylone déchue.

Des trottoirs et des parkings vides longent les vastes avenues. Une enfilade de magasins aux rideaux baissés quadrille le centre-ville de Détroit, berceau de l’industrie automobile américaine. Les banderoles « à vendre » et « à louer » se succèdent sur les façades des bâtiments. 80.000 logements seraient abandonnés, soit près de un sur cinq. Avec ses maisons saccagées, brûlées ou envahies par la végétation, « Motor City » donne l’impression d’une ville fantôme. Symbole de cette déroute, Détroit vient d’être mis sous la tutelle d’un « coordinateur d’urgence » pour au moins un an.

« Pendant les soixante-dix dernières années, les habitants de Détroit ont cru à tort que leurs vies étaient liées à General Motors, Ford et Chrysler, explique Maureen Taylor, militante depuis des années dans la lutte contre la pauvreté. Ils nous ont mis dans la tête que ce qui était bon pour eux était bon pour nous. Il nous fallait donc cesser de marcher et conduire des voitures. Et si nous n’aimions plus cette voiture, nous en achetions une autre. Cela a duré pendant des décennies mais aujourd’hui, c’est fini ».

Tournant le regard vers les rues désertes de Détroit, Maureen conte le quotidien de ses habitants les plus touchés par la crise. Des gens mourant de froid sur les trottoirs, des enfants retrouvés morts dans les maisons incendiées, un système de soin de santé inaccessible pour les bas-revenus, « un monde de fous » résume t-elle.

Exode urbain
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Cinéma : L’âge de son retour

Tony, la quarantaine, travaille dans une usine de fabrication de chaussures. Sa femme Sophie cultive un petit jardin et fait quelques baby-sittings. Depuis que le couple est en surendettement, ils habitent un mobil home dans un camping. Alors que le budget est serré, que chaque dépense représente une angoisse, Rémi, leur fils de 17 ans, revient vivre avec ses parents…

Portugal : Des milliers de manifestants réclament la démission du gouvernement (Vidéo)

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Lisbonne, près du palais présidentiel, pour réclamer la démission du gouvernement dont la politique d’austérité, exigée par les créanciers du pays, a considérablement aggravé la récession et le chômage.

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États-Unis : Les pauvres et la dictature des marchés

Pour écrire notre livre Days of Destruction, Days of Revolt (Jours de destruction, jours de révolte), Joe Sacco et moi avons passé deux ans à enquêter sur les endroits les plus pauvres des États-Unis. Nous sommes allés dans les “misérables zones sacrifiées” de notre pays – les premiers endroits obligés de s’agenouiller devant la dictature des marchés – pour montrer ce qui arrive quand le capitalisme dérégulé et l’expansion économique illimitée s’en donnent à cœur joie.

Nous voulions montrer les conséquences de l’exploitation sans foi ni loi des multinationales sur les familles, les communauté et la nature. Nous voulions pourfendre l’idéologie régnante du mondialisme et du laissez-faire capitaliste en montrant ce que devient la vie quand les êtres humains et l’écosystème ne sont plus que des marchandises à exploiter jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien ni personne.

Et nous avons voulu mettre en lumière l’impuissance des institutions libérales et gouvernementales officielles autrefois capables de diriger mais qui n’ont plus aujourd’hui assez de pouvoir pour contrecarrer l’assaut des multinationales.

Ce qui s’est passé dans ces zones sacrifiées – les villes post-industrielles comme Camden, N.J., et Detroit, les mines de charbon de l’ouest de la Virginie où les compagnies minières ont fait exploser le sommet des montagnes, les réserves indiennes où le projet dément de l’expansion et l’exploitation économiques sans fin a causé ses premiers dégâts et la culture intensive où les travailleurs sont traités quasiment comme des esclaves – est en train se propager au reste du pays. Ces zones sacrifiées sont tombées les premières. C’est maintenant notre tour.
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” Fins de Droits ” : Portraits de chômeurs de longue durée

Rencontre de quelques hommes et femmes qui témoignent de leur vie de chômeurs de longue durée. Du parcours de combattant, aussi, que leur imposent au quotidien la précarité et des revenus inférieurs au seuil de pauvreté.

Volontaire, Christian n’a jamais baissé les bras. Maître d’hôtel il y a dix ans encore, il a exercé dans plusieurs grands établissements de la côte méditerranéenne avant d’être privé d’emploi. « Te retrouver au chômage alors que tu as toujours travaillé, c’est affreux, souligne-t-il. Surtout quand, pour avoir des colis alimentaires ou payer des factures, tu dois aller frapper aux portes du Secours catholique ou du Secours populaire, de la Banque alimentaire ou des Restos du cœur. C’est dur, très, très dur. Après, tu t’y habitues malheureusement, c’est triste à dire. »

Comme le souligne le psychothérapeute Marc Jourdan: « On dit que dans l’économie telle qu’elle est construite il faut un volant de personnes qui ne travaillent pas pour que le reste travaille. (…) Si on met les gens de côté parce qu’ils ne sont pas dans la norme, il faudrait quand même pouvoir leur donner une place où ils puissent créer leur vie, créer quelque chose pour la société : sans cela on tue. »


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L’Europe est-elle aussi responsables des ouvriers bangladais ?

La mort de plus de 400 personnes dans une usine textile au Bangladesh révèle une fois de plus les conditions déplorables dans lesquelles les entreprises occidentales font fabriquer les vêtements. L’UE a raison d’exercer des pressions sur les autorités locales, mais elle devrait aussi regarder ce qui se passe dans d’autres pays.

C’est une catastrophe dont l’ampleur augmente chaque jour. Il s’agit de l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza, dans la ville de Savar au Bangladesh, qui a coûté la vie à au moins 400 personnes d’après les dernières informations [on en dénombre actuellement 500]. Le compteur s’est mis en marche il y a plus d’une semaine avec 87 morts et 1.000 blessés. Un autre chiffre circule désormais et il ne présage rien de bon, c’est celui des disparus : il serait de 1.000, même si certains sont peut-être comptés deux fois.

Le complexe de huit étages, dont trois auraient été ajoutés illégalement, abritait entre autres une usine textile. Des ouvriers avaient signalé à leur patron des fissures dans les murs, mais ce dernier les a obligés à venir au travail, en les menaçant de retenir une pénalité sur leur maigre salaire.

Les importateurs, en partie responsables
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