Brésil : Violentes manifestations dans tout le pays contre l’austérité

Des centaines de milliers de Brésiliens manifestaient lundi à Rio et Sao Paulo et dans la plupart des grandes villes du Brésil pour protester contre la hausse des prix des transports publics et le coût du Mondial-2014, en pleine Coupe des Confédérations de football.

L’assemblée prise d’assaut par les manifestants

Reportage BFM TV
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États-Unis : Détroit, société post-industrielle et décroissance forcée

Par Sophie Chapelle

La ville de Détroit, symbole du capitalisme et de l’industrie automobile, n’est plus que l’ombre d’elle-même. En cinq ans, ses habitants ont subi une brutale décroissance forcée : un taux de chômage exorbitant, un exode urbain sans précédent, des services publics délabrés. Pourtant, derrière les scènes de désolation, une société post-industrielle est en train de naître, grâce à l’expansion d’une agriculture urbaine et à l’émergence de solidarités de quartier. Basta ! a rencontré celles et ceux qui bâtissent une nouvelle cité sur les ruines de la Babylone déchue.

Des trottoirs et des parkings vides longent les vastes avenues. Une enfilade de magasins aux rideaux baissés quadrille le centre-ville de Détroit, berceau de l’industrie automobile américaine. Les banderoles « à vendre » et « à louer » se succèdent sur les façades des bâtiments. 80.000 logements seraient abandonnés, soit près de un sur cinq. Avec ses maisons saccagées, brûlées ou envahies par la végétation, « Motor City » donne l’impression d’une ville fantôme. Symbole de cette déroute, Détroit vient d’être mis sous la tutelle d’un « coordinateur d’urgence » pour au moins un an.

« Pendant les soixante-dix dernières années, les habitants de Détroit ont cru à tort que leurs vies étaient liées à General Motors, Ford et Chrysler, explique Maureen Taylor, militante depuis des années dans la lutte contre la pauvreté. Ils nous ont mis dans la tête que ce qui était bon pour eux était bon pour nous. Il nous fallait donc cesser de marcher et conduire des voitures. Et si nous n’aimions plus cette voiture, nous en achetions une autre. Cela a duré pendant des décennies mais aujourd’hui, c’est fini ».

Tournant le regard vers les rues désertes de Détroit, Maureen conte le quotidien de ses habitants les plus touchés par la crise. Des gens mourant de froid sur les trottoirs, des enfants retrouvés morts dans les maisons incendiées, un système de soin de santé inaccessible pour les bas-revenus, « un monde de fous » résume t-elle.

Exode urbain
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Cinéma : L’âge de son retour

Tony, la quarantaine, travaille dans une usine de fabrication de chaussures. Sa femme Sophie cultive un petit jardin et fait quelques baby-sittings. Depuis que le couple est en surendettement, ils habitent un mobil home dans un camping. Alors que le budget est serré, que chaque dépense représente une angoisse, Rémi, leur fils de 17 ans, revient vivre avec ses parents…

Portugal : Des milliers de manifestants réclament la démission du gouvernement (Vidéo)

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Lisbonne, près du palais présidentiel, pour réclamer la démission du gouvernement dont la politique d’austérité, exigée par les créanciers du pays, a considérablement aggravé la récession et le chômage.

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États-Unis : Les pauvres et la dictature des marchés

Pour écrire notre livre Days of Destruction, Days of Revolt (Jours de destruction, jours de révolte), Joe Sacco et moi avons passé deux ans à enquêter sur les endroits les plus pauvres des États-Unis. Nous sommes allés dans les “misérables zones sacrifiées” de notre pays – les premiers endroits obligés de s’agenouiller devant la dictature des marchés – pour montrer ce qui arrive quand le capitalisme dérégulé et l’expansion économique illimitée s’en donnent à cœur joie.

Nous voulions montrer les conséquences de l’exploitation sans foi ni loi des multinationales sur les familles, les communauté et la nature. Nous voulions pourfendre l’idéologie régnante du mondialisme et du laissez-faire capitaliste en montrant ce que devient la vie quand les êtres humains et l’écosystème ne sont plus que des marchandises à exploiter jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien ni personne.

Et nous avons voulu mettre en lumière l’impuissance des institutions libérales et gouvernementales officielles autrefois capables de diriger mais qui n’ont plus aujourd’hui assez de pouvoir pour contrecarrer l’assaut des multinationales.

Ce qui s’est passé dans ces zones sacrifiées – les villes post-industrielles comme Camden, N.J., et Detroit, les mines de charbon de l’ouest de la Virginie où les compagnies minières ont fait exploser le sommet des montagnes, les réserves indiennes où le projet dément de l’expansion et l’exploitation économiques sans fin a causé ses premiers dégâts et la culture intensive où les travailleurs sont traités quasiment comme des esclaves – est en train se propager au reste du pays. Ces zones sacrifiées sont tombées les premières. C’est maintenant notre tour.
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” Fins de Droits ” : Portraits de chômeurs de longue durée

Rencontre de quelques hommes et femmes qui témoignent de leur vie de chômeurs de longue durée. Du parcours de combattant, aussi, que leur imposent au quotidien la précarité et des revenus inférieurs au seuil de pauvreté.

Volontaire, Christian n’a jamais baissé les bras. Maître d’hôtel il y a dix ans encore, il a exercé dans plusieurs grands établissements de la côte méditerranéenne avant d’être privé d’emploi. « Te retrouver au chômage alors que tu as toujours travaillé, c’est affreux, souligne-t-il. Surtout quand, pour avoir des colis alimentaires ou payer des factures, tu dois aller frapper aux portes du Secours catholique ou du Secours populaire, de la Banque alimentaire ou des Restos du cœur. C’est dur, très, très dur. Après, tu t’y habitues malheureusement, c’est triste à dire. »

Comme le souligne le psychothérapeute Marc Jourdan: « On dit que dans l’économie telle qu’elle est construite il faut un volant de personnes qui ne travaillent pas pour que le reste travaille. (…) Si on met les gens de côté parce qu’ils ne sont pas dans la norme, il faudrait quand même pouvoir leur donner une place où ils puissent créer leur vie, créer quelque chose pour la société : sans cela on tue. »


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L’Europe est-elle aussi responsables des ouvriers bangladais ?

La mort de plus de 400 personnes dans une usine textile au Bangladesh révèle une fois de plus les conditions déplorables dans lesquelles les entreprises occidentales font fabriquer les vêtements. L’UE a raison d’exercer des pressions sur les autorités locales, mais elle devrait aussi regarder ce qui se passe dans d’autres pays.

C’est une catastrophe dont l’ampleur augmente chaque jour. Il s’agit de l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza, dans la ville de Savar au Bangladesh, qui a coûté la vie à au moins 400 personnes d’après les dernières informations [on en dénombre actuellement 500]. Le compteur s’est mis en marche il y a plus d’une semaine avec 87 morts et 1.000 blessés. Un autre chiffre circule désormais et il ne présage rien de bon, c’est celui des disparus : il serait de 1.000, même si certains sont peut-être comptés deux fois.

Le complexe de huit étages, dont trois auraient été ajoutés illégalement, abritait entre autres une usine textile. Des ouvriers avaient signalé à leur patron des fissures dans les murs, mais ce dernier les a obligés à venir au travail, en les menaçant de retenir une pénalité sur leur maigre salaire.

Les importateurs, en partie responsables
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France : L’exil forcé des jeunes italiens

Ils portent un regard acerbe, attristé mais fier sur la situation de leur pays, un jugement dur mais compatissant sur leurs compatriotes. Venus en France pour étudier ou pour trouver du travail, ils restent ici à défaut de pouvoir construire une vie dans un pays qu’ils chérissent presque autant qu’ils en détestent le système politique.

Sally, Paolo, Tania, Matteo et Luca ont tous moins de 30 ans et vivent à Paris. Ils sont nés dans des régions, des familles différentes, mais partagent un destin : celui de l’expatriation. Ils nous racontent leur vision de l’Italie et de sa politique, l’amour aigre-doux qu’ils vouent à leur pays.

Paolo en costume cravate se roule une cigarette en attendant d’aller jouer au foot avec ses amis. Né et grandi à Parme dans le nord de l’Italie il vient d’une famille industrielle qui aime se dire qu’elle a mérité son destin.

Être ici depuis cinq ans, d’abord pour les études, puis maintenant pour son premier travail, ne l’empêche pas de s’intéresser de près à la politique italienne. Il rend grâce à Beppe Grillo, l’ex comique et leader du M5S (Mouvement Cinq étoiles) qui a raflé 25% des sièges lors des récentes élections législatives italiennes, d’avoir enfin osé critiquer la corruption de la gauche.

« On dit toujours que Berlusconi a volé. Mais tout le monde a volé. Le Parti Démocratique (parti socialiste italien) aussi. Et le M5S dénonce ça. Ce qui ne plaît pas aux dirigeants actuels ».

« L’Italie est en train de se planter mais ça me concerne pas. J’ai bien fait de partir avant », assène-t-il.
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Espagne : Les citoyens meurent à crédit pour leurs banques

D’après une étude de la Plateforme des victimes de crédits hypothécaires (PAH), une association citoyenne, plus de 362.000 foyers espagnols ont été victimes de saisies immobilières depuis 2008, , entraînant dans plusieurs cas des suicides… Le gouvernement, en connivence avec les banques, refuse de modifier une loi sur les hypothèques obsolète et inhumaine.

Cette loi permet au créancier, les banques, de gagner sur tous les tableaux et de s’enrichir sur la misère. Pendant que le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, lisait son discours sur l’état de la Nation, le 20 février dernier, une femme s’immolait par le feu dans une succursale bancaire de Castelló (région de Valence). Brûlée à 50%, elle serait une victime de plus des cas des saisies immobilières qui se multiplient dans le pays.

En Espagne, toute personne se retrouvant en défaut de rembourser son crédit immobilier, perd non seulement sa maison mais est condamnée à rembourser le reste du prêt concédé par la banque, prêt qui ne fait qu’augmenter avec les taux d’intérêt variables et les pénalités pour retard de paiement. L’issue est parfois fatale… Depuis l’été dernier, une quinzaine de personnes se sont défenestrées le jour où elles allaient être expulsées de leur domicile.

Pas un mot, pourtant, du chef du gouvernement sur ce sujet dans son discours. Sauf lorsque les députés de la gauche plurielle (minoritaires) ont insisté sur la nécessité de réformer la loi sur les hypothèques, l’une des plus drastiques et obsolètes d’Europe, datant de 1909. Les mouvements citoyens s’organisent pour freiner les expulsions et changer la loi.
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Musique : “Faut s’oublier”

Paroles de la chanson de Damien Saez :

Entre le marteau et l’enclume
Entre la rue et la fortune
Entre les tristes du trottoir
Entre le vent et l’illusoire
Entre les coups de rang et le ciel
Les tourtereaux les tourterelles
Entre les taxis sur leur terre
Entre tes os et puis ma chair
Entre nos corps et puis nos cœurs
Entre ton rire et puis mes pleurs
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Nantes : Un chômeur “très précaire” s’immole devant Pôle Emploi

Mercredi 13 février, Djamal Chaab, un chômeur en fin de droits, s’est donné la mort devant le Pôle Emploi de Nantes.

L’homme, âgé de 43 ans, se serait aspergé avec un bidon d’eau de javel rempli d’un produit inflammable en descendant du bus. Il aurait alors parcouru une quarantaine de mètres, en flammes, avant d’atteindre Pôle Emploi. Il est décédé sur le parking.

Pauvres de nous (Rediff.)

Historiens et économistes, dont Joseph Stiglitz, lauréat du Nobel d’économie, décrivent les multiples facettes de la misère selon les époques et les régions du monde. Aux temps préhistoriques, l’extrême précarité était le lot commun de tous les chasseurs-cueilleurs tandis qu’au Moyen Âge, elle semble devenir le moteur du système, avec la charité comme seul remède.

La pauvreté serait-elle la conséquence des déprédations et de la colonisation ? L’internationalisation des échanges et l’industrialisation seraient-elles à la racine du mal ? Des séquences d’animation viennent illustrer cette odyssée chronologique. Le film met en scène de multiples personnages plus pauvres les uns que les autres, et nous confronte à la fin à la misère moderne et à son origine principale : les inégalités…

La pauvreté en France, encore et toujours

Un Français sur 7, soit 8,6 millions de personnes vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 964 euros par mois. Par rapport à 2004, cela représente une augmentation de plus d’un million de personnes (2007 : 7,4 millions, +1,2 millions). Et cette pauvreté s’étend.

Entre 2004 et 2010, 800.000 personnes de plus sont passées sous le seuil des 50% du revenu médian de 1600 euros par mois (2004 : 3,9 millions / 2010 : 4,7 millions).

Le taux de pauvreté rappelons -le, atteint les 23% chez les jeunes et plus d’un quart de la population européenne est menacée de pauvreté.

Trafiquants sans limites

La criminalité prend différents visages. À Mayotte, immigration clandestine, délinquance et misère forment un cocktail détonant. Samira Ibrahim invite à embarquer avec les douanes françaises en première ligne pour faire barrage aux nouvelles routes de la drogue.

Témoignage : Être à la rue quand on a 20 ans (Màj vidéo)

Addendum du 11/12/2012 : Un nouveau départ pour André


Paroles de  la chanson “Casse sociale” du groupe Vae-Victis

Ton cas est bien trop banal
Pour qu’on s’intéresse à toi
Tu es né au mauvais endroit
Le tout sur fond de crise sociale
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États-Unis : Où en est la crise sociale ?

Tandis que le président Obama et le Congrès s’apprêtent à retrancher des billions de dollars des programmes sociaux qui empêchent qu’un vaste nombre de personnes ne sombre dans le dénuement le plus complet, la faim et la pauvreté aux États-Unis atteignent des sommets jamais vus depuis des décennies.

Les chiffres sont renversants

Le nombre d’Américains qui reçoit des coupons alimentaires, soit 47,1 millions, a atteint un nouveau record en août de cette année, selon les plus récentes statistiques du département de l’Agriculture. Ce nombre a augmenté d’un million par rapport à l’année dernière et de plus de 50 % depuis octobre 2008, lorsque la statistique s’établissait à 30 millions.

À Washington D.C., la capitale du pays, et dans l’État du Mississippi, plus du cinquième des résidents reçoivent maintenant des coupons alimentaires.

Une personne qui bénéficie des coupons alimentaires reçoit en moyenne l’équivalent de 130 $ par mois, ou environ 4,33 $ par jour, soit moins que le prix d’un café dispendieux dans le bas Manhattan. Néanmoins, un projet de loi qui est maintenant débattu au Sénat américain priverait ce programme de milliards de dollars sur 10 ans, ce qui précipiterait un nombre incalculable d’enfants, de personnes âgées et de malades dans la pauvreté. Quelque 50 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aux États-Unis, par rapport à 36 millions en 2007 ; 17 millions de ceux qui ont faim sont des enfants.
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