L’insaisissable monsieur Leclerc

Il rêvait d’être missionnaire. Le jumelage de son lycée avec un établissement de filles en a décidé autrement. Fils de pub autant que fils d’épicier, Michel-Édouard Leclerc habite au pays où la vie est moins chère.

Brice Lalonde évoque leur compagnonnage en faveur de l’environnement et l’action coup de poing dans les locaux de la Shell, à Paris, lors du naufrage de l’Amoco Cadiz.

Ancien ministre du Commerce de 2005 à 2007, Renaud Dutreil raconte comment le patron des centres Leclerc sait s’abriter derrière la cause du pouvoir d’achat pour faire le siège des politiques et obtenir ce qu’il souhaite. Redoutable et redouté. Derrière le sourire et le tutoiement de rigueur, le rapport de force n’est jamais loin.

Mais l’homme sait aussi se préserver. « Je ne donne pas tout, même si je suis généreux. » Décidément insaisissable.

Michel-Edouard Leclerc : « Je dénonce l’émergence d’un courant pro-inflation »

Le patron des hypermarchés Leclerc, leader du marché hexagonal, moque les élites qui vantent les mérites d’une hausse des prix, alors que le pouvoir d’achat des Français va se dégrader.

Vous avez récemment dénoncé les hausses de tarifs que vous présentent les fournisseurs de l’agro-alimentaire. Ils ont démenti vos chiffres. Qu’en est-il ?

Jean-René Buisson, le président de leur association, l’Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires), n’a pas démenti mes chiffres. Il a dit que « au final, l’impact sera beaucoup plus faible ».

Nous ne sommes qu’au début des négociations. Les hausses qui nous ont été soumises, se situent bien entre 5% et 19%. Elles sont en moyenne de 8,26% dans les rayons alimentaires.

Je répète que Leclerc ne fera de la discrimination positive que sur les seuls produits d’origine agricole. Notre groupement ne s’opposera pas aux hausses de tarifs liés à des accords inter-professionnels ou à des hausses de matières premières. Mais ce sera à deux conditions : la première est qu’une clause stipule une réduction de tarifs en cas de retournement du marché ; la seconde est que cette hausse profite bien aux agriculteurs et non aux seules multinationales. Nous le vérifierons.

Pour autant, fallait-il agiter le chiffon rouge de l’inflation ?

Je veux dénoncer l’émergence d’un courant pro-inflation. Il est porté par les groupes industriels de produits de grande consommation qui réclament des hausses de tarifs. Il est aussi soutenu par les analystes qui y voient une manière de détruire de la dette et de la faire porter par les consommateurs. C’est absolument incroyable de voir combien de banques se risquent à dire qu’on « pourrait aller jusqu’à 5% d’inflation ».

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Michel-Edouard Leclerc : « La crise est devant nous »

Le 26 octobre 2009, Michel-Edouard Leclerc répondait aux questions de Stéphane Soumier dans Good Morning Business (sur BFM Radio). Le président des centres Leclerc est revenu sur la crise, les changements de mode de consommation et sur le pouvoir d’achat des Français.

Stéphane Soumier : est-ce que la crise est derrière nous ?

Non, elle est devant nous. Je ne cherche pas à jouer les pessimistes ou les Cassandre, mais il faut savoir que la crise n’a pas été payée. Il y a eu une bulle financière qui a explosé. Il y a 5000 milliards de dollars qui ont cramé quelque part dans le monde. Cela a été soutenu par les États, par des fonds d’investissement, mais maintenant personne n’en a encore payé le prix. Il faut bien se le dire. La crise financière va maintenant toucher l’économie réelle. Lire la suite