Afrique du Sud : Mercenaires, les soldats perdus de l’apartheid

Ils ont appris à se faire discrets : officiellement, Pretoria interdit le mercenariat. Mais d’anciens militaires formés du temps du régime ségrégationniste vendent encore leurs services au plus offrant.

La vie de Leon Lotz, 59 ans, pouvait-elle se terminer autrement ? Cet ancien militaire sud-africain formé du temps de l’apartheid n’avait jamais véritablement raccroché. À l’âge où certains coulent une retraite paisible, il arpentait encore ces derniers mois les champs de bataille du nord-est du Nigeria. Il a trouvé la mort le 9 mars dans l’État de Borno, fauché par le tir ami d’un char nigérian. Selon sa veuve, Almari, Leon Lotz était sur place “avec des frères d’armes qui [avaient] suivi le même chemin que lui pendant de nombreuses années“.

Ce décès a confirmé la présence d’anciens militaires sud-africains engagés aux côtés de l’armée nigériane dans la guerre contre les islamistes de Boko Haram. La presse sud-africaine l’avait déjà affirmé en janvier, et des photos d’hommes blancs juchés sur des véhicules blindés circulant dans les rues de Maiduguri (des clichés publiés sur les réseaux sociaux début mars) avaient donné encore un peu plus de crédit à cette thèse.

Dans un entretien accordé le 11 mars au service de diffusion internationale Voice of America (VOA), le président Goodluck Jonathan s’est toutefois borné à admettre que “des instructeurs et des techniciens” étrangers étaient présents sur le sol nigérian. Mais, sur un champ de bataille, comment différencier un instructeur armé d’un mercenaire ?
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Espagne : Arrestation de mercenaires partis combattre avec les séparatistes ukrainiens

Des Espagnols ont combattu aux côtés des séparatistes en Ukraine, la police les a arrêtés à leur retour au pays. Cette arrestation est une première en Europe, assure la police espagnole. Ils sont huit, d’extrême-gauche, inspirés par les milliers de combattants étrangers qui s’étaient engagées contre les troupes de Franco pendant la guerre civile espagnole.

Ukraine : Entretien avec Guillaume Lenormand, un Français volontaire dans le Donbass

Loin des décisions prises en haut lieu, il se trouve de jeunes Européens, qui par idéalisme, par conviction politique, par idéal, ont décidé d’aller se battre en Ukraine et en Novorossia dans un camp ou dans un autre. Ce fût le cas de ces volontaires partis soutenir la révolution de Maïdan, par conviction nationalistes-révolutionnaires. C’est également le cas de cette poignée de Français, partis aux côtés d’autres Européens dans le Donbass défendre les partisans de Novorussia contre les forces armées ukrainiennes et les milices .

Rencontre avec Guillaume Lenormand, qui s’est engagé il y a plusieurs mois déjà dans le Donbass, au nom d’un idéal Européen et anti-impérialiste. Pour connaitre les raisons de son engagement, mais pour avoir également son avis sur la situation, son ressenti, loin des interprétations de salon que peuvent en faire les médias occidentaux trop souvent cantonnés à reprendre des dépêches AFP.

Pouvez-vous expliquer les raisons de votre engagement en Ukraine et en Novorossia ?

Guillaume Lenormand : Pour faire vite, je suis un militant nationaliste français, licencié en histoire, ayant fait un peu de tout (dont du dessin de presse sous le pseudonyme de Krampon).

La politique en France me semblant une impasse, j’avais envie d’aller défendre mes idées sur le terrain, de la manière la plus simple et la plus radicale. La Novorossia représentant pour moi l’exemple-type d’une « révolte contre le monde moderne », il m’a semblé assez naturel de m’engager pour elle. Ou alors peut-être que, comme mes camarades, j’avais trop lu Corto Maltese, Dimitri et Jean Mabire.

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Sociétés militaires privées : Le business juteux des “contractors”

Que sont les sociétés militaires privées, ces fameux contractors très présents sur les champs de bataille du monde entier? Si le métier de mercenaire est aussi vieux que le monde, ce qui intéresse, c’est sa résurgence. On estime ainsi qu’en Afghanistan en 2011, il y avait plus de “contractors” que de militaires américains.

Ukraine : Au coeur de la poudrière

Février 2014, en Ukraine, des manifestations anti-corruption tournent à la révolte générale. Dans la foulée le président Ianoukovitch s’enfuit, un nouveau gouvernement se met en place et la Russie s’empare de la Crimée, la partie la plus méridionale du territoire Ukrainien.

Tout cela s’est déroulé en quelques semaines sous le regard apparemment impuissant de la communauté internationale. Trois journalistes chevronnés se sont rendus « Au cœur de la poudrière Ukrainienne » pour apporter un regard différent sur ce qui se joue dans ce pays de 45 millions d’habitants aux frontières de l’Europe.

Divisé en communautés qui essayent toutes de tirer leur épingle du jeu, le pays est aujourd’hui aux mains de milices plus ou moins organisées et violentes, et tout le monde n’a que le mot « fasciste » à la bouche.

Partie 1:

Partie 2:
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Le terrorisme, de Boston à Moscou en passant par Damas

Par Alexandre Latsa

Depuis la fin de l’URSS, l’un des mythes fondateurs de la politique étrangère euro-américaine envers la Russie se base sur la situation dans le Caucase. Dès 1994, l’état russe fait face à une rébellion armée qui prône l’indépendance et fera rapidement appel à des cohortes de mercenaires étrangers pour mener cette soi-disant guerre d’indépendance de Tchétchénie.

Le Tchétchène Dokou Oumarov, chef du groupe rebelle islamiste “l’Émirat du Caucase”

Rapidement, le conflit se transformera en une guerre religieuse sous la pression notamment de ces mercenaires islamistes qui tenteront d’étendre le conflit à tout le Caucase pour y instaurer un califat régional. Dès le début des opérations militaires russes dans le Caucase visant à rétablir l’ordre et empêcher une partition du pays grâce à une aide extérieure, la Russie a subi une pression médiatique, morale et politique sans précédent.

Le Main Stream médiatique occidental  n’a  jamais cessé de nous présenter les combattant islamistes du Caucase comme des soldats de la liberté, luttant pour une hypothétique indépendance ou encore pour  la survie de cultures menacées, qui comme on peut le constater en 2013, bien longtemps après, n’ont jamais été menacées.

La Russie, qui fait face au terrorisme de l’internationale Djihadiste et ses soutiens principaux à l’étranger (que ce soit au sein de pays du golfe, de la Turquie ou de certaines puissances occidentales) n’a que trop rarement bénéficié de la compassion ou du soutien des pays occidentaux.
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Guatemala : “Opération PBSUCCESS”, une clé pour comprendre les guerres modernes

L’opération PBSUCCESS (début 1953 – fin 1954) est une opération secrète organisée par la CIA (Central Intelligence Agency) pour renverser le président du Guatemala Jacobo Arbenz Guzmán, démocratiquement élu.

Le gouvernement d’Arbenz projetait des nouvelles réformes que les services de renseignement des États-Unis jugeaient de nature communiste. La CIA et l’administration Eisenhower craignaient l’instauration d’une tête de pont soviétique de l’ouest, dans le contexte du maccarthysme intensément anti-communiste de l’époque.

Arbenz a été l’instigateur d’une réforme agraire menaçant notamment la multinationale américaine United Fruit Company, dont Allen Dulles (directeur de la CIA de 1953 à 1961) était actionnaire, qui avait de gros intérêts au Guatemala et faisait pression à des niveaux variés du gouvernement américain pour une action contre Arbenz en réplique à son expropriation.

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Soldats de Fortune

La guerre va-t-elle devenir une activité commerciale ? Un exemple : l’Irak. Plus de 10 000 militaires privés sont présents dans le pays aux côtés des soldats de la coalition. Ils entraînent l’armée irakienne, gardent les installations pétrolières et les ambassades, escortent les hommes d’affaires. Qui sont ces “guerriers à louer” ? Qui les contrôle ? Comment sont-ils recrutés ? Enquête sur la privatisation de la guerre.

Partie 1:


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Afghanistan : La privatisation de la guerre

Quel est le métier le plus dangereux dans les forces USA/OTAN en Afghanistan ? Pas celui de soldat, comme il pourrait sembler, mais de contractor (sous-traitant, mercenaire, NdT). Selon les données officielles, ont été tués en Afghanistan, l’an dernier, plus de contractors de compagnies militaires privées étasuniennes que de soldats de l’armée étasunienne : 430, contre 418.

A coup sûr beaucoup plus, puisque les compagnies n’ont pas l’obligation de rendre publiques les morts de leurs salariés. Il en va de même pour les blessés, dont le nombre dépasse celui des morts. La majorité des tués en 2011 (386 sur 430 morts) opérait en Afghanistan pour le compte du Pentagone, les autres pour le Département d’état et la Usaid (l’agence fédérale pour le « développement international », de fait militarisée).

Ces données confirment qu’un nombre croissant de fonctions, auparavant assurées par les armées officielles, se trouve confié à des compagnies militaires privées. Selon les données officielles, opèrent en Afghanistan pour le compte du Pentagone plus de 113 mille contractors de compagnies privées, tandis que les soldats étasuniens sont environ 90mille. Les contractors sont pour 22% des citoyens étasuniens, pour 31% d’autres pays et 47% des Afghans.

Dans la zone du Commandement central étasunien, qui comprend aussi l’Irak, les contractors du Pentagone sont plus de 150.000.
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Haïti : les mercenaires flairent un marché juteux

Par Jeremy Scahill

Pour certains, les images en provenance d’Haïti sont loin d’être désolantes. Comme après l’ouragan Katrina, les sociétés de sécurité privées, se découvrant une soudaine sollicitude pour la Caraïbe, offrent leurs services aux entreprises haïtiennes. Forte de l’expérience de « milliers de missions réussies en Irak et en Afghanistan, » l’une d’entre elles propose « l’éradication des menaces élevées » et la protection contre « l’agitation des travailleurs. »

Nous avons vu se manifester les profiteurs de catastrophe en Irak et à la Nouvelle-Orléans et on peut s’attendre à les voir en nombre en Haïti dans les semaines et les mois qui viennent. Les entreprises de sécurité privées voient dans le battage médiatique sur les « pillards » la promesse de marchés juteux Après l’ouragan Katrina, le nombre de sociétés de sécurité privées enregistrées (et non enregistrées) s’est multiplié en quelques jours. Les banques, les particuliers fortunés et le gouvernement américain ont tous fait appel à des sociétés privées de sécurité.

J’ai moi même rencontré des mercenaires israéliens tenant en arme un point de contrôle à l’extérieur d’un lotissement fermé de luxe à la Nouvelle Orléans. Ils appartenaient à une société nommée « Tir Instinctif International ». (Je ne plaisante pas).

Haïti est la grande affaire du jour. Les entreprises membres du syndicat professionnel des mercenaires, nommé de façon orwellienne « International Peace Operations Association », offrent leurs services en Haïti. Lire la suite