Chère Marine, à quand la sortie de l’euro ?

Par Myret Zaki

SPECULATEURS

Imaginons, concrètement, ce que peut nous réserver la montée des partis europhobes au Parlement européen.

En France, le Front national de Marine Le Pen, qui affirme vouloir démanteler l’Union européenne (UE) pour la voir « exploser », qui veut restaurer la souveraineté nationale sur les frontières, la devise, la législation et l’économie, a maintenant conquis 24 sièges sur les 74 sièges français au Parlement européen. Et il n’est pas seul. Ensemble, les partis europhobes accaparent maintenant 130 sièges à Strasbourg sur 751, soit 17% des voix des députés européens.

Est-ce grave ?
Lire la suite

Bernard Monot, l’économiste « libertarien » de Marine Le Pen

C’est l’une des nouvelles figures du Front national. Bernard Monot, 52 ans, est arrivé en tête aux élections européennes dans la circonscription centre, avec 24,18 % des suffrages. Il a distancé Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy, qui a recueilli 21,38 % des voix. Tout un symbole.

Inconnu du grand public, Bernard Monot travaillait jusqu’alors à la Caisse des dépôts. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il officiait au FN sous le pseudonyme de Nicolas Pavillon.

Il fit d’abord ses premières apparitions publiques au compte-gouttes, toujours lors de rendez-vous frontistes consacrés à l’économie. Il est ensuite devenu de plus en plus visible au FN, jusqu’à sa déclaration de candidature, fin février. Auparavant, il prenait un luxe de précautions pour rencontrer les journalistes, très soucieux de ne pas « griller » sa couverture.

M. Monot se revendique libertarien en matière économique. Ce qui peut apparaître contradictoire avec le discours interventionniste de Marine Le Pen. Il assure néanmoins qu’il « défend les principes de l’économie de marché protégée et régulée raisonnablement dans le cadre d’un État de droit ».

Lire la suite

Frédéric Lordon : « Pourquoi faut-il sortir de l’euro »

L’économiste Frédéric Lordon publie le 26 mars prochain “La Malfaçon“, réflexion sur la manière dont la monnaie unique européenne a détruit les souverainetés populaires. Le livre le plus important avant les élections européennes.

Fut un temps où il était impossible d’émettre la moindre critique sur l’euro. La pensée économique était aussi unique que la monnaie et endormait les 324 millions de citoyens peuplant ladite zone euro. La crise de 2008, la plus longue et profonde depuis 1930, il balayé les certitudes au point que l’euro bashing serait presque devenu tendance.

Raison de plus pour être sélectif dans la critique. Celle que nous propose aujourd’hui sort justement du commun. Plutôt que de nous démontrer par a + b qu’on peut sortir de la monnaie unique, que cela ne nous coûtera pas trop cher, que les problèmes économiques du pays en seraient magiquement résolus et que cela ne tirerait pas à conséquences, il affirme au contraire, à raison, Qu’il ne s’agira pas d’un dîner de gala.

« Il faut en finir avec ces imprécations mi-débiles, mi-hallucinées qui nous promettent renfermement façon forteresse en cas d’abandon de l’euro. »

Absence de démocratie
Lire la suite

Jacques Sapir : « Ce que Sartre aurait appelé des saloperies »

Les temps sont malsains. À force de prétendre que nous sommes dans une situation comparable aux funestes « années 1930 », certains journalistes et hommes politiques sont en train de créer une atmosphère particulièrement délétère. 

Les insinuations, les amalgames et les mensonges tiennent lieu aujourd’hui d’arguments. On a franchi un nouveau cap avec l’article du sieur Colombani dans Direct Matin et avec les accusations proférées à mon endroit par Pierre Moscovici, Ministre de l’économie et des finances.

Les deux m’apparaissent liés. On en voit l’origine : la volonté d’un pouvoir aux abois et d’une élite discréditée de sauver l’Euro à tout prix en qualifiant les adversaires de la monnaie unique d’extrémistes. C’est en soi un acte de déni de la démocratie. Mais on pourrait aussi  les comparer à ce que Jean-Paul Sartre appelait des “saloperies”[5].

Lire la suite

Crédit Agricole : réactions suite aux attaques de Marine Le Pen

Le patron de la banque verte réaffirme la solidité de sa maison alors que Marine Le Pen a annoncé lundi soir qu’elle était au bord de la faillite.

Le Crédit Agricole au bord de la faillite? C’est ce que Marine Le Pen, invitée lundi soir de Mots Croisés sur France 2, pour débattre avec Pierre Moscovici, a annoncé en direct à la télévision.

“Vous savez bien que le Crédit Agricole n’est pas solide du tout et que probablement on va être emmené encore à venir les sauver !, a martelé la présidente du Front National, face à un Ministre de l’Economie et des finances, interloqué. (…) Ce que je vous annonce, c’est que le Crédit Agricole va très mal.”

(le passage de Mots Croisés en question)

Des déclarations loin d’être anodines, alors que la BCE peaufine les prochains stress tests auxquels seront soumises les banques européennes –et que la “banque verte”, dispose d’une entité cotée en bourse, Crédit Agricole SA (Casa)!

Ne pas alimenter le “buzz”

Dans l’entourage du groupe –qui n’a pas souhaité réagir officiellement aux déclarations de Marine Le Pen– on préfère minimiser cette affaire, propre, insiste-t-on, au débat politique. Et on insiste sur le retour aux bénéfices de la banque, qui avait été particulièrement secouée par la crise des dettes souveraines de 2011 et la cession difficile de sa filiale grecque Emporiki.

Au troisième trimestre, le groupe Crédit Agricole, a dégagé un profit net de 1,43 milliard d’euros (versus 2,2 milliards de pertes un an plus tôt), tandis que sa filiale cotée Casa affichait 728 millions d’euros de bénéfices (2,8 milliards d’euros de pertes au troisième trimestre de 2012).

La rumeur de trop ?
Lire la suite

Frédéric Lordon : Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas

La colorimétrie des demi-habiles ne connaissant que deux teintes, toute mise en cause de l’Europe, fût-elle rendue au dernier degré du néolibéralisme, est le commencement d’une abomination guerrière, toute entrave au libre-échange est la démonstration manifeste d’une xénophobie profonde.

Toute velléité de démondialisation l’annonce d’un renfermement autarcique, tout rappel au principe de la souveraineté populaire la résurgence d’un nationalisme du pire, tout rappel au principe de la souveraineté populaire en vue d’une transformation sociale, la certitude (logique) du… national-socialisme, bien sûr ! Voilà sur quel fumier intellectuel prospère le commentariat européiste quand, à bout d’argument, il ne lui reste plus que des spectres à brandir.

Le pire cependant tient au fait que ces imputations, où le grotesque le dispute à l’ignoble, font sentir leurs effets d’intimidation jusque dans la gauche critique, terrorisée à l’idée du moindre soupçon de collusion objective avec le FN, et qui se donne un critère si bas de cet état de collusion que le moindre regard jeté sur une de ses idées par les opportunistes d’extrême droite conduit cette gauche à abandonner l’idée – son idée – dans l’instant : irrémédiablement souillée.

A ce compte-là bien sûr, la gauche critique finira rapidement dépossédée de tout, et avec pour unique solution de quitter le débat public à poil dans un tonneau à bretelles. Comme on sait, sous couleur de ne pas donner prise aux accusations de « repli national », elle a laissé tomber de fait toute idée de mettre quelque entrave que ce soit au libre-échange puisque toute restriction à la libre circulation des conteneurs est une offense égoïste faite aux peuples des pays exportateurs – et la démondialisation y a été vue comme une inacceptable entorse à un internationalisme de principe.
Lire la suite

Russie : Selon Marine Le Pen, “les Russes refusent le modèle ultralibéral et mondialiste”

Interview exclusive de Marine Le Pen, réalisée le 19 juin 2013, à l’occasion du voyage officiel en Russie de la présidente du Front national.

Marine Le Pen, accompagnée de Ludovic De Danne (à droite sur la photo), conseiller chargé des Affaires étrangères et des Relations internationales, a été reçue par Alexeï Pouchkov (au centre sur la photo), chef de la commission des Affaires étrangères à la Douma à Moscou en Fédération de Russie.

RIA Novosti: C’est la première fois que vous réalisez une visite officielle en Russie. En tant que responsable politique, quelle est la portée symbolique d’une telle visite, pourquoi la Russie?

Marine Le Pen: Sa portée est importante car les Russes sont attachés à leur identité, à leur culture, ils refusent de se soumettre au modèle ultralibéral et mondialiste que je combats moi-même en France. Nous sommes des peuples frères, et il y a tout intérêt à envisager pour l’avenir des relations approfondies entre la Russie et la France. On a l’impression que depuis plusieurs années, l’Union européenne pousse la France à distendre ces relations.

RIA Novosti: Vous avez rencontré le président de la Douma. Quels thèmes ont été traités? Quelles sont vos impressions à chaud?
Lire la suite

Parlement Européen : Marine Le Pen vs Mario Draghi

« Ne vous avisez pas de lancer une offensive monétaire sur la France car dans ce cas vous nous trouverez en travers de votre chemin » – Marine Le Pen à Mario Draghi, président de la BCE

Intervention de Marine Le Pen au Parlement Européen le 17/04/2013

Pourquoi les pauvres ne votent pas en fonction de leur intérêt économique

Ils devraient favoriser les candidats qui promettent d’augmenter les minima sociaux ou de mettre en place des politiques de redistribution plus généreuses. Or ça n’est pas toujours le cas. Des chercheurs américains ont décrypté le phénomène.

Qu’on se le dise : les citoyens économiquement les plus modestes ne sont pas toujours fans des politiques de redistribution. Du moins si l’on en croit leur vote. C’est ce que démontrent depuis plusieurs décennies les études électorales américaines. Et, de plus en plus fréquemment, les études électorales européennes.

Comme le confirme Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof (centre de recherches politiques de Science Po), «Depuis une trentaine d’années, la sociologie, autrefois déterminante dans l’explication du comportement électoral, n’explique plus qu’en partie le vote

Lire la suite

Bruxelles s’inquiète de la montée d’un populisme anti-européen

La percée de Marine Le Pen et la droitisation de Nicolas Sarkozy ont suscité de vives réactions en Europe, lundi 23 avril. Sur fond de montée en puissance de l’extrême droite chez les Vingt-Sept, les responsables européens s’inquiètent de la force du Front national et de l’énergie déployée par le président sortant pour tenter de séduire cet électorat, afin de combler son retard sur M. Hollande.

« La rhétorique antieuropéenne et nationaliste de Sarkozy a amené de nombreux électeurs à soutenir Marine Le Pen », a déploré Hannes Swoboda, le chef de file des socialistes au Parlement européen. « Ses arguments anti-européens ont été extrêmement inquiétants. Les annonces sur la remise en question de Schengen et la réintroduction des contrôles aux frontières ont révélé ce qu’il pense vraiment », a expliqué le député européen autrichien. Lire la suite

LEAP : France 2012-2014 – Le grand séisme républicain et son impact international

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, du 15 avril 2012

Comme anticipé par le LEAP depuis novembre 2010 [voir un extrait du numéro de cette date], le candidat socialiste (1), en l’occurrence François Hollande, emportera l’élection présidentielle française de 2012 (2). La question qui se pose encore concerne le premier tour de cette élection : Nicolas Sarkozy, le président sortant sera-t-il devant ou derrière Marine Le Pen (c’était aussi l’une des composantes de notre anticipation de novembre 2010) (3) ?

Il est donc temps d’anticiper les conséquences de cette élection tant pour la France que pour l’Euroland et l’UE ainsi qu’au niveau mondial (OTAN, G20, Euro-BRICS) car de facto elle est beaucoup plus importante pour l’évolution du monde actuel, en pleine transition du fait de la crise mondiale, que la prochaine élection américaine qui verra s’affronter Barack Obama et Mitt Romney (deux candidats financés massivement par Wall Street) sur fond de paralysie générale du système politique US (4).

Lire la suite

Clip de campagne de Marine Le Pen

[...] Je crois en l’Europe mais je ne crois pas en l’Europe de Bruxelles parce qu’elle fait trop de mal à notre pays, trop de mal à nos travailleurs, à nos retraités, à nos services publics. Cette Europe a dérivé vers une forme de pouvoir oligarchique, de plus en plus anti-démocratique, qui bafoue nos lois nationales et profite toujours aux mêmes: les plus gros et les banques. [...]

Marine Le Pen, une démagogue en économie !

par Marc Rousset

Nicolas Sarkozy ne connaît pas l’histoire et Marine Le Pen ne connaît pas l’économie, mais tous deux sont d’excellents démagogues. Le Parti socialiste, lui, pratique la démagogie par définition, puisque son fonds de commerce consiste à faire rêver les gens d’une façon irréaliste en évoquant la justice, en augmentant les impôts, et, en taxant les vrais comme les faux riches, ce qui a pour résultat effectif de conduire à la misère pour tous et à l’inefficacité économique, comme à Cuba, et comme on a pu le voir dans les pays de l’Europe de l’Est, en U.R.S.S. et dans la Chine de Mao !

Marine Le Pen a promis devant l’Assemblée nationale, de dégager la France des griffes de ses créanciers, banques rapaces et marchés financiers, en permettant notamment à l’État d’emprunter à des taux « très faibles » à la Banque de France, ce qui revient à faire tourner la « planche à billets » !

Nous voudrions rappeler à Marine Le Pen qu’il fut un temps où les gens en Allemagne, complètement ruinés, tapissaient leurs chambres avec des billets de banques ! Un dollar valait 420 marks en juillet 1922 et 49 000 en janvier 1923. Pendant l’année 1923, le cours du dollar par rapport au « Papiermark » augmente de 5, 79 x 10 à la puissance 10 ! Le prix au détail passe de l’indice 1 en 1913 à 750 000 000 000 en novembre 1923. Les prix des repas servis au restaurant varient selon l’heure de la commande et l’heure à laquelle l’addition est présentée. Les ménagères souhaitant faire leurs courses amènent des liasses de billets en landau ! Le 26 septembre 1923 ont été émis des billets de 500 000 000 de marks ! Sous la houlette de Hjalmar Schacht, le « Papiermark » se trouva démonétisé le 20 novembre 1923, 1000 milliards de mark représentant un nouveau « Rentenmark » qui s’appuyait, comme les assignats de la Révolution française (qui eux ne purent enrayer la crise !) sur les sols, les usines, les immeubles, c’est-à-dire la richesse réelle de l’Allemagne. Grâce à  cette monnaie, l’État parvint à annuler 99 % des  dépôts de caisses d’épargnes, 97,5% des dettes de l’État et 75 % des emprunts hypothécaires !

Lire la suite

2012, année des réformes économiques

2012 s’annonce comme l’année des réformes économiques en France, quel que soit le résultat de l’élection présidentielle de mai, sur fond de récession, de chômage record et de perte du AAA.

Nicolas Sarkozy devrait annoncer dimanche une hausse de la TVA accompagnée d’une baisse des charges sociales, une façon selon lui de soutenir l’emploi et la compétitivité des entreprises en allégeant leurs coûts.

La TVA augmentera de 1,6 point pour atteindre 21,2%, selon Le Monde.

Mais cette mesure fait débat, certains économistes soulignant qu’augmenter les prix en plein ralentissement économique risque d’aggraver la situation.

Considéré comme futur candidat par neuf Français sur dix, le chef de l’Etat doit aussi préciser dimanche son projet de taxe sur les transactions financières.

En multipliant les annonces économiques à trois mois de la présidentielle, Nicolas Sarkozy cherche à se présenter en rempart à la crise pour inverser une dynamique favorable à François Hollande.

Le candidat socialiste a déjà présenté un projet présidentiel à forte dominante économique. Et qui assume la promesse française de réduire le déficit public à 3% du PIB fin 2013.

Des économistes ont regretté le peu d’annonces de réformes structurelles mais le favori des sondages a dit vouloir dévoiler son programme par étapes.
Lire la suite

Sondage – Les Français plébiscitent l’euro

Le sondage de l’Ifop pour France-Soir prend gauche et droite à contre-pied : seule une minorité de Français rêvent d’un retour au franc.

C’est un coup de tonnerre, en tout cas un résultat inattendu, compte tenu des violentes critiques dont l’euro fait l’objet en France depuis des mois. Un euro qui n’apparaît pas si protecteur que cela, un euro parfois brinquebalant, un euro discuté par les Allemands et présenté par certains comme « en sursis ».

Or, quand l’Ifop demande aux Français – pour les mettre au pied du mur – s’ils souhaitent que leur pays abandonne l’euro et revienne au franc, la réponse tombe, sans aucune ambiguïté : c’est non. 72 % des personnes interrogées (contre 28 % d’un avis contraire) refusent l’idée d’un retour au franc.

Et, curieusement, dans les mêmes proportions s’agissant des sympathisants de gauche et des sympathisants de droite : dans les deux cas, 74 % veulent, disent-ils, s’en tenir à l’euro, aussi critiquable et imparfait soit-il. Ils n’imaginent pas une opération… « retour vers le futur ».

Quatre observations peuvent être faites.

Lire la suite