Croissance mondiale : Le diagnostic pas très folichon de l’OCDE

Une croissance moins soutenue qu’on aurait pu l’espérer dans les économies avancées et un ralentissement plus fort dans les émergents : c’est ce que prévoit pour 2015 l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’année 2016 serait meilleure, même si l’organisation s’inquiète, pour le moyen terme, du ralentissement de la croissance potentielle dans le monde.

D’après les Perspectives économiques intermédiaires, présentées mercredi 16 septembre, la croissance mondiale serait ramenée de 3,3 % en 2014 à 3 % en 2015 (soit – 0,1 point par rapport aux prévisions de juin 2015).

Elle accélérerait ensuite à 3,6 % en 2016 au lieu des 3,8 prévus avant l’été, sur fond de stagnation du commerce mondial et de détérioration des conditions financières. Comme souvent, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

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La compétitivité est une idée morte

La quête de la compétitivité n’est pas seulement erronée, elle est dangereuse, parce qu’elle masque les vrais défis et les vrais enjeux de l’avenir de nos économies et de nos sociétés. Telle est la thèse que soutient Thomas Coutrot, cofondateur des Économistes atterrés et porte-parole d’Attac.

Peu nombreux sont ceux qui le contestent : la montée des inégalités socio-économiques et l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre portent en germe des catastrophes sociales et écologiques à l’horizon de deux ou trois décennies. Pourtant les décisions politiques de court terme ne sont pas seulement indifférentes à ces menaces, mais en accélèrent de toute évidence l’arrivée.

Contrairement à une vision superficielle, l’austérité n’engage aucunement nos sociétés dans la voie de la sobriété. La priorité donnée par François Hollande à la compétitivité de la France s’inscrit en effet dans une vision de court terme — redresser la croissance des exportations du pays par la baisse du coût du travail et des dépenses publiques — qui est contraire à toute perspective de redistribution des richesses et de transition écologique. Je voudrais montrer ici en quoi ses effets secondaires prévisibles, l’accroissement encore accéléré des inégalités et des émissions de GES, nous rapprochent des grandes fractures annoncées.

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La Haute finance à l’assaut de votre patrimoine génétique

Le dieu-argent de la haute finance est un dieu gourmand voire vorace. Il n’a jamais de sensation de satiété. Ce 21ème siècle est son heure. Il s’est coup sur coup approprié sans grande difficulté le marché de l’emploi, a saboté le concept d’Etat-Nation, a privatisé les services publics, a démantelé les institutions publiques de plus en plus soumises aux besoins impératifs du marché mondial, a confisqué les capitaux de retraite et autres épargnes, a mis la main sur les ressources naturelles mondiales, a siphonné les monnaies nationales et les excédents des balances publiques, etc. La privatisation de la planète et de ses ressources est ainsi une réalité difficilement contestable.

Les exploits du dieu-argent sont innombrables. Le plus déterminant pour l’avenir de l’humanité serait la réussite du renversement déjà bien engagé de la suprématie des législations nationales en sa faveur. Pour faire simple, le système du dieu-argent supplante aujourd’hui les gouvernements qui lui ouvrent grand les portes de leurs territoires et de leur législation dans une ambiance d’impuissance mêlée d’un certain fatalisme.

Que ce transfert de la suprématie du peuple en faveur des marchés financiers soit reconnu constitutionnellement et l’on verra tomber tout rempart protecteur de l’homme, de son identité et par extension de l’humanité.

Cette fragilisation des droits de l’humain et de sa liberté de disposer de lui-même dans un environnement sécurisé est fortement aggravée actuellement par une technologie massivement soutenue par les marchés financiers qui a pris une option claire pour le transhumanisme.

Eugénisme, marchandisation de l’être humain, captation du patrimoine génétique, humanisation des robots et robotisation de l’humain sont devenus non seulement possibles mais exigés par des décideurs inconnus cachés derrière les marchés financiers.

La bataille de fond qui se livre actuellement est celle de l’identité de l’humanité, des libertés inaliénables et gratuites de l’homme. L’enjeu : La privatisation de la VIE et de l’immortalité. Rien de moins !

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Philippe Béchade : La manipulation des marchés financiers

Interview de Philippe Béchade qui développe son point de vue quant à la manipulation des marchés financiers.

Philippe Béchade est un analyste financier français, analyste technique et arbitragiste de formation, rédacteur en chef à la Chronique Agora, chroniqueur économique sur BFM depuis 1996, rédacteur de la lettre économique Pitbull. Il a une formation en droit à l’université Paris Ouest Nanterre. Il a été responsable produits dérivés à Fidinvest de 1989 à 1993. Il crée avec Jacques Meaudre le fil d’actualités économiques commentées Cercle Finance.

Il fut en France l’un des tout premiers “traders” (il fut parmi les 40 premiers traders à avoir un agrément sur les marchés dérivés) mais également formateur de spécialistes des marchés à terme.

Il est considéré comme un analyste “hétérodoxe”, comme Olivier Delamarche dont les analyses sont assez proches, bien que Philippe Béchade soit plus proche d’une tendance social-démocrate (opposition aux paradis fiscaux, critique de l’”ultralibéralisme” américain, exigence d’un meilleur équilibre entre capital et travail). Il préconise le retour à des monnaies composites sur le modèle des DTS (droits de tirage spéciaux), correspondant à une économie réelle au lieu d’une économie casino.

En juin 2014, il est nommé président du think tank Les Éconoclastes, qui réunit plusieurs économistes, dont entre autres Olivier Delamarche.

Les nouveaux loups de Wall Street

Actuellement, sur les marchés financiers, les opérations sont de plus en plus fréquemment réalisées en microsecondes, grâce à des ordinateurs très rapides et ultra performants. Cette nouvelle pratique est appelée le Trading Haute Fréquence.

Mais selon certains experts, cette méthode pourrait avoir des effets aussi dévastateurs que les subprimes. Ce marché s’est peu développé en France, mais aux États-Unis, de nombreux foyers de sont retrouvés en situation de défaut de paiement.

La “superintelligence”, un risque existentiel ?

Elle s’en va et elle revient, elle est comme une chanson populaire : la perspective d’une Singularité, d’un remplacement progressif ou brutal de l’homme par ses créations machiniques, s’invite régulièrement dans la blogosphère techno, et pas seulement pendant les mois d’été, quand on n’a aucune info à se mettre sous la dent. Cette fois-ci, pourtant, le débat semble plus fourni et prolongé qu’à l’habitude, à cause de la réputation de ceux qui l’ont relancé : le physicien Stephen Hawking, pas moins, et un groupe d’autres scientifiques de renom.

Ce collectif a en effet publié une “lettre ouverte” sur le site du Future of Life Institute, mettant en garde contre une escalade incontrôlable de l’intelligence artificielle, et encourageant une recherche prudente et réfléchie. Mais en fait, c’est surtout un article du Huffington Post, signé par Hawking, le physicien Max Tegmark (auteur d’un excellent livre, “Notre univers mathématique“), le professeur de sciences informatiques Stuart Russel et Frank Wilczek (prix Nobel de physique 2004) qui se montre le plus alarmiste :

“On peut imaginer une telle technologie déjouer les marchés financiers, dépasser les chercheurs humains, les dirigeants humains et développer des armes que nous ne pouvons même pas comprendre. Alors que l’impact à court terme de l’IA dépend de qui la contrôle, celui à long terme dépend de savoir si elle peut être contrôlée par quiconque.

Donc, face à de possibles avantages et des risques incalculables, les experts devraient sûrement se trouver en train de faire tout leur possible pour nous garantir les meilleures conséquences, non ? Faux. Si une civilisation extraterrestre supérieure nous envoie un jour un message disant: “Nous arriverons dans quelques décennies”, devrions-nous répondre simplement, “OK, appelez-nous quand vous arrivez ici – nous allons laisser les lumières allumées” ? Probablement pas – Et pourtant, c’est plus ou moins ce qui se passe avec l’IA.”

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Économie : L’oligarchie ment aux Français

Tribune libre de Paysan savoyard

La situation économique et sociale conduit à constater que les Français sont en la matière victimes d’un double mensonge: l’oligarchie leur ment ; et ils se mentent à eux-mêmes. Commençons par le premier volet. Un autre article suivra pour traiter du second.

  • Contrairement à ce qu’ils cherchent à faire croire, les politiciens n’essaient pas de régler les difficultés économiques et sociales

En apparence, un débat nourri existe au sein de la classe dirigeante  pour faire face aux difficultés auxquelles est confrontée l’économie française: débat entre la politique de l’offre et de la demande ; entre austérité et relance ; entre libéralisme et social démocratie ; entre remèdes de gauche et solutions de droite…

La classe dirigeante donne ainsi l’impression d’essayer sincèrement de s’attaquer aux problèmes, de réfléchir aux solutions, de les tester l’une après l’autre, de s’adapter à la conjoncture. C’est là un complet enfumage.

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2013: marchés émergents, la fin du miroir aux alouettes

Les pays émergents ont cessé d’être en 2013 la promesse de lendemains radieux pour l’économie mondiale. Croissance ralentie, marchés financiers et devises instables, troubles sociaux: ils sont devenus un sujet d’inquiétude… peut-être exagérée. En novembre, le club de réflexion des pays riches, l’OCDE, a résumé la situation : la croissance mondiale sera plus faible à cause du ralentissement des pays émergents, et “l’environnement économique mondial pourrait faire office d’amplificateur et de courroie de transmission pour des chocs négatifs” en provenance de ces pays.

Depuis des années, l’économie mondiale ne jurait que par eux : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud… Leur forte croissance compensait la stagnation des pays avancés, leurs marchés intérieurs en pleine expansion aiguisaient les appétits des grands groupes occidentaux, leurs bas coûts de production faisaient tourner le commerce mondial et leurs réserves de devises leur permettaient de financer l’endettement occidental. Mais 2013 a marqué un coup d’arrêt. Ils ont perdu un peu de leur lustre, pour être considérés d’un œil peut-être plus lucide.

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La finance dérégulée nous condamne aux krachs

Pour l’économiste André Orléan, dans un univers boursier par essence spéculatif, la transparence ne sert à rien. Le seul moyen d’éviter les crises à répétition engendrées par les bulles est de définanciariser l’économie.

Un bureau grand comme un mouchoir de poche, grignoté par des piles de dossiers et des rayonnages de livres. Et un pupitre pour tout meuble, surplombé d’une affiche au titre ironique : Manifeste des “sagesses boursières”… jamais respectées.

Justement, les folies financières et les bulles de marché, André Orléan, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, les scrute et les dissèque depuis longtemps à la façon d’un biologiste. Apparemment, pour l’auteur de L’Empire de la valeur (Seuil) et de De l’euphorie à la panique (Editions Rue d’Ulm), la série des krachs entamée depuis une douzaine d’années risque de se poursuivre.

Mouvements erratiques des actions, chute de l’or, recul des marchés émergents, bulle sur quelques obligations d’Etat… Cette situation d’extrême nervosité sur tous les marchés – et non pas quelques-uns – est-elle inédite dans l’histoire?

Non. Dans les situations de forte incertitude, les investisseurs se replient fréquemment sur les actifs réputés sans risque, quitte à les faire mécaniquement monter au-delà du raisonnable. Aujourd’hui, majoritairement, ce sont quelques emprunts d’Etat, en l’occurrence ceux émis par l’Allemagne, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et dans une certaine mesure la France, qui profitent de ce flight to quality alimenté par le déluge de liquidités que les banquiers centraux déversent sur les marchés financiers.

Cette situation est fort risquée. Plus la période est troublée, plus les marchés réagissent de façon binaire, rejetant tous les titres à l’exception des plus sûrs.

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La crise de l’euro a rapporté plusieurs milliards à L’Allemagne et à la Belgique

Des chiffres fournis par le ministère des Finances allemand indiquent qu’entre 2010 et 2014, l’Allemagne aura économisé près de 41 milliards d’euros grâce à la crise de l’euro, rapporte Der Spiegel.

Cette économie s’explique par l’engouement des marchés financiers pour les obligations souveraines allemandes, considérées comme des produits refuge compte tenu de la santé financière du pays.

Cet engouement a permis de réduire le taux d’intérêts servi par le pays sur les nouvelles émissions d’obligations allemandes, qui a baissé en moyenne de 1% au cours de cette période. L’économie d’intérêts résultante s’est montée à exactement 40,9 milliards d’euros par rapport aux intérêts qui avaient été budgétisés.

Ces économies d’intérêt, combinées à l’augmentation des recettes fiscales liées à la relative bonne santé économique du pays, ont également conduit à une baisse des besoins de financement de l’Allemagne. Entre 2010 et 2012, le gouvernement allemand a ainsi emprunté 73 milliards d’euros de moins que prévu.

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États-Unis : La classe moyenne en chute libre

La Belgique a la cinquième classe moyenne la plus riche du monde. Il n’y a guère qu’en Australie, au Luxembourg, au Japon et en Italie, que la classe moyenne est encore plus riche que la nôtre, selon les données du Global Wage Report 2012-13 établies par Crédit Suisse. De façon surprenante, ce rapport ne classe les États-Unis qu’à la 27ème place, alors que ce pays a la réputation d’être le paradis de la classe moyenne.

«L’Amérique est le pays le plus riche de la planète. Nous avons le plus de millionnaires, le plus de milliardaires et nos citoyens les plus riches ont récolté davantage de richesses de la planète que n’importe quel autre groupe dans le monde. Nous avons même des gestionnaires de hedge funds qui gagnent autant en une heure que ce que la famille moyenne gagne en 21 ans! Cette opulence est censée rejaillir sur le reste d’entre nous, améliorant la vie des Américains ordinaires. Du moins, c’est ce que tenants du marché libre nous promettent continuellement. Malheureusement, c’est un mensonge, l’un des plus gros mensonges qui aient été proférés au peuple américain », écrit le Huffington Post.

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Radio Courtoisie : Journal de la France Libre du 25 juin 2013

Henri Fouquereau, assisté de Lydie Cassarin-Grand, recevait le 25 juin 2013 sur Radio Courtoisie, Gaël Giraud, jésuite et économiste, spécialisé en économie mathématique. En seconde partie d’émission l’invité était Pierre-Yves Rougeyron, fondateur du Cercle Aristote.

Partie 1 (avec Gaël Giraud)

Partie 2 (avec Pierre-Yves Rougeyron puis avec le député Jacques Myard)

Plus d’émissions ici et .

(Merci à jaimemonpseudo)

Portugal : Coupes sévères dans les dépenses publiques

Au moment où les politiques d’austérité suscitent mécontentements et doutes à travers l’Europe, le Portugal se met à son tour à la diète. Le Premier ministre portugais a annoncé vendredi une série de coupes sévères dans les dépenses publiques pour permettre au pays, sous assistance financière, de respecter ses engagements budgétaires.

Grâce à ces mesures, une douzaine au total, le Premier ministre espère parvenir à respecter les objectifs, déjà allégés deux fois, que la “troïka” (UE-FMI-BCE) des bailleurs de fonds lui a fixés: un déficit public à 5,5% du PIB cette année, à 4% en 2014 et à 2,5% en 2015 pour revenir en dessous de la limite des 3% définie par Bruxelles.

Dans un discours à la nation, Pedro Passos Coelho a annoncé le report de l’âge du départ à la retraite à taux plein à 66 ans et l’allongement du temps de travail de 35 à 40 heures pour les fonctionnaires. Leur nombre devrait être réduit de 30.000 sur un total d’environ 700.000 par le biais de départs volontaires.

L’approbation de ces mesures par la “troïka” est la clé pour que le Portugal obtienne une nouvelle tranche d’aide de 2 milliards d’euros dans le cadre du plan de sauvetage de 78 milliards d’euros accordé par l’UE et le FMI en mai 2011. Elles doivent également permettre au Portugal d’obtenir un allongement des délais de remboursement des prêts qui lui ont été accordés, ce qui devrait faciliter son retour sur les marchés financiers avant la fin du plan d’aide jusqu’à l’été 2014.
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Allemagne : Le changement, c’est bientôt (?)

Par Olivier Berruyer

Peer Steinbrück est le chef du parti socialiste en Allemagne, le SPD. Comme vous le savez, il y aura des élections législatives en Allemagne en septembre. Il est entré en campagne l’été dernier. Un des axes majeurs de sa campagne (qui ne marche que moyennement) est la lutte contre la finance débridée. Il n’a pas lancé de slogans du genre “mon ennemi, c’est la finance”, mais il a bossé. Beaucoup.

Du coup, son programme ne fait pas 5 phrases générales, voire malhonnêtement ambiguës, comme certains :

[p. 10] Je veux mettre les banques au service de l’économie.
Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives.J’interdirai aux banques françaises d’exercer dans les paradis fiscaux. Il sera mis fin aux produits financiers toxiques qui enrichissent les spéculateurs et menacent l’économie. Je supprimerai les stock-options, sauf pour les entreprises naissantes, et j’encadrerai les bonus. Je taxerai les bénéfices des banques en augmentant leur imposition de 15 %. Je proposerai la création d’une taxe sur toutes les transactions financières ainsi que d’une agence publique européenne de notation.

Vous noterez que strictement rien n’a été fait dans la loi bancaire. Même pas le premier point, qui a été vidé de son sens en ne considérant que “la spéculation de la banque avec son argent“, quine représente rien. C’était une promesse vide, très différente du discours du Bourget : “Maîtriser la finance commencera ici par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit de leurs opérations spéculatives.

Vous savez que je dénonce souvent la politique parasitaire et suicidaire que l’Allemagne a mené avec les lois Hartz en baissant ses salaires.

En revanche, j’admire beaucoup de choses dans ce pays. À commencer par le fait qu’il a inventé la forme de capitalisme tempéré qui doit pouvoir marcher (avec quelques adaptations), “le modèle rhénan”, cher à Michel Albert. Mais qui est en train de succomber sous les assauts du capitalisme anglo-saxon, court-termiste.

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Dupont-Aignan : Il faut que les peuples se rebellent

Nicolas Dupont-Aignan était l’invité de “Politiques” : le magazine politique hebdomadaire de france 24 réalisé en partenariat avec le magazine L’EXPRESS et RFI qui passe au crible tous les dossiers brûlants de l’actualité en France et à travers le monde.

Olivier Delamarche : « L’inflation réelle se situe très au-dessus de 2% »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 29 janvier 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements.

« Une solution pour s’en sortir serait un écroulement total des monnaies mais là on aurait de l’hyper-inflation – Au Japon ils sont très mal – Avec la planche à billets illimitée, on va vers un effondrement – On fait absolument tout pour vous faire croire que tout va bien, comme par miracle! »

États-Unis : Pour Roubini, « le pays est au bord d’une nouvelle crise »

Les États-Unis sont loin d’être tirés d’affaire malgré l’entente intervenue dans la nuit du Jour de l’An pour éviter de frapper le « mur fiscal », affirme le célèbre économiste Nouriel Roubini.

Selon lui, le dysfonctionnement du système politique américain fait en sorte que les États-Unis feront bientôt face à une nouvelle crise fiscale… dans deux mois.

«Si aucune action n’est prise d’ici le 1er mars, 110 milliards de réductions de dépenses entreront en vigueur», écrit dans le Financial Times celui qu’on surnomme Dr Doom, car il avait prévu la crise financière de 2007-2008. Les défis seront donc de taille pour les républicains et les démocrates déjà à couteaux tirés.

D’une part, la dette américaine atteindra son plafond. Il a été plusieurs fois renégocié dans le passé, mais ce processus est douloureux. À l’été 2011, cela avait provoqué de l’instabilité sur les marchés financiers.
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Conspirationnisme : la paille et la poutre

Par Frédéric Lordon

Le peuple est bête et méchant, le peuple est obtus. Au mieux il pense mal, le plus souvent il délire. Son délire le plus caractéristique a un nom : conspirationnisme. Le conspirationnisme est une malédiction. Pardon : c’est une bénédiction. C’est la bénédiction des élites qui ne manquent pas une occasion de renvoyer le peuple à son enfer intellectuel, à son irrémédiable minorité. Que le peuple soit mineur, c’est très bien ainsi. Surtout qu’il veille à continuer d’en produire les signes, l’élite ne s’en sent que mieux fondée à penser et gouverner à sa place.

Pour une pensée non complotiste des complots (quand ils existent)

Il faudrait sans doute commencer par dire des complots eux-mêmes qu’ils requièrent d’éviter deux écueils symétriques, aussi faux l’un que l’autre : 1) en voir partout ; 2) n’en voir nulle part.

Quand les cinq grandes firmes de Wall Street en 2004 obtiennent à force de pressions une réunion longtemps tenue secrète à la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés de capitaux américains, pour obtenir de lui l’abolition de la « règle Picard » limitant à 12 le coefficient de leviérisation globale des banques d’affaires [1], il faudrait une réticence intellectuelle confinant à l’obturation pure et simple pour ne pas y voir l’action concertée et dissimulée d’un groupe d’intérêts spécialement puissants et organisés – soit un complot, d’ailleurs tout à fait couronné de succès.

Comme on sait les firmes de Wall Street finiront leviérisées à 30 ou 40, stratégie financière qui fera leur profits hors du commun pendant la bulle… et nourrira une panique aussi incontrôlable que destructrice au moment du retournement.

Des complots, donc, il y en a, en voilà un par exemple, et il est de très belle facture.

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Les politiques non conventionnelles de la BCE : Une apparence de solution qui n’est que la solution des apparences

Par Jacques Sapir

La BCE s’est engagée avec force à « tout faire pour sauver l’euro ». Nous allons prendre cette déclaration au pied de la lettre et considérer quelles en seraient les conséquences à court et moyen terme d’une telle action, et si la BCE a réellement les moyens de sauver l’euro.

I. Les conséquences d’une action directe de la BCE.

En admettant que la BCE puisse soit jeter par-dessus les moulins son statut ou trouver des compromis juridiques lui permettant de racheter massivement de la dette souveraine de pays en difficulté, que se passerait-il ?

(a)   L’ampleur des sommes nécessaires :

Il faut tout d’abord considérer les montants que la BCE devrait débourser.

Pour l’Espagne, le gouvernement de M. Rajoy a admis que les besoins s’élèveraient à 300 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année. Il est cependant clair que ce qui aurait été fait pour ce pays ne pourrait être refusé à d’autres. La Grèce viendrait au guichet pour un montant estimé à 60-80 milliards.

L’Italie serait aussi un « client » potentiel, avec des besoins estimés (suivant la date de l’opération) entre 500 et 700 milliards. C’est donc de 860 à 1.080 milliards que la BCE devrait racheter dans un délai assez court (moins de 6 mois).

Ces sommes ne sont pas « impossibles », mais elles n’en sont pas moins considérables. Elles représentent en 3 fois et 4 fois le montant des achats de titres publics réalisés par la BCE depuis le début de la crise. Elles représentent un saut qualitatif et non pas simplement quantitatif.

(b)   Les conséquences sur le bilan de la BCE.

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Vers un monde sans Union Européenne?

par Alexandre Latsa

Les espagnols auront entendu au moins une bonne nouvelle durant cette année 2012: ils ont bien la meilleure équipe de football d’Europe. Mais une sombre coïncidence se confirme: les derniers vainqueurs de l’euro de la décennie sont dans une situation proche de la faillite économique, Grèce (2004) et Espagne (2008 et 2012).

La crise vient d’outre atlantique, c’est une crise de tout le système occidental, et l’Europe paye aujourd’hui très cher les conséquences en chaine de la crise des sub-primes américaines. Le monde a changé à une vitesse fulgurante. L’opposition des idéologies communiste et libérale/occidentale avait au moins le mérite de structurer la planète. Lors de la victoire de l’idéologie libérale, une idée nouvelle est apparue : Un accord planétaire, autour d’un modèle économique et politique, idéal et unique, serait peut être possible.

(…)

Où est passé l’optimisme qui régnait en occident au moment de la disparition de l’URSS? Et cette idéologie libérale démocratique mondialiste idéale qui allait enrichir tous les peuples de la planète?

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Les pays européens sont-ils malades de leurs banques ?

La liste s’allonge. Irlande, Espagne, Islande, même la vertueuse Allemagne et les Etats-Unis bien sûr. Lorsqu’ils étaient étaient solides, dotés de finances publiques équilibrées et de dettes de qualité, sont maintenant entre les mains des marchés, des usuriers et finalement des financiers européens. Quelle maladie les a donc frappés?

Après les Etats-Unis, après l’Irlande, l’Angleterre, l’Islande, voici l’Espagne qui est envoyée au tapis par ses banques. L’Allemagne, la vertueuse Allemagne, qui n’est pas au tapis «  doit » cependant beaucoup de son endettement public à son système bancaire. Y a-t-il une malédiction et des sorts qui auraient été jetés ? Est-ce une épidémie, un virus transmis à l’échelle planétaire et qui, loin de s’attaquer aux ordinateurs, s’en serait pris à la cervelle des banquiers ? Faut-il penser que le trader de la Société Générale, celui de JP Morgan et tous les hystériques des produits structurés à base de subprimes n’étaient pas des individus sains qui se trompaient de stratégie ou parfois, prétendaient à des stratégies personnelles, mais des malades contaminés par une épidémie  à  l’échelle mondiale.

Laissez faire les banques, le Souverain paiera !

L’ultralibéralisme s’est déchainé non pas tant sur le plan des commerces et des industries traditionnelles, si ce n’est dans ces cas, en se faisant le défenseur des tendances oligopolistiques et anticoncurrentielles des grandes firmes au nom … de la liberté d’entreprendre. Il s’est surtout déchainé sur le thème de la banque de la finance et des marchés qui, si on les laisse libres, sauront allouer les ressources au mieux des intérêts des agents économiques, dire les valeurs au mieux du respect que l’on doit à tout investisseur et distinguer le long terme et le court terme au mieux de la construction d’une économie durable et ouverte.

Donc, laissez faire les banques, laissez-les produire la monnaie, que vous, souverains bornés et engoncés n’avait su produire que pour payer des fonctionnaires improductifs, des dépenses de sécurité sociale coûteuses et des investissements publics à la rentabilité aléatoire. Socrate disait que se gratter commençait dans le plaisir et terminait dans la douleur.

La liberté bancaire sans limitation, le droit privatif de battre monnaie sans autre contrainte que le profit, le droit de fabriquer des sources de profit sous la forme de produits financiers plus ou moins complexes, sans autre limitation que l’imaginaire des cerveaux financiers, tout ceci a effectivement commencé dans le plaisir et s’est achevé dans les larmes.

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Dexia : Faillite collective

Quand l’histoire a-t-elle basculé ? Par la faute de qui ? Des dirigeants qui ont pris des risques inconsidérés ? Des autorités de contrôle qui n’ont pas vu monter la vague ? N’aurait-on pu éviter un tel désastre ? La banque franco-belge Dexia a déjà coûté 18 milliards d’euros, pour l’essentiel aux contribuables français, belges et luxembourgeois, soit presque autant que la faillite du Crédit lyonnais, à la fin des années 1990 (140 milliards de francs soit 20 milliards d’euros). Et l’ardoise devrait encore grimper, sachant que la Belgique et la France feront tout pour éviter sa mise en faillite, tant ce scénario serait catastrophique pour leurs finances publiques. Retour sur la plus grande catastrophe de l’histoire de la banque en France.

En France, la banque Dexia est le prêteur historique des collectivités territoriales. En Belgique, c’est une grande banque de dépôts de bonne réputation née au XIXe siècle. Surfant sur l’euphorie financière des années 2000, dans un univers que l’on disait ultra-régulé, le groupe met en place un modèle économique incroyablement périlleux. Pour maximiser ses profits, il emprunte de plus en plus d’argent sur les marchés financiers, à court terme et à bas prix, qu’il reprête aux collectivités du monde entier à 30, 40, 50, voire 60 ans ! Il investit aussi dans des produits financiers très rémunérateurs… jusqu’à 25 fois le capital !

Lorsqu’elle éclate fin 2007, la première crise financière assèche la liquidité. Elle met Dexia à terre. Sauvé fin 2008 par les Etats belge, français et luxembourgeois, qui injectent 6 milliards d’euros d’argent public, le groupe ne résiste pas à la crise de la zone euro, fin 2011. Il fait aujourd’hui l’objet d’un plan de démantèlement dont nul ne sait s’il pourra être mené à bien sans une nouvelle recapitalisation publique. Jour après jour, mois après mois, Dexia continue à perdre de l’argent.

Pour assurer son démantèlement, Dexia bénéficie de garanties octroyées par les trois Etats actionnaires. D’un montant actuel de 45 milliards d’euros, ces garanties ont vocation à être bientôt portées à 90 milliards, sous réserve du feu vert de Bruxelles, dont 55 milliards assumés par la Belgique, 33 milliards par la France et 2,7 milliards par le Luxembourg. C’est près du tiers de la dette de la Grèce. Si l’état de santé du groupe devait se dégrader davantage, la piste d’une recapitalisation sera privilégiée afin d’éviter que ces garanties soient appelées. Plusieurs milliards d’euros supplémentaires pourraient être nécessaires… In fine, Dexia promet d’être le fiasco le plus coûteux de l’histoire des banques en Europe !

PLUS GROS QUE LEHMAN BROTHERS

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Quand les marchés financiers pariaient sur la victoire de Nicolas Sarkozy

Investisseurs et marchés financiers croient-ils aux programmes des candidats ? Spéculent-ils sur les amitiés de l’un ou de l’autre dans le monde des affaires ? Une étude de l’École d’économie de Paris montre qu’en 2007 les entreprises considérées comme proches de Nicolas Sarkozy ont particulièrement profité de sa victoire.

Les « marchés financiers » s’intéressent-ils à l’élection présidentielle ? Et parient-ils sur la victoire d’un candidat au second tour ? Deux chercheurs de l’École d’économie de Paris, Renaud Coulomb et Marc Sangnier, se sont intéressés à un éventuel impact de la campagne électorale de 2007 sur plusieurs grandes entreprises françaises [1]. Ils ont étudié la variation des actions en bourse de 72 entreprises (CAC 40 et SBF 120) avant et après l’élection de Nicolas Sarkozy. Leur objectif : voir dans quelle mesure les entreprises ont profité ou pas des perspectives de victoire de l’un ou de l’autre.

Trois groupes de multinationales ont été distingués : celles qui bénéficiaient de mesures annoncées par le programme de Ségolène Royal, celles qui profitaient des propositions du futur président, et celles qui sont considérées comme faisant partie du réseau proche du candidat de l’UMP. Les chercheurs se sont ensuite intéressés aux variations de leurs cotations en bourse, « qui reflètent l’espoir placé en [la] performance future » de chaque candidat, comparées à l’évolution de la probabilité de victoire de l’un ou de l’autre, à partir du 1er janvier 2007.

Ils se sont aperçus que, plus l’échéance électorale approchait, plus les transactions boursières quotidiennes s’intensifiaient. Surtout, plus la probabilité de victoire du candidat Sarkozy se renforçait, plus les valeurs boursières des entreprises faisant partie de son réseau progressaient de façon anormale, comparativement à l’évolution générale de la Bourse. Et si Ségolène Royal avait été élue ? « Une telle victoire n’aurait pas eu d’impact particulier » sur la rentabilité financière des entreprises censées bénéficier de son programme, ont estimé Renaud Coulomb et Marc Sangnier.

Les amis de Sarkozy sur-valorisés de 7 milliards d’euros
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Le plan de bataille des marchés (MàJ Vidéo)

Addendum du 19/04/2012

http://www.dailymotion.com/video/xq7jpf

C’est une note de neuf pages, en anglais, rédigée par le « premier broker indépendant en actions européennes ». Dans ce document, que l’on retrouve dans l’intégralité sur le site de Reporterre, on découvre « le plan de bataille des marchés » si François Hollande l’emportait. En voici une traduction…

Cheuvreux, c’est le « premier broker indépendant en actions européennes ». Avec des bureaux dans quatorze pays, à Tokyo, San Francisco, Amsterdam, Boston, cette filiale du Crédit Agricole conseille 1200 investisseurs institutionnels, notamment anglo-saxons – notamment des fonds de pension et des banques.

À ces 1200 clients « corporate », cette société a adressé une note brève, en anglais, de seulement neuf pages. Qui n’était pas destinée au grand public, donc – seulement aux opérateurs de marché. Mais quand on est tombés sur ce document, grâce au site www.reporterre.net, on a eu l’impression de découvrir le plan de bataille des financiers.

Car eux préparent déjà l’après élection.
 Et ils comptent bien en tirer une victoire, quel que soit le vainqueur : la fin du CDI.

Jacques Sapir sur la crise à venir après l’élection de François Hollande :

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S’il est élu le 6 mai prochain, comme c’est le plus probable, le socialiste François Hollande devra clarifier sa position sur deux questions pressantes : l’austérité budgétaire et la réforme du marché du travail…

François Hollande a déjà signalé aux électeurs du centre qu’il ne reviendrait pas sur certaines des mesures les plus emblématiques et les plus utiles de son adversaire, s’il était élu. Il a en particulier fait savoir qu’il ne rétablirait pas l’infâme système des 35 heures sur lequel Nicolas Sarkozy est déjà revenu.

Il a également publiquement souscrit au programme de réduction des déficits accepté par Nicolas Sarkozy avec ses partenaires de la zone Euro.

Jusqu’ici, il a évité de promettre quoi que ce soit de concret qui satisferait l’appétit supposé de son électorat populaire pour l’interventionnisme étatique. Il a uniquement proposé quelques modifications mineures à la réforme des retraites de son opposant, ou encore à sa politique d’emploi public sans toutefois augmenter le nombre de fonctionnaires.

Somme toute, la seule ambiguïté de François Hollande, jusqu’ici, est de ne pas avoir fait une seule proposition de réformes favorables aux entreprises, en particulier du point de vue de la rigidité du marché du travail. Bien qu’on ne puisse lui reprocher d’avoir une approche stratégique, certaines clarifications deviendront rapidement nécessaires après les élections.

La menace d’attaques des marchés contre la dette souveraine de la France, due à la colère des partenaires de la zone Euro provoquée par l’inaction, devrait suffire à contraindre l’europhile pragmatique en lui.

Lire l’intégralité de l’article sur Fakir

Que ce soit avec Hollande ou Sarkozy : “La France va dans le mur”

Selon Nicolas Bouzou, économiste chez Asteres, les programmes des deux poids lourds des candidats ne sont pas de nature à rassurer les marchés financiers. Il estime que toute augmentation brutale des dépenses sera très rapidement sanctionnée par les investisseurs.

Si les marchés financiers se crispent, je crains que le prochain projet de loi de finances soit des plus austères. Avec les conséquences sociales que l’on peut imaginer.

La zone euro va-t-elle à nouveau être victime de la défiance des marchés financiers ?

Cette défiance est déjà perceptible vis-à-vis de certains pays fragiles. C’est le cas de l’Italie mais surtout de l’Espagne, en témoigne la récente et brutale augmentation des spread entre les taux espagnol et allemand à 10 ans.
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Alerte, les robots ont pris le pouvoir dans la finance !

Pour faire simple, les quants sont des mathématiciens et programmeurs informatiques et sont au cœur d’une révolution dans la finance : le commerce d’actifs financiers à la vitesse de la lumière via des robots matheux. Mais le problème des quants n’est pas uniquement un problème de robots puisque leurs travaux conduisent presque toujours à la sous-estimation systématique des événements rares.

Décrire la réalité du monde avec les chiffres est une tendance qui semble s’accélérer. Ainsi, la technologie numérique s’associe avec les modèles financiers pour montrer que nous, “humains“, interagissons avec notre environnement à l’aide de modèles mathématiques. Ces modèles peuvent être très complexes pour une majorité de personnes, mais un commerçant n’a nullement besoin de maîtriser les modèles d’ingénierie financière pour comprendre la situation de son magasin et décider.

Pour notre commerçant, même si le hasard ne peut pas être prédit ou contrôlé, il n’est pas moins suggestif. Les modèles mathématiques peuvent être brillants, mais plus ils le sont, plus ils peuvent avoir tendance à vouloir modéliser le monde tel que l’on souhaiterait qu’il soit. En fait, le problème n’est pas tant les modèles mathématiques, mais la manière dont nous les utilisons.

Et en termes d’utilisations, nous avons franchi la ligne jaune avec les quants, apparus sur le devant de la scène après le krach financier éclair du 6 mai 2010 (Wall Street a plongé de 9% pendant 20 minutes). Pour faire simple, les quants sont des mathématiciens et des programmeurs informatiques réunis dans les salles de marché des grandes banques d’investissement du système financier mondial. Les quants sont au cœur d’une autre révolution dans la finance : le commerce d’actifs financiers à la vitesse de la lumière via des robots matheux.

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Pourquoi le « mécanisme européen de stabilité » est une aberration

Extrêmement risqué du point de vue financier, destructeur sur le plan social, et anti-démocratique, le mécanisme européen de stabilité symbolisera-t-il le suicide de l’Europe et la fin d’un demi-siècle de patiente construction et de progrès social ? Explications.

Le 21 février, l’Assemblée nationale se prononcera sur le « Mécanisme européen de stabilité » (MES). Voulu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, ce complexe traité instaure une sorte de FMI européen. Il aura « pour but de mobiliser des ressources financières et de fournir, sous une stricte conditionnalité (…), un soutien à la stabilité à ses membres qui connaissent ou risquent de connaître de graves problèmes de financement ». En clair, le MES devrait être en mesure d’avancer des fonds aux États de la zone euro qui rencontreraient des difficultés pour emprunter directement auprès des marchés financiers. Les 17 États membres l’ont signé le 2 février. Reste à le ratifier…. Cela se fera-t-il dans l’indifférence générale ? Si le traité est combattu par le Front de gauche, le PS hésite à s’y opposer vraiment, Europe-écologie Les verts (EELV) demeure pour le moment discrets sur le sujet.

Le MES en tant que tel n’est pas un traité, mais une société financière, basée au Luxembourg, dont les actionnaires sont les 17 États de la zone euro. Le capital est fixé à 700 milliards d’euros. Plus un pays est fort économiquement, plus il est obligé de souscrire un nombre important d’actions [1]. Les deux plus gros « actionnaires » sont ainsi l’Allemagne (à 27 %) et la France (20,5 %), suivi par l’Italie (18 %), l’Espagne (12 %) puis les Pays-Bas (5,5 %). Les 12 autres actionnaires possèdent entre 3,5 % (Belgique) et 0,07 % (Malte) du capital. Question préalable : la France devra-t-elle donc débourser 142,7 milliards d’euros pour honorer ses engagements auprès du MES ? Pas en un seul chèque. Le capital de chaque pays doit être mis à disposition dans les cinq ans, par tranche de 20 % par an (soit 28,5 milliards par an dans le cas français, 38 milliards dans le cas allemand). Cependant, en cas de difficultés, les dirigeants du MES peuvent accélérer le versement de ce capital [2]. Dans ce cas, les pays membres devront s’acquitter de la somme demandée dans les sept jours.

Un mécanisme fragilisé par la pression des marchés

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L’aveu

Les déclarations du socialiste dans la presse anglo-saxonne ont provoqué l’ire de Jean-Luc Mélenchon.

Ses déclarations à la presse anglo-saxonne visaient simplement à rassurer le monde de la finance, qu’il avait présenté plus tôt dans sa campagne comme son “principal adversaire”.

Mais les propos de François Hollande dans le Guardian, lundi, ont visiblement déplu à ses alliés communistes. Dans le quotidien britannique, répondant à un journaliste qui s’inquiétait de l’arrivée de la gauche au pouvoir en France, le candidat socialiste déclare

“les années 80 étaient une époque différente. Les gens disaient qu’il y aurait des chars soviétiques sur la place de la Concorde. Cette époque est révolue, c’est de l’Histoire”.

Le candidat socialiste affirme au passage qu’en France, “il n’y a plus de communistes”.

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Spéculation : l’Espagne a déjà remboursé trois fois sa dette !

En dix ans, l’Espagne a remboursé 1 020 milliards d’euros de dette, taux d’intérêt compris. Soit trois fois le montant de ce que l’État avait emprunté en 2000. Un énorme transfert des richesses ponctionnées sur la population et les services publics au bénéfice de riches créanciers. Comme en Grèce ou au Portugal…

La dette de l’État espagnol est le point de mire de toute l’Europe, du fait que les marchés financiers (banques d’investissement, fonds vautours et assurances) continuent à spéculer sur cette dette avec un seul objectif : amasser de juteux bénéfices. Et cela provoque l’appauvrissement de la population dans son ensemble, car toute cette spéculation conduit à une augmentation progressive des intérêts à payer, réduisant à leur tour d’autres dépenses de l’État : éducation, prestations de retraite, vieillesse et chômage, justice, santé ou services sociaux. Toutes ces mesures d’austérité, équivalentes aux plans d’ajustement structurel menés au sud de la planète à partir des années 1980, ne font qu’augmenter les inégalités sociales, à travers l’appauvrissement chaque fois plus important des personnes, spécialement des plus vulnérables (femmes, minorités ethniques, jeunes, immigrés, personnes au chômage et à la retraite).

Cependant, et contrairement au discours dominant, ce ne sont pas les dépenses publiques qui ont augmenté la dette de l’État espagnol, mais, bien au contraire, les mesures qui ont provoqué des déficits obligeant à un endettement croissant, et dont le bénéfice pour l’ensemble de la population est plus que douteux. Par exemple, la baisse des impôts sur les successions et donations, sur la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, et la suppression de l’impôt sur le patrimoine ont bénéficié aux plus riches, dont le patrimoine, en réponse à leur cupidité, a par ailleurs été protégé par la fraude fiscale, la baisse des impôts sur les sociétés et les Sicav.

Effet boule de neige

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“Dans la zone euro, c’est le marché qui gouverne”

La politique ne se fait pas à la corbeille”, lançait le général de Gaulle le 28 octobre 1966 quand la Bourse plongeait, après avoir exagérément monté, en 1962. L’économiste André Orléan, directeur de recherche au CNRS, rappelle cette formule pour montrer, dans un entretien au Monde, que le pouvoir politique est aujourd’hui assujetti aux décisions des marchés financiers. De la même façon, il trouve “disproportionné” l’affolement qui a suivi la dégradation de la note de la France par l’agence de notation Standard & Poor’s.

André Orléan, 61 ans, vient de recevoir le prestigieux prix Paul-Ricoeur pour son ouvrage L’Empire de la valeur. Refonder l’économie (Seuil, 2011). Il déploie dans ce livre une critique de fond des économistes “néoclassiques, qui veulent faire croire à l’“objectivité” des valeurs financières, quand lui décrit un système subjectif. Pour éviter les fausses évaluations, les crises et les krachs cycliques, mais aussi les politiques de rigueur imposées aux populations, André Orléan affirme qu’il faut repenser la notion de valeur, en comprendre les limites, redonner sa force au pouvoir politique.

C’est pour s’atteler à cette réflexion qu’André Orléan préside l’Association française d’économie politique (AFEP), qui milite pour le pluralisme dans l’enseignement et la recherche en économie. Il est aussi un des quatre signataires du Manifeste d’économistes atterrés (éd. Les liens qui libèrent, 2010), qui remettent en cause la politique de l’Union européenne dans le traitement de la dette souveraine. Le quatuor vient de publier aussi Changer d’économie ! Nos propositions pour 2012 (éd. Les liens qui libèrent).

Qui gouverne en Europe ?

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Market makers

Si on était animé d’un esprit critique, on laisserait à penser que les « Market makers » sont les béquilles d’un marché qui se pose en ultima ratio de l’allocation des capitaux. Dans la réalité, ils sont là, pour faire tenir debout l’obsession et peut-être une part essentielle de la raison d’être des marchés financiers : la liquidité.

Les « faiseurs de marché »…. En français, on a préféré éviter les « faiseurs de marché » du coup on hésite, « teneurs de marché », « animateurs de marché »… on ne sait pas trop. Ce qui est sûr : ce petit métier, comme la Bourse et les marchés financiers en raffolent, fait partie de tous ceux qui sont là pour que la belle mécanique pure et parfaite du rapport entre l’offre et la demande ne souffre pas de grains de sable, d’anomalies, de manques. Sur les marchés financiers tous ces petits défauts dans le fonctionnement de la mécanique ont trait à la « liquidité ».  « …espoir suprême et suprême pensée ! ». Sans liquidité, pas de marché financier qui tienne. Sans liquidité, pas de cotation, pas de « produit financier », pas d’ « instrument de marché ». La liquidité sur un marché financier c’est l’équivalent de l’essence pour un moteur à explosion. Quand il n’y en a plus, plus rien ne se passe.
Donc les « teneurs de marché », les « animateurs de marché » sont là, pour le cas, où la liquidité viendrait à manquer. On utilisera, ici, les deux termes pour décrire la formule anglaise.

Teneurs de marché ?

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La récession de 2010 ? Celle de 1929 en plus lent…

Par Marc Mayor

La crise boursière est-elle en passe d’être résolue ? Peut-être pas… L’attitude optimiste consiste à croire que les gouvernements parviendront à atténuer la violence des chocs, à les diluer dans le temps, à grands coups de programmes de stimulus, d’assouplissement quantitatif et de dettes publiques ; des pommades appliquées sur une jambe de bois.

1930 ou 2010 : même combat ?

De nombreux analystes techniques ont relevé les multiples similitudes entre les deux plus importantes crises du capitalisme. Toutes les deux sont apparues à la suite de longues périodes de hausse des marchés, alimentées par une spéculation effrénée. Dans les États-Unis modernes, c’est la conséquence du recours quasi systématique des acteurs économiques à l’endettement facile.

A cela s’est ajouté l’effet de richesse lié à l’immobilier. Les individus achetaient une maison à crédit et la revendaient quelques années plus tard – ou même quelques mois plus tard parfois – à un prix plus élevé, encaissant un bénéfice qu’ils utilisaient pour financer leur mode de vie.

La pierre est restée une machine à liquidités tant que le marché était haussier. Et puisqu’il était haussier, les génies de Wall Street se sont dit qu’il fallait en faire profiter la majeure partie de la population : ils ont donc inventé les prêts à haut risque. Jusqu’au moment où ces personnes ont commencé à ne plus rembourser leurs hypothèques…

Cela a entraîné le retournement du marché immobilier, des pertes abyssales pour les banques – qui ne sont pas terminées – et a totalement bloqué le crédit destiné à l’économie réelle. Récession, croissance amorphe, chômage, des millions d’américains soutenus par l’État : les mêmes causes que dans les années 1930 ont produit le même genre d’effets.

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La France, les étrangers l’aiment et l’achètent

Dette publique, capital des entreprises, immobilier… Les investisseurs étrangers sont très présents dans l’Hexagone.

1.591 milliards d’euros de dette publique en France à la mi-2010, soit 82,9% du produit intérieur brut (PIB). Avec 163 milliards de plus en tout juste un an, cette dette s’est alourdie de plus de 8 points de PIB (à rapprocher de la croissance annuelle qui se situe entre 1,5 et 2,5 points de PIB par an).

Certes, il s’agit de la dette publique brute, comme définie par le traité de Maastricht. Elle totalise l’ensemble de la dette de l’État, des collectivités territoriales et des organismes publics. On distingue aussi la dette publique nette : par rapport à la précédente, on en déduit l’ensemble des actifs (biens et actions) possédés par l’Etat.

Cette dette nette s’établit aux alentours de 1.420 milliards d’euros mi-2010 (1.389 fin mars 2010, selon l’Insee). A de tels niveaux, peu importe que l’on se focalise sur l’une ou l’autre dette : elle est gigantesque et pèse, pour la dette publique, 24.500 euros sur les épaules de chaque Français.

1.223 milliards d’euros de dette publique négociable

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20 000 milliards de dollars, chroniques de la folie américaine

En 2020, la dette des États-Unis devrait, au bas mot, atteindre les 20.000 milliards de dollars.

Et si les États-Unis tiraient un trait dessus sans la rembourser ?

Telle est la thèse d’Édouard Tétreau, ex-analyste financier pendant les folles années Internet et aujourd’hui conseil en stratégie et communication financières.

Même si cette éventualité paraît difficile à envisager, il faut peut-être la prendre au sérieux. En 2000, alors analyste au Crédit lyonnais, Édouard Tétreau n’avait-il pas été le premier à rédiger une note intitulée “Alerte sur les valeurs médias européennes : prenez vos e-profits avant un éventuel krach.”

Deux ans plus tard, il avait écrit une note sur Vivendi Universal où il évoquait la mauvaise gestion et les scénarios possibles, du raid boursier jusqu’au débarquement pur et simple de son PDG, Jean-Marie Messier.

Les USA ne rembourseront jamais leurs dettes… ils n’ont pas d’autre choix que de rembourser en monnaie de singe. Quand on commence à se faire la guerre sur les monnaies, la guerre tout court finie par très vite arriver. 20.000 milliards de dollars est une estimation très optimiste.”

Ardoise magique »

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Wall Street a aidé la Grèce à dissimuler ses dettes et a attisé la crise européenne

Voilà la traduction du fameux article du New York Times, qui a lancé la polémique il y a un mois.

Par des tactiques analogues à celles qui ont favorisé les subprimes aux USA, Wall Street a aggravé la crise financière qui ébranle la Grèce et sapé la solidité de l’euro, en permettant aux gouvernements européens de dissimuler la croissance de leur endettement.

Tandis que les soucis causés par la Grèce ébranlaient les marchés financiers, des interviews et articles montraient que, durant une décennie, ce pays avait, avec l’aide de Wall Street, tenté de contourner l’endettement maximum imposé par l’UE (Critères de convergence européens relatifs à la dette publique). Un «deal» créé par Goldman Sachs a aidé à faire échapper des milliards de dettes à la surveillance du budget à Bruxelles.

Alors que la crise était prête à exploser, les banques cherchaient encore des moyens de soutenir les efforts de la Grèce pour ne pas rendre de comptes. Début novembre – trois mois avant qu’Athènes ne devienne l’épi­centre d’un ébranlement planétaire du monde de la finance – une équipe de Goldman Sachs s’est rendue dans la cité antique pour faire à un gouvernement qui se débattait pour payer ses dettes une proposition fort moderne ; c’est ce que racontent deux personnes qui ont été instruites lors de cette rencontre.

Les banquiers – emmenés par Gary D. Cohn, Président de Goldman Sachs – ont fait miroiter un instrument financier qui aurait repoussé dans un lointain avenir l’endettement du système de santé grec – un peu comme des propriétaires en faillite prendraient une seconde hypothèque sur leur maison, pour amortir le découvert de leurs cartes de crédit.

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Le risque qui dépasse de loin celui de la grande récession

Les banques sont autorisées à ne pas détenir de fonds propres sur les obligations d’État. Cela sous-entend que ces titres sont sûrs à 100%. « C’est un mensonge historique », selon Tito Tettamanti. La BRI elle-même dresse un portrait pessimiste des dettes gouvernementales.

Les banques sont autorisées à ne pas détenir de fonds propres sur les obligations d’État. Cela sous-entend que ces titres sont sûrs à 100%. « C’est un mensonge historique », selon Tito Tettamanti. La BRI elle-même dresse un portrait pessimiste des dettes gouvernementales

Rien ne serait plus naïf que de prendre les déclarations des autorités au pied de la lettre. Dans la crise de l’euro, «les banques sont des victimes, mais c’est avant tout une crise des finances des États et de la politique», a déclaré Tito Tettamanti, dans la SonntagsZeitung. Son argumentation? «Les exigences de capital des banques, contenues dans les normes de Bâle II, autorisent les banques à ne placer aucune réserve de fonds propres sur les obligations d’Etat.

L’évolution démographique provoquera un ralentissement permanent de la croissance économique, de la productivité et de l’épargne. Les recettes de l’État seront inférieures et les dépenses plus élevées. «A moins qu’une action rapide ne soit déployée, ces coûts pourraient augmenter fortement et subitement», selon les auteurs. Plutôt qu’une intervention immédiate sur les dépenses ou une hausse des impôts, qui freinerait une croissance déjà fragile, les économistes recommandent un relèvement «un relèvement de l’âge de la retraite».

Les autorités estiment donc que ces titres sont sûrs à 100%. «C’est un mensonge historique», à son avis. La crise de l’eurozone appuie son discours. Poussées par les autorités à détenir des obligations souveraines, les banques (et les assurances) risquent fort d’accuser de lourdes pertes sur leurs titres.

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