«Food tax», solution la plus efficace pour l’OMS

Les taxes sur les aliments mauvais pour la santé constituent l’une des mesures politiques les plus efficaces pour améliorer l’alimentation de la population, estime l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un rapport publié mardi 24 mars.

Peu appréciées des industriels, et de manière assez variable par le public, les taxes sur les aliments sont considérées par de nombreux experts en santé publique comme l’un des moyens les plus efficaces pour infléchir la consommation des produits gras, sucrés ou salés. Dans son rapport, l’OMS évoque plusieurs expériences menées dans l’Union européenne, avec des résultats plutôt encourageants.

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La boîte de conserve à toutes les sauces

Avec une moyenne de 50 kilos par personne et par an, les Français sont les plus gros consommateurs de conserves alimentaires en Europe. Inventée il y a deux cents ans, la boîte de conserve a révolutionné notre alimentation. Saine et pratique, une image de malbouffe lui est pourtant associée.

Cette enquête se penche sur le contenu (des haricots cueillis et mis en boîte en quelques heures seulement, des sardines nettoyées et emboîtées à la main) et le contenant : en verre avec la tradition des bocaux maison, mais aussi en carton pour la version écologique.

Céréales : Pas de bol pour le petit-déj !

Immersion inquiétante au cœur des produits qui composent le petit-déjeuner préféré des enfants. Quand un gamin consomme un vrai bol de céréales, c’est-à-dire de 80 à 100 grammes, c’est comme s’il mangeait dix bonbons ! Une certitude : rien ne vaut une bonne vieille tartine de confiture ! Alors que les céréales sont un bienfait de la nature pour notre organisme, les industriels de l’agroalimentaire ont fait de ces aliments sains des bombes caloriques.

Savez-vous vraiment ce que mangent vos enfants le matin ? Smacks, Chocapic, Frosties, Cheerios, Miel Pops ? Soyez bien attentifs à ce que vous leur donnez car ces préparations débordent de graisses saturées et de sucre, affirme cette enquête de France 5.

Aux États-Unis, toujours en “avance” dans le domaine de la malbouffe, on constate que les enfants font aujourd’hui des crises cardiaques et sont diabétiques avant leurs parents. En France, la situation est moins désespérée mais 20% des moins de 17 ans sont en surpoids ou déjà obèses. Or, pour les nutritionnistes, il n’y a pas de doute : la consommation de céréales industrielles peut rendre obèse !

Devant la catastrophe sanitaire qui s’annonce, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire le signal d’alarme et recommande de ne pas dépasser les 25 grammes de sucre par jour. Une dose que les fabricants de céréales ne respectent pas : dans un bol, on trouvera l’équivalent de 10 morceaux de sucre !

Noël, une bûche à tout prix !

A l’heure du dessert, chaque année, la bûche trône sur la table du réveillon. Sans elle, le soir de Noël aurait-il la même saveur ? Son succès est tel qu’elle est devenue une star à l’étranger, s’exportant même au pays du Soleil-Levant.

Classique dans sa version crème au beurre ou plus légère en mousse de fruits, il s’est vendu sept millions de bûches glacées en 2013.

De la pâtisserie haute couture élaborée par des orfèvres à la bûche low cost vendue à moins de quatre euros, ce document invite à découvrir les coulisses de ce dessert festif.

Réalisé par Elisa Hélain (France 5 – 14/12/2014)

Périco Légasse : Noël, la malbouffe, la France et moi

Foie gras, huîtres, champagne, saumon… La période des fêtes approche avec son lot de repas gargantuesques. L’occasion de rencontrer Périco Légasse qui nous rappelle que l’instant de table est fondateur de notre civilisation.

FigaroVox: La période des fêtes approche avec son lot de repas gargantuesques. Quels sont les produits qui vont envahir les supermarchés et nos assiettes?

Périco Légasse : A ce moment de l’année, la communication pro surconsommation pousse les gens à ingurgiter des produits à consonance luxueuse avec les mots «foie gras» ou «saumon fumé», issus pour la plupart de l’industrie agro-alimentaire et qui ne correspondent pas à ce que sont ces produits à l’origine.

La publicité donne l’illusion aux masses de manger comme les riches et la grande distribution met à la disposition de cette clientèle désabusée des millions de tonnes de cochonneries qui portent le nom de «foie gras», de «saumon fumé» et de «chocolat», mais qui n’en sont pas!

En réalité, ces produits-là doivent être d’un niveau qualitatif élevé et vendus à un certain prix en deçà duquel le consommateur prend un risque énorme.

FigaroVox : Qu’est-ce qu’un vrai foie gras ou un vrai saumon ?

Un vrai foie gras, au départ, c’est un foie entier de palmipède, canard ou oie, élevé dans des conditions respectueuses de l’animal. Certes, celui-ci est gavé, mais à un rythme où il puisse supporter cette forme d’alimentation. De même, les saumons authentiques ne sont pas gavés d’antibiotiques dans des cages sous-marines où on les entasse par centaines de milliers, mais élevés dans des volumes où il se développent avec suffisamment d’espace et se nourrissent avec des aliments sains.

On peut faire des usines à bouffe partout, des usines à foie gras, des usines à saumon, face auxquelles on trouve une production fermière ou paysanne qui correspond à ce que ces produits qui font rêver doivent être à l’origine, une sorte d’exception. Ces derniers étaient forcément bons car ils ne sortaient qu’à ce moment de l’année, respectueux de la saison, à une échelle raisonnable. Or aujourd’hui, on mange de tout toute l’année. Et à Noël, il faut encore en manger un peu plus … C’est une dérive alimentaire déplorable.

FigaroVox: Comment faire pour éviter cette dérive? Quels seraient vos conseils de gastronome ?
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Des asticots dans vos steaks

Pierre Hinard élève ses salers bio à Châteaubriant. L’ex-directeur qualité de Castel Viandes a été licencié en 2008 après avoir révélé les dérives de la société familiale. Analyses et dates falsifiées, recongélations et autres horreurs: dans un livre explosif, il dénonce les dérives d’une usine à viande.

Bottes aux pieds, au milieu de son pré, le paysan cite Churchill : “Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre.” Pierre Hinard est un emmerdeur du genre combatif. Une sorte de chevalier blanc, qui préférerait se faire rôtir vivant plutôt que de cautionner un scandale. Et, en la matière, le destin lui a donné l’occasion d’éprouver sa morale. Avant de devenir éleveur de vaches salers engraissées à l’herbe bio, il a été, un temps, directeur de la qualité de Castel Viandes, l’un des plus grands abattoirs de Loire-Atlantique.

En décembre 2008, il a été licencié après avoir dénoncé les conditions d’hygiène de l’usine. Mais il n’est pas parti les mains vides. Il a photocopié des centaines de documents d’archives prouvant les infractions de l’entreprise.

Celui qui se définit comme un “lanceur d’alerte sanitaire” a écrit un livre dans lequel il raconte ses cinq années d’abattoir. “Omerta sur la viande” est une grenade dégoupillée capable de déclencher un nouveau “bidoche gate”. Il accable ceux qui dirigent l’entreprise.

Il y raconte les asticots qui tombent des bouches d’aération dans la viande, la falsification méticuleuse des documents de traçabilité ou encore le rôle des services vétérinaires, qui font semblant de ne pas voir une viande remballée trois fois – ces derniers n’ont pas souhaité nous répondre.

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Cure de jus pour vaincre l’obésité et le diabète

C’est l’histoire d’un homme qui a décidé de prendre sa santé en main devant le fatalisme médical et d’en faire un film sur la thérapie qu’il a décidé de mettre en place : ne consommer pendant 60 jours que des jus de légumes. Et il décide de vivre cette expérience dans la Mecque de la malbouffe : les États-Unis.

30 jours à New-York, 30 jours sur la route, à rencontrer des personnes et partager son expérience… jusqu’à rencontrer son double et de l’inviter à s’aider comme il s’est aider lui-même…

Documentaire sur le fonctionnement propre au système physiologique humain, à l’espoir de guérison, à l’aide, à la régénération physique, émotionnel, sociale… vitale.

Villes comestibles : « Faites pousser la révolution ! »

Ce documentaire présente les histoires extraordinaires de gens très ordinaires qui mettent les mains dans la terre, qui travaillent à la transformation de leurs communautés par un acte véritablement révolutionnaire.

Les acteurs de ces projets mettent en place des productions locales de nourriture biologique ; des initiatives à la fois sociales, écologiques, politiques, et économiques.

Une source d’inspiration, de solutions, et une action efficace qui combat plusieurs des problèmes de notre époque: les émissions de gaz à effet de serre, les pertes énergétiques, les inégalités sociales, la malbouffe, le chômage, la disparition du lien social, l’érosion de la biodiversité, le manque de résilience, l’injustice alimentaire.

Hambuster

Un homme mange tranquillement un hamburger dans un parc public, assis sur un banc. Lorsque tout d’un coup, son burger devient vivant et menaçant. Une folle et apocalyptique aventure va alors se mettre en place pour combattre ce burger aux allures de monstre carnivore et meurtrier qui ravage tout sur son passage.

Mondialisation : Les pays impliqués dans la filière Nutella

La pâte à tartiner aux noisettes Nutella est devenu un produit tellement représentatif de la mondialisation que l’OCDE a décidé de l’utiliser comme étude de cas dans un rapport sur les filières d’approvisionnement mondiales : « Mapping Global Value Chains » (p.17 et suiv) :

Chaque année, 227.000 tonnes de Nutella sont vendues aux consommateurs de pas moins de 75 pays différents. Mais ce n’est pas ce qui est le plus remarquable à propos de Nutella : car non seulement la pâte à tartiner est vendue partout, mais ses ingrédients proviennent d’une multitude de pays, et c’est en cela qu’elle est le parfait exemple de ce que la mondialisation signifie pour les produits alimentaires.

Ferrero International, la société qui commercialise Nutella, a son siège social en Italie, mais elle détient 9 usines dans le mondent qui fabriquent la pâte à tartiner : 5 en Europe, 1 en Russie, 1 en Amérique du Nord, 2 en Amérique du Sud et 1 en Australie.

Même si certains ingrédients sont fournis localement, comme les matériaux d’emballage, ou le lait, par exemple, d’autres sont importés d’autres régions du monde : les noisettes viennent de Turquie, l’huile de palme de Malaisie, le cacao provient du Nigeria, le sucre du Brésil ou de l’Europe et la vanille, de France.

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Corinne Gouget : La vérité sur les plats en boites, les soupes et les sauces en sachets

Aspartame, glutamate monosodique, acésulfame K, édulcorants, colorants et autres additifs, Corinne Gouget, auteur du best seller: “Additifs alimentaires, danger“, lutte depuis de longues années contre ces poisons dans nos assiettes qui ne subsistent que grâce à l’avidité exponentielle des lobbies et la complicité des gouvernements.

États-Unis : La malbouffe plombe la santé publique et l’économie

Depuis le siècle dernier, les principales causes de décès constatées aux États-Unis ont changé: les maladies chroniques sont désormais en haut de la liste des causes de mortalité. L’excès de certains nutriments et/ou le déséquilibre du régime alimentaire sont pointés du doigt et apparaissent comme l’explication la plus récurrente de cette évolution.

Les mauvaises indications alimentaires, qui ont peut-être été biaisées pendant des années, ont contribué à la création d’une société obèse. Actuellement aux États-Unis, deux tiers des adultes ont un problème de surpoids et un tiers de la population est obèse. Les impacts sur l’économie sont d’autant plus importants: par rapport aux coûts directs, notamment médicaux, et aux couts indirects tels que l’impact sur la productivité, les transports, et le capital humain.

A l’échelle mondiale le nombre de cas de personnes atteintes d’obésité a doublé depuis 1980. Les États-Unis sont en tête de cette longue liste de pays où l’obésité est devenue non seulement un problème de santé mais également un problème social et économique, les dépenses découlant directement ou indirectement de l’obésité sont estimées à 215 milliards de dollars.

Les personnes en surpoids ou obèses sont plus susceptibles de contracter des maladies coronariennes ou le diabète de type 2 et sont également plus exposées aux troubles mentaux (dépression, dyslexie etc.) L’obésité devient un problème économique et politique avec d’un côté les coûts médicaux qui ne cessent de grimper, – impactant les budgets personnels mais également ceux de la nation, à travers l’augmentation des frais d’assurance et des impôts.

D’un autre côté, la productivité des individus en surpoids diminue et représente ainsi un coût important à porter par les entreprises et finalement par l’économie du pays.
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McDo : Une passion française (Rediff.)

Comment l’irréductible pays gaulois s’est laissé envahir par des légions de McDonald’s. Il y a des vérités qui font mal à l’estomac. En trente ans, la France, le pays de la bonne chère et des grands crus, s’est imposée comme le deuxième marché pour la firme McDonald’s, juste derrière les États-Unis.

Le réalisateur revient sur l’affaire du McDo de Millau avec José Bové, s’offre une virée en compagnie du gastronome et animateur Jean-Luc Petitrenaud et visite McDo avec le critique gastronomique François Simon. Il décortique ainsi notre identité culinaire, explorant le décalage entre l’idée que les Français se font d’eux-mêmes et la réalité.

Aujourd’hui, la Gaule est occupée par un total de 1.200 restaurants. Que s’est-il passé ? Ce film raconte comment une poignée d’opposants a poussé l’ennemi à changer de stratégie pour parfaire une conquête déjà bien partie. Parce qu’au fond, le fast-food, les Gaulois aiment ça.

87% des enfants ne connaissent pas les betteraves, les courgettes ni les poireaux

Près de 87% des enfants ignorent ce qu’est une betterave, révèle une enquête publiée jeudi, une méconnaissance qui favorise les mauvaises pratiques alimentaires à l’origine du surpoids d’un écolier sur cinq.

Réalisée dans les écoles au cours du premier trimestre 2013, cette enquête de l’Association santé environnement France (ASEF) indique que les enfants ne boivent pas assez d’eau, consomment trop d’assaisonnement, ignorent de nombreux fruits et légumes et l’origine des aliments transformés, comme les frites ou les nuggets.

A table près d’un enfant sur quatre boit du sirop, du jus de fruit ou du soda et seulement 20% disent ne jamais rajouter de sel ou du sucre dans leur plat. Quant aux sauces mayonnaise et ketchup, ils sont 10% à déclarer en rajouter systématiquement.

Parmi les fruits et légumes, si les jeunes reconnaissent facilement les poires, les pastèques et les carottes, en revanche ils sont 87% à ne pas savoir ce qu’est une betterave. Un écolier sur trois ne sait pas non plus identifier un poireau, une courgette, une figue ou un artichaut.

D’ou viennent les nuggets, chips, pâtes…
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Super size me (Rediff.)

Le fast-food est partout. 37 % des enfants et des adolescents américains ont un problème de poids. Deux adultes sur trois sont atteints de surcharge pondérale ou d’obésité. Comment l’Amérique est-elle devenue aussi grosse ?

Pour mener son enquête, Morgan Spurlock a traversé les États-Unis et interrogé des spécialistes dans plus de vingt villes. Un ancien ministre de la santé, des profs de gym, des cuisiniers de cantines scolaires, des publicitaires, des avocats et des législateurs lui confient le résultat de leurs recherches, leurs sentiments, leurs craintes et leurs doutes.Mais le fil rouge de ce documentaire est une expérience que Morgan Spurlock décide de mener sur lui-même. Sous la surveillance attentive de trois médecins, le voilà donc au régime MacMuffin, Big Mac, Royal Cheese, frites et coca.

(Merci à Nowno pour sa suggestion)

Bolivie : McDonald ferme tous ses restaurants

La Bolivie est devenue la première nation à se libérer de la malbouffe de McDonald, qui a lutté pendant plus d’une décennie pour conserver son icône «rouge». Et cette victoire de la Bolivie a encore fait la une des journaux.

Après 14 ans de malbouffe dans le pays et en dépit des nombreuses campagnes de promotion, McDonald a été contraint de fermer en 2002, ses 8 restaurants boliviens dans les principales villes de La Paz, Cochabamba et Santa Cruz de la Sierra.

McDonald a servi ses derniers hamburgers en Bolivie un samedi à minuit, après avoir annoncé un plan de restructuration global dans lequel il allait fermer ses portes dans sept autres pays à faibles marges bénéficiaires. Une victoire pour la santé des peuples du sud.

L’échec de McDonald en Bolivie a eu un impact profond qui a donné lieu à un documentaire intitulé « en Bolivie Por que quebro McDonald » (ou « Pourquoi McDonald a fait faillite en Bolivie »). Ce documentaire tente d’expliquer pourquoi les Boliviens n’ont jamais délaissé leurs empanadas traditionelles pour un Big Mac de merde et plein d’OGM.
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Dans l’enfer de la malbouffe

Entre le fromage synthétique et les îles flottantes sans œufs, l’industrie agroalimentaire nous fait avaler n’importe quoi. Un livre enquête sur ce phénomène. A en perdre l’appétit.

Le scandale des lasagnes à la viande de cheval a jeté une lumière crue sur le phénomène de la malbouffe. Mais cet événement est une goutte d’eau dans la mer. Et ce serait presque une gentille rigolade par rapport aux futurs scandales qui risquent d’ébranler le domaine de l’agroalimentaire.

Dans un ouvrage sorti mercredi, «Vive la malbouffe, à bas le bio», Christophe Labbé et Olivia Recasens, journalistes au Point, Jean-Luc Porquet et Wozniak, journaliste et dessinateur au Canard enchaîné, nous dressent le musée des horreurs de la bouffe.

Le bio
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Alerte à Babylone

Babylone était cette cité assiégée de l’extérieur. Ce qui menace aujourd’hui la société globale d’effondrement résulte de la mystérieuse contrainte qui s’impose à elle de poursuivre son développement sans limite. Et cette contrainte ne peut être satisfaite que par la restriction toujours plus poussée des libertés humaines. À travers une série de déplacements et rencontres au sein de la Cité moderne, ce film nous propose un constat actualisé de cette inquiétante perspective.

De la drogue dans nos assiettes ? (Rediff)

Glaces, chips, plats préparés… Difficile d’y résister. Obèses ou en bonne santé, nous sommes tous accros à l’alimentation industrialisée qui représente 80% de ce que nous ingurgitons. Rémy, un franco-américain, sillonne l’Europe et l’Amérique pour comprendre comment l’addiction alimentaire s’est généralisée.

Laboratoires de recherche, usines à malbouffe, marchés paysans, etc., tout y passe : rien ne manque à cette grande enquête (qui a duré deux ans), sauf… la participation des géants de l’agrobusiness, genre Nestlé, Danone ou Kraft Food, qui ont tous refusé de répondre à la moindre question. Comme s’ils avaient des choses à cacher…

Et, en effet, l’enquête le démontre, ils ont énormément de choses à cacher – alors même que 80 % des aliments que nous consommons sortent de leurs usines. Comment a-t-on pu en arriver là ? Quels sortilèges peuvent bien expliquer notre irrésistible attirance pour cette “junk food ” industrielle ? Est-il vraiment normal et utile que les hypermarchés proposent jusqu’à 91 variétés différentes de yaourts ?

Certains des aliments offerts à notre sotte convoitise “contiennent jusqu’à 50 composés chimiques différents”, constate un expert. Lequel ajoute : “Notre cerveau n’a jamais été préparé à ça”. A force d’analyser ces innombrables saveurs imprévues, notre cerveau perd la tête. Et tel est bien le but poursuivi – ceci au nom des actionnaires en attente de profits à 15 % l’an, et au mépris de la santé publique.

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Bien se nourrir : Condition de la survie d’un peuple

La nourriture nous définit, témoigne de qui l’on est, de nos goûts et de nos origines. C’est elle qui nous fait vivre et grandir, qui nous apporte les éléments nécessaires pour être en bonne santé et accomplir nos tâches, et qui par conséquent nous permet de nous développer et de nous reproduire : « dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es ».

Pourtant, des maladies se développent à une vitesse fulgurante : le cancer, véritable maladie du XXe siècle, poursuit son ascension : hausse du nombre de cancers du sein, de la prostate et du colon ; cas de diabète de plus en plus graves et, surtout, de plus en plus jeunes (dès 6 ans aux États-Unis) ; obésité galopante, non plus cantonnée à l’Amérique mais en France aussi (1 enfant sur 5 dans l’Hexagone) ; culte de la malbouffe de la rue au réfrigérateur ; perte de recettes, de plats régionaux et enracinés, témoins d’une culture et d’un savoir-vivre ; expansion du hard discount dans l’alimentation, etc.

Lorsque même la nourriture est touchée par les fléaux du monde moderne, c’est la disparition annoncée des peuples.

Nous voyons depuis quelques décennies se développer toutes sortes de techniques visant non plus à nourrir les populations, mais simplement à atteindre des productions optimales et des niveaux de profit exceptionnel.

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Overdose d’antibiotiques dans l’élevage industriel

Des animaux gavés aux antibiotiques pour accélérer leur croissance, et voilà des bactéries résistantes qui se retrouvent dans nos assiettes. Elles génèrent des affections parfois mortelles, qui représentent un coût élevé pour le système de santé. Mais la surconsommation d’antibiotiques représente un gain de productivité pour l’industrie agroalimentaire, qui, aux États-Unis, se réjouit de la récente décision de l’Agence de l’alimentation d’autoriser leur utilisation massive dans l’élevage.

La consommation d’antibiotiques prescrits par les médecins n’est rien comparée à la quantité ingérée via l’alimentation. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la moitié des antibiotiques produits dans le monde sont destinés aux animaux. Un chiffre qui s’élève à 80 % aux États-Unis ! Un rapport de l’Agence de l’alimentation états-unienne (Food and Drug Administration, FDA) estime que les animaux d’élevage y consomment 13 000 tonnes d’antibiotiques par an [1] ! Cette surconsommation favorise le développement de bactéries résistantes, qui peuvent se retrouver dans nos assiettes en cas de cuisson insuffisante. Des chercheurs ont par ailleurs montré que les antibiotiques ne sont pas seulement présents dans la viande, mais aussi dans les céréales ou les légumes cultivés sur des sols fertilisés avec du fumier de bétail.


Une étude publiée par la revue médicale Clinical Infectious Diseases en 2011 révèle ainsi que la moitié de la viande de bœuf, de poulet, de porc et de dinde vendue dans les grandes surfaces aux États-Unis contient des germes résistants aux antibiotiques (le staphylocoque SARM). En août dernier, 16 000 tonnes de dinde contaminée à la salmonelle – résistante aux médicaments – ont été rappelées par le géant agroalimentaire Cargill ! Bilan : un mort et une centaine de malades.

La France détient le record de résistance aux antibiotiques

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Obésité, malbouffe, maladie : enquête sur les vrais coupables

En trente ans, à notre insu, l’alimentation a changé dans des proportions dramatiques. Désormais les fruits et légumes sont chargés de pesticides cancérigènes, les desserts sont saturés en acides gras nocifs, certaines saucisses entraînent des mutations de l’ADN humain et des steaks hachés contiennent la viande de… quatre cents vaches différentes !

Science-fiction ? Activisme ? Paranoïa ? Non, rien de tout cela mais une réalité établie et confortée par de nombreuses études scientifiques qui aboutissent à la même conclusion : suivant l’exemple américain, l’espérance de vie de nos enfants sera plus courte que la nôtre.

William Reymond est un journaliste d’enquête indépendant. Dans son livre “Toxic – Obésité, malbouffe et maladies : enquête sur les vrais coupables“, il révèle les dessous de la production alimentaire industrielle. Il se penche plus particulièrement sur l’impact de l’industrialisation agroalimentaire sur la santé des populations, dont le plus apparent est la pandémie d’obésité à l’échelle mondiale.

Partie 1:

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Garçon, un cancer ! Entretien avec le professeur Dominique Belpomme

Dominique Belpomme est un médecin et professeur de cancérologie au Centre Hospitalier Universitaire Necker-Enfants malades. Il est membre de plusieurs sociétés savantes internationales et président de l’ARTAC, Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, fondée en 1984, et connu pour ses travaux de recherche sur le cancer. Il est ici interrogé par le magazine Le Choc du mois.

Ce qui vous frappe le plus en tant que cancérologue, c’est que le cancer est une maladie créée par l’homme ? 70.000 personnes en mouraient après la Seconde Guerre mondiale. Combien aujourd’hui ?

150. 000, plus du double.

Et combien sont-ils à développer un cancer aujourd’hui ?

Avant le premier plan cancer (2003-2007), on comptait chaque année environ 280.000 personnes atteintes de la maladie. Après (soit en 2009), 350.000.

C’est la raison pour laquelle je pense qu’en terme de santé publique, le premier plan cancer est au mieux un demi-échec et que le second plan risque de se solder par un constat du même ordre si la prévention environnementale n’est pas prise en compte.

Versant positif, on a pris conscience qu’il y avait un fléau, le cancer, et confirmé la réorganisation des soins et la lutte contre le tabagisme, tout en créant l’INCa, l’Institut national du cancer.

Pour autant, les résultats sont loin d’être à la hauteur des espérances. On a aujourd’hui annuellement 350.000 nouveaux cancers. C’est une croissance quasi-exponentielle du nombre de cas. Quant à la mortalité, elle est pratiquement stable : elle a diminué de moins de 10 % pour les hommes et n’a pas bougé pour les femmes, en taux standardisé (qui gomme l’effet de l’âge).

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William Reymond : « La malbouffe, c’est de la bouffe toxique »

« Au milieu des années 1980, sans aucune raison apparente, près de 20 millions d’Américains sont, brusquement, devenus trop gros. » Ainsi s’exprime William Reymond, journaliste français vivant aux Etats-Unis, au cœur de ce laboratoire géant de la malbouffe. Diabète, cancers, maladies cardio-vasculaires, tout y passe. Ce n’est plus un cours de cuisine, mais de médecine ! Quand la « junk food » – le mot anglais pour malbouffe – se transforme en « toxic food »…

Entretien publié dans le n° 37 (mai 2010) du magazine Le Choc du mois, qui vient de paraître. En kiosques ou à commander ici.

Le Choc du mois : Vous pensez qu’il ne faut plus parler de malbouffe, mais de « toxic food », pour reprendre le titre de votre dernier livre ? Pourquoi ?

William Reymond : La « junk food » (malbouffe) est un terme réducteur qui nous installe dans un mensonge : celui de croire que la malbouffe, c’est ce que mange l’autre. Alors qu’en réalité, elle correspond aujourd’hui à 80 % de notre alimentation, soit la part de l’industrie agroalimentaire dans nos dépenses de table.

Et elle est d’autant plus toxique qu’elle ne nous rend pas que gros. Car cette alimentation, surchargée en gras, sel et sucre, tous facteurs d’obésité, est aussi un vecteur essentiel dans le développement de certains cancers et des maladies cardio-vasculaires et cérébrales, l’obésité n’étant que la face visible de l’iceberg.

Est-ce la raison pour laquelle vous avancez que la nourriture industrielle sera la cigarette du XXIème siècle ?

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