Dans les quartiers fantômes de l’Irlande ruinée

Addendum vidéo

C’est l’une des faces les plus stupéfiantes de la crise irlandaise : l’île est jonchée de lotissements vides et de bureaux laissés déserts, symboles de la bulle immobilière qui vient d’éclater.

Sur les cartes les plus récentes de Dublin, Clongriffin n’existe pas encore. Construit dans une banlieue cossue du nord de la capitale irlandaise, ce «centre-ville» flambant neuf est pourtant déjà mort. A l’entrée, une palissade noire court le long de main street, la «rue principale», et dissimule un grand terrain vague. Des panneaux promettent depuis 2007 l’ouverture d’un centre commercial, qui ne verra jamais le jour.

Un rapport publié en octobre a recensé plus de 2800 de ces cadavres sur l’île. En tout, ce sont 23.000 maisons ou appartements qui sont terminés, et vides pour la plupart. Quelque 20.000 autres sont jugés «presque achevés» ou «restés au stade de chantier». Autant de cicatrices d’une redoutable crise partie, comme aux États-Unis ou en Espagne, des folies l’immobilier. Si Dublin n’est pas épargné, l’intérieur de l’île (les comtés de Longford et Leitrim, en particulier, dans le nord-ouest) est encore plus touché par ce phénomène.

Au bout de la rue, la place centrale est entourée de bâtiments modernes, de béton et de verre, tous déserts: aucun de ces bureaux n’a trouvé preneur.

Lire la suite

Que se passe-t-il dans les hautes sphères américaines ?

Par Frédéric Laurent

Caricature américaine, septembre 2010

Encore une fois, drôle de semaine sur les marchés financiers. La volatilité fait rage, dans des volumes peu importants. Pas de déclaration tonitruante, pas de gros titre en apparence… pourtant je m’étonne. Je m’étonne qu’aucun journal n’ait repris l’annonce de la démission d’Herbert Allison, sous-secrétaire adjoint à la stabilité financière aux Etats-Unis.

Donc, la personne qui était chargée de suivre le plan à 700 milliards de dollars lâche l’éponge.

Certes, ce n’est pas la première fois que quelqu’un de haut placé démissionne. Toutefois, quand on sait que ces hauts responsables émargent à plusieurs centaines de milliers de dollars par an, avec tous les « à côté » agréables (secrétariat, chauffeur, voyages d’affaires, logement, pas mal d’avantages en nature), on peut se dire qu’il doit y avoir une bonne raison à ce départ.

Lire la suite

Banques US : vers un gigantesque «foreclosure-gate» ?

N.B. : à travers notre ligne éditoriale dédiée à la réinformation, nous n’avons jamais fait la promotion des pseudo-solutions marxistes. De même, cet article est certes signé du président de l’Institut Hayek, également affilié à l’Institut Turgot, mais vous noterez qu’il n’y figure quasiment aucune publicité pour les soi-disant remèdes proposés par lesdits Instituts. La rédaction de Fortune

Par Vincent Bénard

Les derniers développements juridiques de la crise financière atteignent les sommets de la quatrième dimension de l’incompétence, la négligence, la bêtise, et maintenant, de la fraude la plus inimaginable. Entre rire et consternation, je vais tenter de vous narrer les aventures de Dupond et Dupont au pays des milliards.

Taux des procédures de saisie immobilière aux USA en août 2010. Couleur la plus foncée : saisie d'une maison sur 54. Couleur la plus claire : saisie d'une maison sur 66,263. Source : Realty Trac (cliquez sur la carte pour l'agrandir)

Des gros couacs dans les procédures de saisie-liquidation ?

Lire la suite

L’élite économique contre le peuple des Etats-Unis d’Amérique

Le texte présenté ci-après constitue la première des six parties d’un rapport publié sur le site américain Amped Status, entre le 15 février 2010 et le 27 février 2010.

La "tea party" de Boston, 16 décembre 1773

« L’oligarchie américaine ne ménage pas ses efforts pour arriver à convaincre qu’elle n’existe pas, mais le succès de sa dissimulation dépend des efforts tout aussi intenses d’un public américain désireux de croire à des fictions égalitaires et refusant de voir ce qui est caché à la vue. » – Michael Lind, To have and to have not

Il est temps que 99% des Américains se mobilisent et s’attaquent à des réformes politiques de bon sens.

Oui, bien sûr, nous avons tous des idées très différentes sur beaucoup de questions. Mais, comme nos Pères Fondateurs l’ont fait avant nous, nous devons mettre de côté nos différences et nous unir pour combattre l’ennemi commun.

Il est de plus en plus clair, aux yeux de beaucoup de gens, que le parti républicain et le parti démocrate, ainsi que les trois branches de notre gouvernement [ces trois branches sont le pouvoir exécutif qui comprend le président, le pouvoir législatif avec le Congrès et le pouvoir judiciaire avec la Cour suprême, NDT] ont été achetés par une élite économique bien organisée qui, tactiquement, détruit notre mode de vie. La dure vérité est que 99% de la population américaine n’a plus de représentation politique. Il est flagrant que l’économie américaine, le gouvernement et le système fiscal sont aujourd’hui manipulés contre nous.

Lire la suite

Crash Course – 15

Prêt à apprendre tout ce que vous devez savoir sur l’économie dans le plus court laps de temps ?

Chapitre 15: Bulles

Bien, maintenant que nous avons vu les actifs américains, nous devons passer du temps à comprendre ce qu’est une “bulle” d’actif, comment elle se forme, et les conséquences pour la suite. Et nous allons examiner plus précisément la bulle immobilière en détail parce qu’elle se produit maintenant et est la plus grande bulle de toute l’histoire et sera probablement la plus destructrice.

Tout au long de l’histoire, l’éclatement de bulles a été presque toujours traumatisant. Des bouleversements sociaux, politiques et économiques ont la mauvaise habitude de suivre des bulles, tandis que la destruction de richesse est une caractéristique certaine.

Au travers du comportement financier irrationnel, il peut être difficile de distinguer entre une bulle, une manie, et un peu d’exubérance. Une bulle est question de déraison dont l’histoire est riche.

Lire la suite

La prochaine bulle : celle des obligations d’État

Sur le site de La Chronique Agora, Bill Bonner ne mâche pas ses mots pour nous dire à quel point la coupe de la dette publique est pleine.

Cliquer sur le graphique pour l'agrandir

Le gouvernement fait-il n’importe quoi avec la situation monétaire ? Oh cher, très cher lecteur, s’il vous plaît, posez-nous une question plus compliquée. Des milliers de milliards de dollars de déficits… des dépenses pour relance qui transforment les Etats-Unis en Economie Zombie, des subventions données aux banquiers, des cadeaux aux carry traders

Le gouvernement se surpasse. Lire la suite

Nouveaux “subprimes” : on efface tout, et on recommence!

Il y a quelques jours, nous signalions le danger de récidive d’une crise des prêts hypothécaires “subprimes” aux Etats-Unis.

Marianne2 nous emboîte le pas, en s’inquiétant du peu d’intérêt éveillé en France par l’avertissement qu’a lancé un économiste de la Fed.
Presque sans écho en France, une étude de la réserve fédérale américaine révèle que le taux de prêts hypothécaires subprimes a retrouvé son niveau de 2006. Sauf que cette fois-ci, pas de banque à mettre en faillite en cas de crise : les Etats vont trinquer direct !

Londres, Washington, Pittsburgh… La réforme du capitalisme a failli marcher ! Quelques semaines durant, le grand public en aurait presque oublié la fâcheuse affaire des subprimes et de ces prolétaires américains dont les prêts hypothécaires, impossibles à rembourser, avaient plongé la finance et l’économie mondiale dans le chaos. Raté !

« La part des emprunteurs avec un score de crédit de moins de 660 est revenue juste au-dessus de 20% », annonçait il y a une semaine John Krainer, économiste de la réserve fédérale de San Francisco, « la même que lors du pic de la titrisation subprime en 2006. » Le score FICO de 660, c’est la barrière entre l’emprunteur solvable et le subprime. Le pic de 2006, c’est celui qui a causé, un an plus tard, l’effondrement du système financier américain. Et nous y revoilà ! Lire la suite

Etats-Unis : l’organisme de tutelle des banques contredit les rumeurs de reprise

L’OCC, “The Office of the Comptroller of the Currency”, l’organisme de tutelle des banques US, a publié récemment deux rapports qui sont en totale contradiction avec le discours ambiant.

Tout d’abord, nous trouvons l’OCC’s Quarterly Report on Bank Derivatives Activities qui fait un point précis sur l’état du marché des produits dérivés que Paul Jorion résume par un seul mot qui se passe de commentaires : les métastases.

Vous pouvez consulter directement ce rapport Second Quarter 2009 (2ème trimestre 2009) sur le site de l’OCC, ici.

Vous apprendrez ainsi que le marché des produits dérivés continue de croître (page 10) mais, de plus, est presque totalement contrôlé par 5 banques (JP Morgan Chase, Goldman Sachs, Bank Of America, Citibank, Wells Fargo) pour un montant dépassant les 200 000 milliards de dollars (les Américains parlent en billions pour les milliards et en trillions pour les milliers de milliards), c’est à dire près de 4 fois le PIB mondial (voir graphique page 12).

Répétons-le pour que vous puissez bien l’ancrer dans vos têtes : 5 banques contrôlent un marché représentant 4 fois le PIB mondial (les montants exacts page 22) !

Le deuxième rapport, OCC and OTS Mortgage Metrics Report, Second Quarter 2009, est encore pire et tord le cou à la soi-disant “fin de la crise”. Vous pouvez le trouver en ligne ici.

En effet, il prouve que 11,4 % des prêts hypothécaires ne sont pas remboursés et que les saisies immobilières ont augmenté de 16,9 % par rapport au premier trimestre ( tableau page 8 ) avec 11 600 saisies par jour !

(Sur l’état du marché immobilier US, voir ici.)

Le rapport de juin 2009 sur les sans abris nous rappelle que ce ne sont pas 11 600 saisies qu’il faut retenir, mais 11 600 familles jetées à la rue chaque jour, ceux qu’il nomme “les oubliés de la crise”.

Ce qui est intéressant à noter, c’est que la plupart de ces maisons sont désormais détruites (Source : Telegraph). Oui, on jette des centaines de milliers de familles à la rue pour détruire ensuite leurs maisons. Quel est le sens?

Gilles Bonafi