La fascinante histoire du maïs

Mini-documentaire racontant l’itinéraire culturel du maïs, cette plante des Amériques aussi connue sous le nom de blé d’Inde. Depuis la lointaine époque précolombienne jusqu’à nos jours, découvrez l’évolution de sa culture et de sa consommation

Céréales et changement climatique

Les récoltes de blé et d’orge en Europe pourraient chuter de plus de 20% d’ici 2040 à cause d’un réchauffement climatique estimé à une moyenne de presque 2 degrés Celsius (3,5°F). Pour le maïs, la perte est estimée à environ 10%, dans un type de culture qui a déjà été affecté par l’augmentation des températures depuis les années 80.

Ces chiffres sont issus d’une étude publiée en mai 2014 et menée par des chercheurs de l’université de Stanford (USA), Frances Moore, doctorante, et David Lobell, professeur associé en géophysiologie environnementale dans cette université californienne, et publiée dans la dernière édition de la revue Nature Climate Change.

Le groupe intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’évolution du climat (GIEC) avait déjà mis en avant les risques du réchauffement sur l’agriculture dans le monde dans un rapport publié le 31 mars 2014. On pouvait aussi s’inquiéter pour certains types de cultures très dépendantes du soleil, comme la vigne : des annonces avaient déjà été faites sur les conséquences du réchauffement sur le vin.

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Le danger des OGM n’est pas là où vous croyez

La guerre contre les organismes génétiquement modifiés est truffée d’erreurs, de mensonges, de mauvaise foi et autres falsifications jouant sur nos peurs. Les étiqueter ne vous écartera pas du danger et pour cause: il est ailleurs.

Les aliments génétiquement modifiés sont-ils dangereux? Pour beaucoup, visiblement, la réponse est oui. Ces cinq dernières années, pas moins de 27.000 produits ont été soumis au Non-GMO Project, une association certifiant l’absence d’OGM dans les denrées alimentaires. En 2014, les ventes de tels produits ont quasiment triplé.

Les magasins bio Whole Foods obligeront bientôt l’étiquetage des produits contenant des OGM vendus dans ses rayons. Abbott, l’entreprise commercialisant le lait maternisé Similac, vient de créer une gamme sans OGM, afin d’offrir aux parents une «tranquillité d’esprit». Les supermarchés Trader Joe’s ont promis qu’ils n’utiliseraient plus d’OGM. Idem du côté du fast-food mexicain haut de gamme Chipotle.

Des écologistes et des associations veulent même aller plus loin. Des centaines d’associations américaines et internationales, comme Consumers Union, Les Amis de la Terre, Physicians for Social Responsibility, Center for Food Safety et l’Union of Concerned Scientists en appellent à «l’étiquetage obligatoire des aliments génétiquement modifiés». Depuis 2013, une telle législation est en vigueur dans le Vermont, le Maine et le Connecticut. Le Massachusetts est a priori le prochain sur la liste.

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Comment des OGM cachés arrivent sur le marché

Elles ne sont pas encore dans nos assiettes. Mais, dans les laboratoires des sociétés de biotechnologies, elles poussent à vive allure. Et elles ne tarderont pas à arriver sur le marché. Ce sont de nouvelles variétés de plantes, céréales, fruits et légumes issues des techniques de manipulation génétique les plus avancées. Il s’agit bien, au sens propre, d’organismes génétiquement modifiés (OGM).

Pourtant, elles n’ont pas encore de statut. Tandis qu’aux États-Unis des variétés de colza et de pomme de terre ont été exemptées de procédure d’autorisation par le ministère de l’agriculture, en Europe, ces cultures en germe échappent pour l’instant à toute réglementation. Et ce, alors que l’Union européenne (UE) vient d’adopter une nouvelle législation réformant le processus d’autorisation des OGM, après des années de blocage sur le sujet.

Les OGM classiques sont obtenus par la méthode de la transgénèse: un gène étranger provenant d’un autre organisme – un transgène – est introduit dans le génome d’une espèce végétale pour lui conférer une ou plusieurs propriétés. Par exemple, le pouvoir de sécréter un insecticide qui le protège des ravageurs − c’est le cas du seul OGM cultivé en Europe, le maïs MON 810 de Monsanto, actif contre la pyrale −, ou une tolérance, c’est-à-dire une résistance aux herbicides, qui lui permet de survivre à l’épandage de désherbants tels que le Roundup de la même firme américaine.

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Amérique : Urgence sécheresse

La Californie, en proie à une sécheresse historique. Là-bas, il y a urgence, l’eau devient une denrée rare. Agriculteurs, éleveurs et politiques cherchent ensemble des solutions pour enrayer la crise.

Un peu plus au sud, le Mexique est aussi concerné et ses cultures menacées. Certains parient sur un maïs OGM pour lutter contre la sécheresse, mais ce dernier fait polémique. D’autres pensent avoir trouvé la solution miracle et utilisent de l’eau solide.

Les déportés du libre échange

Le 1er janvier 1994, entrait en vigueur la signature de l’Accord de Libre Échange Nord-Américain (ALENA), entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, promettant un développement sans précédent des échanges commerciaux entre les trois pays, par l’accroissement du volume des exportations, dont les bénéfices allaient irriguer toute l’économie mexicaine.

Seize ans plus tard, le constat est amer. L’ALENA, promesse d’un «bien-être général», a littéralement laminé l’agriculture mexicaine, et notamment les petits paysans (21% de la population active).

Au nom du «libre-échange», le Mexique a progressivement démantelé le système qui avait pourtant permis son autosuffisance alimentaire pendant des décennies, à savoir des prix garantis aux producteurs locaux et un contrôle des prix pratiqués dans les villes (soutien à la consommation).

Dans le même temps, le pays s’est retrouvé inondé de maïs américain (transgénique) vendu trois fois moins cher que le maïs «criollo» (local), en raison des subventions accordées par Washington aux producteurs américains.

Incapables de résister à cette concurrence que d’aucuns dénoncent comme un dumping déloyal, trois millions de petits paysans ont dû cesser leur activité et rejoindre les bidonvilles mexicains ou tenter leur chance comme travailleurs clandestins aux États-Unis, tandis que progressent les taux de malnutrition (mais aussi d’obésité) et de pauvreté dans tout le pays.

OGM : Quand l’Union européenne se soumet au diktat des cartels semenciers

Par Alexandre Delacour

Les États étaient contre à 67%, les eurodéputés étaient contre à 61 %, et une majorité de la population était contre. Pourtant, un nouvel OGM a été imposé sur le sol européen. Vous vous demandez comment cela est possible ? Explications.

Pour que la mise sur le marché autorisée par la commission européenne soit invalidée, les pays membres contre doivent représenter au moins 55 % des États et regrouper au moins 62% de la population de l’Union Européenne.

Dans le cas présent, les pays qui ont voté contre constituaient bien plus de 55% des États européens (67%) mais ne représentaient que 52,64% de la population, ce qui rendait impossible le véto sur la décision de la commission européenne concernant la commercialisation du nouvel OGM TC1507.

La commission avait demandé l’avis des parlementaires sur cette question (de manière consultative) et le résultat était également sans appel puisque 61% des eurodéputés se sont déclarés contre.

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OGM : Le professeur Séralini joue la transparence scientifique face à Monsanto

Deux ans après la vive polémique suscitée par son étude sur les OGM, le professeur Gilles-Éric Séralini en publie une seconde version ce 24 juin. Cette nouvelle publication, qui porte sur les effets à long terme du pesticide Roundup et du maïs transgénique NK603, sera diffusée dans la revue Environmental Sciences Europe, du groupe de presse allemand Springer.

Cette fois, les chercheurs mettent en ligne les données brutes de l’étude, en accès libre pour l’ensemble de la communauté scientifique. Pour l’équipe de Gilles-Éric Séralini, ce second travail confirme que le pesticide Roundup, produit par la société Monsanto, « provoque à des niveaux environnementaux faibles des déficiences hépato-rénales sévères et des perturbations hormonales comme des tumeurs mammaires ».

En septembre 2012, la publication de ces travaux a fait l’effet d’une bombe. Suite à des tests menés durant deux ans sur 200 rats, Gilles-Eric Séralini assure que la consommation de maïs OGM NK603 (résistant au Roundup), traité ou non au pesticide, entraine le développement de tumeurs mammaires chez les rats femelles, des troubles hépatiques et rénaux chez les mâles et globalement une réduction de l’espérance de vie de ces animaux.

Pour lui, ces résultats attestent de la dangerosité de ces produits et que leur consommation comporte un risque autant chez l’homme que chez l’animal.

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Sud-Ouest : L’État détruit des champs de maïs OGM

Des champs de maïs OGM détruits par les services de l’État. La pratique est inhabituelle, mais cette destruction a pourtant eu lieu jeudi 5 juin, dans le Tarn-et-Garonne, le Gers et la Haute-Garonne. Il s’agit de la mise en œuvre d’une décision du ministère de l’Agriculture, en vertu de l’interdiction de ce type de culture en France.

Cette destruction émeut vivement les Fédérations départementales des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) locales. Une quarantaine d’agriculteurs a vainement tenté de s’opposer à la destruction du champ près d’Auvillar (Tarn-et-Garonne). Plusieurs dizaines de gendarmes les ont empêchés de s’interposer.

Au total, ce sont trois parcelles couvrant 11 hectares que le propriétaire a été mis en demeure de détruire dans le Tarn-et-Garonne. Mais le préfet de ce département n’a pas attendu jeudi après-midi que la justice statue sur un référé introduit par l’agriculteur contre sa mise en demeure, s’indigne la FDSEA.

Dans les entrailles de Monsanto

Le groupe inonde le continent américain de ses OGM. Mais pour la première fois, l’an prochain, les agriculteurs pourront replanter son soja sans lui payer de royalties. Parce que ses brevets expirent, Monsanto se trouve ainsi confronté aux mêmes défis que les groupes pharmaceutiques avec les médicaments génériques.

Robb Fraley a la chaleur des hommes du Midwest. Fils de fermier, il a passé l’essentiel de sa vie entre le Mississippi et l’Ohio, ces deux fleuves qui irriguent les grandes plaines agricoles d’Amérique. L’absence de cravate et la cordialité du déjeuner organisé avec une poignée de journalistes, la semaine dernière à Saint-Louis (Missouri), ne doivent, toutefois, pas tromper : Robb Fraley est un homme puissant, qui suscite autant d’admiration que de haine. Pour certains, c’est un grand scientifique ayant modernisé le monde agricole comme peu de personnes avant lui. Pour d’autres, c’est un Frankenstein, le premier à avoir modifié l’ADN d’une plante au nom de Monsanto, il y a une vingtaine d’années. « Nous avons beaucoup travaillé auprès des fermiers, mais nous n’avons pas assez communiqué auprès des consommateurs », reconnaît celui qui est devenu depuis vice-président du groupe, chargé des développements technologiques.

La bataille de l’image est d’autant plus cruciale que Monsanto arrive à saturation sur ses marchés phares – l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud – et que ses principaux brevets (soja et maïs) sont en voie d’expiration. Si Monsanto veut poursuivre sa croissance, il lui faut donc lancer de nouveaux produits et convaincre des pays d’accepter la culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM), au-delà de la trentaine qui la pratiquent déjà (Brésil, Chine, Inde, Afrique du Sud, Espagne, Canada, etc.).

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Roumanie : Ruée sur les terres agricoles avec la bénédiction de l’Union européenne

Paradis agricole, la Roumanie est de plus en plus convoitée par les investisseurs étrangers, au risque de voir ses terres arables lui échapper. Attirés par des terres grassement subventionnées par les aides européennes et une main d’œuvre bon marché, de nombreux Européens, mais aussi des Libanais ou des Qataris, s’y sont installés ces dernières années.

Bruxelles nie tout accaparement des terres: la venue des investisseurs étrangers ne serait que la suite logique de l’intégration européenne. C’est bien pourtant une nouvelle forme de spoliation qui s’est mise en place, avec la complicité, au moins tacite, du gouvernement roumain.

Avec 10 millions d’hectares de terres arables à bas prix – l’équivalent de la superficie du Portugal ou de la Hongrie – la Roumanie, cinquième surface agricole de l’Union européenne, attire forcément. Notamment les entreprises agro-alimentaires, comme les groupes français Limagrain, Guyomarc’h, Bonduelle, Roquette, Bongrain et Invivo. Ou les fonds d’investissement Agro-Chirnogi (Liban) ou Velcourt SRL (Grande-Bretagne).

En Roumanie, l’agriculture est faite de paradoxes. La terre roumaine est à la fois la plus riche et la moins chère d’Europe. Elle est noire, grasse, fertile, riche en humus. En 2012, elle s’achetait encore autour de 2.500 euros l’hectare, contre 5.400 en moyenne en France, ou dix fois plus au Danemark. A l’Ouest du continent, les terres disponibles manquent pour s’installer comme agriculteur ou agrandir les exploitations.
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Ecotaxe, OGM, crise sanitaire… Un salon de l’agriculture sous tension

Le salon de l’agriculture se tient du 22 février au 2 mars à Paris. Un “moment politiquement délicat” pour le gouvernement, attendu au tournant.

S’adapter aux caprices des marchés, exporter, moderniser, pousser l’agroécologie, renforcer les “démarches de filière” et mieux coordonner les actions Etat-régions-filières : telles sont les six priorités annoncées par le gouvernement en matière d’agriculture à l’horizon 2025. Un plan d’action sera établi d’ici mi-mai, avec feuilles de route détaillée, filière par filière.

A trois jours de l’ouverture du salon de l’agriculture  - et à deux jours des Etats généraux du secteur organisés par la puissante FNSEA – le ministre Stéphane Le Foll a mis les petits plats dans les grands. Il faut dire que le grand rendez-vous de l’agriculture française est, de l’aveu même du ministre, “un moment politiquement délicat, surtout pour la gauche“, confrontée à “un monde professionnel pas très acquis à notre cause au départ”. Tour d’horizon des sujets qui fâchent.

1 – L’écotaxe : “On n’en veut pas”
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Étude Séralini sur le maïs OGM : 10 informations que les médias officiels ne vous communient pas

(Exclusivité Fortune – Article original en langue anglaise. Traduction participative assurée par @jerome et @Anti-citoyen deux. Un grand merci à eux – Fortune)

Cela fait presque un an que le chercheur français Gilles-Éric Séralini a publié son étude sur les effets délétères de l’ingestion du maïs OGM NK603 de Monsanto et il y a toujours des millions de personnes qui se demandent que penser à son sujet. Pour aider à y voir plus clair, voici dix faits au sujet de cette étude que vous n’avez probablement jamais entendus dans les médias traditionnels.

1) L’étude de Séralini est une étude sur la toxicité chronique et non sur le cancer. Peu de temps après avoir été publiée, cette étude a été consciencieusement démolie par les « sceptiques », les médias, et beaucoup d’institutions soutenues par l’industrie qui ont argué que c’était une étude mal conçue sur le cancer. Mais la vérité est que l’étude de Séralini était bien une étude sur la toxicité chronique parfaitement en accord avec les standards de la recherche.

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Afrique du Sud : Des chenilles résistent au maïs OGM

Un des arguments des défenseurs des OGM est la capacité d’une plante génétiquement modifiée à sécréter son propre pesticide. Mais en Afrique du Sud, une équipe de chercheurs vient de montrer qu’un papillon de nuit a développé un système de défense contre la toxine d’un maïs OGM. “Ce résultat ébranle le fondement de la stratégie anti-résistance qui accompagne en général l’utilisation des OGM.”

Comme beaucoup d’autres plantes transgéniques, le maïs dit « Bt » synthétise son propre pesticide : une protéine toxique, produite dans ses feuilles et ses tiges, qui tue en quelques jours ses ravageurs. Imparable… sauf si les populations d’insectes s’adaptent à cette toxine !

Jusqu’à présent, les stratégies mises en place pour contrer l’apparition de résistances sont apparues efficaces. Mais des chercheurs de l’IRD et leurs partenaires sud-africains viennent de montrer qu’un papillon de nuit, Busseola fusca, a développé en Afrique du Sud un nouveau mode de défense contre la toxine Bt.

Une résistance, génétiquement dominante contrairement au mécanisme classique, qui s’est propagée très rapidement. Cette découverte, publiée dans PLoS ONE, remet en question le principe-même sur lequel repose la stratégie anti-résistance qui accompagne généralement l’utilisation des OGM.

Le risque de résistance plane
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Grande-Bretagne : Les OGM interdits dans une cantine de… Monsanto !

Monsanto, le plus grand distributeur d’aliments génétiquement modifiés, a été pris à son propre piège quand il a été révélé que les produits contenant des OGM étaient bannis de la cantine de ses employés.

L’entreprise qui fournit la cantine de l’usine Monsanto à High Wycombe dans le Buckinghamshire, ne sert plus que des repas sans OGM selon les Amis de la Terre.

Dans une note adressée à la cantine, Sutcliffe Catering, détenue par le Groupe Grenade, a déclaré qu’elle avait pris la décision «d’éliminer autant que possible, le soja génétiquement modifié et le maïs de tous les produits alimentaires servis dans le restaurant. Cette mesure a été prise pour s’assurer que le client peut avoir une totale confiance dans la nourriture que nous servons.»

Monsanto a confirmé l’information. «Oui, c’est exact et nous approuvons ce choix», a déclaré le porte-parole de la compagnie, Tony Coombes.
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Toxicité des OGM : Une étude choc relance le débat (Màj)

Addendum du 22/02/2013: L’étude de Gilles-Eric Séralini, qui dénonçait l’empoisonnement collectif par les OGM a été validée.

Dans une interview exclusive à paraître dans le magazine Rebelle-Santé du 23 février, Paul Deheuvels, membre de l’Académie des sciences et Directeur du Laboratoire de Statistique Théorique et Appliquée de l’Université de Paris VI, confirme la validité scientifique de l’étude sur les OGM dirigée par Gilles-Eric Séralini et dénonce les fonctionnements internes de l’Académie des Sciences.

L’académicien, après avoir eu récemment accès aux données brutes de l’étude polémique sur les OGM de Gilles-Eric Séralini, confirme son sérieux scientifique. «Je puis confirmer l’existence de différences statistiquement significatives pour d’autres données d’observation que les comptages».

Professeur à l’université Pierre et Marie Curie, le statisticien évoque « les pressions et conflits d’intérêts qui peuvent guider les décisions de l’Académie », notamment sur des sujets où les enjeux commerciaux ou industriels sont importants.

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Crise alimentaire mondiale : Les ingrédients sont réunis

La hausse des prix des céréales, sous l’effet de la sécheresse aux États-Unis et en Russie, se répercute sur la chaîne alimentaire. La convergence d’éléments défavorables laisse présager de nouvelles crises alimentaires.

bombay

A Bombay, en mai 2012

En révélant une hausse de 6% de l’indice des cours des produits alimentaires en juillet, la FAO, organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, a sonné l’alarme. Et si le scénario qui avait poussé aux émeutes de la faim en 2008 et 2010 se reproduisait, si les niveaux de prix des matières premières agricoles devaient revenir aux pics du début 2011?

A l’époque, Bruno Le Maire, en tant que ministre de l’Agriculture, avait averti:

«Attention à la colère populaire au cas où certains spéculeraient sur la faim dans le monde. (…)

Une régulation financière est nécessaire pour ne pas revivre sur l’agriculture ce qu’on a connu dans l’immobilier ».

La France présidant alors le G20, le ministre comptait bien que les pays les plus riches du monde prendraient des mesures pour éviter les famines.
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Monnaie-marchandise et monnaie gagée par des marchandises

Il y a souvent beaucoup de confusions entre le concept de monnaie-marchandise et celui de monnaie gagée sur des marchandises. C’est la faute à l’or, qui, en tant que “divin métal” a servi de monnaie et en tant que “valeur absolue” a gagé les émissions de monnaie.

La “Currency School” est cette école de pensée qui estimait que la monnaie n’est pas un bien en soi et ne peut être que la stricte représentation d’un étalon dont elle est totalement dépendante. Les défenseurs de cette école considéraient naturellement que l’or était le bon étalon, éventuellement l’argent (bimétallisme or-argent). Dans son principe, réduit au strict minimum, la “Currency School” posait qu’il ne pouvait pas y avoir d’émission de monnaie qui ne soit strictement le reflet des stocks d’or disponibles. L’histoire, la vraie, celle qui fait que la monnaie, lorsqu’on veut l’enfermer dans des raisonnements imparables et définitifs, suit toutes les voies d’évitement possibles, a évidemment conduit les tenants de cette inflexible théorie à mettre beaucoup de nuances dans leurs propos et leurs recommandations.

L’or monnaie-marchandise est une marchandise-monnaie par excellence.

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La France, l’Union européenne et le maïs OGM

Le ministère français de l’Ecologie et du Développement durable a officiellement saisi, le 20 février, la Commission européenne pour suspendre l’autorisation de mise en culture du maïs Mon810 dans l’ensemble de l’Union européenne (UE). Le débat fait rage depuis plus de quatre ans.


Mastodonte américain de la semence et des organismes génétiquement modifiés (OGM), Monsanto a débarqué en 1998 en Europe. Dix ans après, son maïs Mon810 était cultivé sur 107.719 hectares répartis sur sept pays : l’Espagne, la République Tchèque, la Roumanie, le Portugal, l’Allemagne, la Pologne et la Slovaquie. En 2008, La France, qui avait cultivé 22.000 hectares de maïs OGM l’année précédente (0,71 % des surfaces totales de maïs du pays), avait déposé un moratoire invoquant une clause de sauvegarde afin de prévenir « les risques sévères pour l’environnement » selon les termes de Nicolas Sarkozy.

A la suite de la décision française, la Cour Européenne de Justice saisie par les semenciers d’OGM (dont Monsanto) a décrété, en juin 2011, que la procédure de demande de moratoire avait été mal appliquée, avis rapidement suivi par le Conseil d’État français, qui annula la demande de moratoire en novembre dernier.

Au début de cette année, Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre française de l’Écologie et du Développement durable, a fait de cette question son dernier combat écologique avant sa démission prochaine du poste de ministre, précisant qu’une nouvelle clause de sauvegarde serait lancée avant la période de semailles  (fin mars à mai en France). Pour ce faire, elle s’appuie notamment sur un avis de l’AESA (Autorité européenne de sécurité de l’alimentation) montrant que la culture de ce maïs OGM présenterait des risques pour l’environnement.
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Le poids de la Chine sur les matières premières ne cesse de s’accroître

Alors que la Chine est entrée dans l’année du Dragon hier, les investisseurs tablent sur une croissance proche des 9 %. Un signal de bon augure pour de nombreuses matières premières. L’ex-empire du Milieu a en effet acquis ces dernières années une part prépondérante sur ces marchés.

La Chine est entrée dans l’année du Dragon d’eau. Selon les croyances ancestrales, ce signe est synonyme de puissance. Ce nouvel an sera-t-il aussi faste que certains le prédisent ? En tout cas, les derniers chiffres sur la croissance du PIB chinois en 2011 ont rassuré les investisseurs qui ont écarté l’hypothèse d’un « hard landing », un violent ralentissement de l’économie. Au point que la Banque mondiale table sur une dynamique de croissance de 8,2 % en 2012 pour l’ex-empire du Milieu. Des chiffres qui augurent une bonne année pour les matières premières. Car, sur ces marchés, à de rares exceptions près (cacao, sucre, café), la demande chinoise est prépondérante, qui peut représenter parfois plus de 40 % de la consommation mondiale. Petit tour d’horizon du poids de la Chine sur cette classe d’actifs

Un très gros consommateur de métaux de base

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Le “Peak Everything” (ou la fin des haricots)

Je vous bassine depuis cinq ans avec le Peak Oil, qui devait entraîner à court ou moyen terme la chute de l’économie mondiale et la fin de la doctrine croissanciste.

Vision post-apocalyptique de New York (cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Mais à y regarder de plus près, ce n’est pas la seule pénurie qui nous guette. Conséquence directe de la croissance mondiale infernale, d’autres ressources vont rapidement venir à manquer. Oh, pas forcément en même temps. Mais en l’espace de 2 ou 3 décennies, nombre de ressources indispensables à la conservation de notre niveau de vie vont devenir plus rares, et ne pourront plus être exploitées en quantité suffisante.

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L’agrobusiness dans le monde : deux décennies de pillage

Avec cet aperçu de l’expansion de l’agrobusiness dans le système alimentaire mondial au cours des vingt dernières années, nous amorçons une réflexion sur ce qu’on peut attendre de ces entreprises dans les années à venir.

Au début des années 1990, une grande partie des pages de Seedling [littéralement : semis, jeune plant - publication de grain.org] étaient consacrées à des discussions sur les accords internationaux et les programmes de recherche publique. Les grandes sociétés apparaissaient certes dans ces discussions, mais surtout comme une menace à l’horizon, un groupe soutenant de façon agressive le modèle d’agriculture industrielle qui détruisait la biodiversité agricole. Vingt ans plus tard, la situation n’est plus du tout la même. Le pouvoir des grandes sociétés dans le système alimentaire s’est en effet étendu à pas de géants. Aujourd’hui, ce sont elles qui définissent les règles mondiales, tandis que les gouvernements et les centres de recherche publique suivent le mouvement.

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La guerre de l’eau aura-t-elle lieu ?

Par Yvonne Handler, Directeur Exécutif Matières Premières, Morgan Stanley

L’agriculture sera fortement influencée par une pénurie de cette nouvelle matière première qu’est l’or bleu.

La pénurie d’eau pourrait constituer l’un des principaux défis économiques de ce siècle. L’expansion rapide des populations urbaines, dans des pays tels que l’Inde et la Chine, aux besoins alimentaires en hausse, combinée à une consommation d’eau croissante dans l’industrie et à une utilisation non efficiente, exposent à un risque accru de pénurie d’eau gérée de manière durable. La variabilité des ressources hydriques résultant de l’évolution météorologique et climatique, s’ajoute à ces augmentations de la demande.

L’agriculture représente, en moyenne, 70% de la consommation mondiale d’eau. C’est pourquoi, nous estimons que la meilleure façon de se protéger contre une pénurie d’eau, passe par l’agriculture. Beaucoup envisagent des placements dans l’infrastructure, ou dans des actions susceptibles de bénéficier d’une hausse des prix agricoles. Toutefois, si l’on recherche la manière la plus directe d’aborder ce thème, l’agriculture est imbattable. Pourquoi ?

Si l’on observe les tendances sur le long terme, l’eau est une ressource en cours de raréfaction. D’un point de vue historique, le triplement de la population mondiale, au cours du XXème siècle, a multiplié par six la consommation d’eau (Forum du Conseil mondial de l’eau : la crise de l’eau), principalement en raison de l’accroissement des besoins alimentaires.

Selon les prévisions de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production alimentaire mondiale doit augmenter d’environ 60% pour nourrir 2 milliards d’habitants supplémentaires d’ici à 2030. L’orientation à la hausse de la consommation d’eau est favorisée par l’évolution de l’alimentation dans les pays en développement, une mauvaise gestion de l’eau, des pratiques agricoles non durables, ainsi que l’augmentation de la population urbaine mondiale.

[Un] graphique illustre la diminution des ressources en eau renouvelable dans le monde.

Nous estimons que ces tendances s’accompagneront d’une hausse des prix agricoles. Certaines cultures nécessitent de grandes quantités d’eau et c’est l’importance de cette consommation qui, selon nous, fait de l’agriculture le meilleur moyen de tirer parti de la thématique de l’eau.

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Le grand Monopoly mondial des terres agricoles

Incapables de nourrir leurs larges populations avec leur seule production domestique, certains pays se lancent dans de vastes opérations d’achat de terres cultivables à l’étranger.

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Depuis 2007 et la forte hausse des matières premières agricoles, qui a provoqué les émeutes de la faim, l’acquisition des terres cultivables est devenue la priorité numéro un de nombreux pays du globe, pour assurer leur autosuffisance alimentaire.

Au premier rang d’entre eux, la Chine. «Avec 10 % de surfaces agricoles exploitables, la Chine doit nourrir 22 % de la population mondiale», explique un consultant agricole, Axel de Martene. Lire la suite