Londres, Pékin, Tokyo et l’agonie du multilatéralisme

Par Irnerio Seminatore, président de l’Institut européen des relations internationales et directeur de l’Academia diplomatica europaea

Trois minirévolutions sont aujourd’hui en cours à Londres, Pékin et Tokyo.

Le référendum sur le “Brixit” (mot-valise composé de Britain et exit) pour décider de la sortie ou du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne marque une mutation dans l’équilibre des pouvoirs entre le Royaume-Uni et les pays de la zone euro.

Le rééquilibrage de l’économie chinoise, qui aura d’importantes répercussions sur l’économie mondiale, vise à passer d’un développement à forte croissance tiré par l’investissement et les exportations à une économie à faible croissance tirée par la consommation.

L’émission massive de liquidités par la Banque du Japon, avec pour objectif d’atteindre une inflation de 2 % en deux ans, est un virage économique majeur, consistant à inverser les priorités entre croissance et désendettement, et la logique de résorption de la dette aujourd’hui à l’oeuvre aux Etats-Unis et en Europe.

Nous assistons, dans les trois cas, à l’abandon de la croyance en un multilatéralisme efficace, et à un retour aux étalons décisionnels de l’unilatéralisme national.

ÉCHEC D’UN SYSTÈME MONDIAL
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Wall Street et la City s’affrontent sur l’avenir du Libor

Bob Diamond ignorait tout du fonctionnement du Libor (London interbank offered rate) jusqu’à l’éclatement, le 27 juin 2012, du scandale de la manipulation de taux interbancaires par des traders, basés principalement à Londres, affaire qui devait lui coûter sa place à la tête de la Barclays.

C’est ce que l’ancien directeur général américain de la banque britannique a assuré dans un entretien au New York Times, publié le 2 mai, dans lequel il a aussi soutenu la campagne des Etats-Unis en vue d’abandonner cet outil qui sert d’étalon pour les 350 milliards de dollars (266,8 milliards d’euros) de produits financiers s’échangeant chaque jour.

Pourtant, en dépit de cette affaire dans laquelle sont impliqués d’autres établissements de renom, Londres, avec le soutien de la Commission européenne, entend tout faire pour préserver l’indice de référence qui détermine le taux auxquels les banques se prêtent entre elles.

Gary Gensler, président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur des marchés à terme américains, s’est fait le chantre de la suppression du Libor : il s’agit, dit-il, de “restaurer l’intégrité des marchés et de promouvoir la stabilité financière”.

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Les paradis fiscaux britanniques s’engagent contre le secret bancaire

Londres a trouvé un accord avec les Bermudes et les îles Vierges. Un échange d’informations sera instauré avec cinq grands pays.

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« Un tournant », selon le Trésor britannique. « Une bonne nouvelle mais qui doit s’étendre à d’autres pays et concerner les sociétés écrans », selon l’association Tax Justice Network. Londres n’est sans doute pas au bout de ses peines pour lutter contre l’évasion fiscale dans sa sphère d’influence. Mais, alors que le gouvernement de David Cameron préside un G8 qui a mis le sujet au coeur de son agenda, il veut montrer qu’il fait des avancées.

Un accord de partage automatique d’informations bancaires a ainsi été annoncé [le 2 mai 2013] entre, d’un côté, les îles Vierges britanniques, les Bermudes, Anguilla, Monserrat et les îles Turques-et-Caïques, et, de l’autre, le Royaume-Uni mais également la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.

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Grande-Bretagne : Les frontières poreuses de la politique avec la City

Un simple entrefilet découvert dans le Financial News, l’hebdomadaire financier faisant autorité dans la City, et nous voilà bien intrigué ! Andrew Mitchell, ex-ministre chargé de la discipline des parlementaires conservateurs, poste-clé au sein du gouvernement britannique, a rejoint l’équipe de Montrose Associates.

Les armoiries de la City de Londres. Deux dragons ont saisi le bouclier de Saint Georges. Quant à la devise “Dieu nous guide”, elle est fortement suspectée de faire référence à Mammon.

C’est une société de renseignements économiques fondée par des anciens de la banque d’affaires Lazard. Et à force de pianoter, on découvre que celui qui fut un brillant ministre du développement international a aussi travaillé chez Lazard à deux reprises, entre 1975 et 1987 et entre 1997 et 2009.

Ce nouvel exemple de l’entrisme institutionnel “à la trotskiste” pratiqué par le monde financier est d’autant plus significatif que David Cameron pourrait nommer M. Mitchell au poste de commissaire européen britannique en 2014.

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Un rapport accablant fait toute la lumière sur la «baleine» de JP Morgan

Les pertes provoquées par l’ex-trader londonien ont été sciemment minimisées. Les positions de Bruno Iksil ont gonflé jusqu’à 157 milliards de dollars.

Si la «baleine de Londres» était une «tempête dans un verre d’eau», comme l’assurait l’an dernier le directeur de JP Morgan, Jamie Dimon, le réceptacle est en train de déborder. Selon un rapport d’enquête parlementaire publié jeudi soir, la première banque américaine a sciemment menti aux investisseurs et aux régulateurs. Elle a «mal informé […] sur la nature, les activités et les risques des dérivés de crédit» de sa division d’investissement pour compte propre, conclut le document de 300 pages.

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Nouveau scandale dans les banques britanniques

Barclays, HSBC, Lloyds et RBS ont vendu à des PME, depuis 2001, 40.000 contrats de produits dérivés censés couvrir contre des variations de taux d’intérêt. Ces contrats sont en infraction avec la régulation en vigueur.

Les banques britanniques se sont fait une nouvelle fois prendre les mains dans le pot de confiture. Selon une enquête de la Financial Services Authority (FSA), 90 % de produits dérivés commercialisés auprès de petites et moyennes entreprises leur ont été vendus en infraction avec la régulation en vigueur. Il s’agit cette fois de «swaps» sophistiqués (baptisés interest rates hedging products, IRHP) censés les couvrir contre des variations de taux d’intérêt. Une fois encore, les «usual suspects» sont en cause : le quatuor Barclays, HSBC, Lloyds et Royal Bank of Scotland.

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Sarkozy : Création d’un Hedge Fund et exil fiscal à Londres ?

Nicolas Sarkozy aurait trouvé sa nouvelle voie. L’ancien Président aurait « un projet secret qui vise à faire une entrée fracassante dans la vie des affaires en créant [un] fonds d’investissement spécialisé dans le private equity ». Selon le site Mediapart, la brigade financière détiendrait “des indices” de ce projet.

Le site Internet Next Finance de suggérer à son tour que l’ex-Président pourra bénéficier des conseils de son demi-frère, Olivier Sarkozy , co-responsable et director chez Carlyle à New York, l’un des plus grand fonds de private equity, pour lequel il est en charge de l’activité Global Financial Services.

Avec l’aide d’Alain Minc et de Vincent Bolloré notamment, le fonds pourrait lever jusqu’à 1 milliard d’euros auprès des fonds souverains en Asie et dans le Golfe et des grandes familles fortunées.

Tout cela semble formidable et prometteur. Seulement, le fonds serait lancé à Londres. Sans surprise, les intéressés et les proches du président démentent, limite outrés. Même pour Thierry de Cabarrus, chroniqueur au Nouvel Obs, ce scénario d’un exil londonien ne tient décidément pas.
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L’Allemagne va rapatrier son or

Le stock d’or de l’Allemagne, le deuxième du monde, était jusqu’à présent détenu pour les deux tiers à l’étranger. La Bundesbank souhaite le récupérer pour plaire à la Cour des comptes… et à l’opinion publique.

Après le Venezuela, l’Allemagne ? Suite au débat lancé en octobre dernier sur l’état réel des réserves d’or allemandes à l’étranger, la Bundesbank s’apprête ce mercredi [à demander ?] le rapatriement d’une partie de celles-ci, avance la Handelsblatt. Contactée, la Bundesbank n’a pas voulu commenter l’information en précisant qu’une conférence de presse sur le sujet était toutefois prévue ce mercredi en fin de matinée. Aujourd’hui, l’Allemagne détient le deuxième stock d’or au monde, derrière les Etats-Unis, pour une valeur de 130 milliards d’euros. Pour des raisons de sécurité liées à la guerre froide et suite à ses excédents commerciaux dans de nombreux pays, 45% du stock d’or allemand est gardé à New-York, 13% à Londres, 11% à Paris et seulement 31% à Francfort. A priori, une partie du stock américain et l’intégralité des lingots gardés à la Banque de France devraient être rapatriés dans les mois qui viennent.

La Tribune

Scandales à la Deutsche Bank

Cinq cents policiers armés prenant d’assaut un bâtiment avec l’aide d’un hélicoptère. On croyait ce genre de scènes réservées à la lutte antimafia. A tort. C’est à Francfort (Hesse), au siège de la puissante Deutsche Bank, que s’est déroulée, le 12 décembre 2012, cette perquisition hors normes. Faut-il que les charges soient lourdes pour que les autorités allemandes mettent volontairement à mal la réputation de ce fleuron de la finance germanique.

Par Frédéric Lemaître, Berlin, lemonde.fr

Car, comme BNP Paribas en France, Deutsche Bank est la banque pivot du capitalisme allemand.

Celle dont la bonne santé financière permet de jeter un voile pudique sur les difficultés de ses concurrentes régionales. Celle qui a repris en 2010 le réseau de la banque postale allemande et ses 14 millions de clients.

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Chroniques de la Vieille Europe : Pour en finir avec Barack Obama

Le 11 décembre, Patrick Péhèle, Lucien Valdes et Grégoire Gambier recevaient sur Radio Courtoisie, John R. MacArthur, à propos de son livre L’illusion Obama paru aux Édition les Arènes, ainsi que les écrivains Jean-Philippe Immarigeon et Pierric Guittaut.

John R. MacArthur a compris le premier que la belle histoire de Barack Obama était une fable. Parce qu’il a été éduqué comme lui dans le milieu politique à Chicago, MacArthur connaît de l’intérieur le système clientéliste et corrompu des Daley, les « parrains » démocrates de la ville qui ont favorisé l’ascension du premier président métis des USA.

Avocat et docteur en droit, Jean-Philippe Immarigeon est spécialiste de l’histoire des États-Unis et des questions de stratégie, il intervient depuis 2001 dans la Revue Défense nationale. Il a publié chez François Bourin Éditeur American parano (élu meilleur essai politique 2006 par le magazine Lire), Sarko l’Américain (2007) et L’Imposture américaine (2009).

Ce n’est pas un hasard que les ambassades de Londres et Paris sont réservées aux grands donateurs de la campagne d’Obama : Lou Susman, ancien cadre de Citigroup et résidant de Chicago, aurait acheté son poste au palais Saint James pour 239.000 dollars de donation “rassemblées” ; Paris aurait coûté environ 500.000 dollars à un certain Charles Rivkin.

L’émission s’achève par un entretien avec Pierric Guittaut auteur de roman noir et journaliste à la revue éléments. L’Amérique profonde à travers un polar sauvage et primitif : le « backwoods » noir. Malgré l’inclination structurelle du polar vers la ville, il survit dans le genre une branche ancienne et noueuse, au cœur toujours vert et résistant à la postmodernité. Une façon de comprendre la crise dans les classes populaires américaines.

(Merci à Patrick)

Grande-Bretagne : Home sweet home

En 1997, Tony Blair se rend dans le quartier d’Elephant & Castle, le plus grand complexe de logements sociaux d’Europe, pour dévoiler son projet de réhabilitation des quartiers sensibles. La population se réjouit, l’ère Thatcher s’achève enfin, un avenir radieux s’annonce…

Quinze ans plus tard, les occupants de la cité du Heygate déchantent. Le projet de réhabilitation ne semble pas avoir été conçu pour eux et aucun logement social ne sera construit.

Après la crise financière de 2008, les caisses sont vides et la municipalité entend rentabiliser au mieux cet impressionnant espace, situé au coeur d’une des villes les plus chères du monde. Peu à peu, la loi du marché et de la spéculation immobilière s’impose…

Habité par une truculence et un humour typiquement anglais, le film propose une plongée sensible et vivante dans ce quartier londonien où les habitants tentent de faire valoir leur droit à être relogés. Toute une palette de personnages, de l’urbaniste à l’institutrice à la retraite, dessine le portrait d’une société anglaise à la fois proche et exotique.

Surtout, le film propose une réflexion plus large sur un phénomène qui touche toutes les grandes villes de la planète : l’exclusion des habitants les plus défavorisés et leur éloignement vers les périphéries.

Scandales bancaires : Londres et New York à couteaux tirés

La mise en cause de la banque britannique Standard Chartered par les autorités américaines met Londres en émoi. En jeu : la compétition entre Wall Street et la City.

Trop, c’est trop ! À Londres, on n’a pas de mots assez durs pour qualifier la façon dont le département des Services financiers de New York a jeté en pâture le nom de la vénérable Standard Chartered. Accusée d’avoir contourné l’embargo américain sur les transactions avec l’Iran, la banque a été décrite lundi comme un groupe « voyou ».

Des accusations vigoureusement rejetées par Standard Chartered qui concède des erreurs sur l’équivalent de 14 millions de dollars, sur les 250 milliards de dollars avancés par les autorités américaines. La banque joue gros dans cette affaire. Les États-Unis la menacent de l’équivalent de l’arme atomique dans le monde financier : le retrait de licence aux USA. La même menace avait été agitée à l’encontre du Crédit Lyonnais, dans l’affaire Executive Life, ou à l’égard d’UBS, dans les affaires d’évasion fiscale. Chaque fois, les États-Unis ont obtenu gros. Pour Standard Chartered, la perte de la licence américaine signifierait que l’accès aux dollars lui serait fermé. Ce serait l’arrêt de mort ou peu s’en faut pour une institution qui s’est construite avec l’empire britannique et est devenue l’un des tous premiers noms du financement du commerce mondial. Une banque, aussi, dont la réputation était jusqu’ici sans tâche. N’ayant pas vu la couleur d’un subprime en 2007, elle n’a jamais coûté le moindre penny au contribuable britannique.

Mais, dans ce dossier, il ne s’agit pas seulement de Standard Chartered. D’une rive à l’autre de l’Atlantique, on pressent bien que cette affaire n’est qu’une bataille de plus dans la rivalité de plus en plus dure qui oppose Wall Street et la City. L’affaire « Standard Chartered colle bien à un récent discours américain qui voit la finance irresponsable, y compris quand elle est le fait de groupes américains, comme quelque chose qui arrive à la City de Londres. Ce peut être pratique pour les politiques américains de rejeter la faute au-delà de leurs frontières ; c’est néanmoins une simplification grossière »… Ce jeudi, l’éditorialiste du Financial Times dénonce un zèle des autorités américaines aux relents politiques et opportunistes.

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JO-2012 : Stratford, un paradis fiscal dans un paradis fiscal

Le magazine Ethical Consumer rapporte que de juillet à août, Stratford, quartier londonien accueillant le village des Jeux Olympiques 2012, va devenir un paradis fiscal. Des millions et des millions de profits réalisés par les multinationales ayant le monopole sur les droits d’exploitation des jeux olympiques 2012 seront versés directement dans les poches de leurs actionnaires et de leurs dirigeants sans qu’un centime de cette manne ne soit reversé aux contribuables britanniques qui ont payé l’événement.

Comment cela est-il possible ? Selon Ethical Consumer , c’est une pratique courante : “La triste réalité est que l’évasion fiscale est devenue un critère pour accueillir une compétition internationale comme les Jeux Olympiques. Des athlètes de renom, comme Usain Bolt, ont fait pression sur les potentiels pays d’accueil en lice pour s’assurer que les gains (et les profits) ne soient pas taxés.

Si cela a un air de déjà-vu, c’est parce que nous avons déjà assisté à la même arnaque pendant la Coupe du Monde 2010. Comme nous l’évoquions en mai 2010, la FIFA avait réussi à forcer la main du gouvernement sud-africain afin de rendre l’événement exempt d’impôt, ce qui signifie que les bénéfices de la Coupe du Monde affluaient vers les sponsors officiels, avec peu voire pas d’avantage durable pour l’économie sud-africaine. Accorder un statut de paradis fiscal à un événement sportif majeur semble être devenu la norme, reflétant le pouvoir que le sport est en mesure d’exercer sur les politiciens.

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LONDRES – JO-2012: une facture qui risque de grimper pour un impact incertain

Les paris sont ouverts sur la facture finale des prochains JO de Londres, malgré les assurances du gouvernement d’interdire tout dérapage en ces temps de rigueur, alors que personne n’attend de l’événement un effet magique sur une économie en berne.

Du côté des experts, le scepticisme reste de mise : “Nous doutons que le mot d’ordre des JO +plus vite, plus haut, plus fort+ puisse s’appliquer à l’impact économique des Jeux », conclut une récente étude du cabinet Capital Ecomomics, qui chiffre l’apport des Jeux à seulement 0,1% du Produit intérieur brut en 2012.

L’effet sera minimal », confirment leurs confrères de la Saxo Bank, en rappelant que la majorité du budget d’investissement a déjà été dépensée, sans que cela n’empêche le pays de retomber en récession.

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Le scandale financier du siècle (MàJ)

Addendum du 30/06/2012: Nous remercions l’un des fidèles lecteurs de Fortune qui a réalisé cette traduction d’un article paru dans le FT Alphaville du 27 juin dernier, consacré à la condamnation de Barclays pour manipulations du LIBOR et de l’EURIBOR.

Les arrêts du CFTC et du Département de la Justice aux États-Unis, et de la FSA au Royaume-Uni, sont tombés; ils infligent à Barclays des amendes de respectivement 200 millions de dollars, 160 millions de dollars et 59 millions et demi de livres pour “tentative de manipulation de, et contributions mensongères aux, fixings de taux d’intérêt LIBOR et EURIBOR”. L’amende imposée par le FSA est la plus élevée jamais infligée par cette autorité.

Extrait du communiqué du CFTC :

Dans son arrêt, le Tribunal a conclu que Barclays a tenté de manipuler les taux d’intérêt et a falsifié ses contributions [aux fixings du LIBOR et de l’EURIBOR N.D.T.] afin de tirer bénéfice de ses positions sur les produits dérivés [liés au LIBOR ou à l’EURIBOR].

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Les paradis fiscaux toujours pas au programme des présidentielles

Pas de panique ! Si vous avez peur pour votre patrimoine, les portes des paradis fiscaux resteront ouvertes après le 6 mai. Les candidats Bayrou, Hollande, Mélenchon et Sarkozy, ne sont pas avares pour dénoncer l’évasion fiscale. Mais les mesures concrètes sont rares. Le manque à gagner serait pourtant de 30 milliards d’euros par an et le trésor accumulé à l’abri du fisc s’éleverait à 590 milliards !

L'art de regarder ailleurs...

“L’ère du secret bancaire est révolue”, affirmaient pompeusement les chefs d’État et de gouvernement au G20 de Londres en avril 2009. La guerre contre les paradis fiscaux était officiellement déclarée, des sanctions allaient être appliquées pour protéger les finances publiques et les systèmes financiers de ce capitalisme de l’ombre. Les jours étaient comptés pour les îles Caïmans (5ème place financière mondiale) ou le canton de Zoug en Suisse, fréquenté par les adeptes de l’optimisation fiscale. Les listes des banques possédant des dizaines d’obscures filiales à l’ombre des cocotiers ou à proximité d’un casino de Hong-Kong fleurissaient. On allait voir ce qu’on allait voir.

Trois ans plus tard, on attend toujours. Des actions ont-elles été menées pour mettre fin au scandale des paradis fiscaux ? Rien n’a avancé, ou si peu, à en croire le CCFD-Terre solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement), qui a interrogé les candidats à l’élection présidentielle sur leurs propositions en matière de lutte contre l’évasion fiscale.

Trésors bien gardés Lire la suite

Mais où vont les milliards du Qatar?

Le patrimoine international du petit émirat arabe atteindra 210 milliards de dollars en 2012, résultat d’une série d’acquisitions très diversifiées et tous azimuts. Voici comment le Qatar est devenu le premier investisseur mondial.

Novembre 2011: une délégation de l’Association nationale des élus locaux pour la diversité (Aneld), conduite par son président-fondateur Kamel Hamza, élu UMP de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), est en voyage au Qatar. L’idée est de lever des fonds pour les entrepreneurs des banlieues. “De nombreux porteurs de projets viennent nous demander de les aider, parce que les banques ne leur prêtent plus, raconte Kamel Hamza. Pourquoi ne pas essayer du côté du Qatar, pays ami de la France? ” Bingo. Le souverain, cheikh Hamad ibn Khalifa al-Thani, accède à leur souhait. Dès le 8 décembre, l’ambassadeur du Qatar à Paris annonce la création d’un fonds d’investissement doté de 50 millions d’euros. Une manne pour les banlieues françaises, une misère pour ce richissime Etat du Golfe, qui jongle avec des milliards d’investissements.

L’an dernier, le Qatar a racheté le Paris Saint-Germain (PSG), est devenu le premier actionnaire du groupe Lagardère et l’heureux possesseur du Carlton de Cannes. Mais son intérêt ne se limite pas à la France : il participe au sauvetage de deux banques grecques et au rachat des studios de cinéma Miramax, mis en vente par Disney aux Etats-Unis, acquiert des quartiers entiers de Londres, et lance un fonds de 1 milliard de dollars en Indonésie. Depuis trois ans, ce pays est devenu le premier investisseur du monde, par le biais de son fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA) et de la Qatar National Bank. Chaque année, il dépense de 20 à 30 milliards de dollars sous toutes les latitudes, et son patrimoine international devrait atteindre 210 milliards de dollars en 2012, dont 135 milliards pour QIA, selon des chiffres officiels dévoilés fin janvier.

Des liens étroits avec la France

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Nouvelles émeutes étudiantes en plein centre de Londres

Addendum :

La Rolls Royce du prince Charles attaquée

Le projet de loi sur la hausse des droits d’inscription à l’université vient d’être adopté au parlement britannique. Le résultat du vote final montre que le projet a été adopté de justesse, par 323 voix pour contre 302. Plusieurs députés de la majorité ont voté contre le texte, très polémique.

(Merci à Virtus & Honor & à GDE)

Brève histoire de l’oligarchie en Russie

Par Xavier Moreau

Mikhaïl Khodorkovski

Le mot oligarque symbolise à lui tout seul l’histoire de la Russie de ces vingt dernières années et nous le trouvons utilisé pour désigner tout et n’importe quoi. Ce terme qui, au milieu des années 90, était synonyme de puissance et était ouvertement revendiqué est aujourd’hui récusé par les grandes fortunes de Russie, tant il est lié aux pires heures de l’ère Eltsine.

L’oligarchie a fortement évolué tout au long de la période. Certains oligarques sont tombés dans l’oubli, d’autres ont fui ou sont en prison. Les plus pragmatiques se sont adaptés en renonçant à toute prétention politique, ce qui rend d’autant le terme inadéquat pour les désigner aujourd’hui.

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La rigueur devient concrète pour les Britanniques

Nouveaux ghettos urbains à la périphérie de Londres, musées obligés de vendre des oeuvres d’art pour survivre, avions de combat mis à l’encan… Les Britanniques évaluent peu à peu l’impact concret des coupes sans précédent annoncées par le gouvernement.

Dévoilées le 19 octobre, ces coupes budgétaires se sont d’abord traduites par quelques chiffres impressionnants: 81 milliards de livres (92 milliards d’euros) d’économies en quatre ans, 500.000 emplois publics supprimés, des ministères amputés du quart de leur budget.

Il a fallu un peu de temps avant que les experts et la presse, souvent épaulés par des associations alarmées de la fin annoncée de milliards de livres d’aides, ne prennent la mesure des changements à venir.

De toutes les coupes annoncées, ce sont celles concernant les aides au logement qui suscitent jusqu’ici le plus d’inquiétudes. Selon des études concordantes, la carte sociologique de Londres va être bouleversée par la décision du gouvernement de revoir de fond en comble le système des aides au logement.

Nettoyage social »

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