Allemagne : Crystal, la drogue de l’emploi

Le modèle allemand dont on nous rebat les oreilles présente des vertus insoupçonnées. Non seulement ce pays connaît un très faible taux de chômage mais la consommation d’héroïne et de cannabis y est en recul. Supplantée par le formidable essor d’une drogue de synthèse, la méthamphétamine, relaté samedi dernier dans Arte reportage.

« Aux Etats-Unis, on la surnomme “crystal”, “ice” ou encore “tina”. En Thaïlande, “yaa baa”, littéralement “le médicament qui rend fou”, explique William Irigoyen… qui a pompé sa présentation dans Wikipedia. Vous l’inhalez, vous l’avalez, vous vous l’injectez ou vous la fumez et vous voilà euphorique et en proie à une forte stimulation mentale. » Et à un enviable taux de croissance. Vive l’Allemagne !

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Allemagne : Le changement, c’est bientôt (?)

Par Olivier Berruyer

Peer Steinbrück est le chef du parti socialiste en Allemagne, le SPD. Comme vous le savez, il y aura des élections législatives en Allemagne en septembre. Il est entré en campagne l’été dernier. Un des axes majeurs de sa campagne (qui ne marche que moyennement) est la lutte contre la finance débridée. Il n’a pas lancé de slogans du genre “mon ennemi, c’est la finance”, mais il a bossé. Beaucoup.

Du coup, son programme ne fait pas 5 phrases générales, voire malhonnêtement ambiguës, comme certains :

[p. 10] Je veux mettre les banques au service de l’économie.
Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives.J’interdirai aux banques françaises d’exercer dans les paradis fiscaux. Il sera mis fin aux produits financiers toxiques qui enrichissent les spéculateurs et menacent l’économie. Je supprimerai les stock-options, sauf pour les entreprises naissantes, et j’encadrerai les bonus. Je taxerai les bénéfices des banques en augmentant leur imposition de 15 %. Je proposerai la création d’une taxe sur toutes les transactions financières ainsi que d’une agence publique européenne de notation.

Vous noterez que strictement rien n’a été fait dans la loi bancaire. Même pas le premier point, qui a été vidé de son sens en ne considérant que “la spéculation de la banque avec son argent“, quine représente rien. C’était une promesse vide, très différente du discours du Bourget : “Maîtriser la finance commencera ici par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit de leurs opérations spéculatives.

Vous savez que je dénonce souvent la politique parasitaire et suicidaire que l’Allemagne a mené avec les lois Hartz en baissant ses salaires.

En revanche, j’admire beaucoup de choses dans ce pays. À commencer par le fait qu’il a inventé la forme de capitalisme tempéré qui doit pouvoir marcher (avec quelques adaptations), “le modèle rhénan”, cher à Michel Albert. Mais qui est en train de succomber sous les assauts du capitalisme anglo-saxon, court-termiste.

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L’Allemagne minée par les inégalités

A un an des prochaines élections, à l’automne 2013, les questions sociales occupent à nouveau le devant de la scène allemande. Samedi 29 septembre, environ 40 000 personnes ont manifesté dans tout le pays pour réclamer une augmentation des impôts payés par les plus riches. Lundi 1er octobre, à peine nommé candidat du SPD à la chancellerie contre Angela Merkel, Peer Steinbrück a attaqué celle-ci sur deux thèmes principaux : les bas salaires et le minimum vieillesse.

Ce tir groupé n’est pas une coïncidence. L’Allemagne se porte mieux que la plupart des pays européens, le chômage, y compris chez les jeunes, est très bas (6,8 % de la population active), les caisses d’assurance-maladie sont excédentaires et le budget 2013 n’est pas loin de l’équilibre. De quoi faire des envieux. Mais si l’Allemagne va bien, ce n’est pas le cas de tous les Allemands.

Dix ans après les réformes menées par le chancelier Gerhard Schröder, le pays est redevenu ultra-compétitif. Mais à quel prix ? Le débat divise, notamment la gauche qui, pourtant, a porté ses réformes sur les fonts baptismaux. En 2010, 20 % des Allemands travaillant dans une entreprise de plus de dix salariés percevaient un bas salaire, soit, en brut, moins de 10,36 euros de l’heure. Un pourcentage en hausse ces dernières années. Dans certains secteurs – chauffeurs de taxi, salons de coiffure, nettoyage industriel et restauration –, ces bas salaires concernent plus de 75 % des salariés. Un quart des Allemands – souvent les mêmes – occupent un emploi dit atypique, c’est-à-dire qui n’est pas un contrat à durée indéterminée à plein temps.

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Triple «A» et 12 millions de pauvres: l’Allemagne, un pays modèle?

Même si Sarkozy vante le modèle germanique, l’Allemagne paye pour sa compétitivité retrouvée, son chômage en baisse et ses records à l’exportation. Résultat: des millions de pauvres et une fracture sociale qui grandit.

A Berlin, Rolf-Bernd Pelikan s’explique mal comment son quartier bien-aimé de Spandau est devenu l’une des zones à risques de la capitale allemande, qui accumule des taux de chômage, de criminalité, de suicides ou encore de faillites privées parmi les plus élevés du Land. Mais lui et sa femme Jutta le constatent chaque jour: «Les zones commerciales ont été colonisées par des baraques à frites et à kebab, des magasins discount qui vendent tout à 1 euro et des coiffeurs qui coupent les cheveux pour 5 euros», raconte Jutta, assistante sociale dans un hôpital qui a été privatisé il y a peu: «Les rapports sociaux se sont durcis, les gens se renferment. Les ménages plus aisés sont allés vivre dans le centre de Berlin», ajoute Rolf-Bernd qui sort lui-même de 15 mois de chômage.

«Spandau a toujours été un lieu de vie pour les classes moyennes industrieuses qui vont travailler à l’usine, comme l’ont fait mes parents», raconte-t-il. Avec la présence des usines Siemens et BMW et de nombreux sous-traitants, Spandau a toujours été un des principaux quartiers industriels de Berlin. Le reste du territoire se partage entre d’agréables étendues boisées et des zones d’habitations très présentables. Et le centre-ville, avec ses rues piétonnes pavées de neuf, n’a rien d’un ghetto.

Petites annonces

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Fin de crise : inflation monétaire de la B.C.E. ou dévaluation du franc et hyper-inflation !

Par Marc Rousset

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, lors du dernier marathon européen à Bruxelles ont simplement gagné du temps et mis en place une deuxième digue qui, comme celle du 21 juillet 2011, va encore plus  rapidement céder !

La réduction de la dette grecque ne concerne que celle détenue par les banques, soit 50 % de leurs créances. Cela ramènera la dette grecque en 2012  à 120 % du P.I.B., niveau que l’Italie se voit aujourd’hui reprochée par tous ses partenaires de l’euro – au lieu de 180 % actuellement, ce qui est significatif, mais tout à fait insuffisant pour assurer la viabilité et le rebondissement de la Grèce. Le tourisme, le fret industriel des armateurs grecs et les rares produits industriels ne représentent en effet que 7 % du P.I.B. grec.

La corruption généralisée et la fraude fiscale constituent deux tares  grecques très difficiles à éradiquer. Il est donc peu probable que les revenus de l’État grec, avec une croissance négative, puissent dépasser les dépenses publiques afin d’envisager un excédent et un début de remboursement. Le remplacement d’un fonctionnaire sur dix, les réductions de retraites, les impositions forfaitaires des professions libérales, l’augmentations de T.V.A. de 13 % à 23 % dans les restaurants constituent des effets d’annonces plus que des mesures permettant le redressement effectif.

L’agence de notation Fitch n’a pas arrangé la quadrature du cercle grec en estimant que la décote de 50 % demandée aux banques constituait un « événement de crédit », autrement dit un défaut de paiement susceptible d’entraîner l’activation des contrats d’assurance C.D.S. contre le risque de défaillance des pays (credit default swap). En fait, depuis l’été, la troïka F.M.I., U.E., B.C.E., considère que, malgré tous les efforts apparents, « la situation de la Grèce a empiré ». Quant au produit maximum escompté des cessions d’entreprises par l’État grec, il a été réduit de soixante-six milliards d’euros à quarante-quatre milliards. Espérer dans ces conditions que la Grèce va se redresser et rembourser ses dettes  relève du tragico-comique !

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