États-Unis : Militantisme et alimentation alternative

Les mouvements pour une alimentation alternative sont-ils une panacée contre l’obésité, les problèmes de santé d’origine alimentaire et la mauvaise alimentation ? Nul besoin d’être réactionnaire pour voir les limites de cette proposition ; difficile pourtant de renoncer à cette croyance. Julie Guthman, dont le travail a presque à lui seul inauguré la recherche scientifique sur ces questions, nous aide à comprendre pourquoi.

Vous êtes principalement connue comme spécialiste de l’obésité et des produits biologiques. Mais plus généralement, on pourrait vous décrire comme chercheuse en études sur l’alimentation, un domaine à la fois assez récent et spécifique au monde anglophone. De quoi s’agit-il et comment y êtes-vous venue ?

Julie Guthman : Un nombre important de travaux tombent sous la catégorie des études sur l’alimentation, y compris dans les sciences dures. Mais dans les sciences humaines et sociales, trois courants différents peuvent être observés. Premièrement, il y a des travaux assez descriptifs qui se rapprochent de la littérature populaire et qui décrivent, souvent en des termes admiratifs, une expérience alimentaire, un restaurant, ou des produits alimentaires.
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Devises citoyennes, les monnaies locales

Créer de la monnaie n’est pas un privilège réservé aux seules banques d’État. Depuis 2010, aux quatre coins de la France sont émises des monnaies locales complémentaires, outils pour dynamiser l’économie locale, promouvoir la culture régionale, favoriser le développement durable et retisser les liens sociaux.

Une trentaine sont actuellement en circulation sur le territoire, à l’échelle d’une région, d’un département ou d’une ville. Ce documentaire nous fait découvrir ce phénomène en pleine expansion, en nous plongeant au coeur de deux expériences qui font aujourd’hui référence : le Galléco en Ille-et-Vilaine et l’Eusko au Pays Basque Français.

Documentaire réalisé par Jérôme Florenville (Public Sénat – 11/07/2015)

Loos-en-Gohelle (62) : Exemple français du développement durable

À Loos-en-Gohelle, l’une des villes les plus pauvres de France, le développement durable est devenu une stratégie de sortie de crise. Le maire a commencé par rénover les maisons de mineurs et construire des maisons avec des éco-matériaux.

Les factures énergétiques ont donc été divisées par dix, et près de 250 emplois verts ont été créés dans une ville où le taux de chômage est de 18%.

Changement climatique, déplétion pétrolière, crises… Ebauche d’une vision désirable du monde en 2050

“Songez à la quantité de changements qui se sont déroulés pendant les cent dernières années, qu’il soient sociaux, techniques, culturels, politiques ou environnementaux: tous ces changements ne font pas le poids face à ce dont vous serez témoin au cours des vingt prochaines années”. Ainsi a répondu le scientifique ayant modélisé les limites de la croissance, Dennis Meadows, à la question de savoir qu’elle était sa vision d’un avenir de “descente énergétique”, question qu’a pu lui poser le “cueilleur de visions” comme il se définit lui-même, Rob Hopkins, fondateur du mouvement Transition (1).

“Comment sera ma ville, mon village, mon pays, ma planète dans ces prochaines dizaines d’années ?”

Oui, à l’heure où la finance ajoute une crise à une crise (les « subprimes », les dettes des états, la Grèce…), à l’heure où le réchauffement global et les désordres dont il est capable font suffisamment peur au G7 (2) pour que celui-ci promette très officiellement la décarbonation totale de l’économie durant ce siècle, de plus en plus de personnes devraient se poser une question: “Comment sera ma ville, mon village, mon pays, ma planète dans ces prochaines dizaines d’années ?”

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La vente “en vrac” a le vent en poupe

De plus en plus de produits sont vendus “en vrac”, c’est-à-dire sans emballage. Plus écologique, ce nouveau mode de consommation permet aussi de lutter contre le gaspillage alimentaire. Très appréciée des consommateurs, la vente “en vrac” fleurit dans les épiceries.

A l’horizon 2030, modes de vie frugaux et incantations pour de nouvelles valeurs

Une étude prospective conduite par le Commissariat général au développement durable annonce un monde plus empathique et plus soutenable en raison de modes de vie plus sobres et plus collaboratifs, liés à une moindre consommation d’énergie, dans les prochaines décennies.

Grant Wood – American Gothic

Conduit par la Mission de prospective du Commissariat général au développement durable (CGDD) pour le ministère de l’écologie, nourri du travail de chercheurs, sociologues et de prospectivistes, le programme « Penser autrement les modes de vie à horizon 2030 » se veut « innovant et inédit tant dans la méthode prospective employée que dans sa manière d’appréhender les nouvelles manières de penser, de se mouvoir, de s’éduquer, d’habiter, de produire et de consommer ».

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Des supermarchés en circuit court

À l’heure du réchauffement climatique, limiter l’empreinte carbone de nos aliments est aussi une priorité. FUTURE part découvrir ces supermarchés qui renouent avec les circuits courts, pour le plus grand plaisir des producteurs et des fins gourmets !

Arte Future Mag 18/04/2015

Autrement (avec des légumes)


Et si nous consommions autrement. C’est la démarche des groupes d’achats solidaires, les CSA, qui sont en pleine expansion et auxquels la réalisatrice Anne Closset consacre ce documentaire.

Il y a un énorme fossé qui s’est creusé ces dernières décennies entre le consommateur et le monde agricole. Et parallèlement à cela, la qualité de notre alimentation s’est fortement dégradée, ce qui a des conséquences sur notre santé et celle de notre planète.

D’un côté le mangeur moderne est face à l’obsédante question du “Que choisir ?”. De l’autre l’agriculteur est confronté à des difficultés qui le démotivent et mettent en danger sa propre subsistance : “Vers quelles solutions aller ?”

Au travers de ce film, la réalisatrice souhaite placer le citoyen, le mangeur en bout de chaîne, au centre du débat. Le consommateur n’a-t-il pas un rôle à jouer dans ce système ?

Merci à Pierre ainsi qu’à Blueman et son remarquable blog

Cuba vit une nouvelle révolution agricole : de l’agriculture intensive à l’agroforesterie

Après avoir essuyé les ravages économiques et environnementaux de la monoculture à grande échelle, Cuba se tourne maintenant vers l’agroforesterie à une vitesse et une ampleur inégalées. Et c’est un succès.

Au lendemain de la révolution de 1959, le gouvernement cubain adopte le modèle de développement agricole promu par la révolution verte. L’île se modernise. Elle introduit massivement les tracteurs, les fertilisants chimiques, les herbicides, les systèmes d’irrigation à grande échelle et les graines hybrides. Cuba devient l’un des pays les plus mécanisés d’Amérique latine.

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Décapitaliser les consciences

Le capitalisme contemporain est auto-destructeur. Le médiéviste Jérôme Baschet en expose les raisons et dessine les voies de la société qui pourrait lui succéder. Une réflexion sur le « bien vivre » qui emprunte les sentiers de l’utopie pour penser l’émancipation.

Le constat dressé par Jérôme Baschet dans Adieux au capitalisme est sans appel : le capitalisme néolibéral serait entré dans une crise structurelle : accroissement de l’exploitation du travail (p. 35-39), tyrannie de l’urgence (p. 42-43), formatage concurrentiel des subjectivités (p. 39-42), marchandisation généralisée de la vie (p. 43-47) et prédation des ressources naturelles de la planète. Voici selon J. Baschet, spécialiste d’histoire médiévale et penseur des formes d’émancipation contemporaines, les traits saillants d’une crise qui se déploie sous nos yeux, à l’échelle du globe. Comment en sortir ? Quels référents imaginer pour « décapitaliser les consciences » (p. 173) ?

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Vente directe, du champ à l’assiette

La vente directe, qui élimine la quasi-totalité des intermédiaires entre producteurs et consommateurs, semble rendre liberté et dignité à des milliers d’agriculteurs et d’éleveurs français. Elle entraîne également dans son sillage des millions de consommateurs, ravis de retrouver le goût du sain et du bon et d’être en relation directe avec les paysans.

En 2014, ce circuit représentait près de 25% des ventes des paysans et près de 7% de la consommation des Français.

Ce film part sur les routes de France, de Bordeaux à Perpignan, des confins de la Normandie aux rivages de la Méditerranée, à la rencontre d’ostréiculteurs, de maraîchers, d’éleveurs et de consommateurs-citoyens.

Réalisé par Laurence Wycke (Février 2015)

Le circuit court : une boucle vertueuse

De plus en plus de communes boudent les supermarchés classiques préférant les magasins de producteurs, maraîchers, éleveurs, fromagers, les agriculteurs font de la vente directe.

Globalement le prix est le même pour les consommateurs mais avec la qualité en plus et la satisfaction de savoir que l’on soutient les paysans de sa région.

JT 13H France 2 (20/01/2015)

Et si on pouvait vivre sans croissance économique?

La journaliste Marie-Monique Robin publie «Sacrée croissance!», un livre qui pourrait nous faire revoir nos certitudes économiques…

Marie-Monique Robin

Tout commence avec cette phrase, prononcée le 15 mai 2012 par François Hollande: «L’Europe a besoin de projets, elle a besoin de solidarité, elle a besoin de croissance.» Le mot-clé est lâché: depuis des décennies, la croissance économique apparaît comme le Graal des dirigeants politiques du monde entier. Pourtant, de plus en plus de voix dénoncent cette obsession et assurent que le monde se porterait beaucoup mieux s’il arrêtait de courir après des points de PIB. Parmi elles, Marie-Monique Robin, journaliste auteur du Monde selon Monsanto,  publie ce jeudi 11 décembre un livre intitulé Sacrée croissance! dans lequel elle imagine François Hollande prenant la tête de la «Grande transition» mondiale.

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Et si l’action locale pouvait changer le monde ?

A Bristol, à Fukushima, en France, des héros ordinaires se battent pour rendre la vie meilleure. Et inventer une autre ère énergétique et économique.

Ils sont français, brésiliens, allemands ou canadiens. Ils créent des monnaies locales, des jardins communautaires, des parcs éoliens citoyens, des entreprises coopératives. Ces « lanceurs d’avenir », comme les appelle Marie-Monique Robin dans son dernier documentaire, Sacrée Croissance !, s’aventurent dans de nouvelles façons de vivre, consommer ou produire, à l’heure où les promesses de l’abondance capitaliste s’évanouissent.

Ils préfèrent le « mieux » au « plus », sèment les graines de ce que pourrait être une société « post-croissance », et revitalisent les questions de l’écologie, de la démocratie et de la politique. Avec un point commun, par-delà la diversité des expériences : ces « héros » ont tous choisi l’action locale.

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La startup qui veut vous libérer du réseau EDF grâce à l’énergie solaire

Comwatt entend rendre chaque maison productrice de sa propre énergie grâce à l’Indepbox, un boitier connecté capable de synchroniser la consommation électrique des foyers avec la production des panneaux solaires dont ils sont équipés.

Lorsqu’en France, un particulier installe des panneaux solaires sur son toit, ils ne servent pas directement à alimenter sa maison. L’énergie produite est revendue à EDF à un tarif d’achat garanti, avant d’être redistribuée autre part. « Or, le transport de l’énergie représente environ 50 % du prix payé par les consommateurs. Il serait beaucoup plus logique de consommer et produire l’énergie localement », explique Grégory Lamotte, PDG de Comwatt. « Chef d’entreprise et militant », il entend montrer que la troisième révolution industrielle n’est pas qu’un concept pour prospectiviste américain optimiste. Son crédo, c’est l’autoconsommation électrique, ou « énergie potagère », comme il l’appelle.

Nord : 13 fermes court-circuitent un supermarché en ouvrant leur propre magasin

En lieu et place d’un projet de supermarché, 24 exploitants agricoles ont lancé “Talents de fermes”, à Wambrechies, près de Lille. Ce magasin leur permet de vendre leurs produits directement aux consommateurs.

«Nous faisions tous de la vente directe sur notre propre exploitation. Mais en nous regroupant au même endroit, nous avons permis au client de trouver tous les ingrédients de ses repas », raconte Danielle Grave, exploitante maraichère de Talents de fermes. Pains, boissons, fruits et légumes, viandes, conserves… Depuis le 19 août, cette SARL (Société à responsabilité limitée) installée à Wambrechies permet à vingt quatre producteurs de vendre directement les produits de leurs exploitations aux consommateurs.

« Un ensemble de fermes, regroupées en un seul lieu »

« Cet endroit est un ensemble de fermes, regroupées en un seul lieu. En vingt minutes, le client a ce qu’il lui faut », indique Perrine Dekeukelaire, une autre exploitante. Talents de fermes commercialise uniquement des produits frais et locaux, hormis le vin et les champagnes. « Nous assurons même des permanences sur place pour répondre aux questions de la clientèle », indique Danielle Grave. Les prix des produits, complète-t-elle, se font « en fonction de nos coûts de revient. Nous assurons une qualité qui justifie que, parfois, nos prix soient plus élevés que dans des grandes surfaces. »
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Radio Courtoisie : L’avenir est-il à la décroissance ?

Dans le “Libre Journal des Débats” du mardi 30 septembre 2014 sur Radio Courtoisie, Benjamin Blanchard recevait: Eugénie Bastié, journaliste au Figaro, Pierre Torti, membre de l’Action française, Juvenal Vampa, membre du Cercle Lagrange, Gaultier Bès, professeur agrégé de lettres modernes et Louis Narro, universitaire.

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Marchands ambulants de produits bio, le nouveau visage de l’économie sociale dans les campagnes

Comment proposer des produits bio là où il n’y a ni coopératives ni magasins spécialisés, tout en recréant du lien social ? Deux jeunes femmes ont trouvé la réponse avec leur épicerie bio itinérante, L’Hirondelle.

Elles parcourent le sud de l’Indre, pour combler un vide dans l’offre locale, sensibiliser de nouveaux consommateurs et proposer une alimentation bio aux cantines scolaires dispersées dans les villages. Reportage vidéo.

Léna Simon et Hélène Godet se déplacent à bord d’une hirondelle un peu particulière. Quatre roues, un moteur, un grand habitacle… Au quotidien, leur volatile se déguise en camionnette. C’est effectivement plus pratique pour transporter des centaines de produits. Car les deux jeunes femmes se servent de leur véhicule au nom d’oiseau comme une épicerie bio itinérante. Depuis deux ans, elles sillonnent les routes et les marchés du sud du département de l’Indre et viennent combler un vide dans l’offre locale en produits certifiés bio.

« L’Hirondelle » est sortie de son œuf en juillet 2012, prête à survoler un territoire de plus de 2000 km2. Les associées installent leur nid chez Léna, à Nuret-le-Ferron, en plein cœur du Parc régional de la Brenne, entre Poitiers et Châteauroux. Sédentaires – Hélène était fleuriste alors que Léna travaillait dans une boutique-salon de thé –, les deux amies sont devenues professionnellement nomades.

Jouer la carte du collaboratif
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Belgique : Quand les petits producteurs court-circuitent la grande distribution

Ce n’est plus seulement une mode, ni même une tendance : aujourd’hui, le “circuit court” a trouvé sa place dans le monde du commerce alimentaire, au plus grand bénéfice des petits producteurs mais aussi des clients.

Fruits et légumes variés, bières artisanales, charcuterie ou encore une multitude de fromages, de biscuits, de douceurs, etc : les productions foisonnent, portées par une vague de retour à “l’authentique”. Et voici que des concepts apparaissent, comme ce magasin d’un nouveau genre dans la banlieue de Namur…

“D’Ici” a un peu plus d’un an.

D’apparence, c’est un magasin comme les autres sauf que presque tous les produits que l’on peut y trouver proviennent d’un rayon d’une cinquantaine de kilomètres autour de son lieu d’implantation, à Naninne, sur les hauteurs de Namur.

A la tête de ce magasin-concept, un homme qui connait bien le monde de la distribution et de l’alimentation, Frank Mestdagh. Il a créé “D’Ici” en 2013, de concert avec Florence Trokay.

Mais “D’ici” n’est pas le petit avatar d’un grand groupe de distribution : c’est avant tout le projet de deux personnes qui ont voulu concevoir un espace au service des clients comme des producteurs, un projet durable qui s’inscrit dans une logique de relocalisation des activités. Bref, “D’ici”, c’est un peu le temple du circuit court…
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Marché anti-gaspi : le bon sens portugais

Le Portugal, frappé par la crise, doit faire face un plan d’austérité qui plonge la classe moyenne dans la pauvreté. Dans ce contexte difficile, des jeunes Portugais -et Portugaises- ont décidé de lutter contre un certain gaspillage alimentaire. Leur objectif: valoriser les fruits et légumes invendables sur le marché traditionnel en raison de leurs défauts visuels.

“Dans un pays où la classe moyenne a dégringolé au rang de nouveaux pauvres, des Portugais ne mangent plus à leur faim.”

“Avec la crise, les Portugais ont bien compris qu’ils devraient faire preuve d’imagination pour remplir leurs assiettes. En revenant à la terre et en évitant les pièges de la consommation de masse, ces initiatives portugaises pourraient bientôt s’inviter chez nous.”

RTS – A bon entendeur – 15/07/14

États-Unis : Petits producteurs, marchés fermiers, le nouveau visage de l’agriculture américaine

Danelle Myer, 42 ans, en rit encore : elle, l’adolescente qui voulait à tout prix quitter la ferme familiale pour devenir une businesswoman dans une grande ville, jongle désormais entre commandes de choux et dégâts causés par la grêle sur son lopin de terre.

Après une carrière dans les relations publiques, elle a fait le choix il y a trois ans de revenir à ses racines, à Logan, dans l’Iowa (centre), à une soixantaine de km au nord d’Omaha (Nebraska).

« Quand j’avais une vingtaine d’année, j’étais souvent malade et je me suis rendue compte que ce qu’on met dans notre corps est important », raconte-t-elle. Puis, « le déclic, ça a été la terre, celle que possède ma famille. C’est un immense privilège dont je dois faire quelque chose. »

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Wendell Berry : Vers des économies locales durables

Wendell Berry démonte avec brio le fonctionnement et les mythes du système économique actuel basé sur la foi dans le libre échange et sur la compétitivité avant de décrire sa vision d’économies locales durables et propose des règles qu’une communauté devrait pouvoir suivre afin de construire et faire fonctionner de telles économies, tout en précisant le rôle que pourrait y jouer les systèmes alimentaires locaux.

Le risque d’une “économie totale”

Dans un des articles qu’il a publié, Wendell Berry utilise une approche intéressante afin de s’attaquer au système économique dominant, celui de la crise environnementale, replaçant l’individu au cœur de celle-ci :

« Si les gens font l’effort de reconnaitre leur responsabilité économique comme une part de leur propre pouvoir, alors, inévitablement, ils découvriront qu’il n’existe en soi pas de crise environnementale, que ce n’est pas une crise de notre environnement, mais bien une crise de nos vies en tant qu’individus, membres d’une famille, d’une communauté, en tant que citoyens. Nous souffrons d’une « crise environnementale » parce que nous avons consenti à une économie dans laquelle – en mangeant, buvant, travaillant, voyageant et nous amusant – nous sommes en train de détruire la nature »(…) « donc, nous nous tromperons si nous essayons de corriger ce que l’on identifie comme des problèmes « environnementaux » sans s’attaquer à la simplification économique qui les a causé ».

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David Bollier : « Les communs nous aident à sortir du carcan de l’économie néolibérale, à travers des alternatives concrètes »

La notion de « biens communs » attire de plus en plus l’attention et l’intérêt des militants et d’autres acteurs du changement social. David Bollier, chercheur indépendant et militant américain, se consacre depuis une douzaine d’années à l’enjeu des biens communs (ou ’communs’), dialoguant aussi bien avec les pionniers du logiciel libre ou des licences Creative Commons qu’avec des groupes de paysannes indiennes ou des représentants de peuples indigènes. Dans un livre qui vient de paraître en France [1], il propose une « brève introduction » aux communs. Entretien.

Enluminures illustrant les travaux des champs au Moyen-Âge. Extraites des Très Riches Heures du duc de Berry (BNF).

Qu’il s’agisse d’écologie, de défense des services publics, de culture, de science ou de technologie, les biens communs – ou, plus simplement, les « communs » – ont pour principal attrait de dessiner une alternative pratique aux logiques de commerce et de contrôle, mettant l’accent sur la coopération et le partage, et redonnant du pouvoir et de l’autonomie aux simples citoyens. D’un autre côté, la notion de « biens communs » est invoquée à propos de choses extrêmement différentes entre elles, depuis la préservation des traditions indigènes jusqu’à Linux et Wikipédia, en passant par la gestion collective des ressources naturelles, les services et infrastructures publics, les coopératives et l’économie solidaire, les jardins partagés et les AMAP… Difficile parfois de trouver un fil conducteur.

Dans son nouvel ouvrage, David Bollier entend expliquer ce qui rapproche les pratiques et les initiatives disparates que l’on regroupe aujourd’hui sous le terme de « communs ». Et en quoi elles dessinent ensemble une alternative pratique au néolibéralisme et au pouvoir sans cesses croissant des grandes entreprises – mais aussi à une partie de la tradition progressiste.

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Bretagne : La révolution localiste est en marche

Alain Glon, qui fut le patron du groupe Glon-Sanders, avait depuis quelque temps un projet de modèle économique d’un type nouveau susceptible de donner à la Bretagne un nouvel élan économique.

Ce modèle a la particularité d’être local, enraciné et solidaire, c’est-à-dire qu’il se situe aux antipodes du modèle mondialisé, déterritorialisé et financiarisé que nous subissons et qui nous a amenés au bord du précipice (nous y sommes toujours, sept ans après le début de la méga-crise que le regretté Maurice Allais avait pronostiquée dès 1992).

Le projet en cours dont le nom est « Redéo », ce qui signifie « il est nécessaire » en langue bretonne, est un projet associatif dont le but est de détourner une part, la plus importante possible, de l’épargne des Bretons (16 milliards d’euros par an) pour l’investir dans des projets entrepreneuriaux en Bretagne. Les bénéfices dégagés par ces entreprises seront, pour une part, distribués aux épargnants et, pour une autre part, réinvestis dans la région.

Un projet localiste et enraciné
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Made in France, l’année où j’ai vécu 100% français

Peut-on vivre en consommant exclusivement des produits fabriqués en France ? C’est la question qui a poussé un jeune journaliste à vivre pendant neuf mois une expérience unique.

Benjamin Carle, totalement assujetti à une consommation et à une culture mondialisée, a décidé de remplacer chacun de ses biens par un équivalent conçu et fabriqué majoritairement dans l’Hexagone.

Documentaire réalisé par Benjamin Carle (France – 2014)

Des cantines scolaires avec des repas 100% bio et locaux, c’est possible ?

Les produits bio gagnent peu à peu les cantines scolaires. Certaines villes comme Saint-Étienne affichent même l’objectif de cuisiner 100 % bio. Simple greenwashing, avec des aliments cultivés à l’autre bout de la planète ? Ou véritable volonté politique de transformer l’alimentation des écoliers, tout en développant les filières agricoles locales ?

Basta! a mené l’enquête. L’occasion de défaire quelques idées reçues sur le bio en restauration collective. Et de montrer qu’avec les nombreux outils à disposition des collectivités, passer en 100 % bio dans les cantines, tout en cuisinant local, ce n’est pas si compliqué !

Une ville ouvrière révolutionne la restauration scolaire. Saint-Étienne, 170 000 habitants, est en passe d’assurer une alimentation 100 % issue de l’agriculture biologique pour les cantines des écoles maternelles et primaires. Soit près de 3 000 repas servis quotidiennement. « Un objectif valable à compter du 1er janvier 2014 », souligne Fabrice Poinas, chef de service de la restauration scolaire de la ville. Avec une petite nuance : ces « 100 %» s’appliquent si les produits sont disponibles sur le marché. Difficile en effet de trouver du poisson d’élevage ou des galettes des Rois labellisés Agriculture biologique. L’ambition pour Saint-Étienne est double puisqu’il s’agit de menus bio… et locaux !

Le bio dans les cantines de Saint-Étienne

« En 2013, 80 % de nos repas étaient bio et composés à 41 % de produits locaux », se réjouit Fabrice Poinas. C’est-à-dire qu’ils proviennent de la Loire ou de départements limitrophes, voire un peu plus éloignés comme la Drôme. L’initiative de Saint-Étienne est la seule à être menée à cette échelle. D’autres communes de plus petite taille ont atteint le 100 % bio, comme Mouans-Sartoux (10 200 habitants) dans les Alpes-Maritimes, en régie directe, avec des légumes issus pour moitié du potager municipal. Des dizaines d’expériences de restauration collective bio et locale sont recensées sur le site restaurationbio.org. « La carte n’est pas exhaustive mais cet outil montre la diversité des expériences, aussi bien en restauration scolaire que pour des établissements hospitaliers ou pénitentiaires », relève Julie Portier de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB).
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Consommer autrement : Le remède anti-crise ?

Aujourd’hui, avec la crise, des particuliers n’hésitent pas à limiter les intermédiaires et à s’unir pour consommer mieux ou moins cher.

Les domaines de cette «consommation collaborative» sont multiples: partir en vacances sans aller à l’hôtel en dormant chez un particulier ou encore s’approvisionner directement auprès de producteurs locaux sans avoir recours à la grande distribution.

Autre possibilité, créer ou développer son entreprise sans passer par les banques ou s’unir pour construire ensemble le logement de ses rêves. Cette nouvelle forme de consommation se veut plus réfléchie, plus respectueuse de valeurs comme le partage, la solidarité ou l’écologie.

(Merci beaucoup à liaoib pour sa réactivité)

Villages verts pour Blancs « pure souche » : quand l’extrême droite se la joue retour à la terre

Cultiver son « âme celte », se « ré-enraciner » dans les terroirs de « la France éternelle », respirer « l’essence authentique du peuple de France »… L’extrême droite s’empare à sa manière de la transition écologique et d’expériences de relocalisation et de décroissance. En tentant d’implanter dans plusieurs régions des villages prétendument écolos et conviviaux. Ces projets, en apparence sympathiques pour les non avertis, masquent une vision communautariste, voire raciste, de l’écologie.

L’une des premières alertes est donnée début 2010 dans un petit village du Morvan, Mouron-sur-Yonne, 99 habitants. C’est un coin tranquille perdu entre Auxerre, Dijon et Nevers, juché en lisière d’un parc naturel remarquable. Mais comme dans nombre de petites communes, les riverains, notamment les plus anciens, subissent la désertification rurale. L’espoir renaît lorsque des jeunes décident en 2009 de reprendre l’ancienne tuilerie, un bloc de bâtiments délabrés abandonnés depuis des décennies. Leur objectif : animer un lieu mettant l’accent sur la convivialité et le grand air. La vie s’y installe de nouveau. Les bruits de marteau résonnent, les passages dans les rues autrefois désertes s’intensifient. On espère peut-être voir des familles s’installer un jour. Bref, cette activité fait plaisir et certains villageois la considèrent même comme salutaire.

Jusqu’au jour où un internaute tombe sur des discussions en ligne décrivant le projet dans ses moindres détails : localité, bâtiments, dates… Et là, surprise : il constate que les débats et le cadre s’orientent ostensiblement vers l’extrême droite, avec son lot de quolibets racistes et d’odes à la mère patrie. L’endroit est nommé « La Desouchière » (sic) par ses partisans, ce qui sous-entend que ce lieu est réservé à ceux qui sont de « pure souche ».

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Histoires en France : le moulin de Bertaud

Cet agriculteur avait été émerveillé, enfant, par le livre de Daudet. Il a décidé il y a quelques années de racheter et restaurer un vieux moulin à vent à l’abandon, en Ille-et-Vilaine. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de préserver le patrimoine : le moulin de Bertaud produit de la farine de froment, de sarrasin ou encore de seigle bio, des céréales que Jean-Pierre cultive lui-même sur son exploitation.

Histoires en France – BFMTV

(Merci à Pierre)

Le voyage comme expérience intime de la mondialisation

Comme le disait Charles de Gaulle de ceux qui répétaient « Europe ! Europe ! » en sautant comme des cabris, le terme « mondialisation » suscite l’émoi de ses apôtres. La morgue en plus. Il faudrait être ignorant pour ne pas la célébrer. Le président de la Commission européenne, M. Jose Manuel Barroso, s’en est pris aux Français qui ne comprennent pas la mondialisation.

Un quotidien s’alarme-t-il de la baisse d’attractivité française pour les investissements étrangers qu’il trouve aussitôt un coupable : « Ce qui est en cause, c’est l’incapacité des élites publiques de ce pays à comprendre la mondialisation » (Le Monde, 7 juin 2013)

Qu’est-ce que ne verraient pas les mauvais esprits qui ne goûtent pas, ou pas complètement, les charmes de la mondialisation ? Un mouvement pourtant naturel et nécessaire. Du coup, ses apôtres évitent de donner leurs bonnes raisons de l’aimer : pour eux, cela va de soi.

C’est la rhétorique de toutes les dominations : transformer l’histoire en nature, la question en évidence et les critiques en obscurantistes. Par sottise et étroitesse d’esprit, ces derniers seraient hermétiques aux lois de l’économie ou de l’histoire.
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Le localisme, c’est bon pour le moral!

Le localisme occupe une place centrale dans l’instauration d’une société identitaire telle que nous souhaitons la construire. Le localisme est un principe de consommation –et au sens plus large, de fonctionnement, qui permet de redonner un sens logique aux activités humaines.

Le localisme est le fait de privilégier dans sa vie quotidienne, ce qui est local. Que ce soit en termes de consommation, ou d’administration de la vie de la cité, le localisme permet de répondre à nos besoins avec des solutions « au plus près ». Il permet de résoudre les problématiques liées à l’économie, à l’écologie, et à la disparition du lien social.

Constat d’échec : la mondialisation est aujourd’hui la cause de la plus part des maux qui rongent notre pays : chômage (désindustrialisation, délocalisation), immigration (mondialisation des peuples), perte de valeurs, perte de notre identité (remplacée par une culture globale neutre et adaptable dans le monde entier). D’un point de vue purement économique, la mondialisation pourrait être résumée par cette phrase : La mondialisation c’est faire fabriquer des produits par des esclaves, pour les vendre à des chômeurs.

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Nourriture toxique : les assiettes de nos enfants bourrées de produits chimiques !

L’empoisonnement progressif de notre nourriture quotidienne par les dérives chimiques et productivistes de l’industrie agro-alimentaire est un fait connu depuis longtemps par tous les spécialistes honnêtes et le public un tant soit peu averti. Cette situation vient à nouveau d’être confirmée de façon éclatante par une étude menée par un collectif d’associations écologistes et faisant analyser quatre repas types consommés par un enfant d’une dizaine d’années en une seule journée.

Dans ces repas consommés quotidiennement par nos enfants, l’association Générations futures a découvert pas moins de 81 substances chimiques différentes. Un constat qui fait froid dans le dos, surtout quand François Veillerette, le porte-parole de l’association, précise : « Nos analyses montrent qu’en 24 heures, un enfant est susceptible d’être exposé, uniquement par son alimentation, à des dizaines de molécules soupçonnées d’être cancérigènes ou d’être des perturbateurs endocriniens. »

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« Le renversement du monde – Politique de la crise », par Hervé Juvin

Il est difficile de résumer en quelques mots l’ouvrage d’Hervé Juvin, « Le renversement du monde ». Il faut le lire, tout simplement. Car ce livre marquera.

Il est comme un fleuve tumultueux, comme un torrent : il vous saisit dès les premières pages et ne vous lâche plus. Car ce fleuve charrie des trésors. En 260 pages, écrites d’une langue vive, claire, ponctuées de formules qui frappent comme l’éclair, Hervé Juvin embrasse tout, explique tout et traite de l’état du monde dans une approche remarquablement non réductionniste : économique, mais aussi sociale, culturelle, géopolitique ou ethnologique et bien sûr politique.

Le monde se renverse, effectivement, car le voile de l’utopie marchande se déchire brutalement.

C’est une crise ? Non Sire, c’est une révolution !

La révolution qui vient, c’est celle de la fin de la prétention du marché libéré de toutes les entraves à fonder une société.

La révolution du libre échangisme mondialiste n’est qu’une sinistre utopie, paravent des intérêts anglo-saxons : elle n’aboutit qu’à la destruction des sociétés qui ont la naïveté de croire à ses tabous. Elle sème partout des décombres.

Le libre échangisme mondialiste signifie aussi la rupture entre le capitalisme – de plus en plus financier – et la démocratie. C’est un renversement par rapport aux siècles précédents, où libéralisme et démocratie cheminaient de concert. C’est la raison principale de l’impasse dans laquelle se trouve l’Europe.

Seuls les Européens ont oublié qui ils sont

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