La transition numérique

La transition numérique va-t-elle nous mener au chaos et à la régression sociale, ou sera-t-elle un moteur d’évolution pour nos sociétés? Invités pour en débattre, le philosophe Pascal Chabot, qui publie “L’âge des transitions” et l’écrivain autrichien Marc Elsberg, dont le thriller “Black out – Demain il sera trop tard“, a rencontré un succès retentissant.

La Boétie : Discours de la servitude volontaire (Audio)

Comment la servitude peut-elle être volontaire ? comment peut-on avoir le désir de se soumettre ? Comment la liberté peut-elle se nier elle-même ? Autant vouloir ne plus vouloir, ou réclamer librement de porter des chaines aux pieds… Pourtant, c’est comme ça que ça marche : telle est l’étrange et imparable leçon du discours de la servitude volontaire.

Texte bref, parfaitement construit, scintillant, paradoxal et beaucoup plus conservateur qu’on n’a voulu le penser, le Discours de la servitude volontaire d’Étienne de la Boétie est un mode d’emploi pour ne pas être dupe du pouvoir, car ce n’est pas en luttant contre la tyrannie qu’on parvient à l’abattre, mais en comprenant ses mécanismes qu’on parvient à ne pas la subir, ni la désirer. Écoutez la parole de celui qui n’a que 16 ans quand il rédige ce texte plein de sagesse.

France Culture

Theory of Unipolar Politics

Voilà sans conteste l’un des ouvrages de théorie des Relations Internationales les plus important des dernières années, qui remet à l’honneur la « grande théorie » (en opposition aux théories intermédiaires qui fleurissent depuis quinze ans) et pose à nouveaux frais les questions fondamentales de la discipline des RI: quelle est la configuration du système international? est-elle durable? et quel est son impact sur les possibilités de guerre au sein du système?

Par

À ces trois questions, Nuno Monteiro (professeur à l’université de Yale) apporte les réponses suivantes:

le monde est unipolaire, dominé par les Etats-Unis; cette configuration a le potentiel d’être durable; et ce système international n’est pas pacifique.

Ce faisant, il offre une grille de lecture du système international actuel qui en fait une lecture obligatoire à la fois pour les spécialistes universitaires de la discipline, mais aussi pour les décideurs tentant de décrypter les nouvelles configurations du monde contemporain.

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Les romans envisagent très bien la possibilité d’une vie sans croissance

Parce qu’elle donne libre cours à l’imagination, la fiction constitue une ressource précieuse pour le débat sur l’incidence que pourrait avoir l’absence de croissance économique sur la démocratie.

Lors du prochain congrès de l’Association Française de Science Politique (AFSP) en juin à Aix-en-Provence aura lieu une «section thématique» intitulée «Démocratie sans croissance: théories, institutions et pratiques». Rares sont effectivement les occasions de réfléchir aux implications qu’une absence de «croissance économique» peut avoir sur la démocratie et son fonctionnement.

Question dérangeante ? De fait, elle n’apparaît posée que dans une littérature très réduite[1], et lorsque l’est, de manière souvent marginale. Que la «croissance» puisse ne pas revenir dans les pays industrialisés ou qu’elle puisse être considérée comme une lubie dépassée, voilà des idées qui défient encore majoritairement l’imagination… Mais pas forcément dans la fiction, qui permet de faire fonctionner ce type d’hypothèse et de tester comment une société peut malgré tout tenir.

Pour des raisons multiples, cette absence de «croissance» peut être subie ou souhaitée (ou alors la question finit par ne plus faire sens, sous l’effet d’une inattention ou d’un délaissement progressif et plus ou moins conscient). Évidemment, on peut prendre le sujet classiquement par la théorie politique (en étudiant par exemple des courants comme ceux de la décroissance, de l’écosocialisme, du convivialisme, etc.), mais il peut être intéressant de compléter en explorant d’autres voies.
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Georges Forestier : « Révéler la vérité cachée »

Réflexions sur le fonctionnement et les enjeux de la pensée hypercritique de la Renaissance à l’époque contemporaine.

La vérité fut le thème choisi pour les journées scientifiques de 2013 de l’Institut Universitaire de France. Cette conférence envisage le bon usage de la vérité et de sa recherche, posant davantage des questions éthiques et juridiques, autour de l’histoire, du droit international ou de l’environnement. On entrevoit du coup l’importance de l’autorité qui administre la vérité, et parfois malheureusement la falsifie.

La vérité vient volontiers frayer ici avec l’erreur, selon une articulation qui est un moteur majeur des mutations scientifiques.

Grèce : « Les murailles de feu »

Dans ce roman historique nous suivons le déroulement de la vie d’un jeune Grec, Xéon, dont la Cité, Astakos, va être détruite et la population massacrée. Confronté à cette situation terrible, lors de laquelle il perd ses parents alors qu’il n’est âgé que de dix ans, il prend la décision de devenir un guerrier et de rejoindre la Cité grecque la plus réputée sur ce point: Sparte.

Ce faisant, il va être mêlé à une fabuleuse page de l’histoire antique se déroulant en 480 avant notre ère, pendant l’invasion de la Grèce par le roi de Perse Xerxès, fils de Darius: la bataille du défilé des Thermopyles.

Six jours durant, sous le regard des dieux, cet étroit passage sera le théâtre de combats sans merci, lors de laquelle trois cents spartiates et quatre mille combattants grecs d’autres cités vont opposer une résistance farouche aux armées de l’empire perse.

Celles-ci rassemblant, selon l’historien Hérodote, deux millions d’hommes, traversèrent l’Hellespont, c’est-à-dire l’actuel détroit des Dardanelles, afin d’envahir et asservir la Grèce. Racontée par un survivant, c’est ce choc inégal – et, au-delà, toute l’histoire et la vie quotidienne de Sparte – que fait revivre Steven Pressfield dans ce roman traversé par «un formidable souffle d’authenticité».
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Vendredi 17 Octobre : Soirée Livr’Arbitres

A l’occasion de la sortie de son nouveau numéro comportant un portrait consacré à Kléber Haedens, ainsi qu’un dossier intitulé “Chroniques du monde moderne, des écrivains au milieu des ruines” ; la revue littéraire non-conforme « Livr’arbitres » organise sa désormais traditionnelle soirée “apéritif et dédicaces” le vendredi 17 octobre, à partir de 20 heures, au restaurant “Ratatouille”, 168 rue Montmartre, Paris 2ème.

Dans une atmosphère conviviale, les lecteurs et les curieux sont invités à rencontrer à cette occasion les écrivains qui collaborent à la revue ou dont les ouvrages ont été évoqués dans ses colonnes. Ils pourront également acheter des livres neufs ou d’occasions, les faire dédicacer et échanger autour d’un verre de vin… Seront notamment présents Francis Bergeron, Anne Le Pape, Aramis, Thierry Marignac, Pascal Arnoux, Olivier Griette…

A l’issue de la dédicace, l’écrivain Alain Paucard passera à la guitare pour quelques chansons qui lui tiennent à cœur et qu’il aime à partager. Un bon moment en perspective !

Livr’Arbitres

L’homme qui plantait des arbres – Récit de Jean Giono (1953)

Nous devrions tous lire et relire ces quelques pages pour nous prouver que des petits gestes, répétés jour après jour avec patience, peuvent changer un coin du monde, que nos gestes à tous, une fois cumulés, peuvent changer le monde. Nous n’avons rien à demander à per­sonne. Aucune autorisation ne nous est néces­saire. Nous n’avons nul besoin d’attendre les prochaines élections ou de faire tomber le gouvernement. Nous sommes armés de nos volontés. Il nous suffit d’en prendre conscience comme Elzéard Bouffier le héros de Giono. Vous pouvez faire le changement, soyez le changement, faite votre choix.

La littérature selon Amazon : « Écrivez, on s’occupe du reste »

Avec le passage au numérique, le monde de l’édition est en pleine mutation. L’auto-publication sous forme d’e-books est ainsi proposée aux auteurs par la multinationale Amazon. Ce documentaire s’interroge sur l’avenir du livre et aborde les questions des droits d’auteur, du prix unique, de l’uniformisation des goûts, ou encore de la mort annoncée des petits libraires.

“Kindle direct publishing”: ce projet d’autopublication lancé par le géant Amazon a changé la vie de plusieurs auteurs. Sans passer par un éditeur, ce sont eux qui mettent désormais leurs romans en ligne sous la forme d’e-books. Le prix de vente est compris entre 0,89 et 1,49 euro l’exemplaire – 70 % de cette somme leur revenant.

De quoi mettre les éditeurs traditionnels sous pression, alors même qu’Amazon détient déjà un quasi-monopole sur le marché du livre électronique avec la liseuse Kindle. L’entreprise américaine détient par ailleurs 200 millions d’adresses d’acheteurs et est aujourd’hui valorisée à 160 milliards de dollars en Bourse.

Technologie : Quand la littérature interagit avec le corps via… un t-shirt

Lorsque vous lisez un livre passionnant, il peut vous arriver de vous mettre dans la peau des personnages et de ressentir leurs émotions. Jusque-là, seul votre esprit travaillait à vous retranscrire au mieux les sensations de l’œuvre, mais des chercheurs ont voulu aller plus loin et ont conçu un prototype de t-shirt très intéressant qui vous fait ressentir physiquement l’ambiance de votre bouquin. 

L’objectif de ces chercheurs du Media Lab du MIT a été atteint grâce à la création d’un t-shirt relié à un livre. En fonction des émotions ressenties par le lecteur, le vêtement pourrait entre autres, gonfler de petits sacs d’air pour simuler l’oppression ou chauffer afin que son porteur subisse au mieux une situation embarrassante. En outre, la couverture du livre est équipée de 150 DEL et d’un haut-parleur pour modifier la lumière et émettre des sons en fonction des besoins.

Radio Courtoisie : “L’affaire Millet”

Libre Journal de la résistance française diffusé sur Radio Courtoisie le 5 février 2014. Emmanuel Ratier recevait Richard Millet, écrivain, Pierre-Guillaume de Roux, éditeur, Muriel de Renvergé, romancière, écrivain, pour une émission consacrée à l’affaire Millet et aux élections municipales à Paris.

Les grandes écoles fabriquent-elles des tueurs ?

Ces vénérables institutions – HEC, Polytechnique et autres Mines – ont-elles façonné les desperados en costars cravates qui sont responsables de la crise ?

C’est la thèse percutante du livre de Florence Noiville « J’ai fait HEC et je m’en excuse » (ed. Stock).

Selon elle, la seule philosophie qui y règne est « greed is good » (« l’avidité est bonne ») ou ce qu’elle appelle MMPRDC (« Make more profit, the rest we don’t care » “Faire plus de profit, le reste on s’en fout”).

Ces écoles tant admirées, rêve de tout parent, formeraient ainsi des as du management et de la finance sans jamais essayer de leur inculquer un minimum de valeurs.

« On n’y apprend pas à se remettre en cause, explique-t-elle. On en sort gonflé du sentiment de sa propre importance, obnubilé par la seule réussite économique. ».

Diplômée de HEC, de Sciences-Po et titulaire d’une maîtrise de Droit des affaires, Florence Noiville a commencé sa carrière dans la finance avant de tout abandonner pour la culture. Florence Noiville est critique littéraire au Monde des livres. Elle est également mariée à Martin Hirsch et anime l’émission du même nom sur LCI. Rue 89

(Merci à Mégacéros)