Énergies marines : La vague de fond

Les énergies marines ambitionnent d’apporter bientôt une contribution significative au mix énergétique français. Avec les deux appels d’offres importants lancés par le gouvernement en 2011 et en 2013 pour l’installation de 5 champs d’éoliennes en mer sur la façade maritime nord-ouest du pays, la France espère combler le retard enregistré dans l’exploitation des énergies marines traditionnelles par rapport à la Grande-Bretagne et au Danemark.

La France compte surtout sur son immense domaine maritime pour jouer un rôle de premier plan dans le développement d’un certain nombre d’énergies marines encore embryonnaires, celles qui se proposent d’utiliser la force des vagues et des courants marins pour produire de l’électricité.

Adoptée le 22 juillet dernier par l’Assemblée nationale après un long débat parlementaire et validée trois semaines plus tard par le Conseil constitutionnel, la loi relative à la transition énergétique pour une croissance verte finalement a été publiée au Journal officiel le 18 août 2015.

En fixant notamment comme objectif à notre économie de porter progressivement à 40 % au cours des 15 prochaines années la part des énergies renouvelables dans la production nationale d’électricité, elle devrait favoriser l’émergence d’une véritable filière industrielle nouvelle, celle des énergies marines, pour laquelle la France est particulièrement bien placée.
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Jacques Attali : « L’ordre cannibale » (1979)

Interviews de Jacques Attali à l’occasion de la sortie de son livre “L’ordre cannibale” dans lequel il évoque l’évolution de l’homme et de la médecine. Il explique que progressivement l’homme pourra acheter des copies de lui-même, des organes artificiels et des machines permettant de se soigner. Ainsi, il estime que l’homme deviendra un objet de consommation pour l’homme lui-même.

Où vont la médecine, la maladie, la santé ? La crise de nos sociétés ne plonge-t-elle pas ses racines les plus profondes en ce domaine où les attitudes et les conceptions risquent, d’ici la fin du siècle, de se trouver radicalement bouleversées ? Telle est la première interrogation à laquelle répond Jacques Attali dans cette « économie politique du mal » réalisée au terme de plusieurs années de réflexion et d’enquête, notamment aux USA, au Japon et partout en Europe.

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Comment les changements démographiques affectent-ils l’activité économique et l’inflation ?

Le changement démographique est l’un des plus importants déterminants du paysage économique et social futur. Plusieurs chercheurs ont observé comment les changements dans la taille et la composition de la population influencent les dynamiques macroéconomiques.

Les canaux à travers lesquels les changements démographiques affectent une économie incluent notamment les comportements d’épargne et d’investissement, les décisions relatives au travail et les réactions de l’offre et de la demande globales.

Dans les moyen et long termes, les changements dans l’offre de travail et dans la productivité (qu’ils soient considérés comme exogènes ou bien perçus comme provoqués par les changements démographiques) peuvent significativement altérer l’offre agrégée d’une économie et par conséquent la croissance économique, dans la mesure où les changements démographiques affectent le montant des intrants disponibles et la manière par laquelle ils sont combinés. A court terme, les transitions démographiques sont susceptibles d’affecter la demande agrégée, puisque le montant de consommation et d’investissement va fondamentalement déprendre des changements structurels des profils âge-gains de la population. (…)

Il est crucial d’analyser proprement les répercussions macroéconomiques des changements démographiques pour déterminer quelles sont les réponses politiques appropriées pour minimiser les effets adverses ou les distorsions indésirables. (…)
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Croissance mondiale : Le diagnostic pas très folichon de l’OCDE

Une croissance moins soutenue qu’on aurait pu l’espérer dans les économies avancées et un ralentissement plus fort dans les émergents : c’est ce que prévoit pour 2015 l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’année 2016 serait meilleure, même si l’organisation s’inquiète, pour le moyen terme, du ralentissement de la croissance potentielle dans le monde.

D’après les Perspectives économiques intermédiaires, présentées mercredi 16 septembre, la croissance mondiale serait ramenée de 3,3 % en 2014 à 3 % en 2015 (soit – 0,1 point par rapport aux prévisions de juin 2015).

Elle accélérerait ensuite à 3,6 % en 2016 au lieu des 3,8 prévus avant l’été, sur fond de stagnation du commerce mondial et de détérioration des conditions financières. Comme souvent, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

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Japon : Minamisanriku, la ville engloutie

Cité côtière située au nord-est de l’île de Honshu, la ville de Minamisanriku a le plus souffert du séisme du 11 mars 2011 et du tsunami qui a suivi. Dans les ruines de cette petite cité de 17.000 habitants, on a retrouvé un millier de morts.

Mais le bilan humain aurait été plus lourd sans le courage de Miki Endo, jeune employée municipale au bureau de protection contre les catastrophes naturelles, chargée de la diffusion des annonces par haut-parleur.

Informée de l’arrivée de la vague géante sur Minamisanriku, cette jeune femme de 24 ans a tenu à rester au poste central, répétant inlassablement aux habitants qu’ils devaient quitter leur logement ou leur lieu de travail pour se réfugier dans les hauteurs.

Lorsque la vague a déferlé, il était trop tard pour elle-même. Pendant toute une année, les documentaristes ont suivi la manière dont se sont reconstruits les survivants de la catastrophe, parmi lesquels les parents de Miki Endo, qui, eux aussi, doivent à leur fille d’avoir eu la vie sauve.

La croissance asiatique à l’épreuve de la « trappe malthusienne »

Lors d’une récente conférence tenue à Bangkok, Haruhiko Kuroda (2015) a recensé trois faits stylisés à propos de la croissance asiatique. Premièrement, elle s’est poursuivie à un rythme régulier et très rapide au cours des dernières décennies. Alors qu’elle disposait du PIB par tête le plus faible à travers le monde en 1950, l’Asie a réalisé depuis les meilleures performances de croissance.

La crise asiatique de 1997-1998 n’a été qu’une parenthèse, dans le sens où les pays asiatiques ont su recouvrir rapidement leurs pertes en termes de revenu et de production. Le taux de croissance annuel moyen a été de 4 % au cours des six dernières décennies. Par conséquent, le PIB par habitant asiatique a été multiplié par 12 depuis 1950. Deuxièmement, il y a toutefois une forte hétérogénéité en termes de PIB par habitant d’un pays asiatique à l’autre.

Si Hong Kong, Singapour, Taïwan et la Corée du Sud jouissent aujourd’hui de niveaux de vie particulièrement élevés, la majorité des pays asiatiques sont des pays à revenu intermédiaire. Même ces derniers présentent des PIB par habitant très différents les uns des autres.

Troisièmement, les taux de croissance eux-mêmes ont été très hétérogènes d’un pays asiatique à l’autre. Le Japon enregistrait des taux de croissance à deux chiffres dans les années soixante, mais semble acculé à la stagnation depuis les années quatre-vingt-dix.
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Statactivisme : Des chiffres en lutte

Deux ouvrages font ressortir l’importance de la quantification dans les technologies de pouvoir contemporaines et les formes de résistance à celle-ci. Pourtant, l’activisme en faveur d’un usage émancipateur et non asservissant des chiffres est-il une réalité ou un horizon souhaitable?

L’utilisation de nombres pour définir les contours de l’action publique n’est pas chose nouvelle: l’étymologie même du mot « statistique » en est une illustration notoire [1]. De même, leur invocation dans le cadre de débats publics n’est pas chose récente, Theodore M. Porter fait ainsi remonter aux années 1830 « la déferlante de chiffres qui a englouti tant d’aspects de la vie sociale, gouvernementale et scientifique » (S, p. 249).

Depuis maintenant plusieurs années, les travaux de sociologie de la quantification se sont multipliés pour étudier les principes et les effets de cette mise en nombres du monde social qui accompagne bien souvent sa mise en ordre.

Parus à une année d’intervalle dans la même collection et initiés par les deux mêmes auteurs (I. Bruno et E. Didier) qui cosignent le premier et codirigent (avec J. Prévieux) le second, Benchmarking. L’État sous pression statistique (B) et Statactivisme. Comment lutter avec des nombres forment un diptyque (S) qui entend à la fois présenter une série d’études empiriques et fournir des outils à des mouvements militants [2], en les familiarisant avec certaines démarches de sciences sociales, en particulier celles initiées par A. Desrosières et L. Boltanski [3], qui tous deux contribuent au second des deux ouvrages.
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Japon : « J’ai survécu à 2 bombes atomiques »

En mars 1945, l’état-major américain décide d’intensifier son action et déclenche une succession de raids aériens sur Tokyo. En juillet, le conflit se rapproche de son point culminant lorsque les USA procèdent au premier essai atomique jamais expérimenté.

Le Japon refuse de se plier à la volonté des Alliés qui, à la Conférence de Postdam, exigent sa reddition inconditionnelle. Les États-Unis vont alors provoquer les deux pires catastrophes de l’histoire de l’humanité…

Un homme va survivre à cet enfer. À deux reprises. Tsutomu Yamaguchi est né le 16 mars 1916. Devenu ingénieur naval, il est envoyé en mission à Hiroshima et est victime du premier bombardement atomique américain qui intervient le 6 août 1945. Le lendemain, il réussit à quitter la ville et part rejoindre sa famille… à Nagasaki.

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Kamikazes

Ce documentaire revient sur la formation et la préparation des japonais dans le cadre de l’ «Opération Paradis», dernière grande opération navale japonaise durant la guerre du Pacifique pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Retracez les origines de l’« Opération Paradis » en avril 1945, lancée par les Japonais contre la flotte alliée dans le Pacifique. Cette opération aussi appelée « Ten-Go » a impliqué plus de 3.000 avions, des centaines d’armes: bombes, navires, torpilles ainsi que le plus grand cuirassé du monde: le Yamato.

Le bilan est lourd: plus de 7.000 japonais sont morts au combat, 400 navires alliés ont été touchés et 5.000 marins tués. Cette bataille mit en évidence la supériorité aérienne américaine.

Ce documentaire de Peter Nicholson a été primé par un New York Gold Awards en 2008.

Partie 1:

Partie 2:
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Sous le nuage d’Hiroshima

Il est 8h16, ce lundi 6 août 1945 lorsque la bombe atomique explose au-dessus d’Hiroshima, tuant plus de 140 000 personnes. Le photojournaliste Yoshito Matsushige saisit alors cinq clichés d’une valeur inestimable. 70 ans plus tard, protagonistes et témoins de ces scènes photographiées racontent l’horreur.

Japon : Le mystère économique

Rien ne laisse paraître que le Japon serait en « crise », avec une économie stagnante depuis 20 ans. Par quel miracle, avec une croissance nulle si l’on s’en tient à la mesure classique de la Production intérieure, les Japonais restent-ils, de fait, aussi prospères, satisfaits de leur sort à les écouter et tous employés s’ils le souhaitent: le taux de chômage, depuis vingt ans, n’a jamais dépassé 3,5% avec, pour beaucoup, un emploi à vie dans les grandes entreprises? Pourquoi le Japon, qui statistiquement se porte si mal, va en réalité plutôt bien.

Ce paradoxe serait-il dû à l’endettement, un des plus élevés au monde, deux fois la production annuelle? La bonne vie, mais à crédit? L’explication ne tient pas, car cette dette, les Japonais la doivent à eux-mêmes: ils placent leur épargne dans des emprunts publics. Le Japon ne s’endette pratiquement pas sur le marché mondial et n’est guère menacé de banqueroute.

Mais, cette croissance nulle, les Japonais en ont un peu honte face au reste du monde – une « perte de face » mal ressentie dans les civilisations d’Asie – au point d’avoir élu le Premier ministre Shinzo Abe qui promit de renouer avec la croissance forte des années 1980. Lors de ces deux dernières années, son gouvernement a contraint la Banque centrale à fabriquer de la monnaie en surplus, ce qui a dopé la consommation: cette drogue, bien connue des économistes, produit toujours des effets provisoires.

L’« Abenomics » a fait grimper la croissance à 2% pendant deux ans, avant de retomber aux alentours de 0% cette année. Combien de sacs Vuitton une Japonaise peut-elle acheter ou combien de clubs de golf pour son mari ? L’euphorie achevée, chacun s’en est retourné à ses habitudes antérieures, un confort frugal et de l’épargne pour ses vieux jours.
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États-Unis : 9 experts prédisent l’imminence d’une grande crise financière

Y aura-t-il un effondrement financier aux États-Unis avant la fin 2015 ? Un nombre croissant d’experts financiers respectés avertissent que nous sommes au bord d’une nouvelle grande crise économique. Bien sûr, cela ne signifie pas que cela se produira. Ils se sont déjà trompés. Mais sans aucun doute, de nombreux signaux d’alertes fleurissent un peu partout et semblent orienter les faisceaux dans ce sens.

Les actions américaines baissent, le Dow Jones a ainsi perdu plus de 750 points depuis le sommet du marché en mai, et une action américaine sur cinq se trouve déjà dans un trend baissier. Les prochains mois pourraient être extrêmement chaotiques…

Ci-dessous, l’alerte de chacun des 9 experts financiers sur l’imminence d’une grave crise financière…
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Jacques Attali : « La crise, Acte 2 »

Pour avoir écrit ici le 4 février dernier qu’une nouvelle crise économique mondiale menaçait, et en avoir révélé les signes avant-coureurs, j’ai déclenché d’innombrables ricanements. L’analyse est encore plus vraie aujourd’hui: le monde s’approche d’une grande catastrophe économique. Et personne n’en parle.

Nul ne voit, en particulier, que ce qui se joue en Chine peut entraîner, par contagion, une dépression planétaire si nous n’agissons pas vite, de façon préventive. L’évolution chinoise était prévisible: sa croissance à 10% par an ne pouvait être durable et le ralentissement était inévitable.

De plus, la Chine n’est plus compétitive, au cœur d’une Asie dont nombre de pays s’éveillent à leur tour. L’Empire du Milieu n’a pas su, comme l’ont fait les États-Unis et le Japon en leur temps, créer des firmes de taille internationale, avec des marques mondiales.

La catastrophe de Tianjin aggrave cette menace dans des proportions considérables, paralysant une ville de 15 millions d’habitants, l’un des premiers lieux d’exportation et d’importation du pays, et rappelant, après d’autres événements du même genre, combien ce pays souffre des censures que lui imposent les exigences d’un parti unique.
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Japon : La filière nucléaire est relancée

L’hostilité des Japonais n’y fera rien. Sur la petite ile de Kyushu au Japon, 200 manifestants avaient fait le déplacement pour dire leur colère et leur angoisse devant  les portes de la centrale nucléaire de Sendai.

Dans la foule, Naoto Kan, un ancien Premier ministre avait lui aussi fait le déplacement. “Nous ne pouvons pas prévoir les accidents, voilà pourquoi ils se produisent et ici toutes les précautions nécessaires n’ont pas été prises”, a commenté l’ancien ministre. Au même instant à l’intérieur de la centrale  Sendai, les techniciens relancent le réacteur numéro 1.

Un impératif voulu le gouvernement conservateur. Selon un rapport, l’arrêt du nucléaire aurait coûté plus de 26 milliards d’euros au pays. Quatre ans après Fukushima et deux ans après, l’arrêt des 48 centrales, le Japon renoue avec le nucléaire. D’ici 2030, le pays vise à produire 20% de l’électricité grâce à cette énergie.

Une vie normale, chronique d’un jeune sumo

A 18 ans Takuya quitte sa ville natale pour Tokyo où il intégrera une prestigieuse école de formation de sumos, l’écurie Oshima. Il va désormais tout partager avec les dix autres lutteurs de l’écurie : la vie en communauté, les entraînements, l’école, les sorties en ville et les compétitions.

Dans son journal, il raconte ses rêves de réussite et les désillusions d’un adolescent qui découvre peu à peu la réalité du monde traditionnel des sumos.

Réalisé par Jill Coulon (France – 2013)

Japon : Les samouraïs

Depuis le VIIIe siècle, les samouraïs sont des guerriers d’élite redoutés. Pour reconstituer leur univers, le réalisateur britannique John Wate a consulté de nombreux manuels de guerre de l’époque. Il fait témoigner Stephen Turnbull, spécialiste de l’histoire nipponne, et Antony Cummins, expert en arts martiaux.

L’un des derniers grands maîtres de sabre japonais complète leurs propos avec des démonstrations terrifiantes qui mettent en lumière l’extrême cruauté des samouraïs et écornent l’imagerie idéaliste attachée à ces guerriers, plus coutumiers de violences, tortures, traquenards, complots ou exécutions d’innocents que de valeureux duels.

Animations en 3D et mises en scène ambitieuses avec de nombreux figurants reconstituent avec pertinence l’univers des samouraïs, ainsi qu’une bataille historique.

Japon : Les signaux toujours très mitigés de l’économie

Prix et chômage en légère hausse, consommation en baisse, l’économie japonaise continue de présenter un bilan mitigé. Les réactions des marchés confirment cette impression. Dépassant les 124 yens pour un dollar, la devise nippone a progressé, vendredi 31 juillet, signe de confiance dans la monnaie de l’archipel. L’indice Nikkei est resté stable, terminant la séance sur une très légère hausse de 0,3 %, à 20.585,24 points.

Ces évolutions interviennent après l’annonce par le gouvernement du taux d’inflation en juin. Sur un an, les prix ont augmenté de 0,1 %. La hausse reste limitée et loin de l’objectif de la Banque du Japon qui, en tablant sur une politique monétaire particulièrement agressive, reste déterminée à atteindre les 2 % d’inflation. Mais elle dépasse les attentes des observateurs et permet aux prix d’enregistrer leur vingt-cinquième hausse mensuelle consécutive.

En juin, les principales augmentations concernaient les nuits d’hôtel, les denrées périssables et les biens durables comme les téléviseurs et les climatiseurs. Les prix restent cependant sous pression des tarifs de l’énergie, en repli de 7 % sur un an. Conséquence de la chute des prix du pétrole, l’essence a baissé de 14,2 % en douze mois.

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Japon : Hiroshima, la véritable histoire

Soixante-dix ans après la déflagration d’Hiroshima, une enquête de grande ampleur replace la vérité historique aux avant-postes et révèle d’étonnants témoignages. Un regard neuf sur un événement qui a provoqué tant d’aveuglement.

La scène est surréaliste. Choquante, franchissant allègrement les limites de l’indécence. Nous sommes en 1954. Dans une Amérique pro-nucléaire qui organise même le concours de “Miss bombe atomique”, Kiyoshi Tanimoto, un survivant d’Hiroshima de 36 ans venu lever des fonds au pays de l’Oncle Sam, en compagnie de femme et enfants, est exhibé star d’un soir dans This is your life (C’est votre vie), une émission de divertissement, présentée par Ralph Edwards, qui fait les beaux jours de NBC entre 1951 et 1962.

Les producteurs lui organisent une rencontre surprise, à la “Sacré soirée“, avec un invité mystérieux. Lorsque la porte s’ouvre le Japonais découvre Robert Lewis, co-pilote de l’Enola Gay, l’avion B-29 qui a largué la bombe nucléaire, à qui il n’a d’autre choix que de serrer la main. Interdit mais contraint de faire bonne figure, Kiyoshi porte un regard hébété, empli d’une profonde tristesse qui soulève le cœur. La caméra américaine ne s’y attarde d’ailleurs pas…

Et même soixante-dix ans après, l’image s’inscrit comme une blessure supplémentaire infligée au nom de la société du spectacle.

Japon : La forêt éternelle

Si l’écosystème de la forêt japonaise a été préservé malgré la présence de l’homme, elle le doit au principe d’harmonie et d’autosuffisance qui régit les rapports des Japonais à la nature. Depuis près de 4.000 ans, ils pratiquent une technique de brûlis qui vise autant à entretenir la forêt qu’à profiter de ses fruits.

Fukushima (61) 22 000 piscines olympiques de terre contaminée

Regardez bien l’image ci-contre! C’est l’un des grands sites d’entreposage de terre contaminée retirée des sols après la catastrophe de Fukushima.

Crédit : Asahi Shimbun /getty images. Cette photo a été prise près de la ville de Tomioka.

Elle a été publiée par le quotidien japonais Asahi Shimbun, (environ 7 millions d’exemplaires chaque jour) et je l’ai vue pour la première fois il y a un mois à Séoul, lors de la réunion bisannuelle des journalistes scientifiques du monde entier (WCSJ), pour laquelle j’avais organisé une table-ronde sur le nucléaire : « Comment informer de façon pertinente et juste sur le nucléaire ? »

Elle était présentée dans son PowerPoint par notre confrère Toshihide Ueda, ancien responsable des actualités scientifiques  et médicales, qui a couvert pendant dix ans les questions nucléaires pour l’Asahi Shimbun.

Une image impressionnante, quand on se rend compte de la taille du camion (au centre de la photo) et des grues. Ces petites choses noires entassées sur une paroi étanche bleue, ce sont des milliers de très gros sacs…

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Le ventre de Tokyo, après Fukushima

Un état des lieux de cette mégapole de 36 millions d’habitants, dix-sept mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Des poissons au césium à la pollution tous azimuts, le bilan dressé par les habitants de Tokyo (poissonniers, éboueurs, employés du service des eaux…) est accablant.

États-Unis vs Japon : “Combat à mort” de robots géants

Transformers, mais dans la vraie vie. MegaBots Inc., une société basée aux États-Unis, a lancé un défi à son concurrent japonais. Deux ingénieurs de l’entreprise qui fabrique des robots géants proposent un “combat à mort” au constructeur de robots nippon.

“Vous avez un robot géant, nous avons un robot géant, rappelle MegaBots Inc., en s’adressant à Suidobashi Heavy Industries, son concurrent nippon. Nous avons donc un devoir vis-à-vis de tous les fans de science-fiction du monde de nous battre jusqu’à la mort”.

Au coeur des robots

Nous sommes à la veille d’une révolution, celle des humanoïdes. Ces robots à visage humain sont de plus en plus performants : ils marchent, voient, entendent, parlent… Ils nous ressemblent comme deux gouttes d’eau, sont prêts à entrer dans nos vies, nos maisons, et sont même capables de nous en apprendre sur notre propre condition.

Les roboticiens estiment que dans dix ans, les androïdes feront partie de notre quotidien au même titre que les ordinateurs individuels. Sommes-nous prêts ?

Réalisé par Marc Felix et Bruno Victor-Pujebet (France 2014)

La “slow education”, ou l’éloge de la lenteur

Pour les promoteurs du mouvement “Slow education” ou “Éducation lente“, la manière d’apprendre prime sur les résultats aux examens. Découvrez comment cette philosophie se décline aux quatre coins du monde.

Japon : La robot-mania

Au Japon, on pense que les robots ont une âme“. Le pays du Soleil-Levant est aussi le berceau des robots. Face au vieillissement de la population et au manque de main-d’œuvre, ils sont vus comme la solution pour l’avenir du pays. Au Japon, ils sont accueillis à bras ouverts. Jusque dans les maisons.

Ainsi, Tomomi, blogueuse de 29 ans, s’est offert Pepper contre trois mois de salaire. Un compagnon qui “n’est pas un membre de la famille, ni un animal de compagnie”, explique-t-elle, mais qui a une personnalité bien à lui.

Ces robots ont de plus en plus souvent des formes humaines et sont même quelquefois des clones de leurs concepteurs. Il y a même des présentateurs télé robotisés.

Asie : Trains ultrarapides à suspension magnétique

Le Japon tient son nouveau moyen de transport ultrarapide: le Shinkansen Maglev Train. En effet, ce train à sustentation magnétique vient de battre le record de vitesse sur rail, qui était jusqu’alors détenu par le Shanghai Maglev (MAGnetic LEVitation) Train, en atteignant la vitesse folle de 500 km/h !

Japon : l’Empire des Sans (Màj)

Vierge à 40 ans, le mal-être du mâle japonais

On a tellement glosé sur la Japonaise qui n’a jamais connu l’amour qu’on en a oublié son compagnon d’infortune, le puceau d’âge mûr. Un phénomène pourtant répandu au Japon.

« Je n’ai jamais eu de petite amie. Jamais. Ce n’est pas que ça ne m’intéresse pas. J’aime les femmes. Mais je suis incapable d’arriver à sortir avec l’une d’elles », confie Takashi Sakaï. À 41 ans, M. Sakaï (un pseudonyme) admet sans fard n’avoir jamais couché avec une femme et ne pas savoir comment perdre son pucelage.

Au Japon, un quart des hommes trentenaires sont vierges, selon l’Institut national de recherche sur la population, soit une progression de 3 % entre 1992 et 2010. À l’inverse, la proportion de Japonaises trentenaires qui ont conservé leur virginité a sensiblement diminué depuis 1992 (elles étaient 25 % en 2010 contre plus de 40 % en 1992).

S’il n’existe guère de statistiques internationales comparables sur le sujet, il semble toutefois que les Japonais se distinguent par une vie sexuelle moins active que celle d’hommes d’autres pays industrialisés. Ainsi, à peine 30 % des Japonais ont perdu leur virginité avant 20 ans, d’après l’étude de 2010. Les jeunes Européens sont beaucoup plus nombreux à avoir franchi le pas au même âge, selon un sondage réalisé la même année par le fabricant de préservatifs Durex : plus de 80 % des Allemands n’étaient plus vierges à 20 ans, par exemple.

“Une émasculation économique”
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Métrospection

New York, Los Angeles, Tokyo, Hong Kong, Moscou… : à chaque métropole, son métropolitain. Les dispositifs techniques se ressemblent de plus en plus, mais les usages diffèrent.

Les New-Yorkais se déplacent encore en métro, y draguent, y lisent, tandis qu’à Los Angeles les rames sont presque vides : tout le monde circule en voiture. À Tokyo, les trains sont tellement bondés qu’il faut des “pousseurs” pour faire entrer les voyageurs dans les rames ; il est interdit de téléphoner et les suicides atteignent des chiffres record. Le métro de Hong Kong, lui, est géré par une compagnie privée : il est le seul au monde à faire des bénéfices.

Quant aux Moscovites, ils sont fiers de leur métro : les trois lignes construites dans les années 1930 témoignent d’une époque où le modèle soviétique voulait offrir des espaces publics luxueux à ses prolétaires…

Japon : Le pire stage du monde

Le Japon doit faire face à une pénurie de main-d’œuvre, notamment dûe au vieillissement de sa population. Pour y pallier, le gouvernement a mis en place un programme de formations et de stages pour attirer les travailleurs étrangers en provenance de Chine, du Vietnam ou des Philippines.

Enquête sur ce programme. Les “stagiaires” peuvent rester jusqu’à trois ans dans le pays, travaillent sans vraiment apprendre de nouvelles techniques – comme le promet pourtant le gouvernement – et sont payés un salaire de misère.

Japon : Miyako, l’île des centenaires

L’île de Miyako, appartenant à l’archipel d’Okinawa, est réputée pour sa douceur de vivre. En particulier, l’île est connue pour être la région du Japon où se concentrent le plus de centenaires: les personnes âgées y vivent en bonne santé et, dit-on, heureux. Dès l’aube, ils s’attellent à leurs tâches quotidiennes.

Après sa gymnastique matinale, Koso Kawamitsu, vaillant centenaire, élève du bétail: c’est devenu son ikigai, sa raison de vivre. Après soixante-quinze ans de mariage, Koso est toujours amoureux de Yuki. Mitsu Shimoji a ouvert il y a deux ans un centre où l’on apprend à tisser le célèbre miyako-jofu, cette étoffe bleue et noire extrêmement délicate dont on fait les plus beaux kimonos. Seitoku Sgama vibre au rythme de son sanshin (guitare à trois cordes) fabriqué par un autre ancien. « Quand je joue, dit-il, la vie marque une pause et m’attend. » Sa famille a un profond respect pour le grand âge.

Pin-pin : c’est ainsi que, sur l’île on qualifie affectueusement les anciens, « pimpants et sautillants », passés maîtres dans l’art de vivre centenaires et heureux. Leur alimentation saine, variée et légère, qui provient souvent de leurs propres potagers, explique en partie cette vitalité. Mais ils la doivent plus encore à leur envie de vivre. Une fois par an, tous les habitants rendent hommage à leurs anciens lors d’une fête spéciale, le keiro-no-hi.

« Pour vivre heureux, vivons dans la nature ! »

Alors que plus de la moitié de l’humanité habite désormais en ville, on observe une volonté grandissante chez le citoyen de retourner vivre au plus près de la nature. Mais le bonheur se trouve-t-il vraiment aux côtés d’un environnement naturel ? Plusieurs études semblent l’indiquer…

Pour beaucoup, une balade en nature est synonyme d’apaisement, de bien-être voire de félicité. Si ce n’est pas forcément évident aux yeux de tout le monde, ce sentiment de bien être partagé par certains peut-il s’expliquer rationnellement ?

Plusieurs études indiquent que notre « consommation » de nature peut jouer un rôle pertinent pour notre santé mentale et physique. Quatre de ces études nous invitent à reconsidérer notre rapport à notre environnement.

1. L’immersion dans la nature rend plus créatif
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Chine : Le pays peut-il devenir une grande puissance technologique innovante ?

La Chine veut être un pays qui innove, et plus seulement le centre de production qui a été surnommé «l’usine du monde». Les crédits consacrés à la recherche y augmentent de 20% chaque année: ils représentaient 1,43 % du PIB en 2006 et il est prévu que ce chiffre passe à au moins 2,5% en 2020. C’est essentiellement le secteur des entreprises publiques qui  contribue à cette augmentation.

La Chine détient le record du monde en matière de dépôts de brevets, avec 2,3 millions de brevets en 2013. 825.136 étaient des brevets d’inventions comparables à ceux qui existent dans les pays occidentaux, tandis que les autres étaient des dessins et modèles, catégories répondant à des exigences plus faibles.

Par ailleurs, les entreprises chinoises se situent en troisième position pour les dépôts de brevets auprès de l’Organisation internationale de la propriété intellectuelle (OMPI), qui siège à Genève. Au total, en 2013, les États-Unis ont déposé 57.239 brevets auprès de cet organisme, le Japon 43.918 et la Chine 21.516. Ce dernier chiffre représente une augmentation de 15,6% par rapport à 2012.

Depuis trois ans, c’est l’entreprise ZTE qui –avec environ 4.600 demandes de brevets par an– occupe la première place chinoise à l’OMPI. ZTE fabrique essentiellement du matériel de téléphonie, est présent dans 140 pays et consacre 10% de son chiffre d’affaires à la recherche et au développement. Ses demandes de brevets atteignent le double d’une autre entreprise chinoise, Huawei, qui fournit des réseaux et des solutions numériques à de nombreux opérateurs de télécommunications.
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Le surprenant arbre de Paulownia

Le paulownia est un arbre originaire du nord de la Chine et de la Corée. Le nom fut donné par Philipp Franz von Siebold en l’honneur d’Anna Pavlowna, princesse des Pays-Bas, fille du tsar Paul Ier de Russie. Il a été introduit en Europe, via le Japon, en 1834.

Cet arbre caduque à port étalé peut mesurer jusqu’à 20 m de haut. Ses rameaux pubescents et ses grandes feuilles opposées de 20 à 30 cm cordiformes ont un dessous tomenteux (soyeux) qui lui a donné l’appellation Tomentosa et de longs pétioles.

Particulièrement touffu, le feuillage de cet arbre à croissance très rapide est souvent présent dans les jardins publics où il forme un mur de verdure. Il y en a près de 900 plantés dans Paris (Place d’Italie, Jardin du Luxembourg, entre les tennis et l’Orangerie, Jardin du Trocadéro…)

Le Paulownia se développe très bien en milieu urbain, où l’air est pollué, le sol compacte et mal drainé et où la sécheresse est fréquente. Mais il préfère un sol profond, humide et bien drainé. Il ne tolère pas de situation ombragée mais supporte le froid jusqu’à -23°.
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Japon : Qu’est-il advenu des richesses pillées pendant la Seconde guerre mondiale ? (Rediff.)

[...]Durant la Seconde guerre mondiale, les Japonais auraient massacré environ trente millions de Philippins, Malais, Vietnamiens, Cambodgiens, Indonésiens et Birmans, dont 23 millions étaient d’ethnie Chinoise. Après le conflit, pourquoi les États-Unis ont-ils employé des politiques différentes envers le Japon et l’Allemagne ? Pourquoi le traité de paix a-t-il été rédigé ainsi ?

De nombreuses hypothèses ont fait leur apparition au fil des années, certains ayant dit que le Japon aurait simplement été trop pauvre pour rembourser ses victimes, que de telles politiques auraient permis d’empêcher un tournant communiste au Japon, ou encore que l’empereur du Japon avait été poussé à faire la guerre par une cabale de militaristes…

L’explication offerte par le livre des Seagrave est considérablement plus sinistre que toutes ces explications potentielles. Elle concerne ce qu’auraient fait les États-Unis après avoir découvert l’étendue et la forme des pillages ayant été menés par le Japon, et la très faible influence de leurs victimes.

[...] Après la défaite du Japon, le gouvernement Américain a cherché à disculper l’Empereur et sa famille de toute responsabilité de guerre. Dès 1948, il a tenté de placer au pouvoir d’anciens dirigeants de guerre (ministre des munitions au cours de la seconde guerre mondiale, Nobusuke Kichi occupa par exemple le poste de premier ministre de 1957 à 1960). Les États-Unis ont également classé confidentielles les archives relatives au Japon d’après-guerre, décision allant à l’encontre de leurs propres lois.
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Japon : Une hôtesse d’accueil androïde d’un grand magasin de Tokyo

À Tokyo, un robot humanoïde prénommé Chihira Aico vient de commencer son travail d’hôtesse d’accueil dans un grand magasin.

Nous espérons qu’elle fera parler d’elle. C’est un moyen plus agréable de communiquer des directions plutôt que de toucher un plan interactif. Nous pensons qu’elle déclenchera un ou deux fous rires parmi les clients“, explique Hitoshi Tokuda, directeur du développement chez Toshiba.

Au Japon, la zone morte autour de Fukushima

Trois ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, l’avenir reste sombre pour les habitants de la région. Leur situation est différente selon qu’ils vivaient dans une zone située à moins de 30 kilomètres des réacteurs – auquel cas l’accès en est totalement interdit – ou au-delà.

À Yamakiya, les habitants ont le droit de revenir dans leur maison deux fois par mois pour soixante heures maximum. À Godomahita, les habitants ont pu rester, mais n’ont pas le droit de boire l’eau de leur puits. Parallèlement, nombre de citoyens doivent continuer à vivre dans des cités de conteneurs. Du provisoire qui dure. Le désespoir s’installe chez ces hommes et ces femmes qui ont tout perdu et ne croient plus guère aux promesses des autorités qui prétendent gérer les suites de la catastrophe.

Réalisé par Tilman Jens (Villes en déclin – Arte 16/04/2015)

L’OCDE redoute une nouvelle crise financière

L’organisation prévoit néanmoins en zone euro une croissance de 1,4 % en 2015 et 2 % en 2016, soit davantage que dans ses précédentes estimations.

L’OCDE se montre nettement plus optimiste pour la zone euro dans ses prévisions de croissance publiées mercredi (18 mars), mais s’inquiète fort de la très faible inflation dans la région, et de la surchauffe financière partout dans le monde.

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Sérum fœtal bovin dans les vaccins et de médicaments : La France doit-elle se faire du mauvais sang ?

Des entrepreneurs peu scrupuleux, une tromperie sur l’origine de la marchandise, un enjeu de santé publique… Après la viande de cheval, l’affaire du sérum fœtal bovin a tous les ingrédients du scandale sanitaire.

Quatre personnes, dont l’ex-PDG d’une entreprise choletaise, ont été renvoyées, le 24 mars, devant le tribunal correctionnel, a-t-on appris mercredi 1er avril. Ils sont poursuivis pour un vaste trafic international autour de ce produit utilisé, notamment, dans la fabrication de vaccins et de médicaments.

Il aura fallu huit ans d’enquête et cinq juges d’instruction pour venir à bout de ce dossier tentaculaire, instruit par le pôle santé de Paris et révélé par Le Courrier de l’Ouest en décembre 2014. Il s’en est fallu de peu que l’affaire soit prescrite. Le procureur de la République de Paris a rendu son réquisitoire définitif quelques mois avant le délai de prescription, fixé en juin 2015.

L’affaire démarre en 1987, quand Henner B., aujourd’hui âgé de 61 ans, crée la société Biowest à Nuaillé (Maine-et-Loire). Né en Allemagne, ce charpentier de formation s’est reconverti dans le marché porteur du sérum fœtal bovin, apparu dans les années 1980 avec l’essor des biotechnologies. Extraite du sang d’un veau en gestation, cette “fleur de vie“, comme la décrit un spécialiste, est utilisée pour la mise en culture des cellules dans les laboratoires.
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