La nouvelle bombe démographique

L’auteur de cet article est consultant auprès du gouvernement des USA (il a, par exemple, influencé Condoleeza Rice, quant à l’Iran).

Nous ne publions pas ce texte en raison d’une quelconque adhésion à son contenu, mais parce qu’il nous paraît révélateur d’un certain état d’esprit des élites étasuniennes, voire d’une stratégie sous-jacente.

La rédaction de Fortune

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D’ici à 2050, la démographie du monde va beaucoup évoluer et pose de nouveaux problèmes, bien différents de ceux de la surpopulation.

Il n’est pas possible de parler du développement économique sans évoquer une constante majeure : la démographie.

Dans un essai qui vient de paraître («The New Population Bomb, The Four Megatrends That Will Change the World», Foreign Affairs, janvier-février 2010), le professeur Jack A. Goldstone résume avec une pertinence décapante les enjeux d’un monde en pleine transformation, mais très largement sous-estimés.

Il rappelle qu’il y a quarante ans tout juste, le biologiste Paul Ehrlich lançait un cri d’alarme qui marqua les esprits. Au rythme actuel, écrivait-il, l’explosion de la population mondiale conduit à une famine massive à l’horizon des années 1970. Ce pronostic, qui marqua les esprits, ne s’est pas produit ; la révolution verte et le planning familial permirent de l’éviter.

Selon Jack A. Golstone, la «bombe» démographique demeure, mais elle a changé de nature. Ce n’est pas tant la surpopulation que l’on doit redouter mais l’inégalité de son développement qui engendrera des tensions nouvelles ; en particulier, l’accroissement spectaculaire des habitants dans une majorité de pays pauvres et le vieillissement des vieilles nations industrialisées.
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L’escroquerie monétaire mondiale

Par Eberhard Hamer (N.B. : cet article date de 2005)

La manipulation actuelle des systèmes de la monnaie et des changes constitue le scandale le plus important et aux conséquences les plus marquées de notre époque. Pour la première fois, l’escroquerie monétaire atteint des dimensions mondiales, car elle a lieu sur toute la planète, elle ne peut plus être contrôlée, arrêtée ou empêchée par aucun gouvernement et elle a même lieu de manière formellement légale, conformément à des lois nationales désuètes.

Toutefois, il est certain que l’escroquerie monétaire, comme toute autre escroquerie, ne peut pas enrichir à long terme les malfaiteurs par l’appauvrissement de leurs victimes, puisque l’on ne peut abuser d’aucun système monétaire libéral à long terme.

Selon la théorie financière, la monnaie est un moyen d’échange légalisé, qui conserve de surplus sa valeur. C’est pourquoi elle était jadis un monopole de l’État (droit de battre monnaie). Les pièces d’or, d’argent et de cuivre qui circulaient comme monnaie étaient battues par l’État. Celui-ci garantissait aussi la pureté du métal et le poids des monnaies, de sorte que l’on savait à tout moment, dans le pays comme à l’étranger, quelle était la valeur de chaque pièce. Ainsi, les pièces de monnaie étaient simultanément moyen d’échange et valeur durable.

• Mais pour battre monnaie, l’État doit avoir de l’or et de l’argent. Il était donc important qu’il disposât de mines d’argent, par exemple (Rammelsberg près Goslar), ce qui lui permettait de battre des monnaies supplémentaires en argent. Inversement, les citoyens savaient que l’État ne pouvait battre monnaie que dans la mesure où il disposait des métaux précieux correspondants. L’approvisionnement en métaux précieux était donc la base de la monnaie de métal précieux en circulation (monnaie d’or en circulation).

De la monnaie réelle à la monnaie fiduciaire
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Vous avez aimé les subprimes, vous adorerez les «dark pools»

La crise financière de 2007-2009 a fait apparaître au grand jour l’existence d’un système financier avec des structures opaques, parallèle au système financier «officiel», ayant cru de façon exponentielle au cours des quelques années précédentes, avec ses FCC, SIV, SPV, et autres «conduits»…

Rendre plus transparent ce système financier parallèle (shadow financial system) est devenu une préoccupation majeure des travaux du G20. Mais, alors même qu’il était décidé de rendre plus transparentes ces structures, au même moment s’est développé en Europe, un système boursier parallèle: un shadow market system.  Sous l’argument irrésistible de «best execution», celui-ci a non seulement permis mais bien accepté des «caches»:  l’internalisation, et maintenant les «dark pools»: ce ne sont plus seulement certaines structures d’intermédiation financière qui sont obscures, mais la plupart des opérations entre les différents agents économiques, le «marché» lui-même. Aura-t-on gagné au change?

«Je ne sais pas ce qui se passe sur mes titres… On ne peut pas dire que ce soit en progrès… Il se fait tous les jours des opérations sur nos titres dont on ne peut avoir des données claires. C’est très inquiétant.» (Déclaration de Martin Bouygues aux entretiens annuels de l’Autorité des marchés financiers (AMF) – 16 décembre 2009).

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Les 25 mythes russophobes

Par Alexandre Latsa

1 – Sous Poutine, la vie ne s’est améliorée que pour les riches et les oligarques, et les pauvres n’ont pas vu une augmentation de leur niveau de vie.

Faux. Sous le gouvernement Poutine, la pauvreté a considérablement diminué. Le taux de russes vivant sous le seuil de pauvreté, est passé de 35 à 23% de 2000 à 2004 et était tombé à 13,5% en 2008 (avant la crise).

2000 (arrivée de Poutine au pouvoir): 35%

2004 (fin du premier mandat Poutine): 23%

2008 (fin du second mandant Poutine): 13,5%

Mémo : il est à noter qu’en France, en 2007, 13,7% de la population vivait sous le seuil de pauvreté.

2 – La spirale démographique russe devrait voir la population de ce pays diminuer, à moins de 100 millions d’habitants, contre 142 millions aujourd’hui.

Faux. Il est très fréquent de lire, en effet, que le taux de natalité est bas, que le taux de mortalité est élevé, ainsi que le taux d’avortements et de suicides, et que la Russie perdrait inexorablement 700.000 habitants par an. Pourtant, ce n’est pas le cas.

En 2005, la population russe a décru de 760 000 habitants, ce qui était le record absolu.

En 2006, la baisse n’a été « que » de 520 000 habitants.

En 2007, la baisse n’a été « que » de 280 000 habitants.

En 2008, la baisse est, à peu près, de 116.000 habitants.

En 2009, la population a augmenté de 12.000 personnes, la natalité ayant augmenté de 3% sur l’année 2009 et ce, malgré la crise économique. Les mesures Medvedev de 2005 ont donc eu un résultat absolument foudroyant.
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Europe : en 2020, on sera riche, promis

Être la région la plus performante au monde en 2010 : l’objectif de la stratégie de Lisbonne ne sera manifestement pas atteint. Les Vingt-Sept ont décidé de se donner dix ans de plus pour développer un nouveau modèle de croissance. Mais le contexte est encore moins favorable.

Emploi étendu à 70% de la population active, investissements dans la recherche portés à 3% du PIB, croissance économique de 3% annuels : tels étaient les grands objectifs de la stratégie de Lisbonne lancée en l’an 2000. Avec dix ans pour y parvenir. L’échéance arrive à terme et le défi européen va s’achever par un bide.

Pas la moindre trace de cette économie de la connaissance qui aurait dû devenir en 2010 “la plus dynamique et la plus compétitive du monde“. En dix ans, l’emploi s’est accru d’un peu moins de 4 points pour s’arrêter au dessous d’une moyenne de 66%. Les investissements dans la recherche et le développement sont à un peu plus de la moitié de ceux prévu et toujours loin de ceux des principaux concurrents mondiaux. Entraîné par la crise, le taux de croissance est tombé à une moyenne de 0,8%. Avec des conséquences dévastatrices pour le taux de chômage, qui avait pourtant reculé – de 12 à 7% depuis 2000 – mais que la récession est en train de ramener aux alentours de 10%.

Que faire ? Inutile de se flageller. L’époque de l’optimisme, qui au début de ce siècle s’alimentait de succès inégalables, comme la naissance du marché unique et de l’euro, est bel et bien terminée. Aujourd’hui on avance sous le signe du réalisme. Le monde a changé, la mondialisation avance.

Pire, à la surprise de tous, c’est la Chine qui a remporté le pari tenté en vain par l’Europe, qui ne lâche pourtant pas. La nouvelle stratégie UE 2020 parviendra-t-elle à ne pas retomber dans la même erreur ? Nombreux sont ceux qui n’y croient pas. Il y a à présent trop de nationalismes en Europe. Dans ce cas, l’exercice, ancien ou nouveau, peu importe, risque, une fois encore de faire beaucoup de bruit pour rien, ou presque. Lire la suite

La fallacieuse théorie du libre échange et la diabolisation du protectionnisme

Marc Rousset, auteur de “La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou. Le continent paneuropéen face au choc des civilisations” (Editions Godefroy de Bouillon, 2009), critique le dogme du libre-échangisme, utilisé, selon lui, comme arme de domination par ceux qui y ont intérêt, et prône le rétablissement du protectionnisme, seul réel moyen de développement et de prospérité.

Le modèle de la théorie des coûts comparés de Ricardo, décrit en 1817, dans son ouvrage On the principles of Political Economy repose sur une hypothèse essentielle, à savoir que la structure des coûts comparatifs dans les divers pays reste invariable au cours du temps.

Or, il n’en est ainsi que dans le cas des ressources naturelles.

Ainsi, par rapport à l’Europe occidentale, les pays producteurs de pétrole disposent d’un avantage comparatif qui restera le même dans un avenir prévisible.

De même, les produits tropicaux ont un avantage comparatif qui ne saurait disparaître.

La théorie des coûts comparés est fondée sur l’immobilité des facteurs de production

En revanche, dans le domaine industriel, aucun avantage comparatif ne saurait être considéré comme permanent. Chaque pays aspire légitimement à rendre ses industries plus efficaces et il est souhaitable qu’il puisse y réussir.

Il résulte de là que l’arrêt de certaines activités dans un pays développé, en raison des désavantages relatifs d’aujourd’hui, pourra se révéler demain complètement stupide, dès lors que ces désavantages relatifs disparaîtront. Il faudrait alors rétablir ces industries, mais entre-temps on aura perdu le savoir-faire.

Voir : “Les théories de la mondialité”, par Gérard Dussouy.

La théorie de Ricardo ne vaut que dans un monde stable et figé. Elle n’est pas valable dans un monde dynamique, où les fonctions de production et les salaires évoluent au cours du temps, où les capitaux peuvent se déplacer librement et où les industries peuvent être délocalisées. Lire la suite

Mondialisation et marché commun au Moyen Âge

Bernard de Clairvaux (1091-1153) fonda en 1115 une abbaye à Cîteaux, en Bourgogne, non loin de Dijon.

L’ordre cistercien a connu dès son départ un très grand succès et des centaines de monastères ont rapidement été construits dans toute l’Europe, de l’Irlande à la Lettonie. Son implication dans l’économie et la technologie n’est pas étrangère à ce succès.

Un moulin bourguignon s’appelle encore aujourd’hui « le Moulin Papier ». Car c’est dans ce moulin qu’a été fabriqué le premier papier européen, copié sur le papier chinois. Cette grange a mis au chômage toutes les granges qui fabriquaient d’excellents parchemins avec des peaux de mouton.

Et ainsi le PIB de l’Europe a doublé en moins de 30 ans…

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Gouvernement mondial : une escroquerie et une menace

Nos “élites” n’ont plus que cet adjectif à la bouche : mondial. Gouvernance mondiale, autorité mondiale, nouvel ordre mondial, et même gouvernement mondial : il serait indispensable, dans notre intérêt bien sûr, qu’émerge une forme d’organisation mondiale du pouvoir capable de résoudre les grands défis de notre temps. C’est parce que ces derniers, le changement climatique, les épidémies, le capitalisme financier, le terrorisme, ont une dimension planétaire que cette perspective serait inéluctable. Les médias relaient généralement cette analyse sans se poser de questions.

Tout semble si logique. Effectivement, qui dit problème mondial dit autorité mondiale pour le solutionner. Et pourtant, si on se penche réellement sur la question, on s’aperçoit qu’il y a dans cette équation une escroquerie intellectuelle, et deux menaces de premier ordre.

Une escroquerie intellectuelle d’abord. En effet, prétendre que seul un pouvoir mondial est en mesure de trouver des réponses à des problématiques de dimension planétaire sous-entend qu’il n’y aurait pas d’autre alternative à l’opposition factice monde/nation.

Il y aurait d’un côté le niveau mondial, forcément moderne, forcément adapté, forcément efficace, et de l’autre côté le niveau national, dépassé, trop petit, inefficace. Quiconque émettra des doutes sur le projet mondialiste se verra jeter à la figure ce raisonnement, supposé mettre fin à tout débat. Lire la suite

Apocalypse 2012

Les subprimes, vous pensiez que c’était fini ? Surprise ! Ils vont revenir, et encore plus fort. Ce n’est pas nous qui le disons, c’est Maarten Slendebroeck, le directeur général de Blackrock Solutions pour l’Europe, dans Les Échos : “C’est en 2012 que l’on atteindra un pic dans les défauts de paiements.”

Donc les banques ont encore des tonnes d’actifs pourris dans leurs coffres. Alors que tous crient à la reprise, l’origine de la crise – les crédits immobiliers – n’est pas complètement réglée. C’est d’ailleurs ce que confirme Dominique Strauss-Kahn dans Le Figaro : “Il reste d’importantes pertes non dévoilées : 50% sont peut-être encore cachées dans les bilans. La proportion est plus forte en Europe qu’aux États-Unis. L’histoire des crises bancaires, notamment au Japon, démontre qu’il n’y aura pas de croissance vive et saine sans un nettoyage complet du bilan des banques.

Mais revenons à M. Slendebroeck : “2007 a été l’année où le nombre de prêts accordés a été le plus important. Au regard de la dégradation de la conjoncture et du retrait de certaines banques du secteur immobilier, c’est en 2012 que les remboursements des créances immobilières vont être difficiles et que l’on atteindra un pic dans les défauts de paiement.”

Bon, d’accord, les défauts de paiement n’ont pas encore atteint leur maximum. Mais ce n’est pas bien grave, non ? Après tout, les banques ont démontré leurs capacités de résistance lors des stress tests.
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La Société Générale se prépare à un « effondrement mondial »

Une dette privée devenue publique et insoutenable, des économies plombées : la Société Générale indique à ses clients comment se préparer à un “effondrement général.” Dans un rapport intitulé “Le pire scénario de la dette,” l’équipe des actifs de la banque dessine une stratégie d’investissements défensifs pour éviter la destruction de richesses.

La Société Générale déclare que les plans de sauvetage, sur la dernière année, ont simplement transféré du passif privé sur le dos des États, entraînant une série de nouveaux problèmes. L’endettement global, qu’il soit public ou privé, est encore beaucoup trop élevé dans presque toutes les économies riches en pourcentage de leur PIB (350% aux États-Unis). Il faudrait des années de travail acharné pour le réduire.

Pour l’instant, personne ne peut dire avec certitude si nous avons en effet échappé à la perspective d’un effondrement économique mondial,” précise le rapport de 68 pages, dirigé par le responsable des actifs Daniel Fermon. “Le niveau de la dette paraît tout à fait insoutenable à long terme. Nous avons pratiquement atteint un point de non retour en ce qui concerne la dette publique.

Les gouvernements ont déjà actionné tous les leviers fiscaux mais la crise continue de tirer les États vers le bas, constamment obligés de remettre la main à la poche. Même sans nouvelles dépenses, la dette publique devrait exploser dans les deux années à venir pour s’établir à 105% du PIB au Royaume Uni, 125% aux États-Unis et dans la zone euro, et 270% au Japon. La dette mondiale des États grimperait ainsi à 45 000 milliards de dollars, soit une multiplication par deux fois et demi… en 10 ans!

Le fardeau de la dette est supérieure à ce qu’il était après la Seconde Guerre mondiale.
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USA : l’Anti-Defamation League couvre les malversations de l’« élite » financière

À cause de sa dernière page éditoriale, intitulée « Virtuous Bankers ? Really ?!! » (Vertueux banquiers ? Vraiment ?!!) l’Anti-Defamation League accuse d’antisémitisme Maureen Dowd du New York Times.

Cet article concernait la corruption à Wall Street et plus spécifiquement, l’implication de Goldman Sachs.

“Aucun lieu pour la haine”

Dans une lettre à l’éditeur du New York Times, Robert G. Sugarman, président national de l’ADL, a déclaré : « Bien que l’on puisse être d’accord ou en désaccord avec Maureen Dowd sur sa description de Goldman Sachs et d’autres banquiers (chronique du 11 novembre), en écrivant, ‘’les banquiers qui ont pris l’argent du gouvernement et ont ensuite distribué des bonus scandaleux sont les mêmes sortes de gens intéressés que Jésus jeta hors du temple’’, elle soulève potentiellement l’un des thèmes classiques de l’antisémitisme, liant les Juifs aux odieuses pratiques du prêt d’argent. Quelle qu’en soit l’intention, l’évocation de l’histoire du Nouveau Testament par Mme Dowd, pour illustrer la pagaille financière actuelle, rappelle les vieux préjugés contre les Juifs. »

Dans The Jewish News du New Jersey, Menachem Rosensaft et Jason H. Dolinsky ont aussi suggéré que l’article de Mme Dowd est antisémite : « Nous avons entendu ces paroles bien trop souvent pour les laisser passer. Les tracts antisémites et les sites Internet sont pleins de références aux ‘’suceurs de sang Juifs’’. Et Mme Dowd est trop intelligente pour ne pas avoir compris que décrire les Juifs comme des prêteurs d’argent avides, a produit les persécutions et les pogroms des deux derniers millénaires. Mme Dowd a ravivé la lutte contre ces anciennes incitations antisémites. Nous appréhendons la perspective de croix gammées barbouillées à l’extérieur des bureaux de Goldman Sachs, ou d’apprendre que quelque truand des rues, inspiré par la chronique de Mme Dowd, ne brise la jambe d’un Juif respectueux des règles, en criant ‘’Goldman Sachs, t’achèteras une autre guibolle !’’ À une époque où monte la judéophobie virulente, notamment en Europe et dans une grande partie du monde musulman, les hommes politiques, journalistes et chroniqueurs ont le devoir de s’abstenir d’utiliser des paroles incendiaires du jargon antisémite. Notre liberté d’expression, garantie par la Constitution, n’accorde à personne d’entre nous le permis d’inciter à l’intolérance ou à la violence. » Lire la suite

Que faire pour surmonter la crise ? La “stratégie Alpha”

Une tribune libre de Michel Drac

Faut-il trembler pour ses placements à la banque ?

Réponse : oui.

En dépit de leurs bénéfices souvent plus que confortables depuis dix ans, beaucoup de groupes bancaires français sont fragiles.

Les récentes augmentations de capital de BNP-Paribas (4,3 milliards d’euros) et de la Société Générale (4,8 milliards d’euros) eurent pour motivation officielle le remboursement des aides d’Etat. Outre que cela revient à dire qu’on recourt à l’épargne publique pour refinancer indirectement un Etat surendetté, ce qui en soi est déjà assez malsain, ce n’est de toute façon pas la raison réelle.

La raison officieuse, mais assez évidente, est plutôt à chercher du côté des très mauvais ratios dettes sur capitaux propres de ces établissements, lesquels ont eu recours, depuis dix ans, à des effets de levier phénoménaux.

Ce ratio, en bonne gestion, ne doit pas excéder, pour une banque, le niveau approximatif de 10. Or, il avoisine 30 pour les grandes banques françaises.

On a calculé que pour leur redonner une structure de bilan stable, il faudrait injecter au bas mot 200 milliards d’euros de capitaux propres. Autant dire que les augmentations annoncées récemment ne sont qu’une goutte d’eau par rapport à l’ampleur réelle du problème.

On objectera qu’en regard de leurs dettes, ces établissements possèdent des actifs colossaux. C’est vrai. Mais comme ces actifs renvoient pour l’essentiel à des créances sur des acteurs économiques eux-mêmes surendettés (ménages, entreprises, Etat), les banques françaises sont potentiellement le fusible qui, en sautant, apurera tôt ou tard l’énorme bulle de l’endettement. En France, comme ailleurs en Europe, au demeurant (les banques allemandes sont tout aussi fragiles). Lire la suite

Le déclin précipité de l’hégémonie américaine

Les prédictions sur un probable déclin de l’hégémonie américaine sont récurrentes. La CIA elle-même s’était récemment livrée à cet exercice, prévoyant qu’à l’horizon 2025, le statut des USA serait révisé à la baisse et leur latitude d’action diminuée d’autant.

Mais la crise économique a dramatiquement accéléré la marche de l’histoire. Lors de son audition par les sénateurs américains au printemps dernier, l’économiste Martin Wolf avait annoncé que la crise allait « porter un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde. »

Aujourd’hui, les indices de cet affaiblissement sont déjà sensibles sur tous les fronts. Michael T. Klare (professeur de peace and world security studies – études sur la paix et la sécurité mondiale – au Hampshire College, dans le New Hampshire, spécialiste des questions d’énergie, historien et auteur respecté) en recense six, parmi lesquels le remplacement du G7 par le G20, la remise en cause du dollar, le rôle accru du groupe BRIC, le renforcement des liens entre l’Iran et la Chine, et le refus des alliés d’envoyer des renforts en Afghanistan. A ce catalogue, il conviendrait d’ajouter le récent refroidissement des relations avec le Japon, sans oublier la nouvelle orientation de la Turquie, qui elle aussi resserre ses liens avec l’Iran et s’éloigne d’Israël.

Bienvenue donc, dès aujourd’hui, dans ce nouveau monde des années 2025.

Note à l’attention de la CIA : vous n’êtes peut-être pas préparés à voyager dans le temps, mais bienvenue quand même en 2025 ! Vos bureaux sont peut-être un peu exigus, vos droits à exiger de meilleurs locaux se sont sans doute évaporés, et les avantages annexes ne seront peut-être pas à votre goût, mais il faudra vous y habituer. Car telle sera désormais la réalité. Lire la suite

«Contre la crise financière et écologique, la planification»

Economiste américain hétérodoxe, James K. Galbraith dénonce la mise en coupe réglée des Etats-Unis par une coalition de la droite et des grandes entreprises. Rencontre, à l’occasion de la sortie de son livre «L’Etat prédateur» (Seuil, septembre 2009).

James K. Galbraith est professeur d’économie à la Lyndon B. Johnson School de l’université du Texas. Economiste hétérodoxe, il s’inscrit dans une longue lignée marquée par la figure mondialement reconnue de son père, John Galbraith. Comme lui, il rejette de manière radicale la plupart des apports et des méthodes de la théorie économique néo-classique. Selon lui, les marchés n’apporteront aucune solution à la crise contemporaine, à la pauvreté, aux inégalités, à la crise écologique, tous ces défis qui appellent au contraire la «planification».

Quelle est votre lecture de la crise ?

Pour comprendre ma position, il est indispensable de remonter le temps. Nous sommes au début des années 80. Au début des années Reagan et Thatcher. Partout, c’est le triomphe du TINA, There Is No Alternative ["Il n'y a pas d'alternative."]. Leurs politiques irriguent le reste du monde : la décentralisation est la grande amie de toute les libertés. La centralisation est à combattre. Ce catéchisme économique fait recette. Les politiques sociales sont mises sur la sellette. La chute du mur de Berlin renforce ces options politiques.

C’est-à-dire ?

Une conception de la politique économique dominait alors toutes les autres. La politique monétaire devait avoir un seul objectif, la lutte contre l’inflation. Les budgets publics devaient être équilibrés, le libre-échange le régulateur du commerce mondiaux et les impôts sur le travail et le capital devaient être réduits au maximum. Ce corpus de textes, frappé par un semblant de sceau scientifique, servait à légitimer le retrait de l’Etat. Et tirer un trait final sur toute forme d’interventionnisme. Ces principes étaient d’autant plus forts qu’ils semblaient cohérents, clairs, faciles à expliquer. Et donc à comprendre. Et qu’ils étaient soutenus par des économistes qui passaient pour des sommités. Pensez à Milton Friedman, le pape du monétarisme. Les progressistes passaient pour des rabats-joie, de jeunes vieillards prisonniers de leurs idées.

Ce corpus d’idées a-t-il été entièrement concrétisé ? Lire la suite

Crise systémique mondiale

De la bulle financière, du krach obligataire et de l’inévitable crise systémique globale. Extraits d’un ouvrage intitulé “La grande crise monétaire du XXIe siècle a déjà commencé !” de Pierre Leconte édité… en novembre 2007.

La crise systémique générale provenant de l’implosion de la machine américaine à produire de la dette est en bonne voie. Tant sur les marchés des taux d’intérêts à court, et surtout long terme, que sur les pertes déjà enregistrées et à venir des grandes institutions financières.

Le ralentissement économique américain ne pourra pas être évité par les manipulations de la Federal Reserve, dont l’injonction de liquidités et/ou la baisse des taux d’intérêt à court terme supplémentaires n’auront désormais comme seuls effets que d’augmenter l’inflation interne aux États-Unis, de faire monter les taux à long terme américains et d’accélérer la chute du dollar sur les marchés des changes.

La Fed s’est fait ravir les instruments avec lesquels elle parvenait jusqu’ici, avec plus ou moins de succès, à manipuler les marchés.

C’est donc dorénavant le reste du monde, en particulier les pays aux balances commerciale et des paiements fortement excédentaires, qui va décider du niveau des taux d’intérêt américains et de l’avenir économique de la « République impériale ».

Pour caricaturer, le destin du plus grand pays capitaliste du monde est maintenant dans les mains du plus grand pays communiste ! Les pères du « Rêve américain », là où ils sont, doivent en frémir… Lire la suite

“Un chômeur européen sur deux est victime du libre-échange”

“Naïve et laxiste, l’Europe a toujours adopté une vision de très grande ouverture au libre-échange, en sorte qu’elle est aujourd’hui la zone la plus ouverte au monde. Elle n’exige même pas de réciprocité dans l’ouverture aux échanges, c’est-à-dire que les marchés des pays avec lesquels elle commerce soient aussi ouverts que les siens”.

C’est ainsi que l’économiste pourtant très “européen” et libéral Christian Saint-Etienne a condamné la politique européenne actuelle dans un article “Le libre-échange est-il coupable ?” (Les Echos, 23 avril 2009).

Il appelait alors à la mise en place de “taxes compensatoires” face au dumping social et environnemental des pays émergents. Le hic, c’est que les accords de l’OMC comme les traités européens jusqu’à Lisbonne auxquels la plupart des partis ont dit “oui” interdisent formellement une telle politique, qu’elle soit nationale ou même européenne.

Peut-on en évaluer aujourd’hui les dégâts en terme d’emplois détruits et non créés ?

Pour la première fois, un autre économiste, eurocritique assumé celui-là, Jacques Sapir, s’essaye à ce difficile exercice d’une estimation de l’impact sur l’emploi du libre-échange inégal auquel, au nom de l’Europe intégrée, on a livré notre économie et nos populations.

Pour Sapir, l’effet net du libre-échange inégal représenterait au moins la moitié des 8,3% de chômage constatés avant la crise. Il faudra y ajouter les chômeurs apparus depuis le début de cette crise (1,9 million supplémentaires dans l’UE au premier semestre 2009) qui est une crise du libre-échangisme inégal.

Le coût total, en incluant les effets induits et dynamiques, aura été d’accroître le taux de chômage de 138% à 177% suivant les hypothèses de gain de productivité et d’effet multiplicateur. Mais le libre-échange inégal et l’impact des politiques prédatrices hors et dans l’UE n’est pas le seul facteur. La hausse de l’Euro est aussi un élément qui induit une perte d’emplois non négligeable. Lire la suite

L’Europe doit se préparer à une décennie difficile

L’Europe doit se préparer à une décennie de croissance faible ainsi qu’à la rigueur budgétaire à partir de 2011, a prévenu le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Aujourd’hui, je constate que la situation est largement stabilisée“  a déclaré le chef de file luxembourgeois des ministres des Finances de la zone euro. Toutefois, M. Juncker, qui préside le forum des ministres des Finances de la zone euro, l’Eurogroupe, a mis en garde pour la suite.

Le plus fort de la hausse du chômage est encore devant nous.” La croissance potentielle gravitera autour de 1,5% (par an) entre 2010 et 2020.

Plus généralement, la “situation reste fragile et friable” et la reprise économique s’annonce “timide et timorée” en Europe, avec une longue période à venir de croissance faible, selon lui.

La croissance potentielle de la zone euro, c’est-à-dire le maximum possible sans générer d’inflation excessive, “va se tasser sérieusement” a mis en garde le Luxembourgeois.

M. Juncker a prévenu que les États européens allaient devoir se préparer à une réduction vigoureuse de leurs déficits et de leurs dettes, qui ont gonflé avec les plans de relance et la hausse des dépenses sociales induite par la crise.

En France, comme en Allemagne, le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel ont déjà clairement fait savoir qu’ils n’avaient pas l’intention de pratiquer à ce stade la rigueur budgétaire, malgré l’envolée de leurs déficits.

Je crois pas que c’est à partir de 2011, que nous pourrons entamer les stratégies de sortie” des plans de relance, avec des politiques de rigueur budgétaire, a ajouté M. Juncker. Et “nous ne pourrons pas nous contenter de faire des petits pas” a-t-il prévenu.

AFP

Hyperendettement des États: la bulle occultée

Un pays, endetté à hauteur de 1 500 milliards d’euros, et qui aura emprunté 700 millions d’euros par jour sur les marchés financiers en 2009, peut-il, sans dommage, s’endetter davantage ?

La France a un double problème : de dépenses et de recettes. Bien qu’elle ait supprimé 100 000 postes de fonctionnaires en deux ans et demi (permettant ainsi à l’État d’économiser quelque 500 millions d’euros par an) elle ne parvient ni à réduire, ni même à maîtriser ses dépenses.

Pour faire face à ce déficit structurel, tout en finançant la partie conjoncturelle, liée à la fonte des recettes fiscales, la France devra continuer en 2010 à emprunter sur les marchés financiers des sommes considérables, de l’ordre de 230 à 250 milliards d’euros.

Pourtant, même si nous sommes les champions européens en matière de dette publique, le cas français n’est pas isolé. Certes, le budget de l’État y est déficitaire depuis 35 ans, et les finances sociales sont en pleine dérive, mais un nombre croissant de pays vivent dans une bulle d’hyperendettement.

Des milliers de milliards de dollars ont été dépensés pour sauver les banques, amortir le choc de la récession et prendre des mesures d’aide sociale d’urgence afin d’empêcher l’économie mondiale de plonger dans une dépression fatale. Mais il va bien falloir rembourser ce qu’Angela Merkel appelle « toutes ces montagnes d’emprunts ».

Comme le dit le milliardaire américain Warren Buffett, «en économie, il n’y a pas de déjeuner gratuit». L’intervention d’une ampleur sans précédent des États se traduit par une envolée elle aussi sans précédent des dettes publiques. Que ce soit aux États-Unis, en Europe ou au Japon, ces dernières se retrouvent à des niveaux inédits en temps de paix. Pourtant cette question ne figure pas au menu du G20, qui se tient à Pittsburgh, aux États-Unis.

La situation mondiale est d’autant plus inquiétante que les recettes utilisées dans le passé pour sortir du piège de la dette (annulation, inflation, hausses d’impôts) paraissent bien difficiles à employer aujourd’hui. Les dirigeants des grands pays industrialisés auraient dû se saisir d’urgence et à bras-le-corps, du dossier des dettes publiques, mais celui-ci a été commodément occulté. Il y a fort à craindre que la bulle des emprunts du Trésor qui s’est formée risque de provoquer, en éclatant, plus de dégâts encore que celle des subprimes.

Le Monde – Article 1 et Article 2

Commerce mondial, Chine contre USA et Europe : la montée des tensions

En temps de crise, les exportations et les importations sont des sujets sensibles, surtout pour les pays dont la croissance dépend prioritairement des premières, et pour ceux, parfois les mêmes, dont l’économie productive subit la concurrence des secondes.

La Chine et les États-Unis viennent de nous en donner quelques illustrations particulièrement remarquables, non tant par leur originalité, que surtout par l’extrême fermeté des propos et des actions.

L’Europe, soucieuse de ses propres intérêts, n’est pas en reste et l’on voit bien que chacun aimerait obtenir des avantages sans trop de contreparties.

A l’heure où le protectionnisme, officiellement, reste unanimement condamné par les dirigeants de ces trois ensembles économiques, les politiques chinoise et étasunienne font, en réalité, peu de cas de ces discours mondialistes.

Et l’Europe, dans tout ça ? Eh bien, elle fait comme les autres. Signe que la mondialisation n’est peut-être pas aussi inéluctable que certains se plaisent à nous le répéter.

  • Chine – États-Unis

Le 8 septembre 2009, Washington décide de tripler les droits de douane sur les 2,6 milliards de dollars de tubes pour l’industrie pétrolière annuellement importés de Chine, et Pékin réagit avec indignation. Un porte-parole du ministère chinois du Commerce affirme que la Chine s’oppose fermement à ces actions commerciales protectionnistes. Le Quotidien du Peuple (Chine)

Le mois dernier, la Chine avait appelé les États-Unis à renoncer à une autre mesure protectionniste : la hausse de la taxation sur toutes les importations de pneus pour véhicules de tourisme et véhicules légers en provenance de l’Empire du Milieu, afin, selon Pékin, de préserver le “développement” des relations bilatérales. Lire la suite

Alain Cotta : il faut sortir de l’euro et vite !

Alain Cotta, professeur d’économie à HEC, qui avait déjà fait part de son scepticisme sur le traité de Maastricht, dès 1992. Il revient à la charge avec un nouvel ouvrage, où il est question du sort de l’euro. Une monnaie unique qui ne fait plus l’unanimité et qu’il faut quitter, pour revenir à une monnaie commune ou au franc.

Dans son dernier livre, qui paraît aujourd’hui [28 juin 2010], Alain Cotta fait une critique de l’euro et remet son mode de fonctionnement en question. « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu », le titre de son livre donne le ton au discours de l’économiste.

En trois actes, à la manière d’une pièce de théâtre, Alain Cotta démontre pourquoi et comment la France doit sortir de l’euro pour revenir au franc.

Acte 1 : Promesses de politiques

En 1997, médias, politiques et dirigeants des grandes banques françaises ont crié haut et fort que l’euro était la meilleure manière, pour la France, de s’affirmer comme une puissance économique au sein de l’Europe et de montrer aux dirigeants américains et chinois qu’ils étaient capable de s’unir pour créer une monnaie concurrentielle. Oubliant les monnaies nationales aux valeurs différentes, 16 pays créaient la zone euro.

En clair, l’auteur rappelle que l’euro a été évalué sur les bases de la monnaie allemande : le mark. Déjà, le déséquilibre entre les pays à monnaie forte (pays nordiques) et les pays latins, dont la monnaie était moins puissante, faisait bondir certaines voix que l’on a préféré marginaliser à l’époque. Alain Cotta faisait déjà partie de ceux-là.

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Si la Stagflation s’invitait à dîner ?

(Par Laurence Crottaz, épouse d’Olivier)

Définition de la stagflation : C’est la combinaison entre la stagnation de l’activité économique et une forte inflation (hausse des prix à la consommation, sans hausse des salaires). Aujourd’hui, il semble que ce soit c’est le plus grand danger qui menace la zone Euro.

Ce terme de stagflation a été utilisé pour la première fois en novembre 1965 par Iain Macleod pour décrire la situation de l’économie britannique durant les 30 glorieuses ensuite généralisée aux autres pays en 1970.

Les causes de la stagflation de 1970:

  • la chute des taux de rentabilité des sociétés américaines depuis le milieu des années 1960, puis en Europe et au Japon,
  • la crise du Système Monétaire International (abandon de l’étalon or),
  • le premier choc pétrolier en 1973.

Les conséquences furent un fort ralentissement de l’activité avec une forte poussée du taux de chômage et une lourde inflation.

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Van Rompuy est un Walter Mitty moderne – N. Farage

Mais au fait qui est Walter Mitty?

La Vie secrète de Walter Mitty (The Secret Life of Walter Mitty) est un film américain de Norman Z. McLeod sorti en 1947, et réalisé à partir de la nouvelle du même nom écrite par James Thurber parue dans le New Yorker en 1941.

Un jeune auteur, Walter Mitty (Danny Kaye), travaille comme correcteur dans une maison d’édition de “pulp fictions” (ouvrages d’horreur à bon marché). Au cours de rêves éveillés, il s’imagine tour à tour capitaine d’un vaisseau corsaire, pilote de la RAF, etc. Dans chacune de ces scènes, il voit une superbe jeune fille blonde (Virginia Mayo) en danger. Jusqu’au jour où, malencontreusement, il se retrouve face à un vrai réseau d’espions à la poursuite de la jeune fille blonde, bien réelle. Évidemment, personne ne le croit dans son entourage. Il lutte donc seul face à un psychanalyste trop doux pour être honnête (Boris Karloff) et toute une bande de personnages dirigés par un professeur hollandais passionné de roses.

La dette publique française

La question de la dette publique est redevenue d’actualité avec la privatisation des dettes du secteur bancaire. Nos politiques, qui n’ont pas voulu agir réellement contre les intérêts financiers, ont tout simplement transvasé les dettes bancaires vers la dette publique.

Comme nous allons le voir, ce n’est pas la première fois qu’une crise financière produit une montée des dettes publiques ; c’est même devenu une tradition en Europe et en France depuis les années 70. Mais il est probable que le système arrive désormais à ses limites, tout du moins en Europe, continent qui n’a pas la planche à billet universelle du dollar.

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André Jacques Holbecq vient de mettre en ligne un graphique représentant l’évolution du solde budgétaire français depuis 1973, c’est-à-dire depuis que l’émission monétaire a été privatisée.

Ce graphique différencie les dépenses globales du budget de l’Etat et le coût des intérêts que nous payons chaque année à cause de l’emprunt sur les marchés financiers. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce graphique résume toute l’hypocrisie ou l’ignorance qui tourne autour de cette question.

Car, contrairement à ce qui est asséné constamment dans les médias mainstream, la dette publique de notre pays n’est pas le fruit d’une dépense excessive liée à une gabegie de l’Etat, mais elle est plutôt le résultat d’un surendettement volontairement provoqué.

En effet, comment ne pas penser que ce surendettement n’a pas été le fruit d’une stratégie volontaire de la part d’une partie du personnel politique français ? Ne pouvant imposer leur dogme quasi théocratique de la malveillance naturelle de l’Etat providence, les néolibéraux ont usé de la stratégie de l’usure sur le long terme.

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Les dangers de l’austérité

La rigueur fiscale va provoquer ralentissement et aggravation du poids relatif des dettes. Mais surtout avoir un impact dévastateur sur la liquidité globale. La question de refinancement du stock de dettes des entreprises va se poser avec acuité.

La crise qui s’est révélée en septembre 2008 par la faillite de Lehman Brothers est réelle. C’est une crise des passifs comptables, c’est à dire une crise de la finance et, en même temps, c’est une crise des actifs, c’est à dire de l’économie réelle.

Face à la menace d’effondrement économique, sociale et politique, les grands moyens, moyens exceptionnels et non conventionnels ont été utilisés. Les marchés financiers ont été placés sous respiration artificielle; les économies ont été mises sous perfusion.

L’économie globale n’est pas repartie comme espéré. La question du maintien des dispositifs de survie artificielle monétaire et fiscale reste posée. Les marchés se réveillent, ils perdent confiance dans la capacité des États souverains à rembourser leurs dettes. C’est la phase II. La phase II se définit comme celle dans laquelle les «remèdes» à la crise révèlent leurs limites. Limites dans le résultat obtenu et surtout limites dans l’usage que l’on peut en faire.

La dépression a été évitée. Elle a été évitée par l’action conjointe de la politique monétaire et de la politique fiscale. Le mot important est «conjointe». Il n’est pas possible de dissocier les deux. L’analyse ne permet pas de séparer ce qui est imbriqué car l’indissociabilité des deux est organique. Aussi bien le fiscal que le monétaire devaient être mis en oeuvre pour dégeler les comportements, pour évacuer la frilosité générée par la peur.

Le point de rencontre des deux actions, la monétaire et la fiscale, le résultat de leur synthèse au sens fort de la chimie et même de l’alchimie, ce fut le retour de l’appétit pour le risque. Nous le prenons non pas au sens des marchés, sens étroit, étriqué et truqué, nous prenons l’appétit pour le risque au sens commun: la confiance, la moindre peur de l’avenir, la capacité à l’envisager sereinement. Plus sereinement, et ainsi à reprendre des comportements plus rationnels, plus habituels, sinon plus normaux. C’est à dire consommer, entreprendre, investir, jouer, spéculer.

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L’Espagne : 10 fois plus grave que la Grèce

Le FMI fait aussi confiance à l’Espagne”, titre Le Figaro. Selon Dominique Strauss-Kahn, l’Espagne aurait la capacité de se sortir de la crise et échapper au défaut de paiement. Hum… Grosse sensation de déjà-vu : la Crise II, épisode II. Avec cette fois l’Espagne en acteur principal. Si vous avez raté les premiers épisodes, rassurez-vous, vous allez avoir le temps de vous mettre au jus, parce que ce n’est pas près de s’arrêter.

Morose Espagne

Résumons : l’Espagne a sérieusement pâti de la crise économique. Ses banques ont fait faillite en série et sa bulle immobilière a explosé en faisant de nombreux ravages. Conséquences : le chômage atteint les 20%. C’est encore pire quand on prend les chiffres du chômage des jeunes, entre 18-25 ans, qui avoisine 50%.

L’État espagnol va devoir mobiliser 50 milliards d’euros supplémentaires entre 2010 et 2013 (sous forme d’émission de nouvelles dettes ?) afin de faire face aux coûts induits par l’explosion du chômage et servir les retraites des nombreux fonctionnaires qui ont commencé à travailler avant la fin de l’ère du franquisme (1975).

Or, avant même de commencer à régler cette ardoise sociale, le déficit public espagnol atteint déjà le taux record de 11,4% (selon les récentes estimations de la ministre de l’Économie, Elena Salgado), pas très éloigné de celui de la Grèce (12,7%).

Les banques, le coeur du problème

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Comment va-t-on recréer le franc ?

Par Gérard Lafay, professeur émérite à l’université Paris-II

Contrairement aux espoirs annoncés, l’euro a manifestement échoué. A l’intérieur de la zone concernée, il n’a engendré qu’une faible croissance économique, une délocalisation des activités industrielles et la persistance du chômage, tout en accentuant les divergences entre les pays membres.

La politique de la Banque centrale européenne a en effet suscité une surévaluation chronique de la monnaie unique européenne, et elle a permis un endettement accentué des nombreux agents économiques, tant publics que privés. Au lieu de jouer un rôle d’entraînement, l’Allemagne a mené une politique salariale inutilement restrictive, accentuant le déficit de certains pays de la zone, au point de les conduire au bord du gouffre.

Sur le plan économique, l’euro ne pourrait être poursuivi qu’en menant un fédéralisme budgétaire, solution préconisée par Messieurs Jean-Claude Trichet et Dominique Strauss-Kahn. Cohérente sur le plan économique, cette solution est inapplicable politiquement dans un régime démocratique. Elle impliquerait le même type de transferts budgétaires que celui qui existe, à l’intérieur de chacune des nations, entre les régions riches et les régions pauvres.

Or l’Europe n’est pas une nation, qui a l’habitude d’accepter cette forme naturelle de solidarité. Le pays le plus riche, l’Allemagne, exclut même formellement une telle formule, ayant déjà suffisamment payé pour mettre à niveau les länder de l’ex-RDA.

A plus ou moins brève échéance, l’euro est donc condamné. La question n’est donc pas de savoir s’il faut recréer le franc : une telle issue est inéluctable. La seule question pertinente est de connaître les conditions dans lesquelles ce processus va se dérouler.

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Le pentecôtisme, bras armé de l’impérialisme américain en Afrique subsaharienne ?

Le pentecôtisme, courant de l’évangélisme issu des États-Unis et connu pour ses manifestations liturgiques de masse très démonstratives, mais également ses méthodes fortement matérialistes, connaît un fort développement en Afrique Noire, comme dans le reste du monde.

Associé à l’image de Simone Gbagbo ou à une certaine extrême droite américaine (proche de l’ancien président George W. Bush), il est souvent vu comme un instrument de l’impérialisme US, chargé de propager à coup de prosélytisme leurs valeurs et leur vision du monde. Cependant, sur le terrain, le pentecôtisme africain obéit à des dynamiques un peu plus complexes que cette vue manichéenne ne pourrait le laisser penser.

Une implantation centenaire

Le pentecôtisme naît au début du XXème siècle aux États-Unis (en 1901 dans une église blanche du Kansas et en 1906 dans une église noire de Los Angeles) et au Royaume-Uni, d’une dissidence au sein d’églises réformées. Son dogme est fondé sur une interprétation littérale de la Bible, mais ce qui le différencie des autres mouvements protestants est l’importance accordée au « baptême par le Saint-Esprit », manifesté par les charismes (ou dons de Dieu aux croyants) et le lien direct et intime entre Dieu et le croyant.

Très vite, des missionnaires pentecôtistes arrivent en Afrique anglophone, par le biais de la colonisation britannique, notamment en Afrique du Sud, au Liberia et au Burkina Faso. Ceci est facilité par la création, dès 1914, des Assemblées de Dieu, fédération de communautés pentecôtistes américaines, disposant d’une puissante branche missionnaire qui fait de l’Afrique de l’Ouest son terrain privilégié d’évangélisation. Des Assemblées équivalentes apparaissent en Europe de l’Ouest et du Nord au milieu du XXème et vont envoyer des missions en Afrique Centrale. Ceci va résulter en la création d’églises nationales africaines autonomes, qui elles mêmes vont évangéliser les pays voisins. En parallèle, vont apparaître des églises totalement indépendantes et de taille très variable, comptant parfois quelques fidèles autour d’un pasteur.

Après une période d’ « institutionnalisation », un renouveau pentecôtiste est perceptible dès les années 1970, suivant celui observé en Amérique du Sud, d’abord marqué au sein des pays anglophones (Nigeria, Ghana) puis francophones (les deux Congo). Enfin, plus récemment, et avec moins de succès, le pentecôtisme tente de pénétrer les pays musulmans comme le Sénégal et le Maghreb.

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Repenser les banques centrales

Par Thomas Piketty

Les banques centrales peuvent-elles nous sauver ? Non, pas complètement. Mais elles détiennent une partie de la solution à la crise actuelle. Reprenons par le commencement. Depuis toujours, il existe deux façons pour l’État de se procurer de l’argent : faire payer des impôts, ou fabriquer de la monnaie.

De façon générale, il est infiniment préférable de faire payer des impôts. La planche à billets se paie par de l’inflation, dont on maîtrise mal les conséquences distributives (ceux dont le revenu est moins revalorisé que les autres paient le prix fort), et qui désorganise les échanges et la production. Une fois lancé, le processus inflationniste est en outre difficile à arrêter, et n’apporte plus aucun bénéfice.

Dans les années 1970, l’inflation atteignait 10 % à 15 % par an, et cela n’a pas empêché la stagnation économique et la montée du chômage. Cet épisode durable de «stagflation» a convaincu les gouvernants et les opinions que les banques centrales devaient être «indépendantes» du pouvoir politique, dans le sens où elles devaient se contenter de faire progresser lentement et régulièrement la masse monétaire afin de cibler une inflation faible (1% ou 2%). Personne n’a été jusqu’à proposer que les banques centrales soient privatisées (jusqu’en 1936, la Banque de France était la propriété d’actionnaires privés).

En Europe comme aux États-Unis, les banques centrales demeurent intégralement possédées par les États, qui fixent leurs statuts, nomment leurs dirigeants, et empochent leurs éventuels bénéfices. Simplement, les États leur ont donné un mandat se réduisant à une cible d’inflation faible. L’ère des prêts massifs aux États comme au secteur privé était censée être révolue. Les banques centrales ne devaient plus jamais tenter d’intervenir dans le fonctionnement de l’économie réelle.

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LEAP : les quatre points individuels de défaillance du système mondial au second semestre 2010

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 juin 2010

Caspar David Friedrich, Entrée de cimetière (1825)

L’actualité confirme chaque jour combien la crise systémique globale est désormais entrée dans sa phase de dislocation géopolitique mondiale, même si les médias ne commencent que timidement à interpréter les bouleversements historiques qui se déroulent sous nos yeux. Lire la suite

La Chine met un pied en Europe en investissant massivement en Grèce

Le vice-premier ministre chinois a signé plusieurs contrats pour plus d’un milliard d’euros mardi à Athènes. Pessimiste, l’agence Moody’s a baissé la note des banques grecques.

«Ils ne sont pas comme Wall Street qui spécule sur du papier. Les Chinois traitent du concret. Et ils aideront à relever l’économie réelle en Grèce.» En faisant cette déclaration la semaine dernière au Washington Post, le vice-premier ministre grec Theodoros Pangalos parlait en connaissance de cause. Ce mardi, son homologue chinois Zhang Dejiang a signé à Athènes un accord de coopération maritime et 13 contrats d’investissements et de coopération pour plus d’un milliard d’euros.

La Chine a en effet répondu positivement à Investingreece, le tout nouvel organisme étatique dont la mission est d’attirer les investissements étrangers. «Nous ne pourrons pas équilibrer les finances publiques en coupant seulement dans les dépenses. Il nous faut aussi des investissements productifs pour créer de la croissance», a déclaré son directeur, Christof Alexakis.

Le contrat le plus important porte sur la construction d’un terminal à Thiasio, un port à l’ouest de la capitale, présenté comme la porte d’entrée au marché européen pour les produits chinois. Les autres contrats concernent la construction d’un monorail à Athènes, des routes, plusieurs hôtels ainsi qu’un parc d’attractions maritime. Le groupe télécom grec OTE a aussi signé un accord de partenariat avec la société chinoise Huawei Technologies. Enfin, quatre groupes alimentaires vont importer de l’huile d’olive grecque.

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Les banques européennes se préparent au choc de liquidité

Le 1er juillet, les banques devront rembourser 442 milliards d’euros d’aide exceptionnelle accordée par la BCE, il y a un an. Les établissements financiers ont pris de l’avance dans leur programme de refinancement, mais tous ne sont pas dans la même position. A l’accès à la liquidité s’ajoutent les tensions sur le coût et ses répercussions sur le crédit.

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Absorber le choc de liquidité. Dans à peine plus de deux semaines, le 1er juillet, les établissements financiers du Vieux Continent devront rembourser à la Banque centrale européenne (BCE) 442 milliards d’euros pour sortir de la facilité de financement exceptionnelle qu’elle leur a accordée un an plus tôt. Et ce, alors que l’accès à la liquidité reste tendu, en dépit des quelques émissions obligataires réalisées la semaine dernière.

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George Soros : « Les banques sont plus puissantes que jamais »

Atteint par des rumeurs de complot contre l’euro, l’homme d’affaires antilibéral retourne l’accusation vers les « banques centrales du monde entier ». Au sortir d’une réunion avec la Fed et le FMI, George Soros explique la crise économique. Analyse d’un ex-spéculateur.

banques tours

Célébrité, pouvoir et fortune obligent, des costauds montent la garde à l’entrée de sa suite dans un grand hôtel de Washington. A bientôt 80 ans, George Soros, multimilliardaire progressiste, reste la bête noire des excités de la droite dure américaine. Mais, aujourd’hui, c’est avant tout l’homme d’affaires qui semble souffrir et se protéger, blessé par les rumeurs sur sa prétendue participation à un complot contre l’euro, qui ravivent la sombre mythologie du “casse de la Banque d’Angleterre”, ce milliard de dollards qu’il engrangea en 1992 en spéculant contre la livre sterling.

Le financier antilibéral, ennemi de tous les “grands déséquilibres” depuis son épopée d’enfant juif hongrois rescapé du nazisme, s’insurge pourtant encore contre les dogmes, y compris celui du marché financier, objet de son dernier livre, Quelques leçons tirées de la crise (Denoël). Ce recueil de ses conférences à la Central European University de Budapest, fondée par ce philanthrope insatiable, est l’une des raisons de son prochain passage en Europe.

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Déjouer le piège de la rigueur et le verrou de l’Euro

Par Jacques Sapir

Sommes-nous donc en 1931 ? Alors que les annonces de plans dits «de rigueur» ou «d’austérité» se multiplient à travers l’Europe, il est aujourd’hui évident que l’ordre du jour des divers gouvernements est dominé par la réduction des déficits publics. Se répètent ainsi les erreurs commises lors de la « Grande Dépression » [1]. Ceci n’est pas – seulement – dû à un oubli de l’Histoire. La crise que connaît la zone euro, et qui n’en est qu’à son commencement, a joué dans ce tournant un rôle à la fois décisif et pernicieux. C’est elle qui a lourdement pesé dans la conversion actuelle des principaux gouvernements à la «rigueur».

Ils sacrifient ainsi la substance – à savoir la dynamique économique qui fonde en réalité la possibilité réelle de la zone euro à se maintenir – à l’apparence : les conditions immédiates de son maintien face à la spéculation des marchés. Il est donc à craindre que l’Europe et la France n’entrent dans une période prolongée de récession sous l’impact cumulé de ces politiques restrictives. Des mesures radicales s’imposent, mais, pour les évaluer, il faut d’abord procéder à un bilan de la situation.

Le piège de la rigueur ne se comprend pas hors du verrou de l’euro. Pour autant, l’adhésion à ce dernier n’a pas reposé que sur des considérants idéologiques. Il y a bien eu des facteurs réels qui ont convaincu les gouvernements d’accepter cette solution de la monnaie unique dont les inconvénients étaient pourtant connus dès l’origine. Le délitement de ces facteurs pose la question de la possibilité de la survie de la zone euro et, au-delà, des solutions alternatives qui s’offrent à nous.

Vers la récession

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Les Etats moutonniers, comme les marchés !

Moutonniers, volatils, excessifs, voire irrationnels : c’est ainsi que les États, surfant sur le sentiment largement partagé dans l’opinion publique, décrivent volontiers les marchés. On connaît la rengaine : les spéculateurs, acteurs centraux des marchés, auraient en permanence des réactions peu originales. Il suffirait que l’un d’entre eux prenne une position pour que tous, tel Panurge, ils s’alignent. Ils changeraient d’ailleurs d’avis comme de chemise, n’hésitant pas à balancer d’un extrême à un autre – d’où les yo-yo souvent inexplicables de la Bourse.

Ils auraient, en définitive, des comportements sans queue ni tête, sans rationalité, ni sur le court ni sur le long terme. La manière dont l’ensemble des États européens se sont engagés, depuis quelques semaines, dans des politiques de rigueur, conduit aujourd’hui à se demander s’ils ne sont pas en définitive plus moutonniers, plus volatils, plus excessifs, voire plus irrationnels que les marchés !

Rappelez-vous. C’était il y a à peine un an. Partout, il n’était question que de… relance. Tous les États, les États européens en particulier, étaient à la manoeuvre, sur le même schéma. Partout, face à la menace d’effondrement des banques et de l’automobile, les dirigeants politiques expliquaient qu’il fallait injecter massivement des fonds publics dans l’économie pour soutenir une activité défaillante. 10, 20, 200 ou 700 milliards d’euros : c’était à qui présenterait le plus gros plan !

Un an après, quel revirement. De la relance à la rigueur : tout le monde a basculé, d’un même mouvement, sans état d’âme. On a d’ailleurs déjà oublié la relance. Il y a pourtant, encore, en France, un ministère qui lui est consacrée. Les mêmes dirigeants sont engagés, en Europe notamment, dans une surenchère, mais cette fois-ci une surenchère dans la rigueur.

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Le FMI attaque l’Europe

Le FMI ne tarit pas de critiques envers l’Europe. Laxiste, dépensière, il est temps de la “réformer.” Entendez par là baisser les prestations sociales, privatiser les services publics, démanteler le droit du travail. Les États-Unis qui pilotent le FMI et le milieu des affaires qui est aux commandes de l’économie pressent l’Europe de se dépouiller au plus vite de ses protections sociales. Que signifie l’arrivée du FMI sur la scène européenne ? Quel sont ses résultats passés ? Quel rôle jouent les États-Unis dans ce processus ? Éléments de réponse.

Le FMI qui a un bilan totalement désastreux dans les pays pauvres (voir les documentaires présentés ici) étend en ce moment sa politique à l’Europe. Depuis la fin des accords de Bretton Woods, cette institution pilotée par les États-Unis (majoritaires en voix) a systématiquement prôné la privatisation et la suppression des politiques sociales (fin des remboursements des frais de santé, fin des services publics etc.)

Si les peuples ne se défendent pas de façon concertée, il est probable que l’irruption du FMI sur la scène européenne ne signe le début d’un processus de tiers-mondisation du continent.

Il n’a jamais été présenté un éventail de remèdes disponibles à chaque pays selon sa situation propre, comme cela se pratiquait à la Banque Mondiale avant 1973. Ce sont toujours les mêmes recettes qui sont appliquées sans distinction et présentées comme une panacée par le FMI.

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Hausse des salaires chinois, hausse des prix dans le monde

Après l’austérité budgétaire, les consommateurs européens vont faire face au renchérissement des produits importés.

Le lendemain même d’une réunion des ministres des Finances du G20 en Corée, la Chine a tenu la vedette avec deux augmentations de salaire massives survenues, l’une à l’usine Honda de Foshan, l’autre dans l’usine d’électronique de Foxconn, où une dizaine de salariés se seraient suicidés récemment et où sont produits bon nombre de produits d’Apple ou de Dell.

Plus intéressant encore, le gouvernement chinois laisse filtrer la nouvelle des grèves et des augmentations : il encourage la hausse des salaires. Il a d’ailleurs annoncé, selon le quotidien chinois Global Times, que le salaire minimum sera relevé au 1er juillet de 20%, une hausse deux fois supérieure à celle qui était jusqu’ici rituellement annoncée à pareille époque.

A Shanghai, le minimum garanti atteint 137 euros, et c’est le plus élevé du pays, ce qui signifie qu’il reste du chemin à parcourir avant que les salaires chinois n’approchent de ceux de l’Occident développé. Il n’empêche, ces augmentations de salaire sont une bonne nouvelle.

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Maurice Allais flingue le néo-libéralisme dans une revue financée par Bercy

Pour fêter ses 99 ans, le seul Nobel français d’économie s’est livré dans la très confidentielle revue de l’École des Mines à une critique féroce du “libre-échangisme“. Il alerte sur la destruction de l’agriculture et de l’industrie, sources profondes du chômage français, et en appelle à des solidarités régionales.

Le libéralisme ne saurait être un laisser faire,” insiste Maurice Allais, 99 ans depuis mai dernier et seul Français Nobel d’économie (1988). Dans la livraison de mai de Réalités Industrielles, publiée avec le soutien de Bercy, l’économiste ouvre le bal d’un dossier consacré au diagnostic de la crise, avec un petit article décapant sur “Les causes véritables du chômage.

Pour Maurice Allais, le chômage n’est pas essentiellement dû à des questions monétaires, même si celles-ci devraient “continuer de jouer un rôle néfaste grandissant,” mais il pointe en premier lieu, les responsabilités d’un système global, celui né de ” la conséquence de la libéralisation inconsidérée du commerce international.

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