Japon : Le mystère économique

Rien ne laisse paraître que le Japon serait en « crise », avec une économie stagnante depuis 20 ans. Par quel miracle, avec une croissance nulle si l’on s’en tient à la mesure classique de la Production intérieure, les Japonais restent-ils, de fait, aussi prospères, satisfaits de leur sort à les écouter et tous employés s’ils le souhaitent: le taux de chômage, depuis vingt ans, n’a jamais dépassé 3,5% avec, pour beaucoup, un emploi à vie dans les grandes entreprises? Pourquoi le Japon, qui statistiquement se porte si mal, va en réalité plutôt bien.

Ce paradoxe serait-il dû à l’endettement, un des plus élevés au monde, deux fois la production annuelle? La bonne vie, mais à crédit? L’explication ne tient pas, car cette dette, les Japonais la doivent à eux-mêmes: ils placent leur épargne dans des emprunts publics. Le Japon ne s’endette pratiquement pas sur le marché mondial et n’est guère menacé de banqueroute.

Mais, cette croissance nulle, les Japonais en ont un peu honte face au reste du monde – une « perte de face » mal ressentie dans les civilisations d’Asie – au point d’avoir élu le Premier ministre Shinzo Abe qui promit de renouer avec la croissance forte des années 1980. Lors de ces deux dernières années, son gouvernement a contraint la Banque centrale à fabriquer de la monnaie en surplus, ce qui a dopé la consommation: cette drogue, bien connue des économistes, produit toujours des effets provisoires.

L’« Abenomics » a fait grimper la croissance à 2% pendant deux ans, avant de retomber aux alentours de 0% cette année. Combien de sacs Vuitton une Japonaise peut-elle acheter ou combien de clubs de golf pour son mari ? L’euphorie achevée, chacun s’en est retourné à ses habitudes antérieures, un confort frugal et de l’épargne pour ses vieux jours.
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Chine : La bourse s’effondre pour la seconde journée de suite

L’ensemble des Bourses mondiales ont largement plongé ce lundi: Tokyo, Londres, Paris, Frankfort ou encore New York. Le ralentissement de la croissance chinoise est à l’origine de ces nets reculs.

Les marchés mondiaux dépendent fortement de la Chine. Les mesures de relance n’ont pas les effets espérés et les répercussions sur l’économie mondiales sont monumentales.

Céréales et changement climatique

Les récoltes de blé et d’orge en Europe pourraient chuter de plus de 20% d’ici 2040 à cause d’un réchauffement climatique estimé à une moyenne de presque 2 degrés Celsius (3,5°F). Pour le maïs, la perte est estimée à environ 10%, dans un type de culture qui a déjà été affecté par l’augmentation des températures depuis les années 80.

Ces chiffres sont issus d’une étude publiée en mai 2014 et menée par des chercheurs de l’université de Stanford (USA), Frances Moore, doctorante, et David Lobell, professeur associé en géophysiologie environnementale dans cette université californienne, et publiée dans la dernière édition de la revue Nature Climate Change.

Le groupe intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’évolution du climat (GIEC) avait déjà mis en avant les risques du réchauffement sur l’agriculture dans le monde dans un rapport publié le 31 mars 2014. On pouvait aussi s’inquiéter pour certains types de cultures très dépendantes du soleil, comme la vigne : des annonces avaient déjà été faites sur les conséquences du réchauffement sur le vin.

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La Grèce délaissée par le FMI

La démocratie est censée conférer aux citoyens la possibilité réelle de faire des choix. Tout au long de la crise qui frappe leur pays, les citoyens grecs en ont pourtant été privés. L’Union européenne, et encore davantage le Fonds monétaire international, en sont responsables dans une mesure considérable.

La Grèce s’est vu proposer deux choix difficiles : quitter la zone euro sans financement, ou demeurer en son sein et bénéficier d’un soutien, au prix du maintien de l’austérité. Or, la Grèce aurait dû se voir offrir une troisième option : quitter l’euro certes, mais en bénéficiant de généreux financements.

Il aurait été nécessaire de mettre sur la table cette troisième possibilité, en reconnaissant combien la Grèce trouve un intérêt politique plus large à demeurer dans la zone euro. Même si la sortie de l’union monétaire aurait produit des avantages considérables, un « Grexit » aurait par ailleurs engendré des coûts importants.

Parmi les avantages, il aurait été procédé à une dévaluation massive, permettant de rétablir un certain dynamisme au sein de ce qui était autrefois une économie à croissance rapide. Les coûts se seraient néanmoins révélés terrifiants. Le gouvernement aurait été contraint au défaut de paiement, les banques se seraient retrouvées ruinées, et tous auraient lutté pendant des années pour rétablir la confiance sur les marchés financiers.
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Les révoltes paysannes : en Europe occidentale et en Russie (XVIe-XVIIIe siècle)

« Les révoltes paysannes en Europe occidentale, XVIe-XVIIIe siècles »: Communication d’Yves-Marie Bercé, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, prononcée lors du colloque sur « la guerre civile » qui s’est tenu, les 21, 22 et 23 janvier 2015 dans le cadre du programme de recherche « Guerre et société », soutenu par la Fondation Simone et Cino del Duca et l’Académie des sciences morales et politiques.

Angleterre – Robert Kett conduisant une révolte paysanne sous le règne d’Édouard VI

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Suivi de « Les guerres paysannes en Russie (XVIIe-XVIIIe siècles) » : Communication de Wladimir Berelowitch, directeur d’études à l’École des Hautes études en sciences sociales, professeur émérite à l’Université de Genève.

Canal Académie (via Theatrum-Belli)

États-Unis : 9 experts prédisent l’imminence d’une grande crise financière

Y aura-t-il un effondrement financier aux États-Unis avant la fin 2015 ? Un nombre croissant d’experts financiers respectés avertissent que nous sommes au bord d’une nouvelle grande crise économique. Bien sûr, cela ne signifie pas que cela se produira. Ils se sont déjà trompés. Mais sans aucun doute, de nombreux signaux d’alertes fleurissent un peu partout et semblent orienter les faisceaux dans ce sens.

Les actions américaines baissent, le Dow Jones a ainsi perdu plus de 750 points depuis le sommet du marché en mai, et une action américaine sur cinq se trouve déjà dans un trend baissier. Les prochains mois pourraient être extrêmement chaotiques…

Ci-dessous, l’alerte de chacun des 9 experts financiers sur l’imminence d’une grave crise financière…
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Périco Légasse : « Notre indépendance alimentaire est menacée »

La crise du porc se poursuit. La cotation est suspendue après le refus de deux des principaux acheteurs, Cooperl et Bigard/Socopa de payer le prix demandé par le gouvernement. Qui sont les principaux responsables de cette crise: les éleveurs, les industriels, la grande distribution, le gouvernement?

Périco Légasse: Il faut remonter assez loin pour trouver les responsables de cette ubuesque gabegie. En tout premier lieu ceux qui ont expliqué, du principal syndicat agricole jusqu’aux pouvoirs publics, et ils furent nombreux, que surproduire dans l’intensif au détriment de la qualité, pour rester le plus compétitif, serait toujours payant. Le mensonge, en ce sens que tout le monde savait qu’il conduisait droit dans le mur, a entrainé l’agriculture française vers l’impasse.

S’il est un coupable à désigner en premier, c’est bien la Fnsea, surtout celle dirigée par Luc Guyau, un monsieur qui a fait beaucoup de mal à la France, je dis bien à la France, avec la complicité active de Jacques Chirac, à tous les échelons de ses mandats politiques, en expliquant aux éleveurs que plus ils entreraient dans une logique de production industrielle, plus ils s’enrichiraient.

S’il est un deuxième coupable, c’est la grande distribution, qui s’est évertuée à expliquer à ses fournisseurs que, s’ils souhaitaient conserver le référencement de leur marque, il fallait du bas de gamme pour proposer le prix le plus bas à la clientèle. On a fait passer à l’époque ces deux entités qui se tapaient sur l’épaule pour de grands stratèges et l’agriculture française a cru à ce mensonge.
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Grèce : L’Eurogroupe débloque 86 milliards d’euros

Les ministres des Finances de la zone euros ont validé le troisième plan d’aide en faveur de la Grèce. Durant les trois années qui viennent, Athènes pourra bénéficier de nouveaux prêts allant jusqu’à 86 milliards d’euros. En échange, la Grèce s’engage à conduire des réformes assainir son économie et résorber sa dette.

Chine : Bientôt des yuans dans toutes les poches ?

Première exportatrice mondiale, la Chine dépend du dollar pour ses échanges commerciaux, sa monnaie n’étant pas convertible. Une subordination financière — et politique — dont elle cherche à se dégager par une internationalisation du yuan. La monnaie chinoise est d’ores et déjà devenue la cinquième devise mondiale pour le commerce. M. Ding Yifan, conseiller du gouvernement, explique les étapes à franchir.

Dès le milieu des années 1990, avec la croissance du commerce entre la Chine et ses voisins, le renminbi (RMB), ou yuan, est devenu un moyen de paiement bien accueilli dans toute la région. Lors du sommet du G20 de novembre 2008 à Washington, M. Hu Jintao, le président d’alors, s’était engagé à diversifier le contenu en devises étrangères des réserves chinoises.

Dans la foulée, des mesures ont été prises pour promouvoir l’internationalisation du RMB ; et cela ne passe pas inaperçu. A la fin d’octobre 2014, le yuan est devenu une monnaie de réserve dans plus de cinquante pays et territoires.

Selon la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (Swift (1)), en décembre 2014, le RMB a remplacé les dollars canadien et australien au rang de cinquième monnaie de paiement du monde (2). Il se situe juste derrière le dollar américain (87 % des échanges internationaux (3)), l’euro (6,6 %), la livre sterling et le yen. Il totalise 2,17 % du marché mondial, au coude-à-coude avec la monnaie japonaise (2,69 %).
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Grèce : La misère au soleil

Une carte postale abimée. La Grèce, destination touristique par excellence, est au bord de l’asphyxie. Avec elle, tout un peuple. Un peuple qui, dimanche 5 juillet, a rejeté en masse les mesures d’austérité imposées par ses créanciers. Les Grecs sont désormais face à leur destin.

Le Premier ministre Alexis Tsipras a présenté ses propositions de réforme. Une dernière chance avant le sommet exceptionnel de dimanche en présence des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro et de l’Union européenne. Une date clé. Un moment historique.

L’échéance ultime pour parvenir à un accord. Olivier Blanchard, expert économiste du FMI a expliqué que l’institution internationale n’était pas en mesure d’accorder un délai de paiement sous peine de violer ses règles relatives aux pays ayant fait défaut sur leur dette. “Quand un pays est en arriérés de paiement, nous ne pouvons plus lui accorder de prêts sous aucune manière“.

L’Europe est donc dans l’attente. Sur place, la population est inquiète et la vie quotidienne devient extrêmement compliquée. Les commerçants ne peuvent plus se fournir auprès des professionnels. Les particuliers, eux, ne peuvent pas retirer plus de 60 euros par jour dans les distributeurs.

James K. Galbraith : « L’Europe ne tiendra pas très longtemps »

Une Union européenne bloquée, réactionnaire et mesquine s’est étalée sous nos yeux à l’occasion de la crise grecque. Son effondrement est désormais envisageable.

La brutalité obtuse de la position européenne à l’égard de la Grèce est devenue manifeste la semaine du 6 juillet, lorsque les leaders européens ont rejeté le document de reddition que la Grèce leur avait soumis, et ont exigé au lieu de cela une capitulation sans condition assortie de réparations.

À partir de maintenant, le gouvernement grec devra soumettre à ces institutions les projets législatifs «appropriés», et obtenir leur aval avant de les adopter – et même avant de les rendre publics. En résumé: la Grèce, dès à présent, n’est plus un État indépendant.

Le nouveau diktat – formellement accepté par la Grèce le 15 juillet – exige la mise en place d’un fonds de privatisation censé engranger de «bons actifs» d’une valeur de 50 milliards d’euros (qui, accessoirement, n’existent pas en l’état) ;
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Dolomiti 2015 – Dolomites 2015

Le massif des Dolomites se situe au nord de l’Italie. Son nom provient de celui du géologue français Déodat Gratet de Dolomieu qui fit de nombreux travaux relatifs aux propriétés particulières de la roche de ce massif. Les Dolomites sont caractérisés par des murailles verticales, des falaises abruptes et une forte densité de vallées très étroites, longues et profondes. On y trouve aussi des reliefs glaciaires et des systèmes karstiques. Le tout est caractérisé par une nature dynamique avec de fréquents éboulements, inondations et avalanches. Les Dolomites sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2009.

Dolomiti 2015 from Franco Grisa on Vimeo.

Grèce : Tsipras a-t-il vraiment obtenu quelque chose ?

A l’issue d’une interminable nuit de négociations, le Premier ministre grec a accepté de douloureuses concessions. En échange de quoi exactement?

Une misère, une humiliation, un esclavage“. Le cri du cœur est celui de Haralambos Rouliskos, un économiste athénien, après la publication de l’accord sur la Grèce. Après 17 heures de négociations dans la nuit de dimanche à lundi, les chefs d’État de la zone euro se sont mis d’accord sur un scénario de sortie de crise.

Mais celui-ci passe par une cure d’austérité d’une ampleur inédite pour Athènes. Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, a-t-il vraiment obtenu quelque chose en échange ?

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Roumanie : Et la lumière fut…

Dans les montagne du Maramures, à la frontière de l’Ukraine, un village entier vit sans électricité depuis toujours. Lorsque la nuit tombe, c’est comme si le temps s’arrêtait : pas de réfrigérateur, pas de télévision, pas de machine à laver, encore moins d’ordinateur…

En Roumanie, à l’image de ce village, 200.000 personnes vivraient sans électricité alors que le pays est membre de l’Union européenne depuis 2007.

Devant l’inaction des autorités, un homme originaire de Bucarest a décidé de prendre les choses en main: il a monté une ONG pour installer des panneaux solaires sur le toit des écoles.

Grèce : Les négociations s’enlisent, la menace d’un Grexit se renforce

Les ministres des finances de la zone euro ont stoppé leurs discussions samedi soir sans trouver d’accord pour sauver la Grèce. Certains pays sont clairement sceptiques sur les capacités des Grecs à faire de nouveaux efforts. La menace d’une sortie du pays de la zone euro s’est renforcée ces dernières heures.

La cruelle absence d’une politique démographique européenne

Empêtrée dans ses difficultés du moment, l’Europe européenne ne voit pas arriver la prochaine crise… démographique.

En prolongeant le déficit actuel des naissances par rapport aux décès, et en excluant tout nouvel appoint migratoire, la population de l’Union est appelée à diminuer de près de 65 millions d’habitants d’ici 2060 selon certains scénarios de démographes. Et l’Europe, qui pesait encore près de 17 % du total planétaire en 1975, n’en pèserait plus que 7,5 % au milieu du siècle. Il est vraiment difficile d’imaginer dans ces conditions un continent européen dynamique et influent. Les remèdes sont connus mais difficiles à mettre en œuvre. Personne n’imagine appeler les Européens à faire des enfants pour nous “sauver” du désastre, et l’immigration ne peut servir que d’appoint. L’Europe devra donc plus que jamais miser sur la qualité de son capital humain, et non pas sur la quantité. “Il n’y a de richesses que d’hommes, oui mais… qualifiés et bien formés” dirait aujourd’hui Jean Bodin.

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Soigner à la chaîne

En Europe, le nombre d’opérations chirurgicales n’a jamais été aussi élevé. Cela signifie-t-il que l’on soigne mieux ? De plus en plus, les praticiens appliquent la «médecine factuelle» : des commissions établissent, à partir d’études cliniques et de statistiques, des lignes directrices auxquelles doivent se référer les professionnels de santé pour délivrer traitements et thérapies.

Mais cette approche suscite la controverse. Laissant peu de place à la singularité de chaque individu, elle ouvre la voie à la standardisation des décisions. Pourtant, les cas particuliers existent et il pourrait être dangereux de les traiter uniquement sur la base de conclusions qui s’appliquent au plus grand nombre.

Allemagne (2013)

Grèce : Ce qui vous attend après la faillite

Jean-Michel Vernochet reçoit cette semaine Valérie Bugault, docteur en droit, spécialiste des questions européennes, pour un entretien sur la situation de la Grèce, à trois jours du référendum organisé par Tsipras.

Que faut-il penser de la situation économique de ce pays, de sa dette publique, et des dettes de tous les pays occidentaux.

« Toutes les élites politiques des pays européens ont été achetées… »

J.Stiglitz : « L’Europe contre la démocratie grecque »

La dispute et l’acrimonie qui vont croissantes au sein de l’Europe pourraient passer aux yeux d’un observateur extérieur pour le résultat inévitable de la fin de partie peu amène entre la Grèce et ses créanciers. Les dirigeants européens finissent par exposer au grand jour la véritable nature du conflit autour de la dette grecque, et cela n’a rien de plaisant : il s’agit bien plus une question de pouvoir et de démocratie que d’argent et d’économie.

Le programme économique que la troïka (la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI) a imposé à la Grèce il y a cinq ans était une aberration. Il a conduit à une baisse de 25% du PIB du pays. Je ne connais aucune dépression qui ait été provoquée aussi délibérément et ait eu des conséquences aussi catastrophiques. Ainsi le taux de chômage parmi les jeunes Grecs dépasse maintenant 60%.

Il est incroyable que la troïka nie toute responsabilité et refuse d’admettre à quel point ses prévisions et ses modèles étaient erronés. Mais il est encore plus surprenant que les dirigeants européens n’aient retenu aucun enseignement de tout cela. La troïka continue à exiger de la Grèce qu’elle parvienne à un budget primaire en excédent (hors paiement des intérêts de la dette) de 3,5% du PIB en 2018.

Partout dans le monde les économistes condamnent cet objectif comme punitif, car il ne peut que ralentir encore l’économie. Même si la dette de la Grèce était restructurée au-delà de tout ce que l’on peut imaginer, elle resterait en dépression si les électeurs acceptent les propositions de la troïka lors du référendum surprise qui a lieu ce dimanche.
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Ni Lampedusa, ni Bruxelles, être Européen !

L’Europe, ce n’est pas Lampedusa, c’est notre civilisation.
L’Europe ce n’est pas l’organisation de Bruxelles, pas davantage une monnaie ou une banque centrale.
L’Europe, ce n’est pas un espace mondialisé et sans frontière.
L’Europe, ce n’est pas le monde africain, ce n’est pas non plus une terre d’Islam. Lire la suite

Allemagne : « Recrute infirmières européennes pauvres pour emploi au rabais »

Avec une population vieillissante, l’Allemagne manque cruellement de main d’œuvre, en particulier pour travailler dans le secteur de la santé. Hôpitaux, cliniques, maisons de retraites et structures de soins à domicile recrutent massivement. Heureuse coïncidence: les agences de recrutement disposent d’un vivier d’infirmiers venus de l’est et du sud de l’Europe.

Des personnels soignants souvent très qualifiés qui cherchent à échapper à l’austérité ou à la pauvreté. Mais entre des salaires bas, des contrats de travail aux clauses abusives et l’absence de droits sociaux, l’Allemagne n’est pas un eldorado. Loin de là.

Les futurs soignants sont prévenus : « En Allemagne, tout est tourné vers une société de la performance. Cela signifie que l’on doit fournir chaque jour 100 % de ses capacités », est-il inscrit en gras. Les autres clauses du contrat de travail ne sont guère plus avenantes. L’employé devra payer des sanctions financières de 3000 à 5000 euros s’il divulgue à un tiers ses conditions d’emploi et de formation, ou s’il rompt le contrat avant la première année de l’embauche. Cette « amende » sera immédiatement exigible et encaissée par une firme de recouvrement bulgare.

« Nous ne pouvons pas vous offrir un pays de cocagne en Allemagne, parce que cela n’existe pas ! ». Cette phrase, aux allures de slogan hostile aux migrants, figure sur un avenant au contrat de travail. Un contrat que s’apprêtent de signer des infirmiers bulgares recrutés par une agence d’intérim allemande.
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Jacques Attali : « Éviter le Grexit qui menace »

La Grèce n’a pas payé le milliard et demi qu’elle devait au FMI et se retrouve en défaut de paiement ou plutôt en arriéré de paiement comme le dit le Fonds Monétaire International (FMI). Pour l’économiste Jacques Attali,la Grèce ne sera en défaut de paiement que dans trois mois”.

Pour Jacques Attali, il y a urgence : “la lâcheté des dirigeants européens et la démagogie des dirigeants grecs mises l’une à côté de l’autre, font que l’on se dit que l’on a encore du temps. Au-delà de la semaine prochaine en principe, il n’y a pas d’échappatoire au remboursement de ce qui est dû à la BCE, et là, il faudra un tout petit plus d’imagination pour penser qu’on peut éviter le Grexit qui menace, car il est là”.

“Ce serait très mauvais que la Grèce sorte de la zone euro et très compliqué. On est dans cette situation où non seulement la Grèce peut sortir, mais l’ensemble des acteurs du monde qui sont en train de regarder l’Europe avec méfiance et se disent ‘qu’est-ce que c’est que ce truc ?’ Ils ne sont même pas foutus de régler un problème, tout cela peut avoir des conséquences sur la croissance et la reprise”.

Pour Jacques Attali, “il n’est pas urgent de régler le problème grec, il peut l’être en 3 minutes. Le miracle grec n’est possible que si les Allemands, en particulier, acceptent de réduire la dette grecque à moins de 100% du PIB, le seul niveau soutenable”.

Grèce : Si le “non” l’emporte, gare à la secousse financière

Le défaut de la Grèce sur l’échéance de remboursement de 1,5 milliard d’euros au FMI, a encore une fois fait chuter les principaux marchés boursiers de la zone euro de plus de 1% mardi soir : -1,6% pour le Cac40 à Paris et -1,5% pour le Footsie de Londres, le Dax de Francfort affichant un repli de 1,25%.

L’euro recule encore face au dollar à 1 dollar 1140 et le cours du baril de Brent regagne ses pertes de lundi à 63 dollars et 10 cents.

Europe : Une nouvelle crise coûterait 1.000 milliards d’euros

Un rapport, commandé par le secrétaire général du Parlement européen, prévoit qu’en cas de nouvelle crise financière de l’importance de celle de 2008, la zone euro pourrait perdre 1 milliard d’euros de son PIB, “gagner” 1,9 million de chômeurs supplémentaires et subir une augmentation 51,1 milliards d’euros de sa dette publique.

D’après les projections réalisées par les économistes Gaël Giraud et Thore Kockerols, « les renflouements [des banques européennes] seraient encore nécessaires au détriment du contribuable européen, et ajoutent les auteurs du rapport, même si l’architecture de l’Union bancaire (prévu en 2023) était déjà en place aujourd’hui ».

L’Union bancaire introduit des mécanismes destinés à prévenir les faillites bancaires et éviter qu’une nouvelle crise bancaire ne se transforme en crise de la dette. L’idée étant d’introduire une mutualisation du risque en cas de faillite. Les banques de la zone euro seront ainsi gérées selon le Mécanisme de résolution unique (MRU) qui reposera sur deux piliers.

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F. Hollande : « La robuste économie française n’a rien à craindre de la crise grecque » (Màj)

Grèce : Quelles conséquences pour l’économie française? Si François Hollande a assuré ce lundi que l’économie française, qu’il juge “robuste”, n’avait rien à craindre du risque de faillite de la Grèce, qu’en est-il réellement? La France, qui a prêté 40 milliards d’euros aux Grecs, est-elle véritablement à l’abri ?

S’exprimant dans la cour de l’Élysée, à l’issue d’un Conseil des ministres restreint consacré à cette crise, le chef de l’État français a affirmé :

“Aujourd’hui, l’économie française est robuste, bien plus robuste qu’il y a quatre ans, et elle n’a rien à craindre de ce qui pourrait se produire.”

Alerte aux moustiques !

Véritable fléau pour les humains, le moustique s’avère d’autant plus dangereux que des espèces exotiques s’invitent désormais dans nos contrées. Venu d’Asie et arrivé en Europe via des stocks de pneus usagés, le redoutable moustique tigre transmet les maladies de la dengue et du chikungunya.

Tour d’horizon des méthodes scientifiques utilisées pour éradiquer ce fléau.

Grèce : Entre peur de la faillite et ruée vers les distributeurs de billets (Màj)

La Grèce instaure un contrôle des capitaux

Dans la nuit de samedi à dimanche, Alexis Tsipras a appelé les Grecs à ne pas céder à la peur. Pourtant ils étaient des centaines, samedi, à faire la queue devant les distributeurs de billets pour retirer leur argent des banques.

Par peur d’une faillite des banques, par peur d’un contrôle des capitaux par la BCE, ou tout simplement pour se préparer à tous les scénarios possibles.

Océans poubelles

Immerger des fûts de matières irradiées en pleine mer semble aujourd’hui scandaleux, mais cette technique a été par le passé considérée comme une forme de stockage scientifiquement justifiée : la radioactivité des déchets déposés à plus de 4.500 mètres de profondeur était censée s’éliminer par dilution.

Il est désormais admis qu’elle ne fait que se répandre de manière incontrôlée. Dans quel état sont aujourd’hui ces barils, dont même les autorités ne connaissent pas la localisation exacte ?

L’océan sert de poubelle à l’industrie atomique depuis des dizaines d’années. Alors même que le stockage en mer est interdit depuis 1993, il est toujours légal d’y rejeter des eaux contenant des radionucléides.

Arctique, cimetière atomique

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La mafia à nos portes

C’est une tendance peu connue du grand public : depuis peu, le territoire européen semble devenu le nouvel eldorado du crime organisé international. Alors que le trafic de drogues à destination du continent est un commerce de plus en plus lucratif, avec des marges plus avantageuses encore que sur le marché américain, le blanchiment d’argent prospère.

En France et en Allemagne, mafieux et trafiquants profitent de vides juridiques dans les législations nationales pour blanchir et réinvestir ces revenus illégaux. Cette enquête suit le parcours de l’argent sale : depuis Gioia Tauro en Calabre, l’un des principaux ports de conteneurs et première plaque tournante du trafic de drogue en Méditerranée, elle fait un détour par les coulisses de l’Exposition universelle de Milan, pour terminer en Allemagne.

Aujourd’hui, on estime que 50 à 150 milliards d’euros issus du crime organisé arrivent chaque année outre-Rhin.

Réalisé par Max Löschner et Edgar Wolf (Allemagne 2015)

Pologne : Bienvenue chez les païens !

Depuis les années 1980, quelques enthousiastes font revivre de vieilles croyances slaves et forment des communautés religieuses reconnues par l’Etat. Ils vont bientôt célébrer le solstice d’été.

Par Wiktor Ferfecki Rzeczpospolita

Des offrandes de guirlandes dédiées aux déités de la récolte, des sauts par-dessus le feu allumé pendant la nuit du solstice d’été, des couronnes des fleurs avec des bougies que les jeunes filles font flotter sur la rivière dans l’espoir de trouver un mari…

Voilà comment des adeptes polonais d’anciennes croyances slaves, présentes avant la christianisation du pays [survenue en 966], s’apprêtent à fêter la plus courte nuit de l’année, la Kupala. Les célébrations principales vont se dérouler dans un chram, le temple, à Pruszkow, près de Varsovie. La Kupala sera le point culminant des festivités.

Le retour aux anciennes croyances slaves remonte aux années 1980, et leurs disciples affirment que le nombre d’adeptes est en augmentation.

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Proposition de réglementation des faillites souveraines

Par Joseph E. Stiglitz

Les États doivent parfois restructurer leur dette. S’ils ne le faisaient pas, la stabilité politique et économique de leur pays pourrait être menacée. Mais l’absence d’une réglementation internationale pour traiter un défaut de dette souveraine aggrave considérablement leurs conséquences.

Cela se traduit par un mauvais fonctionnement du marché de la dette souveraine, des tensions inutiles et des retards coûteux pour s’attaquer à l’origine des problèmes. Cela se vérifie à intervalles réguliers.

La crise en Europe n’est que le dernier exemple du prix à payer tant par les créanciers que par les débiteurs pour l’absence d’une réglementation internationale destinée à résoudre les crises liées aux dettes souveraines. De telles crises vont continuer à éclater.

En Argentine, la lutte des autorités contre un petit nombre d’investisseurs (des fonds vautour) a mis en danger l’ensemble de la restructuration de la dette qui avait été acceptée par l’énorme majorité des créanciers.
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Les banques revoient leurs modèles, et la facture sociale est lourde

Le secteur bancaire mondial a vécu de nombreuses crises économiques et financières, depuis le krach de 1929. Mais a-t-il connu pareille restructuration que celle engagée depuis 2012, après la crise financière des subprimes (crédits immobiliers à risques américains) et celle de l’euro ?

De part et d’autre de l’Atlantique, l’actualité est rythmée, depuis plusieurs semaines, par des vagues de suppressions d’emplois, notamment dans les grandes banques européennes. En 2014, ce sont les licenciements à Wall Street qui avaient fait la Une.

S’il est trop tôt pour un bilan, les réductions d’effectifs dévoilées par HSBC, mardi 9 juin (25.000 emplois supprimés d’ici à 2017, auxquels devraient s’ajouter 25.000 autres déjà annoncés, liés à la vente de filiales au Brésil et en Turquie), et celles escomptées à la Deutsche Bank, qui promet un plan d’économies de 4,7 milliards d’euros, viennent alourdir une addition déjà spectaculaire.

Ensemble, selon des données compilées par l’agence Reuters, les plus grandes banques d’Europe et des États-Unis (18 européennes et 6 Américaines) ont supprimé 59.000 emplois en 2014 : 21.500 emplois pour les premières et 37.500 pour les secondes. Si l’on y ajoute les coupes claires de 2013, le chiffre grimpe à 160.000… Ce qui représente, pour marquer les esprits, l’équivalent, en France, de la population de la ville d’Annecy.
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Italie : Découverte de la plus grande déchetterie clandestine d’Europe

À Calvi Risorta, au nord de Naples, les gardes forestiers italiens ont découvert ce qui pourrait être la plus importante déchetterie clandestine d’Europe. Sur une esplanade de près 30 hectares, à 9 mètres de profondeur sont enterrés près de deux millions de mètres cubes des déchets toxiques accumulés ces 40 dernières années.

Hongrie : Plus en plus d’enfants sous le seuil de pauvreté

En Hongrie, plus de 42 pourcent des enfants de moins de 7 ans vivaient dans la pauvreté en 2014. Le pays est le mauvais élève du Visegrad, le groupe des quatre pays d’Europe centrale et en queue de peloton au niveau européen.

Depuis 2008, le gouvernement n’a pas réévalué les aides à l’enfance, et la précarité infantile s’est accentuée.

La fin annoncée de la civilisation industrielle

Sur les neuf frontières vitales au fonctionnement du « système Terre », au moins quatre ont déjà été transgressées par nos sociétés industrielles, avec le réchauffement climatique, le déclin de la biodiversité ou le rythme insoutenable de la déforestation. « Nous sommes en train de vivre une mosaïque d’effondrements ».

Transgresser ces frontières, c’est prendre le risque que notre environnement et nos sociétés réagissent « de manière abrupte et imprévisible », préviennent Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre « Comment tout peut s’effondrer ».

Rappelant l’ensemble des données et des alertes scientifiques toujours plus alarmantes, les deux auteurs appellent à sortir du déni. « Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide ».

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