Libre-échange transatlantique : l’UE à la rame

Si José Manuel Durao Barroso voulait fournir aux eurosceptiques un argument de campagne clef en main, il ne s’y prendrait pas autrement. À un an des élections européennes de mai 2014, le président de la Commission n’a rien trouvé de mieux que de se lancer dans la négociation d’un vaste accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, les deux principales puissances économiques du monde. Son idée est de créer un grand marché intérieur transatlantique où les biens et les services circuleront librement, ce qui, selon lui, permettra de relancer la croissance.

Mais il y a un énorme hic : cette négociation ne pourra aboutir que si les Européens renoncent au passage à une partie de leurs normes, qu’elles soient juridiques, financières, sanitaires, environnementales, culturelles, etc. « On se demande vraiment pourquoi Barroso nous a embarqués dans cette galère politiquement explosive », se demande un haut fonctionnaire bruxellois pour qui « l’Europe a tout à perdre et quasiment rien à gagner dans cette négociation ». Autant dire qu’il s’agit de pain béni pour les opposants à la construction communautaire qui trouveront là du grain à moudre sur « l’Europe pro-américaine et ultralibérale ».

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LEAP : l’imminente plongée en récession de la planète

Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 mai 2013

Malgré une sensation de calme relatif relayée à la fois par les médias et par des marchés financiers américains et japonais volant de records en records, l’économie mondiale ralentit sérieusement et une récession généralisée se profile.

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Espagne : L’impossible flânerie dans une ville fantôme

Elles forment les cicatrices de la crise marquant le sol de l’Europe: des rangées de logements vides, construits à toute vitesse à l’époque où les banques prêtaient les yeux fermés, et qui, une fois la bulle éclatée, n’ont jamais trouvé preneur. En Irlande, la presse les appelle des « ghost estates », ces lotissements fantômes en banlieue de Dublin, à peine érigés, déjà bons à la casse.

Dans la ville nouvelle de Seseña

L’Espagne est sans doute le pays le plus touché par le phénomène. Environ 15 % de son parc immobilier est aujourd’hui inhabité – de quoi loger 3,5 millions de personnes. L’énormité de la bulle immobilière s’étant conjuguée, dans les années 2000, avec des pratiques de corruption entre promoteurs immobiliers et élus locaux, ce sont carrément des pans de ville entiers qui ont été construits en dépit de toute logique – sinon celle d’offrir toujours plus de chantiers aux fleurons nationaux du BTP.

Dans Projet El Pocero, Anthony Poiraudeau déambule dans la ville fantôme la plus connue d’Espagne, à une quarantaine de kilomètres au sud de Madrid, dans la province de Tolède. À partir de 2003, la commune de Seseña a vu se construire, sur ses terrains les plus arides, un parc résidentiel gigantesque, censé accueillir 40 000 nouveaux habitants.

Mais le chantier s’est arrêté net cinq ans plus tard, crise oblige. Quelque 5 500 logements ont finalement été terminés. À peine 3.000 personnes y habitent aujourd’hui – environ 20 % des capacités.
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Londres, Pékin, Tokyo et l’agonie du multilatéralisme

Par Irnerio Seminatore, président de l’Institut européen des relations internationales et directeur de l’Academia diplomatica europaea

Trois minirévolutions sont aujourd’hui en cours à Londres, Pékin et Tokyo.

Le référendum sur le “Brixit” (mot-valise composé de Britain et exit) pour décider de la sortie ou du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne marque une mutation dans l’équilibre des pouvoirs entre le Royaume-Uni et les pays de la zone euro.

Le rééquilibrage de l’économie chinoise, qui aura d’importantes répercussions sur l’économie mondiale, vise à passer d’un développement à forte croissance tiré par l’investissement et les exportations à une économie à faible croissance tirée par la consommation.

L’émission massive de liquidités par la Banque du Japon, avec pour objectif d’atteindre une inflation de 2 % en deux ans, est un virage économique majeur, consistant à inverser les priorités entre croissance et désendettement, et la logique de résorption de la dette aujourd’hui à l’oeuvre aux Etats-Unis et en Europe.

Nous assistons, dans les trois cas, à l’abandon de la croyance en un multilatéralisme efficace, et à un retour aux étalons décisionnels de l’unilatéralisme national.

ÉCHEC D’UN SYSTÈME MONDIAL
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Le monde en 2030… selon la CIA (Màj)

Tous les quatre ans, au début de chaque nouveau mandat présidentiel aux États-Unis, le National Intelligence Council (NIC), bureau d’analyse et d’anticipation géopolitique et économique de la Central Intelligence Agency (CIA), publie un rapport qui devient automatiquement une référence majeure pour toutes les chancelleries du monde.

Bien qu’il s’agisse, évidemment, d’une vision très partielle (celle de Washington), élaborée par une agence (la CIA) dont la mission principale est de défendre les intérêts des États-Unis, le rapport stratégique du NIC présente un intérêt indiscutable : il résulte d’une mise en commun – révisée par toutes les agences d’intelligence américaines – d’études élaborées par des experts indépendants de plusieurs universités et de nombreux pays (Europe, Chine, Inde, Afrique, Amérique Latine, monde arabo-musulman, etc.).
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Europe : Le Vieux continent se porte bien, merci

Les déclinistes du monde entier répètent à qui veut l’entendre que l’Union européenne est condamnée à cause de sa faiblesse structurelle et de la crise économique. Mais dans bien des domaines, l’UE tient son rang face à des puissances mondiales comme la Chine ou les États-Unis, selon Mark Leonard et Hans Kundnani.

Non. Ces temps-ci, certains parlent de l’Europe comme si peu à peu, elle avait perdu sa raison d’être. Étant donné sa croissance anémique, une crise de l’euro qui s’éternise et la complexité de la prise de décision, il ne fait aucun doute que l’Europe est actuellement une cible facile.

Par ailleurs, face à l’ascension stupéfiante de pays comme le Brésil et la Chine ces dernières années, nombreux sont ceux qui pensent que le Vieux Continent va finir dans les poubelles de l’histoire. Pourtant, les théoriciens du déclin feraient bien de se rappeler quelques données irréductibles.

Non seulement l’Union européenne reste la plus grande économie mondiale, mais elle dispose aussi du second budget de défense mondial derrière les États-Unis, avec plus de 66.000 militaires déployés dans le monde ainsi qu’environ 57.000 diplomates (l’Inde en a plus ou moins 600). Le PIB de l’UE par habitant en termes de pouvoir d’achat demeure presque quatre fois celui de la Chine, trois fois celui du Brésil et presque neuf fois celui de l’Inde. Si c’est ce qu’ils appellent déclin, cela vaut toujours mieux que de vivre dans une puissance montante.
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Déchets : Comment nous en débarrasser?

Zoom sur un secteur économique méconnu mais qui possède un réel avenir: celui du recyclage. Comment favoriser son développement à l’heure où nous croulons sous les déchets?


1-Les poubelles au quotidien

Une rue étroite à sens unique, un lundi matin tôt, à Marseille, je roule derrière un camion d’éboueurs. Il s’arrête devant une résidence d’une cinquantaine de logements. Il va y rester une petite dizaine de minutes. Les trois gros conteneurs sont plein à craquer. Des sacs poubelles recouvrent le sol. Il faut vider les conteneurs puis les re-remplir. Au milieu des sacs, on trouve une glacière en bon état en apparence, des emballages cartons, des déchets verts, des pièces métalliques, … L’ensemble est impitoyablement broyé et mélangé dans le camion-benne. Un vrai gâchis !

Chaque Français produit plus de 500 kilogrammes de déchets par an. 30% sont recyclés, alors que les Allemands, les Néerlandais ou les Belges en recyclent plus de 60%!

Pour régler ce problème, le Grenelle de l’environnement a prévu une augmentation progressive de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), -une des plus faibles d’Europe-, et l’affectation de ces augmentations aux investissements nécessaires pour les filières de recyclage.
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Oise : Les Chinois à l’assaut des forêts

Dans un grand fracas, la grue balance un énorme tronc dans le conteneur. « Toutes ces grumes sont en partance pour la Chine », observe Alain Brivois, technicien en charge du contrôle des chargements de bois et de leurs traitements phytosanitaires dans toute la France. La semaine dernière, il était dans l’Oise, sur la route de Pierrefonds, afin de contrôler un chargement en direction de l’Asie.

Le département possède un domaine forestier vaste où, chaque année, près de 300.000 m3 de bois sont exploités. Le bois sur pied chargé ce jour-là partira le jour même en direction du Havre, avant d’être envoyé en Chine via les porte-conteneurs. « Des chargements comme celui-ci, il y en a de plus en plus. Ce pays est devenu un importateur incontournable ». Le hêtre et le chêne, qui composent la majorité des forêts du département, sont les deux essences les plus prisées par les Chinois.

« C’est possible parce que ce pays taxe peu l’importation de grumes, mais beaucoup les produits transformés. A contrario, en Europe, rien n’est protégé », regrette Laurent Denormandie président de la Fédération nationale de bois et fondateur de Sylvabois, exploitation forestière basée à Compiègne.

L’Oise vend ainsi aujourd’hui plus de bois brut que de parquets, menuiseries, meubles et autres. Entre 2009 et 2011, les exportations estimées de grumes de chêne et de hêtre, en partance pour la Chine, ont grimpé de 13 à 28% selon les chiffres du ministère de l’Agriculture.

La hausse des prix met à mal les scieries locales
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Thomas Porcher : “Le mirage du gaz de schiste”

Au coeur des débats, le gaz de schiste est supposé constituer l’énergie du futur et même sortir la France de la crise. Thomas Porcher démonte un par un l’ensemble des arguments des lobbies progaz de schiste. Depuis le discours de François Hollande à la Conférence environnementale du 14 septembre 2012, la France est le premier pays à avoir clairement refusé l’exploitation des gaz et huiles de schiste.

Ce choix peut paraître paradoxal dans la mesure où c’est aussi le pays européen qui dispose des ressources les plus importantes. Alors que le débat se focalise le plus souvent sur les problématiques environnementales, Thomas Porcher aborde le sujet d’un point de vue économique et décline de manière synthétique les conséquences d’une ouverture législative d’une telle exploitation. Entre autres : Absence de création d’emplois pérennes ; Absence d’incidence sur le coût de l’énergie pour les particuliers.

Appauvrissement de la valeur immobilière des terrains à l’entour d’une exploitation sans bénéfice pécuniaire pour les propriétaires ; Cet argumentaire vient contrebalancer point par point une information largement dominée par les lobbies et éclaire le citoyen sur des choix de société qui auront des conséquences sur plusieurs décennies.

Émission “C à dire ?!” du 03 Mai 2013

Europe : En 2012 l’économie parallèle serait au plus bas depuis 10 ans

Le bon sens est parfois mis en défaut … avec la crise on pourrait imaginer que nombre d’européens soient tentés d’améliorer leurs fin de mois avec des activités non déclarées et que donc l’économie parallèle progresserait. En fait il n’en est rien et selon une étude réalisée par le groupe Visa. Le poids de l’économie parallèle aurait en fait diminué en Europe – au sens large – en 2012 : si en 2011 cette économie parallèle pesait 19,3 % du PIB cumulé des pays de l’Union européenne, de la Norvège, de la Suisse, de la Turquie et de la Croatie, en 2012 ce poids n’était plus que de 12 %.

Et selon son auteur, Friedrich Schneider, professeur d’économie à l’université de Linz en Autriche, cette tendance devrait se poursuivre cette année. Selon l’étude, en 2013, l’économie parallèle pourrait marquer un plus bas en 10 ans, à 18,5% du PIB des pays européens, grâce à l’amélioration des conditions économiques par rapport à la crise de 2008 d’une part mais aussi grâce aux mesures de lutte contre la fraude prises par les États.

L’étude souligne par ailleurs que si l’économie parallèle cause un manque à gagner aux États, elle n’est pas uniquement négative car l’argent gagné est dépensé dans l’économie réelle et qu’en période de crise, elle peut donner un moyen de subsistance aux personnes en difficulté.

Les sommes générées par l’économie parallèle des cinq premières puissances européennes (Allemagne, France, Italie, Espagne, et Royaume-Uni) comptent pour les deux tiers du total européen, détaille l’étude qui estime qu’en valeur absolue, le travail au noir et les transactions légales mais non déclarées en Europe ont représenté 2.175 milliards d’euros en 2012.
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Non, l’euro n’est pas en crise

Ne croyez pas cette “mythologie moderne” qui voudrait que la monnaie unique soit au bord de l’effondrement. Le vrai problème, c’est que les perdants, les pays les moins compétitifs, sont de plus en plus nombreux.

Construction des décors du film “Metropolis” de Fritz Lang (1927)

Cela fait déjà plusieurs années que dure la soi-disant crise de l’euro. Elle est devenue un phénomène durable, à tel point que la “crise de l’euro” s’est installée comme une rubrique pérenne dans certains médias occidentaux. Au même titre que la politique intérieure, l’économie, la météo ou le sport.

La crise s’est inscrite dans la conscience collective comme un phénomène durable. On peut voir les choses d’un point de vue positif : regardez, citoyens, une crise de l’Histoire sans précédent et l’euro tient bon. Nos grands hommes politiques savent mener des actions efficaces. Ils sont nos sauveurs ! Nous devrions répondre à leurs demandes pressantes et leur laisser davantage de pouvoir. Plus d’Europe, c’est-à-dire plus de Bruxelles, de Commission européenne, de Parlement européen, etc. Seule une Europe unie peut relever le défi de la crise de l’euro ! Nous devons achever l’intégration !

Tout cela n’est qu’une mythologie moderne. Un conte moderne visant à justifier idéologiquement l’incroyable expansion de la puissance publique au niveau des autorités bruxelloises non élues et des gouvernements des Etats nations. Un conte qui sert à légitimer le processus continuel de centralisation du pouvoir.

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Portugal : Coupes sévères dans les dépenses publiques

Au moment où les politiques d’austérité suscitent mécontentements et doutes à travers l’Europe, le Portugal se met à son tour à la diète. Le Premier ministre portugais a annoncé vendredi une série de coupes sévères dans les dépenses publiques pour permettre au pays, sous assistance financière, de respecter ses engagements budgétaires.

Grâce à ces mesures, une douzaine au total, le Premier ministre espère parvenir à respecter les objectifs, déjà allégés deux fois, que la “troïka” (UE-FMI-BCE) des bailleurs de fonds lui a fixés: un déficit public à 5,5% du PIB cette année, à 4% en 2014 et à 2,5% en 2015 pour revenir en dessous de la limite des 3% définie par Bruxelles.

Dans un discours à la nation, Pedro Passos Coelho a annoncé le report de l’âge du départ à la retraite à taux plein à 66 ans et l’allongement du temps de travail de 35 à 40 heures pour les fonctionnaires. Leur nombre devrait être réduit de 30.000 sur un total d’environ 700.000 par le biais de départs volontaires.

L’approbation de ces mesures par la “troïka” est la clé pour que le Portugal obtienne une nouvelle tranche d’aide de 2 milliards d’euros dans le cadre du plan de sauvetage de 78 milliards d’euros accordé par l’UE et le FMI en mai 2011. Elles doivent également permettre au Portugal d’obtenir un allongement des délais de remboursement des prêts qui lui ont été accordés, ce qui devrait faciliter son retour sur les marchés financiers avant la fin du plan d’aide jusqu’à l’été 2014.
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Guerre larvée entre Russes et Américains autour de l’énergie en Europe

Moscou semble fatiguée de la politique de Washington visant à empêcher la domination de la Russie sur le marché européen, écrit, jeudi 25 avril, le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Carte des différents gazoducs existants ou en projet dans le sud de l’Europe, légendée en allemand mais néanmoins claire (cliquer dessus pour l’agrandir) – Source : http://www.geostrategicforecasting.com

A tel point que les scientifiques de Skolkovo ont proposé un plan pour régler les conflits énergétiques actuels. A cause de la Russie et des Etats-Unis, les problèmes énergétiques provoquent des conflits, bien qu’aucun pays ne soit directement menacé par les agissements de l’autre.

Une perception plus rationnelle des marchés pétro-gaziers internationaux permettrait aux deux camps de créer, dans le meilleur des cas, les conditions favorables pour des investissements conjoints. Au pire des cas, de réduire la résistance active d’un camp contre chaque mouvement de l’autre, estiment les auteurs d’un rapport intitulé Les relations russo-américaines et le marché des hydrocarbures en Eurasie, largement repris par des agences de presse. Selon eux, les dirigeants américains doivent permettre aux hommes politiques russes et européens, ainsi qu’aux responsables européens et aux chefs de Gazprom, de déterminer eux-mêmes les conditions de leur coopération énergétique.

«Cette coopération ne doit pas être basée sur une politique et des déclarations inutiles, voire hostiles», remarquent les spécialistes.
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Norvège : Pénurie de déchets à Oslo

Près de la moitié de la ville d’Oslo, dont la plupart de ses écoles, est chauffée grâce à la combustion des déchets. Seulement, les Norvégiens pratiquent aussi le tri des déchets et ceux-ci sont à ce point disciplinés que la capitale – qui compte pourtant 1,4 million d’habitants – doit faire face à une pénurie de détritus!

Les pays d’Europe du Nord ont adopté depuis plusieurs décennies cette pratique de combustion des ordures pour produire de la chaleur et de l’électricité, mais c’est la première fois que la demande dépasse largement l’offre. C’est que l’éco-consommation est une institution dans le pays. Les Norvégiens, tout comme leurs voisins Suédois et Finlandais, sont soucieux de limiter leurs déchets, au point que la population norvégienne ne produit qu’environ 150 millions de tonnes de déchets par an, beaucoup trop peu pour fournir suffisamment les usines.

Il faut dire que la “guerre” des déchets fait rage et chacun veut grappiller les ordures des autres. Ainsi, Stockholm est devenu un concurrent de taille puisque la ville suédoise a réussi à convaincre certaines municipalités norvégiennes de déposer leurs déchets chez elle. Par bateau et par camion, d’innombrables tonnes de déchets font donc leur chemin de l’autre côté de la frontière.

Il y a un marché européen des déchets qui sont désormais considérés comme une véritable marchandise et c’est un marché en pleine croissance“, explique Hege Rooth Olbergsveen, conseiller du programme de valorisation des déchets d’Oslo. L’Europe envoie donc ses déchets vers les pays nordiques.
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Bruxelles : Le vrai pouvoir

Partant à l’assaut de la forteresse Europe, Christophe Deloire et Christophe Dubois entreprennent de mettre en lumière les arcanes du pouvoir bruxellois. Un monde méconnu et souvent opaque, où hauts fonctionnaires et technocrates sont à la manœuvre en coulisses pour décider du quotidien de près de cinq cents millions d’Européens.

Émission diffusée sur France5 le 30/04/2013

Quand l’Afrique se réveillera : La France se relèvera

Par Michel Lhomme

Dans une tribune du quotidien britannique Financial Times, le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Lamido Sanusi, s’en est pris le mois dernier, « aux méthodes impérialistes de la Chine sur le continent. Il est temps pour nous d’ôter les lunettes teintées de rose à travers lesquelles nous voyons la Chine. »

La Chine en Afrique : du néo-colonialisme

Pour la première fois en Afrique, ont été dénoncées les relations commerciales déséquilibrées entre l’Empire du Milieu et les pays africains, ces derniers troquant l’exploitation de leurs immenses ressources naturelles contre des devises, des prêts et même des produits chinois bon marché mais de piètre qualité.

En riposte, Lamido Sanusi a proposé de produire localement mais aussi de repousser activement les importations chinoises et leur politique prédatrice. Que la Chine s’empare des matières premières africaines et qu’elle leur vende des biens manufacturés, n’est-ce pas exactement ce qu’on appelle par essence le néo-colonialisme? Cette politique chinoise contribue de façon significative à la désindustrialisation et au sous-développement continu de l’Afrique.

Le Nigéria est  l’un des premiers pays africains à avoir réagi. Pour que son immense manne pétrolière et gazière (qui représente en moyenne 36 % du PIB et plus de 97 % des exportations) profite au maximum au pays, le gouvernement nigérian applique depuis trois ans la politique dite de « local content », qui impose que l’essentiel de l’activité liée aux hydrocarbures soit assuré par la main d’œuvre locale ou des entreprises à capitaux majoritairement nigérians.
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La baisse des prix des matières premières est à double tranchant pour l’économie

Certaines entreprises, voire des économies entières, souffrent déjà de la baisse des prix des matières premières. Mais la chute des cours des produits de base n’a pas que des inconvénients.

De nombreuses matières premières ont vu leur prix baisser depuis le début de l’année. La crise en Europe et, depuis quelques mois, un ralentissement de l’activité en Chine, ont freiné la demande, alors même que l’offre de denrées de base est en augmentation cette année, que ce soit à la sortie des puits de pétrole et de gaz, dans les mines de cuivre, de fer ou de zinc, les champs de canne à sucre ou les plantations de café.

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