Zone euro : 2017 sera une année catastrophique (Natixis)

Dans une étude publiée le 17 mars dernier, le groupe bancaire, né de la fusion des groupes Caisse d’Épargne et Banque populaire, fait part de son pessimisme à moyen terme. Le pôle de recherche économique de Natixis craint en effet que plusieurs facteurs qui se cumulent conduisent à ce que 2017 soit une très mauvaise année pour la zone euro.

• Le rééquilibrage du marché du pétrole après la baisse du prix du pétrole en 2014 devrait conduire à une remontée de ce prix, d’où une perte de demande et de croissance, et le retour de l’inflation à un niveau voisin de l’objectif de la BCE

• La BCE devrait donc arrêter le Quantitative Easing, d’où remontée des taux d’intérêt à long terme, normalisation des primes de risque, ré-appréciation de l’euro; en conséquence des difficultés pour les investisseurs (qui ont accumulé des actifs avec des rendements et des primes de risque faibles); des difficultés pour les emprunteurs publics et privés, un recul de la demande;

• Dans certains pays (France, Espagne, Italie), la nécessité de réaliser un ajustement budgétaire important dans un environnement plus défavorable: croissance plus faible, taux d’intérêt plus élevés.
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Espagne : “Les sacrifices du peuple vont permettre de sortir de la crise”

Íñigo Méndez de Vigo, ministre espagnol délégué aux Affaires européennes revient sur la polémique ayant opposé son gouvernement conservateur à celui d’Alexis Tsipras.

Il juge que la Grèce a encore des réformes à accomplir. Il nous parle aussi des résultats de la cure d’austérité infligée à son pays.

Internet suit les routes commerciales d’avant la 1e guerre mondiale

La société d’études TeleGeography a mis en ligne une carte mondiale interactive des câbles sous-marins qui connectent l’Internet mondial. Elle ressemble étrangement à une carte des routes maritimes datant de 1912.

Demandez à votre voisin par quel moyen transite la majorité des communications internationales : il y a de fortes chances qu’il réponde, après avoir réfléchit quelques instants, “les satellites”. La réponse est pourtant très terre à terre. “Pour les communications internationales, plus de 99% du trafic passe par les câbles sous-marins”, a expliqué Alan Mauldin, directeur de la recherche de la société d’études TeleGeography, dans une interview accordée à CNN.

La raison est simple : les câbles peuvent transporter beaucoup plus d’information, pour un coût minime. Autre raison : “Dans un monde où chaque milliseconde compte, l’aller-retour vers les satellites représente une perte de temps inutile”, a indiqué au Monde Benjamin Bayart, spécialiste des télécommunications et porte-parole du fournisseur d’accès à Internet associatif FDN.

Depuis l’année dernière, TeleGeography tient à jour une carte de l’ensemble des câbles qui permettent à nos réseaux de communication de fonctionner. Au 15 mars, elle montre 299 câbles déjà construits ou qui seront mis en service d’ici la fin de l’année.
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Grèce : Athènes face à ses créanciers

Alexis Tsipras passe un accord de coopération avec l’OCDE à Paris. L’institution internationale aidera la Grèce à renforcer son administration fiscale et à lutter contre la corruption. Au même moment à Athènes, le gouvernement grec reprenait les discussions avec le groupe de Bruxelles, ex-troïka.

La Grèce a-t-elle perdu la confiance des créanciers comme l’a déclaré Jen Weidmann, patron de la Bundesbank ?

5 prédictions autour de la “ville intelligente”

En 2015, c’est une certitude, la technologie continuera d’avoir un impact sur les villes de demain. Mais l’inverse est également vrai ! C’est ce qu’explique Mathieu Lefèvre, directeur exécutif de New Cities Foundation, plateforme de réflexion sur la ville de demain. Selon lui, l’année 2015 devrait même être marquée par l’ère de la “post smart city“: un nouveau modèle qui accorderait beaucoup plus d’importance à l’humain. On parlerait alors de “sensitive city“…

De quoi sera faite la ville de demain ? Il y a d’abord les certitudes. Fin 2015, la population urbaine mondiale aura crû de près de 2%, soit 70 millions de citadins supplémentaires – l’équivalent de la France. Un tel changement démographique annonce de profondes mutations culturelles, sociales, économiques et environnementales.

A cette première certitude s’ajoute une seconde plus tangible: l’avancée technologique. Il suffit de rappeler que le premier iPhone est sorti il y a moins de 8 ans, en 2007. De l’intelligence artificielle à l’impression 3D, en passant par les objets connectés et la biotechnologie, les technologies à haut potentiel disruptif abondent et auront un impact sur notre quotidien dont on ne saurait mesurer l’ampleur.

La smart city est née à la croisée de ces deux phénomènes. Si l’on peut prédire sans trop prendre de risques que la technologie continuera d’avoir un impact sur les villes de demain, l’inverse est également vrai : la ville a un effet important sur la technologie. Il ne peut exister d’Uber, d’Airbnb ou de Velib’ sans ville dense et dynamique. De quoi sera donc faite la ville de demain? Aventurons-nous dans quelques prédictions pour 2015.
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Emploi : Faut-il s’inspirer des Américains ?

Six ans et demi après la faillite de Lehman Brothers, le taux de chômage aux États-Unis est tombé à 5,5 % au mois de février, 295.000 postes ayant été créés. Un niveau que la Fed assimile au plein emploi. Les États-Unis réalisent-ils un tour de force au détriment de la sécurité de l’emploi ? L’Europe doit-elle s’inspirer des Américains ?

Biodiversité, état des sols, pollution : l’environnement se dégrade en Europe

Biodiversité en déclin, écosystèmes dégradés, sols et ressources naturelles sous pression, milieux aquatiques souillés, pollution atmosphérique alarmante, déchets mal recyclés… C’est un tableau plus noir que vert que dresse le rapport 2015 de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), rendu public mardi 3 mars. « Notre analyse montre que les politiques européennes ont relevé avec succès beaucoup de défis environnementaux au fil des années. Mais elle montre aussi que nous continuons à malmener les systèmes naturels dont dépend notre prospérité », commente Hans Bruyninckx, directeur général de l’agence de l’Union européenne (UE).

Cette synthèse de quelque 200 pages couvre une zone géographique de trente-neuf pays, aux vingt-huit membres de l’UE s’ajoutant l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l’Islande, le Kosovo, le Liechtenstein, la Macédoine, le Monténégro, la Norvège, la Serbie, la Suisse et la Turquie. Les cinq années écoulées depuis la publication du dernier rapport, en 2010, permettent de mesurer les progrès accomplis dans certains domaines, comme la qualité de l’air et de l’eau ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre. « La mise en œuvre des politiques environnementales et climatiques a été dans l’ensemble bénéfique au fonctionnement des écosystèmes en Europe ainsi qu’à la qualité de vie et la santé de ses citoyens », souligne le document.

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Les 100 jours de Jean-Claude Juncker

Né en 1954, Jean-Claude Juncker s’engage en politique à 20 ans, au sein du Parti populaire chrétien social (CSV). En 1984, il est élu pour la première fois au Parlement luxembourgeois, puis occupe à compter de 1989 divers postes de ministre. Sa carrière européenne commence vraiment lorsqu’il accède à la présidence de l’Eurogroupe – la réunion mensuelle des ministres des Finances de la zone euro – en 2005. Il y reste jusqu’en 2013.

Choisi pour prendre les rênes de la Commission européenne à compter du 1er novembre 2014, Juncker est rattrapé cinq jours plus tard par le scandale financier des Luxleaks, faisant état d’accords fiscaux très avantageux passés avec le fisc luxembourgeois au profit de multinationales.

Mais plutôt que de lui coûter sa place, cette affaire incite Juncker à promettre plus de transparence dans ce domaine et à s’engager pour une politique plus “sociale” et “citoyenne”. Il semble néanmoins peu enclin à écouter les opposants au projet crucial de Traité de libre-échange transatlantique (TTIP, ou Tafta), actuellement en cours de négociation avec les États-Unis.

Les cent premiers jours d’un décideur revêtent toujours une part symbolique notoire. D’où l’intérêt de l’accompagner lors de ses déplacements officiels, de ses entretiens politiques et de ses réunions au sein des institutions européennes, comme au cours de moments plus privés. Ainsi se dessinent peu à peu la vision de l’homme et les moyens qu’il déploie pour la mettre en œuvre.

Bulgarie : « Nous sommes les esclaves modernes de l’Europe »

L’association des syndicats bulgares a annoncé vendredi que 600.000 Bulgares, soit près d’un quart de la population active du pays, gagnaient moins que l’équivalent de 200 euros par mois en travaillant à plein temps.

« Travailler du matin au soir et ne pas gagner assez d’argent à la fin du mois pour se payer la nourriture, l’électricité et le chauffage: c’est exactement la définition de l’esclavage. Ces 600.000 personnes sont les nouveaux esclaves de l’Europe. Ils ne vivent pas dans la pauvreté parce qu’ils sont paresseux, ou qu’ils ne sont pas formés, mais parce que leur travail ne coûte que quelques cents pour leur employeur.

Et même s’ils sombrent davantage dans la pauvreté, leurs employeurs continuent de s’enrichir.
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Joseph Stiglitz : « La crise, une occasion manquée »

L’Europe est confrontée aux problèmes particuliers posés par l’euro. Mais il existe certains problèmes communs à long terme auxquels sont confrontés tous les pays avancés. En lieu et place de ces politiques d’austérité erronées, la récession aurait pu devenir le bon moment pour consacrer plus de ressources pour prendre ces problèmes à bras-le-corps.

Nous verrions alors des économies plus fortes, à la fois aujourd’hui et pour l’avenir. Au lieu de cela, des deux côtés de l’Atlantique, nous avons laissé ces problèmes s’envenimer.

Il existe quatre problèmes sur lesquels je souhaiterais attirer l’attention. Tout d’abord, dans tous les pays avancés, des transformations structurelles sont nécessaires, à mesure que nous passons d’une économie manufacturière à une économie de services, et que nous nous adaptons aux nouvelles réalités géopolitiques et aux changements associés en matière d’avantage comparatif.

Globalement, le nombre d’emplois dans le secteur manufacturier continuera à baisser, la croissance de la productivité dépassant celle de la demande ; et la part des emplois globaux situés dans les pays avancés sera également en baisse. Il restera certains marchés de niches importants, et il faut les cultiver.

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Corse : Les oliviers menacés par une terrible bactérie

Non loin de là, en Italie, plus de 30.000 hectares d’oliviers sont morts, desséchés et asphyxiés par une bactérie tueuse : la “Xylella fastidiosa”. Pour éviter la contamination, la préfecture de Corse intensifie les contrôles de végétaux aux ports et dans les pépinières.

Les plantes importées pourraient être porteuses de la bactérie. Louis, un oléiculteur, a très peur d’elle. “Elle fait mourir définitivement et sans aucune possibilité de traitement l’olivier, l’amandier, le laurier rose, le chêne, l’oranger…“.

Une contamination du maquis corse serait un désastre écologique et économique. Preuve du sérieux de la menace : l’Europe a nommé un commissaire extraordinaire en charge du dossier.

Le rêve de l’harmonie par le calcul

Déficit budgétaire, ratio d’endettement, retour sur investissement, taux de croissance : la sarabande des nombres hante nos vies et structure notre vision du monde. Il n’en fut pas toujours ainsi. Longtemps le chiffre fut soumis au droit. Comment s’est opéré le renversement du règne de la loi au profit de la gouvernance par les nombres? C’est le thème de “La Gouvernance par les nombres“, le nouvel ouvrage d’Alain Supiot, professeur au Collège de France. Extrait.

L’essor de la gouvernance par les nombres n’est pas un accident de l’histoire. La recherche des principes ultimes qui président à l’ordre du monde combine depuis longtemps la loi et le nombre au travers de la physique et des mathématiques, s’agissant de l’ordre de la nature ; du droit et de l’économie, s’agissant de l’ordre social. La situation est comparable dans l’ordre religieux, où la soumission à la loi divine et la contemplation mystique de vérités absolues ont été reconnues comme deux voies différentes d’accès au divin (1).

La gouvernance par les nombres n’emporte pas du reste la disparition des lois, mais la soumission de leur contenu à un calcul d’utilité, en sorte qu’elles servent les « harmonies économiques » qui présideraient au fonctionnement des sociétés humaines (2). Mais la loi peut- elle être ramenée au nombre ? Fait-elle autre chose qu’exprimer des accords parfaits que les mathématiques seraient susceptibles de dévoiler ? Ou bien possède-t-elle son domaine propre, qui serait de surmonter les discordes constitutives de la vie en société ?

Ces questions se posent tous les jours à nos gouvernants, tiraillés entre la représentation quantifiée de l’économie et de la société et ce qui reste de représentation démocratique des gouvernés.
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L’amour courtois

Jacques LE GOFF voit dans la naissance de l’amour courtois au 12ème siècle, une concomitance avec l’hérésie cathare dans le sud de la France ; le troubadour a fonction d’enseignant du code moral selon les règles de la chevalerie et trace une distinction entre aristocrates et peuple. Les châteaux forts s’ouvrent aux relations sociales, où va se développer un art de cour, ce sont des jeunes aristocrates privés de biens qui partent à la croisade ou tentent de conquérir la Femme qui leur est interdite. C’est dans le Limousin que naît l’”amour courtois”, à la cour de Guy d’Ussel puis il se répand en Occitanie à la cour de Raymond de Toulouse. Il gagne le nord de la France grâce à Chrétien de Troyes, à la cour de Marie de Champagne. Il est même présent en Rhénanie. Catherine CLÉMENT en donne une interprétation psychanalytique, des poèmes sont dits en illustration.

Émission : les chemins de l’histoire – 21 déc. 1970.

Grèce : Des milliers de manifestants rassemblés à Athènes en soutien à Tsipras

Au moins 15.000 personnes se sont rassemblées mercredi 11 février dans la soirée sur la place face au Parlement grec à Athènes. Ils réclamant “un souffle de dignité” pour la Grèce qui se lance au même moment à Bruxelles dans des négociations avec la zone euro pour tourner la page de l’austérité.

Le cannabis bientôt en pharmacie

Le sativex, un spray buccal à base de cannabis, sera le premier médicament du genre autorisé en France. Dans quelques semaines, il pourra être vendu dans les pharmacies. Il sera exclusivement prescrit aux malades qui souffrent de sclérose en plaques et subissent des contractions très douloureuses.

“Ce médicament s’administre en inhalation, on ne retrouve pas les effets récréatifs du cannabis, les doses n’ont rien à voir. Il n’y a pas de dépendance, on peut l’arrêter quand on veut”, détaille Olivier Heinzlef, neurologue au CHU de Poissy.

Martine Schachtel, infirmière à la retraite, a publié “Cannabis sur ordonnance. Pour garder le goût de vivre jusqu’au bout”. Elle salue l’arrivée en pharmacie du Sativex, un spray buccal à base de cannabis, premier médicament du genre autorisé en France mais se “désole qu’il soit destiné à un certain type de patients qui souffrent de sclérose en plaques”.
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Moldavie : Un pays en transition

La Moldavie avait à choisir entre le géant russe à l’est et les sirènes de L’Europe à l’ouest. La jeunesse du pays a massivement penché vers l’ouest. Les partis libéraux pro-européens ont réussi à conserver leur majorité au parlement de la capitale, Chisinau.

Indépendante depuis le 27 août 1991, après avoir été sous le contrôle successif des Turcs, des Russes et des Roumains, la Moldavie a refusé l’unification avec la Roumanie cette même année, le centralisme roumain ayant provoqué le désir d’indépendance de la population moldave.

La Moldavie, État indépendant coincé entre l’Ukraine et la Roumanie, considéré comme l’un des pays les plus pauvres d’Europe, est donc encore un état en transition: poursuivant sa voie vers une économie de marché, elle reste classée en première place des pays les plus appréciés des trafiquants. Toujours fortement lié à la Roumanie, le pays, s’il a développé des relations ambiguës avec la Russie dont elle reste dépendante énergétiquement, souhaiterait intégrer l’Union européenne.

Cherchant à conforter son indépendance vis-à-vis de la Russie et de la Roumanie, la Moldavie a mené une politique étrangère combinant relations de bon voisinage avec ses principaux partenaires régionaux et ouverture à l’Ouest. Depuis la sécession de la Transnistrie, province orientale de la Moldavie, le 2 septembre 1990, le gouvernement moldave ne contrôle plus l’ensemble de son territoire.

Ex-République autonome, rattachée à la Moldavie depuis 1940, la Transnistrie sécessionniste a fait appel à la Russie afin de la soutenir, entraînant des affrontements armés sanglants en 1992, et a instauré une véritable entité étatique, sans reconnaissance officielle internationale. La Russie y maintient toujours une unité de l’armée russe, faisant de la Transnistrie un moyen de pression dans ses négociations avec la communauté internationale.

Comment des OGM cachés arrivent sur le marché

Elles ne sont pas encore dans nos assiettes. Mais, dans les laboratoires des sociétés de biotechnologies, elles poussent à vive allure. Et elles ne tarderont pas à arriver sur le marché. Ce sont de nouvelles variétés de plantes, céréales, fruits et légumes issues des techniques de manipulation génétique les plus avancées. Il s’agit bien, au sens propre, d’organismes génétiquement modifiés (OGM).

Pourtant, elles n’ont pas encore de statut. Tandis qu’aux États-Unis des variétés de colza et de pomme de terre ont été exemptées de procédure d’autorisation par le ministère de l’agriculture, en Europe, ces cultures en germe échappent pour l’instant à toute réglementation. Et ce, alors que l’Union européenne (UE) vient d’adopter une nouvelle législation réformant le processus d’autorisation des OGM, après des années de blocage sur le sujet.

Les OGM classiques sont obtenus par la méthode de la transgénèse: un gène étranger provenant d’un autre organisme – un transgène – est introduit dans le génome d’une espèce végétale pour lui conférer une ou plusieurs propriétés. Par exemple, le pouvoir de sécréter un insecticide qui le protège des ravageurs − c’est le cas du seul OGM cultivé en Europe, le maïs MON 810 de Monsanto, actif contre la pyrale −, ou une tolérance, c’est-à-dire une résistance aux herbicides, qui lui permet de survivre à l’épandage de désherbants tels que le Roundup de la même firme américaine.

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Quand le français était universel

Sourdez vous le cul tost et apareillez a diner !” Comment activer un aubergiste, réprimander un valet ou insulter un chauffard dans la France médiévale ? Les manuscrits exposés à la bibliothèque de l’université de Cambridge, en Grande-Bretagne, reflètent un français fleuri qui, aujourd’hui, prête à sourire. Ils sont aussi une fenêtre ouverte sur une page d’histoire du Moyen Âge. Avec les médiévistes Jean-Philippe Genet et Bill Burgwinkle, retour sur une époque où le français était la langue des rois, mais aussi de tous les échanges culturels et commerciaux.

Par Liliane Charrier

Détail d’un ouvrage multilingue rassemblant une cinquantaine de textes – histoire, géographie, cosmographie, littératures et religions (entre 1307 et 1350)
En l’an de grâce 1398, le jeune Perot, venu d’Angleterre, retrouve son ami Guillaume dans une auberge sur la route de Paris.

En quel langage “universel” les deux compères communiquent-ils pour gérer le quotidien ? A l’époque, c’est le français qui unit les peuples.

Un français fluide et imagé, car Perot aura pris soin, avant son départ, de bûcher Manières de langage, un guide de conversation à l’attention des voyageurs anglais.

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Grèce : Syriza donné vainqueur des élections législatives (Màj)

Alexis Tsipras : “Le peuple grec laisse l’austérité derrière lui

Costa-Gavras : “Les Allemands ont fait preuve de racisme envers les Grecs

Le réalisateur franco-grec Costa-Gravas a réagi à l’annonce de la victoire du parti Syriza en Grèce. Il est revenu sur les conditions de la crise grecque en précisant que “l’Europe a également sa responsabilité“, notamment car plusieurs pays, tels que l’Allemagne et la France “ont vendu des biens à crédit à la Grèce“. Le réalisateur a estimé qu’à la suite du déclenchement de la crise, “les Allemands ont été d’un racisme épouvantable contre les Grecs. C’était vraiment une grande humiliation“.

Alexis Corbière (Secrétaire national du Parti de Gauche) : “On a étranglé les Grecs pour rembourser les banques“.
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Myret Zaki : « La BCE a le plus mauvais maître : la Fed »

La Banque centrale européenne (BCE) ne parvient jamais à contenter les marchés et les leaders économiques. Quoi qu’elle fasse, on la compare à sa grande sœur, la Réserve fédérale américaine (Fed), censée être plus jolie et plus douée qu’elle. Une erreur d’appréciation qui sera à l’origine de la prochaine crise financière.

Quand la BCE ne fait pas d’assouplissement, un concert de critiques s’élève contre son manque de proactivité, évident en comparaison de la Fed, qui a eu le “courage” d’employer des grands moyens en sortant le fameux “bazooka” de la planche à billets entre 2009 et 2014.

Et quand la BCE décide, comme aujourd’hui, de faire un assouplissement monétaire, on la désapprouve tout autant, en estimant que la zone euro a de toute façon des problèmes plus grands que les États-Unis et que cette opération ne suffira pas.

La BCE n’a pourtant pas lésiné sur les moyens. En annonçant ce 22 janvier à 14:30 qu’elle va injecter, d’ici septembre 2016, 1100 milliards d’euros (ou 1300 milliards de dollars), elle a pris les attentes les plus optimistes du marché (1000 milliards) et y ajouté une petite prime de 100 milliards pour remercier le marché de sa patience, lui qui n’aurait pas toléré opération moins démesurée.
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Le bonheur : Nouveau moteur de la croissance européenne ?

Les indicateurs traditionnels – PIB en tête -, s’ils sont efficaces pour évaluer les hauts et les bas de l‘économie à court terme, peinent en revanche à mesurer le degré de bonheur d’une société. Le moment semble donc venu de diversifier les instruments de mesure.

En plus des indices objectifs, comme le revenu disponible, un nombre croissant d‘économistes préconise l’utilisation d’indices subjectifs comme notre niveau de satisfaction dans la vie, notre espérance de vie en bonne santé, le lien social ou encore notre faculté à pouvoir choisir librement.

Selon l’économiste Jean-Paul Fitoussi, le bonheur est vendeur, il suffit d’y croire. Prenez par exemple, l‘économie verte. Si vous investissez dans les nouvelles technologies liées à l’environnement et à l‘énergie, vous allez générer des revenus, explique-t-il. Et dans la mesure où ces revenus sont redistribués équitablement, la preuve est faite que la recherche de la croissance et les besoins du plus grand nombre ne sont pas nécessairement contradictoires.

Quel espoir pour la reprise mondiale?

Le début de 2015 ressemble au début de 2014 au moins sur un point. La sortie de crise est encore au stade de l’espoir.

En janvier 2014, rappelons-le, le FMI augurait l’année par le titre « Marée montante », avec un point d’interrogation, pour ses perspectives mondiales. Il enchaînait en avril par « une reprise mondiale qui reste inégale » puis en octobre par « nuages et incertitudes de l’après-crise ». La marée a reflué. Mais ce decrescendo n’a pas pour autant tué l’espoir de l’après-crise.

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Le chômage des jeunes, fléau européen

A travers l’Union européenne, dans cette tranche d’âge, un jeune de moins de 26 ans sur quatre cherche un emploi. C’est plus d’un sur deux en Irlande, Slovaquie, Italie, Espagne et au Portugal. En Grèce, ils sont 55% au chômage. A Athènes, tandis que Mary n’a trouvé qu’un travail payé vingt euros par semaine dans un centre d’appel, Yiannis, diplômé de 28 ans, attend depuis plus d’un an et demi que l’une de ses nombreuses candidatures auprès des entreprises aboutissent.

La contestation de la croissance s’amplifie

Par Jean Gadrey

Avant-propos de la troisième édition augmentée du livre « Adieu à la croissance », qui sort dans quelques jours en librairie.

Pour la deuxième édition de ce livre, j’avais rédigé, fin 2011, un avant-propos en forme de « questions à nos élu(e)s actuels et futurs ». Trois ans ont passé. Le culte de la croissance reste largement pratiqué et, en apparence, surtout du côté des acteurs économiques et politiques dominants, tout se passe comme si les idées de ce livre n’avaient pas avancé d’un pouce, comme si la panne de croissance, qui dure depuis 2008, avait encore ravivé l’expression d’un manque. Comme si des fumeurs invétérés privés de tabac pendant des années continuaient à attendre fébrilement le moment d’une première bouffée après sevrage.

Qu’on en juge. Au sommet de l’Etat, le Président de la République ne cesse de déclarer sa flamme à une croissance qui l’a abandonné. Au cours de la campagne présidentielle du printemps 2012, il déclarait déjà : « Sans croissance, pas de redressement économique, pas de création d’emploi… Ensuite, deuxième temps du quinquennat, quand nous aurons retrouvé la croissance, redressé notre pays, redressé ses finances, redressé son industrie, alors nous pourrons aller plus loin dans la redistribution ».

En octobre 2013, son gouvernement transmettait à prévision des prévisions de croissance de 0,1 % pour 2013, 0,9 % en 2014, 1,7 % en 2015 et 2 % à partir de 2016. Or l’année 2014 devrait se terminer avec un maigre 0,4 % et ce ne sera probablement guère mieux en 2015, à moins que ce soit pire.

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Nicolas Doze : “La Grèce inquiète les marchés et le pétrole continue sa chute”

Nicolas Doze s’est penché sur l’inquiétude des marchés parisiens suite aux incertitudes sur l’avenir de la Grèce dans la zone euro et aux cours du pétrole qui ne cessent de plonger. Cependant, il a précisé que la chute du pétrole et la baisse de l’euro sont des bons signes pour l’économie française.

(Merci à Pierre)

“Grand Lyon la métropole” ou les tontons flingueurs du Rhône

Le 1er janvier 2015, la communauté urbaine de l’agglomération va remplacer le département du Rhône sur son territoire. Une première en France, qui supprimera une couche du millefeuille administratif. Mais, des finances aux calculs politiques, l’opération a aussi sa face cachée.

Par Michel Feltin-Palas

Gérard Collomb et Michel Mercier sont tombés d’accord pour se partager le département du Rhône.

A première vue, le croisement de la rue Jean-Moulin et du chemin de Crépieux, à Caluire-et-Cuire, a tous les aspects d’un rond-point ordinaire. Un bête et honnête giratoire permettant aux automobilistes de se croiser sans danger, comme il en existe des milliers à travers la France. Grave erreur: sous son allure débonnaire, ce rond-point est en fait un pervers, un sadique, un retors. Pourquoi? Parce que la rue Jean-Moulin appartient à la communauté urbaine de Lyon alors que le chemin de Crépieux dépend du département du Rhône.

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Conjoncture. Elie Cohen : « 2015 sera une année de crise politique » (Rediff)

La croissance est en panne. Que faire ? Suite de notre série d’entretiens avec des économistes. Aujourd’hui, Élie Cohen, pour qui le gouvernement prend un risque en ne respectant pas ses engagements européens.

Recueilli par Marc PENNEC.

 

Croissance qui stagne, chômage persistant… Pourquoi notre économie patine-t-elle ?

Il y a un an, on tablait sur une reprise économique mondiale pour nous entraîner. Or le premier trimestre a été calamiteux aux États-Unis où la croissance en 2014 n’excédera pas 2 %. Même tendance dans les pays émergents et au Japon. Dans la zone euro, la bonne dynamique allemande marque un certain essoufflement. Enfin, il y a les problèmes propres à la France : effondrement de la construction immobilière, faiblesse des investissements des ménages et de la demande globale, manque d’incitation des entreprises à investir.

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Finance : sommes-nous encore en démocratie ?

Six ans après une crise sans précédent, et malgré les appels de la presse et des citoyens, le monde politique n’a pas réussi à réduire le déséquilibre entre la sphère financière et l’économie réelle.

Pendant une trentaine d’années, le monde occidental a considéré que la déréglementation de la finance était le plus sûr moyen de doper la croissance. Cette conviction nous a conduits non pas au bord du gouffre mais dans le gouffre.

Ceux qui observent la progression fulgurante des marchés financiers depuis 2008 et concluent que nous avons échappé à la catastrophe, que nous sommes dans un nouveau cycle, se trompent lourdement. Six ans après cet automne 2008 qui a été marqué par l’effondrement du système financier, nous sommes toujours dans la crise et rien, ou presque, n’a été résolu. Nos concitoyens qui souffrent de cette crise, dans laquelle ils n’ont aucune responsabilité, attendaient pourtant de leurs dirigeants qu’ils fassent tout pour que la finance – toute la finance – soit remise à sa place, celle du financement de l’économie.

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Susan George : « Le pouvoir des transnationales, illégitime et non élu, veut en finir avec la démocratie »

« Nous sommes cernés. » Ainsi débute le nouvel ouvrage de Susan George, les Usurpateurs. Comment les entreprises transnationales prennent le pouvoir. Fidèle à la méthode du dévoilement qu’elle éprouve depuis son premier livre, Comment meurt l’autre moitié du monde, ce 17e opus pose la question de la légitimité des détenteurs du pouvoir dans la mondialisation, en montrant les rouages de l’émergence d’une « autorité illégitime » qui s’ingère dans les affaires internationales grâce à des moyens impressionnants.

Présidente d’honneur d’ATTAC France et présidente du conseil du Transnational Institute, poursuivant son combat contre la mondialisation capitaliste, elle met au jour la cohorte d’individus et d’entreprises mus par leurs seuls intérêts, et qui, s’immisçant dans les traités de libre-échange, se substituent à l’autorité issue du fonctionnement démocratique. Entretien.

Dans votre ouvrage Les Usurpateurs, vous vous qualifiez de « chercheur militant », quel sens cela a-t-il pour vous ?
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Cinéma : Joyeux Noël

Lorsque la guerre surgit au creux de l’été 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d’hommes. Nikolaus Sprink, prodigieux ténor à l’opéra de Berlin, va devoir renoncer à sa belle carrière et surtout à celle qu’il aime : Anna Sörensen, soprane et partenaire de chant.

Le prêtre anglican Palmer s’est porté volontaire pour suivre Jonathan, son jeune aide à l’église. Ils quittent leur Écosse, l’un comme soldat, l’autre comme brancardier.

Le lieutenant Audebert a dû laisser sa femme enceinte et alitée pour aller combattre l’ennemi. Mais depuis, les Allemands occupent la petite ville du Nord où la jeune épouse a probablement accouché à présent.

Et puis arrive Noël, avec sa neige et son cortège de cadeaux des familles et des États majors. Mais la surprise ne viendra pas des colis généreux qui jonchent les tranchées françaises, écossaises et allemandes…

Noël : La beauté dans la vie (Rediff.)

Par Dominique Venner

C’est aujourd’hui Noël (l’autre nom du Solstice d’hiver). Associée au sapin toujours vert, Noël a toujours été célébrée dans le pays d’Europe depuis des temps immémoriaux comme la grande fête présageant le renouveau de la Nature et de la vie après la dormition de l’hiver. On ne peut s’empêcher de penser que l’Europe, elle aussi, sortira un jour de son actuelle dormition, même si cela est plus long que dans le cycle de la Nature.

Noël est la fête des enfants. C’est aussi une fête où la beauté a toute sa place. N’est-ce pas l’occasion de réfléchir sur cette notion vitale, l’une des trois composantes de la « triade homérique » : « la Nature comme socle, l’excellence comme but, la beauté comme horizon » ?

Plutôt qu’une dissertation sur la beauté, j’ai envie d’offrir à ceux et celles qui me lisent quelques conseils pratiques, sans oublier cependant une réflexion a méditer : l’esthétique fonde l’éthique (le bien est défini par ce qui est beau) tout comme l’éthique fonde l’esthétique (le bien est inséparable du beau).

Cultivez la beauté (sens esthétique) pour vous-même et pour vos proches. La beauté n’est pas affaire d’argent et de consommation. Elle réside en tout, principalement dans les petits détails de la vie.
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Grand marché transatlantique : 10 menaces pour le peuple américain…

1. Démantèlement des nouvelles réglementations de la finance. Les négociateurs de l’Union européenne ont exigé une révision des réformes introduites par le président Barack Obama pour réglementer le secteur financier, ainsi qu’une restriction de l’encadrement des activités bancaires.

Leurs principales cibles : la règle Volcker, qui limite la capacité des banques commerciales à développer des activités spéculatives, les lois proposées par la Réserve fédérale s’appliquant aux banques étrangères, ainsi que la régulation publique des assurances.

Les négociateurs américains, conseillés par des banquiers de Wall Street, ont proposé d’ajouter au traité des règles contraires aux dispositions américaines visant à interdire les produits dérivés toxiques, à limiter la taille des banques dites too big to fail trop importantes pour faire faillite »), à mettre en vigueur une taxe sur les transactions financières et à réintroduire le principe de la loi Glass-Steagall.

Cette loi votée par le Congrès américain en 1933 pour séparer les activités d’investissement des activités commerciales des banques fut abrogée en 1999 par l’administration du président William Clinton.
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