James K. Galbraith : « L’Europe ne tiendra pas très longtemps »

Une Union européenne bloquée, réactionnaire et mesquine s’est étalée sous nos yeux à l’occasion de la crise grecque. Son effondrement est désormais envisageable.

La brutalité obtuse de la position européenne à l’égard de la Grèce est devenue manifeste la semaine du 6 juillet, lorsque les leaders européens ont rejeté le document de reddition que la Grèce leur avait soumis, et ont exigé au lieu de cela une capitulation sans condition assortie de réparations.

À partir de maintenant, le gouvernement grec devra soumettre à ces institutions les projets législatifs «appropriés», et obtenir leur aval avant de les adopter – et même avant de les rendre publics. En résumé: la Grèce, dès à présent, n’est plus un État indépendant.

Le nouveau diktat – formellement accepté par la Grèce le 15 juillet – exige la mise en place d’un fonds de privatisation censé engranger de «bons actifs» d’une valeur de 50 milliards d’euros (qui, accessoirement, n’existent pas en l’état) ;
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Dolomiti 2015 – Dolomites 2015

Le massif des Dolomites se situe au nord de l’Italie. Son nom provient de celui du géologue français Déodat Gratet de Dolomieu qui fit de nombreux travaux relatifs aux propriétés particulières de la roche de ce massif. Les Dolomites sont caractérisés par des murailles verticales, des falaises abruptes et une forte densité de vallées très étroites, longues et profondes. On y trouve aussi des reliefs glaciaires et des systèmes karstiques. Le tout est caractérisé par une nature dynamique avec de fréquents éboulements, inondations et avalanches. Les Dolomites sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2009.

Dolomiti 2015 from Franco Grisa on Vimeo.

Grèce : Tsipras a-t-il vraiment obtenu quelque chose ?

A l’issue d’une interminable nuit de négociations, le Premier ministre grec a accepté de douloureuses concessions. En échange de quoi exactement?

Une misère, une humiliation, un esclavage“. Le cri du cœur est celui de Haralambos Rouliskos, un économiste athénien, après la publication de l’accord sur la Grèce. Après 17 heures de négociations dans la nuit de dimanche à lundi, les chefs d’État de la zone euro se sont mis d’accord sur un scénario de sortie de crise.

Mais celui-ci passe par une cure d’austérité d’une ampleur inédite pour Athènes. Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, a-t-il vraiment obtenu quelque chose en échange ?

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Roumanie : Et la lumière fut…

Dans les montagne du Maramures, à la frontière de l’Ukraine, un village entier vit sans électricité depuis toujours. Lorsque la nuit tombe, c’est comme si le temps s’arrêtait : pas de réfrigérateur, pas de télévision, pas de machine à laver, encore moins d’ordinateur…

En Roumanie, à l’image de ce village, 200.000 personnes vivraient sans électricité alors que le pays est membre de l’Union européenne depuis 2007.

Devant l’inaction des autorités, un homme originaire de Bucarest a décidé de prendre les choses en main: il a monté une ONG pour installer des panneaux solaires sur le toit des écoles.

Grèce : Les négociations s’enlisent, la menace d’un Grexit se renforce

Les ministres des finances de la zone euro ont stoppé leurs discussions samedi soir sans trouver d’accord pour sauver la Grèce. Certains pays sont clairement sceptiques sur les capacités des Grecs à faire de nouveaux efforts. La menace d’une sortie du pays de la zone euro s’est renforcée ces dernières heures.

La cruelle absence d’une politique démographique européenne

Empêtrée dans ses difficultés du moment, l’Europe européenne ne voit pas arriver la prochaine crise… démographique.

En prolongeant le déficit actuel des naissances par rapport aux décès, et en excluant tout nouvel appoint migratoire, la population de l’Union est appelée à diminuer de près de 65 millions d’habitants d’ici 2060 selon certains scénarios de démographes. Et l’Europe, qui pesait encore près de 17 % du total planétaire en 1975, n’en pèserait plus que 7,5 % au milieu du siècle. Il est vraiment difficile d’imaginer dans ces conditions un continent européen dynamique et influent. Les remèdes sont connus mais difficiles à mettre en œuvre. Personne n’imagine appeler les Européens à faire des enfants pour nous “sauver” du désastre, et l’immigration ne peut servir que d’appoint. L’Europe devra donc plus que jamais miser sur la qualité de son capital humain, et non pas sur la quantité. “Il n’y a de richesses que d’hommes, oui mais… qualifiés et bien formés” dirait aujourd’hui Jean Bodin.

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Soigner à la chaîne

En Europe, le nombre d’opérations chirurgicales n’a jamais été aussi élevé. Cela signifie-t-il que l’on soigne mieux ? De plus en plus, les praticiens appliquent la «médecine factuelle» : des commissions établissent, à partir d’études cliniques et de statistiques, des lignes directrices auxquelles doivent se référer les professionnels de santé pour délivrer traitements et thérapies.

Mais cette approche suscite la controverse. Laissant peu de place à la singularité de chaque individu, elle ouvre la voie à la standardisation des décisions. Pourtant, les cas particuliers existent et il pourrait être dangereux de les traiter uniquement sur la base de conclusions qui s’appliquent au plus grand nombre.

Allemagne (2013)

Grèce : Ce qui vous attend après la faillite

Jean-Michel Vernochet reçoit cette semaine Valérie Bugault, docteur en droit, spécialiste des questions européennes, pour un entretien sur la situation de la Grèce, à trois jours du référendum organisé par Tsipras.

Que faut-il penser de la situation économique de ce pays, de sa dette publique, et des dettes de tous les pays occidentaux.

« Toutes les élites politiques des pays européens ont été achetées… »

J.Stiglitz : « L’Europe contre la démocratie grecque »

La dispute et l’acrimonie qui vont croissantes au sein de l’Europe pourraient passer aux yeux d’un observateur extérieur pour le résultat inévitable de la fin de partie peu amène entre la Grèce et ses créanciers. Les dirigeants européens finissent par exposer au grand jour la véritable nature du conflit autour de la dette grecque, et cela n’a rien de plaisant : il s’agit bien plus une question de pouvoir et de démocratie que d’argent et d’économie.

Le programme économique que la troïka (la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI) a imposé à la Grèce il y a cinq ans était une aberration. Il a conduit à une baisse de 25% du PIB du pays. Je ne connais aucune dépression qui ait été provoquée aussi délibérément et ait eu des conséquences aussi catastrophiques. Ainsi le taux de chômage parmi les jeunes Grecs dépasse maintenant 60%.

Il est incroyable que la troïka nie toute responsabilité et refuse d’admettre à quel point ses prévisions et ses modèles étaient erronés. Mais il est encore plus surprenant que les dirigeants européens n’aient retenu aucun enseignement de tout cela. La troïka continue à exiger de la Grèce qu’elle parvienne à un budget primaire en excédent (hors paiement des intérêts de la dette) de 3,5% du PIB en 2018.

Partout dans le monde les économistes condamnent cet objectif comme punitif, car il ne peut que ralentir encore l’économie. Même si la dette de la Grèce était restructurée au-delà de tout ce que l’on peut imaginer, elle resterait en dépression si les électeurs acceptent les propositions de la troïka lors du référendum surprise qui a lieu ce dimanche.
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Ni Lampedusa, ni Bruxelles, être Européen !

L’Europe, ce n’est pas Lampedusa, c’est notre civilisation.
L’Europe ce n’est pas l’organisation de Bruxelles, pas davantage une monnaie ou une banque centrale.
L’Europe, ce n’est pas un espace mondialisé et sans frontière.
L’Europe, ce n’est pas le monde africain, ce n’est pas non plus une terre d’Islam. Lire la suite

Allemagne : « Recrute infirmières européennes pauvres pour emploi au rabais »

Avec une population vieillissante, l’Allemagne manque cruellement de main d’œuvre, en particulier pour travailler dans le secteur de la santé. Hôpitaux, cliniques, maisons de retraites et structures de soins à domicile recrutent massivement. Heureuse coïncidence: les agences de recrutement disposent d’un vivier d’infirmiers venus de l’est et du sud de l’Europe.

Des personnels soignants souvent très qualifiés qui cherchent à échapper à l’austérité ou à la pauvreté. Mais entre des salaires bas, des contrats de travail aux clauses abusives et l’absence de droits sociaux, l’Allemagne n’est pas un eldorado. Loin de là.

Les futurs soignants sont prévenus : « En Allemagne, tout est tourné vers une société de la performance. Cela signifie que l’on doit fournir chaque jour 100 % de ses capacités », est-il inscrit en gras. Les autres clauses du contrat de travail ne sont guère plus avenantes. L’employé devra payer des sanctions financières de 3000 à 5000 euros s’il divulgue à un tiers ses conditions d’emploi et de formation, ou s’il rompt le contrat avant la première année de l’embauche. Cette « amende » sera immédiatement exigible et encaissée par une firme de recouvrement bulgare.

« Nous ne pouvons pas vous offrir un pays de cocagne en Allemagne, parce que cela n’existe pas ! ». Cette phrase, aux allures de slogan hostile aux migrants, figure sur un avenant au contrat de travail. Un contrat que s’apprêtent de signer des infirmiers bulgares recrutés par une agence d’intérim allemande.
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Jacques Attali : « Éviter le Grexit qui menace »

La Grèce n’a pas payé le milliard et demi qu’elle devait au FMI et se retrouve en défaut de paiement ou plutôt en arriéré de paiement comme le dit le Fonds Monétaire International (FMI). Pour l’économiste Jacques Attali,la Grèce ne sera en défaut de paiement que dans trois mois”.

Pour Jacques Attali, il y a urgence : “la lâcheté des dirigeants européens et la démagogie des dirigeants grecs mises l’une à côté de l’autre, font que l’on se dit que l’on a encore du temps. Au-delà de la semaine prochaine en principe, il n’y a pas d’échappatoire au remboursement de ce qui est dû à la BCE, et là, il faudra un tout petit plus d’imagination pour penser qu’on peut éviter le Grexit qui menace, car il est là”.

“Ce serait très mauvais que la Grèce sorte de la zone euro et très compliqué. On est dans cette situation où non seulement la Grèce peut sortir, mais l’ensemble des acteurs du monde qui sont en train de regarder l’Europe avec méfiance et se disent ‘qu’est-ce que c’est que ce truc ?’ Ils ne sont même pas foutus de régler un problème, tout cela peut avoir des conséquences sur la croissance et la reprise”.

Pour Jacques Attali, “il n’est pas urgent de régler le problème grec, il peut l’être en 3 minutes. Le miracle grec n’est possible que si les Allemands, en particulier, acceptent de réduire la dette grecque à moins de 100% du PIB, le seul niveau soutenable”.

Grèce : Si le “non” l’emporte, gare à la secousse financière

Le défaut de la Grèce sur l’échéance de remboursement de 1,5 milliard d’euros au FMI, a encore une fois fait chuter les principaux marchés boursiers de la zone euro de plus de 1% mardi soir : -1,6% pour le Cac40 à Paris et -1,5% pour le Footsie de Londres, le Dax de Francfort affichant un repli de 1,25%.

L’euro recule encore face au dollar à 1 dollar 1140 et le cours du baril de Brent regagne ses pertes de lundi à 63 dollars et 10 cents.

Europe : Une nouvelle crise coûterait 1.000 milliards d’euros

Un rapport, commandé par le secrétaire général du Parlement européen, prévoit qu’en cas de nouvelle crise financière de l’importance de celle de 2008, la zone euro pourrait perdre 1 milliard d’euros de son PIB, “gagner” 1,9 million de chômeurs supplémentaires et subir une augmentation 51,1 milliards d’euros de sa dette publique.

D’après les projections réalisées par les économistes Gaël Giraud et Thore Kockerols, « les renflouements [des banques européennes] seraient encore nécessaires au détriment du contribuable européen, et ajoutent les auteurs du rapport, même si l’architecture de l’Union bancaire (prévu en 2023) était déjà en place aujourd’hui ».

L’Union bancaire introduit des mécanismes destinés à prévenir les faillites bancaires et éviter qu’une nouvelle crise bancaire ne se transforme en crise de la dette. L’idée étant d’introduire une mutualisation du risque en cas de faillite. Les banques de la zone euro seront ainsi gérées selon le Mécanisme de résolution unique (MRU) qui reposera sur deux piliers.

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F. Hollande : « La robuste économie française n’a rien à craindre de la crise grecque » (Màj)

Grèce : Quelles conséquences pour l’économie française? Si François Hollande a assuré ce lundi que l’économie française, qu’il juge “robuste”, n’avait rien à craindre du risque de faillite de la Grèce, qu’en est-il réellement? La France, qui a prêté 40 milliards d’euros aux Grecs, est-elle véritablement à l’abri ?

S’exprimant dans la cour de l’Élysée, à l’issue d’un Conseil des ministres restreint consacré à cette crise, le chef de l’État français a affirmé :

“Aujourd’hui, l’économie française est robuste, bien plus robuste qu’il y a quatre ans, et elle n’a rien à craindre de ce qui pourrait se produire.”

Alerte aux moustiques !

Véritable fléau pour les humains, le moustique s’avère d’autant plus dangereux que des espèces exotiques s’invitent désormais dans nos contrées. Venu d’Asie et arrivé en Europe via des stocks de pneus usagés, le redoutable moustique tigre transmet les maladies de la dengue et du chikungunya.

Tour d’horizon des méthodes scientifiques utilisées pour éradiquer ce fléau.

Grèce : Entre peur de la faillite et ruée vers les distributeurs de billets (Màj)

La Grèce instaure un contrôle des capitaux

Dans la nuit de samedi à dimanche, Alexis Tsipras a appelé les Grecs à ne pas céder à la peur. Pourtant ils étaient des centaines, samedi, à faire la queue devant les distributeurs de billets pour retirer leur argent des banques.

Par peur d’une faillite des banques, par peur d’un contrôle des capitaux par la BCE, ou tout simplement pour se préparer à tous les scénarios possibles.

Océans poubelles

Immerger des fûts de matières irradiées en pleine mer semble aujourd’hui scandaleux, mais cette technique a été par le passé considérée comme une forme de stockage scientifiquement justifiée : la radioactivité des déchets déposés à plus de 4.500 mètres de profondeur était censée s’éliminer par dilution.

Il est désormais admis qu’elle ne fait que se répandre de manière incontrôlée. Dans quel état sont aujourd’hui ces barils, dont même les autorités ne connaissent pas la localisation exacte ?

L’océan sert de poubelle à l’industrie atomique depuis des dizaines d’années. Alors même que le stockage en mer est interdit depuis 1993, il est toujours légal d’y rejeter des eaux contenant des radionucléides.

Arctique, cimetière atomique

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La mafia à nos portes

C’est une tendance peu connue du grand public : depuis peu, le territoire européen semble devenu le nouvel eldorado du crime organisé international. Alors que le trafic de drogues à destination du continent est un commerce de plus en plus lucratif, avec des marges plus avantageuses encore que sur le marché américain, le blanchiment d’argent prospère.

En France et en Allemagne, mafieux et trafiquants profitent de vides juridiques dans les législations nationales pour blanchir et réinvestir ces revenus illégaux. Cette enquête suit le parcours de l’argent sale : depuis Gioia Tauro en Calabre, l’un des principaux ports de conteneurs et première plaque tournante du trafic de drogue en Méditerranée, elle fait un détour par les coulisses de l’Exposition universelle de Milan, pour terminer en Allemagne.

Aujourd’hui, on estime que 50 à 150 milliards d’euros issus du crime organisé arrivent chaque année outre-Rhin.

Réalisé par Max Löschner et Edgar Wolf (Allemagne 2015)

Pologne : Bienvenue chez les païens !

Depuis les années 1980, quelques enthousiastes font revivre de vieilles croyances slaves et forment des communautés religieuses reconnues par l’Etat. Ils vont bientôt célébrer le solstice d’été.

Par Wiktor Ferfecki Rzeczpospolita

Des offrandes de guirlandes dédiées aux déités de la récolte, des sauts par-dessus le feu allumé pendant la nuit du solstice d’été, des couronnes des fleurs avec des bougies que les jeunes filles font flotter sur la rivière dans l’espoir de trouver un mari…

Voilà comment des adeptes polonais d’anciennes croyances slaves, présentes avant la christianisation du pays [survenue en 966], s’apprêtent à fêter la plus courte nuit de l’année, la Kupala. Les célébrations principales vont se dérouler dans un chram, le temple, à Pruszkow, près de Varsovie. La Kupala sera le point culminant des festivités.

Le retour aux anciennes croyances slaves remonte aux années 1980, et leurs disciples affirment que le nombre d’adeptes est en augmentation.

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Proposition de réglementation des faillites souveraines

Par Joseph E. Stiglitz

Les États doivent parfois restructurer leur dette. S’ils ne le faisaient pas, la stabilité politique et économique de leur pays pourrait être menacée. Mais l’absence d’une réglementation internationale pour traiter un défaut de dette souveraine aggrave considérablement leurs conséquences.

Cela se traduit par un mauvais fonctionnement du marché de la dette souveraine, des tensions inutiles et des retards coûteux pour s’attaquer à l’origine des problèmes. Cela se vérifie à intervalles réguliers.

La crise en Europe n’est que le dernier exemple du prix à payer tant par les créanciers que par les débiteurs pour l’absence d’une réglementation internationale destinée à résoudre les crises liées aux dettes souveraines. De telles crises vont continuer à éclater.

En Argentine, la lutte des autorités contre un petit nombre d’investisseurs (des fonds vautour) a mis en danger l’ensemble de la restructuration de la dette qui avait été acceptée par l’énorme majorité des créanciers.
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Les banques revoient leurs modèles, et la facture sociale est lourde

Le secteur bancaire mondial a vécu de nombreuses crises économiques et financières, depuis le krach de 1929. Mais a-t-il connu pareille restructuration que celle engagée depuis 2012, après la crise financière des subprimes (crédits immobiliers à risques américains) et celle de l’euro ?

De part et d’autre de l’Atlantique, l’actualité est rythmée, depuis plusieurs semaines, par des vagues de suppressions d’emplois, notamment dans les grandes banques européennes. En 2014, ce sont les licenciements à Wall Street qui avaient fait la Une.

S’il est trop tôt pour un bilan, les réductions d’effectifs dévoilées par HSBC, mardi 9 juin (25.000 emplois supprimés d’ici à 2017, auxquels devraient s’ajouter 25.000 autres déjà annoncés, liés à la vente de filiales au Brésil et en Turquie), et celles escomptées à la Deutsche Bank, qui promet un plan d’économies de 4,7 milliards d’euros, viennent alourdir une addition déjà spectaculaire.

Ensemble, selon des données compilées par l’agence Reuters, les plus grandes banques d’Europe et des États-Unis (18 européennes et 6 Américaines) ont supprimé 59.000 emplois en 2014 : 21.500 emplois pour les premières et 37.500 pour les secondes. Si l’on y ajoute les coupes claires de 2013, le chiffre grimpe à 160.000… Ce qui représente, pour marquer les esprits, l’équivalent, en France, de la population de la ville d’Annecy.
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Italie : Découverte de la plus grande déchetterie clandestine d’Europe

À Calvi Risorta, au nord de Naples, les gardes forestiers italiens ont découvert ce qui pourrait être la plus importante déchetterie clandestine d’Europe. Sur une esplanade de près 30 hectares, à 9 mètres de profondeur sont enterrés près de deux millions de mètres cubes des déchets toxiques accumulés ces 40 dernières années.

Hongrie : Plus en plus d’enfants sous le seuil de pauvreté

En Hongrie, plus de 42 pourcent des enfants de moins de 7 ans vivaient dans la pauvreté en 2014. Le pays est le mauvais élève du Visegrad, le groupe des quatre pays d’Europe centrale et en queue de peloton au niveau européen.

Depuis 2008, le gouvernement n’a pas réévalué les aides à l’enfance, et la précarité infantile s’est accentuée.

La fin annoncée de la civilisation industrielle

Sur les neuf frontières vitales au fonctionnement du « système Terre », au moins quatre ont déjà été transgressées par nos sociétés industrielles, avec le réchauffement climatique, le déclin de la biodiversité ou le rythme insoutenable de la déforestation. « Nous sommes en train de vivre une mosaïque d’effondrements ».

Transgresser ces frontières, c’est prendre le risque que notre environnement et nos sociétés réagissent « de manière abrupte et imprévisible », préviennent Pablo Servigne et Raphaël Stevens, dans leur livre « Comment tout peut s’effondrer ».

Rappelant l’ensemble des données et des alertes scientifiques toujours plus alarmantes, les deux auteurs appellent à sortir du déni. « Être catastrophiste, ce n’est ni être pessimiste, ni optimiste, c’est être lucide ».

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Chine : La nouvelle route de la soie

C’est l’un des projets phare de Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir: recréer une nouvelle “route de la Soie” entre l’Europe et la Chine.

Une nouvelle route que la Chine entend tricoter au prix d’investissements massifs: 40 milliards de dollars ont été débloqués depuis le début de l’année pour construire routes, voies ferrées ou pipeline dans l’ouest du pays, mais aussi en Asie Centrale ou au Pakistan.

Europe : Le défi des nouvelles drogues

Leurs effets sont méconnus, imprévisibles, et parfois mortels. Les nouvelles drogues, plus connues sous le nom d’”euphorisants légaux”, ont inondé le marché, et donnent du fil à retordre aux gouvernements de toute l’Europe.

Qu’est-ce qui est fait pour protéger la population?

Frédéric Lordon : Les taches aveugles de « l’autre euro possible »

Le texte qui suit est issu de l’intervention, quelque peu augmentée, faite aux Rencontres du « Monde Diplomatique » organisées sur le thème « Europe, des choix existentiels », à l’École normale supérieure les 22 et 23 mai 2015.

Un de ces lieux communs que l’éditorialisme prend pour de la pensée profonde se plaît à répéter que nous vivons une époque de constante accélération et que tout va toujours plus vite… Qu’on se rassure, il reste des domaines où l’on procède encore avec une sage lenteur, par exemple à propos de l’euro quand il s’agit de mettre l’une derrière l’autre deux idées conséquentes.

Une ironie qui n’est sans doute pas inadvertante nous soumet la question de savoir si une autre Europe est possible dix ans après un référendum constitutionnel qui nous promettait déjà à sa manière une autre Europe possible — et dont on mettra difficilement au compte du « non » que la promesse n’en ait pas été tenue, puisque ce texte nous est revenu à l’identique sous la forme du Traité de Lisbonne (à quelques déclarations ronflantes près qui n’engageaient que de l’encre sur du papier).

Moyennant quoi, il nous a été permis d’expérimenter en vraie grandeur en quoi consistait cette version-là de « l’autre Europe possible ». Il est vrai que les mêmes annoncent la bonne nouvelle de l’Europe sociale depuis 1992 — où l’on aperçoit tout de même que certaines choses continuent de bien prendre leur temps, et que l’autre Europe possible est une longue patience.

Comme toujours avec les patiences, il y a ceux qui ont les moyens d’attendre et ceux qui ne les ont pas. Bourdieu rappelait combien la skholé, le loisir, la position scolastique, et plus généralement la distance d’avec les nécessités matérielles, donnent en partie leur principe caché à la hauteur de vue, à la pensée globale, qui s’admirent elles-mêmes de se voir si capables d’embrasser l’histoire longue, et de se projeter à cent ans — il est bien certain qu’on peut se payer le luxe de contempler des horizons séculaires quand soi-même on ignore tout de l’idée de fin de mois.
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Cap au Nord, l’exode des diplômés

Grecs, espagnols ou bulgares, un nombre croissant de jeunes diplômés envisagent leur avenir en Europe centrale ou du nord. Pas moins de 60.000 Espagnols ont quitté leur pays d’origine en 2012, et deux tiers des jeunes diplômés grecs songent sérieusement à l’exil. Quelles sont les conséquences de cet exode pour ces nouveaux pays d’émigration ?

Un bâton dans la roue du libre-échange

TAFTA, CETA, TISA, TPP… Barricadés dans des salles interdites au public, des négociateurs tapissent d’acronymes de nouvelles tables de la loi commerciale susceptibles de faire basculer le destin de plus d’un milliard de personnes.

Grand marché transatlantique (GMT) entre les États-Unis et l’Union européenne, accord de partenariat transpacifique entre l’Amérique du Nord et une dizaine de nations riveraines du grand océan, discussions sur le commerce des services : une nouvelle vague de libéralisation déferle.

Entre 1950 et 2013, zones et accords de libre-échange ont proliféré comme du pop-corn. Le volume des exportations mondiales de produits manufacturés a été multiplié par soixante-seize (1).

Mais la proverbiale crevette pêchée en mer du Nord, décortiquée au Maroc avant d’échouer en barquette dans un rayonnage madrilène a-t-elle vraiment amélioré le sort de l’humanité ? Poser la question à un négociateur du GMT serait faire preuve d’une naïveté si déplacée qu’immanquablement perçue comme agressive.
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Quel futur pour l’euro ?

L’euro, fédérateur ou générateur de crise? Créé à l’origine afin de fédérer les différents États européens entre eux, l’euro qui a subi de plein fouet les récentes crises économiques, est de plus en plus contesté. Bilan de santé d’une monnaie malade et prospective économique.

Europe : L’ambroisie est en train d’envahir le continent

Dans les champs, au bord des routes ou près des maisons… l’ambroisie pousse partout. Elle est devenue le cauchemar de tous ceux qui sont sensibles aux pollens. Elle est l’une des plantes les plus allergisantes. Selon une étude internationale, la présence de l’ambroisie va être multipliée par quatre d’ici 2050.

Europe : “Salut, dictateur”, lance Jean-Claude Juncker au Premier ministre hongrois

Attitude étonnante du président de la Commission européenne, qui accueillait les chefs d’État à un sommet de l’UE, vendredi, notamment à l’égard du Premier ministre hongrois, Viktor Orban

Sur les images, ce dernier garde le sourire, et semble moins vexé que pris de court par le salut de Juncker, suivi d’une petite claque sur la joue et délivré avec le sourire. Le Hongrois a dit avoir répliqué par un “salut, grand-duc” , en référence au Grand-Duché de Luxembourg dont son interlocuteur est originaire.

Ce n’est pas la seule scène surréaliste filmée par les caméras lors de cette longue séance photo protocolaire avec les invités du sommet. Juncker a notamment proposé au Premier ministre grec, Alexis Tsipras, venu sans cravate, de lui prêter la sienne.

Europe : Athlètes et centenaires

La France accueillera en 2015 à Lyon un évènement très particulier, pourtant injustement ignoré des médias : les championnats du monde d’athlétisme vétérans. Le rendez-vous de milliers de sportifs âgés de 80 à 100 ans qui tenteront de relever ce défi.

Enquête sur la préparation de quelques-uns d’entre eux dans plusieurs pays d’Europe. Pourquoi le sport est-il si important pour eux? Quel regard la société porte-t-elle sur leur ambition ? Comment acceptent-ils, de leur côté, le déclin progressif de leur corps et de leurs performances? Sur place, au moment décisif, certains se retireront avec dignité, d’autres lutteront jusqu’au bout, pour la médaille ou au moins pour eux-mêmes….

Grèce : Athènes menace de ne pas rembourser le FMI en juin

Le ministre de l’Intérieur grec a assuré dimanche que son pays ne rembourserait pas le FMI en juin: des propos nuancés ensuite par le ministre des Finances Yanis Varoufakis, mais qui confirment qu’Athènes juge être allée au bout des concessions à ses créanciers.

Les remboursements au FMI en juin sont de 1,6 milliard d’euros, ils ne seront pas faits et d’ailleurs il n’y a pas d’argent pour les faire“, a déclaré Nikos Voutsis. (A partir de 3mn 15s)

Europe : « Emplois et salaires en hausse grâce aux immigrés »

[...] Michael Clemens est un économiste universitaire, membre senior du Centre for Global Development, cela fait des années qu’il enquête sur l’immigration, et il en est arrivé à des conclusions inattendues.

Parmi elles, sa théorie selon laquelle limiter l’immigration revient à « entretenir le plus gros des fossés entre le bien-être actuel de l’humanité et son bien-être potentiel » est la plus marquante.

Ses calculs indiquent que la liberté de franchir les frontières internationales pourrait doubler le PIB mondial.

Hors des considérations politiques – pourquoi les gens migrent-ils vers des pays riches ?
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L’Europe est-elle condamnée à la récession ?

L’Europe est menacée d’une sorte de scénario à la japonaise. Comment se sortir de l’austérité à perpétuité ? Camille Landais et Gabriel Zucman, enseignants à la London School of Economics, posent la question à l’économiste Alexandre Delaigue.

Allemagne : Les leçons ambiguës de Hjalmar Schacht, le «banquier du diable»

Une récente biographie romancée souligne l’héritage économique, mais aussi l’ambiguïté politique de celui qui, après avoir vaincu l’hyperinflation, est devenu ministre de l’économie du régime nazi.

Qui se souvient encore de Hjalmar Schacht ? Ce fut pourtant un des hommes les plus importants de l’histoire économique du 20e siècle, celui qui brisa l’hyperinflation allemande de 1923 et sortit l’Allemagne de la grande crise des années 1930.

Mais cet homme au destin unique est aussi un homme maudit, marqué à tout jamais par sa collaboration avec le « diable », Adolf Hitler. C’est à ce personnage sulfureux, controversé, haï et admiré, mais certainement passionnant, que Jean-François Bouchard, conseiller au FMI, vient de consacrer une biographie romancée.

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