Il n’y a que dans deux pays de l’OCDE que l’on souffre plus de la faim qu’aux Etats-Unis

La vie n’est pas si mauvaise en Europe, parce que même si au sein de l’UE, le nombre de personnes qui n’ont pas assez d’argent pour acheter toute la nourriture dont elles auraient besoin a fortement augmenté depuis 2007, suite à la crise financière, c’est aux Etats-Unis que la situation s’est le plus détériorée.

L’agence de presse Bloomberg a repris des données de l’OCDE pour les combiner dans le graphique ci-dessous.

Il montre qu’il existe une population de gens qui ne peuvent se permettre d’acheter de la nourriture dans tous les pays d’Europe, et qu’elle représente 4,6% de la population totale en Allemagne, 9% de celle de la Belgique, et jusqu’à 30,1% de la population hongroise.

En Grèce, la proportion de personnes qui ne peuvent se permettre de s’acheter toute la nourriture dont elles auraient besoin a doublé, passant de 8,9% en 2007, à près de 18% aujourd’hui.

Mais dans la plus grande puissance économique mondiale, les États-Unis, 21,1% de la population ne gagnent pas suffisamment d’argent pour pouvoir se permettre d’acheter toute la nourriture dont ils auraient besoin. Au sein de l’OCDE, seules la Hongrie et l’Estonie font pire.

Lire la suite

En Europe, le déclin des abeilles frappe lourdement les pays du Nord

Phénomène mondial observé depuis le milieu des années 1990, le déclin des abeilles, insectes pollinisateurs indispensables à 84 % des végétaux cultivés en Europe, n’avait jamais été précisément évalué au sein de l’Union. C’est désormais chose faite avec l’étude « Epilobee », dont les premières conclusions devaient être présentées lundi 7 avril à Bruxelles.

Les résultats de cette enquête, menée dans dix-sept Etats membres, montrent que les pays du nord de l’Europe sont frappés par des mortalités très supérieures à celles qui touchent le pourtour méditerranéen. En cumulant les mortalités hivernales et estivales, la Belgique apparaît comme le territoire le plus touché, avec un taux de mortalité de 42,5 %, suivie de près par le Royaume-Uni (38,5 %), la Suède (31,1 %), la Finlande (29,8 %) et la France (27,7 %). Ces résultats confirment la mauvaise santé des pollinisateurs.

Lire la suite

Revue de presse économique de Pierre Jovanovic du 26/03/2014

Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 26 mars 2014

Format audio (Télécharger le fichier mp3 ici)

Partie 1/3 :

Lire la suite

Anne-Marie Le Pourhiet : «Renationaliser le pouvoir de décision pour le repolitiser»

Les élections des députés européens approchent. Les dernières échéances ont montré un fort désintérêt des citoyens de presque tous les pays pour ce suffrage, et certains sondages annoncent une majorité eurosceptique au Parlement européen. Dans cette hypothèse, quelle influence pourrait avoir cette « chambre introuvable » eurosceptique sur le fonctionnement, voire la réforme, de l’Union européenne ?

Vous savez, je suis constitutionnaliste et non politologue et encore moins voyante, je serais donc bien incapable de vous dire ce que serait et ferait exactement cette chambre à majorité eurosceptique. Mais la logique voudrait qu’elle refuse d’adopter une grande partie de la législation envahissante que propose la Commission en invoquant systématiquement les principes de proportionnalité et de subsidiarité auxquels est consacré un protocole additif au traité de Lisbonne. Défendre l’autonomie des États et saboter les prétentions fédéralistes de l’Union devrait être le premier souci d’une telle chambre.

— Sauf que la nouveauté des élections européennes de 2014, introduite par le traité de Lisbonne, c’est que les têtes de liste des partis européens sont désormais transnationales, désignées au niveau de l’Union, et celle dont le parti sortira premier du scrutin aura de grandes chances d’être élue, à la majorité absolue de la nouvelle chambre, à la tête de la Commission européenne. Le traité de Lisbonne réalise-t-il ainsi l’aspiration que Jacques Delors exprimait en 1990 – rejetée avec vigueur par Margaret Thatcher à la Chambre des Communes, avec son fameux « No ! No ! No ! » – de créer un régime parlementaire fédéral en Europe, où l’exécutif procéderait du législatif et serait responsable devant lui ?

Lire la suite

Frédéric Lordon : « Pourquoi faut-il sortir de l’euro »

L’économiste Frédéric Lordon publie le 26 mars prochain “La Malfaçon“, réflexion sur la manière dont la monnaie unique européenne a détruit les souverainetés populaires. Le livre le plus important avant les élections européennes.

Fut un temps où il était impossible d’émettre la moindre critique sur l’euro. La pensée économique était aussi unique que la monnaie et endormait les 324 millions de citoyens peuplant ladite zone euro. La crise de 2008, la plus longue et profonde depuis 1930, il balayé les certitudes au point que l’euro bashing serait presque devenu tendance.

Raison de plus pour être sélectif dans la critique. Celle que nous propose aujourd’hui sort justement du commun. Plutôt que de nous démontrer par a + b qu’on peut sortir de la monnaie unique, que cela ne nous coûtera pas trop cher, que les problèmes économiques du pays en seraient magiquement résolus et que cela ne tirerait pas à conséquences, il affirme au contraire, à raison, Qu’il ne s’agira pas d’un dîner de gala.

« Il faut en finir avec ces imprécations mi-débiles, mi-hallucinées qui nous promettent renfermement façon forteresse en cas d’abandon de l’euro. »

Absence de démocratie
Lire la suite

Belgique : “Pour notre économie, le risque russe représente près de 7,5 milliards”

La tension géopolitique suite à la proclamation unilatérale d’indépendance de la Crimée et sa reconnaissance par la Russie n’est pas retombée. Le gros risque économique ne consiste pas tant aux expositions sur l’Ukraine ou la Crimée que sur la Russie, qui commence à faire l’objet de sanctions et va donc réagir par des contre-sanctions.

Le professeur Eric Dor, Directeur des Etudes Economiques de l’IESEG (Ecole de management de l’Université Catholique de Lille) vient de publier une étude qui décrit quel type d’exposition la Belgique a sur la Russie. Une bonne nouvelle : notre approvisionnement en gaz vient d’ailleurs. Une mauvaise : nos investissements dans ce pays frôlent les 2 milliards d’euros et nos exportations dépassent les 5 milliards…

« Les exportations totales de biens de la Belgique vers la Russie se sont élevées à 5,117 milliards d’euros en 2013, ce qui représente 1,45% des exportations totales de biens de la Belgique, 4,83% des exportations totales de biens de la Belgique vers des pays autres que ceux de l’Union Européenne, et 1,34% du produit intérieur brut de la Belgique », note Eric Dor.

Lire la suite

Belgique : Le projet pilote de taxe kilométrique commence le 17 février

Le très attendu projet pilote de taxe kilométrique pour les voitures de particuliers commencera le 17 février. Rouler en zone urbaine pourrait à l’avenir coûter 9 cents par kilomètre, contre 5 cents sur l’autoroute et 6,5 sur les autres routes, écrivent vendredi De Morgen et Het Laatste Nieuws. Quelque 1.200 personnes participeront au projet.

Les Régions wallonne, flamande et bruxelloise ont trouvé un accord sur les tarifs de la taxe kilométrique. Le principe prévoit une taxe automobile sur chaque kilomètre parcouru, en fonction des heures de pointe ainsi que du type de route empruntée par le conducteur. Le projet pilote commencera le 17 février dans la zone couverte par le futur RER ferroviaire ainsi que dans Bruxelles et sa périphérie. La taxe sera plus chère durant les heures de pointe – de 7h à 9h et de 16h à 18h – et les automobilistes pourront rouler “gratuitement” entre 22h et 5h.

Aux heures de pointe, le montant atteindra 9 cents par kilomètre en zone urbaine. Le système prévoit également une taxe de 5 cents par kilomètre sur les autoroutes et de 6,5 cents sur les autres routes.

Avec ce projet pilote, les Régions veulent mesurer l’effet d’une taxe kilométrique sur la conduite des automobilistes. Près de 1.200 personnes participeront à ce projet pendant environ deux mois, à l’aide d’un GPS qui calculera les distances parcourues.

Changer les comportements de mobilité
Lire la suite

Universités : Epidémie de désabonnements aux revues scientifiques

Echec des négociations, restrictions budgétaires… et les chercheurs dans tout ça ? Depuis le début de l’année 2014, une épidémie de désabonnements aux revues scientifiques s’abat sur les chercheurs de France et d’ailleurs. Retour sur cette hécatombe dont les premières victimes sont les chercheurs et les étudiants.

« UPMC vs Science. Fight ! »

Tout d’abord, ce sont les désaccords grandissants entre éditeurs et groupements chargés des négociations qui cristallisent les échanges. Un exemple flagrant, et non des moindres, est celui du cas « UPMC vs Science  ». Cette semaine, l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC) annonçait son désabonnement à la revue Science. Selon la page du site de l’UPMC, l’éditeur de la société savante AAAS voulait imposer une augmentation de +100% sur le prix des abonnements (réduit ensuite à 47%).
Lire la suite

Six ex-bâtiments de la Marine nationale vont être déconstruits en Belgique

Le groupe franco-belge Galloo a de nouveau été retenu par la Marine nationale dans le cadre des marchés de démantèlement des bâtiments désarmés. Cette fois, ce sont pas moins de six vieilles coques qui vont rejoindre le chantier de Gand, en Belgique.

Le Commandant Rivière lors de son transfert de Saint-Mandrier à la base navale de Toulon, en 2009. crédits : MER ET MARINE – JEAN-LOUIS VENNE.

Il s’agit des anciens escorteurs d’escadre Duperré et La Galissonnière, des ex-avisos-escorteurs Enseigne de Vaisseau Henri et Commandant Rivière, ainsi que des ex-avisos Détroyat et Jean Moulin. Tous sont en attente en Bretagne, dans le cimetière marin de Landévennec et à Lanvéoc-Poulmic, à l’exception du Commandant Rivière, stationné à Toulon. Le remorquage de celui-ci s’annonce d’ailleurs complexe compte tenu de l’état très dégradé de sa coque, qui va probablement nécessiter de lourds travaux afin de pouvoir résister à son transit vers la Belgique.

Le La Galissonnière et le Duperré encadrant le Colbert à Landévennec (© MICHEL FLOCH)

Les premiers départs devraient intervenir l’an prochain, une fois obtenues toutes les autorisations administratives.

La déconstruction de ces six bâtiments, dont le poids cumulé est d’environ 13.000 tonnes, représente plusieurs années de travail pour la société belge Van Heyghen Recycling, filiale du groupe franco-belge Galloo, chargée des travaux.

Lire la suite

L’agriculture urbaine‏ est en plein essor

“L’agriculture urbaine ne permettra jamais d’atteindre une autosuffisance alimentaire pour de grandes villes. Cependant, elle pourrait devenir le mode de culture le plus économique et le plus rentable, notamment en termes d’énergie et de transport dans un contexte d’énergies fossiles toujours plus chères”.

L’effet démultiplicateur des apports de la participation citoyenne avec l’agriculture urbaine comme celle impulsée par les Incroyables Comestibles est reconnu par des études récentes.

La Ville de Paris soutient le mouvement participatif des citoyens jardiniers solidaires depuis plus d’un an par l’appel à participer lancé depuis la Maison des Acteurs du Paris durable et plus récemment par l’accueil des actions pédagogiques qui ont été menées sur les parvis de l’Hôtel de Ville en partenariat avec les représentants du collectif « Projet Vergers Urbains » composé du réseau informel d’acteurs issus des villes en transition, de la permaculture et du mouvement des Colibris impliqués à titre personnel ou associatif dans différentes structures visant à promouvoir les « cultures » urbaines.

L’agriculture urbaine s’est fortement développée ces dernières années par la mise en place de jardins partagés, d’associations de type AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), de systèmes de cultures sur les toits ou d’actions collectives citoyennes comme le mouvement des incroyables comestibles. Les circuits courts gagnent des adeptes.

Lire la suite

L’ancien ambassadeur et conseiller de Sarkozy interpellé avec 350.000 euros en liquide

L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée et ambassadeur de France en Irak et Tunisie a été interpellé le 31 juillet. Il transportait 350.000 euros, 40.000 dollars et partait pour Bruxelles.

Il est 16 h 30, ce 31 juillet 2013. Les douaniers de la gare du Nord contrôlent des passagers prêts à monter dans le train Thalys, direction Bruxelles. Parmi eux, un homme athlétique, vêtu d’un jean et d’un polo. Les agents ne le reconnaissent pas, mais il s’agit de Boris Boillon, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Élysée et ex-ambassadeur de France en Irak et en Tunisie. Ils lui demandent s’il transporte des devises. Boillon nie, mais la fouille est concluante. Dans son sac, les douaniers découvrent des « enveloppes contenant des billets de banque de 500 euros ».

Selon le procès-verbal, Boris Boillon transporte ce jour-là 350.000 euros et 40.000 dollars en liquide. Ces sommes correspondent à 3.190 billets de 100 euros, 32 billets de 500 euros, 100 billets de 50 euros et 50 billets de 200 euros (voir document ci-dessous), ainsi qu’à 400 billets de 100 dollars. Il n’a sur lui ni pièce d’identité ni téléphone portable, mais trois cartes bleues à son nom.

La loi interdit le transfert, sans déclaration préalable dans un autre pays de l’Union européenne de sommes supérieures à 10.000 euros (c’est l’article 464 du Code des douanes). En cas d’infraction, la somme saisie doit être consignée pendant six mois – durée renouvelable par le procureur de la République –, et le contrevenant peut être puni « d’une amende égale au quart de la somme sur laquelle a porté l’infraction ou la tentative d’infraction ».

Le service de police judiciaire de la douane (SNDJ) a été saisi et une enquête est en cours. Elle devrait notamment déterminer l’origine des fonds.
Lire la suite

Histoire de l’urbanisme commercial en France : La révolte du caddie (Partie 5)

Aujourd’hui, force est de constater que le commerce non sédentaire, les marchés, n’apparaissent pas ou peu dans les statistiques récentes, et les études prospectives sérieuses ayant pour ambition de traiter de l’évolution future du commerce ; et pourtant la visibilité des marchés ne cesse pourtant d’augmenter.

Certains se sont adaptés aux besoins de leurs temps [les marchés Bio, de producteurs, par exemple], souvent aidés par les municipalités. Les quotidiens régionaux ou de la presse locale, plus que les études, notent un formidable engouement des citadins, depuis quelques années, pour ce type de commerce, présenté comme une alternative sociale ou culturelle face aux hypermarchés, plus proches que les commerces périphériques, et bien plus conviviaux.

Depuis leur création, les groupes de la grande distribution justifiaient leurs méthodes par une argumentation simple : d’une part, la recherche du prix le plus bas possible, les dirigeants de la grande distribution se sont toujours posés en chevalier blanc de la bonne cause, celle des consommateurs, et d’autre part, la création d’emplois, arguments placés sous le signe de leur importance déterminante dans l’économie française.

D’une manière générale, les sondages effectués auprès de la population rappelaient régulièrement aux politiciens, aux détracteurs, que les français plébiscitaient centres commerciaux et hypermarchés, en premier lieu pour les prix pratiqués, et peu importaient les nombreux dégâts « collatéraux ».

Cependant, Luc Boltanski et Eve Chiapello relatent que la monté de l’écologisme, présenta un grand danger pour les industriels et les distributeurs : « Le développement d’un consumérisme vert à la fin des années 1980 [la révolte des caddies dont parlent les spécialistes du marketing] a eu pour résultat de mettre un certain nombre d’entreprises en danger, en faisant baisser brutalement la consommation de produits dénoncés comme polluants par les mouvements environnementalistes ou nocifs pour la santé (tels que les lessives contenant des phosphates, les aérosols contenant des CFC, aux États-Unis, les pommes traitées chimiquement, certains emballages en plastique) ».
Lire la suite

La crise de l’euro a rapporté plusieurs milliards à L’Allemagne et à la Belgique

Des chiffres fournis par le ministère des Finances allemand indiquent qu’entre 2010 et 2014, l’Allemagne aura économisé près de 41 milliards d’euros grâce à la crise de l’euro, rapporte Der Spiegel.

Cette économie s’explique par l’engouement des marchés financiers pour les obligations souveraines allemandes, considérées comme des produits refuge compte tenu de la santé financière du pays.

Cet engouement a permis de réduire le taux d’intérêts servi par le pays sur les nouvelles émissions d’obligations allemandes, qui a baissé en moyenne de 1% au cours de cette période. L’économie d’intérêts résultante s’est montée à exactement 40,9 milliards d’euros par rapport aux intérêts qui avaient été budgétisés.

Ces économies d’intérêt, combinées à l’augmentation des recettes fiscales liées à la relative bonne santé économique du pays, ont également conduit à une baisse des besoins de financement de l’Allemagne. Entre 2010 et 2012, le gouvernement allemand a ainsi emprunté 73 milliards d’euros de moins que prévu.

Lire la suite

Histoire de l’urbanisme commercial en France : La Loi Royer de 1973 (Partie 4)

L’arrivée massive de l’immigration nord-africaine engendra un nouveau type de commerce dédié entièrement au pouvoir d’achat de leur communauté: les épiceries communément appelées “arabes du coin”.

Reprenant les commerces d’épiciers français, qui abandonnent leur activité devenue moins rentable et beaucoup trop contraignante, ces nouveaux épiciers s’opposeront aux grandes surfaces par une activité inégalable peu courante dans la profession: ouverts jusque tard dans la nuit, et sept jour sur sept, y compris les jours fériés.

Destinés initialement aux travailleurs immigrés, leur activité nocturne et dominical constitue une solution de dépannage pour des achats d’appoint, festifs ou d’urgence à l’heure où les autres commerces sont fermés, même si les prix y sont généralement plus élevés.

1973 La loi Royer

Ainsi les faillites se succèdent, et un autre danger menace le gouvernement conservateur: les socialistes radicaux du PSU, et d’une manière générale, les partis de la Gauche, qui trouveront ici, comme dans d’autres secteurs, un terreau plus que propice pour la diffusion et la propagation de leurs idées. L’on remarque même les tentatives des militants de la Gauche prolétarienne de s’approcher des commerçants en difficulté, dans les quartiers populaires : le progrès capitaliste et le modèle américain ne sont pas synonymes d’une vie meilleure.
Lire la suite

Histoire de l’urbanisme commercial en France : L’hypermarché (Partie 3)

La multiplication des libres services, des supérettes, des supermarchés, aura comme impact un nombre toujours plus important, d’années en années, de faillites de commerces de détail. Des commerçants vont alors former un bloc de résistance compact et très actif, sous le regard attentif des politiciens, car ils représentent encore à cette époque un poids électoral important qu’il convient de ménager, ou d’abolir…

Premier hypermarché de France: Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois – 1963

(Cocorico) Une innovation de France: l’hypermarché

En Belgique, Maurice Cauwe – qui suivit un stage aux USA – ouvre en 1961 le premier hypermarché, mais alimentaire seulement, sous le nom Super Bazar. Il faut attendre 1963 pour franchir les portes du premier hypermarché officiel – alimentaire et non alimentaire – de France, une « usine de distribution » selon la terminologie officielle, implantée à Sainte-Geneviève-des-Bois dans la banlieue sud de Paris, sous la bannière Carrefour.

Les dirigeants avaient suivi les séminaires de Trujillo aux USA [avec comme compagnon le futur ministre Charles Pasqua], mais les fondateurs de Carrefour n’en ont pas copié servilement les méthodes. D’une part, ils ont rejeté le principe de « l’îlot de perte dans un océan de profits » car, convertis au discount généralisé sous l’influence de Leclerc, ils sont persuadés que les marges peuvent être réduites sur tous les produits. D’autre part, ils ont réuni « sous un même toit » l’alimentaire et le non alimentaire, créant ainsi une formule hybride, inconnue aux USA et désapprouvée par Trujillo.

Il s’agit donc non seulement du premier hypermarché moderne de France, mais aussi du monde, selon Alain Chatriot et Marie Emmanuelle Chessel: « C’est aussi celle d’une invention française, puisque les hypermarchés n’existent pas en tant que tels aux États-Unis. Il fallait avoir l’idée de vendre ensemble, sur une telle surface – plus de 2500 m² -, à la fois des produits alimentaires et des produits non alimentaires, articles vendus séparément, sur des surfaces généralement moindres, aux États-Unis. Le succès dépasse les prévisions: en une seule journée, cinq mille deux cents clients ont dépensé en moyenne vingt-huit francs, soit trois fois plus que dans un supermarché classique !
Lire la suite

Histoire de l’urbanisme commercial en France : Le Corbusier (Partie 2)

Si se tenait un procès aux concepteurs de l’urbanisme commercial, Le Corbusier serait innocent. D’ailleurs il est étonnant de constater que cette fonction vitale pour le citadin n’est pas occupée autant l’esprit du Grand maître. Les grands principes de l’urbanisme moderne de Le Corbusier reposaient sur le zonage de quatre fonctions : habiter, travailler, se récréer, circuler : « Le zonage, en tenant compte des fonctions mettra de l’ordre dans le territoire urbain. »

Le noyau initial de l’urbanisme, pour Le Corbusier est l’habitation qui prime tous les autres et doit être « prolongé au-dehors par diverses installations communautaires », par des services communs destinés à réaliser dans l’aisance le ravitaillement. Ainsi, Le Corbusier n’estimait pas nécessaire d’isoler l’activité commerciale dans une zone particulière lui étant dédiée, comme pour l’industrie, et suggérait plutôt de les intégrer dans les immeubles mêmes.

L’artisanat, bien avant le commerce, est évoqué dans la Charte d’Athènes au chapitre 49, Le Corbusier assigne à cette « excitation créatrice », dans la concentration intellectuelle de la ville, une place située aux « points les plus intenses de la ville ». Le commerce, c’est-à-dire l’approvisionnement, une des principales activités quotidiennes de l’Homme est introduit au chapitre 88.

La cité Radieuse à Marseille, réalisée entre 1945 et 1952, qui comprend 337 duplex offre à ses résidents, une galerie publique au 3e étage, où sont implantés des petites boutiques, des équipements, et un hôtel [initialement des chambres d'hôte gérées par la collectivité] disposant d’un bar-restaurant.
Lire la suite

Histoire de l’urbanisme commercial en France (Partie 1)

Fleurons de l’industrie française, les groupes de la grande distribution ont pu bénéficier, et bénéficient encore aujourd’hui, de la bienveillance de l’État, malgré des lois restrictives (notamment en matière d’urbanisme et d’environnement): il en aurait pu être autrement pour expliquer un constat jugé “alarmant” par… l’Autorité de la concurrence.

Goulet Turpin, le premier libre service de France 6 juillet 1948

En France, 62 % du chiffre d’affaires du commerce se réalisent en périphérie, contre 25 % en centre-ville et 13 % dans les quartiers. Dans les cas extrêmes, la périphérie capte jusqu’à 80 % du marché [Source AdCF, 2012]. Le commerce périphérique étant, bien sûr, constitué quasi exclusivement, de parcs ou zones commerciales, de centres commerciaux, et d’hypermarchés. L’Allemagne présente une configuration qu’il est inutile de qualifier d’équilibrée : 33 % en périphérie, 33 % en centre-ville, 33 % dans les quartiers.

A Paris, l’on observe l’inquiétante domination des deux principaux groupes de la grande distribution, Casino et Carrefour ayant accaparé 80 % de la surface de distribution (70 % du marché), dont 62 % par les enseignes Casino (Monoprix, Franprix, Casino, etc.). Des cas identiques se produisent dans certaines villes de province.

La périphérie “saturée” (à 62 %) d’hypermarchés et de centres commerciaux, n’intéresse plus autant qu’auparavant les groupes de la grande distribution : à présent, il s’agit de s’attaquer aux centres-villes.
Lire la suite

États-Unis : La classe moyenne en chute libre

La Belgique a la cinquième classe moyenne la plus riche du monde. Il n’y a guère qu’en Australie, au Luxembourg, au Japon et en Italie, que la classe moyenne est encore plus riche que la nôtre, selon les données du Global Wage Report 2012-13 établies par Crédit Suisse. De façon surprenante, ce rapport ne classe les États-Unis qu’à la 27ème place, alors que ce pays a la réputation d’être le paradis de la classe moyenne.

«L’Amérique est le pays le plus riche de la planète. Nous avons le plus de millionnaires, le plus de milliardaires et nos citoyens les plus riches ont récolté davantage de richesses de la planète que n’importe quel autre groupe dans le monde. Nous avons même des gestionnaires de hedge funds qui gagnent autant en une heure que ce que la famille moyenne gagne en 21 ans! Cette opulence est censée rejaillir sur le reste d’entre nous, améliorant la vie des Américains ordinaires. Du moins, c’est ce que tenants du marché libre nous promettent continuellement. Malheureusement, c’est un mensonge, l’un des plus gros mensonges qui aient été proférés au peuple américain », écrit le Huffington Post.

Lire la suite

Les salariés français travaillent jusqu’au 26 juillet pour financer les dépenses publiques (Màj vidéo)

Addendum du 27/07/2013 : Le salarié français moyen travaille presque sept mois par an pour financer les dépenses de l’État !

Voilà une information qui ne va pas améliorer la réputation fiscale de l’Hexagone… et qui risque d’agacer plus d’un Français: le salarié moyen travaille jusqu’au 26 juillet pour financer les dépenses publiques.

Ce «jour de libération fiscale et sociale», calculé par Ernst & Young et l’Institut économique Molinari (un think-tank libéral basé à Bruxelles), confirme à quel point la France est peu compétitive dans ce domaine…

Comme l’an passé, les «champions de la fiscalisation» – l’étude prend en compte les charges sociales patronales, les charges sociales salariales, l’impôt sur le revenu et la TVA, comparés dans 27 pays – sont la Belgique et la France. Les taux de prélèvements obligatoires y sont respectivement de 60,3 % et 56,6 %.

Suivent ensuite l’Autriche, la Hongrie, l’Allemagne et l’Italie. Les taux de prélèvements obligatoires y varient entre 55,77 % et 52,12 % et les jours de libération fiscale et sociale s’y échelonnent entre les 10 et 23 juillet. «Dans ces six pays, plus de la moitié des revenus liés au travail sont prélevés au titre des impôts et taxes», souligne le document. A contrario, le pays où la taxation du salarié est la plus légère est Chypre, où l’on est «libéré» le 14 mars.

2014 s’annonce encore «plus austère»
Lire la suite