État cherche créancier national

Suivant les pays, le rôle des investisseurs étrangers est prédominant et ajoute à l’instabilité. Certaines banques centrales, dont la Banque d’Angleterre, sont devenues incontournables.

Les bureaux de l’Agence France Trésor

Les Italiens ne s’y étaient pas trompés. En lançant la Journée des bons du Trésor en 2011, ils avaient voulu inciter les particuliers de la Péninsule à placer leurs économies dans la dette publique afin de contenir la flambée des taux d’intérêt. Comme pour d’autres pays en difficulté dans la zone euro, l’Italie a pu ainsi augmenter la proportion des résidents dans les détenteurs de dette publique, comme le révèlent les statistiques sur les porteurs d’emprunts souverains que la Banque centrale européenne vient de mettre à jour.

Désormais, en Italie, les investisseurs étrangers ne détiennent plus que 35% de la dette. Ils en [finançaient] environ 45% juste avant que la crise de la dette éclate en Europe.

«La part des investisseurs non résidents est essentielle», explique Audrey Gasteuil-Rougier, économiste à la Société Générale, auteur d’une étude sur les détenteurs des dettes d’Etat publiée il y a quelques jours. «Ce sont souvent les premiers à vendre leurs titres d’Etat dès qu’il y a des inquiétudes sur le pays, ce qui constitue une source de financement plus instable. La crise des dettes publiques dans la périphérie de la zone euro nous l’a rappelé». L’économiste Jean-Pierre Béguelin voit lui une autre conséquence dans sa dernière chronique sur le site du Temps : «Plus la dette de l’Etat est détenue à l’étranger, plus ces sacrifices [les programmes d’austérité, ndlr] sont douloureux pour les résidents et plus la tentation du défaut grandit».

Alors que la dette des pays européens était en moyenne détenue à 80% par des résidents jusqu’au milieu des années 1990, la création de la monnaie unique a changé la donne. Ainsi, juste avant l’éclatement de la crise de la dette en Europe, des pays comme la Grèce ou le Portugal avaient vu cette proportion pratiquement s’inverser.

Renationalisation des dettes
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La dette et les économistes

Par Jean-Pierre Béguelin, ancien économiste au sein de la Banque nationale suisse, ancien économiste en chef de la banque Pictet & Cie (Suisse)

Une erreur de calcul vient d’affaiblir une étude, souvent citée par les austériens, qui concluait que la croissance s’effondre dès que la dette publique dépasse les 90% du PIB. Une telle limite n’a toutefois pas trop de sens car il y a dette publique et dette publique.

On a souvent besoin d’un plus savant que soi, c’est bien connu. Sauf évidemment lorsque le professeur, distrait comme Tryphon Tournesol, se trompe et c’est ce qui vient d’arriver aux austériens, pour utiliser ce néologisme à la mode fort commode. Récemment encore, politiciens allemands, commissaires bruxellois et soi-disant experts nord-européens justifiaient l’austérité en brandissant un article publié en janvier 2010 par deux professeurs de Harvard, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, par ailleurs ancien chef économiste du FMI, qui, après avoir collecté et disséqué 3.700 données sur 44 pays, concluaient que la prospérité économique s’effondrait dès que l’endettement public dépassait les 90% du PIB. Entre 1946 et 2009, en effet, la croissance annuelle avait été proche de 3% pour les années et les pays développés où la dette publique relative se trouvait en deçà de cette limite, alors qu’au-delà de celle-ci l’économie stagnait, voire reculait de 0,1% par an, une chute de croissance du même ordre de grandeur étant observée pour les économies émergentes.

Or, ces moyennes étaient erronées puisqu’elles n’englobaient pas les observations pour les cinq premiers – rangés alphabétiquement – des pays étudiés, à la suite sans doute d’une mauvaise définition du champ des cellules dont on voulait prendre la moyenne, une bévue que tout utilisateur d’un tableur type Excel a sans doute commise ou évitée de justesse une, si ce n’est plusieurs fois.

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Grande-Bretagne : Les frontières poreuses de la politique avec la City

Un simple entrefilet découvert dans le Financial News, l’hebdomadaire financier faisant autorité dans la City, et nous voilà bien intrigué ! Andrew Mitchell, ex-ministre chargé de la discipline des parlementaires conservateurs, poste-clé au sein du gouvernement britannique, a rejoint l’équipe de Montrose Associates.

Les armoiries de la City de Londres. Deux dragons ont saisi le bouclier de Saint Georges. Quant à la devise “Dieu nous guide”, elle est fortement suspectée de faire référence à Mammon.

C’est une société de renseignements économiques fondée par des anciens de la banque d’affaires Lazard. Et à force de pianoter, on découvre que celui qui fut un brillant ministre du développement international a aussi travaillé chez Lazard à deux reprises, entre 1975 et 1987 et entre 1997 et 2009.

Ce nouvel exemple de l’entrisme institutionnel “à la trotskiste” pratiqué par le monde financier est d’autant plus significatif que David Cameron pourrait nommer M. Mitchell au poste de commissaire européen britannique en 2014.

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25 siècles de fraude fiscale

Depuis l’Antiquité et la mise en place de fiscalités régulières, nombre de contribuables ont tenté de se soustraire à l’imposition par des moyens illégaux. Souvent, ce sont ces scandales (arrivés jusqu’à nous par les historiens de l’époque) qui nous en apprennent le plus sur les systèmes fiscaux anciens.

Jérôme Cahuzac

Dès les cités-états de la Grèce antique, les contribuables doivent s’acquitter de l’eisphora, impôt sur le capital exceptionnel levé par la cité pour financer les dépenses liées à une guerre. Or, la tentation était grande, en l’absence de cadastre, de se déclarer moins riche que la réalité, afin de diminuer sa contribution.

L’orateur athénien Isée affirme que le devoir de tout bon citoyen est de fournir des subsides à la cité et « de ne rien cacher de ce qu’il a ». Ce qui sous-entend que certains ne se gênent pas pour le faire. Le même auteur écrit qu’il est reproché à un de ses clients de garder secret le montant véritable de son capital, afin qu’Athènes le ponctionne le moins possible.

Les réformes des Gracques
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La future “chypriotisation” des comptes bancaires est déjà programmée

Le gel des comptes et le haircut substantiel — voire la perte quasi-complète — qui se dessinent pour les gros déposants à Chypre ont été une surprise pour beaucoup. Pourtant, nombreux sont sans doute les déposants qui croient toujours leurs économies en sécurité, considérant que ce qui s’est passé sur l’île méditerranéenne ne les concerne pas. Les pouvoirs publics et les médias n’ont-ils pas répété à volonté que la situation chypriote est exceptionnelle et que cela n’arriverait pas ailleurs ?

Or nous avons déjà souligné dans un article précédent qu’en déposant de l’argent à la banque, en réalité vous lui prêtez vos économies et êtes créancier de la banque. Et si le signal chypriote ne vous a pas suffisamment alerté [quant] au risque que cela représente, sachez que les pouvoirs publics dans de nombreux pays occidentaux ont déjà officiellement bien enclenché le processus de “chypriotisation” des dépôts bancaires. En fait, ce n’est même pas un secret : Olli Rehn évoque ainsi ouvertement le fait que la responsabilité des déposants sera engagée en cas de restructuration ou de faillite bancaire au sein de l’Union européenne.

Il s’agit d’un changement extrêmement important. Car cela signifie que ce qui vient de se passer à Chypre sera en fait non pas l’exception, mais la règle en cas de futur problème bancaire.

Deux points méritent d’être soulignés à cet égard dans le nouveau cadre réglementaire qui se prépare.
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Grande-Bretagne : Margaret Thatcher, l’enfance d’un chef

Née en 1925, Margaret Thatcher grandit dans un milieu modeste et très strict. Patron d’une épicerie, son père s’est élevé à la force du poignet. Le soir, ses filles étudient et donnent un coup de main à la boutique. La seule distraction tolérée est le très austère culte méthodiste, le dimanche, où le père officie.

Ambitieuse et obéissante, Margaret se plie à ce cadre qui fait d’elle une élève brillante, limite pédante. La guerre fait un peu mûrir cette “madame je sais tout”. Sous les bombardements, la jeune fille s’enflamme pour les discours radiophoniques de Churchill. En 1943, elle apprend qu’elle est reçue à la prestigieuse université d’Oxford…

Europe : Mise en vente des monuments pour apurer la dette

Le Colisée est le second monument le plus valorisé d’Europe. Il est estimé à 91 milliards d’euros. Fort de ce constat, Giuseppe Piero Grillo propose sa vente afin d’éponger une grande partie de la dette nationale italienne. La France et différents États de l’Union Européenne semblent inspirés par cet exemple qui, selon les experts, permettrait de “régler une fois pour toute la crise de la dette“.

Pragmatique, Bebe Grillo, le désormais célèbre candidat du “Mouvement 5 étoiles” en Italie, s’est appuyé sur les travaux de la chambre du Commerce de Monza et Brianza, qui a estimé la “valeur touristique” des plus célèbres monuments européens en fonction de plusieurs critères, économiques, socio-culturels, ou encore touristiques.

Surprise : la France devrait suivre l’exemple italien

Interrogé à ce sujet par notre rédaction, Pierre Moscovici a affirmé “se pencher sur des solutions de ce type depuis déjà plusieurs semaines“. Les services du Ministère de l’Économie et des Finances rappelant judicieusement qu’un portfolio a déjà été consacré à cette étude et…

Cocorico ! C’est la tour Eiffel, monument le plus fréquenté au monde (7 millions de visiteurs par an), qui arrive largement en tête de ce classement avec une valeur estimée à 434 milliards d’euros. Elle vaudrait ainsi cinq fois plus que son dauphin le Colisée.

À ce prix, la Dame de fer équivaut à un cinquième du PIB de la France, ou environ dix fois les intérêts annuels de notre dette nationale. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, la valeur attribuée par cette étude, qui compile des données d’Eurostat, Istat (équivalent de l’Insee en Italie) ou encore Urban Audit, concerne uniquement l’image de marque de l’édifice, et non pas son véritable prix matériel.
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Crise à Сhypre : Et si le rêve européen touchait à sa fin ?

Par Alexandre Latsa

Les récents événements à Chypre ont donné lieu à un déferlement médiatique excessif et souvent bien éloigné de la réalité. Le pays en 2011 avait pourtant une dette en pourcentage du PIB inférieure à celle de la France, de l’Italie et de l’Allemagne. Jacques Sapir rappelle en outre que les banques chypriotes ont aujourd’hui des actifs qui sont égaux à 7,5 fois le PIB de l’Ile, alors que la moyenne dans l’UE est de 3,5 fois, mais que c’est largement moins par exemple que le Luxembourg dont les actifs bancaires pèsent 22 fois le PIB.

Un peu d’histoire

La partie sud de l’île de Chypre (la partie nord étant envahie militairement par la Turquie depuis 1974) est peuplée de 770.000 habitants et ne représente que 0,3% du PIB de la zone euro. L’île, bien que relativement méconnue du grand public, du moins jusqu’à cette crise, a eu une histoire très tumultueuse la partageant largement entre l’Occident et l’Orient. Les lecteurs souhaitant en savoir plus peuvent consulter cette histoire illustrée de l’île s’arrêtant à 2004.

C’est justement cette année-là que Chypre a rejoint l’Union Européenne (le pays étant le plus riche des nouveaux entrants à l’époque) puis, en 2008, Chypre a intégré la zone euro. A ce moment l’île connaissait déjà des afflux de capitaux russes et la législation fiscale y était déjà sensiblement la même qu’aujourd’hui.

La même année la crise financière à frappé l’île comme tous les pays occidentaux et lors de la restructuration de la dette Grecque, les actifs des banques Chypriotes (qui contenaient une forte proportion de bons du trésor grecs) ont été brutalement dévalorisés par cette décision de l’Eurogroupe.

Le racket fiscal: nouvelle solution pour régler la crise?
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Un rapport accablant fait toute la lumière sur la «baleine» de JP Morgan

Les pertes provoquées par l’ex-trader londonien ont été sciemment minimisées. Les positions de Bruno Iksil ont gonflé jusqu’à 157 milliards de dollars.

Si la «baleine de Londres» était une «tempête dans un verre d’eau», comme l’assurait l’an dernier le directeur de JP Morgan, Jamie Dimon, le réceptacle est en train de déborder. Selon un rapport d’enquête parlementaire publié jeudi soir, la première banque américaine a sciemment menti aux investisseurs et aux régulateurs. Elle a «mal informé […] sur la nature, les activités et les risques des dérivés de crédit» de sa division d’investissement pour compte propre, conclut le document de 300 pages.

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L’ère de l’argent facile ne fait que commencer !

Lors de son témoignage devant le Congrès la semaine dernière à Washington, le chef de la politique monétaire américaine, Ben Bernanke, a minimisé les débats actuels au sein du FOMC sur une possible sortie des mesures d’assouplissement avant la fin de l’année. Cette semaine, la vice-présidente de la FED, Janet Yellen, qui est pressentie pour prendre le relais de Ben Bernanke à la fin de son mandat en janvier 2014, est allée encore plus loin en réaffirmant l’engagement de la banque centrale à maintenir sa politique monétaire en l’état, pendant encore un certain temps.

Bernanke explique l’assouplissement quantitatif : “Si nous nourrissons les banques avec suffisamment de dollars, quelque chose de bon devra nécessairement en sortir à l’autre bout, en définitive…”

Les marchés financiers ont compris le message puisque les indices ont atteint des plus hauts cette semaine avec le Nikkei qui a atteint les 12.000 points, le Nasdaq qui a grimpé à un plus haut depuis le 9 novembre 2000, juste avant l’éclatement de la bulle internet et le Dow Jones a même atteint hier [mercredi 6 mars 2013] un nouveau record historique !

La décennie en cours sera celle de l’argent facile ou ne sera pas !

Avec l’éclatement de la crise des subprimes, et ses nombreux corollaires, les banques centrales ont été contraintes d’assouplir au maximum leur politique monétaire. On croyait la sortie de crise en vue en 2010 avant que la crise de la dette souveraine et la crise économique ne viennent perturber le retour à la croissance. Depuis, les banques centrales étudient toutes les pistes possibles pour enfin rassurer les marchés et cela passe inévitablement par l’injection massive et continue de liquidités sur les marchés quitte à habituer le système financier à ce que les banquiers centraux jouent le rôle de pompier de service à tout moment.

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Russie : Vers un nouveau modèle politico-économique?

Par Alexandre Latsa

Le Forum Gaïdar s’est tenu en Russie du 16 au 19 janvier 2013. Comme chaque année, les participants au forum ont pu discuter de l’avenir économique de la Russie et envisager des scénarios de développement pour le pays. Le forum s’est notamment axé sur les questions d’intégration économique et de choix des partenaires commerciaux de la Russie.

Certains intellectuels libéraux ont ouvertement envisagé comme voie inévitable pour la Russie une forme “d’intégration à l’Union Européenne” pendant que des intellectuels de la gauche russe comme le directeur de l’institut de la mondialisation Michael Deliaguine pensent au contraire que “L’Europe n’a pas besoin d’une intégration avec la Russie“.

Le gouvernement russe, via le premier ministre Dimitri Medvedev, a lui réaffirmé ses objectifs prioritaires d’intégration eurasiatique pour faire de cette nouvelle hyper-région du monde un pont entre l’atlantique et le pacifique, tout en relevant le défi de la modernisation du pays dans les domaines de la politique, de l’économie et du social.

Les participants au forum ont tous admis que le monde était au bord de changements majeurs, ce que le président russe annonçait en décembre dernier en affirmant que “l’ensemble du monde s’engage dans une époque de transformations radicales et peut-être même de grands chocs“. L’un des signes de ces transformations radicales en cours semble être ” l’éclatement de l’Occident ” selon les mots d’Alexandre Melnik.
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Chroniques de la Vieille Europe – Angleterre : La révolution industrielle contre le peuple”

Le 02 février, Patrick Péhèle, Lucien Valdes et Grégoire Gambier recevaient sur Radio Courtoisie, Olivier François, journaliste à la revue Éléments à propos du livre d’Edward P. Thompson La formation de la classe ouvrière anglaise édition Le Seuil.

Historien britannique, spécialiste de l’histoire sociale et culturelle du Royaume-Uni, et en particulier du mouvement ouvrier, Edward P. Thompson (1923-1993) a exercé une influence durable sur l’histoire contemporaine grâce à son maître ouvrage La formation de la classe ouvrière anglaise. Son ambition ? Restituer l’expérience vécue par les contemporains de la « révolution industrielle ».

La formation de la classe ouvrière anglaise d’Edward P. Thompson, paru pour la première fois en 1963, est l’un des ouvrages fondamentaux de ce renouveau d’une histoire sociale revenue des illusions d’un progrès réduit au seul calcul du taux de croissance. Marxiste hétérodoxe, compagnon de route du parti communiste anglais avant de rejoindre une position de dissident du monde occidental que l’on pourrait rapprocher de celles d’un George Orwell ou du dernier Pasolini.

Militant antinucléaire et infatigable pédagogue, l’historien britannique a eu le grand mérite d’y ressusciter, à rebours de l’histoire officielle des vainqueurs, les voix des vaincus de la grande mutation industrielle et de rappeler les raisons et les espérances de ceux dont les modes d’êtres ont été, non seulement brisés, mais occultés par la modernité.

(Merci à Patrick)

Nouveau scandale dans les banques britanniques

Barclays, HSBC, Lloyds et RBS ont vendu à des PME, depuis 2001, 40.000 contrats de produits dérivés censés couvrir contre des variations de taux d’intérêt. Ces contrats sont en infraction avec la régulation en vigueur.

Les banques britanniques se sont fait une nouvelle fois prendre les mains dans le pot de confiture. Selon une enquête de la Financial Services Authority (FSA), 90 % de produits dérivés commercialisés auprès de petites et moyennes entreprises leur ont été vendus en infraction avec la régulation en vigueur. Il s’agit cette fois de «swaps» sophistiqués (baptisés interest rates hedging products, IRHP) censés les couvrir contre des variations de taux d’intérêt. Une fois encore, les «usual suspects» sont en cause : le quatuor Barclays, HSBC, Lloyds et Royal Bank of Scotland.

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La bataille pour l’Eurasie va-t-elle s’accélérer ?

Par Alexandre Latsa

Les États-Unis s’opposeront à des processus d’intégration dans l’espace postsoviétique“.

Hillary Clinton – 2012

Les récentes déclarations de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton sur l’intention de Washington de s’opposer aux processus d’intégration dans l’espace postsoviétique lors d’une conférence tenue à Dublin le 6 décembre 2012 ont au moins un mérite, celui de démontrer que l’Union Douanière, et donc la future Union Eurasiatique sont considérés par l’administration américaine comme le mal absolu.

Hillary Clinton n’a pas pris de gants, pour elle, l’union eurasiatique n’est ni plus ni moins que la réincarnation de l’Union Soviétique, et traduit donc la volonté de la Russie de vouloir reprendre le contrôle du cœur de l’Eurasie, que Russie et Occident, via l’Angleterre puis l’Amérique, se disputent depuis prés de 150 ans.

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Europe : A la rencontre des “décroissants”

Notre monde peut aussi fonctionner sans croissance, avec des effets positifs sur l’environnement et la qualité de vie. C’est en tout cas ce qu’affirment les partisans d’une économie post-croissance, qui s’affranchit du ” toujours plus “. Ce mouvement, baptisé ” décroissance ” en France, ” decrescita ” en Italie, ” degrowth ” en Angleterre et dans le monde entier, fait de plus en plus d’adeptes en Europe.

Leur diagnostic : une croissance ininterrompue est incompatible avec nos ressources naturelles limitées, et la dignité humaine est sacrifiée sur l’autel de la mondialisation. Leur réponse : une modification radicale de notre mode de vie – tempérance, abstinence, ” démondialisation ” – et un retour à une logique économique régionale.

Un réseau européen d’adeptes de la décroissance s’engage pour créer un cadre de vie commun, de qualité et respectueux de l’environnement.

Partie 1 : Conférence sur la décroissance à Venise
Partie 2: « Transition Town »
Partie 3: France, La décroissance, le mensuel
Partie 4: Réparer plutôt que jeter

Chine : Les guerres de l’opium

Au XIXème siècle, l’Angleterre est devenue à la fin des guerres napoléoniennes la puissance montante. Elle se consacre pleinement à la mise en application à grande échelle du « free trade ». En Chine par contre, le déclin, les révoltes, une Cour impériale désunie font de l’Empire un pays en voie de décomposition.

Au-delà des escarmouches militaires de 1840-1842 et de 1858-1860 se cache en réalité une invasion rampante, sournoise et redoutable, contre laquelle la Chine va se mobiliser durant près d’un siècle afin de maîtriser une substance illégale et imposée par ses ennemis.

En effet, afin de consolider leur hégémonie commerciale en Asie, les Anglais vont élaborer des réseaux de trafiquants pour inonder le marché chinois avec une drogue redoutable : l’opium.

Substance connue de longue date, elle est utilisée massivement par l’Empire Britannique comme une arme de destruction économique, politique et sociale. Cette politique machiavélique ne sera pas menée sans résistance ni réaction chinoises. Cependant, prétexte parfait pour mener deux opérations militaires victorieuses, l’opium est avant tout pour l’Occident le moyen imparable d’imposer à un Empire chinois inaccessible une série de traités que les Chinois continuent de considérer à ce jour comme honteux et scandaleux.

Les origines de l’opium

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LEAP – Katrina-Sandy : D’un ouragan à l’autre, la fin de l’Amérique telle qu’on l’a connue

L’équipe de Fortune présente ses sincères condoléances à la famille et aux proches de Franck Biancheri, directeur des études du LEAP, décédé le 30 octobre 2012.

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, 15 novembre 2012

(Toute la force du symbole dans cet amusant photomontage réalisé à partir d’un cliché pris le 28 mai 2004 dans le Nebraska – http://extremeinstability.com/stormpics/2012/ss-a1430.jpg)

Comme anticipé par le LEAP depuis plusieurs mois, le choc majeur pour l’économie et la stabilité politique globale est bien arrivé en automne 2012 sous la forme d’un événement symbolique qui fera date dans l’histoire mondiale : l’ouragan Sandy.

En anticipation politique, méthode sur laquelle le LEAP fonde ses analyses (1), Sandy correspond à deux caractéristiques : l’événement « goutte d’eau » qui rend insupportable les défaillances accumulées et rompt un système ; et l’événement symbolique qui frappe les imaginations et transforme définitivement l’image d’une réalité – car il faut toujours distinguer entre la réalité d’un changement systémique (à l’œuvre depuis au moins 2008) et son acceptation collective (dans le cas présent : l’Amérique n’est plus ce qu’elle était).

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Global gâchis : Le scandale mondial du gaspillage alimentaire

Reportages sur les dysfonctionnements de la production alimentaire dans six pays : France, Équateur, Inde, États-Unis, Japon, Angleterre. Au cours de cette enquête, on constate que si en Inde chaque foyer gaspille environ cent euros de nourriture par an, aux États-Unis c’est six fois plus.

Le gâchis se situe à toutes les étapes : la production, où l’on sélectionne les plus beaux légumes et on élimine les tordus ; la distribution, où les magasins jettent des tonnes d’aliments périmés ou non, et naturellement chez les consommateurs.

Au nom de la pérennité du secteur industriel, le système contraint à produire toujours plus, toujours trop, dans l’alimentation comme ailleurs. N’est-ce pas avant tout une question d’éducation et d’indépendance d’esprit du consommateur, bombardé de nouveautés et presque sommé de consommer sans mollir, sous peine de faire sombrer l’économie ?

Le recyclage comme industrie

Partie 1:


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“Global gâchis” : Un tour du monde du gaspillage alimentaire

À travers un tour du monde du gâchis alimentaire, le militant anglais Tristram Stuart pointe l’immense absurdité que constitue notre société de surabondance, alors qu’un milliard d’êtres humains souffrent de la faim.

Auteur du livre Waste (inédit en France), Stuart est le guide, au phrasé certes un peu bizarre, de ces reportages sur les dysfonctionnements de la production alimentaire dans six pays : France, Équateur, Inde, États-Unis, Japon, Angleterre. Au cours de cette enquête, on constate que si en Inde chaque foyer gaspille environ cent euros de nourriture par an, aux États-Unis c’est six fois plus.

Le gâchis se situe à toutes les étapes : la production, où l’on sélectionne les plus beaux légumes et on élimine les tordus ; la distribution, où les magasins jettent des tonnes d’aliments périmés ou non, et naturellement chez les consommateurs.
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