La ruche murmurante ou les fripons devenus honnêtes gens

La Fable des abeilles est une fable politique de Bernard Mandeville, parue en 1714. La signification réelle reste controversée jusqu’à aujourd’hui. Friedrich Hayek vit en lui un précurseur du libéralisme économique tandis que Keynes mit en avant la défense de l’utilité de la dépense.

La Fable des abeilles, développe avec un talent satirique la thèse de l’utilité sociale de l’égoïsme. Mandeville avance que toutes les lois sociales résultent de la volonté égoïste des faibles de se soutenir mutuellement en se protégeant des plus forts.

Sa thèse principale est que les actions des hommes ne peuvent pas être séparées en actions nobles et en actions viles, et que les vices privés contribuent au bien public tandis que des actions altruistes peuvent en réalité lui nuire. Par exemple, dans le domaine économique, il dit qu’un libertin agit par vice, mais que « sa prodigalité donne du travail à des tailleurs, des serviteurs, des parfumeurs, des cuisiniers et des femmes de mauvaise vie, qui à leur tour emploient des boulangers, des charpentiers, etc. ». Donc la rapacité et la violence du libertin profitent à la société en général.

Les vices des particuliers sont les éléments nécessaires du bien-être et de la grandeur d’une société. L’Angleterre y est comparée à une ruche corrompue mais prospère et qui se plaint pourtant du manque de vertu. Jupiter leur ayant accordé ce qu’ils réclamaient, la conséquence est une perte rapide de prospérité, bien que la ruche nouvellement vertueuse ne s’en préoccupe pas, car le triomphe de la vertu coûte la vie à des milliers d’abeilles.

TEXTE INTÉGRAL:

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1940-1945 : La France sous les bombes alliées

De 1940 à 1945, près de 60.000 Français sont morts sous les bombardements alliés. De Dunkerque au Havre, en passant par Nantes et Cherbourg, des centaines de villes sont dévastées, certaines étant tout simplement rasées par les raids aériens de la Royale Air Force.

Peu de régions françaises échapperont à cette pluie de feu et d’acier, qui fera près de 74.000 blessés et détruira quelque 300.000 habitations. Le littoral français devient une nouvelle ligne de front. Car pour les Anglais, la stratégie du bombardement est la clé de la victoire contre l’occupation allemande. Retour sur une histoire longtemps occultée de la Seconde Guerre mondiale.

S’appuyant sur les archives françaises et britanniques, ainsi que sur des témoignages inédits, l’historien Andrew Knapp, spécialiste des stratégies aériennes durant la Seconde Guerre mondiale, lève ici un tabou : les Américains et les Anglais ont-ils tout fait pour éviter le sacrifice de tant de vies? Fallait-il bombarder la France? Toutes les frappes étaient-elles pertinentes ? Pourquoi tant de destructions? Ces raids, étaient-ils nécessaires?

Réalisé par Emmanuel Blanchard Catherine Monfajon Fabrice Salinié (France 2014)

Notes:

Liste non-exhaustive de villes durement touchées par les bombardements anglo-américains: Aulnoye, Avignon, Bordeaux, Boulogne-sur-Mer, Brest, Cagny, Calais, Cannes-La Bocca, Chartres, Cherbourg, Clermont-Ferrand, Creil, Le Creusot, Dunkerque, Gennevilliers, Juvisy-sur-Orge, Laon, Lens, Lille, Lisieux, Le Mans, Lorient, Mantes, Modane, Montluçon, Nantes, Nevers, Nice, Noisy-le-Sec, Orléans/Les Aubrais, Reims, Rouen, Saint-Lô, Saint-Nazaire, Sète, Somain, Tergnier, Toulouse, Tours, Trappes, Villeneuve-Saint-Georges…

Le coût du nucléaire a bondi en France depuis 2010… et ce n’est qu’un début !

Le coût de l’énergie nucléaire, qui produit 75% de l’électricité en France, devrait augmenter fortement en raison d’importants investissements dans les centrales vieillissantes d’EDF, a souligné mardi 27 mai la Cour des comptes dans un rapport. Ce rapport chiffre à 20% l’augmentation du prix de l’énergie nucléaire en raison des investissements dans les centrales vieillissantes.

L’énergie nucléaire est plus chère que l’énergie renouvelable, Christian Bataille, dans GMB – 19/05

Ce coût de production moyen des 19 centrales nucléaires françaises a déjà bondi entre 2010 et 2013: la Cour l’estime à 59,8 euros le mégawattheure (MWh) l’an dernier, soit une augmentation de 20,6% (en euros courants) par rapport aux 49,6 euros de 2010, calculés dans un précédent rapport datant de janvier 2012.

Une forte croissance des dépenses d’exploitation

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L’île de Robinson et l’or Inca

En écrivant Robinson Crusoé, Daniel Defoe s’inspirait d’une aventure humaine bien réelle : celle du corsaire et mutin anglais Alexander Selkirk, que son capitaine débarqua en 1704 sur une île déserte appartenant à l’archipel Juan Fernández, à 700 kilomètres au large du Chili.

Rapatrié en 1709 en Angleterre, l’ermite forcé aurait narré son histoire à l’écrivain, qui en fit un best-seller publié en 1719. Récemment, une équipe scientifique allemande s’est mise en quête du campement de Selkirk sur l’île de Mas e Tirra, rebaptisée Robinson Crusoé en 1966.

De leur côté, un historien de la marine anglaise et un chasseur de trésors américain espéraient découvrir la cachette où aurait été entreposé un trésor en provenance des colonies espagnoles des Andes. La flotte chargée de les convoyer vers la péninsule Ibérique aurait sombré non loin en 1715.

La Mort Noire

La peste noire est une pandémie de peste bubonique, causée par la bactérie Yersinia pestis, qui a touché la population européenne entre 1348 et 1352. Elle n’est ni la première ni la dernière épidémie de ce type, mais elle est la seule à porter ce nom. Par contre, elle est la première épidémie de l’histoire à avoir été bien décrite par les chroniqueurs contemporains.

On estime que la peste noire a tué entre 30 et 50 % de la population européenne en cinq ans, faisant environ vingt-cinq millions de victimes. Cette épidémie eut des conséquences durables sur la civilisation européenne, d’autant qu’après cette première vague, la maladie refit ensuite régulièrement son apparition dans les différents pays touchés : entre 1353 et 1355 en France, et entre 1360 et 1369 en Angleterre, notamment.

Ce documentaire s’attache à décortiquer l’influence qu’eut sur les sociétés du XIVe siècle cette épidémie de mort noire qui frappa l’Europe avec une virulence telle qu’elle fit craindre la disparition de l’humanité. Catastrophe humaine et sanitaire, la grande peste du XIVe siècle peut en effet être considérée comme l’ouverture vers un nouveau type de société.

La fin de la guerre contre les automobilistes : l’Angleterre, un autre modèle de sécurité routière

Tourné en Angleterre en janvier dernier par « 40 millions d’automobilistes », ce reportage décrypte un autre modèle de sécurité routière, basé sur l’acceptation des mesures par les automobilistes. Depuis 2010 et l’arrivée de David Cameron à la tête du Gouvernement anglais, une nouvelle ligne politique nommée « la fin de la guerre contre les automobilistes » est appliquée et non sans succès, puisque le Royaume-Uni poursuit inlassablement sa réduction du nombre d’accidents (deux fois moins qu’en France).

L’échange des données fiscales sera fort inégal

Par Myret Zaki

Le 6 mai 2014, les médias ont fait une découverte sensationnelle : celle de la mort du secret bancaire. La Suisse annonçait s’être engagée à l’échange automatique d’informations bancaires. Les « RIP» et autres condoléances ont fusé ; on a même vu circuler un «avis de décès du secret bancaire», histoire de conjurer le mal par le rire. Mais la découverte du décès intervient cinq ans après les faits.

Pour ceux qui ont raté le début, le 13 mars 2009, les clients étrangers de la Suisse n’étaient plus couverts par le secret bancaire, la soustraction devenant un délit pénal comme la fraude. Berne acceptait le standard de l’OCDE en matière d’échange d’informations fiscales à la demande. A partir de là, tout a basculé.

Le standard, au départ restrictif, a dérivé vers des «demandes groupées» et autres «schémas de faits», pour aboutir ce 6 mai à la norme maximale, dont une version légère existe déjà au sein de l’UE. Si le secret bancaire, garanti par l’art. 47 de la loi sur les banques de 1934, reste en vigueur, il n’est plus opposable depuis 2009 aux requêtes étrangères.

Le Conseil fédéral a beau mettre en garde que la Suisse n’appliquera l’échange d’informations que si les autres Etats l’appliquent, y compris sur les structures souvent opaques que sont les trusts et les sociétés de domicile,

les Etats ne seront pas égaux face à l’échange automatique. Seuls les pays ayant un levier politique suffisant obtiendront, dans les faits, des informations sur les comptes de leurs ressortissants, tandis qu’ils conserveront, dans les faits, des formes de secret sur les comptes étrangers qu’ils abritent.

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Le retour des damnés de la terre ?

Une nouvelle discipline consistant à analyser des données historiques à travers des modèles mathématiques, la “cliodynamique”, a permis à deux chercheurs de mettre en avant le fait que les inégalités de richesses obéiraient à des cycles historiques. Commentaire critique de cette nouvelle théorie.

C’est du passé (2009)…

Comprendre (et peut-être même prédire) l’évolution des inégalités. C’est ce qu’ont tenté de faire deux chercheurs de l’université du Connecticut et de l’institut d’histoire de l’académie des sciences russe grâce à la cliodynamique, une nouvelle discipline consistant à analyser des données historiques à travers des modèles mathématiques.

Et selon leurs prévisions relayées par le magazine Aeon, d’ici peu aux Etats-Unis, les inégalités auront atteint un niveau tel que l’apparition de troubles politiques serait inévitable… avec un pic prévu pour 2020.

Explications.
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Grande Bretagne : 500.000 fonctionnaires en moins, l’amère potion anglaise

Même Margaret Thatcher n’avait pas osé aller aussi loin ! Depuis quatre ans, la cure d’amaigrissement de l’État britannique est sans précédent.

Pour réduire le déficit public, 500.000 emplois de fonctionnaires doivent être supprimés et l’administration doit économiser 95 milliards d’euros. Comment s’y prennent-ils ? Et dans quel état sont les services publics ?

Enquête dans la municipalité de Trafford près de Manchester. Là-bas, ce sont dorénavant des bénévoles qui s’occupent de l´accueil au commissariat de police ou de l’entretien des espaces verts…

Philippe Béchade sur Radio Courtoisie : Les perspectives économiques mondiales pour 2014

Sur Radio Courtoisie, le 15 janvier, Laurent Artur du Plessis, assisté de Bernard de Fabrègue, recevait Philippe Béchade, journaliste, pour une émission consacrée à une analyse économique hétérodoxe de la crise mondiale et du rôle de la production de monnaie dans son déclenchement.

“Moins, c’est mieux” : Limiter la croissance pour une vie meilleure [Rediff.]

De plus en plus de personnes en sont convaincues: la croissance illimitée n’est pas viable à long terme dans un monde où les ressources s’épuisent peu à peu. Ce documentaire explore des modèles économiques et de nouvelles façons de vivre qui ouvrent la voie à une société post-croissance.


À la faveur de la crise, les opinions publiques prennent peu à peu conscience de ce que l’explosion démographique, la crise énergétique ou encore le changement climatique posent de sérieuses questions que nous ne pouvons plus remettre à demain. Il s’avère en outre que l’augmentation du PIB dans les pays industrialisés n’a abouti à aucune amélioration notable de la qualité de vie des populations depuis les années 1970.

Se pourrait-il alors que la société de consommation ne tienne pas ses promesses de bonheur et que le bien-être ne soit pas inhérent à la croissance ?

La réalisatrice questionne son propre mode d’existence : à quoi doit-elle renoncer pour espérer mener une vie “durable” ? Pour répondre à cette question, elle sillonne les routes de France, d’Allemagne, d’Espagne et d’Angleterre, à la rencontre d’individus pour qui la croissance économique n’est pas la mesure de toutes choses. Elle comprend alors qu’adapter son mode de vie à son environnement n’est pas nécessairement synonyme de privation, de sacrifice et de renonciation au bien-être : dans bien des cas, un tel changement permet au contraire de gagner en qualité de vie.

La vraie menace qui plane sur la City

La fragmentation géographique des marchés financiers inquiète de plus en plus les autorités londoniennes. Le mouvement de filialisation des activités des banques étrangères fragiliseraient la place offshore.

Une menace bien plus importante que les tours de vis réglementaires imposés par Bruxelles, notamment sur les bonus, pèse sur la City. Il s’agit de la fragmentation géographique des marchés financiers qui est en train de se produire depuis la crise financière de 2008. En tant que centre financier international brassant l’argent des banques du monde entier, Londres a tout à y perdre. « Le régulateur britannique est tenté par une vision domestique mais la partie la plus avisée des autorités nationales a désormais compris qu’il y avait potentiellement un danger », indique Ludovic de Montille, président de BNP Paribas en Grande-Bretagne.

Freiner la tendance à la démondialisation
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Europe : Les mamans perdent leurs boulots

En Italie, seules 77,3% des mères conservent leurs emplois deux ans après l’accouchement contre 81,6% en 2006. En Angleterre, près de 50.000 femmes sur 340.000 perdent leurs emplois ou se retrouvent déclassées chaque année après un congé maternité. Une pratique discriminante, mais pourtant très répandue dans bon nombre de pays européens.

Les mamans mises au placard dans les entreprises. C’est le constat d’une étude menée par la House of Commons Library. 50.000 femmes sur 340.000 ayant un emploi perdent leurs postes à la suite d’un congé maternité. Pressions exercées par les supérieurs, déclassement voire licenciement, rien n’est épargné aux jeunes mamans promptes à reprendre le travail, révèle The Independent. Il faut dire que l’Angleterre est le pays d’Europe où le congé maternité est le plus long (52 semaines).

Pour celles qui conservent leur emploi, les perspectives d’obtenir une augmentation ou une promotion se réduisent. Les recours en justice sont difficiles à mettre en œuvre. Le quotidien souligne qu’une plainte pour discrimination à l’embauche après un congé maternité peut coûter jusqu’à 1.200 livres (près de 1.400 euros).

Yvette Cooper, ex Premier Ministre entre 2008 et 2009 sous Gordon Brown témoigne pour The Independent. Elle fut la première chef de gouvernement à prendre un congé maternité au cours de son mandat.
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“Justice sociale” ? La PAC préserve les avantages des agriculteurs les plus aisés

Le budget de la Politique agricole commune, qui vient en aide aux agriculteurs afin d’assurer l’indépendance agricole de l’Union européenne, dispose de plus de 350 milliards d’euros pour la période 2014-2020. Mais les grandes exploitations restent encore ultra-favorisées.

Après 40 sessions étalées sur 3 mois, les négociations sur l’avenir de la PAC 2014-2020 se sont enfin achevées mercredi 26 juin dernier par la conclusion d’un accord entre les 27 ministres de l’Agriculture de l’Union européenne. Selon Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture français, la France peut être satisfaite. La revendication d’une meilleure protection des éleveurs et des petits exploitants a été entendue à Bruxelles. Des aides supplémentaires seront données aux 50 premiers hectares, manière de soutenir les petites exploitations et les éleveurs, ainsi qu’à certaines agricultures moins privilégiées que le blé ou le soja.

Cette victoire apparaît toutefois en demi-teinte pour les défenseurs d’une PAC plus équitable. Toujours premier poste budgétaire de l’Union européenne, cet accord préserve la majorité des avantages donnés jusque là aux grandes exploitations.

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John Law ou la chute spectaculaire d’un banquier central (Màj Vidéo)

(Merci à Blueman et à son remarquable blog)

Quand John Law a fait face à la dette énorme de l’État en France au dix-huitième siècle, il a émis beaucoup de papier monnaie -avec succès- et le pays s’est senti riche. Il était intelligent, courageux, charmant, honnête – et pour un temps- extrêmement populaire. Malheureusement, il a ainsi ruiné tous ceux qui avaient de l’argent en France, ce qui a fait de l’ombre à ses autres qualités. Il est intéressant de se pencher sur ce qui s’est passé.

John Law était écossais. Il est né à Edimbourg en 1671, d’un père banquier et joaillier qui avait réussi. A l’âge de 14 ans, il commença son apprentissage dans ces métiers et s’en retourna à 17 ans, juste à temps pour hériter de son père qui décéda cette même année. Il était déjà connu alors pour ses talents mathématiques et sa popularité auprès des dames.

Apprendre son métier
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État cherche créancier national

Suivant les pays, le rôle des investisseurs étrangers est prédominant et ajoute à l’instabilité. Certaines banques centrales, dont la Banque d’Angleterre, sont devenues incontournables.

Les bureaux de l’Agence France Trésor

Les Italiens ne s’y étaient pas trompés. En lançant la Journée des bons du Trésor en 2011, ils avaient voulu inciter les particuliers de la Péninsule à placer leurs économies dans la dette publique afin de contenir la flambée des taux d’intérêt. Comme pour d’autres pays en difficulté dans la zone euro, l’Italie a pu ainsi augmenter la proportion des résidents dans les détenteurs de dette publique, comme le révèlent les statistiques sur les porteurs d’emprunts souverains que la Banque centrale européenne vient de mettre à jour.

Désormais, en Italie, les investisseurs étrangers ne détiennent plus que 35% de la dette. Ils en [finançaient] environ 45% juste avant que la crise de la dette éclate en Europe.

«La part des investisseurs non résidents est essentielle», explique Audrey Gasteuil-Rougier, économiste à la Société Générale, auteur d’une étude sur les détenteurs des dettes d’Etat publiée il y a quelques jours. «Ce sont souvent les premiers à vendre leurs titres d’Etat dès qu’il y a des inquiétudes sur le pays, ce qui constitue une source de financement plus instable. La crise des dettes publiques dans la périphérie de la zone euro nous l’a rappelé». L’économiste Jean-Pierre Béguelin voit lui une autre conséquence dans sa dernière chronique sur le site du Temps : «Plus la dette de l’Etat est détenue à l’étranger, plus ces sacrifices [les programmes d’austérité, ndlr] sont douloureux pour les résidents et plus la tentation du défaut grandit».

Alors que la dette des pays européens était en moyenne détenue à 80% par des résidents jusqu’au milieu des années 1990, la création de la monnaie unique a changé la donne. Ainsi, juste avant l’éclatement de la crise de la dette en Europe, des pays comme la Grèce ou le Portugal avaient vu cette proportion pratiquement s’inverser.

Renationalisation des dettes
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La dette et les économistes

Par Jean-Pierre Béguelin, ancien économiste au sein de la Banque nationale suisse, ancien économiste en chef de la banque Pictet & Cie (Suisse)

Une erreur de calcul vient d’affaiblir une étude, souvent citée par les austériens, qui concluait que la croissance s’effondre dès que la dette publique dépasse les 90% du PIB. Une telle limite n’a toutefois pas trop de sens car il y a dette publique et dette publique.

On a souvent besoin d’un plus savant que soi, c’est bien connu. Sauf évidemment lorsque le professeur, distrait comme Tryphon Tournesol, se trompe et c’est ce qui vient d’arriver aux austériens, pour utiliser ce néologisme à la mode fort commode. Récemment encore, politiciens allemands, commissaires bruxellois et soi-disant experts nord-européens justifiaient l’austérité en brandissant un article publié en janvier 2010 par deux professeurs de Harvard, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, par ailleurs ancien chef économiste du FMI, qui, après avoir collecté et disséqué 3.700 données sur 44 pays, concluaient que la prospérité économique s’effondrait dès que l’endettement public dépassait les 90% du PIB. Entre 1946 et 2009, en effet, la croissance annuelle avait été proche de 3% pour les années et les pays développés où la dette publique relative se trouvait en deçà de cette limite, alors qu’au-delà de celle-ci l’économie stagnait, voire reculait de 0,1% par an, une chute de croissance du même ordre de grandeur étant observée pour les économies émergentes.

Or, ces moyennes étaient erronées puisqu’elles n’englobaient pas les observations pour les cinq premiers – rangés alphabétiquement – des pays étudiés, à la suite sans doute d’une mauvaise définition du champ des cellules dont on voulait prendre la moyenne, une bévue que tout utilisateur d’un tableur type Excel a sans doute commise ou évitée de justesse une, si ce n’est plusieurs fois.

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Grande-Bretagne : Les frontières poreuses de la politique avec la City

Un simple entrefilet découvert dans le Financial News, l’hebdomadaire financier faisant autorité dans la City, et nous voilà bien intrigué ! Andrew Mitchell, ex-ministre chargé de la discipline des parlementaires conservateurs, poste-clé au sein du gouvernement britannique, a rejoint l’équipe de Montrose Associates.

Les armoiries de la City de Londres. Deux dragons ont saisi le bouclier de Saint Georges. Quant à la devise “Dieu nous guide”, elle est fortement suspectée de faire référence à Mammon.

C’est une société de renseignements économiques fondée par des anciens de la banque d’affaires Lazard. Et à force de pianoter, on découvre que celui qui fut un brillant ministre du développement international a aussi travaillé chez Lazard à deux reprises, entre 1975 et 1987 et entre 1997 et 2009.

Ce nouvel exemple de l’entrisme institutionnel “à la trotskiste” pratiqué par le monde financier est d’autant plus significatif que David Cameron pourrait nommer M. Mitchell au poste de commissaire européen britannique en 2014.

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25 siècles de fraude fiscale

Depuis l’Antiquité et la mise en place de fiscalités régulières, nombre de contribuables ont tenté de se soustraire à l’imposition par des moyens illégaux. Souvent, ce sont ces scandales (arrivés jusqu’à nous par les historiens de l’époque) qui nous en apprennent le plus sur les systèmes fiscaux anciens.

Jérôme Cahuzac

Dès les cités-états de la Grèce antique, les contribuables doivent s’acquitter de l’eisphora, impôt sur le capital exceptionnel levé par la cité pour financer les dépenses liées à une guerre. Or, la tentation était grande, en l’absence de cadastre, de se déclarer moins riche que la réalité, afin de diminuer sa contribution.

L’orateur athénien Isée affirme que le devoir de tout bon citoyen est de fournir des subsides à la cité et « de ne rien cacher de ce qu’il a ». Ce qui sous-entend que certains ne se gênent pas pour le faire. Le même auteur écrit qu’il est reproché à un de ses clients de garder secret le montant véritable de son capital, afin qu’Athènes le ponctionne le moins possible.

Les réformes des Gracques
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La future “chypriotisation” des comptes bancaires est déjà programmée

Le gel des comptes et le haircut substantiel — voire la perte quasi-complète — qui se dessinent pour les gros déposants à Chypre ont été une surprise pour beaucoup. Pourtant, nombreux sont sans doute les déposants qui croient toujours leurs économies en sécurité, considérant que ce qui s’est passé sur l’île méditerranéenne ne les concerne pas. Les pouvoirs publics et les médias n’ont-ils pas répété à volonté que la situation chypriote est exceptionnelle et que cela n’arriverait pas ailleurs ?

Or nous avons déjà souligné dans un article précédent qu’en déposant de l’argent à la banque, en réalité vous lui prêtez vos économies et êtes créancier de la banque. Et si le signal chypriote ne vous a pas suffisamment alerté [quant] au risque que cela représente, sachez que les pouvoirs publics dans de nombreux pays occidentaux ont déjà officiellement bien enclenché le processus de “chypriotisation” des dépôts bancaires. En fait, ce n’est même pas un secret : Olli Rehn évoque ainsi ouvertement le fait que la responsabilité des déposants sera engagée en cas de restructuration ou de faillite bancaire au sein de l’Union européenne.

Il s’agit d’un changement extrêmement important. Car cela signifie que ce qui vient de se passer à Chypre sera en fait non pas l’exception, mais la règle en cas de futur problème bancaire.

Deux points méritent d’être soulignés à cet égard dans le nouveau cadre réglementaire qui se prépare.
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