Les fausses oppositions dans la rue cachent une vraie unanimité à l’Assemblée.
Ce n’est pas pour abonder dans le sens du camarade Manuel Moreau, mais il faut être vraiment jeune, nationaliste, romantique et ivre d’illusion lyrique pour croire que les hirondelles du mariage gay feront un quelconque « printemps français » qui renverserait la gauche par la force de la rue, alors que ce qui se pointe en douceur, c’est un long, très long hiver de la rigueur, de l’austérité ou de la régression sociale.
Choisissez le mot qui vous plaira selon votre appartenance politique : de toute manière, il ne vous reste plus que le vocabulaire pour marquer votre appartenance idéologique, les signifiants variés ne renvoyant plus qu’à un seul signifié : vous allez prendre sévère dans les années qui viennent.
Oui, le « printemps français » peut toujours rêver d’un genre de révolution des casseroles argentine à l’envers ou de putsch de classes moyennes chiliennes en modèle 1973, mais sans les chars. Encore faut-il, mais c’est le privilège de la jeunesse, avoir beaucoup, mais alors beaucoup d’imagination pour voir dans François Hollande Salvador Allende et dans le Palais de l’Elysée de 2013 un équivalent de La Moneda en 73 où s’élaborerait le passage à une société réellement socialiste.
Le problème, c’est que Bruxelles, les marchés, le Medef, tout ce monde qui gouverne effectivement le pays, est très content de François Hollande. Il mène exactement la politique attendue sur le seul point qui compte vraiment : l’économie.

















Longtemps, Hollywood s’est cru à l’abri des aléas économiques qui secouent régulièrement le pays : même pauvre, l’Américain moyen a besoin de rêver, et Hollywood n’est pas «l’usine à rêves» pour rien.