La rue aboie et la flexibilité passe

Les fausses oppositions dans la rue cachent une vraie unanimité à l’Assemblée.

Ce n’est pas pour abonder dans le sens du camarade Manuel Moreau, mais il faut être vraiment jeune, nationaliste, romantique et ivre d’illusion lyrique pour croire que les hirondelles du mariage gay feront un quelconque « printemps français » qui renverserait la gauche par la force de la rue, alors que ce qui se pointe en douceur, c’est un long, très long hiver de la rigueur, de l’austérité ou de la régression sociale.

Choisissez le mot qui vous plaira selon votre appartenance politique : de toute manière, il ne vous reste plus que le vocabulaire pour marquer votre appartenance idéologique, les signifiants variés ne renvoyant plus qu’à un seul signifié : vous allez prendre sévère dans les années qui viennent.

Oui, le « printemps français » peut toujours rêver d’un genre de révolution des casseroles argentine à l’envers ou de putsch de classes moyennes chiliennes en modèle 1973, mais sans les chars. Encore faut-il, mais c’est le privilège de la jeunesse, avoir beaucoup, mais alors beaucoup d’imagination pour voir dans François Hollande  Salvador Allende et dans le Palais de l’Elysée de 2013 un équivalent de La Moneda en 73 où s’élaborerait le passage à une société réellement socialiste.

Le problème, c’est que Bruxelles, les marchés, le Medef, tout ce monde qui gouverne effectivement le pays, est très content de François Hollande. Il mène exactement la politique attendue sur le seul point qui compte vraiment : l’économie.

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L’épreuve du licenciement

Ils ne représentent que 5 % des inscriptions au Pôle Emploi et sont 
emblématiques des temps de crise : les licenciements économiques symbolisent les « galères » personnelles, familiales et sociales de tous les chômeurs.

La récession actuelle a replacé sur le devant de la scène les fermetures de sites industriels, les vagues de licenciements économiques et les plans sociaux. Certains cas ont été fortement médiatisés, dans les dernières années : par exemple Peugeot à Aulnay-sous-Bois, Continental à Clairvoix, Molex à Villemur-sur-Tarn… Mais ce sont les avatars récents d’une longue chronique de plans de licenciements, parmi lesquels : Metaleurop dans le Pas-de-Calais en 2003, Moulinex en Normandie 2001, Cellatex à Givet en 2000, Daewoo en Lorraine en 1999, Pechiney sur divers sites en 1996, Chausson à Creil en 1993-1995, Chantiers navals de Dunkerque en 1987, Thyssen à Hagondange en 1979, etc.

Dans les années 1950, déjà, les reconversions industrielles ont été récurrentes. On ne parlait pas alors de la crise, comme on le fait aujourd’hui, mais de crises sectorielles, ayant affecté tout à tour les charbonnages et l’extraction minière, la sidérurgie et la métallurgie, le textile et la confection. Le glissement de vocabulaire (la crise) suggère un changement, mais de quelle nature ?

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Goodyear : Quand Hollande, candidat, promettait une loi

En visite à l’usine Goodyear d’Amiens, en octobre 2011, François Hollande promettait une loi pour empêcher les licenciements boursiers. Le moment a été immortalisé dans une vidéo amateur.

La scène se déroule le 14 octobre 2011, à l’usine Goodyear d’Amiens Nord. À deux jours du second tour de la primaire socialiste, le candidat Hollande est venu rencontrer les salariés en lutte pour la sauvegarde de leur emploi. Il drague les électeurs d’Arnaud Montebourg, en position d’arbitre grâce aux 17,19% des votes qu’il a obtenus au premier tour avec un discours inscrit à gauche.

« Je ne suis pas comme [un] autre qui vient devant les travailleurs et leur promet ce qu’il n’est pas capable de tenir après », introduit François Hollande (2’30). « L’État peut fixer les règles », promet-il alors (3’30), « dans les cas de licenciements dont le seul but est boursier, la saisine d’un tribunal doit être possible pour suspendre ce plan et obliger le groupe à revenir dans la négociation. »

Cette promesse de légiférer contre les licenciements boursiers, intégrée dans le programme du candidat socialiste, est aujourd’hui menacée.

Alors que les salariés tentaient, mardi, d’organiser une mobilisation interprofessionnelle pour faire pression sur le sujet, le gouvernement se cache derrière les « accords pour la compétitivité et la sécurisation du travail », conclus le 11 janvier entre des syndicats de patrons et de salariés.

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Le secteur du bâtiment prévoit 35.000 pertes d’emplois en 2012

Le secteur du bâtiment, “en situation d’urgence », prévoit la perte de quelque 35.000 emplois en 2012, a affirmé Bertrand Sablier, délégué général de la Fédération française du bâtiment (FFB), vendredi à Montpellier.

Nous prévoyons 35.000 pertes d’emplois en non-remplacements, intérim et licenciements », a affirmé M. Sablier au cours d’une conférence de presse, constatant que “si l’activité a progressé au premier semestre de 4%, elle va baisser d’environ 6% au second », soit “une chute de 10% en un semestre ».

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L’emploi continue de se détériorer aux Etats-Unis

Le pays a perdu des emplois pour le quatrième mois d’affilée. C’est le secteur public qui, face à des contraintes budgétaires considérables, détruit le plus de postes. Quant au secteur privé, il continue d’embaucher mais moins rapidement que les mois précédents.

Le marché de l’emploi s’est détérioré fortement en septembre aux Etats-Unis, selon des chiffres officiels publiés vendredi à Washington, à moins d’un mois des élections législatives. Le pays a perdu des emplois pour le quatrième mois d’affilée, et à un rythme bien plus rapide que le mois précédent, indique le rapport mensuel sur l’emploi du département du Travail.

L’économie a détruit en septembre 95.000 emplois de plus qu’elle n’en créait, indique le ministère, ce qui traduit une progression des emplois perdus de 67% par rapport à août. Les analystes estimaient au contraire que le pays était revenu en septembre à l’équilibre avec un solde nul de créations ou de destructions d’emplois.

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Roumanie: A vendre, pays en crise

Durement touchée par la crise, soumise à la rigueur et confrontée à des grèves, la Roumanie serait quasiment en faillite. Ni ses dirigeants ni les investisseurs européens ne semblent cependant prêts à réagir. Et ce sont la Russie et la Chine qui pourraient en profiter, craint România liberă.

Tandis que le président roumain reconnaît que son pays est en faillite, le gouverneur de la Banque nationale de Roumanie, Mugur Isarescu, a à son tour soudainement remarqué que son pays se retrouvait dans le même pétrin qu’il y a dix ans. A les entendre, tous les maux de la Roumanie se seraient abattus récemment sur le pays.

Acteurs et victimes de leurs propres machinations, les élites politiques de Roumanie ont pourtant toujours placé leurs propres intérêts au-dessus des intérêts nationaux, même lorsqu’ils savaient que leurs actions pouvaient conduire au désastre.

Le président Traian Basescu parle aujourd’hui du danger de “grécisation” du pays. Mais l’an dernier, le gouvernement d’Emil Boc (Parti démocrate libéral) a préféré dépenser sans compter sans que le président ne lui tape sur les doigts. La fausse philanthropie de l’exécutif était aussi rentable pour le président, car son enjeu n’a pas été d’extirper la Roumanie de la crise mais de remporter la course à la présidence. Sinon, Traian Basescu aurait obligé Emil Boc & Co. à procéder à des licenciements, baisser les salaires et cesser les acquisitions clientélistes.

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L’économie sud-africaine est-elle vraiment dopée par le foot ?

La Coupe du monde de football démarrera le 11 juin dans un pays qui a enregistré une croissance de 4,6% au premier trimestre 2010, après une récession de -1,8% en 2009.

Un effet ballon rond ? Pas si sûr…

Pour le ministre des finances sud-africain, Pravin Gordhan, la chose est entendue : la Coupe du monde de football apportera 0,5 point de croissance à une hausse de PIB qui atteindrait 2,3% en 2010.

Problème, l’effet positif de la Coupe du Monde sur l’activité d’un pays n’est absolument pas avéré.

Une étude menée par Bank of America-Merrill Lynch sur la période 1954-2006, montre que les pays organisateurs ont, en moyenne, enregistré pendant l’année de la compétition une croissance économique inférieure à leur rythme habituel.

L’Afrique du sud est toutefois assurée de déroger à cette règle. Mais surtout en raison de la crise mondiale qui a plongé le pays dans la récession au dernier trimestre 2008, et ce pour la première fois en 17 ans.

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Les caisses du MoDem sont vides

Licenciements et doutes sur les capacités d’emprunt de François Bayrou pour 2012. Aura-t-il les moyens de se présenter dans de bonnes conditions en 2012 ? Au-delà de la crise électorale que traverse le MoDem – après une succession d’échecs aux dernières élections municipales, européennes et régionales, le parti de Bayrou traverse une crise financière.

Le financement public d’un parti politique dépend de ses résultats aux élections législatives. Or, les divisions des centristes (l’UDF ayant éclaté en deux partis, MoDem et Nouveau Centre) ont entraîné un morcellement des subventions publiques qui leur étaient destinées jusqu’à présent. Pour obtenir une subvention publique, le Nouveau Centre s’est arrangé avec le règlement en s’alliant avec un parti polynésien.

S’il apparaît improbable que Bayrou renonce à une candidature faute d’argent, il se pourrait qu’il opte pour une campagne low cost en cas de prêts bancaires insuffisants.

Le MoDem n’a pas eu besoin de contourner le règlement, mais avec seulement 3 députés à l’Assemblée nationale, le financement public s’est réduit comme peau de chagrin. Après toute une série de défaites électorales et de désistement interne, le parti est désormais en difficulté financière au point de devoir licencier et de s’interroger sur les conditions d’une candidature de Bayrou en 2012.

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Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille

«La guerre des classes existe, c’est un fait. Mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter.»

(Warren Buffett, deuxième fortune mondiale, New York Times, 29 novembre 2006)

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C’est le point aveugle du débat économique. Une donnée clé, et d’autant mieux cachée par les grands médias : de toutes les richesses produites en France, les salariés récoltent, aujourd’hui, d’après l’Insee, 9,3% de moins qu’en 1983 – autant qui va en plus aux actionnaires. Soit plus de 100 milliards d’euros par an…

«La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse). En fait, l’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’a pas de précédent dans les 45 dernières années.»

D’où sont tirées ces lignes ?

On croirait une communication de la CGT ?

Ou un discours d’Olivier Besancenot ?

Au contraire : ce passage est extrait d’un article de la Bank for International Settlements. La Banque des Règlements Internationaux. Une institution qui réunit chaque mois, à Bâle, en Suisse, les banquiers centraux pour « coordonner les politiques monétaires » et « édicter des règles prudentielles ».

Dans leurs Working Papers n° 231, daté de juillet 2007 et titré Global upward trend in the profit share («Hausse tendancielle mondiale de la part des profits»), eux insistent pourtant sur les «hauts niveaux de la part du profit inhabituellement répandus aujourd’hui», sur cette «marge d’une importance sans précédent», sur cette «preuve à la fois graphique et économétrique d’un fait particulier concernant le partage des revenus dans les pays industrialisés : une poussée à la hausse de la part des profits au milieu des années 80, ou son pendant : une poussée à la baisse de la part des salaires» et ainsi de suite sur vingt-trois pages.

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Désintox : le « mythe grec » de la retraite à 53 ans

L’information telle qu’elle esf relayée par les médias. Depuis quelques jours, de nombreux commentaires hostiles à la Grèce fleurissent sur les blogs et dans les commentaires d’articles de presse en ligne. La cause ? Plusieurs articles de journaux et émissions de radio ont appris aux Français que les Grecs partaient à la retraite… à 53 ans !

La Procession du cheval dans Troie par Giovanni Battista Tiepolo. (L'offrande fut introduite dans la cité grâce aux subterfuges de l'habile menteur Sínôn, cousin d'Ulysse).

La source de cette information : une dépêche, reprise en choeur par la quasi-totalité des journaux, indiquant que dans une interview accordée au Financial Times le ministre grec des affaires sociales avait déclaré que l’âge moyen de la retraite en Grèce allait passer de 53 ans à 67 ans.

Cette affirmation a suscité une vague de colère : “pas étonnant qu’ils soient dans une situation de faillite, ces fainéants, puisqu’ils partent en retraite sept ans avant nous !

Voici quelques extraits prouvant qu’une majorité de journalistes s’est contentée de recopier cette dépêche, parfois à la virgule près, induisant ainsi en erreur une bonne partie de leurs lecteurs :
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IBM imagine se débarrasser des trois quarts de son personnel

IBM envisage de se séparer des trois quarts de ses 399 000 salariés au cours des sept prochaines années. Le site spécialisé en ressources humaines Personnel Today, qui a interviewé le responsable du personnel d’IBM Tim Ringo, explique que si un tel scénario était appliqué, 299 000 salariés seraient licenciés d’ici à 2017, et pourraient être réembauchés au cours de missions spécifiques.

Le but d’IBM est clair : réduire ses coûts importants en force salariale. Selon Tim Ringo, ce n’est qu’une option envisagée pour l’instant, mais il y aurait un réel besoin chez IBM : « il n’y aurait plus de coûts de fabrication, et plus de retraites ou de dépenses de santé à payer. Ce qui permettrait d’importantes économies. »

Pour Robert Morgan, directeur du cabinet de consultants Burnt Oak Parteners, « c’est quelque chose que les grands fournisseurs de services font depuis trois ans », et tous semblent vouloir adopter ce type de stratégies. Selon lui, « la seule façon de réduire leurs coûts est de réduire leur personnel fixe. »

La problématique évoquée par Morgan, c’est la compétition « avec les pays low-cost, comme la Chine. De plus, les grandes entreprises doivent rester à la hauteur face à de nouvelles formes de technologies, donc les coûts salariaux sont la dernière chose dont elles veulent. »

Le problème, pour le consultant de KPMG Bernard Brown, est de parvenir « à encourager les gens à continuer à travailler pour vous » une fois qu’ils ont été licenciés. « Les problèmes pour les conserver sont énormes. Et le moral du personnel pourrait également être affecté. »

Clubic

Crise mondiale de l’emploi : le FMI nous propose de partager… le chômage !

Doit-on partager le travail ou le chômage ? La question, loin d’être anodine, pourrait être, en ces temps de chômage de masse, à la base d’un choix de société pour le futur. Dans le cas du FMI, on a une solution : mettre fin rapidement aux “privilèges scandaleux” des salariés en CDI !

Quelle est l’analyse du FMI sur la situation du chômage ?

Le FMI s’inquiète de la situation et écrit dans un chapitre des “Prévisions économiques mondiales” semestrielles :

(…) Le FMI a basé ces prévisions sur un examen des tendances de l’emploi lors des phases qui ont suivi les précédentes récessions mondiales. Pour plusieurs économies développées, la possibilité d’une reprise lente de l’activité et la nature de la récession récente présage de taux de chômages élevés à court terme”, a prévenu le Fonds.(…) Comme un chômage élevé peut rapidement devenir un problème structurel, cela pourrait entraîner des difficultés politiques et sociales graves (…) La profondeur et la durée de la Grande récession dans plusieurs économies développées, ont créé la nécessité de certains ajustements structurels pour leurs marchés du travail (…) La tâche des responsables politiques est de faire en sorte que cet ajustement se fasse le plus en douceur possible et de minimiser les conséquences économiques et sociales de long terme d’un taux de chômage obstinément élevé (…)

Et quelle sont ses suggestions, proposées dans son rapport ?

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Allemagne / Royaume-Uni : des perspectives très différentes pour deux pays particulièrement touchés par la crise

L’Allemagne et l’Angleterre, deux poids lourds de l’Europe, ont tout deux souffert très fortement de la crise économique et financière mondiale de ces deux dernières années. La progression récente des indices d’actions ne reflète cependant pas les très grandes différences structurelles existant entre les deux pays et plutôt favorables à l’Allemagne.

Gordon Brown et Angela Merkel

Ce n’est pas nouveau : si, sur le très long terme, la performance d’un indice boursier national reste représentatif du potentiel de croissance du pays auquel il se rapporte, cette relation entre performance financière et réalité économique ne se vérifie pas forcément à court terme. Et l’exemple de l’Angleterre et de l’Allemagne est parlant. Depuis 18 mois, le FTSE, l’indice phare de la Bourse de Londres, progresse de 20,8 %, alors que le DAX 30, représentatif du marché allemand, ne progresse que de 11,1 %.

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Hollywood et la crise économique

Contrairement à ce qui se passait lors des crises précédentes, la récession économique semble cette fois atteindre Hollywood. Licenciements en masse, réduction des budgets et des productions, spectre d’une grève des acteurs… Rien ne va plus sur la colline dorée du 7ème art.

Longtemps, Hollywood s’est cru à l’abri des aléas économiques qui secouent régulièrement le pays : même pauvre, l’Américain moyen a besoin de rêver, et Hollywood n’est pas «l’usine à rêves» pour rien.

Après le krach boursier de 1929, le box-office a augmenté de 58,2 %. À la suite des attentats de 2001, il a fait un bond de 8,6 %.

Mais aujourd’hui, Hollywood fait face à un vrai malaise qui, derrière la surface glamour, commence à faire mal. Certes, des hôtels luxueux continuent de voir le jour à Beverly Hills (une suite dans le récent Montage coûte 7 500 dollars la nuit) et les stars ont toujours des salaires mirobolants. Jim Gianopoulos, patron de la Fox, le disait mieux que quiconque : «Le système n’est pas tellement bénéficiaire pour les compagnies, mais il l’est pour les individus.»

D’ailleurs, le box-office américain de 2008 n’est-il pas, avec plus de 9,6 milliards de dollars de revenus, une preuve de bonne santé ? Ah, mais c’est là que le bât blesse : ce chiffre est dû à l’augmentation du prix du billet et non au nombre de billets vendus, qui, lui, est fortement décroissant.

Selon un sondage, 32 % des Américains veulent réduire leurs dépenses cinéma en ces temps difficiles. La vente des DVD (énorme source de revenus) a enregistré une baisse de 9 %, et cela avant même que la crise n’atteigne des proportions effrayantes. Rien ne va plus à La-La-Land.
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Le chômage américain officiel au-dessus des 10%… et officieusement, près des 20%

Les prévisions de la banque centrale américaine sont désormais caduques, avec un taux de chômage de 10,2% en octobre.

[N.B. : rappelons qu'officieusement, en raison du mode de comptage discutable des chômeurs aux Etats-Unis, le taux réel de la "population active" sans emploi, avoisinerait plutôt les 20%, si l'on en croit certains économistes hétérodoxes, tels que le célèbre Gerald Celente (18,7% en juillet 2009), le moins connu Peter Morici (18 % en novembre 2009) ou le fameux site Shadowstats, autrement dit "statistiques fantômes" (22% en novembre 2009), ou encore... un responsable local de la Fed à Atlanta (16 % en août 2009) - Fortune]

Effet psychologique garanti : le chômage américain a dépassé en octobre la barre des 10%, atteignant 10,2%. Le marché de l’emploi souffre encore de destructions d’emplois massives, bien qu’en baisse, selon les chiffres officiels corrigés des variations saisonnières publiés vendredi à Washington.

Le rythme des destructions d’emploi a néanmoins ralenti par rapport à un mois de septembre catastrophique. L’économie américaine a détruit 190.000 postes en octobre, soit 13,3% de moins que le mois précédent, mais toujours bien plus qu’en août, quand les licenciements nets étaient tombés à 154.000, a indiqué le département du Travail.

“Faiblesse persistante”

Les chiffres publiés “contiennent à la fois les signes d’un rétablissement et la preuve douloureuse de la faiblesse persistante du marché de l’emploi”, a réagi la conseillère économique en chef du président Barack Obama, Christina Romer. Lire la suite

(28.10.2009)

  • USA : faillite du grand groupe de crédit immobilier commercial Capmark

L’un des plus importants groupes américains de financement d’immobilier commercial, Capmark Financial, fait faillite. Dans un communiqué dimanche soir, le groupe indique ainsi s’être placé sous la protection de la loi sur les faillites (Chapter 11), illustrant les difficultés qui persistent dans l’immobilier d’affaires. “Nous voyons ce processus de réorganisation comme une réponse malheureuse mais nécessaire aux conditions sans précédent dans le marché de l’immobilier commercial”, a commenté Jay Levine, le PDG de Capmark. L’ancienne branche de financement commercial de GMAC – l’ex-division de services financiers du constructeur automobile américain General Motors (GM) -, a enregistré une perte de 1,6 milliard de dollars au second trimestre. Le dépôt de bilan de Capmark met en difficulté le groupe d’investisseurs qui en détient 75%, à savoir les fonds de capital investissement KKR et Five Miles Capital Partners ainsi que la banque d’affaires Goldman Sachs à travers sa branche de capital investissement (Goldman Sachs Capital Partners). Les 25% restants de Capmark sont détenus par les employés du groupe financier. La Tribune

  • Russie : perte record pour Rusal en 2008

Le géant russe de l’aluminium, qui prépare son introduction en Bourse à Paris et à Hong­kong, a dégagé une perte de 5,8 milliards de dollars en 2008, selon le quotidien russe Vedomost, pour un chiffre d’affaires de 15,8 milliards. Rusal a été doublement pénalisé l’année dernière. Comme ses principaux concurrents, il a subi de plein fouet la baisse des cours de l’aluminium. Le cours du métal est passé de 2 662 dollars la tonne en moyenne en 2007 à 2 169 dollars en 2008. La tendance s’est d’ailleurs poursuivie cette année. En outre, le groupe russe a procédé à une drastique réévaluation de sa participation dans son compatriote Norilsk, premier producteur mondial de nickel et de platinoïdes, dont la valeur a pratiquement été divisée par cinq en douze mois. Le montant de cette réévaluation n’est pas connu. Le Figaro

  • USA : Caterpillar licencie 2.500 salariés et en rappelle 500

Caterpillar a annoncé lundi le rappel de 500 salariés licenciés d’ici la fin 2010, mais aussi le licenciement définitif d’environ 2.500 autres. Ces 3.000 personnes font partie des plus de 22.000 licenciées par le groupe américain depuis le début de l’année. L’équipementier de chantier a réduit ses effectifs de 16%, les ramenant à un peu plus de 94.000 salariés, pour faire face à une baisse de la demande. Associated Press (via Yahoo)

  • McDonald’s quitte l’Islande en raison de la crise financière

Ses trois restaurants, sous franchise de Jon Ogmundsson depuis 2004, fermeront leurs portes le 31 octobre à minuit. “La complexité opérationnelle unique de la pratique des affaires en Islande, ajoutée au climat économique très difficile régnant dans ce pays, font qu’il est financièrement prohibitif de poursuivre nos activités”, explique McDonald’s Europe dans un communiqué. Le n°1 mondial de la restauration rapide précise que dans ces conditions, elle n’entend pas pour le moment chercher un nouveau partenaire en Islande. Jon Ogmundsson compte pour sa part lancer une nouvelle chaîne de hamburgers appelée “Metro”. Les banques islandaises ont fait faillite à l’apogée de la crise mondiale du crédit, plongeant toute l’économie dans un profond marasme. L’économie du pays dépend principalement d’une aide financière du FMI d’un montant de dix milliards de dollars. Reuters

(Merci à SPOILER)

  • Les banques belges ne sont plus rentables

Rendement des capitaux qui chute de 8,9 %, ratio coûts/revenus qui flambe de 30 %, dépôts qui dévissent de 8,3 % : le premier semestre de 2009 s’est teinté de noir pour les banques en Belgique, si l’on en croit les chiffres publiés par la BNB. Les banques belges ont accumulé au premier semestre une perte de 2,2 milliards d’euros, alors que, voici un an, elles avaient encore enregistré un bénéfice cumulé de 3,2 milliards d’euros, selon les chiffres tirés de l’ Aperçu stratégique du système financier belge , publié lundi par la BNB. Les banques ont vu leurs bénéfices chuter en raison de la crise. Le rendement des capitaux propres des banques est ainsi négatif de 8,9 %, contre un positif de 11 % un an plus tôt. Trends.be

(21.09.2009)

Oleg Deripaska

  • Les licenciements massifs se multiplient en Russie

Trois symboles de l’économie russe, les constructeurs automobiles GAZ et Avtovaz et la compagnie aérienne Aeroflot, s’apprêtent à supprimer des milliers d’emplois, au moment où les autorités disent voir une sortie de crise se dessiner. GAZ, contrôlé par l’oligarque Oleg Deripaska et partenaire de l’équipementier Magna et de la banque russe Sberbank dans le rachat du constructeur allemand Opel : 14.000 licenciements. Avtovaz, détenu à 25% par le français Renault : 5.000 (36.000 possibles au total). Aeroflot : 2.000 (6.000 possibles au total). Pour les analystes, ces entreprises agissent de la sorte, car le gouvernement a cessé de les soutenir financièrement, comme ce fut le cas depuis le début de la crise il y a un an. Le gouvernement s’attend toujours à voir le PIB chuter de plus de 8% en 2009. AFP

  • 25 millions de chômeurs d’ici fin 2010, selon l’OCDE

Quinze millions de chômeurs supplémentaires sont venus s’aligner devant les services pour l’emploi des pays de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) depuis la fin 2007. Près de 10 millions de chômeurs de plus sont attendus dans les mois qui viennent. De ce fait, le taux de chômage (à 8,3 % fin juin, le plus haut niveau de l’après-guerre), va encore augmenter, et sans doute atteindre 10 % de la population active courant 2010. Soit 57 millions de personnes. En moins de trois ans, le nombre de chômeurs devrait donc progresser de plus de 25 millions. « L’un des principaux risques est de voir une grande part de cette forte hausse du chômage prendre un caractère structurel », note l’OCDE. Les Echos

  • La Grèce s’enfonce dans la crise

Le déficit public devrait atteindre 5,7% du PIB et la dette plus de 100% du PIB. Le taux réel du chômage est de 15,5% et devrait dépasser les 17,3% en 2010, soit plus de 800 000 nouveaux demandeurs d’emploi dans un pays qui compte 11 millions d’habitants. Plus de 20% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté avec une moyenne de 414 euros par mois. En outre, le salaire de base est passé de 776,20 à 662,10 euros. Pour faire face, de plus en plus de Grecs sont obligés de cumuler deux à trois emplois, mais n’en déclarent qu’un seul. Quel que soit le résultat des élections du 4 octobre prochain, tout porte à croire que la Grèce ne fera pas l’économie d’une nouvelle ­crise sociale, à l’instar des émeutes de décembre 2008. Le Figaro

(Merci à Léonidas)