Cash Investigation : Quand les actionnaires s’en prennent à nos emplois

Ils ne connaissent pas la crise. Ils gagnent toujours plus d’argent. La rémunération des actionnaires explose. En 2013, elle a atteint le montant historique de deux cents milliards d’euros en France. Pour arriver à de telles sommes, les grandes entreprises françaises ont recourt à des stratégies et des méthodes difficilement avouables.

Plans sociaux, licenciements, pressions sur les salariés, certaines grandes entreprises sont prêtes à tout pour dégager toujours plus d’argent au profit de leurs actionnaires. Ce sont parfois ces mêmes entreprises qui bénéficient d’aides publiques massives.

Pendant un an, de Hénin-Beaumont à Toronto, en passant par Londres et Boston, Edouard Perrin a tenté de remonter les circuits financiers pour révéler qui s’enrichit derrière les plans sociaux et fermetures d’usines en France.

Cash Investigation (03/03/2015)

Le CDI n’est pas toujours synonyme de stabilité de l’emploi

Si la signature d’un contrat à durée indéterminée (CDI) se fait de plus en plus rare, elle ne signifie pas forcément que le salarié restera longtemps dans l’entreprise. Contrairement aux idées reçues, plus d’un tiers (36,1%) des CDI ayant débuté en 2011 ont duré moins d’un an, selon une étude publiée ce vendredi par la Dares, le département de statistiques du ministère du Travail.

Le premier motif de rupture est la démission : 45% des CDI signés en 2011 et rompus avant leur premier anniversaire l’ont été par ce biais. Suit la fin de la période d’essai (35%), qui peut être aussi bien de l’initiative de l’employeur que du salarié. Le licenciement ne représente qu’une portion congrue de ces départs prématurés (10%), tout comme la rupture conventionnelle 5% même si cette proportion est hausse par rapport à 2007.

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La lutte des cadres

Le monde de l’entreprise se durcit. Les employeurs n’hésitent plus à supprimer des postes de cadres pour satisfaire aux exigences du marché. Les candidats aux rares postes proposés entament, alors, un véritable parcours du combattant.

Claire, Jean-Sébastien et Jean-François, quarantenaires issus des ressources humaines, de l’informatique et de la grande distribution, se sont adjoint les services d’un cabinet privé spécialisé dans le reclassement. Chacun apprend à devenir le candidat idéal.

Entre espoirs et déboires, Claire, Jean-Sébastien et Jean-François, suivis en immersion pendant neuf mois, doivent réussir à s’adapter aux nouvelles règles du marché du travail en se reconstruisant, notamment, lors d’un «bilan personnel».

Réalisé par Pauline Frachon et Jean-Yves Cauchard (France 5 – 13/01/2015)

En dix ans, PSA et Renault ont perdu 70.000 postes en France

45.000 postes ont disparu chez PSA sous l’effet des plans sociaux successifs. Faute de recrutement, les constructeurs affichent des effectifs vieillissants.

Le tour de vis se poursuit chez PSA. Comme attendu , la direction a présenté hier ses projections d’emploi pour 2015. Dans le cadre du contrat social négocié avec ses syndicats, la direction table sur 1.500 congés seniors – le salarié peut partir deux ans avant sa retraite, reste inscrit dans les effectifs, mais ne touche que 70 % de son salaire –, ainsi que sur 1.400  mobilités internes, 550  mobilités externes sécurisées (le salarié peut réintégrer le groupe s’il le souhaite). Des mouvements destinés à faire des économies, qui seront compensées par 550 recrutements en CDI, ainsi que l’embauche de 2.000 jeunes en alternance.


Derrière cette réorganisation, c’est le bilan social dressé par PSA qui est particulièrement marquant. Il reflète, tout comme chez Renault, la saignée qu’ont connu les deux constructeurs sur les dix dernières années.

« Maintenant, on a une vision claire et très précise des effectifs », indique Christian Lafaye, délégué Force ouvrière. Selon les documents transmis aux syndicats, Peugeot Citroën Automobile (PCA), qui regroupe les usines et les centres d’ingénierie de l’Hexagone, ne compte plus que 58.100 salariés à fin septembre. Ce qui devrait situer les effectifs 2014 de la division automobile (PCA, réseaux de distribution…) entre 65.000 et 67.000 salariés, bien loin des 100.000 salariés employés il y a dix ans encore, en 2004.

Au global, les effectifs du groupe (en intégrant Faurecia, PSA Finances…) s’élèveront à moins de 83.000 salariés, soit une chute de 45.000 postes en dix ans, à la fois du fait des restructurations (plan de départ en 2011, fermeture d’Aulnay…), mais aussi de diverses cessions (Citer, Gefco…).
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« Licencier sans motif » : Le rêve du patron du MEDEF

Licencier des salariés sans aucun motif, c’est le nouveau rêve de Pierre Gattaz. Selon le président du Medef, un chef d’entreprise qui pourrait se séparer sans justification de ses salariés aurait plus de facilités à embaucher.

Aujourd’hui, pour être légale, la rupture d’un CDI doit avoir une “cause réelle et sérieuse” avec des motifs précis comme l’insuffisance professionnelle, la faute ou la difficulté économique de l’entreprise.

Pour le Medef, les contestations de licenciements aux prud’hommes sont trop nombreuses.

PSA Aulnay, les mots de la fin (Vidéo)

En juillet 2012, les salariés du site PSA Peugeot Citroën d’Aulnay-sous-Bois apprennent abasourdis la fermeture de leur usine. Les 3000 salariés du site se sentent trahis par leur direction et lâchés par les politiques.

Un bras de fer commence : pendant des mois, ils vont lutter pour tenter d’améliorer leurs conditions de départ allant jusqu’à bloquer l’usine. Depuis l’annonce de cette fermeture, Francine Raymond et Ludovic Fossard, les auteurs du documentaire, ont suivi ce conflit social hors du commun.

Réalisé par Francine Raymond et Ludovic Fossard

Revue de presse économique de Pierre Jovanovic du 25/06/2014

Revue de presse économique du 25 juin 2014. Pierre Jovanovic reçoit Claude Reichman, président du Mouvement pour la Liberté de la Protection Sociale et spécialiste du RSI.

Format audio (télécharger l’émission au format mp3) :

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :

Espagne: Le boycott de Coca-Cola fait dégringoler les ventes

En plus de la grève, les salariés ont appelé à ne plus consommer les produits de la marque de boissons gazeuses.

Le 22 janvier dernier, la filiale de Coca-Cola en Espagne annonçait un plan social massif avec la fermeture de quatre usines et plus d’un millier de licenciements.

«En plus de la grève et des manifestations, les salariés ont appelé leurs compatriotes à ne plus consommer les produits de la marque», rapporte le site de Courrier International.

Leur slogan: «Si Madrid ne fabrique plus de Coca-Cola, Madrid n’en boira plus». Et le message a été entendu.

«La plus grosse chute jamais enregistrée»
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Contrat de travail : Un salarié ne peut plus refuser sa modification, même pour une baisse de salaire

Votre patron va pouvoir modifier votre contrat de travail unilatéralement. En effet, dans un arrêt du 12 juin 2014, la Cour de cassation considère désormais qu’un salarié ne peut plus refuser toute modification de son contrat de travail voulue par l’employeur. Y compris pour une baisse de salaire… “si elle reste faible”.

La Cour de cassation a modifié son point de vue. Alors qu’elle l’excluait formellement depuis de nombreuses années, elle juge désormais qu’un employé peut se voir imposer une modification de son contrat, à condition qu’elle n’empêche pas, objectivement, sa poursuite, et donc qu’elle soit mineure.

Il s’agit, de la part du juge, de l’introduction d’une certaine souplesse dans les relations employeur-employé, qui était absolument exclue jusqu’à présent. La Cour jugeait invariablement que ce qui avait fait l’objet d’un contrat signé ne pouvait en aucun cas être modifié par une partie sans l’accord de l’autre. Elle admettait seulement que la modification refusée, si elle était nécessaire, puisse justifier un licenciement, mais avec indemnités.

Cette modification mineure, que le salarié doit désormais accepter, peut même porter sur des éléments essentiels, comme le montant de la rémunération. Ce que les juges considéraient jusque-là comme absolument intangible, sauf accord des deux parties pour la modifier. La Cour de cassation n’admettait même pas que le mode ou le montant de la rémunération prévus au contrat soient modifiés dans un sens favorable au salarié, sans l’accord exprès de celui-ci.

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Le chômage ou l’autogestion : quand des salariés décident de licencier leur patron

« En 2008, le patron a décidé de fermer notre entreprise de fenêtre à Goose Island (Illinois, États-Unis) et a mis à la porte tout le monde. En 2012, nous avons décidé d’acheter l’entreprise et de licencier le patron. Nous détenons ensemble l’usine et la dirigeons démocratiquement. Voila notre histoire… », peut-on lire sur le site internet de New Era Windows, une entreprise pas comme les autres. Récit d’une reprise en main par les salariés de leur outil de travail.

Fin 2008, la crise financière et bancaire fait de nombreuses victimes. Les 250 salariés de l’entreprise Republic Windows and Doors, qui produit des portes coulissantes et des fenêtres à Goose Island, près de Chicago, ont vu le ciel leur tomber sur la tête. Ils sont licenciés, du jour au lendemain, sans préavis et au mépris des lois sociales, sans indemnités ni paiement de leur salaire. À ce moment de la crise qui secoue le capitalisme mondialisé, on estime à 500 000 le nombre de licenciements mensuels qui frappent les salariés américains.

La direction de l’entreprise prétexte que la Bank of America lui a coupé le robinet des crédits. Mais les salariés soupçonnent très vite une faillite organisée pour cacher une délocalisation.

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Europe : Les mamans perdent leurs boulots

En Italie, seules 77,3% des mères conservent leurs emplois deux ans après l’accouchement contre 81,6% en 2006. En Angleterre, près de 50.000 femmes sur 340.000 perdent leurs emplois ou se retrouvent déclassées chaque année après un congé maternité. Une pratique discriminante, mais pourtant très répandue dans bon nombre de pays européens.

Les mamans mises au placard dans les entreprises. C’est le constat d’une étude menée par la House of Commons Library. 50.000 femmes sur 340.000 ayant un emploi perdent leurs postes à la suite d’un congé maternité. Pressions exercées par les supérieurs, déclassement voire licenciement, rien n’est épargné aux jeunes mamans promptes à reprendre le travail, révèle The Independent. Il faut dire que l’Angleterre est le pays d’Europe où le congé maternité est le plus long (52 semaines).

Pour celles qui conservent leur emploi, les perspectives d’obtenir une augmentation ou une promotion se réduisent. Les recours en justice sont difficiles à mettre en œuvre. Le quotidien souligne qu’une plainte pour discrimination à l’embauche après un congé maternité peut coûter jusqu’à 1.200 livres (près de 1.400 euros).

Yvette Cooper, ex Premier Ministre entre 2008 et 2009 sous Gordon Brown témoigne pour The Independent. Elle fut la première chef de gouvernement à prendre un congé maternité au cours de son mandat.
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General Electric va supprimer 600 emplois en France

General Electric (GE) va supprimer quelque 600 postes en France, via des plans de restructuration lancés ces derniers mois dans différentes entités, la filière finance étant la plus touchée, ont indiqué vendredi 26 juillet une source syndicale et la direction, confirmant une information des Echos.

“Nous avons recensé 620 postes qui vont disparaître d’ici à la fin de l’année ou au cours du premier semestre de l’année prochaine”, a indiqué un syndicaliste membre du comité de groupe de GE France, un nombre que la direction a qualifié de “proche de la réalité”.

GE France, qui est présent dans 20 métiers dans l’énergie, les technologies médicales, les services financiers et l’industrie, a lancé “5 à 6 plans de sauvegarde de l’emploi”. Un porte-parole de GE France a souligné que les plans qui concernent des activités très différentes avaient été “décidés entité par entité en fonction du contexte économique” afin de “sauvegarder la compétitivité”. Il a en outre indiqué que ces départs se feraient “essentiellement via des plans de départs volontaires”.

400 POSTES DANS LA FILIÈRE FINANCE

La filière finance sera la plus touchée car 400 postes doivent être supprimés dans ce seul périmètre, a précisé pour sa part Régis Dos Santos, président du Syndicat national de la banque et du crédit SNB/CFE-GCC.

Dans ce secteur, 222 postes doivent notamment être supprimés chez GE Money Bank (sur 1 000 postes) et 33 dans la filiale qui fait du crédit immobilier, a précisé M. Dos Santos. A cela s’ajoutent une centaine de suppressions de poste dans l’énergie, un nombre du même ordre dans le secteur liée à l’industrie du pétrole (“Oil & gas”), une trentaine dans l’immobilier de bureau, ou encore dans une entité qui fait de l’affacturage.

Pour M. Dos Santos, les suppressions de postes dans la finance ne sont pas justifiées économiquement car les activités sont “viables”, et correspondent donc à des “licenciements boursiers”. Le syndicat compte assigner sous peu GE Money Bank au tribunal de grande instance de Nanterre pour contester le motif économique des suppressions de postes.

GE France, présidé par Clara Gaymard, emploie 11 000 salariés dans l’Hexagone. Ses trois principaux sites de production sont à Belfort (GE Energy), à Buc (GE Healthcare) et au Creusot (GE Oil & Gas).

Lemonde.fr

Les mains nettes

Long métrage de fiction dont l’histoire gravite autour d’une dizaine d’employés de bureau. Ils vivent ensemble une existence médiocre, monotone et banale jusqu’à l’arrivée d’un nouveau gérant de personnel dont la mission sera de moderniser l’administration.

En voulant congédier un employé de quarante-cinq ans de services, il découvrira la révolte et la solidarité des employés. Claude Jutra rend ici, avec justesse, la misère psychologique qui accable les cols blancs dans les années 1950.

Les mains nettes par Claude Jutra, Office national du film du Canada

L’austérité consacre le pouvoir des rentiers

Par Roberto Fiorini

L’austérité est une erreur économique qui conduit à des catastrophes sociales. Elle n’arrange rien et aggravera tout. En Espagne, le taux de chômage des jeunes est à 55 %, mais l’Espagne devra quand même trouver 100 milliards € d’économies sur 3 ans. Cela passera par des hausses de TVA (qui freineront la consommation), des hausses de prix sur le tabac et l’électricité, une fiscalité accrue sur les hydrocarbures (comme celle qui se prépare en France), avec l’inéluctable cortège de rabotage des services publics (toutes ces mesures impactant le pouvoir d’achat).


Illustration issue de la “Monographie du rentier” d’Honoré de Balzac

Pour ceux qui sont licenciés, ou le seront sous peu, on envisage la baisse des indemnités chômages, la réduction des indemnités de licenciements, et la facilitation des procédures de licenciements… En Grèce, des cortèges de mesures identiques ont empiré la situation: la dette sur PIB est passée de 112 % en 2008 à 180 % en 2012, le chômage a été doublé, tout comme les suicides!

L’économie s’enlise dans la récession, avec un PIB qui recule de 7 %. Beau bilan pour les élites qui voulaient faire baisser l’endettement du pays ! Une situation qui pourrait aboutir à des conséquences similaires se met en place en France (voir l’article intitulé «Le PS fera baisser les salaires à la rentrée»).

Derrière les pourcentages d’économies, des gens meurent
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Bruxelles presse la France d’entreprendre six grandes réformes

Simplifier le système fiscal, abaisser le coût du travail, réformer les retraites dès cette année -ce n’est pas tout !-, réduire le déficit à 3,6% du PIB en 2014, ouvrir les professions « fermées » (médecins, notaires, taxis…)… Vaste programme ! La Commission européenne a fixé hier une dizaine de « recommandations » à la France pour qu’elle parvienne à tenir son objectif de réduction du déficit et pour qu’elle retrouve les chemins de la compétitivité.

Ces pistes de réforme ne sont pas nouvelles, certaines sont même déjà dans les tuyaux. Mais Bruxelles veut que la France tape plus fort et plus vite. Sous leurs faux airs de bons conseils, ces injonctions s’apparentent en réalité presque à des ordres puisque si elles sont validées fin juin lors d’un sommet, elles deviendront légalement contraignantes. La France pourrait être sanctionnée si les résultats budgétaires n’étaient pas au rendez-vous.

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Société Générale : Caisse de résonnance d’un secteur en crise (Màj)

Addendum du 14/05/2013 : Le bonus du PDG de Société Générale augmente de 75% au titre de 2012

Le montant de la rémunération variable accordée au PDG de Société Générale, Frédéric Oudéa, a augmenté de 75% en 2012 par rapport à 2011, à 1,19 million d’euros. Sa rémunération fixe est restée inchangée à 1 million d’euros.

Boursorama

Frédéric Oudéa, le PDG de Société générale, a sorti mardi les investisseurs du flou dans lequel il les avaient laissés en février. Lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe bancaire, il a en effet chiffré à 900 millions d’euros les économies qu’il attend d’ici 2015 de sa réorganisation, annoncée il y a déjà trois mois. « Ce plan s’ajoute aux 550 millions d’euros de réduction de coûts réalisés en 2012. Au total nous atteindrons 1,450 milliard d’euros d’économies sur la période 2012-2013 », a conclu Frédéric Oudéa.

Cette cure d’austérité s’accompagnera de coûts de restructuration et d’investissement de 600 millions d’euros. Philippe Heim, directeur financier de l’établissement a tenu à précisé que « ces projets d’économies ne pénaliseront pas l’activité commerciale du groupe ». Ils devront en revanche permettre au groupe bancaire de La Défense de retrouver une rentabilité de 10% dans trois ans, contre 7,4% hors éléments exceptionnels ou 2,7% en données brutes aujourd’hui. Ces précisions ont été saluées par les marchés, le titre de la banque s’envolant de plus de 5% dans la matinée de mardi.

Les conséquences sur l’emploi seront lourdes. Déjà évoquée avec les organisations syndicales depuis plusieurs semaines, la réduction des fonctions supports entraînera la suppression de 550 postes au siège de la banque sans départs contraints. Les organisations syndicales, en tête desquelles la CGT, espèrent obtenir une baisse de chiffre, autour de 450, lors du prochain comité central d’entreprise qui doit se réunir le 14 mai.

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Revue de presse économique de Pierre Jovanovic (27/02/2013)

Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 27 février 2013

Nouveau : écouter l’émission au format mp3

(pour télécharger le fichier mp3, cliquer sur la flèche bas du lecteur puis cliquer sur le bouton Download now de la page qui s’ouvre)

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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Accord de sécurisation de l’emploi, un dynamitage du droit du travail

Dans le projet d’accord sur la sécurisation de l’emploi trouvé le 11 janvier dernier, le patronat a fait carton plein sur la flexibilité et obtenu un maximum de dérogations au Code du travail. Décryptage.

Malgré quelques miettes lâchées aux 
salariés, comme l’instauration d’une complémentaire santé généralisée, des représentants du personnel au conseil d’administration ou la taxation des contrats courts…, les travailleurs sont les premières victimes de cette régression sociale inédite voulue par le Medef.

1. Faciliter les licenciements et éviter les poursuites

Dans le texte, la procédure de licenciement collectif pour motif économique et son contenu sont fixés, soit par un accord collectif majoritaire, soit par un document produit par l’employeur et homologué par la Direccte (directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi). Une « validation » du plan social par les syndicats ou l’administration qui rendra plus difficile sa contestation devant le juge.

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L’épreuve du licenciement

Ils ne représentent que 5 % des inscriptions au Pôle Emploi et sont 
emblématiques des temps de crise : les licenciements économiques symbolisent les « galères » personnelles, familiales et sociales de tous les chômeurs.

La récession actuelle a replacé sur le devant de la scène les fermetures de sites industriels, les vagues de licenciements économiques et les plans sociaux. Certains cas ont été fortement médiatisés, dans les dernières années : par exemple Peugeot à Aulnay-sous-Bois, Continental à Clairvoix, Molex à Villemur-sur-Tarn… Mais ce sont les avatars récents d’une longue chronique de plans de licenciements, parmi lesquels : Metaleurop dans le Pas-de-Calais en 2003, Moulinex en Normandie 2001, Cellatex à Givet en 2000, Daewoo en Lorraine en 1999, Pechiney sur divers sites en 1996, Chausson à Creil en 1993-1995, Chantiers navals de Dunkerque en 1987, Thyssen à Hagondange en 1979, etc.

Dans les années 1950, déjà, les reconversions industrielles ont été récurrentes. On ne parlait pas alors de la crise, comme on le fait aujourd’hui, mais de crises sectorielles, ayant affecté tout à tour les charbonnages et l’extraction minière, la sidérurgie et la métallurgie, le textile et la confection. Le glissement de vocabulaire (la crise) suggère un changement, mais de quelle nature ?

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Rupture conventionnelle : Virer sans licencier

Tandis que les négociations sur l’emploi reprennent le 10 janvier 2013, la perspective s’éloigne du « compromis historique » entre syndicats et patronat espéré par M. François Hollande. Des représentants de salariés refusent le nouveau contrat de travail unique — et précaire — proposé par le Mouvement des entreprises de France (Medef). Instauré en 2008, le système de rupture conventionnelle en constitue un banc d’essai.

La période d’essai de Clotilde (1) vient d’être renouvelée lorsque ses employeurs la convoquent pour lui « proposer » un passage à trois cinquièmes de temps (trois jours travaillés par semaine).

La jeune femme est sous le choc : elle n’a pas compté ses heures dans cette petite entreprise spécialisée dans la vente de produits écologiques sur Internet. Si elle refuse, elle pourra dire adieu à son embauche.

Sur les conseils d’une amie avocate, elle contre-attaque…

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Offensives du Capital contre le monde du Travail

Intervention économique de Roberto Fiorini, lors de la Table Ronde de Terre & Peuple, le 7 octobre dernier.

Le monde actuel, et son ordre financier libéral, devient de plus en plus insupportable, pour un nombre sans cesse croissant d’européens. Mais tout ordre illusoire, déconnecté du réel finit par s’écrouler : le marxisme n’était pas en phase avec les réalités du monde et a finit par périr. Il en sera de même de ce capitalisme, pour les mêmes causes.

A nous de tirer les enseignements de ce que nous savons sur ce système, pour préparer l’avenir. Car nos peuples sont prêts à envisager un changement de destin.

Dans notre conception du monde il n’y a pas de fatalité. Le destin se regarde en face, et si l’on ose, alors son cours peut être infléchi. La crise financière aura été le révélateur d’un grand nombre d’injustices. Ce système économique je vais vous le montrer sous un autre visage. Nous pourrons alors porter un autre regard, sur notre condition sociale.

Ce système n’est pas passé loin de l’effondrement en 2008, mais aujourd’hui, bien que toujours en crise, il n’en est pas moins offensif. Il ne faut pas s’y tromper ; le capitalisme financier mène une véritable attaque, structurée, méthodique et efficace contre les peuples.
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Sur la violence économique illégitime

Par Michel Drac

Sauf dans les cas pathologiques, la violence est un moyen, pas un but en soi. En règle générale, on use de la violence pour obtenir, par la contrainte, quelque chose que la victime de la violence a refusé de donner, de transférer, d’exécuter ou de faire connaître.

Parler de violence économique, c’est donc, hors les cas pathologiques, énoncer qu’il existe, dans la sphère économique, un usage de la violence en vue d’obtenir d’un acteur économique donné quelque chose qu’il refuserait sinon : une coopération, un service, etc.

Encore faut-il savoir si cette violence est légitime ou pas.

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Le nombre des plans sociaux a plus que doublé l’an dernier

Le ministère du Travail a recensé plus de 2.200 plans sociaux l’année dernière, soit plus du double par rapport à 2008. Désormais, les salariés concernés se mobilisent parfois davantage pour obtenir des indemnités plus importantes que pour sauvegarder l’emploi. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en janvier sera connu aujourd’hui [24 février 2010].

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir

Ce n’est pas à proprement parler une surprise, mais 2009 risque bien de rester dans les mémoires et les statistiques comme une année particulièrement noire sur le plan social.

Selon les recensements du ministère du Travail, le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) a plus que doublé l’an passé, à 2.242 cas, contre 1.061 en 2008 et 957 en 2007. Un record depuis au moins dix ans, date de la publication de la série longue par le ministère.

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Les fonctionnaires, privilégiés ou victimes de la crise ?

Le projet de décret qui prévoit la possibilité de licencier des agents de la fonction pulique déchaîne les passions. Beaucoup d’internautes de L’Expansion.com estiment que ce sont des fainéants. Mais les fonctionnaires ne se laissent pas faire. Revue de commentaires.

“Licencier un fonctionnaire, c’est désormais possible”, annonçait hier [mardi 2 février 2010] l’Expansion.com. En effet, un projet de décret sur la “réorientation professionnelle des fonctionnaires de l’Etat” prévoit qu’un fonctionnaire pourra être mis en disponibilité, c’est-à-dire sans travail ni salaire, ou en retraite d’office après trois refus de postes.

La nouvelle a visiblement déchaîné les passions – 70 commentaires sur ce seul article depuis hier.

Dès le début, certains internautes recadrent le débat et rappellent que le licenciement des fonctionnaires n’est pas inédit. “Rien de nouveau : les fonctionnaires territoriaux sont dans cette situation depuis 1983″, indique Etiennefroese. Mais la discussion tourne rapidement à la rixe verbale.
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Qui a peur des mots ? Sortir de la crise économique… et de la crise du langage

Il n’est question ni de rigueur ni d’austérité, mais de plan de relance. Le licenciement a fait place à la restructuration, la fermeture d’usine à la délocalisation, la récession à la maîtrise de l’inflation…

Dans l’éditorial du dernier numéro de CB News, Christian Blachas analyse ce qu’il nomme la « nouvelle sémantique ». : « Le XXIème siècle a inventé un nouveau langage issu de deux courants profonds : le politiquement correct (personnes à mobilité réduite, non-voyants, mal-entendants…) et le discours hypocrite qu’on pourrait aussi intituler mensonge ou gros pipeau. Pour masquer la dure réalité des faits, on invente des mots et des expressions destinés à faire passer la pilule. »

Une novlangue aux effets contre-productifs

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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IBM imagine se débarrasser des trois quarts de son personnel

IBM envisage de se séparer des trois quarts de ses 399 000 salariés au cours des sept prochaines années. Le site spécialisé en ressources humaines Personnel Today, qui a interviewé le responsable du personnel d’IBM Tim Ringo, explique que si un tel scénario était appliqué, 299 000 salariés seraient licenciés d’ici à 2017, et pourraient être réembauchés au cours de missions spécifiques.

Le but d’IBM est clair : réduire ses coûts importants en force salariale. Selon Tim Ringo, ce n’est qu’une option envisagée pour l’instant, mais il y aurait un réel besoin chez IBM : « il n’y aurait plus de coûts de fabrication, et plus de retraites ou de dépenses de santé à payer. Ce qui permettrait d’importantes économies. »

Pour Robert Morgan, directeur du cabinet de consultants Burnt Oak Parteners, « c’est quelque chose que les grands fournisseurs de services font depuis trois ans », et tous semblent vouloir adopter ce type de stratégies. Selon lui, « la seule façon de réduire leurs coûts est de réduire leur personnel fixe. »

La problématique évoquée par Morgan, c’est la compétition « avec les pays low-cost, comme la Chine. De plus, les grandes entreprises doivent rester à la hauteur face à de nouvelles formes de technologies, donc les coûts salariaux sont la dernière chose dont elles veulent. »

Le problème, pour le consultant de KPMG Bernard Brown, est de parvenir « à encourager les gens à continuer à travailler pour vous » une fois qu’ils ont été licenciés. « Les problèmes pour les conserver sont énormes. Et le moral du personnel pourrait également être affecté. »

Clubic

USA : crise, Kansas City ferme la moitié de ses écoles

Une hécatombe d’emplois dans les écoles américaines ! La crise affecte considérablement les écoles aux États-Unis. Elle sont obligés de “couper” dans le budget.

Près de la moitié des écoles publiques de Kansas City vont devoir fermer pour des raisons budgétaires. 700 personnes pourraient perdre leur emploi.

À Chicago, la School Board des banlieues nord-ouest de la ville a approuvé le licenciement de 1000 employés, pour éviter un déficit de 44 millions de dollars.

Fin mars, près de 22 000 employés et professeurs en Californie ont reçu une note de pré-licenciement.

Pire, selon newsadvance, en Virginie, la Virginia Education Association prévoie de supprimer 28 000 emplois dans les écoles publiques, pour une réduction de 700 millions de dollars dans le budget.

À Detroit, Michigan, ce sont 44 écoles qui vont fermer. Pour une économie de 31 millions de dollars.

À Montgomery, Alabama, 600 employés ont été virés des écoles publiques, et ce n’est que la première phase du plan de réduction du budget.

Critograph

La prime à j’me casse

Derrière la « crise » et la « reprise », un mouvement historique se poursuit : la délocalisation vers les « pays à bas coût de main d’oeuvre ».

Exemple, dans l’industrie automobile.

« Le marché automobile français finit l’année 2009 en fanfare. »

C’est la bonne nouvelle économique de cet hiver – claironnée de télés en radios : « + 10 % par rapport à 2008 » !

Une « année record grâce à la prime à la casse », se félicite Christian Estrosi, le ministre de l’industrie.

D’autant que « les constructeurs français ont été les premiers bénéficiaires ».

Super

Super puisque, évidemment, ces « constructeurs français » ont embauché + 10 % de travailleurs…

Eh bien non : les licenciements – pardon : les « plans de sauvegarde de l’emploi » – se poursuivent tranquillement, à la fois chez Renault, Peugeot, et chez les équipementiers.

Car dans ce secteur, comme dans toute l’industrie, la « crise » ou la « reprise » ne changent pas grand-chose à un mouvement historique : la délocalisation continue. Depuis vingt ans, les ventes de voitures en France sont demeurée stables – tandis que la production sur notre territoire, elle, a diminué de moitié…

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“La crise économique accélère le déclassement social”

Dans le contexte de flambée du chômage, jeunes et moins jeunes sont souvent obligés d’accepter des postes sous valorisés par rapport à leurs diplômes, leur formations ou leurs fonctions précédentes. Le problème c’est qu’une fois ce phénomène enclenché, il est très difficile d’y remédier, souligne le sociologue Louis Chauvel. Professeur à Sciences Po, il explique comment la spirale du déclassement se met en place, quelles sont les populations les plus menacées, le rôle joué par les entreprises. Il prévient enfin que le déclassement n’alimente pas seulement un pessimisme ambiant, il engendre une défiance vis-à-vis des élites et provoque des difficultés sociales majeures.

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La crise accélère la désindustrialisation de la France

Total doit officialiser aujourd’hui [1er février 2010] la fermeture de sa raffinerie de Dunkerque. Un exemple spectaculaire de la façon dont la crise accélère la désindustrialisation de la France. Une croissance en berne, des coûts de production élevés : ce n’est plus en Europe, mais dans les pays émergents que les industriels investissent.

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Dunkerque, ville symbole. Le 19 novembre 1988, le Premier ministre d’alors, Michel Rocard, annonçait « une très grande et très bonne nouvelle économique pour la France » : la construction par Pechiney d’une usine d’aluminium à Dunkerque.

Vingt ans plus tard, où en est-on ? Pour la ville du Nord, ce lundi est à marquer d’une pierre noire. Rexam, le groupe britannique qui avait repris l’usine de boîtes-boissons de Pechiney en 2001, a fait une croix sur ce site. Il doit envoyer aujourd’hui les lettres de licenciement à son personnel. Sur un marché en surcapacité, l’usine sortie de terre en 1991 n’était plus compétitive, selon la direction.

C’est ce lundi, aussi, que Total doit officialiser la fermeture de sa raffinerie des Flandres, autre cathédrale industrielle de la région. La raffinerie, qui emploie 370 salariés et 450 sous-traitants, est à l’arrêt depuis mi-septembre. Elle ne devrait pas redémarrer et serait transformée en dépôt.

Total gagne de l’argent, bien sûr. Dans dix jours, le champion français devrait dévoiler un bénéfice annuel d’environ 8 milliards d’euros. Mais ces profits ne viennent pas de la raffinerie des Flandres qui, elle, est déficitaire. D’où la décision de fermer l’unité, malgré la polémique qui s’annonce.

Dunkerque est un bon miroir de l’industrie française. Malgré le volontarisme politique qui a amené à créer des sites comme ceux de Pechiney, l’industrie ne cesse de perdre du terrain en France.
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