Le chômage ou l’autogestion : quand des salariés décident de licencier leur patron

« En 2008, le patron a décidé de fermer notre entreprise de fenêtre à Goose Island (Illinois, États-Unis) et a mis à la porte tout le monde. En 2012, nous avons décidé d’acheter l’entreprise et de licencier le patron. Nous détenons ensemble l’usine et la dirigeons démocratiquement. Voila notre histoire… », peut-on lire sur le site internet de New Era Windows, une entreprise pas comme les autres. Récit d’une reprise en main par les salariés de leur outil de travail.

Fin 2008, la crise financière et bancaire fait de nombreuses victimes. Les 250 salariés de l’entreprise Republic Windows and Doors, qui produit des portes coulissantes et des fenêtres à Goose Island, près de Chicago, ont vu le ciel leur tomber sur la tête. Ils sont licenciés, du jour au lendemain, sans préavis et au mépris des lois sociales, sans indemnités ni paiement de leur salaire. À ce moment de la crise qui secoue le capitalisme mondialisé, on estime à 500 000 le nombre de licenciements mensuels qui frappent les salariés américains.

La direction de l’entreprise prétexte que la Bank of America lui a coupé le robinet des crédits. Mais les salariés soupçonnent très vite une faillite organisée pour cacher une délocalisation.

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Europe : Les mamans perdent leurs boulots

En Italie, seules 77,3% des mères conservent leurs emplois deux ans après l’accouchement contre 81,6% en 2006. En Angleterre, près de 50.000 femmes sur 340.000 perdent leurs emplois ou se retrouvent déclassées chaque année après un congé maternité. Une pratique discriminante, mais pourtant très répandue dans bon nombre de pays européens.

Les mamans mises au placard dans les entreprises. C’est le constat d’une étude menée par la House of Commons Library. 50.000 femmes sur 340.000 ayant un emploi perdent leurs postes à la suite d’un congé maternité. Pressions exercées par les supérieurs, déclassement voire licenciement, rien n’est épargné aux jeunes mamans promptes à reprendre le travail, révèle The Independent. Il faut dire que l’Angleterre est le pays d’Europe où le congé maternité est le plus long (52 semaines).

Pour celles qui conservent leur emploi, les perspectives d’obtenir une augmentation ou une promotion se réduisent. Les recours en justice sont difficiles à mettre en œuvre. Le quotidien souligne qu’une plainte pour discrimination à l’embauche après un congé maternité peut coûter jusqu’à 1.200 livres (près de 1.400 euros).

Yvette Cooper, ex Premier Ministre entre 2008 et 2009 sous Gordon Brown témoigne pour The Independent. Elle fut la première chef de gouvernement à prendre un congé maternité au cours de son mandat.
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General Electric va supprimer 600 emplois en France

General Electric (GE) va supprimer quelque 600 postes en France, via des plans de restructuration lancés ces derniers mois dans différentes entités, la filière finance étant la plus touchée, ont indiqué vendredi 26 juillet une source syndicale et la direction, confirmant une information des Echos.

“Nous avons recensé 620 postes qui vont disparaître d’ici à la fin de l’année ou au cours du premier semestre de l’année prochaine”, a indiqué un syndicaliste membre du comité de groupe de GE France, un nombre que la direction a qualifié de “proche de la réalité”.

GE France, qui est présent dans 20 métiers dans l’énergie, les technologies médicales, les services financiers et l’industrie, a lancé “5 à 6 plans de sauvegarde de l’emploi”. Un porte-parole de GE France a souligné que les plans qui concernent des activités très différentes avaient été “décidés entité par entité en fonction du contexte économique” afin de “sauvegarder la compétitivité”. Il a en outre indiqué que ces départs se feraient “essentiellement via des plans de départs volontaires”.

400 POSTES DANS LA FILIÈRE FINANCE

La filière finance sera la plus touchée car 400 postes doivent être supprimés dans ce seul périmètre, a précisé pour sa part Régis Dos Santos, président du Syndicat national de la banque et du crédit SNB/CFE-GCC.

Dans ce secteur, 222 postes doivent notamment être supprimés chez GE Money Bank (sur 1 000 postes) et 33 dans la filiale qui fait du crédit immobilier, a précisé M. Dos Santos. A cela s’ajoutent une centaine de suppressions de poste dans l’énergie, un nombre du même ordre dans le secteur liée à l’industrie du pétrole (“Oil & gas”), une trentaine dans l’immobilier de bureau, ou encore dans une entité qui fait de l’affacturage.

Pour M. Dos Santos, les suppressions de postes dans la finance ne sont pas justifiées économiquement car les activités sont “viables”, et correspondent donc à des “licenciements boursiers”. Le syndicat compte assigner sous peu GE Money Bank au tribunal de grande instance de Nanterre pour contester le motif économique des suppressions de postes.

GE France, présidé par Clara Gaymard, emploie 11 000 salariés dans l’Hexagone. Ses trois principaux sites de production sont à Belfort (GE Energy), à Buc (GE Healthcare) et au Creusot (GE Oil & Gas).

Lemonde.fr

Grèce : les fonctionnaires lâchés par l’opinion publique

60 % de la population est en faveur du licenciement des agents de l’État, dit un sondage.

Manifestation de fonctionnaires à Athènes, en 2011

Les fonctionnaires grecs poursuivent leur mobilisation contre la loi adoptée la semaine dernière qui prévoit le licenciement de plusieurs milliers d’agents de l’État et la mutation forcée de milliers d’autres. Ce mardi, les enseignants appellent à manifester devant le Parlement ; mercredi les médecins et personnel hospitalier annoncent une grève de 24 heures…

Mais l’opinion ne les suit pas. D’après un sondage de l’institut Kapa research, publié le 21 juillet, 60,6 % des Grecs sont en faveur des licenciements des fonctionnaires, dont 47,4 % sont des sympathisants du Syriza, le parti d’opposition de la gauche radicale, fer de lance des manifestations.

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Les mains nettes

Long métrage de fiction dont l’histoire gravite autour d’une dizaine d’employés de bureau. Ils vivent ensemble une existence médiocre, monotone et banale jusqu’à l’arrivée d’un nouveau gérant de personnel dont la mission sera de moderniser l’administration.

En voulant congédier un employé de quarante-cinq ans de services, il découvrira la révolte et la solidarité des employés. Claude Jutra rend ici, avec justesse, la misère psychologique qui accable les cols blancs dans les années 1950.

Les mains nettes par Claude Jutra, Office national du film du Canada

L’austérité consacre le pouvoir des rentiers

Par Roberto Fiorini

L’austérité est une erreur économique qui conduit à des catastrophes sociales. Elle n’arrange rien et aggravera tout. En Espagne, le taux de chômage des jeunes est à 55 %, mais l’Espagne devra quand même trouver 100 milliards € d’économies sur 3 ans. Cela passera par des hausses de TVA (qui freineront la consommation), des hausses de prix sur le tabac et l’électricité, une fiscalité accrue sur les hydrocarbures (comme celle qui se prépare en France), avec l’inéluctable cortège de rabotage des services publics (toutes ces mesures impactant le pouvoir d’achat).


Illustration issue de la “Monographie du rentier” d’Honoré de Balzac

Pour ceux qui sont licenciés, ou le seront sous peu, on envisage la baisse des indemnités chômages, la réduction des indemnités de licenciements, et la facilitation des procédures de licenciements… En Grèce, des cortèges de mesures identiques ont empiré la situation: la dette sur PIB est passée de 112 % en 2008 à 180 % en 2012, le chômage a été doublé, tout comme les suicides!

L’économie s’enlise dans la récession, avec un PIB qui recule de 7 %. Beau bilan pour les élites qui voulaient faire baisser l’endettement du pays ! Une situation qui pourrait aboutir à des conséquences similaires se met en place en France (voir l’article intitulé «Le PS fera baisser les salaires à la rentrée»).

Derrière les pourcentages d’économies, des gens meurent
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Bruxelles presse la France d’entreprendre six grandes réformes

Simplifier le système fiscal, abaisser le coût du travail, réformer les retraites dès cette année -ce n’est pas tout !-, réduire le déficit à 3,6% du PIB en 2014, ouvrir les professions « fermées » (médecins, notaires, taxis…)… Vaste programme ! La Commission européenne a fixé hier une dizaine de « recommandations » à la France pour qu’elle parvienne à tenir son objectif de réduction du déficit et pour qu’elle retrouve les chemins de la compétitivité.

Ces pistes de réforme ne sont pas nouvelles, certaines sont même déjà dans les tuyaux. Mais Bruxelles veut que la France tape plus fort et plus vite. Sous leurs faux airs de bons conseils, ces injonctions s’apparentent en réalité presque à des ordres puisque si elles sont validées fin juin lors d’un sommet, elles deviendront légalement contraignantes. La France pourrait être sanctionnée si les résultats budgétaires n’étaient pas au rendez-vous.

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Société Générale : Caisse de résonnance d’un secteur en crise (Màj)

Addendum du 14/05/2013 : Le bonus du PDG de Société Générale augmente de 75% au titre de 2012

Le montant de la rémunération variable accordée au PDG de Société Générale, Frédéric Oudéa, a augmenté de 75% en 2012 par rapport à 2011, à 1,19 million d’euros. Sa rémunération fixe est restée inchangée à 1 million d’euros.

Boursorama

Frédéric Oudéa, le PDG de Société générale, a sorti mardi les investisseurs du flou dans lequel il les avaient laissés en février. Lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe bancaire, il a en effet chiffré à 900 millions d’euros les économies qu’il attend d’ici 2015 de sa réorganisation, annoncée il y a déjà trois mois. « Ce plan s’ajoute aux 550 millions d’euros de réduction de coûts réalisés en 2012. Au total nous atteindrons 1,450 milliard d’euros d’économies sur la période 2012-2013 », a conclu Frédéric Oudéa.

Cette cure d’austérité s’accompagnera de coûts de restructuration et d’investissement de 600 millions d’euros. Philippe Heim, directeur financier de l’établissement a tenu à précisé que « ces projets d’économies ne pénaliseront pas l’activité commerciale du groupe ». Ils devront en revanche permettre au groupe bancaire de La Défense de retrouver une rentabilité de 10% dans trois ans, contre 7,4% hors éléments exceptionnels ou 2,7% en données brutes aujourd’hui. Ces précisions ont été saluées par les marchés, le titre de la banque s’envolant de plus de 5% dans la matinée de mardi.

Les conséquences sur l’emploi seront lourdes. Déjà évoquée avec les organisations syndicales depuis plusieurs semaines, la réduction des fonctions supports entraînera la suppression de 550 postes au siège de la banque sans départs contraints. Les organisations syndicales, en tête desquelles la CGT, espèrent obtenir une baisse de chiffre, autour de 450, lors du prochain comité central d’entreprise qui doit se réunir le 14 mai.

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Revue de presse économique de Pierre Jovanovic (27/02/2013)

Émission diffusée sur Radio Ici et Maintenant le 27 février 2013

Nouveau : écouter l’émission au format mp3

(pour télécharger le fichier mp3, cliquer sur la flèche bas du lecteur puis cliquer sur le bouton Download now de la page qui s’ouvre)

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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Accord de sécurisation de l’emploi, un dynamitage du droit du travail

Dans le projet d’accord sur la sécurisation de l’emploi trouvé le 11 janvier dernier, le patronat a fait carton plein sur la flexibilité et obtenu un maximum de dérogations au Code du travail. Décryptage.

Malgré quelques miettes lâchées aux 
salariés, comme l’instauration d’une complémentaire santé généralisée, des représentants du personnel au conseil d’administration ou la taxation des contrats courts…, les travailleurs sont les premières victimes de cette régression sociale inédite voulue par le Medef.

1. Faciliter les licenciements et éviter les poursuites

Dans le texte, la procédure de licenciement collectif pour motif économique et son contenu sont fixés, soit par un accord collectif majoritaire, soit par un document produit par l’employeur et homologué par la Direccte (directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi). Une « validation » du plan social par les syndicats ou l’administration qui rendra plus difficile sa contestation devant le juge.

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L’épreuve du licenciement

Ils ne représentent que 5 % des inscriptions au Pôle Emploi et sont 
emblématiques des temps de crise : les licenciements économiques symbolisent les « galères » personnelles, familiales et sociales de tous les chômeurs.

La récession actuelle a replacé sur le devant de la scène les fermetures de sites industriels, les vagues de licenciements économiques et les plans sociaux. Certains cas ont été fortement médiatisés, dans les dernières années : par exemple Peugeot à Aulnay-sous-Bois, Continental à Clairvoix, Molex à Villemur-sur-Tarn… Mais ce sont les avatars récents d’une longue chronique de plans de licenciements, parmi lesquels : Metaleurop dans le Pas-de-Calais en 2003, Moulinex en Normandie 2001, Cellatex à Givet en 2000, Daewoo en Lorraine en 1999, Pechiney sur divers sites en 1996, Chausson à Creil en 1993-1995, Chantiers navals de Dunkerque en 1987, Thyssen à Hagondange en 1979, etc.

Dans les années 1950, déjà, les reconversions industrielles ont été récurrentes. On ne parlait pas alors de la crise, comme on le fait aujourd’hui, mais de crises sectorielles, ayant affecté tout à tour les charbonnages et l’extraction minière, la sidérurgie et la métallurgie, le textile et la confection. Le glissement de vocabulaire (la crise) suggère un changement, mais de quelle nature ?

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Rupture conventionnelle : Virer sans licencier

Tandis que les négociations sur l’emploi reprennent le 10 janvier 2013, la perspective s’éloigne du « compromis historique » entre syndicats et patronat espéré par M. François Hollande. Des représentants de salariés refusent le nouveau contrat de travail unique — et précaire — proposé par le Mouvement des entreprises de France (Medef). Instauré en 2008, le système de rupture conventionnelle en constitue un banc d’essai.

La période d’essai de Clotilde (1) vient d’être renouvelée lorsque ses employeurs la convoquent pour lui « proposer » un passage à trois cinquièmes de temps (trois jours travaillés par semaine).

La jeune femme est sous le choc : elle n’a pas compté ses heures dans cette petite entreprise spécialisée dans la vente de produits écologiques sur Internet. Si elle refuse, elle pourra dire adieu à son embauche.

Sur les conseils d’une amie avocate, elle contre-attaque…

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Offensives du Capital contre le monde du Travail

Intervention économique de Roberto Fiorini, lors de la Table Ronde de Terre & Peuple, le 7 octobre dernier.

Le monde actuel, et son ordre financier libéral, devient de plus en plus insupportable, pour un nombre sans cesse croissant d’européens. Mais tout ordre illusoire, déconnecté du réel finit par s’écrouler : le marxisme n’était pas en phase avec les réalités du monde et a finit par périr. Il en sera de même de ce capitalisme, pour les mêmes causes.

A nous de tirer les enseignements de ce que nous savons sur ce système, pour préparer l’avenir. Car nos peuples sont prêts à envisager un changement de destin.

Dans notre conception du monde il n’y a pas de fatalité. Le destin se regarde en face, et si l’on ose, alors son cours peut être infléchi. La crise financière aura été le révélateur d’un grand nombre d’injustices. Ce système économique je vais vous le montrer sous un autre visage. Nous pourrons alors porter un autre regard, sur notre condition sociale.

Ce système n’est pas passé loin de l’effondrement en 2008, mais aujourd’hui, bien que toujours en crise, il n’en est pas moins offensif. Il ne faut pas s’y tromper ; le capitalisme financier mène une véritable attaque, structurée, méthodique et efficace contre les peuples.
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Sur la violence économique illégitime

Par Michel Drac

Sauf dans les cas pathologiques, la violence est un moyen, pas un but en soi. En règle générale, on use de la violence pour obtenir, par la contrainte, quelque chose que la victime de la violence a refusé de donner, de transférer, d’exécuter ou de faire connaître.

Parler de violence économique, c’est donc, hors les cas pathologiques, énoncer qu’il existe, dans la sphère économique, un usage de la violence en vue d’obtenir d’un acteur économique donné quelque chose qu’il refuserait sinon : une coopération, un service, etc.

Encore faut-il savoir si cette violence est légitime ou pas.

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